Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 30 novembre 2018

« Le jardin d'Éden. Un petit bijou vénitien : l’artichaut violet » par Emanuela Casentini


« Le jardin d'Éden. Un petit bijou vénitien : l’artichaut violet » (Garten Eden Zartes Herz Venetiens: Die violette Artischocke) est un documentaire réalisé par Emanuela Casentini. L’artichaut est un chardon, un légume riche en polyphénols, antioxydants naturels. Il est valorisé par la gastronomie juive. Arte diffusera le 30 novembre 2018 à 17 h 10 "Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" (Xenius: Artischocken. Gesundes Gemüse mit Herz), présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard.
 « Cette série documentaire en quatre épisodes dresse le portrait de passionnés qui s’engagent pour la préservation d’espèces anciennes de fruits et légumes ». 

« Dans ce volet, nous découvrons l’artichaut violet, qui pousse dans la lagune de Venise ».

Région unique entre terre et mer, la lagune de Venise abrite une spécialité culinaire très prisée : l’artichaut violet ». 

« Ce sont surtout les premiers bourgeons de la plante, les savoureux castraure, que les Vénitiens s’arrachent sur les étals ». 

« Sur l’île de Sant’Erasmo, les frères Finotello ont repris il y a vingt ans l’exploitation familiale. À cette époque, les temps étaient durs pour les agriculteurs. Mais depuis qu’une coopérative a été créée avec d’autres producteurs, et que l’artichaut de Sant’Erasmo fait l’objet d’une appellation protégée, la situation s’est nettement améliorée ». 

« Cosetta, la femme de Carlo Finotello, nous met l’eau à la bouche avec d’appétissantes recettes ».

Judaïsme
« La Torah nous commande de manger des herbes amères (merorim) à Pessah (fête juive de Pâque) avec des pains azymes (matsot) et l’agneau pascal (Exode 12,8 ; Nombres 9,11), mais ne donne pas plus de détails. La Mishna (Pessahim 2,6) énumère cinq plantes qui peuvent être utilisées comme maror... Voici les légumes par lesquels une personne s’acquitte de son obligation à Pessah : hazeret (laitue romaine), ‘olchine (chicorée), tamkha (voir ci-dessous), harhavina (eryngium ou panicaut, une variété de chardon) et maror (sonchus oleracheus communément appelé laiteron maraîcher ou laiteron lisse. En arabe : murar)… ». Le tamkha serait le cardon, le carduus argentatus ou chardon argenté, voire le cynara cardunculus appelé artichaut sauvage…Il semble toutefois qu’au Moyen-âge les juifs ashkénazes utilisaient de la laitue ou d’autres gros légumes feuillus tandis que les juifs séfarades utilisaient l’artichaut ».

Les artichauts sont consommés souvent après des fêtes juives, notamment après le Séder de Pessah au cours duquel les Juifs se souviennent de leur libération du joug de Pharaon et de leur fuite d'Egypte. Ainsi, des juifs d’Egypte mangent des salades d’artichauts et des artichauts farcis.


Les artichauts représentent depuis environ six cents ans un mets de la gastronomie juive transalpine.

Après Kippour, de nombreux Juifs romains mangent les « carciofi alla giudia » ou « artichauts à la juive ». Les restaurants romains les proposent à leurs clients qui en raffolent.

Les « carciofi alla giudia » ou « artichauts à la juive » sont de (petits) artichauts souvent violets dont on enlève les premières feuilles très dures, puis que l’on coupe en deux dans le sens de la largeur. La partie inférieure des artichauts est jetée. Il faut laisser une partie de la tige mais en enlever la couche supérieure filandreuse. Les artichauts ainsi taillés sont plongés dans de l’eau citronnée durant une dizaine de minutes. Puis ils sont égouttés, séchés, et s’ouvrent naturellement. Ils sont alors frits entiers dans une friteuse emplie d’huile d’olive à 140° pendant une dizaine de minutes. Ils sont ensuite posés sur du papier absorbant pour enlever le maximum d’huile. Ils sont savourés, croustillants et moelleux, seuls, salés et poivrés, ou avec une sauce, voire agrémentés de salade.

Or, au printemps 2018, le Grand Rabbinat israélien a considéré que les règles de la cacherout imposaient d’effeuiller entièrement l’artichaut avant de le cuisiner, et ceci afin de déceler d’éventuels vers ou insectes, animaux non cacher, et de les enlever du légume avant de le cuisiner et de le consommer.

Tollé en Italie. Et refus des Juifs romains de renoncer à leur recette, tant ils sont convaincus que la particularité de leurs artichauts permet naturellement de respecter la cacherout : « la variété romaine aurait des pétales particulièrement serrés empêchant l’entrée des vers, son mode de préparation éliminant les feuilles externes les plus dures avant de plonger l’artichaut dans une eau citronnée puis dans l’huile bouillante éliminerait tout risque de présence animale ».
 
Mais à Milan, certains restaurants cacher ont enlevé ce mets de leurs menus.

Des chefs français ont inscrits les « artichauts à la juive  » sur leurs cartes.

Arte diffusera le 30 novembre 2018 à 17 h 10 "Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" (Xenius: Artischocken. Gesundes Gemüse mit Herz), présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard.


"Réputé pour stimuler la digestion dans l’Égypte antique, l'artichaut était considéré sous l’Ancien Régime comme un aphrodisiaque. De tout temps, ce légume, symbole de richesse et d’opulence, a fasciné les hommes. Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique se penche de nouveau sur ses propriétés médicinales. "Xenius" s’interroge : que contient donc l'artichaut et quels sont ses bienfaits réels ?"


"Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard:
Allemagne, 2018  

Allemagne, 2017
Sur Arte le 8 juillet 2018 à 19 h 15

Visuels :
Carlo Finotello a pris avec son frère la suite de leurs parents. A cette époque, il y a 20 ans, l'artichaut violet a été menacé d'extinction.
La teneur en sel du sol dans la lagune de Venise Sant'Erasmo donne à l'artichaut une qualité particulière.
L''artichaut de Sant'Erasmo est considéré comme plus délicat et plus épicé que les variétés toscane et sicilienne.
La récolte de l'artichaut violet est courte, de début avril à la mi-mai
© Steven Kfoury

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Les citations sur le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 5 juillet 2018.

mardi 27 novembre 2018

Daniel Blaufuks


Daniel Blaufuks est né au Portugal dans une famille juive ashkénaze ayant fui le nazisme. Ce photographe primé a créé une œuvre, mêlant photographie et vidéo, sur la thématique de la mémoire et de l’Histoire, les liens entre temps et espace. Dans le cadre de Photo Saint-Germain 2018, le musée national Eugène-Delacroix présente l’exposition « Aujourd’hui. Eugène Delacroix, Daniel Blaufuks ».
        
Une passion pour Delacroix : la collection Karen B. Cohen
De Delacroix à Matisse. Dessins du musée des Beaux-arts d'Alger
« Une lutte moderne. De Delacroix à nos jours » 
Daniel Blaufuks


Daniel Blaufuks est né en 1963, à Lisbonne (Portugal) dans une famille juive ashkénaze. Fuyant le nazisme et les persécutions antisémites, ses grands-parents polono-allemands s’y étaient réfugiés en 1936.

En 1976, Daniel Blaufuks s’installe en Allemagne, et revient au Portugal en 1983.

Malgré sa vocation artistique, il travaille dans une entreprise d’importations de biens.

Après avoir étudié la photographie, il débute sa carrière artistique en collaborant à Blitz, magazine hebdomadaire de musique, puis au journal O Independente, et à l’édition portugaise de Marie Claire

1989. Le Prix Kodak portugais lui est décerné.

En 1996, Daniel Blaufuks figure parmi les huit artistes sélectionnés par l’European Photography Award.

En 1991, avec Paul Bowles, il publie My Tangier, et en 1994 London Diaries, suivis de Ein Tag in Mostari (1995) et Uma Viagem a S. Petersburgo (1998).

Daniel Blaufuks a vécu en Angleterre, aux Etats-Unis, et a parcouru l’Inde, la Russie, l’Afrique et l’Amérique du sud.

Il a réalisé des films et vidéos : Life is not a picnic (1998), Black and White (2000), Under Strange Skies (Sob Ceus Estranhos, 2002), documentaire sur les réfugiés juifs à Lisbonne durant et après la Deuxième Guerre mondiale, Reversed Landscapes (2002) sur l’architecture portugaise, et Slightly Smaller than Indiana (2006).

En 2010, le Centre Photographique d’Île-de-France « a accueilli Daniel Blaufuks, artiste portugais, pour une résidence de recherche et de création. Daniel Blaufuks utilise principalement la photographie et la vidéo, et présente son travail par l’intermédiaire de livres, d’installations et de films. Ses sujets de prédilection sont la relation entre le temps et l’espace, et la représentation de la mémoire privée et collective ».

« Atelier et appartement du peintre romantique » dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, le musée national Eugène-Delacroix accueille l'exposition Aujourd’hui. Eugène Delacroix, Daniel Blaufuks. « Présentée dans l’intimité de l’atelier d’Eugène Delacroix, cette exposition rassemble les oeuvres diaristiques de Daniel Blaufuks , à travers les compositions de Polaroïds annotées de sa série Tentative d’épuisement, et des œuvres d’Eugène Delacroix : peintures, dessins, estampes, manuscrits » et « une peinture d’On Kawara issue de sa série « Today » (1966-2013) accompagnée de sa boîte et de sa coupure de presse ».

« De 2009 à 2016, j’ai photographié une table et une fenêtre dans ma cuisine à Lisbonne. Dans un premier temps, je fus attiré par son silence ; plus tard, par la manière dont les objets recevaient la lumière; finalement, par leur composition géométrique », écrit Daniel Blaufuks au sujet de Tentative d’épuisement. « À travers ces œuvres réalisées depuis 2009 à un rythme quasi quotidien et dans l’intimité de cet espace privé, Daniel Blaufuks cite le texte Tentative d’épuisement d’un lieu parisien (écrit en 1974) de l’écrivain Georges Perec. L’artiste affirme ainsi son existence et ponctue ses photographies de commentaires manuscrits sur les aléas de sa pratique quotidienne, le passage du temps et l’irruption des événements du monde extérieur ».

« Peintre majeur du XIXe siècle, très tôt remarqué par la critique pour la puissance et l’invention de ses œuvres, Delacroix fut aussi un écrivain remarquable, dont les qualités d’expression littéraire étaient servies par une culture classique profonde et un sens aigu de la composition et de la narration. Tenu toute sa vie durant sur de petits carnets retrouvés à sa mort, son Journal en témoigne. Delacroix écrivit également de nombreuses lettres, il fut un épistolier fervent. Tout jeune homme, il fut tenté par la littérature. Le musée Delacroix conserve les manuscrits de deux courts romans, Alfred et Les Dangers de la Cour, ainsi que celui d’une pièce de théâtre, Victoria. Ceux-ci sont présentés aux côtés des œuvres de Daniel Blaufuks ».

L’exposition Aujourd’hui. Eugène Delacroix et Daniel Blaufuks « interroge les liens entre l'existence intime de l'artiste et les murmures du monde, les enjeux des pratiques diaristiques et les relations du texte à l'image peinte ou photographique ».

« L'exposition est réalisée en collaboration avec la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris dans le cadre du festival Photo Saint Germain ».


Du 31 octobre au 3 décembre 2018
6, rue de Fürstenberg. 75006 Paris 
Tél. : 01 44 41 86 50
Tous les jours, sauf les mardis, de 9 h 30 à 17 h 30. Nocturne chaque premier jeudi du mois jusqu’à 21 h
Visuels :
Daniel Blaufuks, The Destruction of Aleppo, de la série Attempting Exhaustion (Tentative d’épuisement), 2016, © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier

Daniel Blaufuks, The Journal of Eugène Delacroix, de la série Attempting Exhaustion, 2018 © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

Eugène Delacroix, 
Les dangers de la cour
, Manuscrit autographe © 
Photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Adrien Didierjean

Daniel Blaufuks, Original Copies Original, de la série Attempting Exhaustion, 2016 © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

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Les citations sont extraites de communiqués de presse.

« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot


Arte diffusera le 28 novembre 2018 "Shoah, les oubliés de l'Histoire(Die Grauen der Shoah, dokumentiert von sowjetischen Kameramännernpar Véronique Lagoarde-Ségot. Des images filmées par les cameramen de l'Union soviétique au fil de l'avancée de l'Armée rouge et des découvertes de la Shoah. 

« War Story, 1995-1996 » de Mikael Levin
« 1945. L'ouverture des camps en Allemagne », par Serge Viallet
« Images de la libération des camps. Chronique d’un film inachevé », par André Singer
Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946) 
« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot

Témoignages bouleversants – images en panoramique des fours crématoires, aux pieds desquels le sol est jonché de tas d’ossements et de cendres humains - « de l’indicible horreur de la Shoah, les images de la libération des camps se sont imprimées dans la mémoire collective. Mais qu’en est-il des trois millions de Juifs qui périrent sur le sol soviétique ? »

Pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’ouverture des camps par les Alliés, le Mémorial de la Shoah a proposé l'exposition Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946) exceptionnelle consacrée à l’étude des images de la Shoah filmées par les opérateurs soviétiques, à leur réception et à la manière dont ces films ont forgé la perception de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale. Il dévoile des images, souvent inédites, filmées par les Soviétiques sur l’ensemble du Front Est. Une exposition dense complétée par un mini site Internet.

« Dans les fosses, les cadavres n’ont plus de voix pour dire leur singularité ». Sur un texte lu par l’actrice Anna Mouglalis, ce documentaire « présente des extraits des bandes tournées par les Soviétiques pendant toute la durée du conflit », et plus d’un an avant la découverte du camp de Buchenwald par l’armée américaine. 
« Des images exceptionnelles, restées quasiment inexploitées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui documentent pourtant la Shoah à l’Est » de l’Europe. 

« Tout en éclairant les intentions politiques qui les sous-tendent, Véronique Lagoarde-Ségot restitue, à travers ces témoignages bouleversants, un pan longtemps tombé dans l’oubli de l’extermination du peuple Juif ».

Véronique Lagoarde-Ségot avait co-assuré le montage de Cinq caméras brisées, documentaire « franco-israélo-palestinien » écrit et réalisé par Emad Burnat et Guy Davidi (2011), sélectionné aux Oscars en 2013.

Une judéité occultée
Au début du XXe siècle, une majorité des Juifs d'Europe de l'Est vivent Ukraine, Lituanie et Pologne. Les Juifs de l'empire russe subissent des pogroms, etc.

Après la révolution russe de 1917, les Juifs se voient dotés de droits, les synagogues sont nationalisées, un Conseil des affaires Juives  est constitué.

Le 22 juin 1941, Hitler « lance la Wehrmacht à l’assaut de l’URSS, faisant voler en éclats le pacte germano-soviétique signé en août 1939 » avec le IIIe Reich. L'armée allemande bombarde, pillent, brûlent villages et habitants... La frange occidentale de l'URSS est vite occupée par le IIIe Reich. Pour des habitants d'Ukraine et des pays Baltes, l'arrivée des Allemands est saluée en raison des aspirations nationales, du ressentiment à l'égard du stalinisme.

« Dès le début de l’offensive, Staline mobilise le pouvoir de l’image pour dresser la patrie contre l’envahisseur » nazi. Les Soviétiques maîtrisent l'outil cinématographique.

Le dictateur de l’Union soviétique « dépêche sur le front des opérateurs de prises de vues tels que Roman Karmen, Otilia Reisman ou Mark Troïanovski. Armés de leurs petites caméras Eyemo, ils filment l’immense désolation des territoires foulés par l’ennemi ». Ils sont "l’œil du Kremlin".

"L'image se met au service du drapeau". Blessés russes, désolation des Russes, armée russe désorganisée, incendies... Les opérateurs russes filment non pas des "images positives", mais celles de désastres. Tri et montage des images constituent la deuxième étape, avant leur projection dans les salles de cinéma.

« Amorcée à la fin de l’année 1941, la reconquête révèle l’ampleur du crime : dans le sillage de l’Armée rouge, les opérateurs découvrent les traces des exécutions de masse - de Juifs, d'handicapés mentaux, d'"opposants", etc. - perpétrées par les Einsatzgruppen – ou groupes mobiles d’intervention –, avec la collaboration de nationalistes des pays baltes et d’Ukraine, contaminés par la théorie du « complot judéo-bolchevique ». Les crimes de masse se font au vu et au su de tout le monde. Aux abords des ravins, des fossés, les Einsatzgruppen font déshabiller les civils, les tuent, puis recommencent avec d'autres groupes humains. N’oublions pas que des Einsatzgruppen comptaient dans leurs rangs des musulmans d’URSS incités à rejoindre les Forces de l’Axe par le grand mufti de Jérusalem al-Husseini.


Les combattants russes luttent pour leur patrie et pour Staline, le "petit père du peuple". Les "films servent à alimenter la haine". Avec la reconquête territoriale de zones précédemment occupées par l'armée allemande, l'Armée soviétique découvre l'horreur. Des images prises en un hiver particulièrement rigoureux. Un plan montrant une étoile juive sur une victime est écarté du montage des images prises par les cameramen russes. De gros plans "capturent l'émotion" des villageois. En Ukraine, des milices locales, antisémites, collaborent avec les nazis aux massacres de Juifs. Les caméras allemandes filment les violences subies par les Juifs. Des images de Juifs dans les ghettos ramènent du néant des visages émouvants. "C'est le silence complet", constate Vassili Grossman devant ces territoires Judenrein.

Après la victoire de Stalingrad, l'Armée rouge s'achemine vers de nouvelles victoires. Les images des cinéastes illustrent les figures de héros russes.

Souvent Juifs, des travailleurs forcés sont contraints par les Nazis d'effacer les traces des massacres commis par l'occupant allemand. Les rescapés de ces groupes de travailleurs forcés expliquent à l'Armée rouge les techniques de construction d'un brasier, l'utilisation de machines pour broyer les os des victimes, etc. Exhumations, collectes de preuves et témoignages, évaluations des préjudices... L'heure est aux premiers procès de l'Etat nazi, criminel, poursuivi pour "crimes contre le peuple" en Union soviétique. L'heure est aussi à l'enterrement des cadavres dans des cimetières emplis de croix filmés par les cameramen soviétiques.

« Pourtant, ce n’est qu’en recoupant leurs images avec celles des Allemands qu’apparaît la spécificité du génocide Juif ». 

« Car rapidement, la propagande stalinienne s’emploie à gommer la judéité des victimes, à universaliser le martyre, pour fédérer le peuple dans la lutte contre le IIIe Reich ».

Dans la marche vers Berlin, en 1944, les cameraman filment les parades militaires, les accueils enthousiastes, avancées glorieuses.

En découvrant les camps nazis d'extermination, les cameramen découvrent l'ampleur de la tragédie subie par les Juifs. Des opérateurs mettent en scène l'arrivée de l'Armée rouge dans les camps, alternent les champs/contre-champs, plans larges et rapprochés. Ils filment les peignes, chaussures, cheveux, et talits, châles juifs de prières, mais ceux-ci sont écartés du montage du film. La diversité nationale est soulignée par le commentateur.
  
  
« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot
Mélisande Films, Sophie Faudel, 2014, 53 min
Sur Arte les 10 novembre 2015 à 22 h 35, 29 novembre 2018 à 1 h 25
Sur Histoire  les 27 janvier à 20 h 40, 4 février à 23 h 35, 7 février à 0 h 55, 23 février 2016 à 2 h 5529 juin 2017 à 09:15, 5 juillet 2017 à 9:25, 11 juillet 2017 à 9:40 et 17 juillet 2017 à 9:25. 
Visuels 
© Akg-images/RIA Nowosti
© Mélissande Films
Les citations proviennent d'Arte et du documentaire. Cet article a été publié le 10 novembre 2015, puis le 2 février 2016.

lundi 26 novembre 2018

Izhar Cohen, dessinateur et illustrateur


Izhar Cohen est un dessinateur et illustrateur israélien né en 1963. Il collabore à de célèbres magazines européens, israéliens et américains, d'informations générales ou scientifiques. Dans le cadre de l'Année croisée France-Israël et à l'occasion du Festival Lettres d'Israël, la bibliothèque Germaine Tillion invite à la découverte de l’œuvre dessinée sophistiquée d'Izhar Cohen.
    
Izhar Cohen est né à Raanana (Israël) en 1963.

Il étudie l’art la Talma Yalin Art School de Tel Aviv.

Durant son service militaire en 1989, il illustre dans Bamahane, magazine de Tsahal. Là, il goûte à cette discipline. Sa carrière professionnelle est lancée.

Puis Izhar Cohen suit des cours de dessin graphique à la Bezalel Academy of art de Jérusalem

Il complète sa formation l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris – apprentissage de la gravure, notamment sur bois -, puis au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres.

Ses dessins de presse ont été publiés par la presse française - L'Express, Le Figaro Madame, Le Monde - israélienne et anglo-saxonne : The Times, The Guardian, The Financial Times, Time Magazine, World of Interiors, Prospects, Metropolitan Home, World Media, Gourmet, Reader’s Digest, Wall Street Journal…

Izhar Cohen  a aussi illustré des livres pour la collection Folio, chez Gallimard.

Repéré par Allan Manham, fondateur de l’agence d’illustrateurs Artworks, Izhar Cohen se voit proposer de nombreuses collaborations pour des clients importants à Londres, New York et Tokyo.

La créativité d’Izhar Cohen est appréciée par des groups souhaitant renforcer leurs projets conceptuels tels leurs rapports annuels, brochures, etc.

Izhar Cohen collabore alors avec les firmes de design leaders, comme Pentagram et Newell and Sorrell.

Après plus de dix ans passés en Europe, Izhar Cohen retourne en Israël. Il enseigne et donne des conférences dans le département de communication visuelle de la Bezalel Academy of Arts and Design à Jérusalem.

2005. Retour à Paris où Izhar Cohen obtient un studio à la Cité internationale des Arts.

Izhar Cohen est l’auteur d’« ABC » (David Bennett Books, UK, Dial books New York), « Treasure Hunt » (Mathew Price Children’s Books, UK), « The Book of Cricket » (Running Press, USA), « The Flood Tale » (Pavilion Books London), « The Wolf’s Story » (Walker Books, UK, Candlewick USA), « The Magic Whisper » (Kinneret, Israel).

Installé à Florence (Italie), Izhar Cohen  garde son lien avec la presse israélienne via ses illustrations de la tribune hebdomadaire de Yair Lapid pour Yediot Aharonot et pour Globes, ainsi qu’avec des magazines de dimension internationale.

L’exposition à la bibliothèque Germaine Tillion invite à découvrir trois facettes de son œuvre dessinée. "Tel Aviv d'abord que connait très bien Izhar Cohen puisque c'est là qu'est née sa vocation artistique à l'occasion de ses études à Talma Yalin Art School. La littérature à travers des linogravures publiées dans The Guardian. Des dessins de presse à thème scientifique réalisés pour Scientific American."

Le 10 octobre 2018, Michel Kichka et Izhar Cohen ont dialogué sur le thème « Tel AvivJérusalem, dessins croisés » dans cette bibliothèque parisienne.


Du 10 octobre au 01 décembre 2018
6, rue du Commandant Schloesing. 75016 Paris
Tél. : 01 47 04 70 85
Mardi, jeudi, vendredi de 13 h à 19 h, mercredi de 10 h à 19 h, samedi de 10 h à 18 h, 


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Les citations proviennent de communiqués de presse.

Les Enfants du Paradis, l’exposition


La Cinémathèque française présenta l’exposition Les Enfants du Paradis. L’Exposition, sous-titrée Carné, Prévert, Arletty, Barrault… Les secrets d’un film de légende. La genèse, la réalisation dès 1943, sous l’Occupation, et l’accueil, public et critique, à sa sortie en mars 1945 d’un chef d’œuvre cinématographique français restauré en 2011 par Pathé et à la distribution étincelante : le réalisateur Marcel Carné, le scénariste-dialoguiste Jacques Prévert aux répliques ciselées, les comédiens Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, le compositeur Juif Joseph Kosma... Le 27 novembre 2018, à 16 h 30, Arte diffusera, dans le cadre de "Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Le Paris de Carné / Norvège / Wyoming" ("Paris / Norwegen / Wyoming") par Fabrice Michelin. 



La caméra de Marcel Carné, le scénario et la planche en couleurs dessinée par Jacques Prévert, des tapuscrits de scénario, des lettres et manuscrits, des contrats des acteurs, des maquettes de décor d’Alexandre Trauner, les dessins et gouaches des costumes par le peintre Mayo, les partitions musicales de Joseph Kosma, les portraits d'Arletty par Kisling et Van Dongen, des documents administratifs, juridiques et comptables, des affiches magnifiques, des photographies de tournage inédites, tout le matériel publicitaire accompagnant la sortie du film… Ces précieuses archives provenant des collections de la Cinémathèque française et de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé racontent l’histoire émouvante, l’aventure d’un chef d’œuvre cinématographique mythique français Les Enfants du Paradis, de Marcel Carné (1906-1996), « figure majeure du cinéma français », excellent réalisateur surnommé par Arletty le « Karajan de l’écran ».

« Produit sous l’Occupation par Pathé et sorti sur les écrans en 1945, Les Enfants du Paradis de Marcel Carné, réalisé d’après un scénario original et des dialogues de Jacques Prévert, est un spectacle total (comédiens, photographie, lumière, découpage, musique, décors, costumes) d’une éclatante réussite esthétique. Ce triomphe de la grande « qualité française » – avant que celle-ci ne s’étiole et ne soit remplacée par la Nouvelle vague – est un film sur l’amour fou, les rapports entre le théâtre et le cinéma, la scène et la rue. Bon nombre de séquences mythiques sont gravées dans la mémoire collective ».

L’exposition s’article, selon un ordre chronologique, autour des principales étapes de l’aventure cinématographique des Enfants du Paradis. La « façade du théâtre des Funambules, où trône la silhouette de Deburau, est reconstruite ».

La Cinémathèque française rend aussi hommage à Marcel Carné dans sa Galerie des donateurs, ainsi qu’à Jacques et Pierre Prévert.

Un « chef-d’œuvre romantique »
« Les seuls films contre la guerre, ce sont les films d’amour », a écrit Jacques Prévert.

« Classé par l’Unesco au Patrimoine mondial », Les Enfants du Paradis est un « chef-d’œuvre romantique », et « d’abord une création personnelle : celle d’un poète, Jacques Prévert (1900-1977), amoureux du vieux Paris, du théâtre et du boulevard du Crime ». Avec son frère Pierre, Jacques Prévert a « contribué à la naissance d’un cinéma poétique et frondeur porté par une manière unique d’inventer des dialogues, à la fois imagés et vrais. Après avoir participé au mouvement surréaliste, Jacques Prévert écrit des textes pour le groupe Octobre, troupe de théâtre qui allait jouer dans les usines. Ayant placé sa plume au service de l’espoir d’une émancipation collective, il participe au scénario et aux dialogues du Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir en 1935, de Lumière d’été de Jean Grémillon et surtout d’une série de films signés par Marcel Carné, entre 1938 et 1950 (Le Jour se lève, Le Quai des brumes, Les Visiteurs du soir et bien sûr Les Enfants du Paradis), qui marqueront fortement le cinéma français ». Jacques Prévert collabore aussi avec son frère Pierre, qui réalisé des « fantaisies cinématographiques étonnantes » tels L’Affaire est dans le sac ou Voyage surprise.

Puis Les Enfants du Paradis est devenu une œuvre collective, réalisée par une équipe technique et artistique exceptionnelle dirigée par Marcel Carné. Né dans un milieu modeste parisien, Marcel Carné débute comme journaliste critique de cinéma, puis assistant de Jacques Feyder. En 1936, il réalise Jenny, son premier long métrage. Avec Jacques Prévert, il forme un tandem artistique auteurs de films mythiques – Drôle de drame (1937), Le Quai des brumes (1938), Hôtel du Nord (1938), Le Jour se lève (1939), Les Visiteurs du soir (1942), Les Portes de la nuit (1946) - créant le « réalisme poétique », qui mêle « critique sociale et fatalisme philosophique, réalisme et stylisation onirique ». Les Enfants du Paradis marque l’apogée de la collaboration avec Prévert. Marcel Carné regrette de n’avoir pu réaliser ce film en couleurs. Il poursuit une carrière importante de qualité (Thérèse Raquin), évoquant parfois des sujets contemporains (Les Tricheurs).

Dans l’équipe des Enfants du Paradis, citons Roger Hubert à la caméra, Alexandre Trauner et Léon Barsacq aux décors, Joseph Kosma et Maurice Thiriet à la musique (orchestrée par Charles Munch), le peintre Mayo aux costumes.

« D’inoubliables interprètes incarnent des personnages à la puissante personnalité : Arletty – « On m’appelle Garance… » – trouve là son meilleur rôle au cinéma, malgré les difficultés personnelles qu’elle rencontre alors. Jean-Louis Barrault, qui exerce la pantomime depuis les années 1930, fait revivre magnifiquement Deburau. Doté de la même truculence et appétit de vivre que l’original, Pierre Brasseur incarne l’acteur Frédérick Lemaître. Maria Casarès fait ses débuts en tremblant, terrifiée par Marcel Carné qui la tyrannise. Tous les autres comédiens brillent, de Gaston Modot à Louis Salou, en passant par Pierre Renoir, Fabien Loris et Jane Marken. Parmi les figurants : Simone Signoret, Gérard Blain, Jean Carmet…

Prévert a ciselé pour eux des répliques étincelantes qui fusent comme des feux d’artifice.

Lacenaire, interprété par Marcel Herrand avec une ressemblance saisissante, est d’ailleurs un miroir du scénariste : il confie par exemple qu’il est en train d’écrire « un petit acte plein de gaieté et de mélancolie. Deux êtres qui s’aiment, se perdent, se retrouvent et se perdent à nouveau » – c’est exactement l’histoire des Enfants du Paradis ».

Un tournage complexe
La réalisation de cette œuvre majeure, populaire et raffinée, s’est faite en pleine Occupation et dans d’âpres difficultés.

Au début, André Paulvé produit le film.

Long – environ deux ans -, ruineux et complexe, éclaté en des endroits différents - aux studios de la Victorine à Nice, aux studios Pathé de Paris et de Joinville -, le tournage s’arrête brusquement en septembre 1943, « en raison du départ des premiers financiers italiens ».

Construits à la Victorine, les immenses décors de Alexandre Trauner et Léon Barsacq représentant le boulevard du Temple, sont délaissés.

Des intervenants Juifs et anti-vichystes - Trauner, ami de Jacques Prévert, Kosma - travaillent dans la clandestinité.

En octobre 1943, la société Pathé reprend la production. Mais Carné fait perdurer le tournage, car il espère que son film sortira sur les écrans français à la Libération.

Alertes aériennes, pénurie d’électricité et de matière première… Le travail est ralenti par la guerre et les restrictions. La « pellicule, denrée rare, provient parfois du marché noir ».

Antisémite avéré, « l’acteur halluciné » Robert Le Vigan s’enfuit. Son rôle est repris par Pierre Renoir.

Prévu pour durer quatre mois, le tournage du film Les Enfants du Paradis a finalement représenté deux ans de travail et absorbé un budget important.

Il est présenté en deux époques le 9 mars 1945 dans une France libérée. Le film est un triomphe, public et critique, et son succès ne connaît aucune éclipse.

Une troisième époque est même prévue, mais ne sera pas réalisée.

Des documents remarquables sur le film
Cette exposition est réalisée grâce aux documents rares conservés par la Cinémathèque française dès les années 1940, grâce à l’amitié qui liait les frères Jacques et Pierre Prévert et Henri Langlois, enrichis en 2009 par l’acquisition de la collection personnelle de Marcel Carné et par le don en 2010, par Eugénie Bachelot-Prévert, du scénario original manuscrit de Jacques Prévert. Et grâce aux archives de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé : « affiches, dessins, photographies, matériels publicitaires, costumes, appareils, scénarios, correspondances, maquettes, rushes, ainsi que des archives de production ».

Cible de violentes critiques par des critiques des Cahiers du cinéma, dont François Truffaut dans les années 1950, Marcel Carné avait fait don de ses archives à la French Library de Boston. Dans les années 1970, François Truffaut, devenu un réalisateur talentueux et célèbre, aurait dit : « Je donnerai tous mes films pour avoir réalisé Les Enfants du Paradis ». En 2009, la Cinémathèque française a racheté le fonds Marcel Carné à la French Library de Boston, et en montre des pièces superbes - affiches, photographies, appareils, maquettes, lettres, costumes - dans sa Galerie des donateurs.

"Grâce à la collection de scénarios et découpages manuscrits, on peut suivre le travail minutieux de Carné, excellent artisan du cinéma, sur ses films. Cette collection contient des documents uniques et prestigieux, comme le découpage manuscrit des Enfants du Paradis et de nombreux scénarios dactylographiés fort intéressants, car truffés de photographies et de dédicaces : ces documents sont devenus des objets de musée, riches en symboles et références cinéphiliques, avec leurs mentions manuscrites et leur iconographie ajoutées".

La fête du cinéma se déroula du 26 au 29 juin 2016.

Le Théâtre du Petit Saint-Martin a accueilli Brasseur et les Enfants du ParadisPrésenté par ATA en accord avec Uska Productions, le spectacle est écrit et mis en scène par Daniel Colas, d’après une idée de et avec Alexandre Brasseur. "Hiver 1943 en France. Malgré les contrôles et la dangerosité ambiante, un quatuor magique un peu bohème va se terrer, à deux doigts des réseaux clandestins. Caché en Provence, co-habitent Prévert, Carné, Trauner et Kosma, la trentaine éclatante. Quatre amis, quatre artistes, quatre génies. Auteur anti-militariste, réalisateur homosexuel, décorateur et compositeur juifs, ils se retrouvent dans la tourmente des verts de gris, des collabos et des résistants. Généreux et heureux malgré le malheur, ils veulent se battre avec leurs armes. Les mots, les images, la beauté, la musique. Leur devise est de regagner par l'esprit ce qui avait été perdu par les armes. Ensemble, dans le plus grand secret, entourés de leurs femmes et de quelques amis, ils vont écrire, rêver, dessiner et composer en six mois, Les enfants du paradis. Ensemble, ils vont collaborer dans la clandestinité, pour faire souffler le vent de la liberté sur les cendres d'une France décharnée. Une histoire humaine, pétrie de joies, de craintes et d'amitié, sur la genèse d'une œuvre majeure, au milieu des menaces quotidiennes de la guerre qui assaille le pays. Alexandre Brasseur, à travers la parole de son grand-père, Pierre, nous fait revivre l’histoire extraordinaire et pourtant vraie, de ce monument du cinéma français".

Soirée exceptionnelle le samedi 3 décembre 2016 à 13 h 30 avec la pièce « Brasseur et les Enfants du Paradis », projection du film « Les Enfants du Paradis » de Marcel Carné puis rencontre avec Alexandre Brasseur et Daniel Colas. "Sorti en 1945, Les enfants du paradis a été réalisé par Marcel Carné d’après un scénario de Jacques Prévert. Marcel Carné a 37 ans et six films à son actif, dont cinq sont considérés comme des classiques, lorsqu’il débute le tournage des Enfants du Paradis. Il vient de réaliser Les visiteurs du soir qui fut l’un des plus grand succès du cinéma français durant la Seconde guerre mondiale. Classé au Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, ce film est une des rares productions réalisées pendant l’occupation allemande".

Le Paris de Carné
Le 27 novembre 2018, à 16 h 30, Arte diffusera, dans le cadre de "Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Le Paris de Carné / Norvège / Wyoming" ("Paris / Norwegen / Wyoming") par Fabrice Michelin. "Du lundi au vendredi, Linda Lorin nous emmène à la découverte de notre patrimoine artistique, culturel et naturel. Dans ce numéro : Une gueule d’atmosphère : le Paris de Carné - Les Samis, aux origines de la Norvège - "L'incontournable" : au Wyoming, plus longue sera la route."

"Une gueule d’atmosphère : le Paris de Carné. Marcel Carné a tourné de nombreux films à Paris ayant pour héros des "petites gens" des quartiers populaires. Du Théâtre Déjazet, où fut tourné Les enfants du paradis, aux abords du canal Saint-Martin immortalisés dans Hôtel du Nord, la capitale constitue un personnage à part entière du cinéma du réalisateur."


"Le Paris de Carné / Norvège / Wyoming" par Fabrice Michelin
France, 2018

Jusqu’au 27 janvier 2013
51, rue de Bercy, 75012 Paris
Tél. : 01 71 19 33 33
Du lundi au samedi de 12 h à 19 h, le dimanche de 10 h à 20 h. Nocturne le jeudi jusqu’à 22 h. Fermeture le mardi 

Visuels :
Les Enfants du paradis, scénario manuscrit illustré de Jacques Prévert, France, 1943
Crayon de couleur et encre sur papier 59,4 x 79 cm
Collection Cinémathèque française © FATRAS / Succession Jacques Prévert
Première étape scénaristique du scénario des Enfants du Paradis. Les noms des protagonistes ne sont pas encore définitifs : Lacenaire est Mécenaire, Lemaître est Leprince et Deburau est Tabureau. Prévert envisage une troisième partie. Les idées fusent au milieu d’une foule de dessins relatifs au film (le miroir de Garance, un funambule) ou de croquis facétieux qui n’ont pas de rapports apparents : les frères Lumière, « M. Raton – Napoléon Bonapitre »…

Portrait d’Arletty, par Moïse Kisling
Huile sur toile, 98 x 195 cm, 1933
Collection Association des Amis du Petit Palais, Genève © ADAGP, Paris 2012/ Photo © Studio Monique Bernaz, Genève
Arletty a débuté comme mannequin et girl de revue avant de se lancer dans le théâtre puis au cinéma. Cette magnifique « impératrice des faubourgs » était, à la ville comme à l’écran, une femme libre.

Garance (Arletty)
Photographie de tournage rehaussée de couleur, 39,1 x 29,9 cm, 1944-1945
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1945 – PATHE PRODUCTION 

Maquette de décor : Le boulevard du Crime, par Alexandre Trauner
Huile sur carton, marouflée sur toile, rehaussée à la gouache, 108,5 x 74 cm, 1943
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé – ADAGP, Paris 2012 © 1945 – PATHE PRODUCTION
C’est sans doute le décor le plus célèbre de l ’histoire du cinéma français. « Le film a demandé trois mois de dessin et trois mois de construction, ce qui n’est pas exagéré pour une réalisation de cette importance. Il ne faut pas oublier qu’il n’y avait pas que le grand décor du boulevard du Crime mais aussi beaucoup de décors élaborés comme le grand hall du comte, l’appartement d’Arletty chez lui ou la salle des bains turcs. C’était des décors très ouvragés et très finis. » (A. Trauner).

Le théâtre des Funambules et le Paradis
Les Enfants du paradis
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1945 – PATHE PRODUCTION

Maquette de costume pour Les Enfants du Paradis : « Figuration des Funambules, Cigogne », par Mayo
Gouache, 55 x 40 cm, 1943
Collection Cinémathèque française © ADAGP, Paris 2012

Frédérick Lemaître (Pierre Brasseur)
Photographie de tournage rehaussée de couleur, 39,1 x 29,9 cm, 1944-1945
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1945 – PATHE PRODUCTION

Baptiste en Pierrot (Jean-Louis Barrault)
Photographie de tournage rehaussée de couleur, 39,1 x 29,9 cm, 1944-1945
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1945 – PATHE PRODUCTION

Scène de foule sur le boulevard du Crime
Photographie de Roger Forster.
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé – ADAGP, Paris 2012 © 1945 – PATHE PRODUCTION 

Garance (Arletty) et Baptiste (Jean-Louis Barrault)
Photographie Les Enfants du Paradis
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1945 – PATHE PRODUCTION

Maquette d’affiche : Les Enfants du Paradis, par Jacques Bonneaud
Gouache et pastel sur papier, 25,5 x 37,5 cm, c. 1945
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - ADAGP, Paris 2012 © 1945 – PATHE PRODUCTION 

La pantomime de Pierrot (Jean-Louis Barrault) au théâtre des Funambules
Photographie Les Enfants du Paradis
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1945 – PATHE PRODUCTION 

Le comte Edouard de Montray (Louis Salou) et Lacenaire (Marcel Herrand)
Photographie Les Enfants du Paradis
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1945 – PATHE PRODUCTION

Maquette de costume pour Les Enfants du Paradis : « Figuration des Funambules, L’Ane Al iboron », par Mayo
Gouache, 57,3 x 39,9 cm, 1943
Collection Cinémathèque française © ADAGP, Paris 2012
Au théâtre des Funambules, les animaux interviennent dans la vie quotidienne des êtres humains : c’est ainsi que Frédérick Lemaître a commencé sa carrière, aux Variétés Amusantes, déguisé en lion.

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Les citations sont extraites du dossier de presse. L'article a été publié le 26 janvier 2013, puis les 26 juin et 2 décembre 2016.