Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 22 janvier 2026

« Les survivants, l’impossible départ après la Shoah » d’Antoine Dauer et de Michèle Dominici

Arte diffusera le 27 janvier 2026 à 21 h « Les survivants, l’impossible départ après la Shoah», série documentaire d’Antoine Dauer et de Michèle Dominici. Après avoir évoqué les difficultés éprouvées dans l’immédiat-après guerre par les rescapés de la Shoah devenus des « personnes déplacées » ou « DP » internées dans des camps, ces auteurs reprennent le narratif « palestinien » hostile à l’Etat Juif en liant l’arrivée de rescapés de la Shoah dans la Palestine mandataire à la fuite volontaire des Arabes de ce territoire biblique.


 « À l’occasion de l’anniversaire de la libération d’Auschwitz, cette collection documentaire « Shoah - Mémoires et témoignages contre l'oubli » rend hommage aux persécutés du régime nazi. Des survivants en quête d’une terre d’accueil, une rébellion clandestine au cœur même du camp, un acte de résistance à Prague pour préserver les cendres de milliers de victimes des nazis, ainsi que l’œuvre monumentale de Claude Lanzmann, "Shoah", ces films donnent vie aux témoignages oubliés. »

À l'occasion du 81e anniversaire de la libération des camps, ARTE propose une programmation spéciale dédiée, entre documentaires (Shoah, Les survivants – L'impossible départ après la Shoah, Les secrets du crématorium de Prague...) et cinéma (Le fils de Saul).

« 1945 - Pour les rescapés de la Shoah, de nouvelles épreuves s'annoncent. Installés dans des camps de déplacés, ils rêvent de fuir l'Europe où les leurs ont péri. De 1945 à 1950, la longue attente des juifs rescapés. Racontée par de splendides archives et les écrits vibrants de celles et ceux qui l'ont vécue, cette histoire méconnue retrace aussi la naissance de l'État d'Israël et les prémices de l'interminable guerre israélo-palestinienne. » Il s'agit de la renaissance de l'Etat Juif dans son berceau historique. Ou guerre israélo-Arabe ? N'eût-il pas été plus judicieux d'évoquer les difficultés de récupérer les biens spoliés, les pogroms post-Deuxième Guerre mondiale, etc. ?

1ère partie  : 1945
« Le 8 mai 1945, alors que des millions d'Européens et d'Américains célèbrent dans la liesse la défaite du nazisme, les rescapés du camp de Bergen-Belsen n'ont nulle envie de danser, écrit l'une d'entre eux, Hadassa Bimko, originaire de Pologne. "Nous n'avions aucune raison d'espérer. Personne ne nous attendait nulle part." 

« La majorité des quelque 60 000 rescapés juifs des camps de la mort veulent quitter cet immense cimetière qu'est devenu le continent, surtout quand ils viennent d'Europe centrale et orientale, où l'antisémitisme continue de tuer. »

« Ils découvrent bientôt que loin de leur tendre la main comme ils l'espéraient, le monde préfère les oublier. »

« En cet automne 1945, tandis que des millions de personnes, civils et militaires, errent sur les routes d'une Europe dévastée, les puissances alliées parquent à la hâte les "personnes déplacées" (ou "DP", selon l'acronyme anglophone) juives dans de nouveaux camps, parfois à proximité des anciens. »

« Si les conditions précaires vont peu à peu s'améliorer et s'ils sont autorisés au bout de quelques mois à sortir de l'enceinte du camp, ces rescapés indésirables ne peuvent ni retourner là d'où ils viennent, ni émigrer : les États-Unis et le Royaume-Uni, qui administre la Palestine, leur opposent des quotas drastiques. » Il s’agit de la Palestine mandataire.

« Aussi l'attente va-t-elle se prolonger bien au-delà de ce qu'imaginent les survivants des camps, encore hébétés par l'horreur qu'ils viennent de traverser. »

« Anita Lasker, Sonia Schreiber, Riva Minsky, Simon Schochet, Izik et Rochelle Sutin, Yakov Biber… Les mots si évocateurs de ces survivants, prolongés par leurs archives personnelles ou, dans le cas du peintre Samuel Bak, par ses aquarelles et dessins, restituent leur histoire en partie méconnue dans ces lieux transitoires ouverts à la hâte dans les zones d'occupation alliées en Allemagne, Autriche et Italie. »

« Cette longue attente voit beaucoup d'entre eux refonder une famille et commencer à reconstruire leur vie, dans la sécurité et la chaleur d'une communauté qui a partagé les mêmes souffrances. »

« Véritables creusets de la renaissance juive – culturelle, sportive, politique, religieuse… –, les camps ont abrité jusqu'à 250 000 "DP", dont plus de la moitié vont émigrer en Israël, clandestinement et au péril de leur vie avant la naissance de l'État hébreu en mai 1948, puis massivement ; 80 000 autres pourront partir aux États-Unis. » Il s’agit de la renaissance de l’Etat Juif selon la terminologie onusienne.

« La force émotionnelle de ces voix aujourd'hui défuntes et de ces archives rares résonne profondément dans le présent. Car elle raconte aussi le rêve d'une vie meilleure porté par tous les réfugiés et les proscrits du monde, et exhume les ferments de la guerre israélo-palestinienne. En juillet 1948, tandis que les rescapés emplis d'espoir gagnent enfin leur Terre promise, quelque 750 000 Palestiniens perdent leur foyer et leurs terres… » Pourquoi ce parallèle infondé ? Pourquoi occulter le jihad contre l'Etat Juif renaissant dans sa terre historique, biblique ? Pourquoi occulter la présence juive en Eretz Israël depuis des millénaires, le Yichouv, etc. ? C'est à une réécriture islamique de l'Histoire que se livrent les documentaristes.

Les « ferments de la guerre israélo-palestinienne » résident dans le refus islamique d’un Etat non-musulman dans le « dar al-islam » et de l’égalité avec des non-musulmans qui doivent subir le statut de la dhimmitude. Ces Arabes de la Palestine mandataire n’étaient souvent pas propriétaires, mais locataires de terrains appartenant à de grands propriétaires établis généralement  au Liban. Ils ont quitté volontairement leur domicile car ils ont obéi aux directives de leurs dirigeants qui leur ont promis se débarrasser en quelques semaines des Yahoud (Juifs, en arabe) et qu'ensuite ils pourraient revenir et s'emparer des biens des Yahoud. Quid du grand mufti de Jérusalem, Mohammad Amin al-Husseini, allié et complice du führer Adolf Hitler ?

Le nombre "750 000" est repris de la propagande Arabe palestinienne. Selon les calculs de l'historien Efraim Karsh, lors de la guerre d’Indépendance de l’Etat d’Israël, 583 000-609 000 Arabes palestiniens ont fui leurs foyersgénéralement de plein gré et en raison des actions menées par les dirigeants arabes, donc des exilés pour la plupart volontaires. (How Many Palestinian Arab Refugees Were There?, Israel Affairs, Avril 2011)

En 2016, le journaliste Richard Mather a listé les statistiques fournies par des sources officielles - palestiniennes, onusiennes, etc. -, et a évalué le nombre d'Arabes ayant fui à environ 270 000. (Palestinian refugees from1948 may have numbered less than 300,000, 13 janvier 2016).

Un nombre de "réfugiés" à comparer avec l’exode, généralement forcé et tragique, d’environ un million de Juifs des pays arabes, d’Iran, de Turquie, de la partie de Jérusalem conquise par la Jordanie, la Judée, la Samarie, le Golan, etc. Un nettoyage ethnico-religieux. Insister sur le fait que les Arabes de Palestine auraient été "dépossédés" de leur "pays" implique que les Juifs sionistes auraient volé leurs terres. Un thème de la propagande anti-israélienne, et qui reprend un poncif antisémite, celui du Juif voleur, cupide.

2e partie  : « 1946-1950 »
« Ce second volet déroule en parallèle le bras de fer politique qui oppose à leur sujet le président américain Truman au premier ministre britannique Attlee. »

« Sous la houlette, désormais, des personnels civils des Nations unies, le quotidien des "déplacés" juifs s'améliore peu à peu, et les grandes organisations humanitaires juives sont autorisées à leur acheminer l'aide qui a manqué cruellement dans les premiers mois suivant la libération. »

« Mariages et naissances se multiplient, des écoles de fortune s'ouvrent, tandis que les meetings politiques opposent des sionistes de différentes obédiences. » Quid des traumatismes non pris en charge ?

« Beaucoup rêvent en tout cas d'une terre où, comme le leur promettent les kibboutzim qu'ils visitent, "aucun non-juif n'osera [leur] dicter [leur] conduite", où ils pourront enfin bâtir une existence libre et protégée. »

« Car l'indifférence des grandes puissances à leur égard renforce l'ardent désir des survivants d'avoir enfin "leur" État. »

« Déjà engagés dans la guerre froide, les Alliés, une fois achevé le procès de Nuremberg, n'ont plus pour priorité la dénazification : ils veulent rebâtir la prospérité allemande pour endiguer le communisme. » Surtout reconstruire une Europe occidentale selon les principes de la liberté économique.

« En juillet 1947, l'arraisonnement de l'Exodus par la marine britannique, qui enferme dans des camps à Chypre les 4 500 passagers du navire, pour l'essentiel des rescapés de la Shoah, retourne l'opinion occidentale en faveur de la création d'Israël... » La re-création d'Israël.

Il semble choquant que la Fondation pour la Mémoire de la Shoah ait soutenu ce documentaire partial qui contribue au narratif selon lequel la Shoah est un fait historique européen. Ce film a aussi été projeté au Mémorial de la Shoah.


« Les survivants, l’impossible départ après la Shoah » d’Antoine Dauer et de Michèle Dominici
France, 2025n 2x45mn
Coproduction : ARTE France, Artline Films
Montage : Raphaël Péaud
Musique : Guillaume Le Hénaff
Graphisme : Thomas Boutet
Avec le soutien de la Région Ile de France, de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, du CNC et de La Procirep – Angoa
Sur Arte 
1ère partie : le 27 janvier 2026 à 21 h
2e partie : le 27 janvier 2026 à 21 h 45
Sur arte.tv du 27/01/2026 au 25/02/2026
Visuels : © ARTLINE FILMS


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire