jeudi 14 mars 2013

« Ton image me regarde !? » d’Esther Shalev-Gerz


Cet article est republié car l'exposition Menschen Dinge.The Human Aspect of Objects, 2004-2006 d'Esther Shalev-Gerz, est présentée à la Kazerne Dossin-Mémorial Musée Centre de documentation sur l'Holocauste et les droits de l'Homme (Belgique).
 
Le musée du Jeu de Paume consacre une exposition à la vidéaste et installatrice israélienne Esther Shalev-Gerz, « reconnue sur la scène internationale pour sa contribution active et conceptuelle au domaine de l’art en lien avec la sphère publique, et pour son travail régulier sur la nature de la démocratie, la mémoire collective et individuelle et les politiques de l’espace public ». C’est la première exposition monographique importante en France de cette artiste.

Esther Shalev-Gerz est née à Vilnius (Lituanie). Elle a grandi en Israël et s’est installée à Paris en 1984.

« L’élaboration de ses projets artistiques est intimement liée aux éléments extérieurs qui en deviennent partie intégrante. Ainsi, l’espace (institutionnel, politique, historique, géographique) est à la fois occupé par l’œuvre et reflété ou détourné par elle. Pendant plus de 20 ans », Esther Shalev-Gerz a travaillé « sur des interventions et des projets ancrés dans l’histoire des lieux et des villes » ayant montré ses oeuvres.

Parfois un peu déroutante, l’exposition présente 11 vidéos et installations, des photographies et sculptures de l’artiste. Ces réalisations interrogent la mémoire individuelle, celle de groupes, l’interaction avec l’histoire individuelle et le souvenir (Monument contre le fascisme, 1986-1993).

Esther Shalev-Gerz est intéressée par les gens dont elles filment les paroles, les silences, les visages, la manière dont ils disent leur histoire. Ainsi, elle montre sur trois grands écrans le même film, décalé de sept secondes et composé de témoignages en gros plans de 60 survivants (« Entre l’écoute et la parole : derniers témoins, Auschwitz 1945-2005 », 2005). Ce qui renforce le caractère dramatique des souvenirs.

Dans « Sound Machine » (2008), Esther Shalev-Gerz cherche les souvenirs d’une Suède ouvrière : le couple mère/fille est filmé devant un décor virtuel d’usines reconstitué en 3D, sur un fonds sonore de machines retravaillé par la vidéaste et un musicien.
 
La conférence Art contemporain : musées, mémoriaux et monuments a eu lieu  en présence notamment de Michal Rovner et Esther Shalev-Gerz le 24 janvier 2013, au Mémorial de la Shoah (Paris).
 

Jusqu'au 31 mars 2013
Goswin de Stassartstraat 153. B-2800 Mechelen (België)
Tél. : + 32 (0) 15 29 06 60
Du jeudi au mardi de 10 h à 17 h

 
Jusqu’au 6 juin 2010
1, place de la Concorde, 75008 Paris
Tél. : 01 47 03 12 50.
Le mardi de 12 h à 21 h, du mercredi au vendredi de 12 h à 19 h, le samedi et le dimanche de 10 h à 19 h.


Visuels de haut en bas :
Les Inséparables
2000-2010
Esther Shalev-Gerz
Vue de l’installation au Jeu de Paume :
Horloge, 67 x120 x 15 cm
Œuvre produite par La Manufacture Jaeger-LeCoultre, partenaire privilégié de l’exposition
© Esther Shalev-Gerz, ADAGP, Paris 2010
Photo Arno Gisinger © Jeu de Paume, Paris

Entre l’écoute et la parole : derniers témoins, Auschwitz 1945-2005
2004-2005
Esther Shalev-Gerz
Vue de l’installation au Jeu de Paume, composée de : une triple projection vidéo synchronisée, couleur, muette, 40 minutes
© Esther Shalev-Gerz, ADAGP, Paris 2010
Photo Arno Gisinger © Jeu de Paume

Sound Machine
2008
Esther Shalev-Gerz
Capture d’écran extraite de l’installation composée de : 1 double projection vidéo synchronisée, couleur, muette, 6 minutes, en boucle ; 1 bande sonore, 36 minutes, en boucle, 6 textes sur toile, 94 x 60 cm chaque
Courtesy galerie Baudoin Lebon, Paris
© Esther Shalev-Gerz, ADAGP, Paris 2010


Articles sur ce blog concernant :


Cet article a été publié en une version plus concise dans le n° 624 de mai 2010 de L'Arche, et sur ce blog le 26 mai 2010 et le 20 janvier 2013.
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire