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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
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lundi 23 octobre 2017

« Hors champ, aka la révolution jusqu'à la victoire » par Mohanad Yaqubi


Arte diffusera le 24 octobre 2017 « Hors champ, aka la révolution jusqu'à la victoire » (Off Frame aka Revolution bis zum Sieg ; Off Frame AKA Revolution Until Victory) par Mohanad Yaqubi. « A partir de films militants palestiniens réalisés entre 1968 et 1982 sous l'égide de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) d'Arafat, une méditation en images sur les vaincus de l’histoire et leur inextinguible rêve de liberté ». Des "vaincus" souvent sans avoir combattu, mais au programme génocidaire visant les Juifs.
 
Arte poursuit sa propagande anti-israélienne.

Refusant de diffuser les documentaires de Pierre Rehov depuis une quinzaine d’années, ayant rechigné à diffuser un documentaire soulignant l’antisémitisme islamique, Arte propose « Hors champ, aka la révolution jusqu'à la victoire » par Mohanad Yaqubi.

Aveuglement politique
« Entre 1968 et 1982, sous l’égide de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), des réalisateurs, palestiniens pour la plupart mais aussi sympathisants étrangers, ont entrepris de filmer la lutte du peuple palestinien, mettant en avant le combat de l’OLP, la légitimité de sa lutte et l’unanimité révolutionnaire du peuple derrière ses mots d’ordre ». Edifiant. Primo, il n’y a pas de « peuple palestinien ». Secundo, la lutte de l’OLP n’était pas légitime, mais terroriste. Tertio, le « peuple » n’a pas soutenu unanimement l’OLP : les opposants ont été assassinés. Quarto, en quoi « révolutionnaire » ?

« Seuls deux de ces films, produits en 1974, sont passés à la postérité : « Ici et ailleurs » de Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville, à partir d’images tournées quatre ans plus tôt par le cinéaste suisse dans un camp palestinien d’Amman, l’expulsion violente des Palestiniens hors de Jordanie, lors du « Septembre noir » de 1970, ayant interrompu le projet initial ; et le méconnu mais emblématique « They Do Not Exist », de Mustafa Abu Ali, cofondateur du collectif Palestine Film Unit (PFU), dont la plupart des archives ont été détruites ou dispersées en 1982, lors de l’intervention israélienne au Liban ». En Jordanie, en septembre 1969, l’OLP a tenté un putsch contre le souverain hachémite Hussein de Jordanie. Autre film d’un réalisateur néerlandais : De Palestijnen (Les Palestiniens) de Johan van der Keuken (1975).

De fedayin à « héros » 
Réalisateur, producteur, Mohanad Yaqubi a co-fondé en 2004 Idioms Film, société de production Ramallah, et « la coopérative de conservateurs et de recherche, Subversive Films, qui se concentre sur les pratiques filmiques militantes ». Il enseigne le cinéma à l’Académie Internationale des Arts en « Palestine ». Parmi les films produits : Infiltrators, documentaire de Khaled Jarrar (2013), Pink Bullet, court métrage de Ramzi Hazboun (2014). Ont été co-produits Habibi de Susan Youssef (2010) et Though I Know the River is Dry, court métrage d'Omar R Hamilton (2012). En 2013, Mohanad Yaqubi « a initié et produit Suspended Time, la réflexion anthologique de neuf cinéastes sur les deux décennies qui ont suivi la signature des Accords de paix d’Oslo ». No Exit, qu’il a écrit avec Omar Kheiry, « a fait sa première au Festival international du film de Dubaï en 2015 ».

Mohanad Yaqubi produit et réalise des films politisés pour des festivals où il profitera d’une couverture médiatique, suscitera des débats, des conférences, etc. Et surtout accoutumera une audience variée au narratif palestinien, à la propagande anti-israélienne.

Sa devise semble être : « And for those who suffer from invisibility, camera would be their weapon ». (Et pour ceux qui souffrent de l’invisibilité, la caméra pourrait être leur arme)

Off Frame ou La Révolution jusqu'à la victoire poursuit sa carrière débutée au Festival international du film de Toronto, au Berlinale Forum Expanded en février 2016, au Cinéma du Réel et Haïfa Independent Film Festival (Palestinian Premier) en mars 2017, à Oslo Arab Cinema Days en avril 2017, au Latin Arab International Film Festival à Buenos Aires en septembre 2017, au Boston Palestine Film Festival en octobre 2017, au MUCEM

« Lui-même palestinien » - non, le réalisateur est né au Koweït en 1981 -, Mohanad Yaqubi, « comme la majorité de ses contemporains, ignorait tout du PFU et de ses films, tournés avant sa naissance. Il en a retrouvé bon nombre, puis a entrepris de monter, sans commentaire, ces fragments d’une révolution non advenue ». Ce qu’Arte appelle une « révolution » est la disparition de l’Etat juif et le génocide de ses citoyens juifs.

« De 1968 à la fin des années 1970, Mohanad Yaqubi restitue le moment charnière qui voit l’OLP substituer aux yeux du monde l'image d’un peuple de réfugiés à celle de combattants de la liberté ». En fait, des fedayins, des terroristes.

« Mais le jeune réalisateur laisse aussi entrevoir le hors champ de la geste révolutionnaire : le silence, la défaite, l’espoir, la résistance, la mort ».

« Entre fiction et propagande, rêve et réalité, ces séquences arrachées à l’oubli, telle une machine à voyager dans le temps, offrent une méditation cinématographique d’une poignante beauté sur les non-dits de l’histoire ».

Selon Cinemed, « ce film est une méditation sur la lutte du peuple palestinien pour créer sa propre image et sa propre représentation dans les années 60 et 70, avec l’établissement de l’Unité du Film Palestinien comme partie de l’Organisation de Libération de la Palestine. Exhumant des films conservés dans des archives à travers le monde après un travail inédit de recherche pour y accéder, le film débute par des représentations populaires de la Palestine moderne et suit le travail de cinéastes militants pour se réapproprier les images et le récit du cinéma révolutionnaire et militant. En ressuscitant une mémoire de lutte oubliée, Off Frame fait revivre ce qui est contenu dans ce cadre, mais il intègre aussi une réflexion critique en cherchant ce qui est hors champ  ».
  
          

« This is very important because 1948 marks not only the establishment of the state of Israel and not just the occupation of Palestine, but also the disappearance of Palestinian people from any international registry, from the media, from everywhere… 
For somebody who has disappeared, the camera would be the weapon.1 From that perspective we can see the whole struggle — it’s not a struggle of liberation, it’s not a civil rights struggle, it’s a struggle of visibility. How to be again, how can you see yourself again, whether in the media or in front of yourself. And you can see how international filmmakers were part of [forming] that perspective… 
I think it’s surprising today, like the media coming out of [the] Cinéma du Réel [film festival] celebrating the fact that there were two Palestinian films shown for the first time in however long… 
I was thinking that in the ’70s, strikers, workers would watch Palestinian films as part of their daily political education somehow. We’re not talking about intellectuals or people working in culture, we’re talking about the base, the people: workers, students, anyone, they could see these films. These kinds of films were not meant to be screened in big commercial cinemas. They used the 16mm format and 16mm projectors, which were easy to move and to put into classrooms and into public squares. I think it was very important to show the international movement, and I wanted to show that strongly because it’s not our image only, it’s how the world saw us as well… 
I see more of a need to go outside of this entertainment circuit of filmmaking and also to use film as part of a process of political engagement. We can see that happening in many of the struggles or revolts in the Arab world and other places that are going back to the traditions of political cinema and building up that network of distribution again. It’s happening today, you can see more and more independent small screenings here and there. But it’s not organised, because [that distribution] in the ’60s and ’70s was more organised, politically and ideologically. There were more alternative sources of support. Today, everything is monetised somehow and with distribution, it’s all based around the state or private money. There are no political parties or social movements that are [involved] in that. I can’t generalise, of course there are trials and efforts happening, whether in Egypt or Palestine — like taking movies around on small caravans. It ‘s coming but I can’t see it, it’s not the same heritage. It’s not the daughter of that period. It’s something new… 
It was funny that the film was screened at Cinéma du réel because some of these movies [from the ’60s and ’70s] screened there in the ’70s. I think film festivals are the place to show these films now, not to have a chance to distribute them — they’re very hard to distribute today — but I think it is a kind of place where we can discuss them. That’s what’s interesting about watching Off Frame at festivals… 
We had a screening in Ramallah yesterday, the first screening of the film. It’s there [for people] to discuss, to talk. To talk about their own personal knowledge and to connect it to film practices, and I think that is what [screening] Off Frame is for me, whether at a festival or elsewhere. It’s a beginning of a discussion. To take us somewhere to discuss notions of our production and of our own image and how to produce it…
[Here and Elsewhere] totally cut his relationship with the Palestinians: they hated it in 1976. And I totally understand that. It was the time of revolution and it didn’t represent what they wanted as propaganda, as a way to tell their story. [Instead] it showed how you are making an image. This is what I tried to do all throughout Off Frame. How do we make our own images? How can we preserve our thoughts and our revolution or our struggle through the making of the film itself? At the same time, how do we keep that sense of self-critique and dialectic? It’s part of the process. Once you believe that you are in the revolution and that you are winning, that’s the beginning of the end. That’s what he was trying to tell us, and obviously he was telling the truth and we lost [that truth] somehow ».

  
« Off Frame AKA Revolution Until Victory » traces the fragments of a revolution, splicing images then from a dream for freedom, using films from the Palestinian struggle cinema, a term used for films produced in relation to the Palestinian revolution during the period between 1968 and 1982. For the outside world, these films represented a model of a people in struggle, explaining why they are fighting and against whom. But for Palestinians these films marked the transformation of their identity, from a refugee to that of a freedom fighter. wither its staged or not, wither its personal or collective.
The film borrows moments from a selection of militant films. These shots were edited together in one timeline , the only coherent relation between all the shots, clips, sequences is that they all lay on the boarders between fiction and propaganda, dream and reality, in order to represent a narrative of a people in struggle. As history is written/recorded while the camera rolls, the film negative not only captures what is before the camera, but it also indicates to what is missing from its cadre.
The Palestinian revolution collaborated with filmmakers, actors and activists from Syria, Italy, UK, Lebanon, France, Germany, Argentina amongst many others, and made partnerships with institutions in Berlin, Moscow, Baghdad and Cuba. Despite their prolific output, very few of their works remain. Yet there is much to learn from revisiting this era and piecing together the narrative of Palestinian militant cinema. “Off Frame” aims to fill this gap in the collective memory, making the past an urgent element of the present day analysis of Palestinian cinema. The film attempts to bring forth all that was happening behind the cameras and the creation of these films.
Resorting to cinema’s temporal nature and time being an elastic concept, “Off Frame” assumes the role of a time machine, transporting the audience back in time, by opening a portal into the life, hopes and desires of a people living in a revolution, fighting to be recognised and to reclaim control over their representation.”


« Hors champ, aka la révolution jusqu'à la victoire », par Mohanad Yaqubi
Idioms Films, co-producteur Monkey Bay Production avec Subversive Films, Sak A Do, Tulpa Productions, avec le soutien de l’Arab Funds for Arts and Culture, et une bourse pour la post-production du Doha Film Institute, une subvention pour le développement d’Eurimage, du soutien pour le développement de Dubaï Film Connection, en association avec Screen Institute Beirut, avec le soutien du Palestinian Cultural Fund, « Palestine »/France/Qatar/Liban, 2016, 62 min
Production : Sami Said, Mohanad Yaqubi, Delphine Landes
Scénario : Reem Shilleh, Mohanad Yaqubi
Image : Sami Said, Rami Nihawi, Sara Sea
Montage : David Osit, Ramzi Hazboun
Son : Carl Svensson
Avec Mustafa Abu Ali, Sulafa Jadallah, Hani Jawaharieh, Yaser Arafat, Jean-Luc Godard, Salah Ta'amari
Sur Arte le 24 octobre 2017 à 0 h 55
Au 39e Cinémed (Festival Cinéma Méditerranéen Montpellier) les 23 et 26 octobre 2017

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Les citations sont d'Arte.

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