Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 16 janvier 2014

« Le préjugé antijuif. Introduction à la dynamique de la haine », par Riccardo Calimani


Auteur de L’Histoire du ghetto de Venise, Ricardo Calimani analyse l’antisémitisme et l’antijudaïsme comme « phénomènes chrétiens européens », surtout catholique et protestant.

Curieusement, il ignore l’antisémitisme ou l’antijudaïsme de l’Eglise orthodoxe, grecque ou russe, et de l’islam ainsi que l’importation d’un antisémitisme chrétien dans ce monde musulman.
 
Il souligne combien les Juifs sont méconnus et ont été persécutés. Il décrit les enjeux des disputes médiévales.
 
Puisant dans des sources variées, ce préjugé antijuif se révèle à multiples facettes et explications.
 
Remontant à l’Antiquité, Ricardo Calimani analyse les préjugés contre les Juifs (accusation de crime rituel, thèse du complot) et l’évolution de l’attitude de l’Eglise catholique à l’égard des Juifs - notamment le marcionisme, mouvement hérétique tentant au IIe siècle de couper le Nouveau Testament de l’Ancien Testament, et Vatican II – ainsi que des troubles ou interrogations catholiques liés au sionisme, à la recréation de l’Etat d’Israël qui confère au « Juif errant » un Etat, un pays, une terre, et au statut de Jérusalem.

Dans Fragments de physiognomonie (1775-1778), Lavater "allègue que des caractéristiques physiques - cheveux crépus, nez crochu – reflètent une « âme mauvaise ». Il est alors préoccupé d’esthétique.
 
L’auteur recherche les origines du préjugé antijuif et « analyse les matrices d'abord théologiques, puis philosophiques. Il démontre ainsi que l’antisémitisme, concept d’abord lié à l’idée moderne de la race, est véritablement né à la fin du XIXe siècle. Bouc émissaire par excellence, parce que minorité politiquement faible, les juifs ont souvent été bannis mais, en de très nombreuses circonstances, ils ont su faire naître autour d’eux des sympathies et une profonde solidarité ».
 
Ricardo Calimani avance la solidarité à l’égard des juifs dans ces périodes difficiles, mais peine à en donner de nombreux exemples. Ainsi, le sauvetage des juifs en France sous l’Occupation est certes réalisé grâce à des Justes parmi les nations, mais aussi grâce à l’action d’organisations juives.
 

Riccardo Calimani, Le préjugé antijuif, introduction à la dynamique de la haine. Traduit de l’italien par Rosetta Franco-Morselli et Annie Sussel. Tallandier, 2009. 380 pages. 25 euros. ISBN : 978-284734-555-1


A lire sur ce blog :

Cet article a été commandé et non publié par L'Arche.
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire