Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 4 janvier 2022

Yul Brynner (1920-1985)


Acteur, réalisateur, star hollywoodienne et à Broadway, né dans une famille d'origine juive, ayant débuté comme trapéziste et guitariste, Yul Brynner (1920-1985) était aussi un remarquable photographeArte rediffusera le 6 janvier 2022 Les Dix Commandements de Cecil B. de Mille et le 22 janvier 2022 "Les mille et une vies de Yul Brynner", documentaire de Benoît Gautier et Jean-Frédéric Thibault.

On connaît Yul Brynner, acteur talentueux au cinéma et au théâtre. Le réalisateur, musicien et photographe est moins connu.

La photographie, c’était le hobby dès 1956 de Yul Brynner, auteur d’environ 8 000 clichés de grande qualité.


Née de son deuxième mariage avec Doris Kleiner, Victoria Brynner a sélectionné en 2010 plusieurs dizaines de photos prises par son père de 1956 à 1985 et des photos de Yul Brynner par des photographes célèbres - Richard Avedon, Henri Cartier-Bresson, Inge Morath - pour un livre magnifique aux quatre tomes thématiques : « Un style de vie », « La vie sur le plateau », « 1956 » - tournant majeur dans la carrière car il joue dans The King and I (Le roi et moi) de Walter Lang, The Ten Commandments (Les Dix Commandements) de Cecil B. DeMille, Anastasia d’Anatole Litvak - et « Un homme de style ».

De la Russie à Hollywood

Cultivant le mystère sur ses origines, Yul Brynner est né en 1920, en portant le nom de Juli Borisovitch Bryner, à Vladivostok ou aux îles Sakhaline. Il portait le prénom de son grand-père paternel. Quant au grand-père de sa mère, c’était un médecin russe Juif converti au christianisme orthodoxe.

Quand, en 1927, le père de Yul Brynner quitte le foyer familial, son épouse et leurs enfants, Yul et Véra, s’installent en Chine, puis en France.


A Paris de 1934 à 1941, Yul Brynner gagne sa vie comme musicien dans un orchestre tzigane, acteur, trapéziste au Cirque d’Hiver ayant intégré la pantomime dans son numéro, homme à tout faire au théâtre des Mathurins où jouent où jouent Georges et Ludmila Pitoëff, "des gens merveilleux"…


Gravement blessé lors d’une chute de trapèze, il se réoriente vers l’art dramatique.


Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Yul Brynner part pour Londres où il se lie à Michaël Tchékhov. Cet auteur le recrute pour participer à la tournée américaine de l'adaptation de La Nuit des Rois de Shakespeare.

En 1941, Yul Brynner étudie le théâtre aux Etats-Unis, débute à la télévision américaine en 1942 et est recruté comme journaliste pour le service francophone du Bureau américain militaire d’information, The voice of America.

Il enchaîne les rôles à Broadway. Son premier succès sur scène date de 1945 à Broadway, où il joue dans Lute song au côté de Mary Martin.
 
Il tourne pour Hollywood en 1949. 

Yul Brynner débute au cinéma dans  Port of New York (Brigade des stupéfiants,1949), film de László Benedek avec Scott Brady et Richard Rober. « Dans ce rôle de gangster, il arbore déjà un regard étonnement intense ».

C’est son interprétation du rôle du roi de Siam, Mongkut, dans Le Roi et moi (1951), la comédie musicale de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II qui le consacre vedette à Broadway. Pour ce rôle, il se rase le crâne pour la première fois. Il est récompensé par le Tony Award du meilleur acteur de comédie musicale pour ce rôle qu’il interprète 4 525 fois sur les planches, notamment à Londres, puis au cinéma sous la direction de Walter Lang. Ce qui lui vaut l’Oscar du meilleur acteur. The King and I est aussi décliné en série télévisée.

"Les Dix Commandements"


Parmi la filmographie de cette star, citons Les Dix Commandements (The Ten Commandments, 1956) de Cecil B. De Mille, avec Charlton Heston, Anne Baxter, Yul Brynner, Edward G. Robinson. Yul Brynner y interprète un pharaon Ramsès II, cruel et fragile, rival de Moïse incarné par Charlton Heston. Il  est distingué par le National Board of Review du meilleur acteur.

 "Le peuple d'Israël est retenu contre son gré en Egypte et réduit en esclavage. Une prophétie annonce la venue d'un sauveur qui libérera le peuple juif de l'esclavage. Pour s'en prémunir, Pharaon ordonne l'exécution de tous les nouveau-nés d'Égypte. Espérant que son bébé échappe à la mort, une jeune mère place Moïse dans un panier d'osier, avant de le confier aux flots du Nil. Sauvé des eaux par la propre fille du persécuteur, l'enfant grandit à la cour d'Egypte comme un prince de sang, acquérant l'art des armes et la renommée d'un habile bâtisseur. Mais la fierté qu'il suscite chez son père adoptif en grandissant attise la jalousie de Ramsès, le prince héritier, qui le considère comme un concurrent à la succession. Moïse ignore encore tout de ses véritables origines, mais le doigt de Dieu est pointé sur lui. Révolté par l'injustice faite à ses frères de sang, il prend peu à peu conscience de son rôle et se dresse contre l'oppression. Mais les Égyptiens ne veulent pas laisser partir leurs esclaves. Une série d'épreuves s'abat alors sur le pays..."

"Moïse conduit le peuple hébreu vers la Terre promise... Portée par un casting cinq étoiles (), une colossale épopée biblique en Technicolor, signée Cecil B. DeMille."

"Réalisateur prolixe à Hollywood dès les années 1910, Cecil B. DeMille tourne en 1923 une première version des Dix commandements, film muet au budget énorme pour l'époque et grand succès. Trois décennies plus tard, le cinéaste, oscarisé en 1953 pour Sous le plus grand chapiteau du monde, s'attaque à son remake : en couleurs et parlant, il est plus ambitieux encore. Bénéficiant de moyens considérables, DeMille mobilise sur son plateau plus de vingt mille figurants, réunit quinze mille animaux et fait réaliser des décors fabuleux. Au cours du tournage, qui s'étale sur sept mois, il emmène son équipe en Égypte pour filmer plusieurs séquences, notamment sur le mont Sinaï. Immense succès populaire à sa sortie en 1956, cette fresque grand spectacle revisite le Livre de l'exode de" la Bible hébraïque "et s'appuie sur une distribution étincelante, de Charlton Heston à Yul Brynner, d'Anne Baxter à Debra Paget. Pour les dix plaies qui s'abattent sur l'Égypte, l'épisode du buisson ardent ou encore l'ouverture de la mer Rouge devant les Hébreux, John P. Fulton reçut son deuxième Oscar."


"Trois ans d'écriture, quatre heures de spectacle, trente mille figurants, deux mille cinq cents chars, cinq cents chameaux, un kilomètre de long de décor, douze stars (dont Charlton Heston en Moïse et Yul Brynner en Ramsès), un coût de treize millions de dollars : « Peu importe ce qu'il a coûté, il faut savoir ce qu'il vaut ! » répond l'auteur de ce projet pharaonique. Or il s'agit bien de valeurs chez DeMille et, en particulier, du duo valeur/ couleur : clair-obscur de Forfaiture (1915) ; technicolor bichrome des Dix Commandements de 1923 ; « glorieux technicolor » des Tuniques écarlates (1940) dont le titre est un éclatant programme. Sa dernière œuvre, Les Dix Commandements, puise dans les ressources du technicolor n° 5 VistaVision, procédé Paramount qui offre une image d'une définition incomparable et un nuancier intense. Sa science des couleurs et de la composition triomphe dans des tableaux tantôt épiques, maniéristes ou précieux. La palette est soutenue et subtile, avec des mosaïques de demi-teintes (camaïeux bruns du désert), des détails chatoyants, de vifs contrastes et teintes denses (nuage vert pestilentiel, flots rouges, cieux noirs) qui mettent en valeur la force des paysages, le luxe des décors et costumes ou le satiné d'un visage. Les images sont servies par d'inventifs trucages − incrustation, animation, matte painting (fond peint sur verre) – qui culminent dans la scène d'anthologie de l'ouverture des flots de la mer Rouge", a écrit Élodie Tamayo.

"Ainsi DeMille conclut-il son œuvre avec le remake de l’un de ses propres films réalisés trente-trois ans plus tôt. Les Dix Commandements est en effet la nouvelle version du premier long métrage biblique à grand spectacle réalisé par le cinéaste à l’époque de sa période muette, quand il était passé maître dans les comédies conjugales et les marivaudages mondains. Ce changement d’orientation survient en 1923 et DeMille dispose de moyens colossaux pour reconstituer l’épisode de la captivité des Hébreux en Egypte puis leur exode vers la Terre Promise, conduits par Moïse, tel qu’il est conté dans l’Ancien Testament. A la différence du film de 1956, la version de 1923 était divisée en deux parties, la seconde se situant à l’époque contemporaine", a analysé Olivier Père. Il s'agit de la Bible hébraïque.

Et de poursuivre : "Lors de sa carrière parlante Cecil B. DeMille deviendra le spécialiste incontesté de l’épopée, s’illustrant aussi bien dans le western que dans le film d’aventures. Les Dix Commandements domine tous les péplums et autres superproductions en costumes réalisées à Hollywood dans les années 50 et 60. Sa force réside dans la conviction de DeMille, dans son investissement total de la genèse du projet au tournage du film, de son génie visionnaire, de sa capacité à faire vibrer les foules avec des histoires mythiques et universelles. En pleine guerre froide, le cinéaste, républicain convaincu, prêche l’urgence d’une nouvelle adaptation de l’Ancien Testament pour délivrer un message exalté en faveur de l’indépendance et de liberté des peuples, contre l’oppression et la tyrannie. DeMille bénéficia d’une carte blanche à la fois financière et artistique de la Paramount, qui lui fit entièrement confiance et lui alloua le temps nécessaire (trois ans d’écriture, sept mois de tournage) et des moyens quasiment illimités pour la réalisation de sa fresque biblique. Pionnier du cinéma muet, DeMille reste fidèle à une mise en scène frontale, opte pour un espace à deux dimensions et pousse ses interprètes vers la théâtralité. Ce qui pourrait passer pour des archaïsmes relève d’un art primitif qui perdure au sein de l’âge classique du cinéma américain, au plus près de son sujet. Le cinéaste témoigne d’un sens exceptionnel du cadre et de la composition, préférant le format VistaVision à celui du CinemaScope. Son utilisation du Technicolor en fait l’un des grands coloristes du cinéma américain. DeMille peut aussi bien organiser des déplacements gigantesques de foules (20 000 figurants), utiliser des trucages optiques spectaculaires, bâtir des décors colossaux et triompher dans les scènes intimistes et mélodramatiques, en portant à leur paroxysme les émotions, mais aussi la sensualité de ses personnages. De ce spectacle démesuré et triomphal se dégage finalement un sentiment de poésie, d’humanité, un goût du détail qui rapproche le cinéma de DeMille dernière période de la peinture miniaturiste."

Salomon et la reine de Saba
Yul Brynner personnifie le roi Salomon dans Salomon et la reine de Saba (1959) de King Vidor, "L’histoire mouvementée de l’accession de Salomon au trône d’Israël et de la visite de la reine de Saba à Jérusalem... Un des plus beaux péplums de l'histoire du cinéma, le dernier film réalisé par King Vidor, avec Gina Lollobrigida en reine de Saba, George Sanders, John Crawford, et un Yul Brynner royal. Salomon, fils de David, hérite de la gouvernance de la Terre d’Israël. Mais ses vues pacifistes ne sont partagées ni par son frère Adonias, ni par Siamon, pharaon d’Egypte. La reine de Saba se propose donc de le séduire pour mieux l’anéantir. Il s’agit du dernier tournage de Tyrone Power, qui commença à interpréter Salomon avant de mourir d’une crise cardiaque. Il fut remplacé par Yul Brynner. Dernier film en outre réalisé par King Vidor".

"Salomon, qui succède au roi David, accueille la reine de Saba et sa cour à Jérusalem. Il en tombe amoureux et lui demande de l’épouser. Celle-ci refuse mais obtient la permission d’organiser une orgie païenne dans la Ville sainte. Salomon assiste à l’orgie, s’attirant la colère des prêtres et de Dieu. Le temple est détruit par la foudre. Les Égyptiens déclarent la guerre à Israël et Adonijah, le frère aîné de Salomon, se joint aux forces ennemies. La reine de Saba prie pour Salomon. Ses intentions de le trahir ont fait place à un véritable amour ainsi qu’à un désir de le sauver..."

Très grand spectacle et dernier film de King Vidor. Le tournage, initialement entrepris avec Tyrone Power dans le rôle de Salomon, dut être entièrement recommencé avec Yul Brynner, car le célèbre acteur était mort d’une crise cardiaque, le 15 novembre 1958, au cours de la scène du duel final avec George Sanders. Dans certains plans filmés de loin, Tyrone Power est encore Salomon... Superbe histoire d’amour, scènes de bataille remarquablement filmées en "Super Technirama 70".


Carrière mondiale

Dans Le Testament d’Orphée (1960), écrit et réalisé par Jean Cocteau avec l'auteur, Jean Marais, Maria Casarès, François Périer et Brigitte Bardot, Yul Brynner, qui coproduit le film, incarne l'huissier des enfers.

Deux ans plus tard, Yul Brynner interprète 
Taras Bulba dans le film éponyme américano-yougoslave réalisé par J. Lee Thompson (1962). Inspiré du roman de Nicolas Gogol, l'intrigue se déroule au XVIe siècle, en Ukraine. Avec l'aide des Cosaques, les Turcs sont repoussés par les Polonais.









"Les Sept mercenaires"
Yul Brynner enchaîne avec Les Sept mercenaires (1960) de John Sturges avec Eli Wallach, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn, Horst Buchholz, Brad Dexter et James Coburn, Tarass Boulba (1962) de J. Lee Thompson avec Tony Curtis, Le serpent (1973) d’Henri Verneuil avec Dirk Bogarde, Henry Fonda et Philippe Noiret, et Mondwest de Michael Crichton (1973) avec Richard Benjamin.

"Régulièrement, un village de paysans du nord du Mexique est attaqué par Calvera et sa bande de pillards. Les villageois, terrorisés et humiliés, réunissent leurs faibles ressources et envoient deux d'entre eux chercher de l'aide de l'autre côté de la frontière. Le fin tireur et baroudeur Chris est embauché. Six autres mercenaires sont recrutés. Chacun va se lancer dans l'aventure pour des raisons personnelles..."

Hommages
A Broadway, Yul Brynner joue dans de nombreuses pièces, dont L'odyssée dans les années 1960.

Avec générosité et pédagogie, il enseigne l’art dramatique.

Humaniste, il s’engage au côté des réfugiés, milite à l'ONU (Organisation des Nations unies), pour qui il tourne des documentaires et écrit Bring forth the children pour le Haut Commissariat aux Réfugiés.

Ce comédien est distingué par de nombreux prix, dont la Meilleure interprétation masculine, 1957 à l'AMPAS (Academy of Motion Picture Arts and Sciences) pour le film The king and I (1956) de Walter Lang avec Déborah Kerr et Rita Moreno, la Meilleure interprétation masculine, 1956 au NBR (National Board of Review) pour The King and I/Anastasia de Anatole Litvak/The Ten Commandments. Réalisé par Cecil B. de Mille, ce film obtient l'Oscar des meilleurs effets spéciaux.


Yul Brynner est aussi l’auteur de deux livres : Bring forth the children: A journey to the forgotten people of Europe and the Middle East (1960) et The Yul Brynner Cookbook: Food Fit for the King and You (1983).

Il meurt en 1985 d'un cancer. Conscient que le temps lui était compté, il avait enregistré une vidéo diffusée après son décès. Face à la caméra, avec dignité, il alertait sur les dangers du tabac : "Don't smoke!"


Ses cendres ont été placées dans le cimetière du monastère de l’Abbaye de Bois-Aubry (Indre-et-Loire).


Instantanés et recherches

En 2010, l’exposition Yul Brynner: A Photographic Journey à Pierre Passebon-galerie du Passage et son magnifique catalogue (Ed. 7L) ont repris le titre d’un film réalisé par Anatole Litvak (1959) avec Yul Brynner, Jason Robards et Déborah Kerr.


Les sujets photographiés ? Les stars et amis de Hollywood des années 1950 et 1960, sur les plateaux de tournage et à leur domicile. Sophia Loren toute en concentration avant de jouer. Frank Sinatra souriant dans un aéroport. Dean Martin et Jerry Lewis faisant un numéro comique en public. Elizabeth Taylor nageant avec sa fille ou bronzant chez elle. Charlton Heston en Moïse pour Les Dix Commandements. Audrey Hepburn dans une gondole en vacances… vénitiennes.

Fixés par l’objectif de Yul Brynner, des scènes familiales et des paysages. Ceux-ci se prêtent à son goût pour l’expérimentation et l’ironie.

Après Deauville vue par Jacques-Henri Lartigue, les frères Séeberger et Robert Capa, la cité normande a présenté en 2012 Le Deauville de Yul Brynner pour ce quatrième rendez-vous estival avec la photographie. Deauville a présenté l'exposition en plein air Le Deauville de Yul Brynner, sur ses célèbres planches. 


Élaborée par le service culturel de Deauville en puisant dans les archives photographiques de Victoria Brynner, cette exposition originale d’une quarantaine de clichés révèle le talent du photographe et son regard singulier sur Deauville. Une sélection d’une soixantaine de clichés, souvent en noir et blanc, de 1956 à 1985, soigneusement cadrés, classiques ou expérimentaux, sur des stars de Hollywood, des paysages normands et la vie familiale de Yul Brynner.


Yul Brynner goûtait ses séjours annuels dans sa maison Le Manoir de Cricquebeuf, à Bonnebosq, au cœur du Pays d’Auge, à vingt kilomètres de Deauville, une cité qu’il fréquente dès les années 1950. Pendant plusieurs décennies, cet artiste est le témoin privilégié et l’acteur de la « foisonnante activité estivale » de Deauville.

« Doté d’un très bon coup d’œil, Yul Brynner ne se déplaçait jamais sans son appareil photo. Pour tuer le temps, l’acteur des Sept Mercenaires enregistrait les coulisses des tournages, ses rencontres, ses vacances, sa vie de tous les jours. Portraits d’Audrey Hepburn à Venise, d’Elizabeth Taylor au bord d’ une piscine se mêlent à ses photos de famille en Normandie…» Un témoigne précieux d’une époque révolue.

Acteur sur le tournage d’Aimez-vous Brahms ?, film d’Anatole Litvak avec Ingrid Bergman, Anthony Perkins et Yves Montand, il en saisit « avec des photos couleurs, les images des scènes tournées à Deauville, avec pour décors l’Hôtel Royal ou les couloirs et la terrasse du casino ».


Avec son Leica, Yul Brynner immortalise pendant trente ans les « grands rendez-vous de l’été deauvillais : Françoise Sagan et Sophie Litvak aux courses (1961), Elie de Rothschild jouant au polo… »


Père de famille attentif, il photographie en couleurs ses proches pendant leurs vacances dans le parc et le manoir de Cricquebeuf. « On se souvient encore aujourd’hui, l’avoir retrouvé, un jour des années 70, à Caen, dans la salle d’attente du dispensaire, où il patientait pour les rappels de vaccination de ses enfants ».

Yul Brynner est un témoin privilégié de la création du festival du Cinéma américain, en 1977, à Deauville, en Normandie. Ce festival lui rend hommage lors de sa quatrième édition, en 1980. Son nom est alors donné à l’une des lices des cabines de bains des Planches. A Deauville, « vingt-sept ans après sa disparition, la barrière des planches qui porte son nom depuis cet hommage de 1980, est cet été au cœur de » cette exposition photographique. Dans un bref film sur Internet, on peut voir Yul Brynner accueilli en septembre 1980 par Anne d’Ornano, Maire de Deauville, alors qu’il vient d’atterrir sur l’aéroport de Deauville.

Et à regarder les magnifiques photographies soigneusement cadrées, on devine son amour des comédiens, sa curiosité, son souci de la composition, son penchant pour l’harmonie, la beauté et la quiétude.

"Les mille et une vies de Yul Brynner" 
Arte diffusa le 22 janvier 2022 "Les mille et une vies de Yul Brynner", documentaire de Benoît Gautier et Jean-Frédéric Thibault. 

"De "Mondwest" aux "Dix commandements", du "Roi et moi" aux "Sept mercenaires", Yul Brynner a su imposer un nouveau canon de virilité au cinéma. Entre Vladivostok, Paris et Hollywood, le parcours romanesque d’un acteur au charme magnétique, dont le mystère des origines a contribué à forger le mythe".

"Sa présence magnétique et son sex-appeal singulier hantent la mémoire cinéphilique plus encore que ses rôles, de Ramsès II dans Les dix commandements à Chris, le premier des "sept mercenaires", en passant par celui de sa vie : Mongkut, attachant souverain de Siam, dans Le roi et moi, qu’il joue d’abord sur les planches et qui lui vaudra un Oscar en 1957 face à James Dean, Kirk Douglas, Rock Hudson et Laurence Olivier". 

"À la croisée d’un héritier de Gengis Khan et d’un androïde échappé d’une autre planète, Yul Brynner (1920-1985), dont le crâne lisse contribue à forger la légende et à imposer un nouveau canon de virilité, succède à Rudolph Valentino pour incarner à Hollywood les héros exotiques". 

"Mais quelle(s) identité(s) se cache(nt) sous le masque mystérieux du monstre sacré à l’œil en amande perpétuellement amusé ?"

"De sa naissance à Vladivostok à sa traversée du Paris des Années folles – entre cabarets russes, où l’adolescent, tsigane par sa mère, russo-suisse par son père, chante et joue de la guitare, et Cirque d’hiver, qui le condamne à sept mois d’immobilité après un accident de trapèze –, ce caméléon s'avère maître dans l’art de la séduction, fascinant au passage Jean Cocteau". 

"Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’aventurier part à la conquête de New York où, d’abord piètre réalisateur pour une télévision balbutiante, il se lance avec succès dans une carrière d’acteur à Broadway, avant le sacre hollywoodien dans des blockbusters, pour la plupart passablement kitsch."
 
"À la manière d’un conte des mille et une nuits, ce beau documentaire retrace la fabrication du mythe de l’acteur star en remontant les pistes que ce polyglotte (il parlait onze langues) s’ingéniait à brouiller avec un panache toujours teinté de malice. Au fil d'archives rares et de séquences d'animation, il plonge dans la vie flamboyante d'un Gitan à l’élégance nomade devenu roi de cinéma, qui s’engagea de toute son âme auprès des réfugiés pour l'ONU pendant plus de dix ans".
 

PROPOS RECUEILLIS AUPRÈS DE VICTORIA BRYNNER EN MARS 2012

Mon père Yul Brynner « a fait l'acquisition du Manoir de Criquebeuf, à Bonnebosq en 1969. Ce qui l'a séduit d'emblée c'est que le manoir avait une histoire : les deux tours dataient de la guerre de cent ans et elles avaient été réunies au 17e siècle. La propriété était vaste: 35 hectares, ce qui lui permettait de se tenir à l'écart d'éventuels voisins. Il pouvait ainsi réaliser un fantasme: faire de ce manoir un lieu fédérateur où il pouvait réunir sa famille considérablement recomposée...
Beaucoup de ses amis étaient aussi ses voisins en Normandie. Alix de Rotschild, Guy de Rotschild, Hubert Faure, etc.
Il a trouvé cette maison par une connaissance. Elle appartenait à l'ambassadeur de France à Cuba .
Yul Brynner, passionné par la photographie, était un ami d’Henri Cartier Bresson, avec qui il était allé en reportage au Mexique. C’est en l’accompagnant qu’il avait lui aussi photographié là-bas des scènes de corridas.
Il aimait les animaux et avait installé dans sa propriété des pigeons voyageurs et des pigeons acrobates dans le pigeonnier, des chiens, deux ibis, un flamand rose, des crapauds géants… et deux pingouins. Il a ensuite fait don de ces pingouins, me semble-t-il à un zoo du Portugal.
Il aimait jardiner et bricoler. C’était un habitué de La Maison du plastique et de La Quincaillerie de Lisieux. Il aimait aussi manger des crevettes grises et des bulots Aux Vapeurs à Trouville. Il avait sympathisé avec Madame Prentout, célèbre poissonnière de la Halle aux poissons de Trouville.
Lorsqu’il jouait Le Roi et Moi à Londres, Yul Brynner rentrait à Deauville en avion, chaque week-end, et les jours de relâche dans son manoir de Bonnebosq. C’est dans cette maison qu’il a vécu son dernier été en 1985.
Le stade de Bonnebosq s'appelle le Stade Yul Brynner, parce qu'il avait acheté ce terrain dont il a fait don à la commune pour y aménager un terrain de sport ».



Les Dix Commandements, de Cécil B. de Mille
Motion Picture Associates, Cecil B. DeMille, Etats-Unis, 1956
Image : Loyal Griggs
Montage : Anne Bauchens
Musique : Elmer Bernstein
Scénario : Æneas MacKenzie, Jesse L. Lasky Jr., Jack Gariss, Fredric M. Frank
Avec Charlton Heston, Anne Baxter, Yul Brynner, Edward G. Robinson, Yvonne De Carlo, Debra Paget, John Derek, Ian Keith
Sur Arte le 5 mars 2017 à 20 h 45
Sur Paris Première les 10 mai 2018 et 5 mai 2020 à 22 h 55 
Sur Paramount Channel les 6 et 12 avril 2019

Salomon et la reine de Saba (1959), de King Vidor 

Avec Yul Brynner, Gina Lollobrigida et George Sanders
Sur Arte les 28 mars et 7 avril 2016 

"Les mille et une vies de Yul Brynner" de Benoît Gautier et Jean-Frédéric Thibault
France, 2019, 52 min
Sur Arte le 22 janvier 2022 à 05 h 55
Disponible du 19/12/2021 au 27/01/2022

Jusqu'au 11 novembre 2012
Jusqu’au 23 octobre 2010
Pierre Passebon-galerie du Passage
20/26, galerie Véro-Dodat, 75001 Paris
L’entrée de la galerie se situe au niveau du 10, rue Croix des Petits-Champs
Tél. : 01 42 36 01 13
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
Entrée libre


Photos de Yul Brynner, de haut en bas :
Doris Brynner et Jean Cocteau – Villa Santo Sospir
France – 1959
© Yul Brynner – Trunk Archive

Jerry Lewis et Dean Martin
© Yul Brynner – Trunk Archive

Verre 2 – La Reine Jeanne – France
1956 - © Yul Brynner – Trunk Archive


Yul Brynner photographie Sophie et Anatole Litvak dans les tribunes de l'hippodrome
Deauville-août 1961
© Stardust Victoria Brynner

Yul Brynner
le Baron Elie de Rotschild, lors du tournoi de polo
Deauville, août 1961
© Yul Brynner – Trunk Archive

Planches de Deauville
© DR

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié le 8 octobre 2010, puis le 8 novembre 2012,
- le 25 décembre 2013 : France 3 a diffusé à 13 h 55 Les Dix Commandements, de Cecil B. DeMille avec Charlton Heston et Yul Brynner ;
- 20 avril 2014. Arte a diffusé le 21 avril 2014 Salomon et la reine de Saba, de King Vidor avec Yul Brynner, Gina Lollobrigida et George Sanders ;
- 29 mai 2014. France 3 diffusa Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven), western de John Sturges ;
- 27 septembre 2014. Arte rediffusa le 24 septembre 2014 à 13 h 30 Salomon et la reine de Saba ;
- 29 juillet 2015. TCM Cinéma diffusa les 31 juillet, 2 et 5 août 2015 Salomon et la reine de Saba (1959), de King Vidor avec Yul Brynner, Gina Lollobrigida et George Sanders ;
- 27 mars 2016. Le 28 mars 2016, France 3 diffusa Les dix commandements, de Cecil B. de Mille, avec Yul Brynner, Charlton Heston, Anne Baxter, Yvonne De Carlo. Arte diffusa les 28 mars et 7 avril 2016 Salomon et la reine de Saba (1959), de King Vidor avec Yul Brynner, Gina Lollobrigida et George Sanders ;
- 29 septembre 2016.  France 3 diffusa Les Sept mercenaires, de John Sturges (1961), avec Yul Brynner (Chris), Steve McQueen (Vin), Eli Wallach (Calvera), Charles Bronson (Bernardo), Robert Vaughn (Lee), Brad Dexter (Harry), James Coburn (Britt) et Horst Buchholz (Chico).  
- 6 mars 2017. Le 5 mars 2017, Arte diffusa Les Dix Commandements, de Cecil B. de Mille. 
- 17 octobre 2017. Le 17 octobre 2017, TCM Cinéma diffusa Salomon et la reine de Saba, de King Vidor.
- 10 mai 2018. Le 10 mai 2018, Paris Première diffusa Les Dix Commandements de Cecil B. de Mille ;
- 3 avril 2019, Paramount Channel diffusa ce film.
 - 4 janvier 2022.
Les citations proviennent des dossiers de presse.

lundi 3 janvier 2022

La campagne électorale américaine de 2020

Arte diffusera le 4 janvier 2022 des documentaires sur la campagne électorale aux Etats-Unis, notamment « L’assaut du Capitole. Le traumatisme américain » (Der Sturm aufs Kapitol - Ein amerikanisches Trauma), documentaire partial de Dagmar Gallenmüller et Gaston Saša Koren, et « Une insurrection américaine - De Charlottesville au Capitole » (Amerika in Aufruhr Von Charlottesville zum Sturm aufs Kapitol), documentaire biaisé de Rick Rowley.


La campagne électorale américaine en 2020 et la journée de proclamation des résultats le 6 janvier 2021 ont suscité des interrogations légitimes sur les dangers pesant sur la démocratie de la première puissance mondiale : soupçons de fraude massive électorale par le vote électronique ou le bourrage d'urnes par des bulletins en faveur du candidat démocrate, vote d'électeurs décédés, etc.

Des menaces visant aussi d'autres démocraties, notamment celle française avec des propositions d'autoriser le vote par correspondance ou électronique lors de la prochaine élection présidentielle en avril 2022.

« États-Unis : début de l'enquête sur l'assaut sur le Capitole »
Arte propose des documentaires sous le titre « États-Unis : début de l'enquête sur l'assaut sur le Capitole ».

« Le 6 janvier, des centaines de manifestants pro-Trump attaquaient le Capitole pendant la certification de l'élection de Joe Biden. Un événement sans précédent, qui a laissé des traces aux États-Unis et sur lequel se penche une commission d'enquête parlementaire, qui a débuté ses travaux le 27 juillet. Cet assaut n'a pas empêché Joe Biden d'accéder au pouvoir. À peine arrivé, le 46ème président du pays s'est empressé d'enterrer une partie des décisions de son prédécesseur en revenant dans l'accord de Paris et dans l'OMS, en mettant fin au "muslim ban" et en suspendant la construction du mur avec le Mexique. Il s'est retrouvé à la tête d'un pays profondément divisé, bouleversé par une terrible crise économique et par la pandémie. Dans ce dossier, retrouvez notre sélection de reportages et d'analyses pour comprendre les tensions qui traversent le pays. »

Quid du retrait catastrophique d'Afghanistan, de l'inflation, de l'échec de l'arrêt de l'immigration, des problèmes de santé mentale du Président démocrate Joe Biden, du retour dans son administration d'anciens de celle d'un de ses prédécesseurs, Barack Hussein Obama, du parti démocrate dominé de plus en plus par son aile gauchiste ?

« Les USA dans tous leurs États »
Arte diffusera le 5 janvier 2022 la série « Les USA dans tous leurs États ». « En cinq volets, le quotidien d'une dizaine de personnes aux États-Unis, suivies durant les mois précédant la présidentielle ».

« L’assaut du Capitole Le traumatisme américain »
Arte diffusera le 4 janvier 2022 « L’assaut du Capitole Le traumatisme américain  » (Der Sturm aufs Kapitol - Ein amerikanisches Trauma), documentaire partial de Dagmar Gallenmüller et Gaston Saša Koren.

« L’irruption au Capitole des partisans de Donald Trump contestant la victoire de Joe Biden en janvier 2021 a sidéré le monde entier. De quoi cette attaque était-elle le symptôme ? Quelles traces a-t-elle laissées sur la société américaine ? »

« Le 6 janvier 2021, alors que le Congrès se réunit à Washington pour certifier les résultats du vote des grands électeurs et la victoire du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis, des centaines de sympathisants de Donald Trump envahissent le Capitole, contestant l’authenticité des résultats de l’élection ». 

« Le président sortant vient d’encourager ses partisans à ne pas concéder la défaite et à se diriger vers le siège du Congrès ». Non. A voir le très faible nombre d’Américains, au regard de celui présents au rassemblement, étant entrés dans le Capitole, cet « encouragement » n’a guère été suivi.

« Après avoir fait tomber les barrières qui protègent le bâtiment, les supporters de Trump submergent les lieux ». 

« Certains escaladent les murs pour pénétrer dans l’enceinte de l’institution, tandis que les forces de police, débordées, exfiltrent en urgence les parlementaires protégés par des masques à gaz. »

« Filmé sous tous les angles, l’assaut du Capitole est diffusé sur les écrans du monde entier. »

« L’attaque, qui provoquera la mort de cinq personnes, dont un policier, provoque la sidération ». 

« Qualifiée d’insurrection, de coup d’État, de putsch, elle marque une rupture dans l’histoire américaine ». 

« Retraçant les faits avec précision selon les points de vue des différents participants (manifestants, forces de l’ordre, journalistes et parlementaires), ce documentaire analyse les conséquences de cette tentative de coup de force sur la démocratie américaine et s’intéresse à la fracture de la société dont elle témoigne ». 

« Près d’un an après cette violente intrusion, de nombreux républicains du Congrès continuent de soutenir Trump, et sa candidature aux élections de 2024 n’est pas exclue ». 

« L’enquête parlementaire en cours aux États-Unis, qui a déjà permis d’identifier bon nombre de protagonistes, aide-t-elle les Américains à surmonter le traumatisme ou, au contraire, accroît-elle leurs dissensions ? »  


« Une insurrection américaine - De Charlottesville au Capitole »

« Une enquête glaçante sur la menace que représentent les groupes violents d'extrême droite aux États-Unis. Se revendiquant comme des défenseurs de la Constitution, ceux-ci s'avèrent en fait liés à des idéologies anti-gouvernementales, racistes et criminelles  ».


« L’assaut du Capitole Le traumatisme américain » de Dagmar Gallenmüller et Gaston Saša Koren 
Allemagne, 2021, 52 mn
Production : ZDF/ARTE
Sur Arte le 4 janvier 2022 à 22 h 40
Sur arte.tv du 04/01/2022 au 03/04/2022

Etats-Unis, 2021, 82 min
Sur Arte le 4 janvier 2022 à 23 h 35

« Les USA dans tous leurs États »

« Églises. La quête de la lumière » par Bruno Victor-Pujebet

La série télévisée 
« Monuments sacrés » (Sakrale Bauwerke) comprend le volet 
« Églises. La quête de la lumière » (Vom Streben nach Höhe und Licht: Kirchen), documentaire réalisé par Bruno Victor-Pujebet rediffusé par Arte le 5 janvier 2022. « Un voyage autour du monde à la découverte de chefs-d'œuvre de l’architecture chrétienne : le Saint-Sépulcre à Jérusalem, le Mont-Saint-Michel, la cathédrale Notre-Dame de Chartres, le Duomo de Florence, la cathédrale de Séville, et la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou ». 

Dieu(x), Modes d’emploi 
Poussin et Dieu
« La Bible » par John Huston
Chagall et la Bible 
Interview de Laurence Sigal, directrice du MAHJ, sur l'exposition « Chagall et la Bible »
« Les religions » par Sylvie Deraime 
« En plusieurs foi(s). Christianisme » par Cécile Déroudille
Lieux saints partagés. Coexistences en Europe et en Méditerranée  
« -33 - Crucifixion de Jésus » par Denis van Waerebeke 
« Églises. La quête de la lumière » par Bruno Victor-Pujebet 
Cathédrales et leurs vitraux en France 
Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain
Enluminures du Moyen Âge et de la Renaissance. La peinture mise en page
Rembrandt et la figure du Christ
Le Vatican 
Approfondir le dialogue judéo-catholique en France 
Le métis de Dieu » par Ilan Duran Cohen
Jésus et l’islam » de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur 
« Luther, la Réforme et le Pape », par Thomas Furch 

Arte poursuit sa diffusion de séries documentaires « politiquement correctes » sur les religions. Le 22 décembre 2018, dans le cadre de « Monuments sacrés » (Sakrale Bauwerke),  Arte diffusa « Églises. La quête de la lumière » (Vom Streben nach Höhe und Licht: Kirchen), documentaire réalisé par Bruno Victor-Pujebet. 

« Espaces hors du temps, les églises, temples, mosquées ou synagogues dégagent une beauté, une solennité et un mystère qui émeuvent. Complexe et codifiée, l’architecture de ces monuments mêle étroitement science, art et spiritualité. Révélant les secrets d’édifices religieux parmi les plus remarquables, cette ambitieuse collection tournée en 4K raconte une histoire de la foi et du génie des bâtisseurs ».

« En 2011, j'avais produit et coréalisé pour ARTE Les cathédrales dévoilées, un documentaire qui raconte la naissance de l'architecture gothique. Cela m'a donné envie d'explorer d'autres monuments sacrés emblématiques dans le monde. Trois films de la collection « Monuments sacrés » se penchent sur les édifices les plus remarquables des grandes religions monothéistes : christianisme, islam et judaïsme. Le quatrième est consacré au bouddhisme et à l'hindouisme. Ils ne racontent pas l'histoire de ces religions, mais analysent, au travers de leurs lieux de culte, comment a évolué la relation de l'être humain au sacré. Il était donc essentiel d'aller au-delà de la beauté des monuments pour en montrer la fonction et l'usage », a expliqué Christine Le Goff, sa productrice chez Zed, à Laure Naimski pour Arte.

Et d’ajouter : « Pour chaque documentaire, le choix s'est porté sur cinq ou six édifices exceptionnels, avec l’objectif de développer un récit liant la civilisation et les transformations de ces lieux. Car les églises, les temples, les synagogues et les mosquées ne sont pas simplement la matérialisation de croyances, ils sont aussi le témoignage physique de grands mouvements historiques, comme les migrations, les conquêtes, les révolutions philosophiques, artistiques, l'évolution des dogmes. »

Christine Le Goff poursuit : « Tous les monuments sacrés se transforment au fil des siècles pour atteindre des dimensions de plus en plus importantes et complexes, qui vont de pair avec l'apparition de nouvelles manières de construire. Cela pose aussi la question de leur conservation. Ces édifices requièrent un gigantesque travail de restauration, qui mobilise des savoir-faire extraordinaires que nous mettons en lumière ».

Et d’indiquer : « Il nous semblait important de filmer les rituels, comme dans la cathédrale Saint-Basile à Moscou, où nous avons assisté à une cérémonie avec le pope. Par ailleurs, nous avons recueilli les éclairages d’historiens, architectes et restaurateurs sur ces édifices. Pour l’aspect visuel, nous avons choisi un format 4K, qui offre une qualité d’image incroyable. L'idée était de retrouver le mouvement ascendant vers les cieux, commun à tous ces monuments sacrés. Pour cela, les réalisateurs ont utilisé des drones aussi bien à l’intérieur qu'en extérieur, notamment pour les temples d'Asie. Car on ne peut en comprendre la géométrie que si on les observe du dessus. On s'aperçoit alors que ce sont des mandalas, des cercles en sanskrit. Dans l'architecture sacrée, le rond et le dôme symbolisent le rapport au ciel, tandis que le carré fait référence à la terre ».

Le choix des lieux ? « Certains se sont imposés d’eux-mêmes, à l'instar de la cathédrale de Chartres. Celle-ci illustre un moment clé de l'histoire du Moyen Âge : la naissance de l'École de Chartres, courant de pensée humaniste qui préfigure la Renaissance italienne. Pour le film sur les synagogues, leur construction et leur destruction racontent l'errance du peuple juif. Le traitement se révèle donc davantage chronologique et justifie la présence du seul monument contemporain de la collection, la synagogue Beth Sholom, conçue par Frank Lloyd Wright dans la banlieue de Philadelphie ».

Et Christine Le Goff de conclure : « Quinze des édifices présentés dans la collection ont aussi donné lieu à des épisodes en unitaires afin de permettre aux spectateurs de les découvrir plus longuement. Par exemple, au Mont-Saint-Michel, un géologue nous explique la relation de l'abbaye avec la baie. Ces quinze films de vingt-six minutes prolongent la découverte et l'exploration, pour susciter le désir d'entreprendre le voyage jusqu'à eux. »

Curieusement, de manières choquante et injustifiée, cette série documentaire débute par l’islam, et relègue le judaïsme au dernier rang.


Eglises et lumière divine

Dans le cadre de la série « Monuments sacrés » (Sakrale Bauwerke), « Églises. La quête de la lumière » (Vom Streben nach Höhe und Licht: Kirchen), documentaire réalisé par Bruno Victor-Pujebet propose un voyage autour du monde à la découverte des chefs-d’oeuvre de l’architecture chrétienne : le Saint-Sépulcre à Jérusalem, le Mont-Saint-Michel, la cathédrale Notre-Dame de Chartres, le Duomo de Florence, la cathédrale de Séville, et la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou.

Eretz Israël
"Au 1er siècle de notre ère, un homme Jésus de Nazareth est crucifié sur une colline de Jérusalem. De la croyance en sa résurrection, va émerger" une nouvelle religion monothéiste après le judaïsme : le christianisme. 

"Le christianisme des premiers temps" ne naît pas dans "l'obscurité d'une grotte en Palestine", Etat qui n'a jamais existé. En Judée, les Romains rasent Jérusalem après la révolte du patriote juif Bar Kokhba vaincu par l'empereur romain Hadrien en 135 de l'ère commune. Les Romains veulent détruire en Judée tout souvenir d’histoire juive, y compris les noms de Judée et de Jérusalem. Ils nomment Jérusalem Ælia Capitolina, et, pour désigner ce territoire, ils forgent le terme « Palestine » à partir du mot Philistins, anciens ennemis des Hébreux et disparus (préhistoire). La Judée disparaît dans la région de "Syria Palæstina" (Syrie Palestine). L'accès à Jérusalem est "interdit aux Juifs, et aux chrétiens d'origine juive".


"Quand Jésus meurt, l'Empire romain règne en Palestine". Non, cet Empire romain domine alors la Judée, et plus généralement Eretz Israël (Terre d'Israël). Pourquoi cette erreur de terminologie historique et géographique ? Pour inciter le téléspectateur à penser que Jésus et les premiers chrétiens étaient des Palestiniens, alors qu'ils étaient des Judéens, des juifs ? La preuve : l'inscription "INRI" (
Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm, « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ») dans les imago (images) représentant la Crucifixion dans des églises, cathédrales, etc., par exemple à la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome.


« Formant une secte dissidente du judaïsme à ses débuts, le christianisme s’est pratiqué en secret pendant trois siècles ».

« Lorsque Constantin l’érige en religion officielle de l’Empire romain, la nécessité de construire des monuments adaptés s’impose ».

Saint-Sépulcre
« En 326, à Jérusalem, le Saint-Sépulcre, épicentre de la chrétienté abritant le tombeau vide du Christ, sort de terre sur la colline du Golgotha ». Ce "sanctuaire raconte le récit fondateur du christianisme sur le lieu où il se serait passé". Pour l'historien Vincent Lemire, c'est un "bâtiment difficile à lire", ordonné autour de trois pôles. A gauche, le rocher affleure sous un autel. Il y a le trou, le lieu de la crucifixion. Quand on entre, se trouve le lieu de préparation du corps avant sa mise au tombeau. Sous la coupole : la tombe du Christ et le lieu de la résurrection". Détruit et reconstruit à plusieurs reprises, le Saint-Sépulcre est un "lieu sans architecte, un lieu sans architecture".

"L'église témoigne de la singularité de la religion chrétienne". Jésus « est prophète, fils de Dieu et Dieu lui-même, d'où une tension. Le corps doit être présent et absent. Le Saint-Sépulcre doit rendre compte des traces de son existence et de l'absence du corps pour la résurrection », explique Vincent Lemire.

Ce "bâtiment reflète les divisions du christianisme en plusieurs branches. Six communautés chrétiennes se partagent sa gestion : les catholiques franciscains, les syriaques orthodoxes, les éthiopiens, les coptes, les arméniens, les grecs orthodoxes. La nuit, seuls les prêtres et moines sont autorisés à rester à l’intérieur".


Arte diffusa le 11 juillet 2019 "Enquête d’ailleurs" (Magische Orte in aller Welt), "Jérusalem, les secrets du Saint-Sépulcre" (Jerusalem: Das Heilige Grab) de Rébecca Boulanger. "L'anthropologue et médecin légiste Philippe Charlier repart sur les traces des rites et des mythes de l'humanité. Dans ce volet, il visite le Saint-Sépulcre, lieu le plus sacré de la chrétienté, construit sur le site où le corps du Christ fut déposé après sa mort et qui renferme son tombeau. Depuis 1852, un statu quo régit l'accès au Saint-Sépulcre pour éviter tout conflit entre les chrétiens des différentes confessions."

La série "Monuments sacrés" évoque l'essor du christianisme, la "division entre Empire d'Occident et Empire d'Orient, l'émergence de l'art gothique, les invasions barbares, les conquêtes islamiques, la course effrénée à la lumière au nom de la gloire de Dieu". L'architecture et la décoration intérieure des bâtiments chrétiens religieux - églises, cathédrales, etc. - sert à asseoir la primauté du christianisme ainsi qu'à édifier les fidèles, et contribue à affirmer le pouvoir temporel de souverains.


Jérusalem demeure le "premier grand pèlerinage chrétien. Progressivement, émerge le besoin de cheminements pour se substituer au pèlerinage à Jérusalem". Le documentaire allègue l'éloignement de la cité biblique pour expliquer l'apparition d'autres lieux de pèlerinage. C'est oublier la conquête de Jérusalem en 1078 par les Turcs seldjoukides et l'interdiction imposée aux chrétiens de se rendre dans leurs lieux de recueillement en Terre sainte.


France
« D’autres lieux de pèlerinage éclosent bientôt en Occident, à l’image du Mont-Saint-Michel – dont les premières fondations datent du VIIIe siècle – et de son mille-feuille architectural superposant lignes romanes et "Merveille" gothique ». L'Europe chrétienne est alors menacée par les invasions barbares et le djihad.
Pour atteindre le Mont-Saint-Michel, ce « morceau de rocher théâtralisé, sacralisé qui a vraisemblablement succédé à l'église du VIIIe siècle », les pèlerins doivent affronter "les grandes marées, des sables mouvants, les brouillards". 

Les moines bénédictins au Xe siècle ont un statut hors du monde et du temps tout en contrôlant le monde. Ils prient pour le salut des âmes, organisent les vie politique et économique d’un domaine. Toute la vie économique est entre leurs mains : ils organisent l'agriculture, font tourner les moulins, organisent les pêcheries, etc." Au XIe siècle, un moine découvre "un crane percé de trous. Le Mont a sa relique, la preuve miraculeuse pour qu’il devienne un haut lieu de pèlerinage". Pour accueillir les pèlerins, un exploit technique est réalisé : au sommet du rocher, est édifié un énorme soubassement de 80 mètres de long, un socle en forme de croix latine qui inscrit dans la terre la Passion du Christ". Autre prouesse technique : « La Merveille » dont une des salles possède un « rideau de lumière ». 

"Avec l'afflux des hommes vers les villes, les églises doivent s’agrandir pour accueillir les hommes souhaitant communier avec Dieu". 

"L'architecture gothique représente la Jérusalem céleste, transcription d’une pensée où la lumière joue un rôle considérable". 


La "cathédrale est la maison de Dieu et des hommes". Elle "incarne une forme de perfection stylistique à un moment donné".


« En France toujours, la cathédrale Notre-Dame de Chartres, édifiée à partir de 1184, offre une illustration étincelante du style gothique, auquel se mêlent des symboles antiques, dans un mouvement d’ouverture au savoir profane qui place l’homme au centre du monde ». Lors de la restauration de sculptures, des traces de polychromie ont été découvertes. "Après les enduits des murs, les statues retrouvent leur éclat". 

Environ "5000 personnages bibliques figurent dans les vitraux aux couleurs symboliques : le rouge du Diable ou des chœurs, le marron du vœu de pauvreté, le jaune couleur de Judas. Les couleurs illustrent la présence de la lumière divine, donc l’or des mosaïques. Le bleu dès XIIe-XIIIe siècles récupère une partie de la charge spirituelle de l’or : le bleu céleste, des cieux divins et des cieux physiques".  Quel "contraste entre le bleu de cobalt de Chartres et celui de manganèse du XIIIe siècle !" 


C'est un bâtiment "lumineux et grandiose", qui associe la "foi chrétienne et la pensée grecque, le Moyen-âge et l'Antiquité". Le "labyrinthe de la nef centrale du XIIIe siècle illustre ces rencontres. Il rappelle celui imaginé par Dédale pour y enfermer Minotaure. Thésée est le Christ, le Minotaure est Satan. L'image symbolise le parcours de l’existence, canalise ces dévotions populaires, et se substitue au pèlerinage à Jérusalem. Un exemple du mariage entre Antiquité et pensée chrétienne. L'Ecole de Chartres incite à lire Aristote et à s’approprier des matières profanes : art, géométrie... A l’extérieur, le portail de la cathédrale mêle les sciences humaines à la pensée religieuse." Les statues ? De grands auteurs:  Cicéron pour la rhétorique, Aristote pour la dialectique, Pythagore pour la musique.

Italie
« Cette pensée humaniste connaîtra son apogée durant la Renaissance italienne, qui voit naître le Duomo de Florence (la cathédrale Santa Maria del Fiore), grandiose matérialisation de la révolution intellectuelle et artistique à l’œuvre ». La République de Florence brille par ses artistes, ses orfèvres, son commerce de la soie et de la laine.  C'est la cité toscane de Dante, de Léonard de Vinci, de Michel-Ange, de Botticelli et de la famille des Médicis. Le marbre est le matériau précieux privilégié pour le Duomo.

Le "plan centré est en forme d’octogones qui renvoient à un autre espace, différent des sept jours de la semaine. Le huitième jour est l’éternité. L'or est la couleur symbolique du divin, de la résurrection. La porte en bronze sur le mur occidental de l’édifice contient des centaines de personnage de" la Bible hébraïque. La « Porte du paradis » selon Michel Ange. Pour réaliser le Duomo, un concours avait été lancé, une "consultation populaire avec le clergé, des grandes familles. Et Sabine Frommel d'expliquer : « La maquette était un instrument fondamental pour convaincre les commanditaires. Il était placé dans le chantier ou dans des maisons pour que les artisans vérifient ». Dans la « course à la  grandeur" avec d'autres cités italiennes telle Sienne, "il fallait marquer la supériorité de la ville », souligne Sabine Frommel.

La "fresque du Jugement dernier représente 700 personnages. L'or et les bruns s’opposent comme les vertus s’opposent aux vices, Dieu au Diable. Le Christ miséricordieux refuse de punir les hommes". 


Espagne
« À la même époque, à Séville, les catholiques espagnols bâtissent sur l’emplacement de la grande mosquée almohade, dont ils conservent des éléments, une monumentale cathédrale (Notre-Dame du Siège) qui exprime, sous un déluge d’or du Nouveau Monde, la puissance religieuse et politique du royaume ». Le minaret devient un clocher. La "tour reste le plus haut clocher d’Europe pendant des siècles". 

Le "symbole politique du pouvoir catholique. L'Inquisition naît. C'est la fin de la tolérance qui mène vers l'exil Juifs et musulmans".Un raccourci historique un peu rapide et qui aurait mérité davantage d'explications. Et il semble infondé de mettre sur le même plan des exilés : juifs et musulmans. Le décret de l’Alhambra ou édit d’expulsion des Juifs a été signé le 31 mars 1492 par les rois catholiques à l’Alhambra de Grenade, trois mois après la prise de cette ville aux musulmans. Quatre mois plus tard, les Juifs sont expulsés d’Espagne. L'expulsion des Morisques d'Espagne a été promulguée par le roi Philippe III d'Espagne le 22 septembre 1609, s'est poursuivie sur plusieurs années, et l'historiographie a nuancé le tableau d'une persécution uniforme, cruelle par l'Inquisition. Cette cathédrale abrite le tombeau de Christophe Colomb, seule personnalité à occuper une telle place dans ce monument sacré qui "proclame au monde la puissance du christianisme".


Russie
« Sur la place Rouge à Moscou, la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux, construite par le tsar Ivan le Terrible pour célébrer sa victoire militaire contre les Tatars en 1522, est considérée comme le joyau du christianisme orthodoxe ». Le clocher à bulbe, symbole d’orthodoxie, est emprunté à la coupole des Byzantins".

Dans l'église orthodoxe, le "mur d’icônes crée un lien spirituel entre les fidèles et le mystère de l’eucharistie. Andrei Roublev a peint la Sainte Trinité. Pour les orthodoxes, les icônes sont vénérées pour elles-mêmes, comme si elles sont le saint lui-même. Elles ne sont pas signées par le peintre qui veut rendre visible la lumière intérieure habitant les figures saintes. L'or représente la gloire de Dieu, le bleu la Vierge, et  les étoiles la nativité du Christ.


« Convoquant historiens, architectes et restaurateurs », ce deuxième « volet de la collection "Monuments sacrés" dévoile les spécificités et secrets de célèbres édifices chrétiens, témoins immortels du génie des bâtisseurs, qui ont repoussé les limites de la science pour tutoyer les cieux, dompter la lumière et affirmer ainsi la puissance de l’Église tout en accompagnant l’élévation spirituelle des fidèles ».



"Jérusalem, les secrets du Saint-Sépulcrede Rébecca Boulanger
France, 2014, 27 min
Sur Arte le 11 juillet 2019 à 12 h 20

« Églises. La quête de la lumière » par Bruno Victor-Pujebet
France, ARTE France, Zed, CuriosityStream, 2018, 90 min
Sur Arte les 22 décembre 2018 à 20 h 50 et 20 mai 2020 à 09 h 20, 5 janvier 2022 à 09 h 20
Disponible du 04/04/2020 au 26/05/2020, du 17/12/2021 au 11/01/2022
Visuels :
Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres (France)
Groupe de pèlerins marchant vers le Mont-Saint-Michel, France
Intérieur de la Cathédrale de Chartres, pendant une messe (France)
Abbaye du Mont Saint Michel, France
Duomo de Florence en Italie.
Eglise de la Trinité Saint Serge, à Moscou (Russie).
© ZED/ARTE

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Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 20 décembre 2018, puis les 11 juillet 2019 et 20 mai 2020.