lundi 13 novembre 2017

« 13 novembre, la vie d'après » par Olivier Lemaire


« 13 novembre, la vie d'après » (Das Leben danach. Der 13. November 2015) est un documentaire peu intéressant réalisé par Olivier Lemaire. Le « quotidien de ceux qui vivent ou travaillent à proximité des lieux touchés par les attentats du 13 novembre 2015 avec, en fil rouge, les milliers de témoignages déposés par des anonymes. Un hommage documentaire plein de délicatesse ». 

Le 13 novembre 2015, plusieurs terroristes islamistes ont commis, au nom de l'Etat islamique (ISIL, ISIS ou Daech), des attentats près du Stade de France, à Saint-Denis (banlieue au nord de Paris), et à Paris aux terrasses de café et dans la salle de spectacles Le Bataclan.

« Âgés de 16 à 74 ans, ils sont boulanger, chanteuse, chômeur, prof, restauratrice, concierge, infirmière, retraité, commerçante, lycéenne », relieur, restaurateur, intérimaire.

Ils « vivent ou travaillent dans les quartiers parisiens attaqués le 13 novembre 2015 par les commandos de Daech, à quelques mètres du Bataclan, du bar du Carillon ou de la brasserie La Bonne Bière, des restaurants Le Petit Cambodge et La Belle Équipe » cibles des terroristes islamistes.

« 13 novembre, la vie d’après » est une plongée dans le quotidien de dix Parisiens des 10e et 11e arrondissements, issus de cultures, de milieux sociaux et de générations différents ». Des arrondissements populaires boboïsés, en voie de gentrification depuis quelques décennies, et où vit une importante communauté juive. Des Juifs français absents du documentaire. Un quartier de "mixité".

Après les attentats terroristes islamistes ? Pour certains, il s'agit de fuir un régime dictatorial, pour d'autres de travailler dans un quartier fréquenté depuis l'enfance. Pour d'autres encore, réaliser un rêve professionnel ou poursuivre sa vie là où ils ont grandi. Une commerçante a mis plusieurs semaines avant de reprendre le chemin de son atelier pour fabriquer des bijoux, des "objets futiles". Un intérimaire musulman français se remet en question, entre regrets d'avoir interrompu trop tôt sa scolarité et espoir d'une vie meilleure pour son fils. Une restauratrice rechigne à répondre aux questions de clients l'interrogeant sur "ce qui s'est passé". Souvenirs trop douloureux.

« Comment continuer à vivre lorsqu'on a côtoyé l'horreur ? Comment surmonter la douleur ? Comment faire face à la routine du quotidien et croire encore dans l'avenir ? À travers des récits particulièrement forts », ces Parisiens « confient et racontent l'après, la tristesse, la peur, mais aussi l'émotion collective, la naissance d'une solidarité, le combat personnel, l'attachement à leur quartier et la vision d'un pays… », des souvenirs qui "reviennent tout le temps", l'envie de partir tout de suite après. Les résultats scolaires d'une lycéenne s'en ressentent, car elle "réalise ce qu'est la mort". Originaire du Maroc, un boulanger, "simple citoyen français" que viennent voir des gens du monde entier, veut entreprendre des travaux dans sa boulangerie pour "effacer les traces comme quoi on a été atteint" par les attentats. Un retraité fait des digressions sur les réfugiés, les migrants...

« Parallèlement, pour la première fois dans l'histoire de Paris, les hommages déposés dans les rues", notamment dans une place de la République défigurée par les travaux des maires socialistes, ont été collectés, archivés puis numérisés par les archives de la Ville, soit près de huit mille pièces, rendues publiques pour la première fois en septembre 2016 ». 

Le « documentaire suit ce patient travail d'archivage, donnant aussi à entendre et à voir cet immense témoignage collectif ». Comment archiver des écrits - "Pas peur" - sur des papiers si fragiles ? 

Le « film choral d'Oliver Lemaire dresse avec sensibilité un portrait en mosaïque du Paris d'aujourd'hui et de ses habitants, hommage à une ville blessée, mais toujours vibrante ».

Il est significatif qu'Arte rappelle ces attentats, non par une enquête sur ceux ayant commis les attentats terroristes islamistes ou sur les carences des autorités politiques, judiciaires et de renseignements, mais par un documentaire sur l'émotion, sur l'affect.

Un documentaire peu intéressant, hormis les magnifiques vues de Paris, du canal.


« 13 novembre, la vie d'après » par Olivier Lemaire
Agat Films, 2016, 59 min
Sur Arte les 8 novembre à 21 h 50 et 19 novembre 2016 à 3 h 05

Visuels Agat Films

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 7 novembre 2016.

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