dimanche 20 juillet 2014

Femmes berbères du Maroc


La Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent présente l’exposition éponyme  et peu didactique de beaux objets conservés au musée berbère du jardin Majorelle à Marrakech (Maroc). « Une occasion de partager la richesse du patrimoine amazigh (berbère), mais aussi de mettre à l’honneur les femmes berbères à qui il doit en grande partie sa survivance. Cette dernière s’explique par la transmission de la langue, mais aussi des savoir-faire – dont certains, essentiellement féminins – comme le tissage, ou encore la poterie dans le Nord du Royaume. C’est enfin l’opportunité de montrer la beauté des parures berbères, diverses selon les régions, mais toujours extraordinaires ».
En deux parties – ce que les femmes Berbères fabriquent, soit la production rurale et celle citadine, et ce qu’elles portent, cette exposition revendique la « volonté de ne pas surinformer » – panneaux succincts – qui montre vêtements, poteries, bijoux, etc. sans répondre à la curiosité des visiteurs : quelles relations commerciales expliquent la présence d’ambre dans un bijou porté par une Berbère du désert ?

Au « cœur du jardin Majorelle, propriété de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, le musée berbère abrite l’une des plus importantes collections d’art berbère » : celle constituée depuis leur arrivée au Maroc en 1966 par l’homme d’affaires Pierre Bergé et le génie de la haute couture française Yves Saint Laurent. 

Tous deux achètent en 1980 le jardin Majorelle qui risquait d’être détruit. Ils le restaurent ainsi que l’atelier de peinture construit en son sein. « Commandé par Jacques Majorelle à l’architecte Paul Sinoir en 1931 », cet atelier « restera en usage jusqu’à la mort du peintre en 1962. C’est au milieu des années 1980 que Pierre Bergé et Yves Saint Laurent décident de le transformer en musée d’art islamique. Le décorateur américain Bill Willis en assurera la muséographie ».

Après la mort d’Yves Saint Laurent le 1er juin 2008, Pierre Bergé, propose aux visiteurs du jardin, en nombre croissant, un « musée de civilisation spécifiquement marocain dont il confie les aménagements intérieurs à l’architecte et scénographe français Christophe Martin ».

Le musée berbère est inauguré en 2011 dans l’atelier de Jacques Majorelle que « d’étroits liens unissaient à ce peuple dont il a largement diffusé l’imagerie à travers son œuvre ». La collection s’est considérablement enrichie. Ainsi, dans le musée, du Rif au Sahara, « plus de six-cents objets présentés au public témoignent de la diversité d’une culture berbère toujours vivante ».

Les Imazighen (au singulier Amazigh), ou Berbères, sont les autochtones, « habitants les plus anciens de l’Afrique du Nord. Ils occupent, depuis des millénaires, un vaste territoire qui s’étend depuis les côtes atlantiques du Maroc jusqu’aux confins du Maghreb oriental et de l’Égypte. De successives conquêtes (romaine, arabe, française et espagnole) ont façonné le visage du Maroc » actuel.

Les Berbères parlent une langue, ont une culture particulière et qui ont traversé les siècles. 

La « reconnaissance de cette culture s’est faite attendre, mais dans son discours du 9 mars 2011, Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc, a évoqué « la pluralité de l’identité marocaine unie et riche de la diversité de ses affluents, et au cœur de laquelle figure l’amazighité (ou «berbérité»), patrimoine commun de tous les Marocains ».

« À travers l’histoire, ce sont les femmes berbères, garantes de la pérennité des traditions et de la langue, qui ont assuré la sauvegarde de l’héritage culturel des tribus. Cette transmission passe notamment par des symboles que l’on retrouve dans le tatouage, le henné, le maquillage, les bijoux, la vannerie, la poterie et la tapisserie, cette dernière relevant du savoir exclusif de la femme berbère ».

L’exposition s’articule autour de trois thématiques : portrait de la femme berbère du Maroc, savoir-faire et artisanat - le tissage, la poterie, la vannerie, la fabrication de l’huile d’argan, la danse, les fêtes... « Dans les objets domestiques du quotidien ou de fête, comme dans les objets rituels, les décors géométriques dominants sont parfois associés à des représentations anthropomorphiques », et les parures et costumes : les bustes de bijoux, les costumes, etc. « Les écrans verticaux permettent de découvrir dans le détail les éléments constituant les costumes des femmes (capes handiras, robes haïks, ceintures) ainsi que les objets liés à l’apparat. Du Rif au Sahara, les groupes berbères, sédentaires ou nomades, manifestent un goût très affirmé pour l’apparat. Vêtements, parures et accessoires attestent de leur identité. Dans le cadre d’un système très codifié, tissages, couleurs, motifs propres à chaque groupe, les femmes berbères créent leur «habit de fête». C’est ainsi que lors de grands rassemblements – mariages, moussems – ce n’est pas l’uniformité qui s’offre au regard, mais une chaleureuse et exubérante variété de silhouettes ».

On peut admirer des bracelets à douze points, des mains de fatma. Mais la symbolique des chiffres demeure inexpliquée.

Comment distinguer la cape portée par les juifs de celle identique dont se revêtaient les musulmans ? Ceux-ci la mettaient à l’endroit, et les judéo-berbères à l’envers. 


Jusqu’au 20 juillet 2014
3, rue Léonce Reynaud. 75116 Paris
Tél. : 01 44 31 64 31
Ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 18 h

Visuels :
Affiche
Parures de la région du Souss
Sud-ouest du Maroc
© Musée berbère / photo Nicolas Mathéus

Vallée enneigée des Aït Bou Guemez
Haut Atlas
© Jean-Michel Ruiz et Cécile Tréal

Femmes ist Yazza (Aït Hadiddou) vêtues de l’ahendir (mante)
Haute vallée du Dadès, Atlas central, 1973
© Claude Lefébure

Boîtes à khôl
Bois
Sud du Maroc
© Musée berbère / photo Nicolas Mathéus

Coussin Zaïane
Laine et soie
Moyen Atlas
© Musée berbère / photo Nicolas Mathéus

Trois bagues
Argent rehaussé d’émail jaune, vert et rose, cabochon de verre
Région du Souss
© Musée berbère / photo Nicolas Mathéus

Tapis Aït Sgougou
Laine
Moyen Atlas
© Collection Rabii Alouani / photo Nicolas Mathéus

Voile de tête, adrar
Laine, coton, application au henné
Imi n’Tatlet, Anti-Atlas
© Musée Bargoin, Clermont-Ferrand

Parures de femme juive de Tahala
Sud-ouest du Maroc
© Musée berbère / photo Nicolas Mathéus


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Les citations sont extraites du dossier de presse.

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