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« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 24 avril 2014

Hiroshi Sugimoto. ACCELERATED BUDDHA


Le Palais de Tokyo présentera l'exposition d'Hiroshi Sugimoto intitulée Aujourd'hui,  le monde est mort [Lost Human Genetic Archive] (25 avril -7 septembre 2014). Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent  a présenté sa 20e exposition intitulée ACCELERATED BUDDHA. Né en 1948, l’artiste japonais Hiroshi Sugimoto  montre les « productions du photographe en regard de chefs d’œuvres antiques issus de sa collection personnelle ». Ennuyante, ésotérique, émaillée de considérations verbeuses à prétention historique et philosophique, cette exposition oublie de mentionner le judaïsme. 


Scénographe de cette exposition, Hiroshi Sugimoto  est « un artiste majeur de la photographie moderne. Inventeur du procédé de capture de l’image à très longue exposition, son œuvre explore le temps et le rapport de l’Homme au réel ». Il a étudié la photographie aux Etats-Unis dans les années 1970. « Artiste pluridisciplinaire, il travaille avec la photographie, la sculpture, les installations et l’architecture. Son art relie les idéologies orientales et occidentales tout en examinant la nature du temps, de la perception et les origines de la conscience ».

« Pour cette exposition, j’ai réalisé des images vidéo des mille statues de Boddhisattva du Sanjûsangendô, un temple de Kyôto datant du XIIIème siècle. L’accélération progressive de 48 clichés de ces mille Bouddhas permet de les voir se multiplier jusqu’à un million en cinq minutes. Le Sanjûsangendô, édifié par l’empereur retiré Go-shirakawa, représente le Paradis de la Terre Pure. Ce modèle s’accélère sous nos yeux jusqu’à se fondre et disparaître. Parallèlement à l’œuvre vidéo sont exposés des soûtras et des reliques évoquant chaque époque », écrit Hiroshi Sugimoto.

Les commissaires de l’exposition, qui se déroule dans des espaces obscurs et sinistres – le pire est l’installation marquée par un son strident -, sont Hiroshi Sugimoto et Emmanuelle de Montgazon qui explique : « Hiroshi Sugimoto a entrepris depuis 2003 une forme d’exposition évolutive intitulée « Histoire de l’Histoire », dans laquelle il juxtapose ses propres œuvres photographiques avec des œuvres de sa collection privée. Cette exposition a été présentée aux Etats-Unis et au Canada, puis au Japon en 2008-2009. Chaque lieu est un prétexte pour la production de nouvelles œuvres de l’artiste et un choix de différentes pièces de sa collection ».

Rédigé par Hiroshi Sugimoto et traduit par Corinne Atlan, le texte introductif de l’exposition est morbide – « Il y a environ 500 000 ans… les humains passaient le bref moment de vie qui leur était accordé à préparer leur voyage vers une mort éternelle » -, pédant – « Au commencement les hommes vivaient avec les dieux » -, accumule des clichés – « Les civilisations naissent, se propagent puis déclinent inévitablement » - et problématique.

« Une fois morts, les fondateurs divinisés firent l’objet d’une idolâtrie sophistiquée qui conduisit à des conflits sectaires et des torrents de sang versé au nom de la religion », écrit Hiroshi Sugimoto qui généralise pour mieux louer le bouddhisme, « fondé en Inde par le Bouddha Sakyamuni, il y a environ 2500 ans » : « Intégré au système impérial en tant qu’élément protecteur et pacificateur, il fut promu au rang de religion officielle au VIIème siècle ».

Curieusement, Hiroshi Sugimoto, apparemment féru d’histoire, oublie le judaïsme et ses contributions majeures et bénéfiques à l'humanité : « Les innombrables divinités et esprits de l’âge de pierre se synthétisèrent sous forme de dieux à l’apparence humaine, notamment les fondateurs des trois grandes religions : bouddhisme, christianisme et islam ».

Quant j’ai exprimé mon étonnement à l’attachée de presse devant le fait que cet artiste ait rédigé ce texte et ait oublié le judaïsme, je n’ai reçu aucune réponse. Sinon, un sourire à peine embarrassé.


Jusqu’au 26 janvier 2014
A la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent
5, avenue Marceau. F-75116 Paris
Tél. :  +33 1 44 31 64 00
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11 h à 18 h

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Cet article a été publié le 25 janvier 2014.

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