dimanche 28 décembre 2014

Vitalité, diversité et tolérance à Saint-Germain-en-Laye


En quelques décennies, s’est développée une communauté forte de  âmes bien intégrée dans cette ville huppée de la banlieue ouest de Paris (département des Yvelines). Majoritairement sépharade, cette ville francilienne associe trois composantes : liée au Consistoire israélite de Paris Ile-de-France, libérale et Loubavitch. Très active, la communauté Juive de Saint-Germain-en-Laye bénéficie de synagogues et Talmud Torah. Reportage effectué en 2006.

Saint-Germain-en-Laye « est une ville d’histoire et de culture où naquit, notamment, le Roi Louis XIV. Son château, ainsi que sa terrasse dessinée par Le Nôtre et dominant la vallée parisienne, est une des plus belles demeures des rois de France. Molière y créa la troupe du Roy en 1665. Des chênes datant du règne de Louis XIV peuvent être admirés dans la forêt domaniale, fleuron de notre ville, qui s’étend sur plus de 3 500 ha ».

A quand remonte l’installation des Juifs à Saint-Germain-en-Laye ? Difficile de le déterminer.

L’histoire de la communauté saint-germanoise est peu connue.

Le Dr Jules-Jacob Ariche, président de la communauté locale associée au Consistoire israélite de Paris Ile-de-France, cite d’illustres habitants coreligionnaires : au XIXe siècle, les frères Emile et Isaac Pereire, l’historien Salomon Reinach et la baronne Gérard, née Schnapper.

Chronologiquement, cette communauté saint-germanoise est postérieure à celles de Versailles et du Vésinet. 

L’essor de la communauté débute dans les années 1960.

Composée à 90% de Juifs sépharades, souvent originaires d’Algérie et du Maroc, traditionalistes, elle choisit le statut de communauté associée au Consistoire Israélite de Paris Ile-de-France  en 1973 : les actes de son rabbin- Gabriel Dahan en 2006 - sont valables et signés par cet organisme qui ne la gère ni ne la finance. 

Du Maire, alors Michel Péricard, elle obtient 2 000 m² près de la RN 13 ainsi qu’un local en préfabriqué pour les prières, et se constitue en association.

Victime d’actes de vandalisme, elle contracte un prêt bancaire en 1993 pour financer l’édification d’une synagogue « en dur ».

Tout en renégociant le taux d’intérêt de ce prêt afin d’en réduire le poids du remboursement, elle rembourse grâce essentiellement aux dons de juifs et chrétiens encouragés par leurs chefs spirituels, dont le père Thomas, à des recettes de spectacles - concert du violoniste Patrice Fontanarosa et la harpiste Marielle Nordmann, etc. - et au produit de la vente de pins’s.

Sur un seul niveau, la synagogue nouvelle au style sobre est inaugurée  en 1995 en présence des grands rabbins de France et de Paris, Joseph Sitruk et David Messas. Dotée d’une plaque mentionnant les cent noms des membres fondateurs, elle comprend une salle de prières pouvant contenir 140 places assises, un immense hall, une salle pour le rabbin et quatre pièces pour le Talmud Torah. Agrémentée d’un jardin, elle est décorée de panneaux du céramiste d’art André Chemla. Des pyramides en verre dans les plafonds éclairent naturellement l’espace. Plus de trois cents fidèles s’y rendent pour Yom Kippour ou les fêtes de Tichri. Une quinzaine d’enfants fréquentent le Talmud Torah. Quatre bar mitsvot célébrées chaque année, et trois-quatre mariages depuis la création de la synagogue.

« Quatre fois par an, la synagogue accueille des collégiens et lycéens, publics et privés, accompagnés de leur professeur de français et de parents. L’amitié judéo-chrétienne saint-germanoise s’y réunit ainsi que les Eclaireurs israélites de France (EEIF). Des cours d’hébreu gratuits pour deux niveaux y sont prodigués. Des conférences y sont tenues », a décrit le Dr Ariche, retraité septuagénaire, alors président de la communauté.

Cette communauté entretient des relations régulières et harmonieuses avec les autorités publiques et religieuses.

Les projets ? « Poursuivre les efforts vers les différentes communautés, attirer plus d’enfants dans le Talmud Torah, renouveler une partie du mobilier et multiplier les activités (conférences, concerts) pour que les gens découvrent l’enchantement de cette synagogue », a envisagé ce rhumatologue. Hommage a été rendu à ce président d’honneur en donnant son nom à la rue abritant cette synagogue.
La communauté Juive française de Saint-Germain-en-Laye est jumelée avec la ville de Lakhich (Israël).

Le tournant des années 1990
Depuis une dizaine d’années, deux mouvements sont apparues, en partie en raison de la présence du prestigieux Lycée international de la ville.

« Fondée en 1993, la libérale Kehilat Gesher (Communauté Pont, en hébreu) regroupe 150 familles entre Saint-Germain-en-Laye et Paris. Bilingue, elle compte de nombreux mariages mixtes : des anglophones ashkénazes ayant épousé, côté féminin, des sépharades francophones », expliquait avec humour son rabbin, Tom Cohen. 

Kehilat Gesher réunit pour « un Talmud Torah 75 enfants des deux cités et se réjouit de 20 bar/bat mitsvot et cinq à six mariages par an ». 

« Depuis fin 1999, les Loubavitch complètent les activités de la communauté locale, plus particulièrement en direction des jeunes. Notre synagogue répond à une demande de familles d’un lieu de rencontre et discussion. Nous y proposons des cours de Torah et une préparation à la bar mitsva à moins d’une dizaine d’enfants », a confié le rav Mendel Sebag . 

De 80 à 100 personnes assistent aux prières lors de fêtes. Depuis quatre ans, les Loubavitch organisent un centre de loisirs en juillet.


Visuels : 
© Saint-Germain-en-Laye, Kehilat Gesher et Loubavitch-Chabad

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Cet article a été publié par Osmose.

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