Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 13 avril 2016

Serge Kantorowicz


La galerie Guigon présente une exposition collective avec des œuvres de Serge Kantorowicz, peintre, dessinateur, graveur, illustrateur et sculpteur.  Des dessins à la ligne torturée, des œuvres sur papier figuratives s'aventurant à la limite de l’abstraction, évoquant parfois le Paris de l’Occupation. 


Serge Kantorowicz est né à Paris en 1942 dans une famille Juive d’origine polonaise. 

Ses parents communistes ont été déportés à Auschwitz où ils ont été tués. C’est la grand-mère maternelle de Serge Kantorowicz qui élève l’enfant. 

Celui-ci étudie le dessin et l’estampe au lycée Saint-Étienne des Arts Graphiques, puis complète sa formation en étudiant libre à l’École des Beaux-arts de Bruxelles (Belgique) dès 1962. 

À la fin des années 1960, Serge Kantorowicz entre comme graveur dans les ateliers Maeght, puis dans un atelier où il crée aux côtés de son cousin, le peintre Sam Szafran. 

Il travaille pour Riopelle, Joan Mitchell, Henri Michaux, Miró, Calder, Giacometti et Vasarely.

Dès 1973, marqué par Delacroix, Cézanne et Picasso, Serge Kantorowicz se concentre sur son œuvre, notamment l’estampe qu’il maitrise : gravure sur bois et sur cuivre, lithographie, sérigraphie, etc.

Dessinateur expressionniste, peintre figuratif, les œuvres de Serge Kantorowicz ont été accrochées aux cimaises de galeries et musées : galeries Nina Dausset, Georges Fall et Pascal Gabert (Paris), Parlement Européen (Luxembourg), Galerie Krikhaar (Amsterdam), American Hebrew Congregation (New York), Maison de Balzac (Paris), Musée Victor Hugo (Paris), Non-Maison (Aix-en-Provence), etc. 

Nombre d’entre elles ont enrichi les collections d’établissements publics, dont le Fonds National d’Art Contemporain de la Ville de Paris, le Parlement européen de Strasbourg, le Musée d’Art contemporain de la ville de Luxembourg. 

Serge Kantorowicz a poursuivi un travail initié par ses visions de l’œuvre de Balzac (1997-1999), Kubin et Thaddeus Kantor (2000). 

« La picturalité des personnages de Balzac ne m’intéresse pas, ne me concerne pas. Ce que j’aime dans son monde, c’est son ensemble infini de virtualités. On veut que le peintre ne raconte plus d’histoires. Moi j’écoute la vie intérieure, le destin virtuel de personnages, je les nomme de noms que Balzac leur a donnés, mais ils n’appartiennent qu’à la peinture », a confié Serge Kantorowicz  à Roland Chollet (L'Année balzacienne, 2004/1 (n° 5), Presses Universitaires de France). 

Et d’ajouter : « Avant Balzac, il y eut Hugo. Il y a encore Hugo peut-être. Je ne tiens pas à faire l’histoire de ma vie, et je vous épargnerai les incertitudes du calendrier. Cela remonte loin cependant, au silence qui fut le mien à l’école de la rue de Turenne, avant de savoir lire. Je ne suis sorti de cette solitude, je n’ai vu les autres que le jour où j’ai réussi pour la première fois à lire une syllabe, à déchiffrer le premier mot français. Avant j’arrachais les pages du livre de lecture et les cachais sous mon lit pour les lire plus tard. J’ai découvert avec passion les grands romans de Hugo, Les Misérables, Les Travailleurs de la mer etc. quelques années après. L’essentiel, c’est que j’ai renouvelé par la suite l’expérience fondatrice de mon enfance à laquelle j’ai fait allusion, en dessinant sur des pages arrachées de Victor Hugo, en écrivant pour ainsi dire entre les lignes, en y écrivant ma vie au risque de la perdre – ce qui faillit arriver, si grande fut l’intensité de mon travail. J’ai continué cette forme d’activité sur une édition bilingue de Faust devenue trilingue par mes dessins et sur d’autres supports imprimés ».

En 2002, l’Hôtel d’Albret a présenté l’exposition itinérante « Pages arrachées au journal de Victor Hugo », des illustrations par Serge Kantorowicz de l’œuvre et de la vie du romancier, poète, dramaturge romantique et homme politique français (1802-1885). 

En 67 portraits et paysages, avec pudeur, le peintre a évoqué aussi les correspondances entre Hugo et lui. 

Sur le papier du Népal, il a mêlé pigments, matière, fusain et marouflages, dans des mouvements souvent énergiques. Révélant parfois ses tourments.

Pour sa série sur La Comédie humaine, ses modèles étaient des personnages de fiction. 

Ici, il a illustré des œuvres - Notre-Dame de Paris, les Misérables, Les Travailleurs de la mer, Napoléon le Petit et L’homme qui rit - et la vie de Victor Hugo, Surgissaient aussi des églises gothiques, parmi des campagnes, des mers déchaînées et des paysages de Jersey et Guernesey.

Serge Kantorowicz s’est inspiré du style pictural de Hugo en gardant son originalité. Intéressé par les gouttes et tâches, cet ancien graveur a esquissé et suggéré. Il a collé ou froissé la toile peinte sur une autre toile, lui conférant alors relief et vigueur, et y a ajouté parfois des documents jaunis et des citations. Dans La pieuvre, le marouflage accentuait le caractère tentaculaire : la poulpe se déployait hors de son cadre originel. Parfois, la peinture semblait engloutir toute la surface. Cet artiste sait merveilleusement associer les couleurs.

Il a révélé des similitudes : « Maine 1852, Saint-Ouen 1942 ». « Il y a beaucoup de 15 avril dans la vie de Victor Hugo , et je suis né un 15 avril. A l’époque où j’habitais rue Saint Anastase - la rue de Juliette Drouet -, je me souviens des lectures qu’on nous faisait de ses romans au début des années 50, à l’école de la rue de Turenne, dans le Marais, et qu’il fallait ensuite illustrer ». Et pour l’inciter à se lever, sa grand-mère, qui l’a élevé, lui racontait en yiddish Notre-Dame de Paris. Dans deux malles translucides, il a mis ébauches et documentation.

Les tableaux étaient « épinglés » sur quatre niveaux, dont l’un un peu haut pour bien les voir, et sans notice. Dans le documentaire de George Goldman, Serge Kantorowicz expliquait : « Je sais qu’ils savent. Que les spectateurs se fassent leur journal... »

La galerie Guigon a présenté l’exposition « Macula » de Serge Kantorowicz. Des dessins à la ligne torturée, des œuvres créées à partir de taches (macula, en latin) sur papier figuratives s'aventurant à la limite de l’abstraction, évoquant parfois le Paris de l’Occupation. Une vidéo sur Youtube montre l'artiste, filmé par George Amat, créant ses œuvres, dessinant ses macula sur des feuilles jaunies manuscrites. Il cite les artistes qui "partent de la tache pour s'exprimer... C'est un peu un art de sorcier".

La galerie Guigon présentera une exposition collective avec des œuvres de Serge Kantorowicz.
 
"Peintre d’origine polonaise né en 1942, Serge Kantorowicz fut graveur dans les ateliers Maeght où il travailla notamment pour Miro, Riopelle,  Michaux ou Giacometti.  Il est lui même un maître de l’estampe et un dessinateur virtuose, à travers maints carnets à l’encre de chine, proche par son métier d’un Toulouse-Lautrec ou d’un Bonnard mais aussi des Bruno Schulz et Alfred Kubin par son investigation résolue des abysses inconscients. Nourri de ses lectures , il est l’auteur de grandes expositions thématiques où se manifeste un expressionnisme intériorisé d’une humanité toute rembranesque dans l’art du portrait , autour de la Comédie humaine de Balzac par exemple, des romans cycloniques de Hugo ou du metteur en scène prothéen Tadeusz Kantor . On lui doit également d’étonnantes scènes de genre oniriques, versant Goya, et des paysages urbains désertiques, prétexte à explorer, dans la perpétuité de Cézanne, l’envers futuriste de la perspective au gré des violents contrastes lumineux révélant, cyclopéenne nature morte, l’abandon nocturne, décapité de toute centralité, de constructions labyrinthiques néo-urbaines. Artiste majeur témoin de l’Histoire et de ses gouffres, Serge Kantorowicz a poussé la figuration aux confins abstraits de expressionnisme. Chez lui, le génie du dessin – cette liberté en acte qu’inspire le secret tendrement ironique de l’Eros - sert avec une sorte de démiurge espiègle l’intensité picturale dans ses ombres claires et ses noirs éclats", a écrit Hubert Haddad.


Du 11 février au 16 avril 2016. Vernissage le 11 février 2016 à partir de 18 h 
Jusqu’au 13 décembre 2014
39, rue de Charenton. 75012 Paris
Tél. : (33) 1 53 17 69 53
Du mercredi au samedi de 14 h à 19 h. Et sur rendez-vous

Visuels :
SERGE KANTOROWICZ
PARIS 1942 - 2002
Fusain sur papier
59 x 76 cm

SERGE KANTOROWICZ
PARIS 1942 - 
2014
Encre sur papier
38 x 51 cm

Autoportrait
SERGE KANTOROWICZ
PARIS 1942 - 
2013
Encre sur papier
40 x 30 cm

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Cet article avait été publié en une version concise par Actualité juive, puis sur ce blog le 12 décembre 2014, puis le 8 février 2016.

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