Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 17 août 2023

Julien Gracq (1910-2007)

Normalien, agrégé d'histoire et de géographie, Julien Gracq  (1910-2007) était un écrivain français : Au château d'Argol, Le Rivage des Syrtes, La Maison. En 1951, il a refusé le Prix Goncourt. Il est entré de son vivant dans la bibliothèque de la Pléiade. La Bibliothèque nationale de France présente, dans sa galerie des Donateurs de la BnF, l’exposition « Julien Gracq. La forme d’une œuvre ». En 2023, les éditions Corti ont publié « La Maison » de Julien Gracq.

Raymond Aron (1905-1983) 
« ENS : L'école de l’engagement à Paris » par Antoine de Gaudemar et Mathilde Damoisel
Archives de la vie littéraire sous l'Occupation 

Normalien, agrégé d'histoire et de géographie, diplômé de l'Ecole libre des Sciences Politiques, Julien Gracq (1910-2007)
 était un écrivain français : Au château d'Argol, Le Rivage des Syrtes, Un balcon en forêt, La Maison... 

En 1951, il a refusé le Prix Goncourt. 

Il est entré de son vivant dans la bibliothèque de la Pléiade

« Julien Gracq. La forme d’une œuvre »
La Bibliothèque nationale de France présente, dans sa galerie des Donateurs de la BnF, l’exposition « Julien Gracq. La forme d’une œuvre » dont le commissariat est assuré par Jérôme Villeminoz, conservateur au département des Manuscrits, BnF.

« Ouverte au printemps 2010 sur le site François-Mitterrand, la galerie des Donateurs offre un accès gratuit à l’actualité des enrichissements des collections de la Bibliothèque nationale de France. Les dons remarquables consentis à la BnF sont mis en avant au travers d’expositions qui célèbrent la générosité de ceux qui contribuent à l’accroissement de ses fonds. Au cours des treize dernières années, la BnF a présenté dans cet espace de 90 m² des rétrospectives de qualité célébrant aussi bien l’oeuvre d’écrivains (Pierre-Jean Jouve, Roland Barthes, Vladimir Jankélévitch, Pascal Quignard, Julien Gracq...), de photographes (Denis Brihat, Louis Stettner...), de cinéastes (Charles Matton, Jean Rouch...), de dessinateurs (Plantu, Erik Desmazières...), que celle du compositeur Olivier Messiaen, de la danseuse Carolyn Carlson ou les auteurs de BD Uderzo, Benoît Peeters et François Schuiten. »

« Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, est né en 1910 à Saint-Florent-le-Vieil, sur les bords de la Loire. Très attaché à cette terre des Mauges qu’il célébra dans Les Eaux étroites (1976), l’écrivain y est toujours revenu et s’y est établi lors de sa retraite. Normalien et agrégé, il a enseigné l’histoire et la géographie à Nantes, Quimper, puis à partir de 1947 au lycée Claude Bernard de Paris. Il a mené en parallèle sa carrière littéraire, qui a commencé en 1938, avec la publication d’Au château d’Argol chez José Corti, qui éditera tous ses livres. Ses œuvres ont également été réunies en deux volumes et publiées - de son vivant - dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». 

« À sa mort en 2007, Julien Gracq a légué à la Bibliothèque nationale de France l’ensemble de ses manuscrits, depuis les copies autographes d’Au château d’Argol jusqu’aux textes encore inédits et dont quelques-uns ont depuis été publiés sous les titres Manuscrits de guerre (2011), Terres du couchant (2014), Noeuds de vie (2021) et La Maison (2023). »

« Ce fonds exceptionnel, qui compte environ quinze mille pages manuscrites, n’a jamais été montré jusqu’à aujourd’hui. » 

« Gracq lui-même n’était « pas partisan de faire à l’invité visiter les cuisines ». Sans doute pressentait-il malgré tout l’intérêt que l’on pouvait trouver à ses manuscrits, puisqu’il les a conservés et légués à la BnF. «Vrais restes matériels d’un écrivain», ces manuscrits témoignent de son travail en cours, tel qu’il prend forme sous sa plume. Les différents états (brouillons raturés, copies corrigées, mises au net minutieusement écrites) de romans comme Le Rivage des Syrtes (1951) ou Un balcon en forêt (1958) côtoient dans l’exposition ceux de fragments choisis et organisés parus dans les livres critiques comme Lettrines (1967) ou En lisant en écrivant (1980). On y découvre également les carnets de notes qui accompagnaient l’écrivain dans ses périples géographiques et le manuscrit de La Maison, le dernier inédit en date de Gracq, paru le 30 mars 2023. » 

La BnF « célèbre Julien Gracq, l’une des figures les plus marquantes de la littérature du XXe siècle, en exposant pour la première fois les manuscrits qu’il lui légua à sa mort en 2007. Témoignages émouvants de la fabrique d’une oeuvre exigeante, les manuscrits littéraires de Julien Gracq sont présentés aux côtés de photographies, de gravures, d’articles et même de ses cahiers d’écolier... Une centaine de pièces - dont certaines sont commentées par des personnalités qui ont lu ou connu Gracq - permettent ainsi de (re)découvrir un écrivain à l’écart des modes, a franchi des prescriptions de l’opinion, qui refusa le Prix Goncourt 1951 pour Le Rivage des Syrtes et qui n’a jamais admis pour son art que trois impératifs : la liberté, la qualité et l’intégrité. »

« C’est la fabrique d’une des œuvres majeures de la littérature du XXe siècle que donne à voir l’exposition de la BnF. » 

L’exposition « est conçue comme une introduction à l’oeuvre de Gracq et voudrait inciter à rouvrir ses livres. Pour mettre au cœur de l’exposition la relation au lecteur, la Bibliothèque a proposé à Pierre Bergounioux, Aurélien Bellanger, Anne Quefélec, Emmanuel Ruben, Maylis de Kerangal, Pierre Jourde ainsi qu’aux successeurs de l’éditeur José Corti, Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon, de commenter, par écrit ou sous forme audiovisuelle, l’une des oeuvres de « l’ermite de Saint-Florent-le-Vieil », illustrant ainsi ce que l’on « gagne » à marcher sur le « grand chemin » de Julien Gracq. » 

« La Maison »
En 2023, les éditions Corti ont publié « La Maison » de Julien Gracq.
 
« Ce court récit inédit de Julien Gracq met en scène une fascination. C’est la vision initiatrice, brève mais répétée, d’une demeure, aperçue à chaque trajet depuis un car traversant la campagne pendant l’Occupation, qui pousse le narrateur à se mettre en route, cheminant seul dans les sous-bois pour s’approcher de la maison. À travers le récit de ce parcours aussi sensuel et contemplatif qu’intériorisé, La Maison déplie, comme une intrigue, la naissance d’un désir. »

« Le soir tombait plus vite qu’ailleurs sur l’égouttement de ces fourrés sans oiseaux. Leurs bruits légers et distincts : craquements de branches, sifflement faible du vent dans un pin isolé, éteignaient les bruits insignifiants de la campagne – au long d’eux, dans la brume pluvieuse, on marchait comme dans une ombre portée : la route tout entière feutrée et épiante, n’était plus qu’une oreille collée contre la lisière des bois. […] Après quelques allées et venues assez incertaines au long de la route, l’envie me vint une minute, devant cet obstacle absurde, de renoncer à mon équipée – mais la curiosité fut la plus forte. »


Julien Gracq, « La Maison ». Editions Corti, Domaine français, 2023. 84 pages. ISBN : 978-2-7143-1301-0. 15 €

Du 11 juillet au 3 septembre 2023 
Site François-Mitterrand
Galerie des donateurs
Quai François-Mauriac 75013 Paris
Du mardi au samedi de 10h à 19h, dimanche de 13h à 19h 
Fermeture lundi et jours fériés 

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