dimanche 25 juin 2017

« Possédé par un djinn » par Dalia Al-Kury


Arte diffusera le 27 juin 2017 « Possédé par un djinn » (Besessen) par Dalia Al-Kury. « Dans les cultures arabes, nombreux sont ceux qui croient aux esprits malfaisants appelés « djinns ». La documentariste d’origine jordanienne Dalia Al Kury explore cet univers mystérieux et parfois dangereux ».
  
Magie. Anges et démons dans la tradition juive 
Sorcières, mythes et réalités
« Possédé par un djinn » par Dalia Al-Kury

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent » (Coran 51:56).

Le Coran indique que les djinns – l’étymologie renvoie à la dissimulation - ont été créés du feu.

« Tout comme les humains, ils peuvent avoir une religion. Les jnoun musulmans sont les moins dangereux parce qu'on peut facilement « négocier » avec eux en invoquant le nom d'Allah. Les Chrétiens sont plus difficiles, mais moins que les Juifs qui sont quasiment irrécupérables. Quant aux jnoun païens (kafrin), ce sont les plus craints, car totalement inaccessibles aux « arguments » des humains et les plus violents de tous. Le diagnostic d'existence d'un djinn « kafar » (païen) signale une grave inquiétude pour la vie du malade », a écrit l’ethnopsychiatre Tobie Nathan.

Parmi les djinns, figure le célèbre Iblis appelé parfois al shaytan (Satan, démon) représentant le Mal.

Les Mille et une nuits évoquent des djinns traduits en français par « génie ».

Les Djinns est le titre d’un poème des Orientales (XXVIII) de Victor Hugo (1802-1885).

La « documentariste et journaliste jordanienne Dalia Al Kury part sur les traces d’une croyance dont les origines remonteraient aux temps préislamiques et encore largement répandue dans la culture arabe : la crainte des djinns » ou djoun, « des êtres surnaturels qui peuvent se montrer malfaisants », sont généralement invisibles. Ils sont suspectés d’exercer une influence psychologique sur les êtres humains et vivent souvent dans des lieux déserts.

« Cette superstition est loin d’être inoffensive. L’enquête de Dalia Al Kury prend ainsi pour point de départ un fait divers dramatique survenu en Jordanie : le meurtre d’une petite fille de 4 ans par son propre père, qui la croyait possédée par l’une de ces créatures ».

« Au fil de ses investigations, la réalisatrice plonge dans un monde fascinant, peuplé d’esprits, d’exorcistes et d’ensorcelés. En explorant l’inconscient collectif de sa culture d’origine, elle se trouve elle-même confrontée à ses propres contradictions... »

Le 10 octobre 2010, Layla, Marocaine homosexuelle âgée de 18 ans, a été brûlée à mort lors d’une séance d'exorcisme à Anvers (Belgique). Elle faisait de nombreux cauchemars, et perdait du poids. Ses parents étaient persuadés qu'elle était "possédée par des esprits, appelés aussi "jins" au Maroc", et ont "décidé de la « soigner » par la roqya", consistant "en des rites de désenvoûtement avec récitation de versets du Saint Coran" et "souvent accompagnés de pratiques occultes telles la magie ou sorcellerie". Sur les conseils de voisins, ils ont recouru à "un imam connu dans la région, un certain Othman G." Celui-ci a allégué que la jeune fille "était possédée par neuf démons. L’exorcisme a duré trois jours. Le dernier jour, l’imam s’est enfermé avec Layla dans la salle de bain, et lui a versé "de l’eau bouillante sur le corps, alors qu’elle n’était couverte que d’un pyjama". "Les trois prévenus, l’exorciste et les deux parents", ont nié "toute implication dans la mort de Layla". Lors de l'enquête qui a duré cinq ans, un collège de psychiatres a considéré que Layla souffrait d'une légère schizophrénie. "Une demi-sœur de Layla s’est portée partie civile contre les parents et l’exorciste. Elle voulait que les faits soient qualifiés de tortures et non de coups et blessures ayant entraîné la mort. Ce qui aurait impliqué un procès d’assises". En 2012, à Bruxelles, la "Cour d’assises avait jugé six personnes pour le désenvoûtement mortel de Lafifa, 23 ans, morte de quasi-noyade, de coups multiples et de manœuvres d’étranglement pour "chasser les djinns en elle". Les peines s’étalaient entre 3 et 9 ans de prison, pour tortures".

Le 7 mai 2014, The Daily Beast a indiqué que, sur la chaîne publique iranienne IRIB (Islamic Republic of Iran Broadcasting), Valiollah Naghipourfar, mollah et professeur de l’université de Téhéran, a allégué que les Juifs utilisent  des djinns, « créatures surnaturelles » qui « sont le Mal », pour espionner  et miner la république islamique et que le judaïsme est particulièrement expert en magie noire : « Les Juifs ont toujours été associés à la sorcellerie et aux djinns. Vraiment, beaucoup de sorciers sont Juifs. Ceux qui sont en contact avec les djinns sont souvent Juifs… Même le Coran condamne les Juifs, appelant le prophète Salomon un infidèle et l’accusant de sorcellerie… Le Juif est très expérimenté en sorcellerie ». Il a acquiescé à la question de savoir si « les problèmes actuels en Iran proviennent de la sorcellerie et la magie, par des forces surnaturelles ». Il a estimé possible qu’un « gouvernement soit manipulé par les djinns en Israël, mais pas en Iran ». La vidéo a été postée le 4 juillet 2014 sur Youtube.

En février 2015, un fqih et son assistant ont été jugés pour meurtre avec préméditation et sorcellerie par un tribunal pénal d'Agadir (Maroc). Ils étaient accusés de la mort d'une jeune mariée lors d'une séance d'exorcisme à Anza, près d’Agadir. La famille de la victime, "prise d’une "crise de folie" interprétée comme un acte de « l’esprit qui habitait en elle », donc selon elle "possédée par le démon", avait recouru à un fqih. Lors d'une des séances d'exorcisme, le fqih a frappé la jeune femme de 22 ans, tout en lisant des passages du Coran et disant « Sors fils de Satan, tu ne veux pas sortir ? », l'a étouffée.
          
« Possédé par un djinn » par Dalia Al-Kury
2015, 73 Min
Sur Arte le 27 juin 2017 à 1 h 30

Visuels
Un spectacle bizarre, une nuit à Amman, la capitale de la Jordanie
Dans les cultures arabes, nombreux sont ceux qui croient aux esprits malfaisants appelés « djinns »
Les Bédouins ont une relation unique avec le djinn
Est-ce que le garçon possédé ? Un père inquiet avec son fils face au guérisseur
© ZDF/Mutaz M. Sinokrot

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Les  citations sur le documentaire proviennent d'Arte.

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