
Né en 1994 en Israël, Sagi Berman a débuté comme arbitre en Ligat ha'Al, la première division du football israélien en 2019. Deux ans plus tard, il a fait son coming out et annoncé qu’il allait subir une opération chirurgicale de transition de genre. Soutenue par la Fédération israélienne de football et l'association nationale des arbitres, elle a choisi comme prénom Sapir et poursuit sa carrière sportive tout en donnant des conférences. Arte diffuse sur son site Internet, « Sapir, le combat d’une arbitre trans », documentaire de Liran Atzmor.
Les chrétiens en "Palestine"
« Gaza, la vie » par Garry Keane
« Israéliens, Palestiniens et la bande de Gaza »
« Un autre monde » de Noël Dernesch et d'Olli Waldhauer
« Un autre monde » de Noël Dernesch et d'Olli Waldhauer
Le Hezbollah refuse de répondre à un journaliste israélien à Paris. La plupart des journalistes l’acceptent !
« Les scouts d'al-Mahdi » de Bruno Ulmer
« Les scouts d'al-Mahdi » de Bruno Ulmer
« Les Palestiniens : quel État ? »
« Les deux Palestine »
1ère partie : Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri (1/5)
2e partie : France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri (2/5)
3e partie : Mobilisation pour le terroriste Salah Hamouri au Conseil régional d’Ile-de-France (3/5)
4e partie : Salah Hamouri, terroriste "franco-palestinien" non repenti (4/5)
5e partie : Les tournées controversées de Salah Hamouri en France (5/5)
Mon interview sur RCN (Radio Chalom Nitsan) le 18 octobre 2012
« Les deux Palestine »
1ère partie : Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri (1/5)
2e partie : France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri (2/5)
3e partie : Mobilisation pour le terroriste Salah Hamouri au Conseil régional d’Ile-de-France (3/5)
4e partie : Salah Hamouri, terroriste "franco-palestinien" non repenti (4/5)
5e partie : Les tournées controversées de Salah Hamouri en France (5/5)
Mon interview sur RCN (Radio Chalom Nitsan) le 18 octobre 2012
Le 9e Concours de plaidoiries pour les droits de l’homme de Palestine a récompensé le terrorisme
« Gaza 2010 » de Kai Wiedenhöfer
« Gaza 2010 » de Kai Wiedenhöfer
« IN BETWEEN WARS, une immersion au cœur du quotidien des Palestiniens »
Peurs sur la ville. Photographies historiques, réelles et imaginaires
Peurs sur la ville. Photographies historiques, réelles et imaginaires
Reporters sans frontières, 100 photos de Pierre & Alexandra Boulat
« War Diary » par Marc Wiese
James Nachtwey, photoreporter
« En première ligne - Les vérités du journaliste Robert Fisk » de Yung Chang
« Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias », par Jérôme Bourdon
« War Diary » par Marc Wiese
James Nachtwey, photoreporter
« En première ligne - Les vérités du journaliste Robert Fisk » de Yung Chang
« Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias », par Jérôme Bourdon
1ère partie : Pourquoi un mathématicien appelle au boycott d’Israël ?
Daniel Greenfield quoted in American English part of my article in FrontPage Magazine
Des dirigeants communautaires français et l'homosexualité
Sagi Berman est né en 1994 à Kiryat Bialik, ville au nord-est de Haïfa. Il est l'aîné des fils d'un employé de bureau et d'une assistante médicale.
Agée de 17 ans, ce passionné de football a rejoint l'Association israélienne des arbitres de football, où elle a débuté comme arbitre en deuxième division (National League), puis a été admise en Première League
Il a joué au football pour l'Hapoel Haïfa. Puis a effectué son service militaire. Il a suivi des études en éducation spécialisée.
Sagi Berman débutes comme arbitre en Ligat ha'Al, la première division du football israélien, au début de la saison 2019/2020.
Un an plus tard, il a annoncé qu’il allait subir une opération de transition de genre pour poursuivre sa transition. Il a aussi choisi son nouveau prénom, Sapir. La Fédération israélienne de football et l'association nationale des arbitres lui ont apporté leur soutien.
Début mai 2021, Sapir Berman est devenue la première arbitre transgenre à exercer cette fonction durant un match de football professionnel israélien, celui entre l'Hapoel Haïfa et le Beitar Jérusalem au stade Sammy Ofer.
En avril 2024, le documentaire de Liran Atzmor, « Sapir », a été projeté au festival de cinéma Docaviv 2024. Cette sportive a été décrite comme « la première arbitre de football transgenre au monde dans une ligue professionnelle » de haut niveau.
« Mon rêve professionnel est d’arbitrer en Ligue des Champions et en Coupe du Monde. Ce serait un accomplissement énorme pour moi », avait confié Sapir Berman à Eurosport en 2024.
En juin 2026, trois mois après sa sélection par la FIFA comme arbitre internationale, Sapir Berman "est devenue la première personne transgenre à arbitrer une rencontre internationale : le match entre l’Irlande du Nord et le Monténégro comptant pour les qualifications du Championnat d’Europe des moins de 17 ans. « Parfois, les rêves deviennent réalité, puis on réalise que ce n’est que le début. Après 14 ans sur les terrains, j’ai l’honneur de devenir arbitre internationale. C’est un immense privilège, une émotion indescriptible, mais surtout l’opportunité de continuer à faire ce que j’aime », avait déclaré Sapir Berman après avoir reçu son badge international. Elle est soutenue pleinement par la commission des arbitres, elle est devenue la première arbitre transgenre à officier dans l’élite israélienne".
Sapir Berman est intarissable pour parler d'elle, de ses problèmes d'identité. Lassant. Triste.
Jamais, elle ne présente sa conception et sa pratique du métier d'arbitre, hormis pour se féliciter d'avoir pris "la bonne décision". Dommage.
« Sapir, le combat d’une arbitre trans »
En partenariat Brut et Libération, Arte diffuse « La vie en face, le documentaire de société ». Les documentaires de "La vie en face" racontent les mutations profondes en jeu dans nos sociétés contemporaines. Une ode à l'intime où les existences les plus ordinaires dévoilent un visage hors du commun. »
Dans ce cadre, Arte diffuse sur son site Internet, « Sapir, le combat d’une arbitre trans », documentaire de Liran Atzmor.
« En 2021, Sapir Berman, arbitre de foot en Israël, entamait une transition de genre. Comment concilier ce parcours avec les exigences du sport de haut niveau ? Ce beau portrait fait la chronique d’une trajectoire semée d’embûches autant que porteuse d’espoir. »
« D’aussi longtemps que remontent ses souvenirs, Sapir Berman a toujours rêvé en secret d’être une fille ».
« C’est en tant que jeune homme, pourtant peu à l’aise dans son corps, qu’elle s’engage dans une carrière de footballeur, puis d’arbitre en Israël. »
« Après son coming-out, en 2021 – une décision mûrie à la faveur du confinement –, elle entame une transition de genre, sociale, puis médicale. Indispensable à sa "deuxième naissance", le protocole de soins menace pourtant de saborder sa carrière montante dans le sport de haut niveau : les bloqueurs de testostérone qu’elle prend pendant un an, dans l’attente des opérations qu’elle s’apprête à subir, transforment son corps et réduisent considérablement ses performances physiques… »
« De jeune arbitre anonyme, Sapir Berman est devenue une icône en Israël, et dans la communauté LGBTQIA+ internationale, en s’imposant à 26 ans comme la première femme trans au monde à arbitrer un match de football professionnel. »
« Au plus près de son sujet, ce beau portrait retrace un itinéraire semé des embûches inhérentes à tout parcours de transition, encore complexifié par les enjeux d’un métier où prévalent de stricts critères de performance et des codes de virilité persistants. »
« Le documentaire de Liran Atzmor montre ce processus sous un angle résolument optimiste, porteur d’espoir : s’affranchissant des quolibets qu’elle peut toujours essuyer, Sapir bénéficie du soutien sans faille d’une famille aimante et d’un entourage professionnel ouvert aux évolutions. »
« Et si sa notoriété nouvelle fait d’elle un modèle, une source d’inspiration pour la communauté qu’elle représente, c’est presque malgré elle : ce qui compte avant tout pour Sapir, c’est de s’épanouir dans son corps et dans son métier. »
(L'Equipe, 22 avril 2025)
« Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours voulu être une femme. Mais parce que j'avais peur de paraître étrange et d'être mise à l'écart, je me suis longtemps tue. À 5 ans, déjà, je me posais tout un tas de questions : pourquoi les femmes portaient-elles des talons et pas les hommes ? Pourquoi les papas avaient-ils les cheveux courts et les mamans les cheveux longs ? Ado, j'attendais de me retrouver seule chez moi pour sortir mes talons hauts, enfiler une perruque, me maquiller. À la maison, j'étais une femme, mais c'était mon secret.
Il y avait la Sapir que tout le monde connaissait, un garçon bien élevé, doué au foot et sérieux à l'école, à l'aise avec les filles. Et puis la Sapir dont tout le monde, sauf moi, ignorait l'existence. J'étais seule avec mon rêve, tiraillée entre le besoin de me confier et la crainte d'être rejetée. Je voyais bien comment on traitait les femmes trans dans la société. Comment on les traite encore aujourd'hui. Faire ce pas en avant, entamer cette transition, c'était au-dessus de mes forces. Je pensais que je mourrais avec mon secret. En tant qu'homme. Jusqu'à l'arrivée du Covid-19.
À l'époque, j'étais en couple avec une femme, mais parce qu'on était confinés, je n'avais plus l'opportunité d'être moi, d'exprimer cette féminité que je cachais au monde. J'avais l'impression de devenir folle, de me mentir à moi-même, et c'est là que j'ai décidé que je voulais que les choses changent. J'en ai parlé à cette ex, et ç'a été terrible pour elle. Comme si le ciel lui tombait sur la tête. Elle n'a pas accepté la nouvelle et j'ai eu du mal à encaisser sa réaction. Mais je voulais vivre ma vie comme je l'entendais et j'avais besoin de soutien. Si elle n'était pas prête à faire ce chemin avec moi, c'était son droit.
Après ça, je me suis confiée à ma mère. Elle m'a serrée fort dans ses bras et apporté tout le réconfort dont j'avais besoin. Elle a posé beaucoup de questions, aussi, et c'est très important de le faire dans un moment comme celui-là. Sans cette conversation avec elle, je ne sais pas si... disons qu'elle m'a montré le chemin. Qu'elle m'a donné le courage de m'assumer. Pour mon père, c'était plus difficile. Comme s'il n'arrivait pas à réaliser ce que je lui disais. J'étais un "homme", son fils, je lui avouais me sentir femme et c'était très embarrassant (rires).
Il lui a fallu quelques mois pour digérer, mais il a fini par m'appeler et me dire qu'il m'acceptait telle que j'étais et qu'il me soutiendrait quoi qu'il arrive. Qu'il voulait revenir dans ma vie. Aujourd'hui, je peux dire que j'ai un père incroyable. Hier encore (première partie de l'entretien enregistrée le 13 janvier), il avait fait le déplacement à Ashdod, où j'arbitrais un match de Championnat. À un moment, après que j'ai pris une décision importante, j'ai cherché son regard dans la tribune, et il a levé son pouce en signe d'approbation. J'étais tellement fière. Rien que d'en parler, j'en ai des frissons. Il vient à tous les matches avec ma femme, Bar. Elle ne pouvait pas être présente hier, mais mon frère était là pour me soutenir aussi. J'ai une famille incroyable.
Le foot a très tôt pris beaucoup de place dans ma vie : quand ta mère supporte le Real Madrid et ton père le Barça, c'est comme si ton destin était tracé (rires). J'ai dû commencer à jouer à 6 ans, dans un petit club au nord d'Israël, à côté d'Haïfa. Défense centrale. Rapidement, l'évidence est devenue une passion, et j'étais très douée. Au point de rejoindre un plus grand club, l'Hapoël Haïfa, et de commencer à penser que je jouerais un jour en Première Division. Passer pro, c'était mon rêve, mais j'y ai mis fin au bout de onze ans.
J'avais l'impression de ne pas être au niveau, mon entraîneur me le faisait sentir aussi, et j'ai passé six mois, peut-être huit, loin de tout sport. C'était horrible. Et puis la frustration est passée et j'ai pris cette belle décision de devenir arbitre. C'était une façon d'entretenir ce rêve, et c'était très important pour moi d'être sur le terrain. Je ne dis pas que ça ne me démange pas de jouer, parfois, mais en arbitrant en Première Division (elle a dirigé son premier match dans l'élite en mai 2018, trois ans avant sa transition), je suis là où j'ai toujours rêvé d'être. Je fais ce qui m'anime.
Six mois après avoir fait mon coming out auprès de ma famille, j'ai décidé qu'il était temps de parler au responsable des arbitres israéliens. On a eu une longue conversation, où j'ai pu exprimer ce que j'avais sur le coeur, et je pensais honnêtement qu'il allait me virer. Dans ma tête, c'était : merde, qu'est-ce que je viens de faire ? Mais quand j'ai eu fini de parler, il m'a assuré de son soutien et m'a dit qu'on m'apporterait toute l'aide dont j'avais besoin. Que j'étais une bonne arbitre, professionnelle, et que c'était tout ce qui comptait. J'étais sous le choc.
Après ça, il a suggéré d'organiser une conférence de presse, et c'est ce qu'on a fait (le 27 avril 2021). C'était un moment très important pour moi, parce que je montrais enfin aux yeux du monde qui j'étais vraiment. Je suis Sapir Berman, vous me connaissez comme arbitre, mais je suis aussi un être humain avec des émotions et des rêves. Et mon plus grand rêve est d'être une femme et il n'y a pas de mal à cela. Ça n'a rien de bizarre, je ne viens pas d'une autre planète. À partir de là, les choses sont devenues plus simples. Et je veux remercier l'Association des arbitres israéliens de m'avoir donné cette opportunité. Sans cette conférence de presse, je ne sais pas où j'en serais aujourd'hui.
Je n'oublierai jamais mon premier match après mon coming out. Ce jour-là, le 3 mai 2021, j'avais l'impression de voler. Arbitrer en Première Division et pouvoir le faire en tant que femme, c'étaient mes deux plus grands rêves qui se concrétisaient ensemble. Je savais que les regards seraient braqués sur moi, qu'il y aurait beaucoup de photographes, que des équipes de télé du monde entier avaient fait le déplacement spécialement pour l'occasion. Et forcément, les émotions se bousculaient dans le vestiaire. Mais sur le terrain, j'étais dans ma bulle. Ma mission, c'était de faire en sorte de prendre les bonnes décisions. Ce qu'il y avait autour, j'en avais conscience, mais ça n'avait pas d'importance. Professionnelle avant tout.
Le lendemain, quand je suis descendue dans la rue, j'avais l'impression d'être un ange tombé du ciel. Tout le monde voulait me toucher, prendre une photo avec moi, me poser des questions. C'est beau, et ma transidentité n'a jamais posé le moindre problème aux joueurs que j'arbitre non plus, mais je sais que mon histoire n'est pas commune, que ma communauté souffre. Et je veux pouvoir contribuer à faire avancer les choses. Comprendre comment le monde du foot israélien a pu accepter si facilement une arbitre trans, et même voir en elle une source d'inspiration, quand tant d'autres personnes sont encore stigmatisées dans notre société.
Je n'avais pas réalisé l'influence que je pouvais avoir à l'époque, mais ce que j'ai fait il y a quatre ans, je ne l'ai pas seulement fait pour moi. C'était un grand pas pour la communauté LGBT et j'en suis fière. Quand je me réveille auprès de ma femme, que je me fais couler un café et que je sors promener mon chien, je suis juste Sapir. Mais quand j'arbitre un match à la télévision et que tout le monde peut voir une femme trans sur le terrain, une femme qui prend des décisions dans des stades pleins, qui dirige des hommes dans un univers très macho, si on prend un peu de recul et qu'on y réfléchit, merde, c'est fou. Il y a une semaine, un collègue arbitre m'a confié qu'un de ses voisins s'assumait désormais comme un homme trans. Il lui a dit : "Je suis comme Sapir Berman", et ses mots m'ont marquée. Que quelqu'un puisse s'identifier à moi... Waouh.
Si mon coming out a changé l'arbitre que je suis ? C'est une bonne question. Quand j'étais un "homme", tout le monde attendait de moi que je me comporte comme quelqu'un que je ne suis pas. Que je sois viril, que je bombe le torse devant les joueurs. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'apporter quelque chose de différent, davantage de tolérance, de dialogue. Un côté "maman" (elle sourit) qui me ressemble. Et les joueurs aiment ça. Je suis une femme et je suis quelqu'un d'accessible ; s'ils en ont besoin, les joueurs peuvent venir me parler pendant le match. Ils ont aussi le droit de montrer leurs émotions, à condition de ne pas franchir la ligne rouge.
Ce qui est certain, c'est que je suis beaucoup plus à l'aise sur le terrain aujourd'hui avec mes cheveux longs, mes ongles vernis, mon maquillage. Je me sens à ma place et l'Association (des arbitres) me le fait sentir aussi. Quand on se réunit, ma voix compte autant que n'importe lequel de mes collègues. Tout le monde respecte mon opinion, on joue au foot ensemble avant l'entraînement, on me complimente sur mes qualités balle au pied et je me sens bien au milieu de tous ces hommes.
Pourtant, mon désir d'être une femme ne collait pas forcément avec mon ambition de rester une athlète de haut niveau. Un ou deux mois après avoir fait mon coming out devant mes parents, j'ai commencé à prendre des hormones féminisantes et à bloquer les hormones masculines. Ma condition physique en a pris un coup et les responsables des arbitres israéliens ont décidé de me reléguer en Deuxième Division (pour la saison 2022-2023), un coup terrible.
J'étais au plus bas. J'avais nourri l'illusion que tout irait mieux après mon coming out, mais il me fallait affronter la réalité. Je suis rentrée chez moi, ma femme m'a demandé ce qu'il s'était passé puis m'a posé la question qui s'imposait : "Et maintenant ?". Je n'ai d'abord pas su quoi lui répondre. Et puis je me suis ressaisie. "Je veux me battre. Je veux être sur le terrain. Je veux arbitrer en Première Division. Je suis une athlète professionnelle, j'ai la force mentale pour surmonter cette épreuve. Je peux le faire." Et je l'ai fait. En 2023-2024, j'étais de retour en Première Division (10 matches). Cette saison, j'y arbitre à plein temps. En pleine possession de mes moyens et à ma place. J'ai trouvé mon équilibre. J'ai l'impression que mon corps a compris ce que je lui ai fait subir depuis quatre ans, qu'il l'a digéré. Enfin, je souffle.
Aujourd'hui, ce que je vois quand je me regarde dans le miroir n'a plus rien à voir avec ce reflet qui me tourmentait il y a dix ans, ce corps et ces muscles qui me mettaient mal à l'aise. Ce que je vois, c'est une belle femme aux cheveux longs, intelligente et sûre d'elle, fière de ce qu'elle est et de ce qu'elle dégage. C'est cliché mais j'aime la personne que je suis devenue. Tout ce dont je rêvais, c'était de m'épanouir en tant que femme et en tant qu'arbitre, et c'est le cas désormais.
Le 17 mars, à Belfast, j'ai dirigé mon premier match international (un duel entre l'Irlande du Nord et le Monténégro comptant pour les qualifications à l'Euro féminin des moins de 17 ans). Un grand moment pour moi. J'ai travaillé très dur pour obtenir ce badge d'arbitre internationale (en février), et y parvenir m'a emplie de fierté, d'émotion. Ce jour-là, pour autant, je n'ai pas pensé au fait que j'allais devenir la première femme trans à arbitrer un match à ce niveau. Tout ce que j'avais en tête, comme toujours, c'était de bien faire mon boulot, de prendre les bonnes décisions sur le terrain.
Ce n'est qu'après le coup de sifflet final que j'ai réalisé. Réalisé que rien n'est impossible quand tu t'en donnes la peine et que tu crois en toi. Maintenant, j'attends avec impatience les prochains défis qui s'offriront à moi. De continuer à gravir les échelons. Mon rêve, ce serait d'arbitrer un grand match ici, en Israël, comme une finale de Coupe, ou un match pour le titre. Et pourquoi pas, mais ça c'est le grand, grand rêve, être un jour au sifflet en Coupe du monde, en Ligue des champions, dans un Euro. D'arbitrer un France-Espagne, par exemple (elle sourit). Ce serait incroyable. »
Israël, 2024, 59 min
Production : Kol Miney Productions, Keshet, en association avec ARTE/SWR
Sur arte.tv du 12/06/2026 au 19/09/2026
Visuels : © SWR/Uriel Sinai, DR
Articles à lire sur ce blog :
Affaire al-Dura/Israël
Aviation/Mode/Sports
Culture
Affaire al-Dura/Israël
Aviation/Mode/Sports
Culture
Articles in English
Les citations sur le film proviennent d'Arte.
Les citations sur le film proviennent d'Arte.







Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire