Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 10 septembre 2019

« Iran-Irak, la guerre par l'image » par Maryam Ebrahimi


Arte diffusera le 10 septembre 2019 « Iran-Irak, la guerre par l'image » (Iran-Irak: Die Kamera als Waffe ; Stronger Than A Bullet) par Maryam Ebrahimi. « Lors du conflit Iran-Irak, la République islamique de Khomeyni utilisa la photographie comme instrument de propagande. Le reporter de guerre iranien Saeid Sadeghi témoigne de son expérience dans un récit bouleversant. La réalisatrice Maryam Ebrahimi en tire un documentaire d'une force peu commune, où la mort joue une partition glaçante ».

Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ? 
« Humoristes et musulmans » de Frank Eggers  
« Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui » 
« Riad Sattouf. L’écriture dessinée »
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein 
« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau
L'Etat islamique 
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS 
« Les armes des djihadistes » par Daniel Harrich 
« L'argent de la terreur »
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel 
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse 
« Iran-Irak, la guerre par l'image » par Maryam Ebrahimi
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz
Le keffieh, c'est tendance !
 
Un an après l'arrivée au pouvoir en Iran de l'ayatollah Khomeini l'Irak du Baassiste Arabe sunnite Saddam Hussein provoque un conflit avec l'Iran chiite des mollahs. Deux Etats rivaux dans leur aspiration à s'imposer en puissance régionale dans le golfe Persique. Quand l'Irak recourt, contre des Kurdes à Halabja, aux armes chimiques fabriquées avec des produits achetés à des pays occidentaux, l'Iran envoie sur le front ses enfants-shahids marcher sur des champs de mines en criant "Allah ouaqbar" ("Dieu est plus grand").

En près de huit ans (22 septembre 1980-20 août 1988), la guerre Iran-Irak, première guerre du Golfe, a abouti à un statu quo ante bellum, à la résolution 598 du Conseil de sécurité des Nations unies (20 juillet 1987) et un bilan tragiquement élevé. Côté iranien : 200 000 à 600 000 tués et 40 000 prisonniers. Côté irakien : 250 000à 500 000 morts et 70 000 prisonniers. Et un nombre minimum de civils morts s’élevant à 100 000. Soit un total d’environ 900 000 morts.

L’Irak présenté comme laïc était soutenu par l’Union soviétique, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Koweït, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU).

Quant à l’Iran, il bénéficiait du soutien de la Syrie, du PDK, de l’UPK, du CSII et du Parti islamique Dawa.

"La guerre Iran-Irak aura marqué un tournant dans l'histoire du Moyen-Orient. On ne peut pas comprendre la situation qui prévaut aujourd'hui dans le Golfe, le dossier nucléaire iranien ou les crises politiques à Bagdad et Téhéran, sans saisir les frustrations et craintes persistantes qui découlent directement de cette guerre. Terriblement meurtrière, elle a frappé à jamais l'imaginaire des protagonistes mais aussi des Occidentaux : en mémoire, les images dramatiques d'enfants envoyés au combat, les villageois gazés, les villes en ruines, les pétroliers en feu ou les tranchées ensanglantées. Pour retracer cette histoire à la fois militaire et diplomatique, aux enjeux économiques certains, Pierre Razoux a eu accès à des sources inédites de première main, dont les fameuses bandes audio de Saddam Hussein. Il détaille ici les nombreuses affaires : Irangate, Luchaire, Gordji, attentats en France, enlèvements au Liban - toutes étroitement liées à ce conflit. Une histoire faite de rebondissements permanents au gré de l'attitude des pétromonarchies, de la Russie, de la Chine et des Etats-Unis, mais aussi caractérisée par la compromission de nombreuses nations, parmi lesquelles la France…"

Guerre d'images
« J'ai été un pion utilisé pour détruire l'espoir d'une nation. » « Lorsque le photographe iranien Saeid Sadeghi évoque son rôle dans la guerre qui a opposé son pays à l'Irak, entre 1980 et 1988, ses larmes aux yeux sont le signe d'une honte qui, trente ans plus tard, le ronge encore ». 

« En 1980, alors jeune reporter, il est envoyé sur le front pour couvrir les premières offensives de Saddam Hussein à la frontière ».

« Convaincu du bien-fondé de la Révolution islamique de l'ayatollah Khomeyni, il contribue par ses clichés à mythifier la résistance de son armée en exaltant la dimension héroïque des combattants ».

« Il découvre pourtant l'épouvantable réalité d'un conflit qui, le long des 420 kilomètres de frontières communes, voit l'Iran envoyer ses troupes au massacre sans états d'âme. Les cadavres s'amoncellent dans ce qui s'avère être aussi une guerre de tranchées, les scènes apocalyptiques rivalisent de détails macabres ».

« Saeid Sadeghi comprend peu à peu que le pouvoir utilise ses photos pour donner aux plus jeunes le désir de devenir des martyrs et répandre l'idéologie chiite, dans le but d'exporter sa révolution… »

« Culpabilité lancinante »
« Pour révéler la face cachée d'un passé traumatisant, Saeid Sadeghi parcourt aujourd'hui l'Iran à la recherche des survivants et de leur famille ».

« Il veut témoigner de la propagande d'une théocratie qui a sacrifié la vie de milliers de soldats dans cette guerre meurtrière – près de 700 000 morts iraniens, irakiens et kurdes ».

« De cette prise de conscience à la fois courageuse et touchante, Maryam Ebrahimi tire un film d'une force peu commune, où la mort joue une partition glaçante ». 

« Des archives vidéo, mais surtout les clichés sidérants de Saeid Sadeghi, dont on n'oubliera ni les visages souriants des adolescents en partance pour une mort annoncée ni les corps flétris dans le sable des tranchées, composent l'obsédante trame de cette réflexion sur le pouvoir des images ». 

« Les autorités iraniennes ont conservé les négatifs du photographe et les utilisent toujours sans son consentement ».

« Attention, ce programme comporte des scènes déconseillées au public jeune ou sensible ».

« Stronger Than A Bullet » a reçu deux Prix - Meilleur documentaire au Tempo Documentary Festival (Suède), FIPA d’or du Meilleur documentaire international 2018 - et sélectionné par quelques festivals : Göteborg film festival, WATCH DOCS film festival.
    

« Iran-Irak, la guerre par l'image » par Maryam Ebrahimi
Suède, France, Qatar, Nima Film, SVT, Arte France, Doha Film Institute, 2017, 53 min
Producteur: Nima Sarvestani
Auteur-scénariste : Maryam Ebrahimi, Jesper Osmund
Montage : Jesper Osmund
Musique : Stefan Levin
Son : Jess Wolfsberg
Image : Zareh Zarehzade
Sur Arte le 10 septembre 2019 à 22 h 25
Visuels :
Saeid Sadeghi, l' un des plus célèbres reporters de guerre en Iran
© NimaFilm/ Seconde Vague Produ

Hassan montrant une photo de lui même transportant un martyr pendant la guerre
© NimaFilm/ Seconde Vague Produ

Saeid Sadeghi, l' un des plus célèbres reporters de guerre en Iran
© NimaFilm/ Seconde Vague Produc

Enayat et sa famille 30 ans après la guerre
© NimaFilm/ Seconde Vague Produ

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lundi 9 septembre 2019

« Propagande - L'art de vendre des mensonges » par Larry Weinstein


Arte diffusera le 10 septembre 2019 « Propagande - L'art de vendre des mensonges » (Propaganda - Wie man Lügen verkauft ; Propaganda: The Art of Selling Lies) par Larry Weinstein. « Des statues édifiées à sa propre gloire par Alexandre le Grand jusqu'à l'absurdité inquiétante des fake news, un large panorama de la manipulation des foules à travers les âges. Ou comment tout pouvoir tend inévitablement à raconter des histoires. »
« La loi de la banane » par Mathilde Damoisel
« Propaganda - La fabrique du consentement » par Jimmy Leipold 
« Propagande - L'art de vendre des mensonges » par Larry Weinstein

Arte diffusera, dans le cadre d'une soirée sur la propagande, le 10 septembre 2019 « Propagande - L'art de vendre des mensonges » (Propaganda - Wie man Lügen verkauft ; Propaganda: The Art of Selling Lies), documentaire réalisé par Larry Weinstein. « Comment influencer les foules ? Mentir est-il inné ? Et surtout, quels sont les effets de la désinformation ciblée sur nos sociétés ? À l’heure des fake news et de la défiance envers la parole politique, un regard sur l’histoire et le pouvoir d'une communication de masse orchestrée pour manipuler ».

« Tout a commencé par l'art pariétal. Dans la grotte d'El Castillo, en Espagne, l'empreinte d'une main peinte au pochoir, datant de plus de quarante mille ans, figure la première création d'un symbole ».

« La propagande – manipulation des signes et exploitation du besoin de croire – allait y trouver sa voie, se multipliant en autant de formes qu'elle connaîtrait de définitions ».

" Propaganda" vient du verbe "propagare" qui signifie en latin « ce qui doit être propagé ».

En 1622, dans le sillon de la Contre-Réforme suivant le Concile de Trente (1545-1563), le pape Grégoire XV institue la Congregatio de Propaganda Fide (« Congrégation pour la propagation de la foi »). Celle-ci réunit des cardinaux dont la mission consister à suivre la diffusion du catholicisme par les missionnaires.

C'est au XXe siècle, dès la Première Guerre mondiale, que le vocable "propagande" est connoté négativement.

"Lavage de cerveau politique", "attaque délibérée contre la complexité de la pensée" ou "main invisible qui conduit à obtempérer sans en avoir conscience" pour certains historiens et spécialistes, la propagande s'ancre peut-être dans "notre capacité à rester sciemment dans l'ignorance".

Le documentaire associe étroitement "propagande" et "mensonge" alors que la "propagande", forme de communication, peut aussi véhiculer des vérités dans un cadre de "guerres de narratifs".

Ce film évoque la propagande nazie au travers notamment du Triomphe de la volonté, film de Leni Riefenstahl. Mais il élude celle en direction du monde arable dans laquelle le grand mufti de Jérusalem al-Husseini a joué un rôle majeur et dont les effets létaux perdurent. Un sujet étudié en particulier par Jeffrey Herf.

« Inhérente à l'idée même de pouvoir, elle serait aussi essentielle à tout État moderne ». 

« Des statues édifiées à sa propre gloire par Alexandre le Grand jusqu'à l'absurdité inquiétante des fake news, ce documentaire richement illustré défait la pelote des fabriques à histoires les plus emblématiques, nommées storytelling par les conseillers en communication d'aujourd'hui ».

« Outre les célébrations de masse en Corée du Nord, les rumeurs distillées de part et d'autre du mur de Berlin pendant la guerre froide ou les tours de passe-passe de Donald Trump, ce documentaire évoque aussi les manipulations propres à la religion et surtout à l'art, à la fois force d'illusion et contre-pouvoir ». 

"Tout art est propagande. Il ne s'agit pas de celle d'un État puissant, mais du cœur d'un individu", assène Ai Weiwei, le sculpteur, photographe et blogueur chinois, célèbre pour ses performances anti-establishment ». 

« Spécialistes des médias, psychanalystes, philosophes ou artistes activistes commentent avec force, archives à l'appui, les mécanismes de cet art du mensonge aussi vieux que le langage ».

Ce documentaire germano-canadien a été présenté au Hot Docs Canadian International Documentary Festival en 2019.


Allemagne, Canada, 2019, 92 minutes
AUTEUR(S) : David Mortin, Andrew Edmonds
IMAGE : John Minh Tran
MONTAGE : David New
PRODUCTION / DIFFUSION : Hawkeye Pictures, Taglicht Media, ZDF/ARTE, PBS International
Sur Arte le 10 septembre 2019 à 20 h 50
Visuels :
© National Film and Sound Archive of Australia
© Bundesarchiv-Filmarchiv/Transit Film
© National Archives and Records Administration
© Getty Images
© Hawkeye Pictures/Taglicht Media/John Minh Tran
© Library of Congress

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jeudi 5 septembre 2019

« Un juif sur les traces d’un passé douloureux »


Arte rediffusera le 4 septembre 2019 « Un juif sur les traces d’un passé douloureux » (Re: Der Jude und sein Dorf -Besuch in Deutschland). « Après 80 ans d’exil en Argentine, Hans Bär retourne pour la première fois à Wohnbach, cette petite ville de Hesse qu’il a quittée à 14 ans, avec sa mère, pour fuir le régime nazi. Parviendra-t-il à se confronter à son passé ? »
        
Dans le cadre d’ARTE Regards, Arte diffusera un reportage « Un juif sur les traces d’un passé douloureux ». Curieusement, Arte dénaturalise Hans Bär. Ce reportage porte aussi sur le retour d'un Allemand exilé dans son pays natal, dans un village de mille habitants.

Seules deux personnes du village se souviennent de Hans Bär. "C'était un joli gamin", déclare une dame âgée. L'autre témoin doute que Hans Bär se souvienne de lui.

Hans Bär vivait à Wohnbach, bourgade de Hesse, Land situé dans le centre-ouest de l’Allemagne.

En 1938, cet adolescent juif allemand âgé de 14 ans a été contraint de fuir le IIIe Reich. 

Il a rejoint, avec sa mère, l’Argentine. Un voyage qui dura trois semaines. Cet adolescent devient Juan.

"J'ai souvent voulu y revenir. J'ai fondé une famille, même si cela n'a pas toujours été facile... Je n'éprouve aucune haine", se souvient Hans Bär, âgé de 95 ans.


Ses petites-filles Marlena et sa sœur Barbara, ainsi que deux de leurs amies vont l'accompagner en Allemagne.

En 2018, « après 80 ans d’exil », il revient à Wohnbach avec elles. "Je suis Allemand. Ma patrie, c'est l'Allemagne, je n'ai jamais renié mon pays. Quand j'étais petit, les deux enfants de l'instituteur faisaient de ma vie un enfer: si je faisais le salut hitlérien, ils me frappaient, si je ne le faisais pas, ils me frappaient aussi... On avait vu venir la guerre. Je ne songeais qu'à partir", confie Hans Bär. Il était alors le seul enfant juif du village

Un comité d'accueil est créé pour saluer Hans Bär et prépare une grande réception en son honneur. Hormis quelques voix discordantes, les habitants se réjouissent de ce retour. La plupart des documents sur cette période aurait été brûlée dans la bourgade. Une plaque rappelle le souvenir des habitants juifs ayant été tués lors de la Shoah. Depuis la guerre, trois propriétaires se sont succédé dans la maison familiale des Bär qui avaient été contraints de vendre leur bien immobilier. Hans Bär n'a pas voulu revenir dans cette bâtisse.


A la fête, assistent de nombreux habitants et le maire. Une cérémonie agrémentée d'un orchestre et d'un buffet de pâtisseries appétissantes.  Puis Hans Bär assiste à un match de football.


Il ne s'est pas rendu à une cérémonie religieuse dans un temple protestant, ni au cimetière juif.


Dans les archives, figurent des témoignages sur des atrocités commises par les nazis à l'égard des Juifs, notamment dans cette agglomération.


Hans Bär revoit la maison de son grand-père, Lieber. Il reconnait Kurt, ressent "joie et tristesse", car il a été "obligé de partir il y a si longtemps. Tout ce temps perdu".

Ses souvenirs d’une Allemagne nazie « vont ébranler Hans, tout comme les villageois : lorsqu’il arrive à Wohnbach, le vieil homme perd courage. Parviendra-t-il à se confronter à son passé ? »

Hans Bär vit "mieux avec son passé" que ses petites-filles ayant appréhendé ce périple mémoriel. "Je me sens un quart allemand, et aux trois-quarts argentin. Je suis heureux d'être venu. Il n'y a plus cette haine. Il y a eu des choses partagées avec du monde, et des choses tristes aussi", conclut Hans Bär, bouleversé, en espagnol.

L’Allemagne parvient-elle à confronter son passé et son présent ?

Statistiques actuelles
La « police allemande a déclaré que 401 crimes antisémites  ont été rapportés à travers le pays dans la première moitié de l’année 2018, une hausse de 10,7 % par rapport aux 362 crimes antisémites racistes rapportés lors des six premiers mois de 2017. Les données ont également montré que la grande majorité des crimes (349) ont été perpétrés par des néo-nazis ou d’autres personnes d’extrême droite. La police a noté que parmi tous les crimes rapportés en 2018 jusqu’à présent, six étaient motivés par une « idéologie religieuse », qui comprendrait les attaques motivées par la haine anti-Israël. Mais des représentants de la communauté juive ont contesté cette affirmation, déclarant que plus d’attaques ont été menées par des extrémistes musulmans que la police ne l’a enregistré. Le plus grand nombre de crimes antisémites a été commis à Berlin (80), et le deuxième plus grand (43), a été perpétré dans la région allemande de Bavière, selon les chiffres de la police ».

« Sigmount Königsberg, un représentant des Juifs de Berlin, a déclaré mercredi au journal allemand Deutsche Welles qu’un pourcentage beaucoup plus important des incidents antisémites a été commis par des extrémistes musulmans par rapport à ce que les données de la police indiquaient. Il a également souligné que les harcèlements religieux dans les écoles jouaient un rôle important dans la montée des incidents antisémites.  « Je dirais qu’au moins cinq incidents antisémites sur dix ont des origines musulmanes. Parfois même plus, par exemple dans les écoles, le chiffre serait plutôt à huit sur dix », a-t-il déclaré au journal ».

« Il a expliqué que la police allemande classait, de manière erronée, des attaques comme venant de « droite » à cause d’un système de classification dépassé. Königsberg a noté que la police avait classé une manifestation de salafistes de 2016 comme un « incident nazi d’extrême droite » parce que les participants avaient fait des saluts nazis ».


Allemagne, 2018, 30 min
Sur Arte le 13 août 2018 à 13 h, 15 août 2018 à 4 h 10, 4 septembre 2019 à 13 h

Articles sur ce blog concernant :
Affaire al-Dura/Israël 
Monde arabe/Islam  
Shoah (Holocaust) 
Articles in English
Les citations sur le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 13 août 2018, puis le 4 septembre 2019.

mardi 3 septembre 2019

« Drôle de guerre » par Cédric Gruat


Arte diffusera le 3 septembre 2019 « Drôle de guerre » (Ein seltsamer KriegFrankreich 1939/40) par Cédric Gruat. « Quatre-vingts ans après le début de la Seconde Guerre mondiale, le récit, au jour le jour et de l’intérieur, des mois d’incertitude qui ont précédé le déclenchement de la grande offensive hitlérienne sur l’Europe occidentale ».
     
« Le 3 septembre 1939, à la suite de l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne nazie ». 

« Les mobilisés tricolores rejoignent leurs unités, tandis que les premières troupes britanniques débarquent dans l’Hexagone pour protéger la frontière avec la Belgique ». 

« Entre évacuations, distributions de masques à gaz et constructions d’abris, les mesures de protection des populations contre les bombardements (ou "défense passive") se mettent rapidement en place ». 

« Convaincus que le temps jouera en leur faveur, les Alliés se retranchent derrière la ligne Maginot et tentent d’asphyxier le Reich par un blocus maritime ». 

« Le Führer, de son côté, projette une offensive fulgurante et sans délai vers l’ouest, plusieurs fois ajournée en raison des conditions climatiques ». 

« Pour mobiliser l’opinion en faveur de l’effort de guerre, les gouvernements intensifient leur propagande et renforcent leur arsenal répressif à l’encontre des "ennemis de l’intérieur". 

« Mais au cours de l’hiver, alors que l’armée française, éprouvée par l’ennui, le froid et la guerre psychologique conduite par les compagnies de propagande nazies, sombre dans une dépression généralisée, la combativité des civils de tous les camps s’émousse également sous l’effet des restrictions et de l’incertitude ». 

« Divisés sur l’opportunité de soutenir la Finlande face au géant soviétique, Français et Britanniques s’accordent pour intervenir en Scandinavie après l’invasion du Danemark et de la Norvège par Hitler en avril 1940 ». 

« Un mois avant le déclenchement de la campagne de France, ce premier affrontement direct entre les belligérants met fin à la "drôle de guerre".

« Charriant son lot d’idées reçues, cette déconcertante période, généralement observée à travers le seul prisme de la défaite française de 1940, fait ici l’objet d’une relecture au jour le jour, en immersion dans les pays concernés ». 

« Croisant images d’archives françaises, allemandes, britanniques et films amateurs, analyses de grands témoins (Simone de Beauvoir, Charles de Gaulle…) et récits d’anonymes, cette passionnante chronique narrée par Éric Caravaca montre que rien n’était joué d’avance ». 

« Le documentaire met en lumière les stratégies déployées à tous les échelons par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni pour affronter un conflit dans lequel ils n’étaient pas véritablement prêts à se lancer ».


« Si l'on présente souvent la "drôle de guerre" (1939-1940) comme le prélude à une victoire inéluctable de l'Allemagne nazie sur les Alliés, rien ne fut joué d'avance, souligne le réalisateur Cédric Gruat dans un documentaire riche d'archives passionnantes. Entretien ».

« En quoi la "drôle de guerre" vous a-t-elle particulièrement intéressé ?
Cédric Gruat : Après avoir réalisé pour ARTE Le temps du retour, qui traitait de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il était intéressant de travailler sur l'ouverture du conflit, autre moment charnière de l'époque. La période 1939-1940 a été assez peu explorée et souvent à travers le prisme de la défaite, biaisant ainsi notre regard. Je suis au contraire parti du postulat qu'en septembre 1939, lorsque la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne, rien n'est joué, tout est possible, et que la défaite française n'est pas déjà écrite.

Comment avez-vous abordé la question des archives ?
Je me suis appuyé sur les travaux de l'historien Fabrice Grenard *, qui a notamment étudié le "fonds de Moscou", un important ensemble d'archives saisies en 1945 en Allemagne par les Soviétiques et restituées à la France entre 1994 et 2001. Elles montrent sous un jour nouveau l'opinion publique au moment de l'entrée en guerre, et révèlent que les Français font confiance à la stratégie militaire adoptée. Le retrait derrière la ligne Maginot est bien compris et accepté, dans la mesure où la France n'est pas encore prête à combattre.

Quelles autres archives avez-vous utilisées ?
J'ai tenu à mettre en lumière les points de vue des deux camps pour expliquer comment cette stratégie, cohérente au départ, s'est progressivement avérée mauvaise. J'ai donc collecté des images françaises, britanniques et allemandes, essentiellement tournées par les armées, ainsi que d'autres archives assez rares, provenant de films amateurs, pour insuffler de la vie au récit. Très émouvantes, certaines lettres de soldats, qui ont passé le filtre de la censure, montrent aussi combien l'attente qui perdure finit par paraître absurde.

Quelles sont les grandes étapes de la "drôle de guerre" ?
À la fin de l'été 1939, à la déclaration de guerre, la confiance prime tant du côté français que du côté anglais. Elle commence à s'effilocher avec l'automne. Le doute s'installe. Les Français se demandent combien de temps la guerre va durer et pourquoi l'armée n'attaque pas. Chez les soldats, l'ennui cède le pas à la dépression au cours d'un hiver très rigoureux. La propagande allemande contribue à saper le moral des troupes. Au printemps, tout s'accélère. En avril, l'Allemagne attaque le Danemark et la Norvège. Les Alliés ripostent, marquant la fin de la "drôle de guerre" quelques jours avant l'offensive d'Hitler à l'ouest et la débâcle en France ».

* Auteur notamment de La drôle de guerre – L'entrée en guerre des Français (Éditions Belin, 2015)


« Drôle de guerre » par Cédric Gruat
France, 2018, 92 min
Sur Arte le 3 septembre 2019 à 20 h 50
Visuels :
Soldat français sur le front
© ECPAD

Femme à l' usine d' armement pendant la guerre
© ECPAD

Essayage de masques à gaz pour les enfants
© Ethan Productions/ source arch

Winston Churchill et Maurice Gamelin sur le front
© ECPAD

Jean Renoir (cinéaste), au grade de lieutenant, participe au Cinéma des Armées
© ECPAD

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lundi 2 septembre 2019

« 100 millions de vues » par Itamar Rose


Arte diffusera le 4 septembre 2019 « 100 millions de vues » (100 Millionen Views) par Itamar Rose. « Le comédien satiriste israélien Itamar Rose part en quête de viralité sur Youtube. Une plongée fouillée et caustique au cœur de la fabrique du cool ».
   

Né en 1979 en Israël, Itamar Rose a étudié à la Sam Spiegel Film School de Jérusalem.

Il débute en créant avec Yossi Atia des courts métrages documentaires abordant sur un registre satirique des thèmes polémiques, par exemple le désengagement de la bande de Gaza.

Leurs œuvres ont été présentées à l’Israeli Center for Digital Art, à Holon, au Centre Pompidou à Paris, au Kunstverein, à Hamburg, et à la Tate Gallery, à Londres.

 « Notre mission : donner à chacun une voix, montrer le monde à tous. » L'hébergeur de vidéos Youtube est créé en 2005 par Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, trois informaticiens, membres de ce qui fut baptisé plus tard la "Paypal mafia", un groupe d'entrepreneurs influents ayant tous travaillé chez Paypal à la même époque, aujourd'hui à la tête de sociétés comme SpaceX et Tesla », 

« Yelp, Linkedin ou Youtube. Un an plus tard, Google rachetait l'hébergeur pour 1,65 milliard de dollars, dopant ainsi son audience ». 

« Une véritable mine d'or pour les annonceurs, qui ont peu à peu détourné le site de sa mission première ». 

« À la source du succès, la viralité, un concept que Youtube a redéfini en fonction de son modèle économique. Les vidéos phénomènes dont se régale le public ne rapportent en effet pas assez d'argent, là où une chaîne qui publie régulièrement et fidélise son audience garantit aux annonceurs des revenus stables. Ainsi sont nés les "Youtubeurs stars", encouragés par les algorithmes, éminences grises du site et véritables "bêtes à nourrir", selon les vidéastes ».

« Avec son ton caustique et ses expériences absurdes pour atteindre la sacro-sainte viralité, le documentariste et comédien israélien Itamar Rose met en lumière la dictature de la légèreté qu'est devenu Youtube, ainsi que sa recherche systématique et parfois liberticide du profit ».

« Une enquête glaçante et fouillée au cœur de la fabrique du cool, grâce aux témoignages de stars de la plate-forme, comme par exemple, David, l'enfant délirant sous antidouleurs après un passage chez le dentiste, et sa famille (138 millions de vues) ou de Youtubeurs tels que Bria and Chrissy, un couple de chanteuses (plus de 846 000 abonnés) dont les vidéos ont été démonétisées par le site en raison de leur orientation sexuelle ».


« 100 millions de vues » par Itamar Rose
Israël, 2018
Sur Arte le 4 septembre 2019 à 22 h 25

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dimanche 1 septembre 2019

« À la rencontre des Juifs d'Europe » par Christoph Weinert


Arte diffusera les 3 et 4 septembre 2019 « À la rencontre des Juifs d'Europe » (Jüdisch in Europa), documentaire en deux parties réalisées par Christoph Weinert. « Un regard sur les Juifs de l'Europe contemporaine à travers la rencontre d'habitants de six villes, pour un portrait tout en nuances » diffusé à un horaire nocturne.

« Comment vivent les Juifs dans l'Europe d'aujourd'hui ? » C'est une formulation qui déracine les Juifs de leur terreau européen. Pourquoi n'avoir pas écrit « Juifs européens » ?

« Leur quotidien est-il impacté par l'antisémitisme, les attentats passés ou la politique d'Israël ? » Quelle formulation ! La chaîne publique franco-allemande Arte s’attendrait-elle à une réponse négative ? Elle n’ose ni qualifier ces attentats d’« islamistes » ni évoquer la diplomatie partiale de l’Union européenne ou celle des Etats la composant, ni le rôle des médias ou des « gouvernements des juges »... 

« Tous deux juifs, la productrice allemande Alice Brauner et le journaliste suisse Yves Kugelmann parcourent l'Ancien Continent pour rencontrer différents profils et personnalités ».

« Rabbins, mais aussi restaurateurs, écrivains, musiciens, journalistes ou penseurs leur permettent de composer une image plus précise de la diversité de la judéité contemporaine et de nuancer leurs conditions d'existence selon les pays traversés ».

« Fourmillant d'anecdotes et de témoignages, ce documentaire en deux parties ouvre le dialogue, éclaire et enrichit la connaissance du peuple juif ». Alors pourquoi le diffuser à 23 h 20 et 0 h 15 ?

« À Marseille, Alice Brauner et Yves Kugelmann découvrent une ville ouverte, réputée pour son sens du brassage ». 

« Surnommée "la petite Jérusalem", Strasbourg s'affiche comme une cité vertueuse où la communauté juive est bien intégrée ». 

« À Francfort, rencontre avec le club de foot du Maccabi qui accueille 70 % de licenciés non-juifs mais dont les joueurs sont parfois victimes de rejet… »

« A Varsovie, Alice Brauner et Yves Kugelmann se rendent dans une école juive accueillant plus de deux tiers d'élèves non-juifs ».

« À Budapest, la communauté hongroise se dit sereine malgré la détérioration du climat politique ».

« A Venise, qui fut le premier ghetto juif, ne compte plus que 400 membres ». Non, en Europe, le premier ghetto fut créé à Genève en 1428. Celui de Venise fut institué en 1516. Au Maroc, Fès-la-nouvelle, fondée en 1276, avait assigné les Juifs depuis 1438 dans un ghetto dénommé mellah. 


« À la rencontre des Juifs d'Europe » par Christoph Weinert
Allemagne, 2018
Sur Arte :
1ère partie : le 3 septembre 2019 à 23 h 20, 18 septembre 2019 à 9 h 25
2e partie : le 4 septembre 2019 à 0 h 15, 18 septembre 2019 à 10 h 20
Visuels : © AVE Publishing

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