Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 4 juillet 2022

« Le jardin des Finzi-Contini » de Vittorio De Sica

En 1962, parait Il giardino dei Finzi-Contini (Le jardin des Finzi-Contini) de 
Giorgio Bassani (1916-2000), militant antifasciste, écrivain, scénariste et homme politique juif italien. Ce roman décrit une famille de la haute bourgeoise juive de Ferrare qui tente de préserver son mode de vie dans l'Italie fasciste et malgré les lois antisémites. Arte diffusera le 4 juillet 2022 à 20 h 50 « Le jardin des Finzi-Contini » (Der Garten der Finzi Contini) de Vittorio De Sica avec Dominique Sanda, Helmut Berger, Lino Capolicchio, Fabio Testi, puis à 22 h 25 « À la recherche du jardin des Finzi-Contini » (Auf der Suche nach den Gärten der Finzi-Contini), documentaire de Rä di Martino. 
Trésors du ghetto de Venise
« Italie, une simple histoire d’amour. Témoignages d’un ambassadeur d’Israël » de Mordechaï Drory 

Né à Bologne, Giorgio Bassani (1916-2000) était un militant antifasciste, écrivain - Cinque storie ferraresi (1956) a obtenu le Prix Strega (recueil comprenant Lidia Mantovani ; La passeggiata prima di cena ; Una lapide in via Mazzini ; Gli ultimi anni di Clelia Trotti ; Una notte del '43) ; Gli occhiali d'oro (1958), journaliste, scénariste - La Marchande d'amour (La provinciale), de Mario Soldati (1953), Senso de Luchino Visconti (1954) - et vice-président de la RAI (1964-1966) juif italien. 

Durant le fascisme, cet étudiant brillant est victime des lois antisémites (1938).

En 1962, parait son roman Il giardino dei Finzi-Contini. Il est distingué par le Prix Viareggio.

Film primé
Arte diffusera le 4 juillet 2022 à 20 h 50 « Le jardin des Finzi-Contini » (Der Garten der Finzi Contini ; Il giardino dei Finzi-Contini) de Vittorio De Sica. 

« Dans l’Italie fasciste, les amours de l’insaisissable Micòl Finzi-Contini (Dominique Sanda) se dissolvent dans le crépuscule de la bourgeoisie juive de Ferrare... Adapté du roman de Giorgio Bassani, le plus mélancolique des films de Vittorio De Sica. »

« Italie, 1938. Tandis que le régime fasciste vient de promulguer les lois raciales à la veille de la guerre, la bourgeoisie juive de Ferrare, s’efforçant d’ignorer la menace, vit ses derniers feux. Reclus dans leur palais à l’écart de leur communauté, les aristocratiques Finzi-Contini convient la jeunesse dorée exclue des clubs de tennis à des tournois dans leur jardin enchanteur. Depuis l’enfance, Giorgio se consume d’amour pour Micòl, la belle et insaisissable fille de la famille. Quant au frère de celle-ci, le fragile Alberto, il se lie d’amitié avec un fougueux étudiant communiste, Malnate… »

« C’est au crépuscule d’un monde raffiné pétri de culture qu’invite, avec ce jardin d’Eden à la veille de son engloutissement, Vittorio De Sica ». 

« Adaptant le roman de Giorgio Bassani – qui lui reprochera les écarts à son œuvre –, le cinéaste italien restitue avec une profonde mélancolie l’art de vivre de la bourgeoisie juive de Ferrare ». 

« Alors que la plupart de ses membres se murent dans le déni pour fuir la submersion par le chagrin, au-delà de l’enceinte du parc aux arbres centenaires, s’accélère le cycle des discriminations-persécutions-arrestations, jusqu’à l’inexorable déportation ». 

« Lucide dans ce chaos encore nimbé de l’illusion des privilèges, l’impétueuse Micòl, à défaut de croire en son avenir, s’emploie à profiter du présent, quitte à revisiter le passé, entre ivresse insouciante de l’enfance et premiers émois, lesquels ne forgent pas toujours les premières amours ». 

« Confit dans son désir pour elle jusqu’à l’obsession, le malheureux Giorgio, lui, s’oppose à l’aveuglement de son père, qui se pense protégé par sa foi patriotique – et sa vaine adhésion au parti ». 

« Dans cette fresque somptueuse dont la lumière pâlit, Dominique Sanda incarne une éblouissante Micòl, figure libre qui, derrière la posture de femme fatale, affronte son destin avec une impériale dignité. »

La fin est bouleversante. Car elle augure la fin d'une famille juive pétrie de culture et se sentant profondément italienne, d'une civilisation qui n'a pas pu se défendre face à la barbarie.

Meilleur film étranger, Oscars 1972 – Ours d’or, Berlin 1971


« À la recherche du jardin des Finzi-Contini »
Arte diffusera le 4 juillet 2022 à 22 h 25 « À la recherche du jardin des Finzi-Contini » (Auf der Suche nach den Gärten der Finzi-Contini), documentaire de Rä di Martino.

« Au fil des pages du roman "Le jardin des Finzi-Contini", que Vittorio De Sica a adapté au cinéma, un voyage empreint de nostalgie à Ferrare, entre réalité et fiction, sur les traces de son auteur, l’écrivain italien Giorgio Bassani. »

« C’est un jardin extraordinaire qui n’a jamais existé, un lieu fictif qui habite les mémoires. »

« Quand, en 1962, Giorgio Bassani publie "Le jardin des Finzi-Contini", l’Italie s’est encore peu plongée dans les ténèbres de sa période fasciste et les lois raciales qu’elle a engendrées ». 

« Infusée de la jeunesse du romancier et poète, cette œuvre pionnière, inattendu best-seller, met en scène une histoire d’amour, en 1938, au sein de la bourgeoisie juive de Ferrare à la veille de son anéantissement ». 

« Sous les hêtres et les palmiers du palais de la famille Finzi-Contini, les protagonistes, "suspendus au bord du gouffre des persécutions et de la guerre", tentent d’oublier, dans un entêtant parfum de classe et un "culte de la préciosité", qu'ils sont déjà devenus des citoyens de seconde zone. »

« Exclusion des écoles et des clubs, interdiction des mariages mixtes, arrestations… : alors que la chape de terreur les enserre, la fantasque héroïne Micòl les emmène à travers ce jardin, entre fastes passés et sidération, avant le désastre à venir. »

« Au fil d’extraits du livre, de séquences jouées par de jeunes comédiens et d’éclairages de proches de Giorgio Bassani, d’historiens et de critiques, ce documentaire explore l’impact du roman sur le public, qui s’est approprié ce célèbre jardin imaginaire jusqu'à finir par croire à sa réalité ». 

« Dans un mouvement inverse, de la grande et tragique histoire à sa transposition romanesque, il interroge aussi le pouvoir de la fiction et celui de l'art littéraire ». 

« Retraçant la genèse et l’accueil du "Jardin des Finzi-Contini" en même temps que le parcours de son auteur – dont le héros de papier, Giorgio, incarne le double troublant, il donne enfin la parole à Dominique Sanda, inoubliable Micòl du film oscarisé de Vittoria De Sica, adaptation que Giorgio Bassani, s’estimant trahi, désavouera ».

« La passionnante visite guidée d’un chef-d'œuvre. »


« Le jardin des Finzi-Contini » de Vittorio De Sica 
Italie, Allemagne, 1970, 1 h 30 mn
Auteur : Giorgio Bassani
Scénario : Ugo Pirro, Vittorio Bonicelli
Production : Documento Film, CCC Filmkunst Berlino
Producteurs : Artur Brauner, Arthur Cohn, Gianni Hecht Lucari
Image : Ennio Guarnieri
Montage : Adriana Novelli
Musique : Manuel De Sica
Avec Dominique Sanda (Micòl Finzi Contini), Helmut Berger (Alberto Finzi Contini), Lino Capolicchio (Giorgio), Fabio Testi (Bruno Malnate), Romolo Valli (le père de Giorgio), Camillo Cesarei (Prof. Ermanno Finzi Contini), Katina Morisani (Olga Finzi Contini)
Sur Arte les 4 juillet 2022 à 20 h 50, 11 juillet 2022 à 15 h 20, 21 juillet 2022 à 15 h 05

France, 2022, 52 min
Coproduction : ARTE France, Les Films du Poisson, Alto Piano
Sur Arte le 4 juillet 2022 à 22 h 25
Disponible du 27/06/2022 au 01/10/2022

Le massacre d’Oran du 5 juillet 1962


Le 5 juillet 1962, plus de quatre mois après le cessez-le-feu consécutif à la signature des accords d’Evian du 18 mars 1962, les Algériens célèbrent leur indépendance. A Oran, survient une tragédie : une foule algérienne tue des centaines, voire plus d’un millier d’Oranais, européens et musulmans suspectés d’être partisans de l’Algérie française, et en kidnappent des centaines. Ce carnage se déroule sur moins d’une journée, sans réaction de l’Armée française obéissant aux ordres du Président de la République le général Charles de Gaulle. Un fait historique longtemps occulté par des politiciens et historiens, français et algériens. « Oran, le massacre oublié » est un documentaire de Georges-Marc Benamou et Jean-Charles Deniau.


Le 18 mars 1962, les représentants du Gouvernement de la République française et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) signent les accords d’Evian qui mettent un terme à la guerre d'Algérie. 

Dès le lendemain 19 mars 1962 à midi, le cessez-le-feu s’applique sur tout le territoire algérien. 

Les électeurs français ratifient ces accords par le référendum du 8 avril 1962 : le gouvernement obtient par 91 % des votes les pleins pouvoirs pour les appliquer. Quant aux électeurs algériens, ils les ratifient par le référendum d'autodétermination du 1er juillet 1962.

Conscients de n’avoir pas d’avenir dans l’Algérie indépendante, craignant pour leur vie, de nombreux pieds-noirs ont déjà choisi l’exil, essentiellement vers la France.

La France n’a pas prévu la logistique pour rapatrier ces pieds-noirs et les musulmans qui l’avaient défendue. En plein été, avec leurs maigres effets rassemblés à la hâte, ils s’agglutinent près des ports et des aéroports espérant embarquer rapidement dans un bateau ou un avion, et rejoindre la métropole.

Le Front de libération nationale (FLN) continue son action terroriste : attentats, enlèvements...

Le 5 juillet 1962, plus de quatre mois après le cessez-le-feu consécutif à la signature des accords d’Evian, les Algériens célèbrent leur indépendance par des manifestations.

Située dans le nord-ouest du pays, sur la côte méditerranéenne, Oran est alors la 2e ville d’Algérie. Elle est surnommée "la radieuse" en raison de la joie de vivre animant les Européens, même pauvres. "Autour du centre-ville administratif et commerçant où vivent des bourgeois : des quartiers populaires habités par des Espagnols et des Juifs, et au sud, entourant la ville, des quartiers où résident des musulmans".

C’est dans cette cité d’environ 433 000 habitants, dont une légère majorité (220 000) d’Algériens, que survient la tragédie : une foule algérienne tue des Oranais, européens (pieds-noirs) et musulmans suspectés d’avoir été partisans de l’Algérie française. Aux cris de « Mort aux Yaoudi » (Mort aux Juifs) et de « Mort aux Roumis », avec des armes à feu, des armes blanches ou des pierres, ils assassinent juifs, chrétiens et musulmans.

Le nombre de tués varie entre plusieurs centaines et 1 200. Plusieurs centaines de personnes sont kidnappées. Nul n’aura de leurs nouvelles.

Débuté vers 10 h par le tir d’un coup de feu, ce massacre est commis par le FLN, l’Armée de libération nationale (ALN), des auxiliaires occasionnels et des civils algériens.

Ce massacre se déroule sur six heures, sans réaction de l’Armée française dirigée par le général Joseph Katz (1907-2001) obéissant à l’ordre d’inaction du Président de la République le général Charles de Gaulle. 

Ce 5 juillet 1962, vers 17 h, des Etats interrogent la France sur ce qui se passe à Oran. Ordre est alors donné par le pouvoir politique parisien aux militaires français de sortir des casernes pour ramener l’ordre et instaurer un couvre-feu. Maculées de sang, les rues d’Oran sont nettoyées.

Ce fait historique tragique renforce la détermination des pieds-noirs et des soutiens musulmans de la France à quitter au plus vite leur terre natale.

Les journaux français minorent le nombre de morts et disparus, et rapidement s'en désintéressent.

Ce massacre a été longtemps occulté par des politiciens et historiens, français et algériens. Son souvenir douloureux perdure chez les survivants, rescapés et les proches des disparus.

"Le massacre du 5 juillet 1962 à Oran a fait l’objet d’une conspiration du silence et d’une amnésie collective durant plus d’un demi-siècle ; et pourtant il a inspiré des témoignages, des enquêtes, et même des travaux d’historiens beaucoup plus nombreux qu’on ne l’imagine. Confronter tout ce qui a été publié sur ce sujet douloureux permet d’arriver à des conclusions relativement nettes, même si l’existence de sources non encore connues (notamment du côté algérien) nous oblige à rester prudent", a observé Guy Pervillé, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Toulouse Le Mirail, spécialiste de l'histoire de l'Algérie coloniale ainsi que de la guerre d'Algérie (Atlantico, 4 juillet 2014).

Et cet universitaire de poursuivre :
"En histoire, un événement ne peut s’expliquer que par des causes qui lui sont antérieures ; mais ces causes peuvent être multiples. La plus simple est celle qui a été affirmée par le général Katz, commandant des troupes françaises à Oran de février à août 1962 : les premiers coups de feu auraient été tirés sur la foule des Algériens fêtant l’indépendance par des desperados de l’Organisation armée secrète (OAS), cette organisation armée formée par des civils français d’Algérie et d’anciens militaires français qui avaient refusé d’accepter le cessez-le-feu du 19 mars 1962 et le référendum sur l’indépendance du 1er juillet ; mais cette affirmation n’a jamais été prouvée depuis plus d’un demi-siècle, et elle a été désavouée à l’époque par les responsables locaux du Front de libération nationale (FLN) algérien.
Les témoignages donnent l’impression très nette que le massacre des Européens avait été prémédité par au moins une partie des chefs du FLN d’Oran, que la plus grande partie de leurs troupes a participé à la chasse aux Européens avant d’être reprise en main, mais aussi que de nombreux civils se sont atrocement vengés de plusieurs mois de souffrances et de peur. Mais ajoutons pour être tout à fait clair que le terrorisme du FLN avait largement précédé celui de l’OAS, et qu’il poursuivait lui aussi un but de provocation.
Au delà de ces constats, il existe une interprétation qui veut expliquer le massacre du 5 juillet 1962 par un calcul machiavélique du colonel Boumedienne, chef de l’état-major général de l’Armée de Libération Nationale (ALN) auquel obéissait le colonel de la wilaya 5 (Oranie), et qui s’était allié à Ben Bella contre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) présidé par Ben Khedda : le massacre du 5 juillet aurait été délibérément provoqué afin de discréditer le GPRA - qui avait appelé à célébrer l’indépendance de l’Algérie ce jour-là – et de permettre aux troupes venues du Maroc de rétablir l’ordre à Oran. Cette hypothèse mérite de retenir toute notre attention, mais jusqu’à présent je n’en connais aucune preuve : la seule déclaration de l’état-major de l’ALN datée du 5 juillet qui en parle appelle à protéger les civils européens d’Oran, puisque Ben Bella prétendait hypocritement défendre les accords d’Evian pour tenter de s’attirer le soutien du général de Gaulle
Rien ne permet néanmoins d’affirmer que le gouvernement français aurait décidé de laisser au colonel Boumédiène la tâche de rétablir l’ordre à Oran. Sa politique visait deux buts contradictoires : maintenir la sécurité des Français d’Algérie, mais aussi éviter de se laisser entraîner dans les querelles entre Algériens pour ne pas reprendre la guerre, donc rester neutre entre les deux coalitions algériennes en lutte pour le pouvoir. Le général Katz a sans doute perdu beaucoup de temps à solliciter de ses supérieurs un ordre d’intervention.
Le général de Gaulle et son gouvernement, qui siégeaient au début de l’après midi du 5 juillet en Comité des affaires algériennes, n’avaient pas prévu qu’il se passerait quelques chose le 5, puisque le ministre des Affaires algériennes Louis Joxe avait demandé le 14 juin à son partenaire algérien Saad Dahlab que la fête de l’indépendance ait lieu le 6 juillet et non le 5. C’est pourquoi la France n’avait ce jour-là aucun représentant en Algérie, puisque le Haut-commissaire Christian Fouchet avait quitté le pays le 4 (lendemain de la proclamation officielle de l’indépendance), et que l’ambassadeur Jean-Marcel Jeanneney ne devait rejoindre son poste que le 6. On peut donc reprocher aux dirigeants français leur inconscience du danger, comme l’a fait le général Katz dans ses Mémoires
. Par la suite, il a très lentement pris conscience de la gravité de ce qui s’était passé, et pourtant dès 1963 un rapport dû à Jean Marie Huille avait établi pour le secrétaire d’Etat aux affaires algériennes Jean de Broglie un bilan proche de 700 morts et disparus, qui a été récemment confirmé d’après les archives par le livre de Jean-Jacques Jordi, Un silence d’Etat, les disparus civils européens de la guerre d’Algérie (Paris, Editions SOTECA, 2011). Mais entre temps, comme le dit le titre de ce dernier livre, « un silence d’Etat » a recouvert tous les faits qui prouvaient l’échec des accords d’Evian à rétablir une véritable paix en Algérie, notamment les enlèvements et les meurtres de civils européens, et tout particulièrement ceux du 5 juillet 1962 à Oran. En conséquence, cet événement tragique n’a été connu que par ceux qui ont voulu le connaître.
[Les conséquences de cette omerta] ont été considérables, mais surtout depuis les années 1990. En effet, jusqu’à la fin des années 1980, l’absence de politique mémorielle française sur la guerre d’Algérie s’opposait à l’hyper-commémoration algérienne.
Mais depuis les années 1990, la rechute de l’Algérie dans une sorte de guerre civile, interprétée par les deux camps comme une répétition de la guerre d’indépendance, a provoqué en France une crise mémorielle : d’un côté, à gauche, on a vu dans la répétition d’un passé tragique une conséquence indirecte de l’incapacité de la France à éviter la guerre d’Algérie, alors que de l’autre côté, à droite, on y voyait une conséquence de l’abandon de l’Algérie au FLN.
En conséquence, la France en est venue à juger nécessaire la définition d’une politique mémorielle concernant cette guerre (reconnue officiellement comme telle par la loi du 18 octobre 1999), mais l’impossibilité de s’accorder sur le choix d’une date commémorative nationale – la gauche réclamant le 19 mars, « fin de la guerre d’Algérie », alors que la droite le refusait en tant que début de la pire période de cette guerre – a prouvé l’absence d’une mémoire nationale consensuelle.
Mais on ne sait pas assez en France que cette division de l’opinion publique française a été encouragée par l’Algérie. En effet, depuis 1990, la Fondation du 8 mai 1945 a réclamé à la France la reconnaissance de la répression de cette insurrection en tant que « crime contre l’humanité » et non pas simple crime de guerre ; puis à partir de mai 1995, dans le cadre de tension croissantes entre les gouvernements algérien et français liées à la guerre civile algérienne, cette revendication a été étendue à tous les crimes que la France a ou aurait commis contre le peuple algérien de 1830 à 1962. Elle a été affirmée avec force par le président Bouteflika les 8 mai 2005 et 2006, et à fait échouer la négociation d’un traité d’amitié franco-algérien proposé en 2003 par le président Chirac suivant le modèle du traité franco-allemand de 1963. Par la suite, le gouvernement algérien a renoncé à cette revendication, mais ses partisans restent nombreux dans les milieux politiques, journalistiques et intellectuels algériens.
En conséquence, nous voyons s’organiser en France une commémoration de la répression de la manifestation algérienne du 17 octobre 1961 à Paris, mais aussi à Strasbourg - où il ne s’était pourtant rien passé – depuis l’élection d’un maire socialiste. De même à Marseille, une plaque commémorative rendant hommage aux victimes de la répression colonialiste du 8 mai 1945 dans le Constantinois vient d’être inaugurée par une association franco-algérienne avec le soutien et la participation de l’élu socialiste Patrick Menucci.
L’évolution de la mémoire de la guerre d’Algérie s’inscrit dans le cadre plus large de la politique mémorielle française. Pendant longtemps, il y a eu deux sortes de guerres : celles dont la commémoration officielle était jugée utile pour renforcer le sentiment national, comme les deux guerres mondiales, et celles qui étaient jugées incommémorables parce qu’elles avaient divisé la nation (guerres d’Indochine et d’Algérie). D’autre part, les infractions à la solidarité nationale qui avaient pu se produire étaient généralement effacées par une amnistie générale après une phase de répression judiciaire. Mais les choses ont changé peu à peu après la Deuxième guerre mondiale...
A cause du vote de la loi de 1964 rendant imprescriptibles les crimes contre l’humanité et eux seuls, et à cause de sa conséquence, la reprise des procès de quelques responsables allemands et français de la répression contre les résistants et de la déportation des juifs...
En conséquence, la différence entre les guerres commémorables et celles qui ne l’étaient pas est devenue incompréhensible, et la commémoration a cessé d’être nécessairement glorifiante : depuis la loi Gayssot de 1990, nous avons vu se multiplier les lois de dénonciation de crimes et de repentance (lois condamnant le génocide arménien, loi Taubira-Aurault condamnant l’esclavage et la traite des esclaves noirs par les Européens), à tel point que la seule loi mémorielle qui ait fait scandale fut la loi du 23 février 2005 rendant hommage à la colonisation française en Afrique du Nord.
Ainsi, le massacre du 5 juillet 1962 à Oran apparaît comme un événement atypique, non qu’il ne fût pas un crime, bien au contraire, mais parce que ses auteurs directs ont été des Algériens et ses principales victimes des Français. Et par ce double caractère, il appelle à remettre en question le bien fondé de la revendication algérienne de repentance qui tente d’exploiter depuis un quart de siècle la tendance de la gauche française au masochisme, comme l’avait signalé il y a douze ans Guy Hennebelle, dans un numéro spécial de sa revue Panoramiques, (n° 62, 1er trimestre 2003, p. 20) où il voulait contribuer à briser ce qu’il appelait « le duo maso-sado » entre « la culture laïco-chrétienne du culpabilisme et la culture arabo-musulmane du ressentiment ».
En France, des hommages sont rendus le 5 juillet aux victimes du massacre d'Oran : à Béziers par le maire Robert Ménard, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes par le conseil régional, à Marseille par la députée Valérie Boyer (Les Républicains), à Perpignan, à Fréjus et au Canet en Roussillon par des élus, dont Louis Aliot et David Rachline, du Rassemblement national.

Le documentaire  « Oran, le massacre oublié » par Georges-Marc Benamou et Jean Charles Deniau « bénéficie de la puissance de témoignages inédits à ce jour, et de la présentation d’archives privées et surtout publiques, incontestables. La responsabilité des plus hautes personnalités de l’Etat français dans la non-assistance aux personnes en danger,  est clairement établie. Comme l’est la réponse à la question : pourquoi ce drame est-il resté depuis près de 60 ans sans reconnaissance officielle ? Un document d’histoire ».

Parmi les documents inédits auxquels ont eu accès les auteurs : le journal de marche de l’unité militaire stationnée à Oran. Il indique, presque heure par heure, les horreurs commises - Européens lynchés -, leur localisation, la direction vers laquelle sont contraints d'avancer les Européens kidnappés : "la ville nouvelle", c'est-à-dire le "quartier musulman".


« Oran, le massacre oublié » par Georges-Marc Benamou et Jean Charles Deniau 
France, 52 minutes
Sur France 3 le 5 septembre 2019 à 23 h


Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié le 4 septembre 2019, puis le 5 juillet 2021.

vendredi 1 juillet 2022

Alber Elbaz (1961-2021)

Alber Elbaz (1961-2021) était un créateur de mode franco-israélo-américain. Après avoir débuté dans les maisons de haute couture Guy Laroche et Yves Saint Laurent, il est recruté par la maison Lanvin comme directeur artistique durant quatorze ans. Puis, il crée sa marque, AZ Factory, et présente sa première collection en janvier 2021, peu avant son décès. Le Palais Galliera, Musée de la mode de la Ville de Paris propose l’exposition « Love Brings Love. Le défilé hommage à Alber Elbaz ».

L’histoire sous les pieds. 3000 ans de chaussures 
« Chaque jour est une page blanche que je dois emplir d'un rêve », a déclaré Alber Elbaz (13 mars 2012)

Alber Elbaz (1961-2021)  était un créateur de mode franco-israélo-américain. 

Il a débuté dans les maisons de haute couture Guy Laroche et Yves Saint Laurent.

Puis, il est recruté par la maison Lanvin comme directeur artistique durant quatorze ans. 

Il crée sa marque, AZ Factory et présente sa première collection en janvier 2021, peu avant son décès.

« Nous, créateurs de mode, avons peut-être un rôle à jouer. Nous avons le devoir d’apporter de la beauté au monde, de faire en sorte que les femmes se sentent mieux, de faire en sorte que les femmes se sentent bien, de les élever ». Ainsi, Alber Elbaz résumait sa fonction.

« Love Brings Love. Le défilé hommage à Alber Elbaz »

« Le Palais Galliera célèbre Alber Elbaz avec une exposition d’un format inédit qui restitue le défilé hommage au créateur présenté le 5 octobre 2021 au Carreau du Temple à Paris. » 

« Après la disparition d’Alber Elbaz, la maison AZ Factory qu’il avait récemment fondée a fait appel à d’anciens proches collaborateurs et a organisé et réalisé un défilé hommage en son honneur. Un show qui a réuni la participation de 46 designers qui ont toutes et tous ont été invité.e.s à créer une silhouette inspirée par Alber Elbaz et son oeuvre: robes fluides à longue traîne, robes courtes réveillées par des jeux de volants ou des grands noeuds, robes imprimées de dessins ou du portrait du créateur. »

« Reconnu.e.s ou émergent.e.s, à la tête de maisons historiques ou à celle de leur propre marque, ces créatrices et créateurs réuni.e.s ont offert un regard sur la création de mode, ses questionnements et ses enjeux contemporains : environnement, diversité, genre... »

« Le Palais Galliera souhaite rendre hommage à Alber Elbaz en organisant une exposition qui reconstitue le défilé et propose au visiteur de s’immerger dans cet univers éphémère en reproduisant l’ordre de passage, les effets, la musique et les lumières qui ont fait de cette soirée un événement historique. Le titre de « Love Brings Love » (L’amour appelle l’amour) reprend une formule prônée par Alber Elbaz en guise de mantra. »

« Comme en réaction à l’isolement provoqué par la crise sanitaire, cette exposition met en valeur la fraternité de designers réuni.e.s pour célébrer la mémoire de l’un de leurs plus brillants représentants, le très charismatique Alber Elbaz. »

« Une exposition organisée grâce aux prêts exceptionnels d’AZ FACTORY et dons des maisons participantes, aux prêts d’ADOBE, COMME DES GARCONS, GUO PEI, LOUIS VUITTON MALLETIER, WALES BONNER, à l’étroite collaboration de LANVIN, et au soutien de RICHEMONT ».

Le commissaire de l’exposition est Alexandre Samson, chargé des collections haute couture (à partir de 1947) et de la création contemporaine au Palais Galliera, assisté de Juliette Chaussat.

« Formé à New York auprès du créateur Geoffrey Beene, Alber Elbaz triomphe à Paris à la tête des maisons Guy Laroche, Yves Saint Laurent Rive Gauche puis Lanvin. Ses créations aux coloris vibrants, comme sculptées sur le vif de drapés, bouillonnés, volants et plissés, sont aussi célèbres que ses dessins et sa propre silhouette, ses lunettes rectangulaires et son nœud papillon. »

« En 2019, il crée la maison AZ Factory et présente sa première collection en janvier 2021. Quelques mois plus tard, il disparaît subitement, à Paris, à l’âge de 59 ans. »

« Apprécié pour sa bienveillance, son humour et l’amour qu’il portait à ses pairs, Alber Elbaz rêvait de réaliser un grand show qui réunirait les designers de mode les plus talentueux. »

« En son honneur, le 5 octobre 2021, AZ Factory invite 46 designers de mode, de toutes générations et de toutes origines, à réaliser chacun une silhouette inspirée par la personnalité et l’univers du créateur pour le défilé « Love Brings Love », d’après un mantra qui lui était cher. »

« Rythmée par les célèbres aphorismes du couturier, l’exposition propose de rejouer le défilé hommage, sa scénographie, sa musique, ses lumières… »

« L’ordre de passage est respecté de « A à Z », introduit par une silhouette de la première collection d’Alber Elbaz pour AZ Factory et conclu par deux des vingt-cinq passages réalisés par les équipes de son studio. »

« Ce rassemblement unique de designers reconnus ou émergents, à la tête de maisons illustres ou de leurs propres marques, permet également de porter un regard sur la création contemporaine, ses questionnements et ses enjeux. »

« Le Palais Galliera et AZ Factory souhaitent aussi saluer la mémoire du designer américain Virgil Abloh, disparu en novembre 2021. La silhouette de sa marque Off-White, créée pour le défilé, est l’une des dernières présentées de son vivant. »

1. AZ FACTORY par ALBER ELBAZ
« J’avais un rêve, celui de faire une robe, juste une simple robe qui puisse enlacer une femme. Une robe qui vous étreint quand vous en avez besoin. »

« En janvier 2021, Alber Elbaz présente sa première collection pour AZ Factory, marque composée de la première et de la dernière lettre de son nom. »

« Son approche pragmatique se base sur le respect du corps féminin, de ses mouvements, et de toutes les morphologies. Pour ce faire, il utilise notamment une maille « Anatoknit », dont la technologie permet de modeler les courbes sans les contraindre, et rajoute une longue chaîne pour aider les femmes à ouvrir et fermer la glissière dans leur dos. »

« En réaction à l’importante pollution dégagée par l’industrie textile, il bannit les cuirs animaux et développe des polyesters recyclés pour ses créations, tout en conservant les détails d’une féminité triomphante qui ont fait sa signature. »



Du 5 mars au 10 juillet 2022
10, avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, et les jeudis jusqu’à 21 h.
Visuel :
Alber Elbaz
© Stéphane Gallois

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« Les otages d’Entebbe - Le combat d’Israël contre le terrorisme » de Thomas Ammann


Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, sur l’aéroport d’Entebbe (Ouganda), a lieu le sauvetage extraordinaire par Tsahal (Israel Defense Forces, IDF) de la centaine d’otages, essentiellement juifs et israéliens, détenus par des terroristes allemands et palestiniens ayant détourné, le 27 juin 1976, un avion d’Air France.  

Grâce à des archives souvent inédites et des interviews de personnes impliquées – politiciens (Shimon Peres), anciens militaires (Ehud Barak), otages, anciens terroristes allemands, diplomates -, ce documentaire de Thomas Amman rappelle le contexte de ce détournement d’avion.

Opération Thunderbolt
Enlèvements d’hommes d’affaires (Hans Martin Schleier) ou de politiciens, meurtres, prises d’otages… C’est par ces actes terroristes que des mouvements d’extrême-gauche allemands et italiens se rendent célèbrent dans les années 1970.

Aden (Yémen) est alors le « fief de l’Internationale terroriste, le centre de formation du combat armé ».


Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) y « organise des camps d’entrainement pour terroristes venus d’Allemagne, d’Italie, du Japon ou de l’Amérique latine. Pour mener à bien ses opérations, le médecin » Wadi Haddad (Abu Ani), chef du « bras armé du FPLP. Ce « fils de réfugiés palestiniens, est spécialisé dans les détournements d’avions ». Il « recrute volontiers des mercenaires allemands issus des Cellules révolutionnaires ou de la Fraction Armée Rouge » (FAR).

« Les gens des CR sont devenus de plus en plus dépendants des Palestiniens. Pour finir, ils ont été sous leur coupe. Ce qui convenait à Abu Ani, car cela lui a permis de les manœuvrer un peu comme des pions », analyse Peter-Jürgen Boock, ancien membre des FAR.


« Il y a eu de violentes discussions parce que l’aile droite du Fatah regroupait des gens qui considéraient que le fascisme n’était pas allé assez loin, que cela leur aurait évité ce problème », se souvient Peter-Jürgen Boock, ancien membre de la FAR. Et Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR, de renchérir : « Il existe un antisémitisme dont on peut suivre le fil à travers toute l’histoire des Cellules révolutionnaires ».

Les « racines de cet antisémitisme remontent à la première moitié du XXe siècle. Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et principal chef religieux musulman de la région, attise la haine contre les juifs et leur déclare la guerre ».

Hadj Amin al-Husseini (1895-1974) « est responsable de la mort de milliers d’entre eux. A l’époque, il bénéficie du soutien d’Hitler et du chef SS Heinrich Himmler ».

« Le mufti s’est allié avec les nazis et il était vraiment à l’époque le leader des Palestiniens. Je ne dis pas que tous les Palestiniens l’ont suivi… Mais c’était le principal chef palestinien », précise Avi Primor.

Al-Husseini deviendra « le père spirituel de Yasser Arafat, leader de l’OLP. De plus, il est parent avec Ali Hassan Salameh, instigateur de l’attentat de Munich » en 1972.

« On vivait dans une atmosphère d’attentats terroristes. Il y avait eu l’attaque contre les sportifs israéliens aux Jeux olympiques [de Munich]… Cela faisait partie de notre quotidien. Les Palestiniens cherchaient à faire régner la terreur dans le monde. Et pour cela, ils s’étaient alliés avec les terroristes du monde entier », constate Avi Primor, ancien diplomate israélien en poste en France qui décrit l’opposition d’une majorité d’Israéliens à l’établissement en 1965 des relations diplomatiques entre Israël et la République fédérale d’Allemagne (RFA). Avi Primor insiste sur le changement de l’image d’Israël après la guerre des Six-Jours (1967) : « C’est l’époque où les étudiants et les jeunes ont découvert les Palestiniens… Les Israéliens n’étaient plus seulement les juifs qu’il fallait aider. Ils devenaient des occupants, des agresseurs, et les véritables opprimés, c’était les Palestiniens qu’on découvrait alors ».

Le chef du FPLP, « le plus grand ennemi des Juifs et d’Israël », organise le détournement d’un avion d’Air France par deux terroristes allemands des CR - Wilfried Böse, 27 ans, et Brigitte Kuhlmann, 29 ans, qui « a plongé elle aussi dans la clandestinité » - et deux Palestiniens.

« L’action terroriste était une sorte d’idée fixe pour Wilfried Böse. Il était toujours en train de préparer un attentat. Il avait tellement d’idées qu’il n’a jamais réussi à en mener une seule jusqu’au bout », observe Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR.


L’avion d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris est détourné peu après son escale à Athènes (Grèce) avec ses 248 passagers et 12 membres d’équipage. Direction : Bengazi (Libye) car les terroristes espèrent le soutien du dictateur Kadhafi.


Dès la première réunion le 27 juin, le gouvernement israélien est divisé. Si le Premier ministre Yitzhak Rabin souhaite négocier, le ministre de la Défense Shimon Pérès privilégie l’option militaire pour libérer les otages. « Officiellement, on refuse de négocier avec les terroristes, mais dans la pratique, on fait toujours quelques tentatives car on ne sait jamais comment cela va se terminer. On peut très bien lancer une opération militaire et venir à bout des terroristes, mais on risque aussi de perdre les otages », relate Avi Primor.


Pendant les négociations avec les terroristes, l’armée israélienne prépare secrètement une opération pour libérer les otages avec des spécialistes du combat anti-terroriste. Depuis le détournement en 1972 d’un avion de la compagnie belge Sabena contraint d’atterrir à Tel-Aviv et l’intervention militaire ayant permis de sauver les otages à son bord – un passager était alors mort -, Israël s’était entraîné à la prise d’assaut.

Le général Matan Vilnaï, « ancien général parachutiste, rassemble une centaine de parachutistes en prévision d’une intervention ». Une « unité d’élite, des combattants anti-terroristes de la Sayeret Matkal ».


Le 27 juin, une jeune Britannique est autorisée à quitter l’avion. Puis, une infirmière feint une maladie et obtient des pirates de l’air sa libération. A Londres, elle est interrogée par les agents du Mossad. « Elle nous a dit [que les terroristes] étaient quatre : deux Palestiniens, une Allemande et un Allemand. Elle a décrit leurs armes et nous les avons identifiées », affirme Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste.


L’avion décolle pour rejoindre Entebbe en Ouganda où Idi Amin Dada, « dictateur sanguinaire », feint de jouer au médiateur entre les gouvernements et les terroristes, mais soutient ces derniers.


A l’instar des nazis, les terroristes opèrent une sélection parmi les otages. Parmi ceux-ci, seuls ceux détenteurs de passeports français – au nombre de 147 - sont libérés. Et 85 otages juifs ayant un passeport israélien sont parqués dans l’aérogare. « Une nouvelle fois, on assiste à une sélection entre juifs et non juifs. Et qui procède à cette sélection ? Des Allemands. Vous imaginez l’impact que cela a pu avoir », s’exclame Avi Primor.

Michel Bacos, commandant de bord de l’avion, et l’équipage se distinguent par leur solidarité avec les otages israéliens : évoquant l’« éthique de la profession », ce commandant souligne : « Pour nous, il n’était pas question d’abandonner une personne ».

Les terroristes exigent la libération de centaines de terroristes palestiniens emprisonnés en Israël, au Kenya, en France, en Suisse et en Allemagne ainsi que des terroristes allemands. Des cellules de crise fonctionnent au Quai d’Orsay (Paris) et à Bonn. « Si on relâchait [ces terroristes], ils allaient reprendre leurs agissements », résume Hans-Jochen Vogel, ancien ministre fédéral de la Justice.


Dora Bloch, septuagénaire souffrant de problèmes respiratoires, est séparée des autres otages pour être hospitalisée.

Israël obtient les plans du terminal de l’aéroport grâce à une entreprise israélienne ayant construit les pistes à l’époque des bonnes relations entre Israël et l’Ouganda. Convertit un avion cargo. Assure un entraînement intensif à ses jeunes soldats.


Le général de brigade Dan Shomron est nommé commandant en chef de l’opération. Il est assisté de Yonatan Netanyahou, officier de 30 ans issu d’une éminente famille israélienne et un des chefs de l’unité Sayeret Matkal. Il « nous a insufflé une confiance absolue en nous-mêmes, et en nos capacités. Son comportement était celui d’un homme qui maîtrisait parfaitement la situation. Nous étions très impressionnés par lui. Cela nous a beaucoup aidés pendant l’opération. Les instructions qu’il a données étaient extraordinaires. Je n’ai jamais entendu cela avant une opération », précise Amir Ofer, ancien officier de l’unité anti-terroriste.

Menée le 30 juin peu avant l’expiration de l’ultimatum, avec in extremis l’autorisation du gouvernement israélien, à 4 000 km d’Israël, l’opération Thunderbolt, qui devait être dénommée « Vague de cendres », réussit : la centaine d’otages est libérée sauf trois otages Juifs - Jean-Jacques Mimouni, jeune franco-israélien âgé de 19 ans, Pasco Cohen et Ida Borochovitch - qui seront tués lors de l'opération, et les terroristes tués. Cependant, Yonathan Netanyahou est mortellement blessé au début de l’opération, ainsi que des otages pris par erreur pour des terroristes. Un parachutiste Sorin Hershko, gravement blessé, devient paraplégique, et confie avec conviction et dignité : « Ma participation a toujours été un honneur pour moi ».

Vengeance cruelle d’Idi Amin Dada : Dora Bloch est assassinée sur ses ordres.

Le réalisateur Eyal Boers a consacré son documentaire canado-israélien To Live and Die in Entebbe (2012) aux trois otages Juifs tués lors de l'opération israélienne, et dont l'histoire officielle a oublié les noms et parcours brisés.

Voici des archives filmées par l'armée israélienne de l'arrivée en Israël des sauveteurs et des anciens otages et de leur accueil par des membres du gouvernement israélien et de Tsahal : Yitzhak Rabin, Premier ministre, Shimon Peres, ministre de la Défense, le major Poren, secrétaire général du Premier ministre, le général de division Shlomo Gazit, Aryeh Brown, secrétaire général du ministre de la Défense, Yigal Shefi, Chef d'état-major, M., Amos Eran, Directeur général de la Cabinet du Premier ministre, le général de brigade Dan Shomron-Kahatzar, Avigdor (Janusz) Ben-Gal-A. 


Quelles leçons pour les démocraties ?
Israël a refusé de céder aux terroristes : « Enough is enough  ! » La force de Tsahal, la détermination, l’intelligence et le courage de ses soldats, la qualité des renseignements recueillis ont permis à l’Etat juif de mener rapidement et victorieusement une action périlleuse. Seul.

L'un des deux titres originaux en allemand du documentaire - Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terror et Operation Donnerschlag Israels Kampf gegen den Terror - souligne la volonté génocidaire communes aux les nazis et aux islamistes.

Le documentaire souffre parfois d’une terminologie inadéquate : « Israël est l’ennemi juré de la Libye et d’autres pays arabes ». Non, ce sont ces pays arabes qui sont les ennemis de l’Etat juif dont ils refusent de reconnaître la légitimité, le droit à l’existence. « Des Palestiniens avaient pris le contrôle d’un » avion. Ce sont des terroristes palestiniens qui l’avaient détourné. L’islamisme n’est pas nommé.

De plus, la lutte contre le terrorisme n’est pas le combat du seul Israël. C’est aussi celui de ceux visés par l’islamisme : d’autres démocraties – en particulier, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, de novembre 2008 à Bombay/Mumbai (Inde) - et des régimes autoritaires : prises d'otages par des Tchétchènes au théâtre de Moscou en octobre 2002 et à l’école de Beslan en septembre 2004, etc.


Des Palestiniens, le documentaire montre les seules images de pauvres réfugiés dans des camps, alors qu’un seul tiers des réfugiés y vit. Et surtout, ce film occulte le rôle des dirigeants palestiniens et arabes, des mouvements terroristes, ainsi que de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), dans l’instrumentalisation de ces réfugiés qui bénéficient cependant d’un statut privilégié héréditaire, reçoivent une manne financière internationale abondante, etc.


On peut regretter l’absence d’interviews de responsables et terroristes palestiniens, ou le silence sur les réactions dans le monde après ce sauvetage.

Curieusement, les visuels libres de droits du documentaire ne montrent pas les terroristes allemands et palestiniens.


Ancien directeur du Mossad (1974-1982), le Maj.-Gen. (res.) Yitzhak Hofi est mort à Ramat Gan le 15 septembre 2014 à l'âge de 87 ans.

Le 23 juin 2015, l'Etat d'Israël a rendu hommage à Yonatan Netanyahou, héros mort lors de cette opération audacieuse. 


En juillet 2015, le musée du Centre Yitzhak Rabin présenta une exposition sur l'opération Entebbe.


Hommage à Entebbe

Le 4 juillet 2016, jour du 40e anniversaire de cette opération, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a débuté un voyage officielle en Afrique. 

"Accompagné de 80 hommes d’affaires représentant une cinquantaine d’entreprises israéliennes, Netanyahu a débuté en Ouganda une tournée africaine de quatre jours qui l’emmènera aussi au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie".


"Israël cherche à s’assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où il fait l’objet de vives critiques liées aux Territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires. Le gouvernement israélien a récemment approuvé une proposition d’ouvrir des bureaux de l’Agence israélienne pour le développement international dans ces quatre pays. Cette agence partage avec les pays en voie de développement les technologies et le savoir-faire israéliens. Selon le bureau de Netanyahu, une enveloppe de 13 millions de dollars (11,7 millions d’euros) sera consacrée au « renforcement des relations économiques et de la coopération avec les pays africains ». Elle inclut notamment une formation dans les domaines de la « sécurité nationale » et de la santé. Le Premier ministre israélien devait également prendre part lundi à un mini-sommet régional sur la sécurité et le « terrorisme », rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement kényan, rwandais, éthiopien, sud-soudanais, zambien et malawite".

Dans la tour de contrôle de l'ancien aéroport d'Entebbe en Ouganda, il a participé le 4 juillet 2016, avec des soldats israéliens, des dirigeants politiques ougandais et israéliens - président d’Ouganda et son épouse, ministre de l’Education et des Sports, ainsi que l’homologue israélienne de cette dernière, Miri Regevn députés Omer Bar-Lev, vice chef d’Etat-major Yair Golan,  chef des renseignements militaires Herzi Halevi, directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold -, ainsi que des représentants de la communauté juive d'Ouganda, à une cérémonie en hommage aux victimes de cette opération de sauvetage. Parmi les spectateurs à cet événement important sur les rives du lac Victoria, à environ 40 kilomètres au sud de la capitale Kampala : l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz, Giora Eiland, d’autres participants de l’opération, et des représentants des victimes et des soldats en service des unités ayant participé à l’opération.

Les hymnes nationaux des deux pays ont été interprétés par la fanfare militaire. La "cérémonie a commencé avec un chant en hébreu chanté par un officier de l’armée israélienne. Cette chanson, « Eretz Tzvi », est « surtout associée à l’opération Entebbe », a déclaré la maîtresse de cérémonie.

Akiva Laxer, un des anciens otages d’Entebbe, a prononcé des bénédictions et des remerciements pour avoir survécu a cette épreuve : « Au nom de mes trois enfants, je te bénis Seigneur, notre Dieu, qui a fait ce miracle pour moi en cet endroit. » La maîtresse de cérémonie, lisant ses notes, a déclaré que le sauvetage des otages était un commandement religieux important du judaïsme. Elle a lu les noms des trois victimes tuées à l’aéroport, et celui de Dora Bloch, Israélo-Britannique de 72 ans qui a plus tard été assassinée dans un hôpital ougandais. Pendant qu’une musique était jouée, une flamme a été allumée par un soldat israélien, fils d’un des otages assassinés.

Le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu a déclaré : « Je suis ému d’être ici, à l’endroit où les troupes israéliennes ont sauvé ici des otages au cœur de l’Afrique, si loin de la maison. Il y a 40 ans, des soldats israéliens ont mené une mission historique », « héroïque » et « inoubliable ». Il a évoqué son frère aîné Yonathan, Yoni. Et d'ajouter : « Il y a 40 ans, ils ont atterri au beau milieu de la nuit dans un pays mené par un dictateur brutal qui a offert un refuge aux terroristes. Aujourd’hui, nous avons atterri en plein jour et avons été accueillis par un président qui combat le terrorisme. Entebbe est toujours avec moi, dans mes pensées, ma conscience et profondément dans mon cœur. Chacun d’entre vous, les soldats et les pilotes, que vous soyez ici ou pas ; vous ne saviez pas si vous rentreriez à la maison. Vous êtes venus pour sauver, mais vous saviez que si quelque chose se passait mal, il n’y avait aucune certitude que quelqu’un vienne vous sauver ». Aux familles des otages « dont les êtres chers ont été tués pendant ou après l’opération », Netanyahu a confié qu'à l'instar d'eux ayant éprouvé une « douleur terrible », il avait lui aussi connu cette douleur "en apprenant que son frère avait été tué". Il a ajouté que "malgré ce terrible prix, l’opération avait été un succès et avait renforcé la réputation d’Israël. Cela représente d’après lui une leçon pour les temps actuels, où le monde est toujours confronté au terrorisme". « Le terrorisme a souffert une défaite cuisante. » L'opération Entebbe prouve que « le bien peut triompher sur le mal ». Elle « a été un grand tournant pour mon peuple. Nous avons été assassinés par millions, sans Etat. L’Etat d’Israël a changé cela. C’est peut-être à Entebbe que cette transformation a été vue par le monde. Nous n’étions plus impuissants. »

En anglais, Netanyahu "a déclaré que l’Afrique était un « continent en plein essor ». Sous des applaudissements, il a ajouté que l’Etat juif cherchait « à améliorer ses relations avec tous les états africains. » Il s’est dit « fier » d’être le premier Premier ministre israélien depuis des décennies à venir en Afrique. « Israël revient en Afrique, et l’Afrique revient en Israël », a-t-il déclaré, répétant mot pour mot un slogan inventé au moment de l’annonce de son voyage, il y a plusieurs mois. Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient en effet pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l’Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973 et des liens unissant Tel-Aviv au régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Et d'ajouter : "Afin de battre le terrorisme, le monde a besoin de deux choses : de la clarté pour distinguer le bien du mal, et du courage pour combattre le terrorisme. Nous devons condamner tous les actes de terrorisme, quelque soit l’endroit où ils ont été commis. Lorsque le terrorisme est défait à un endroit, il est affaibli partout. C’est pour cela qu’Entebbe […] était une victoire pour toute l’humanité ».


Le président ougandais, Yoweri Museveni, a estimé que l’opération Entebbe est « un autre lien » entre « la Palestine et l’Afrique ». Il "a invoqué l’histoire biblique de Joseph, qui « était aussi une historie triste, mais a aussi créé un lien, tout comme celle-ci. » Il a continué en déclarant que « bébé Jésus » avait été caché en Egypte, semblant impliqué qu’il était « un autre lien entre l’Afrique et la Palestine, tous nés dans de tristes circonstances ».Il a ajouté que « même […] la religion musulmane » avait été liée à l’Afrique quand le prophète Mahomet avait du fuir sur le continent".

A Netanyahu, il a déclaré : « Votre frère, Jonathan, certains otages israéliens, et certains soldats ougandais ont été tués ici, en cette nuit, le 4 juillet 1976. Heureusement, la mission de sauvetage a réussi et des civils innocents ont été sauvés. »


Il a ensuite souligné "que les terroristes devaient être distingués des combattants de la liberté. « Notre mouvement est un mouvement de libération. Nous n’avons jamais utilisé de méthodes terroristes. Quand il s’agit de savoir quelle guerre combattre, ce sont les deux, la cause et la méthode. Nous devons combattre une juste cause, mais également utilisé des méthodes de combat civilisées. L’utilisation sans discrimination de la violence est interdite. Même les soldats, quand ils ne sont pas armés, ils ne devraient pas être attaqués : c’est notre doctrine. Nous sommes un mouvement de libération, nous utilisons la violence pour la cause de l’Afrique, mais c’est de la violence disciplinée et qui a un but. Pas de la violence sans discrimination. »


Le "dirigeant ougandais a ensuite raconté une histoire à propos d’une rencontre entre lui et le président iranien de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad. « Quand je suis allé en Iran, et qu’il y avait l’homme qui était président à ce moment, celui avant l’actuel, Ahmadinejad, je lui ai raconté cette histoire biblique », a-t-il raconté, en parlant des histories liant les juifs à la Terre sainte. « Il me disait que les Juifs ne viennent pas du Moyen Orient, mais d’Europe. Je lui ai dit non, j’ai ma Bible, j’ai ma Bible avec moi, je la lui ai montrée. » Museveni a raconté qu’Ahmadinejad « ne savait rien ». « Dans la Bible, on parle des Perses et des Médianites. Je lui ai demandé, où sont les Médianites ? Je sais que vous êtes les Persans. Mais où sont les Médianites ? Il ne savait pas. » La question est, a-t-il dit, qu’il y a « beaucoup d’ignorance. Bien sûr, je ne veux pas dire à mes amis arabes et à nos amis iraniens que vous êtes tous mentionnés dans la Bible. Il a également noté, en passant, que les « Ougandais pensent que vous êtes chrétiens… Ils ne savent pas que vous êtes les petits-enfants d’Abraham. »

Netanyahu a "ensuite déposé une couronne pour commémorer l’opération à l’aéroport. En 2005, alors qu’il n’était pas à la tête du gouvernement, Netanyahu s’était déjà rendu en Ouganda et avait dévoilé une plaque à la mémoire de son frère".


"Otages à Entebbe"

Dans le cadre de Metropolis, Arte diffuse sur son site Internet un reportage sur "Otages à Entebbe", de José Padilha avec Rosamund Pike, Daniel Brühl, Ben Schnetzer. "Le film de José Padilha revient sur le détournement d’un avion d’Air France par des terroristes allemands et palestiniens en 1976 : les pirates de l’air avaient gardé en otage les passagers israéliens et libéré les non-juifs, un "tri" qui avait profondément choqué l’opinion publique". Ce sont les Palestiniens qui ordonnent de séparer les passagers otages selon qu'ils étaient Israéliens/Juifs ou non.

Le 15 novembre 2018 de 20 h 15 à 23 h, la Maison de la Culture Juive de Nogent organisa la projection/débat au Cinéma Royal Palace Nogent du film « Otages à Entebbe », en présence de Rami Sherman, officier d'intervention de Yonatan Netanyhou & de plusieurs témoins. "Le 27 juin 1976, le vol Air France 139, venant de Tel Aviv en Israël et transportant 246 passagers et 12 membres d’équipage, décolle d’Athènes pour rejoindre Paris, mais le vol est détourné par 4 terroristes : 2 Palestiniens membres du Front populaire de libération de la Palestine et 2 Allemands, dont le bras droit de Carlos, appartenant au Revolutionäre Zellen. Ils prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Entebbe en Ouganda, où ils atterrissent à l’aéroport international."

Commandant de bord du vol 139 d’Air France détourné, gaulliste, Michel Bacos est mort le 26 mars 2019, à l'âge de 95 ans, à Nice. L'hymne israélien a été interprété lors de son enterrement. Le colonel Yonatan Yaari, attaché militaire auprès de l’ambassade d’Israël en France, a prononcé un discours : « Je tenais à être présent ici parmi vous pour saluer la mémoire du commandant Michel Bacos, a-t-il déclaré. Je suis très honoré de partager ce moment avec vous et de représenter ici l’État d’Israël et nos forces armées, Tsahal. En effet, suite à quelques jours dramatiques en 1976, nos destins se sont liés. Par son choix de ne pas abandonner l’ensemble des passagers israéliens et juifs, le commandant Bacos a fait preuve d’un sens de responsabilité, fraternité et courage remarquables qui ont marqué toute une génération en Israël. Il a dit : ‘Un équipage ne quitte pas ses passagers. Un point c’est tout.’ Il savait parfaitement qu’en faisant ce choix, il mettait en danger sa propre vie. Il a préféré rester fidèle à son sens du devoir et d’éthique. En mon nom personnel et au nom de l’État d’Israël, je vous présente toutes nos condoléances les plus sincères. La mémoire du commandant Bacos et de son héroïsme restera gravée dans l’histoire de notre nation pour toujours. »


Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorismede Thomas Ammann
Allemagne, 2009, 52 minutes
Sur Arte le 30 juin 2010, à 20 h 35


Visuels de haut en bas :
Photos en couleurs : Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste, Avi Primor, diplomate à la retraite, et Nahum Dahan, ancien otage. © Prounen Film/Uli Fischer
Photo du camp d'Auschwitz-Birkenau en noir et blanc : © DR
Photo de Jean-Jacques Mimouni :  © DR, Eyal Boers  
Logos du FPLP et des Forces de défense israéliennes

A lire :
Aventures dans le ciel : coup d'éclat à Entebbe, Aviasport, n° 557, avril 2001

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Cet article a été publié pour la première fois le 27 juin 2010, republié les 3 juillet 2012 et 3 juillet 2013, 16 septembre 2014, 24 juin 2015, 3 juillet 2016, 4 juillet 2017, 14 novembre 2018, 4 juillet 2019, 3 juillet 2020. Il a été modifié le 14 novembre 2018, 2 juillet 2021.