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mardi 5 mars 2024

« Leonora Carrington, pionnière du surréalisme » de Teresa Griffiths

Leonora Carrington (1917-2011) était une romancière - The Hearing Trumpet, La Maison de la Peur (1938) avec des illustrations de Max Ernst et peintre surréaliste britannique non intéressée par les écrits de Sigmund Freud. Compagne de Max Ernst, elle fuit en Espagne. Exilée au Mexique, elle y épouse le photographe juif hongrois Emérico "Chiki" Weisz (1911-2007) et crée, dans les années 1970, le Mouvement de libération des femmes (MLF). Arte diffusera le 10 mars 2024 à 17 h 45 « Leonora Carrington, pionnière du surréalisme » (The Lost Surrealist), documentaire de Teresa Griffiths.  

« Du fauvisme au surréalisme : chefs-d'œuvre du musée d'Art Moderne de Paris »

« Figure oubliée du surréalisme à l’imaginaire foisonnant, Leonora Carrington (1917-2011) n’a cessé d’inventer des mondes prodigieux peuplés d’étranges créatures. Célébrée au Mexique, sa terre d’exil, cette artiste pionnière est aujourd’hui redécouverte en Europe. »

« Ses toiles d’un onirisme puissant sont traversées de fées, de créatures et d’animaux tout droit sortis d’une mythologie personnelle esquissée dès l’enfance ».

Catholique, « fille d’un riche industriel du textile et d’une Irlandaise – laquelle l’initie aux contes de son pays –, Leonora Carrington grandit en Angleterre auprès de trois frères qui la tiennent à distance, dans un vaste et sombre manoir stimulant pour son imaginaire. »

« Soumise à la froideur d’une gouvernante française, l’indocile solitaire s’invente déjà des mondes entre le rêve et la réalité, dont elle se plaît à effacer les frontières. »

« S’inscrivant aux Beaux-Arts à Londres, la créative Leonora se découvre bientôt des affinités avec le surréalisme qui l’entraîne à Paris dans l’effervescence des années 1930 auprès, entre autres, d’André Breton et de Pablo Picasso. »

« Amante passionnée de Max Ernst, de vingt-six ans son aîné, la jeune égérie fantasque d’une bohème avant-gardiste toujours dominée par les hommes s’installe avec lui à Saint-Martin-d'Ardèche, jusqu’à l’arrestation du peintre allemand en 1939, qui la dévaste. »

« Son internement forcé dans un asile en Espagne, commandité par son père, achève de la plonger dans les ténèbres, avant son exil aux États-Unis puis au Mexique, qui deviendra sa terre d’adoption. »

« Mariée au photographe hongrois Emérico Weisz, père de ses deux fils, Leonora Carrington y poursuivra, dans un atelier de poche, la production foisonnante d’une œuvre picturale, mais aussi littéraire, d’une intensité empreinte de poésie ». 

Photographe juif hongrois Emérico "Chiki" Weisz (1911-2007) était un ami de Robert Capa et David Seymour. Avec Maurice Ochshorn, il avait photographié la guerre d'Espagne. En 1940, à Paris, il a travaillé pour Magnum, agence fondée par Capa. Persécuté par le régime de Vichy, craignant que les négatifs des photographies prises en Espagne ne soient saisis, "Chiki" Weisz a sauvé le matériel photographique Capa en les transportant à Marseille à vélo. Là, il a remis les négatifs de 4500 photographies de Capa au général mexicain Francisco Javier Aguilar González. Peu après, il a été interpellé et interné dans un camp de concentration au Maroc dont il s'évade. Il rejoint Marseille, puis, en gardant le contact avec des réfugiés du mouvement surréaliste - le poète Benjamín Peret et le peintre Remedios Varo - il se réfugie au Mexique grâce à son ami Capa. A bord du Serpa Pinto, il arrive à Veracruz le 1er octobre 1942. 

« Il est arrivé sans bagage. Il a seulement apporté avec lui une brosse à dents, un manteau et un faux document qui prétendait qu'il n'était pas hongrois, car le Mexique n'avait aucune relation avec ce pays", selon son fils Pablo. Aidé par une 
organisation juive, il a travaillé pour le studio de photographie Semo, acronyme forgé à partir des prénoms de ses fondateurs, des juifs anarchistes nés dans l'empire russe - Senya (Sénia) Fleshin (Fléchine) (1894-1981) et Mollie Steimer (1897-1980) -, et photographié des cinéastes, muralistes, écrivains et hommes politiques mexicains. En 1944, au domicile de José et Kati Horna, il rencontra Leonora Carrington et fréquenta des réfugiés, des républicains espagnols, des peintres comme Gunther Gerzso, des photographes comme Maurice Ochshorn et Kati Horna, une connaissance de Hongrie. Le couple Weisz étudiait la Kabbale.

« Oubliée en Europe et en Angleterre où elle ne retournera jamais malgré la nostalgie qui l’habitait, cette pionnière, célébrée au Mexique et exposée dans de grands musées américains, commence à peine à être redécouverte en Europe. »

« Entrelaçant des peintures animées, une visite guidée dans le labyrinthe de ses tableaux, des archives et des extraits de ses textes, ce portrait sensible explore la vie et l'œuvre de cette artiste extravagante, figure majeure du surréalisme. »

« Avec les émouvants témoignages de ses enfants, ainsi que de compagnons de route, et les éclairages d’historiens de l’art, ce documentaire rend hommage à son audace et à sa viscérale liberté en préservant le mystère d'une femme dont le "seul pays, comme pointe avec justesse son fils Gabriel, était l’art".


Etats-Unis, 2017, 52 mn
Production : Erica Starling Productions
Sur Arte le 10 mars 2024 à 17 h 45
Sur arte.tv du 09/03/2024 au 07/06/2024
Visuels : © Erica Starling Productions

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