Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 9 avril 2023

Audrey Hepburn (1929-1993)


Liée à Hubert de Givenchy (1927-2018) par une amitié admirative, Audrey Hepburn (1929-1993) était une comédienne talentueuse et oscarisée. Une star mondiale, polyglotte, excellant dans le drame et la comédie sophistiquée, unanimement aimée, muse de ce talentueux représentant émérite de la haute couture parisienne et ambassadrice de l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance). Arte diffusera le 10 avril 2023 à 20 h 50 « Vacances romaines » de William Wyler avec Audrey Hepburn et Gregory Peck. 

« Fred Astaire - L'homme aux pieds d'or » par Yves Riou et Philippe Pouchain 
« Lauren Bacall, ombre et lumière » par Pierre-Henry Salfati
Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand

Audrey Kathleen Ruson naît à Bruxelles (Belgique) en 1929 d’une mère baronne néerlandaise, Ella van Haemstra, et d’un père banquier britannique né en Bohême, Joseph Victor Henry Ruston, qui dès les années 1930 éprouve des sympathies pour le nazisme - il adhérera à la British Union of Fascists. Son père surnomme sa fille très vive "monkey puzzle".

Passionnée par la danse, Audrey Hepburn grandit entre la Grande-Bretagne, la Belgique et les Pays-Bas. Volage, Joseph  Ruston quitte le domicile conjugal alors qu’Audrey a six ans. Ses parents se séparent en 1939. La jeune Audrey grandit dans un pensionnat. Dans les années 1960, Audrey Hepburn retrouve son père. Mais il ne pourra rétablir des relations affectives avec elle. Ce contexte familial troublé explique le profond désir d'Audrey Hepburn pour maintenir unie sa famille.

Guerre
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Pays-Bas sont occupés par les Allemands nazis. Audrey Hepburn adopte le nom d'Edda van Heemstra. Elle souffre de pauvreté, malnutrition et problèmes respiratoires. 

Dans ses chaussures, elle dissimule des messages secrets pour la résistance. Un de ses oncles est exécuté en 1942 en signe de rétorsion après une opération de sabotage. Ian, un des demi-frères d'Audrey, est déporté en camp de travail forcé à Berlin (Allemagne). En 1944, l'adolescente danse pour des spectacles de collecte de fonds pour la résistance. Elle dissimule des messages dans ses chaussures trop grande. Arrêtée, elle parvient à fuir. 

De cette guerre, Audrey Hepburn garde des souvenirs douloureux : "J'étais à la gare regardant des convois de trains de Juifs, voyant tous ces visages dans le haut des wagons. Je me souviens, de manière très nette, un petit garçon debout avec ses parents sur la plateforme, très pâle, très blond, portant un manteau beaucoup trop grand pour lui, et il montait dans le train. J'étais un enfant observant un enfant."

Danseuse

A la Libération, Audrey Hepburn souffre de malnutrition, et bénéficie de l'aide alimentaire de l'United Nations Relief and Rehabilitation Administration. Adulte, elle manifestera sa reconnaissance en participant aux actions de l'UNICEF.

La famille d'Audrey s'installe à Amsterdam où elle suit les cours de danse de Sonia Gaskell. Mais sa constitution fragile l'empêche de devenir danseuse professionnelle.


Audrey Hepburn joue dans Nederlands in zeven lessen (Les Pays-Bas en sept leçons), court métrage de Charles Huguenot van der Linden et Heinz Josephson.

Fin 1948, cette danseuse quitte avec sa mère les Pays-Bas pour la Grande-Bretagne pour intégrer la Rambert Ballet School de Notting Hill (Londres) grâce à une bourse. Mais, elle est trop grande (1,70 mètre pour une cinquantaine de kilo) pour les danseurs de son âge. Et souffre d'une constitution fragile, séquelle des privations de la guerre.

Comédienne

Après avoir débuté sur scène dans des spectacles importants comme chorus girl dans le West End de Londres pour High Button Shoes - musique de Jule Styne, paroles de Sammy Cahn - et Sauce tartare, Audrey Hepburn tourne pour le cinéma britannique dans des figurations et des seconds rôles, notamment dans The Lavender Hill Mob, de Charles Crichton, Laughter in Paradise de Mario Zampi et Young Wives' Tale de Henry Cass (1951). 

En 1952, Audrey Hepburn est engagée pour son premier grand rôle dans Secret People, film dramatique réalisé par Thorold Dickinson, avec Valentina Cortese et Serge Reggiani. A la fin du tournage, Thorold Dickinson réalise un essai avec Audrey Hepburn et l'envoie au réalisateur William Wyler qui prépare à Rome son prochain film Roman Holiday (Vacance romaine) dont il cherche l'actrice pour incarner le personnage féminin.

C'est à l'hôtel de Paris (Monaco) où Audrey Hepburn tourne dans Nous irons tous à Monte-Carlo (Monte Carlo Baby) de Jean Boyer et Lester Fuller que la romancière Colette repère la jeune actrice. Elle la choisit pour interpréter sur scène Gigi (1951), d'Anita Loos, à Broadway. Des critiques louangeuses accueillent le spectacle.

Colette dédicace ainsi une de ses photos : "A Audrey Hepburn, le trésor que j'ai trouvé sur la plage".

"Vacances romaines"
Arte diffusera le 10 avril 2023 à 20 h 50 « Vacances romaines » de William Wyler avec Audrey Hepburn et Gregory Peck. Dalton Trumbo, sous le nom de Ian McLellan Hunter, et John Dighton ont co-écrit le scénario, Henri Alekan et Franz Planer, ASC sont les directeurs de la photographie. 

« En visite dans la Ville éternelle, une princesse fugueuse découvre la "dolce vita" en compagnie d’un séduisant journaliste... Avec Audrey Hepburn, oscarisée, et Gregory Peck, une comédie romantique à la fois enlevée et mélancolique de William Wyler ("Ben-Hur"). »

« Après Londres, Amsterdam et Paris, la princesse Ann poursuit sa tournée européenne à Rome. Le soir, alors qu’on lui égrène ses obligations à venir, elle fait une crise de nerfs et s’enfuit du palais. Mais alors qu’elle erre dans les rues, le sédatif administré par son médecin avant sa fugue commence à faire effet. La jeune femme, quasiment inanimée, est recueillie par un passant, Joe Bradley. Le lendemain, ce dernier, correspondant pour un journal américain, comprend avec stupéfaction à qui il a affaire. Flairant le coup en or, il entraîne la princesse, qui se fait appeler Anya, dans une virée à travers les splendeurs romaines… »

« Un pied échappé d’un escarpin, dissimulé sous une somptueuse robe de bal. Dès les premières minutes, William Wyler (Ben-Hur, L’héritière) suggère avec une grâce infinie la soif de liberté de cette jeune princesse, soumise à un protocole asservissant ».

« D’un café en terrasse à une danse au bord du Tibre, d’un marché populaire à une inoubliable échappée en Vespa, la belle fugueuse et son acolyte d’un jour s’abandonnent aux menus plaisirs de la vie et, bientôt, à un amour qu’ils savent pourtant condamné ». 

« Soixante-dix ans après sa sortie, ce classique de la comédie romantique, traversé d’humour et de mélancolie, exerce une attraction intacte, la capitale italienne et le couple formé par Gregory Peck et la merveilleuse Audrey Hepburn rivalisant d’un charme immortel. »

Durant le tournage, pressentant que ce film ferait de sa jeune collègue une vedette, Gregory Peck insiste auprès des producteurs pour que le nom d'Audrey Hepburn figure au-dessus du titre du film et en caractères de même taille que le sien. Ce qu'il obtient.

Meilleurs scénario, actrice (Audrey Hepburn) et costumes, Oscars 1954 – Meilleure actrice, Golden Globes et Bafta Awards 1954


Star
En 1953, Roman Holiday, de Willam Wyler rend mondialement la jeune actrice mondialement célèbre.

Audrey Hepburn est la première actrice à gagner un Academy Award, un Golden Globe et le BAFTA Award pour son rôle dans Roman Holiday. 

Ce succès international propulse Audrey Hepburn au statut de star : son allure, sa coiffure, son maquillage sont copiés, reproduits par des milliers de spectatrices. 

Audrey Hepburn révolutionne les standards de beauté féminine : petite poitrine, sourcils épais.

Le 7 septembre 1953, le fameux Time magazine américain offre sa couverture à l'actrice parvenue au vedettariat à 24 ans. Une consécration.

Audrey Hepburn signe avec la Paramount un contrat de sept films et l'autorisant à jouer sur scène. Elle interprète Ondine, dans la pièce de théâtre éponyme de Jean Giraudoux, à Broadway, mise en scène par Alfred Lunt, avec Mel Ferrer et John Alexander, et obtient le Tony Award de la Meilleure actrice.

"Sabrina"
"Sabrina" de Billy Wilder réunit Audrey Hepburn (Sabrina Fairchild), Humphrey Bogart (Linus Larrabee) et  William Holden (David Larrabee).

"Une fille de domestique sème l’amour dans une richissime famille... Avec un classieux trio d’acteurs (Humphrey Bogart, William Holden et la fabuleuse Audrey Hepburn), un conte de fées plus doux-amer qu’il n’y paraît signé Billy Wilder. "

"Fille du chauffeur des Larrabee, d’opulents industriels de Long Island, Sabrina Fairchild est follement amoureuse du fils cadet de la famille, David, aussi oisif que volage. Dévastée par son indifférence, la jeune femme suit les conseils de son père et part étudier la cuisine à Paris, où un vieux baron l’introduit dans le grand monde. De retour aux États-Unis deux ans plus tard, Sabrina, métamorphosée, envoûte celui qui n’a jamais cessé d’occuper ses pensées. Mais cet élan contrecarre les plans de Linus, businessman acharné, qui projette de marier son frère à la fille d’un puissant producteur de canne à sucre. Linus entreprend alors de séduire Sabrina, tout en prétendant approuver les sentiments de David pour la jeune femme…"

"Si le récit, adapté d’une pièce à succès, respecte les codes du conte de fées (du "Il était une fois…" introductif au happy end de rigueur), il n’en dépeint pas moins, sur un ton plus cocasse que corrosif, la permanence des rapports de classe, résumée par le père de Sabrina : "Je compare la vie à une limousine. Il y a une banquette avant, une banquette arrière et une glace les sépare." Au contact de cette Cendrillon des temps modernes, les deux frères Larrabee, pris dans un imbroglio sentimental balançant entre humour et mélancolie, en viendront pourtant à briser la glace. Convoitée par deux grands acteurs – Humphrey Bogart, émouvant en homme d’affaires anesthésié du cœur, et William Holden, irrésistible en play-boy dépassé –, Audrey Hepburn, drapée dans de superbes costumes Givenchy, répand une fois encore sa grâce inégalable, au zénith lors d’une désormais célèbre séquence chantée en français. "


Ligne Givenchy
En 1953, Audrey Hepburn se rend à la maison de couture d’Hubert de Givenchy qui s’attend à rencontrer Katharine Hepburn. Il découvre Audrey Hepburn chaussée de ballerines, portant un pantalon Marilyn et la tête coiffée d’un chapeau de paille de gondolier. Récemment créée, sa maison de haute couture ne peut réaliser quinze robes pour Sabrina. Audrey Hepburn essaie les créations de Givenchy qui lui vont à ravir. Elle convainc Hubert de Givenchy de les lui confier pour qu’elle les porte dans Sabrina.

Ainsi débute « une love affair platonique » entre Hubert de Givenchy et sa muse Audrey Hepburn dont il apprécie l'aptitude à porter un vêtement et les "bonnes manières". Plus qu’une icône de mode, Audrey Hepburn incarne un style immédiatement reconnaissable, la silhouette éternelle élégante, si parisienne, née du trait épuré d’Hubert de Givenchy et réalisée dans de magnifiques étoffes par des couturières expertes.

Distinguée, gracile, élancée, dotée du port d’une danseuse, les sourcils dessinant une épaisse ligne au-dessus d’yeux de biche, la taille fine, une petite poitrine, de larges épaules... La jeune Audrey Hepburn se distingue des stars hollywoodiennes glamorous, plantureuses, au sex-appeal. Elle représente la jeune fille idéale, charmante, à l’élégance simple et sophistiquée, au sourire mutin.

Alors qu’en une décennie, d’autres actrices hollywoodiennes se sont métamorphosées – au début des années 1960, après avoir tourné dans "Cléopâtre", Elisabeth Taylor adopte un maquillage soulignant son regard d’un épais trait de crayon khôl -, Audrey Hepburn demeure indémodable.

Mariée en Suisse en 1954 avec le comédien Mel Ferry, son aîné de douze ans, divorcé deux fois, Audrey Hepburn fait deux fausses couches, puis donne naissance à son fils aîné, Sean Ferrer en 1960. Son premier mariage avec Mel Ferrer, dure quatorze ans.


Anne Frank 
Dans les années 1950, Audrey Hepburn est sollicitée pour jouer le rôle d’Anne Frank dans Le Journal d’Anne Frank, film et pièce de théâtre sur le sort d’une adolescente Juive allemande cachée aux Pays-Bas et tuée lors de la Shoah. Elle décline la proposition : « Lire son Journal, c’était comme lire ma propre expérience à partir de son point de vue. J’ai été presque détruite par cela ».

Star
Au cours des années 1950 et 1960, le talent d’Audrey Hepburn s’affirme dans des films à succès, aux genres différents, du western à la comédie dramatique ou musicale : Sabrina (1954) avec Humphrey Bogart et William Holden, War and Peace (1956) de King Vidor, avec Henry Fonda, Mel Ferrer, Oscar Homolka, Anita Ekberg, Love in the Afternoon avec Gary Cooper et Maurice Chevalier (1957), tous deux réalisés par Billy Wilder, Green Mansions de Mel Ferrer (1959) avec Anthony Perkins, The Unforgiven (1960) de John Huston avec Burt Lancaster, Audie Murphy, Charles Bickford and Lillian Gish, Breakfast at Tiffany's de Blake Edwards (1961), Charade de Stanley Donen (1963) avec Cary Grant, Walter Matthau et James Coburn, Paris When It Sizzles de Richard Quine (1964), My Fair Lady de George Cukor avec Rex Harrison et Stanley Holloway (1964), Wait Until Dark réalisé par Terence Young, produit par Mel Ferrer, avec Richard Crenna et Alan Arkin (1967), How to Steal a Million de William Wyler avec Peter O'Toole, Charles Boyer et Eli Wallach (1968).

"Guerre et paix"

Arte diffusera le 30 décembre 2018 à 20 h 55 "Guerre et paix" (Krieg und Frieden) de King Vidor (1956). "L'hiver 1805 à Moscou. Sous le charme de la jeune et espiègle Natacha Rostov, Pierre, fils illégitime du comte Bezoukhov, noie ses angoisses dans des nuits de beuverie... Bals et défaites, amour et mort : King Vidor signe une adaptation lyrique du chef-d’oeuvre de Tolstoï. Audrey Hepburn s’y glisse avec la légèreté d’une étoile".

"Hiver 1805. Alors que Napoléon défait l’armée du tsar à Austerlitz, l’aristocratie moscovite s’enivre de chasses et de fêtes. Sous le charme de la jeune et espiègle Natacha Rostov, Pierre, fils illégitime du comte Bezoukhov, noie ses angoisses dans des nuits de beuverie. Reconnu à la mort de son père comme son unique héritier, cet idéaliste se laisse séduire par l’ambitieuse Hélène. Natacha s’éprend quant à elle du prince André, un jeune officier veuf, habité par le sens du devoir. Mais la guerre va bientôt précipiter ce monde fragile dans le chaos…"

"En s’attaquant au monument de Tolstoï, King Vidor a réalisé une œuvre à sa mesure, romantique et passionnée. Porté par une photographie inspirée – la scène crépusculaire du duel dans la neige –, le film décline toutes les couleurs du roman, glissant de l’insouciance frivole à la tragédie collective. Dans le tourbillon qui emporte les êtres, le cinéaste traque les instants de fracture et met en scène les batailles en pénétrant les âmes de ceux qui y prennent part. Au-delà de la dimension épique, c’est à la frêle silhouette d’Audrey Hepburn que le film doit sa force. L’actrice le traverse en état de grâce dans ce rôle de jeune fille fantasque dont les sentiments gagnent en profondeur au fil des épreuves".

"Drôle de frimousse"
"Drôle de frimousse" (Funny Face) est réalisé par Stanley Donen. 

"Dans le Paris existentialiste, une intello ingénue se laisse charmer par un photographe de mode... Signée Stanley Donen ("Chantons sous la pluie"), une comédie musicale acidulée cousue sur mesure pour la délicieuse Audrey Hepburn, avec Fred Astaire en Pygmalion timide".

"Maggie Prescott, rédactrice en chef d’un magazine de mode new-yorkais, cherche un nouveau mannequin pour présenter, à Paris, le défilé d’un grand couturier. Dick Avery, photographe attitré de la revue, a déniché l’oiseau rare : Jo, une ingénue à la grâce singulière, employée dans une librairie. Celle-ci rêve de rencontrer le pape de l’"empathicalisme", le professeur Émile Flostre. Mais son Pygmalion dans l’univers de la haute couture la trouble plus qu’elle ne veut se l’avouer…"
"C’est surtout grâce à Audrey Hepburn, délicieuse du bout de son pied mutin jusqu’à sa radieuse frimousse, et à la modestie élégante de Fred Astaire, qui joue de bon cœur le faire-valoir un peu vieillissant, que cette comédie musicale acidulée se regarde avec un plaisir toujours renouvelé". L'occasion de revoir un Paris quasi de rêve.

"Orchestré par Stanley Donen, disparu en février dernier, le film, nommé quatre fois aux Oscars en 1958 (pour le scénario, la direction artistique, la photographie, et les costumes signés Givenchy et Edith Head), réunit des talents éprouvés, à commencer par les frères George et Ira Gershwin à la bande-son. L’improbable reconstitution hollywoodienne du Paris existentialiste, avec ses caves enfumées remplies de philosophes lugubres et pontifiants, se révèle tout aussi savoureuse."

La diffusion du film était précédée par "Drôle de frimousse" de Stanley Donen - Un regard, une minute". "Drôle de frimousse" est "un sublime écrin pour l’irrésistible Audrey Hepburn et glorifie la beauté d’un Paris de carte postale. Le photographe de mode interprété par Fred Astaire prend modèle sur Richard Avedon, alors directeur artistique pour le magazine féminin Harper’s Bazaar. Mais "Drôle de frimousse" n’est pas qu’un charmant conte de fées moderne, il se moque aussi du milieu de la mode et dénonce l’influence des médias sur les masses." Dans la distribution : la célèbre top model Dovima.

"Stanley Donen est décédé le 21 février à New York, à l’âge de 94 ans. Donen, qui a réalisé son premier film à 25 ans (Un jour à New York, 1949), a marqué l’histoire de la comédie musicale de son empreinte avec plusieurs chefs-d’œuvre du genre, comme Chantons sous la pluie ou Beau Fixe sur New York, avec Gene Kelly. D’abord chorégraphe à Broadway, puis à Hollywood, Donen a révolutionné la danse au cinéma en ouvrant la voie à de nouvelles techniques de tournage. Donen va s’affranchir des contraintes des studios. Son perfectionnisme est notable dans une série de films, pas seulement musicaux, qui poussent très loin la recherche de la beauté visuelle. Si Vincente Minnelli avait la fibre mélodramatique, capable de sublimer des émotions à fleur de peau, Stanley Donen a souvent démontré des talents de satiriste, très à l’aise dans l’étude de mœurs ou le conte moral souvent teinté de cynisme ou d’amertume (Fantasmes, Voyage à deux, ses derniers grands films avant quelques ratages et une retraite anticipée)", a écrit Olivier Père.

Et d'ajouter : "Drôle de frimousse marque en 1957 la fin de l’âge d’or de la comédie musicale hollywoodienne. Devant la caméra de Stanley Donen, ces adieux prennent la forme hyper sophistiquée d’un feu d’artifices de couleurs, de luxe et de bonne humeur. Drôle de frimousse est un sublime écrin pour l’irrésistible Audrey Hepburn et glorifie la beauté d’un Paris de carte postale. Le photographe de mode interprété par Fred Astaire prend modèle sur Richard Avedon, alors directeur artistique pour le magazine féminin Harper’s Bazaar. Avedon participe à la création du générique de film. Il est également crédité comme consultant visuel. Drôle de frimousse n’est pas qu’un charmant conte de fées moderne. Le film se moque du milieu de la mode et dénonce l’influence des médias sur les masses. Donen est un satiriste qui ridiculise à la fois la superficialité des fashionistas et l’hypocrisie des pseudo-intellectuels germanopratins."


La "petite robe noire"
Certaines œuvres de la filmographie d'Audrey Hepburn évoquent des sujets sensibles : The Nun's Story (1959) de Fred Zinnemann avec Peter Finch, Edith Evans et Peggy Ashcroft, La Rumeur (The Children's Hour ou The Loudest Whisper) de William Wyler, sur un scénario de John Michael Hayes d'après la pièce de théâtre The Children's Hour (1934) de Lillian Hellman. avec Shirley MacLaine, James Garner et Miriam Hopkins.

En 1961, Audrey Hepburn incarne le personnage de Holly Golightly-  son rôle "le plus jazzy. Je suis une introvertie. Jouer une femme extravertie a été la chose la plus dure que j'ai faite", confiait-elle -, et se bat pour interpréter la chanson du film Breakfast at Tiffany's (Diamants sur canapé) de Blake Edwards (1961), d'après une nouvelle de Truman Capote, avec George Peppard, Patricia Neal, Buddy Ebsen, Martin Balsam, et Mickey Rooney. Elle insuffle l'émotion, la délicatesse dans son interprétation de Moon River, sur une musique d'Henry Mancini et des paroles de Johnny Mercer. Elle y arbore une "petite robe noire" iconique du XXe siècle signée Givenchy.

"Charade"
En 1963, « Charade  », réalisé par Stanley Donen, offre à Cary Grant et à Audrey Hepburn l'occasion de briller dans une comédie policière sophistiquée dont l'action se situe notamment dans différents quartiers de Paris : les Halles, les Champs-Elysées...

« De retour des sports d’hiver, la jolie traductrice Reggie Lambert découvre son mari assassiné dans leur appartement parisien mis à sac. Peter Joshua, un séduisant divorcé qu’elle a rencontré à Megève, lui propose son aide. Bientôt, les anciens amis du défunt refont surface. Ils sont persuadés que Reggie sait où son mari a caché le magot qu’il a subtilisé à la Résistance française… Une femme enquête sur l'étrange assassinat de son mari avec l'aide d'un séduisant divorcé... »

« Truffée de clins d’œil à l'histoire du cinéma, de rebondissements et de courses-poursuites, une comédie pétillante de Stanley Donen, servie par un duo de grande classe : Audrey Hepburn et Cary Grant ».

« Réalisée par l’auteur de Chantons sous la pluie, Charade est un pur bonheur. Truffé de clins d’œil à l’histoire du cinéma, de rebondissements, de répliques irrévérencieuses, de courses-poursuites dignes des plus belles chorégraphies, cette comédie policière emballe le spectateur ». 

« Portée par un duo d’acteurs étincelant, elle est surtout le comble du glamour hollywoodien ». 

Habillée par Givenchy, Audrey Hepburn, « plus gracieuse que jamais, illumine le film de son mélange de drôlerie et de fragilité. Quant à Cary Grant, impossible de résister à ses airs narquois de séducteur ». 

« Initialement, l’acteur avait rejeté le projet : il se jugeait trop vieux pour le rôle et soulignait sa grande différence d’âge (trente ans) avec la jeune première. Pour dissiper ses réticences, on rédigea des blagues et des sous-entendus sur le sujet. Ici, c’est la jeune femme qui mène le jeu de la séduction, inversant ainsi l’ordre des choses ».

Partenaire de Audrey Hepburn dans Charade, Cary Grant fait modifier le scénario car il est gêné par la différence d'âge entre cette actrice et lui. C'est elle qui désormais le courtise. Enchanté du tournage et du film, le comédien a déclaré : "Tout ce que je veux pour Noël est un autre film avec Audrey Hepburn".


"Comment voler un million de dollars"
Arte diffusera le 29 mars 2021 "Comment voler un million de dollars" (How to Steal a Million ; Wie klaut man eine Million?), excellente comédie américaine de William Wyler avec Audrey Hepburn (Nicole Bonnet), Peter O’Toole (Simon Dermott), Eli Wallach (Davis Leland), Hugh Griffith (Charles Bonnet), Charles Boyer (Bernard de Solnay), Marcel Dalio (señor Paravideo), Jacques Marin (le gardien-chef du musée), Moustache (le gardien « porté sur la bouteille »), Roger Tréville (le commissaire-priseur). 

"Pour protéger son père faussaire, une Parisienne recrute un séduisant imposteur afin de cambrioler un musée. Une délicieuse comédie romantique avec Audrey Hepburn et Peter O’Toole." 

"Malgré les réticences de sa fille Nicole, Charles Bonnet, collectionneur et faussaire parisien, décide de prêter une prétendue Vénus du sculpteur Benvenuto Cellini à un grand musée. Quand il apprend que la statuette va être examinée par un expert renommé, il craint d’être démasqué. Seule solution : subtiliser l'objet du délit. Nicole décide de recruter Simon Dermott, un cambrioleur qui a tenté, quelques jours plus tôt, de dérober un faux Van Gogh à son domicile. Celui-ci est en réalité un enquêteur chargé de traquer les faussaires… "
C'est le troisième et dernier film de William Wyler avec Audrey Hepburn, après Vacances romaines (1953) et La Rumeur (1961) avec Shirley MacLaine.

"Treize ans après Vacances romaines, William Wyler retrouve l’irrésistible Audrey Hepburn et l’emmène à Paris – QG de son couturier fétiche, Givenchy –, qu'elle a déjà maintes fois arpenté au cinéma, de Drôle de frimousse à Ariane. Flanquée d’un cavalier à sa mesure en la personne de Peter O’Toole, la délicieuse actrice enchante, comme toujours, dans un scénario imaginé pour elle, et qui égrène les charmes d’une ville de carte postale. Des seconds rôles inspirés (Eli Wallach, Hugh Griffith, mais aussi Marcel Dalio, seul "local" de l’étape) donnent la réplique au couple vedette dans cette pochade joyeusement rocambolesque."

"Seule dans la nuit"
"Seule dans la nuit" (Wait until Dark) est un film de Terence Young, interprété par Audrey Hepburn, Alan Arkin, Richard Crenna.

"Une jeune femme aveugle affronte trois truands dans son appartement... Audrey Hepburn est époustouflante dans le rôle d'une aveugle prise au piège, qui fait de son handicap une force et de l'obscurité son salut. Un classique du suspense signé Terence Young, considéré par Stephen King comme l'un des films "les plus terrifiants jamais tournés"."

"Servant de "passe frontière" entre le Canada et les États-Unis, une poupée bourrée d'héroïne a atterri par accident chez un photographe new-yorkais, dont la femme, Susy Hendrix, est aveugle. Afin de récupérer la drogue, Roat – un tueur –, et Mike et Carfino – deux arnaqueurs – imaginent un plan misant sur la cécité de Susy. Ils lui font croire que son mari la trompe et qu'il est compromis dans le meurtre de sa maîtresse. La poupée, seule preuve de sa culpabilité, doit absolument être retrouvée et détruite. Mais cette satanée poupée reste introuvable et Susy, alertée grâce à des sens décuplés par son handicap, comprend qu'elle est victime d'une machination..."

"Tu tiens à faire de moi la championne du monde des aveugles ?", demande Susy Hendrix à son mari. "Oui", répond-il rudement. L'héroïne de Seule dans la nuit affronte avec intelligence et courage l'adversité – qui prend le visage de trois truands prêts à l'éliminer. Même Mike, le gangster, doit s'incliner devant cette femme d'une trempe exceptionnelle : "Eh oui, vous êtes la championne", reconnaît-il, séduit."

"Belle et espiègle, fragile et troublante, Audrey Hepburn crève l'écran. Elle transporte le spectateur dans l'univers des aveugles : un monde où l'ouïe et l'odorat sont essentiels ; où un grincement de chaussures prend soudain un nouveau sens… Chaque bruit est signifiant et on se surprend à écouter ce thriller virtuose plus qu'à le regarder."

"Dans un suspense préservé jusqu'aux ultimes minutes, les personnages sont confrontés à leurs peurs ; et les spectateurs, à l'obscurité, car les vingt dernières minutes se déroulent en partie dans le noir – lors de la sortie du film, les salles de cinéma éteignaient alors toutes les lumières, même les veilleuses, afin de porter l'émotion à son comble."

Pause
Lors de l’unique rencontre entre Audrey Hepburn et Marlon Brando, pendant un repas du Syndicat des acteurs, Audrey Hepburn dit à son voisin de table un timide « Bonjour », mais l’acteur débutant à Hollywood demeure silencieux. Pendant 40 ans, Audrey Heburn a cru qu’il voulait l’éviter. Mais, lorsqu’elle était hospitalisée à la fin de sa vie, elle a reçu une lettre de Brando lui confiant avoir alors éprouvé un tel respect admiratif pour elle qu’il était demeuré sans voix.  Il n’avait pas trouvé un seul mot à lui dire.

Des interprétations d'Audrey Hepburn lui valent des nominations aux Oscar, Golden Globe et BAFTA. En reconnaissance de la qualité de sa carrière, Audrey Hepburn est distinguée par le Special Award de la BAFTA, le Golden Globe Cecil B. DeMille Award, le Screen Actors Guild Life Achievement Award, et le Special Tony Award.

Les difficultés du couple, Audrey Hepburn les vit et les incarne dans Two for the Road (Voyage à deux), de Stanley Donen avec Albert Finney.

Divorcée en 1966, elle épouse en 1969 Andrea Dotti, psychologue italien. Le couple a un fils Luca en 1970.

En 1968, sous l’objectif de la photographe Eve Arnold, Audrey Hepburn interviewe à Paris un réfugié Juif, éprouvé, qui a fui l’antisémitisme du Maroc.

Audrey Hepburn maintient ses deux fils loin de sa célébrité, en Europe, et met un terme précoce à sa carrière pour leur consacrer le maximum de son temps.

Elle ne tourne qu’exceptionnellement. Par exemple, pour Robin and Marian (1976), de Richard Lester avec Sean Connery. Un film qui démythifie les héros médiévaux, devenus quadragénaires, inadaptés, finalement lucides face à un monde désenchanté qui a changé et où l’idéalisme n’a plus sa place.

En 1979, Audrey Hepburn tourne aussi dans Bloodline, thriller de Terence Young, avec Ben Gazzara, James Mason, Romy Schneider, Omar Sharif et Irene Papas. Un échec commercial.

En 1981, They All Laughed, comédie romantique réalisée par Peter Bogdanovich, avec Audrey Hepburn, Ben Gazzara, John Ritter, Colleen Camp, Patti Hansen, et Dorothy Stratten.

Divorcée en 1982, Audrey Hepburn se lie avec l’acteur néerlandais Bob Wolders, veuf de l'actrice Merle Oberon.

En 1989, Audrey Hepburn reprend le chemin des studios pour tourner le personnage d'un ange dans Always, de Steven Spielberg avec Richard Dreyfuss, Holly Hunter et John Goodman.

En 1990, dans sept pays, elle tourne dans Gardens of the World, série documentaire de PBS.

Pour son fils aîné Sean Ferrer, le film préféré de sa mère serait Funny Face (1957) de Stanley Donen, avec Fred Astaire, car elle a pu y montrer ses talents de danseuse. « Elle était comme ces personnages que vous voyez dans les films. Sensible, courageuse, délicate, romantique », se souvient Sean Ferrer.

Ses talents de fine cuisinière  et son goût pour la gastronomie sont attestés par son amie, Doris Brynner, ex-épouse de l'acteur et photographe Yul Brynner.

UNICEF
De 1988 à 1993, Audrey Hepburn est ambassadrice de l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance). Inlassablement, elle se rend auprès des enfants en détresse d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie.

En décembre 1992, elle reçoit le Médaille présidentielle de la Liberté en reconnaissance de sa contribution aux arts et à son action  humanitaire. 

Elle décède en 1993 d’un cancer du colon, entourée de sa famille et de ses amis, dans son manoir du XVIIIe siècle, La Paisible, près du lac de Genève (Suisse).

Apprenant le décès d’Audrey Hepburn , Elisabeth Taylor  déclara : « Dieu a reçu un nouvel ange auprès de Lui ». Bel hommage d’une star à une autre star.

Près de 25 000 personnes suivent le cortège funéraire silencieux dans le village de 1 200 âmes.

L'Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui décerne à titre posthume le Jean Hersholt Humanitarian Award pour sa contribution à l'humanité.

En 1999, le fabriquant de chaussures Salvatore Ferragamo, qui a créé pour elle une paire de mocassins à talons bas et une paire de ballerines à bride, et en a fait une égérie de sa marque, lui dédie l'exposition Audrey Hepburn. A Woman, a Style.

Les deux fils d'Audrey Hepburn se disputent sur la répartition de l'héritage de leur mère constitué de vêtements, d'accessoires, d'archives, etc. d'une valeur de millions de dollars.

"Portraits of an Icon"
Après la National Portrait Gallery de Londres (Grande-Bretagne), le Wilson, Cheltenham Museum & Art Gallery a rendu hommage à cette actrice par  l’exposition itinérante Audrey Hepburn: Portraits of an Icon. C’était la première exposition britannique organisée avec le soutien de l’Audrey Hepburn Estate. Plus de 70 photographies de photographes célèbres - Richard Avedon, Cecil Beaton, Angus McBean, Terry O’Neill, Norman Parkinson, Douglas Kirkland, Irving Penn, Steven Meisel - et couvertures de magazines, ainsi que des extraits de films retracent la vie et la carrière de la comédienne talentueuse et oscarisée Audrey Hepburn (1929-1993).

Fils d'Audrey Hepburn, Sean Hepburn Ferrer et Luca Dotti ont prêté 35 photographies importantes sur leur mère, provenant de leur collection personnelle : Audrey Hepburn âgée de 13 ans lors d’une représentation de danse en 1942, lors d’une séance d’essayage d’une tenue de bain conçu par Edith Head pour Sabrina (1954), lors du tournage en Afrique de The Nun’s Story de Fred Zinnemann (1958). La photo la plus ancienne remonte à 1938 quand Audrey a neuf ans, et la plus récente à 1991 sous l’objectif de Steven Meisel.

Parmi les photographies exposées, celles d’Audrey Hepburn, modèle d’Antony Beauchamp pour le grand magasin Marshall & Snelgrove et d’Angus Mc Bean en 1950 pour une campagne pour la crème Crookes Laco-Calamine pour la peau. Audrey Hepburn saisie par Larry Fried dans sa loge de Broadway où elle interprète Gigi (1951), par Philippe Halsman et George Daniell en Italie lors du tournage de War and Peace (1955), par Terry O’Neill lors de la réalisation de How to Steal a Million (1966) et Two for the Road de Stanley Donen avec Albert Finney (1967) ou posant pour le matériau publicitaire de Funny Face (Drôle de frimousse, 1957), comédie musicale de Stanley Donen avec Fred Astaire, Kay Thompson, Michel Auclair et Robert Flemyng.

Parmi les couvertures de magazines vintages, célèbres et populaires, beaucoup sont inédites - Picturegoer montre une Audrey Hepburn vingtenaire en 1952 -, et d'autres célèbres telle l'Audrey Hepburn en Givenchy pour son rôle de la fantasque Holly Golightly dans Breakfast at Tiffany (Diamants sur canapé), film américain de Blake Edwards d'après la nouvelle de Truman Capote, en 1961 par le photographe Howell Conant et publiée par le prestigieux Life magazine.

Hubert de Givenchy
« Audrey était mon amie et elle représentait pour moi l’Elégance, l’élégance du cœur, la grâce et la beauté », a résumé  en 2015, pour Vogue, Hubert de Givenchy, fondateur de la maison de haute couture, en évoquant Audrey Hepburn, sa muse pour laquelle il créa le parfum L’Interdit.

« Hubert a fait toutes les robes de mes premiers films. C'est lui qui m'a donné un look, un genre, une silhouette. C'est lui qui, visuellement, a fait de moi ce que je suis devenue », a confié Audrey Hepburn.

Le Gemeentemuseum présenta l’exposition Hubert de Givenchy - To Audrey With Love. Photographies aux signatures célèbres et vêtements d'une sophistication limpide créés par Hubert de Givenchy retraçaient la vie et la carrière de la comédienne talentueuse et oscarisée Audrey Hepburn (1929-1993) au travers de l'amitié admirative les liant.

L'Expo Fondation Boll, le Musée Alexis Forel et le Château de Morges ont présenté l'exposition Audrey Hepburn & Hubert de Givenchy - Une élégante amitié. Photographies aux signatures célèbres et vêtements d'une sophistication limpide créés par Hubert de Givenchy retracent la vie et la carrière de la comédienne talentueuse et oscarisée Audrey Hepburn (1929-1993) au travers de l'amitié admirative les liant.

"C’est l’histoire d’une rencontre, une après-midi, à Paris. L’histoire de l’une des plus belles rencontres du XXe siècle, celle qui fit naître une complicité hors du commun entre le grand couturier français Hubert de Givenchy et la comédienne mondialement connue, Audrey Hepburn. Ils se sont rencontrés jeunes, tous deux étaient au début de leurs carrières respectives. À l’image de ce qu’ils ont accompli dans leur vie, l’amitié qu’ils ont liée a été exceptionnelle, authentique, élégante. Ils se sont trouvés avant la consécration, ils ne se sont plus jamais quittés !"

"Aujourd’hui, Morges, la plus coquette des villes suisses, a le privilège de leur rendre un hommage particulièrement émotionnel. L’Expo Fondation Bolle, le Musée Alexis-Forel, ainsi que le Château et ses Musées ont l’honneur de présenter une rétrospective majeure dédiée à Hubert de Givenchy et à l’extraordinaire complicité qu’il a partagée avec Audrey Hepburn".

"Le plus élégant de tous les couturiers a choisi de réaliser l’une de ses précieuses expositions en Suisse. La raison est simple, s’il a décidé de venir à Morges, c’est qu’Audrey Hepburn a passé les moments les plus heureux de sa vie non loin de là, à Tolochenaz".

"L’événement morgien joue la carte de l’intimité, de la passion. On y rend hommage à leurs longues années d’amitié et de création en présentant les robes les plus célèbres dessinées par la main du maître durant le XXe siècle. Plus de cinquante au total ! D’autres pièces de haute couture, portées par Audrey Hepburn, sont dévoilées au public, dont certaines jamais montrées dans les musées. Les croquis de robes dessinés spécialement par Hubert de Givenchy pour l’événement ajoutent une ultime touche d’élégance à cette exposition qui s’annonce d’ores et déjà exceptionnelle".

Une "exposition présentée dans trois lieux d’exception".

Le Musée Alexis-Forel "rend un hommage exceptionnel à la créativité développée par Hubert de Givenchy au fil du temps. On y présente des robes de différentes décennies, des couvertures de magazines célèbres et des portraits grand format. En fin de parcours, une projection retrace la vie d’Audrey Hepburn en Suisse au travers de plusieurs petits entretiens avec des proches de l’actrice et des habitants de Morges".

L’Expo Fondation Bolle "dévoile les croquis originaux des robes créées par Hubert de Givenchy, ainsi qu’un documentaire d’exception sur la vie du maître et son amitié avec Audrey Hepburn. Le musée a également le privilège de présenter la magnifique petite robe rose, désormais mythique pour tous les Morgiens. La visite permettra encore de découvrir le flacon original du parfum L’Interdit et une chronologie sur la vie des deux artistes".

Le Château de Morges et ses Musées "marque le début de la visite. Dans la somptueuse salle du XVIe siècle sont exposées des pièces mythiques de haute couture. On y découvrira des robes iconiques telles que la petite robe noire de Breakfast at Tiffany’s, la robe ballon ou encore une robe de mariée créée lors de la dernière collection du couturier. Une vitrine présentera les célèbres chapeaux et accessoires imaginés par le génie de la mode. Dans les jardins du château se trouveront la boutique de souvenirs, avec des créations de M. de Givenchy, ainsi que l’espace restauration".

"Audrey Hepburn, le choix de l'élégance"
Arte diffusa le 30 décembre 2018 à 17 h 10 "Audrey Hepburn, le choix de l'élégance" (Audrey Hepburn, Königin der Eleganz), documentaire réalisé par Emmanuelle Franc. "À jamais associé à une exquise espièglerie, le sourire d’Audrey Hepburn était teinté de mélancolie. Ce portrait lève le voile sur les fêlures de l’actrice, qui ont façonné son style incomparable."


« À Audrey Hepburn, le trésor que j'ai trouvé sur la plage ». Telle est la dédicace de Colette sur une photographe destinée à la jeune comédienne.

"Assise dans un fauteuil, une jeune femme évoque la Seconde Guerre mondiale et ses activités (spectacles de danse destinés à collecter des fonds, transmission de messages) au profit de la Résistance néerlandaise. "Et les Allemands, comment ont-ils réagi ?", la questionne son interlocuteur invisible. Un irrésistible sourire éclaire soudain ses traits délicats : "Ils n’en savaient rien." Dans ce bout d’essai pour Vacances romaines (1953), l’escapade romantique de William Wyler qui l’a révélée, transparaît déjà l’alliage sophistiqué de joie et de gravité qui fera de l’actrice une icône".

"Née en 1929 à Bruxelles, de la rencontre, à Java, entre une baronne hollandaise et un employé de banque britannique, Audrey Hepburn est abandonnée par son père à l’âge de 6 ans. Dans le pensionnat anglais où elle est envoyée, la petite fille se réfugie dans la danse classique, école de la grâce et de la discipline qui marqueront toute son existence".

"Au sortir de la guerre, elle voit sa carrière décoller sous le patronage de Colette : en 1951, l’écrivaine française choisit ce "trésor trouvé sur la plage" de Monte-Carlo pour incarner sa Gigi à Broadway. Dès lors, les propositions se bousculent. De Sabrina (1954), conte de fées de Billy Wilder, à My Fair Lady (1964), éblouissant classique de la comédie musicale, en passant par l'immortel Diamants sur canapé (1961) de Blake Edwards, Audrey Hepburn impose sa pétillante frimousse et sa silhouette gracile, soulignée par les créations de Givenchy, au panthéon du septième art".

Dans ses deux premiers grands films, dont Sabrina, elle incarne un personnage qui vit une deuxième naissance.

"Elle délaisse pourtant le cinéma à la fin des années 1960 pour s’occuper de sa famille, avant de décrocher le rôle auquel elle dit avoir "postulé toute [sa] vie" : ambassadrice de l’Unicef.

"Faisant défiler photos sublimes, réjouissants extraits de films et archives éclairantes (dont des interviews en français de l’actrice), ce portrait revisite par petites touches la trajectoire d’Audrey Hepburn pour tenter de percer le mystère de son charme inégalé, entre élégance, légèreté et mélancolie".


« Vacances romaines » de William Wyler
Etats-Unis, 1953, 1 h 53
Production : Paramount
Producteur : William Wyler
Scénario : Dalton Trumbo (sous le prête-nom de Ian McLellan Hunter), John Dighton
Image : Henri Alekan, Franz Planer
Montage : Robert Swink
Musique : Georges Auric
Costumes : Edith Head
Avec Audrey Hepburn (la princesse Ann), Eddie Albert (Irving Radovich), Gregory Peck (Joe Bradley), Hartley Power (Mr. Hennessy), Harcourt Williams (l'ambassadeur), Margaret Rawlings (la comtesse Vereberg)
Sur Arte les 10 avril 2023 à 20 h 50, 17 avril 2023 à 13 h 35, 27 avril 2023 à 13 h 35

"Sabrina" de Billy Wilder
Etats-Unis, 1954
Production : Paramount Pictures
Producteur : Billy Wilder
Auteur : Samuel A. Taylor
Scénario : Billy Wilder, Samuel A. Taylor, Ernest Lehman
Costumes : Edith Head
Décors de film : Sam Comer, Ray Moyer
Image : Charles Lang
Montage : Arthur P. Schmidt, Doane Harrison
Musique : Frederick Hollander
Avec Audrey Hepburn (Sabrina Fairchild), Humphrey Bogart (Linus Larrabee), William Holden (David Larrabee), Walter Hampden (Oliver Larrabee), John Williams (Thomas Fairchild), Martha Hyer (Elizabeth Tyson), Joan Vohs (Gretchen Van Horn), Marcel Dalio (Baron St. Fontanel)

"Guerre et paix" de King Vidor
Italie, Etats-Unis, 1956
Auteur : Leo Tolstoi
Scénario : Bridget Boland, Robert Westerby, Ivo Perilli, King Vidor, Mario Camerini, Ennio de Concini, Irwin Shaw
Producteur/-trice : Dino De Laurentiis
Image : Aldo Tonti, Jack Cardiff
Montage : Stuart Gilmore, Leo Catozzo
Musique : Nino Rota
Avec Anita Ekberg (Hélène), Audrey Hepburn (Natascha Rostow), Vittorio Gassman (Anatol Kuragin), Mel Ferrer (Prince Andrej Bolkonski), Henry Fonda (Pierre Bezukow), Herbert Lom (Napoléon)
Sur Arte le 30 décembre 2018 à 20 h 55
Visuels :
© 2002 by Paramount Pictures. All Rights Reserved.

"Drôle de frimousse" par Stanley Donen
Etats-Unis, 1957, 99 min
Scénario : Leonard Gershe
Production : Paramount Pictures
Producteur/-trice : Roger Edens
Image : Ray June
Montage : Frank Bracht
Musique : George Gershwin, Ira Gershwin
Avec Audrey Hepburn (Jo Stockton), Fred Astaire (Dick Avery), Kay Thompson (Maggie Prescott), Michel Auclair (Prof. Emile Flostre), Robert Flemyng (Paul Duval), Dovima
Chorégraphie : Fred Astaire
Sur Arte les 15 avril 2019 à 22 h 45 et  21 avril 2019 à 9 h 25
Visuels :
Thompson (Maggie Prescott), Fred Astaire (Dick Avery) et Audrey Hepburn (Jo Stockton)
© ZDF/Vista Vision

Audrey Hepburn (Jo Stockton)
© Paramount Pictures

Audrey Hepburn
©ZDF/Vista Vision

Audrey Hepburn (Jo Stockton)
© Paramount Pictures

"Drôle de frimousse" de Stanley Donen - Un regard, une minute"
France, 2019
Sur Arte le 15 avril 2019

« Charade  », par Stanley Donen
Universal Pictures, Stanley Donen Production, 1963, 109 min
Auteur : Peter Stone, Marc Behm
Image : Charles Lang Jr.
Montage : James Clark
Musique : Henry Mancini
Producteur/-trice : Stanley Donen, James Ware
Scénario : Peter Stone
Avec Cary Grant, Audrey Hepburn, Walter Matthau, James Coburn, George Kennedy, Dominique Minot, Ned Glass, Jacques Marin, Paul Bonifas, Thomas Chelimsky 
Sur Arte le 11 juin 2017 à 20 h 55
Visuels 
Audrey Hepburn (Reggie Lambert) et Cary Grant (Peter Joshua)
© NBC/Universal

États-Unis, 1966, 1 h 58 mn
Production : World Wide Productions, Twentieth Century Fox 
Scénario : Harry Kurnitz, d’après Venus Rising de George Bradshaw
Décors : Alexandre Trauner
Costumes : Hubert de Givenchy
Avec Audrey Hepburn (Nicole Bonnet), Peter O’Toole (Simon Dermott), Eli Wallach (Davis Leland), Hugh Griffith (Charles Bonnet), Charles Boyer (Bernard de Solnay), Marcel Dalio (señor Paravideo), Fernand Gravey (monsieur Grammont, le directeur du musée), Jacques Marin (le gardien-chef du musée), Moustache (le gardien « porté sur la bouteille »), Roger Tréville (le commissaire-priseur), Edward Malin (l'employé des assurances), Bert Bertram (Marcel)
Sur Arte les 29 mars 2021 à 20 h 55, 2 avril 2021 à 13 h 35, 12 avril 2021 à 13 h 30
Visuels :
Audrey Hepburn (Nicole Bonnet) et Peter O' Toole (Simon Dermott)
© 1966 TwenFox/World Wide Prod.

"Seule dans la nuit" de Terence Young
Etats-Unis, 1967, 1 h 43
Scénario : Robert Carrington, Jane-Howard Carrington
Auteur : Frederick Knott
Producteur : Mel Ferrer
Image : Charles Lang
Montage : Gene Milford
Musique : Henry Mancini
Avec Audrey Hepburn (Susy Hendrix),  Alan Arkin (Roat), Richard Crenna (Mike Talman), Efrem Zimbalist Jr. (Sam Hendrix), Jack Weston (Carlino), Samantha Jones (Lisa), Julie Herrod (Gloria)


"Audrey Hepburn, le choix de l'élégance" d'Emmanuelle Franc
France, 2016, 54 min
Sur Arte le 30 décembre 2018 à 17 h 10
Disponible du 06/09/2020 au 04/10/2020
Visuels :
1961, Audrey Hepburn dans le film "Petit déjeuner chez Tiffany" (scène du film)
Credit : © Zadig Productions

NEW YORK, 1961. Audrey Hepburn posant pour une photo publicitaire pour la promo du film "Breakfast at Tiffany's".
Credit : © Donaldson Collection/Michael

L'actrice Audrey Hepburn, modèle pour l'agence Vogue, dans une robe Givenchy, 1963.
© Bert Stern/Condé Nast/Getty

NEW YORK, 1961. Audrey Hepburn pose pour une photo publicitaire pour le film de Paramount Pictures "Breakfast at Tiffany's".
© Donaldson Collection/Michael

1961, Audrey Hepburn dans le film "Petit déjeuner chez Tiffany" (scène du film)
Credit : © Zadig Productions

Full-length promotional portrait of Belgian-born actor Audrey Hepburn (1929 - 1993) reclining in a black pantsuit for the film, 'Sabrina,' directed by Billy Wilder, 1954. (Photo by Paramount Pictures/Courtesy of Getty Images)
Credit : © Getty Images

Du 20 mai au 17 septembre 2017
A l'Expo Fondation Boll
Rue Louis-de-Savoie 73 - 75. 1110 Morges
Tél. : +41 79 349 22 91
Du mardi à dimanche de 10 h à 17 h

Au Château de Morges & ses Musées
Rue du Château 1. 1110 Morges 1
Tél. 021/316.09.90
Du mardi au dimanche de 10 h à 17 h (fermé le lundi). Nocturnes jusqu’à 21 h 30 les 11 août et 15 septembre.

Au Musée Alexis Forel
Grand-Rue 54. 1110 Morges
Tél. : +41(0)2180126 47
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h (jusqu’au 20 août inclus uniquement)
Visuels 
Audrey&Givenchy_HiRes :
Légende : Hubert de Givenchy in the 50's, costume designer, with Audrey Hepburn
Droit d’image : KEYSTONE/PHOTONONSTOP/SCREEN PROD
Photographe : © DILTZ

Audrey&Givenchy_HiRes :
Légende : Film: "Funny Face" directed by Stanley DONEN (USA). French fashion designer Hubert de GIVENCHY and Dutch actress Audrey HEPBURN, for whom he created a wardrobe for the film. France. Paris. 1956
Droit d’image : MAGNUM
Photographe : © David SEYMOUR

Sketches :
Légende : Sketch by Hubert de Givenchy - 2016
Droit d’image : All rights reserved

sketch_Hubert de Givenchy :
Légende : Sketch by Hubert de Givenchy - 2016
Droit d’image : All rights reserved

sketch_Hubert de Givenchy :
Légende : Sketch by Hubert de Givenchy - 2016
Droit d’image : All rights reserved

sketch_Hubert de Givenchy :
Légende : Sketch by Hubert de Givenchy - 2016
Droit d’image : All rights reserved

Black dress :
Légende : Evening dress, satin, embroidery with paillettes worn by Audrey. Made by Hubert de Givenchy - 1991
Droit d’image : © Luc Castel (2016)

Pink dress :
Légende : Breakfast at Tiffany’s worn by Audrey. Made by Hubert de Givenchy - 1961
Droit d’image : © Luc Castel (2016)

Black and white dress :
Légende : Day dress, silk, worn by Audrey. Made by Hubert de Givenchy - 1989-19990
Droit d’image : © Luc Castel

Négligée dress :
Légende : Négligée dress worn by Audrey. Made by Hubert de Givenchy - 1965
Droit d’image : © Luc Castel (2016)

Du 26 novembre 2016 au 26 mars 2017
Au Gemeentemuseum
Gemeentemuseum Den Haag
Stadhouderslaan 41
2517 HV Den Haag
Tél. : +31 (0)70 3381111

Du 9 novembre 2015 au 31 janvier 2016
Au Wilson, Cheltenham Museum & Art Gallery 
Clarence Street
Cheltenham. GL50 3JT
Tél. : 01242237431
Tous les jours de 9 h 30 à 17 h 15

Jusqu’au 18 octobre 2015
A la National Portrait Gallery 
St Martin's Place. London WC2H 0HE
Tel. : 020 7306 0055
Du samedi au mercredi de 10 h à 18 h, les jeudis et vendredi jusqu’à 21 h.

A lire sur ce blog :
Cet article a été republié le 1er janvier 2016, puis les 24 mars, 18 juillet et 16 septembre 2017, 17 mars et 30 décembre 2018, 18 avril 2019, 24 mars 2021.

mercredi 5 avril 2023

Cédric Klapisch

Cédric Klapisch est un scénariste, réalisateur - Le Péril jeune (1994), Chacun cherche son chat (1996), Un air de famille (1996), L'Auberge espagnole (2002), Les Poupées russes (2005) et Casse-tête chinois (2013) - et producteur français né en 1961. Arte diffusera le 5 avril 2023 à 20 h 55 « L'auberge espagnole  » de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Cécile de France, Judith Godrèche, Audrey Tautou.


Cédric Klapisch est né en 1961 dans une famille juive aux origines polonaise et ukrainienne. Dans son documentaire Mon livre d'histoire, il évoque ses grands-parents durant la Deuxième Guerre mondiale. Ses grands-parents maternels, Robert et Raymonde Meyer, sont des résistants juifs, déportés au camp nazi d'Auschwitz (Pologne). Son père Robert Klapisch (1932-2020), physicien français, a dirigé le programme de recherche du collisionneur proton/antiproton pour lequel le CERN sera distingué par le prix Nobel de physique attribué en 1984 à Carlo Rubbia et Simon van der Meer. Sa mère Françoise Klapisch est psychanalyste.

Cédric Klapisch est un scénariste, réalisateur de films de fiction - Le Péril jeune (1994), Chacun cherche son chat (1996), Un air de famille (1996), L'Auberge espagnole (2002), Les Poupées russes (2005) et Casse-tête chinois (2013) - et de documentaires - L'espace d'un instant (2010) sur la danseuse étoile Aurélie Dupont, Élévation (2014) sur le sauteur à la perche Renaud Lavillenie -, et producteur français.

Cet auteur est engagé politiquement à gauche : soutien à la candidature en 2014 d'Anne Hidalgo, socialiste, à la mairie de Paris. Il est sensibilisé à la "crise climatique".

En 2013, durant l'affaire de la liste de Falciani, la presse a révélé que Cédric Klapisch détenait un compte bancaire en Suisse, d'un montant de 247 000 euros, sans l'avoir déclaré en France, ce qui contrevenait à la loi.

Pour la télévision, Cédric Klapisch a réalisé plusieurs épisodes de la première saison de la série télévisée Dix pour cent, qui relate l'activité d'une agence artistique. 

Il est le vice-président de LaCinetek et de la Société des réalisateurs de films (SRF).

« L'auberge espagnole »
Arte diffusera le 5 avril 2023 à 20 h 55 « L'auberge espagnole  » de Cédric Klapisch.

« Parti à Barcelone avec Erasmus, un étudiant français partage un appartement avec d’autres jeunes venus de tout le continent... Signée Cédric Klapisch, une comédie aussi légère et goûteuse qu’un tapas, avec une distribution à l’avenir doré : Romain Duris, Cécile de France, Judith Godrèche, Audrey Tautou... »

« Parce qu’on lui propose une place dans un an au ministère des Finances à condition qu’il parle espagnol, Xavier, étudiant en économie, s’inscrit en Erasmus et part à Barcelone, laissant sa petite amie Martine. À l’aéroport, il rencontre un couple français qui l’héberge quelque temps puis il s’installe dans une colocation avec six autres étudiants : une Catalane, un Danois, un Italien, une Anglaise, un Allemand, vite rejoints par la troublante Belge Isabelle. Entre tentations, conflits et camaraderie, une nouvelle vie débute... »

« Un rêve d’Erasmus... Alors que son avenir semble tracé au cordeau dans le carré d’un petit bureau austère de Bercy, Xavier s'offre une échappée belle dans le pays berceau de la movida : fiestas, plages et insouciance catalane au programme. C’est une Europe rêvée et rêveuse que dessine Cédric Klapisch dans cet appartement rassembleur où se brassent les langues dans une revitalisante foi en l’avenir. »

« Pour le personnage de Romain Duris, incarnation du cool et de l’incertitude, le séjour se révèle bien sûr initiatique : le désordre des sentiments, une vie qui s’ouvre à tous les possibles et l’euphorie des rencontres vont l’aider à grandir, raconté en voix off comme dans un journal intime. »

« Plus de vingt ans après sa sortie, L’auberge espagnole n’a rien perdu de sa fraîcheur, rendue vivace par une réalisation inventive (split screen et effets d’accélération) et primesautière ».

« Avec sa distribution si prometteuse à l’époque (dont Cécile de France, Judith Godrèche ou Audrey Tautou), ce beau succès public connut deux suites, Les poupées russes (2005) et Casse-tête chinois (2013), qui permirent de suivre l’évolution des personnages, diffusées par ARTE. » 

Meilleur espoir féminin (Cécile de France), César 2003 – Prix du public, Festival international du film de Karlovy Vary, 2002 – Meilleure révélation féminine (Cécile de France), Étoiles d’Or de la presse du cinéma français 2003


« Les poupées russes »
Arte diffusera le 12 avril 2023 à 20 h 55 « Les poupées russes » de Cédric Klapisch. 

« À l’aube de la trentaine, Xavier doit remettre de l’ordre dans sa vie, portée par une quête du grand amour... Pour cette suite de "L’auberge espagnole", Cédric Klapisch retrouve Romain Duris, Cécile de France, Kelly Reilly et Audrey Tautou pour une peinture amusée des déboires d’une petite bourgeoisie mondialisée en quête de sens. »

« Devenu écrivain, Xavier enchaîne les déconvenues professionnelles et sentimentales. Entre l’écriture de son roman qui n’avance pas, les petits boulots chronophages et redondants censés mettre du beurre dans les épinards et les aventures amoureuses sans lendemain, la vie d’adulte lui paraît bien compliquée. Embauché pour un travail de scénariste, le voilà rattrapé par la mondialisation : il doit s’exiler à Londres puis à Saint-Pétersbourg pour conserver son job. La rencontre de têtes connues lui ouvre d’autres perspectives. Arrivera-t-il à se réconcilier avec l’amour et l’écriture pour remettre de l’ordre dans son existence ? »

« On avait quitté Xavier (Romain Duris) à la fin de ses études, débarquant dans la vie active après une expérience Erasmus mouvementée à Barcelone. Le voilà désormais entré de plain-pied dans l’âge adulte. Mais entre les peines de cœur, les galères financières, les boulots sans envergure, les amitiés à entretenir, qu’il est dur pour lui d’avoir 30 ans ! »

« Après L’auberge espagnole, Cédric Klapisch dépeint, avec humour et euphorie, les déboires d’une petite bourgeoisie mondialisée en quête de sens, qui aime se perdre dans ses propres rêves. Les histoires qu’elle se raconte n’étant pas à la hauteur de la réalité, elle s’accroche, portée par un idéal d’amour et de romanesque. » 

« La mise en scène stylisée mêle voix off, quatrième mur brisé permettant aux personnages d’interpeller le spectateur, split-screen, pour donner corps, dans un enchevêtrement de récits, de caractères et de lieux, à une vision chaotique de la vie. Les tracas s’enchaînent, le temps file, tandis que Xavier ne perd pas l’espoir d’ouvrir un jour sa dernière poupée russe. »

« Casse-tête chinois »
Arte diffusera le 19 avril 2023 à 20 h 55 « Casse-tête chinois » de Cédric Klapisch.

« Après Barcelone, Paris, Londres et Saint-Pétersbourg, les aventures de Xavier (Romain Duris) s’achèvent à Chinatown, New York. Dans le troisième épisode de sa saga mondialisée, Cédric Klapisch explore les tiraillements de la maturité ».  
 
« Devenu écrivain, Xavier, 40 ans, vit à Paris avec Wendy et leurs deux enfants. Mais le couple bat de l’aile, et la jeune femme décide de le quitter pour rejoindre à New York un Américain qu’elle vient de rencontrer. Refusant de s'éloigner de sa progéniture, Xavier décide alors de s’installer provisoirement dans la Grosse Pomme, chez Isabelle et sa compagne, auxquelles il a accepté de donner son sperme pour qu’elles puissent avoir un bébé. Bientôt contraint de trouver un logement, il échoue à Chinatown. Mais il lui reste encore à décrocher le sésame qui lui permettra de rester aux États-Unis... »

« On prend les mêmes et on recommence ! Pour le troisième et dernier volet de sa trilogie relatant les aventures de Xavier (Romain Duris), Cédric Klapisch s’appuie sur un casting toujours aussi cosmopolite et jubilatoire (Cécile de France, Kelly Reilly, Flore Bonaventura, Jochen Hägele...) pour explorer la crise de la quarantaine. »

« Vieux enfants désormais parents, ces jeunes adultes voient leurs carrières professionnelles respectives gagner en stabilité mais peinent toujours à résoudre les situations inextricables auxquelles ils sont confrontés. »

"C’est marrant que tu voies cela si compliqué, la vie", lance Martine (Audrey Tautou) à Xavier, résumant l’idée maîtresse d’un film qui aborde une multitude de thématiques contemporaines : les séparations, les familles recomposées, l’homoparentalité, le mariage blanc, l’immigration, les travailleurs clandestins et, bien sûr, l’éternelle quête d’amour. »

« Dans la droite ligne des opus précédents, Klapisch modernise, par sa mise en scène énergique, une comédie de mœurs dont le romanesque, voire le romantisme, pétille comme une ode à la vie. »


« L'auberge espagnole » de Cédric Klapisch
France, Espagne, 2001
Scénario : Cédric Klapisch
Production : Bac Films, Ce Qui Me Meut Motion Pictures, France 2 Cinéma, Mate Films, Mate Producciones S.A., StudioCanal, Via Digital
Producteur : Bruno Levy
Image : Dominique Colin
Montage : Francine Sandberg
Musique : Cyril Moisson
Avec Romain Duris (Xavier), Cécile de France (Isabelle), Judith Godrèche (Anne-Sophie), Audrey Tautou (Martine), Kelly Reilly (Wendy), Cristina Brondo (Soledad), Christian Pagh (Lars), Federico D'Anna (Alessandro), Barnaby Metschurat (Tobias), Jacques Royer (Erasmus)
Sur Arte le 5 avril 2023 à 20 h 55
Visuels : © JEROME PLON

« Les poupées russes » de Cédric Klapisch
France, Royaume-Uni, 2005
Scénario : Cédric Klapisch
Production : Lunar Films
Producteurs : Matthew Justice, Bruno Levy
Image : Dominique Colin
Montage : Francine Sandberg
Musique : Loïc Dury, Bruno Epron Mahmoudi, Laurent Levesque, Christophe "Disco" Minck
Avec Romain Duris (Xavier Rousseau), Cécile de France (Isabelle), Kelly Reilly (Wendy), Audrey Tautou (Martine), Kevin Bishop (William), Evgenia Obraztsova (Natacha), Lucy Gordon (Celia)
Sur Arte les 12 avril 2023 à 20 h 55, 5 mai 2023 à 2 h 20
Visuels : © 1996-98 AccuSoft Inc., All ri

« Casse-tête chinois » de Cédric Klapisch
Belgique, France, 2012, 113 min
Scénario : Cédric Klapisch
Production : StudioCanal, Opposite Field Pictures, Ce Qui Me Meut Motion Pictures, La Compagnie Cinématographique, Panache Productions
Producteurs : Cédric Klapisch, Bruno Levy
Image : Natasha Braier
Montage : Anne-Sophie Bion
Musique : Christophe Minck
Avec Romain Duris (Xavier), Kelly Reilly (Wendy), Audrey Tautou (Martine), Cécile de France (Isabelle), Sandrine Holt (Ju), Jochen Hägele (Schopenhauer/Hegel)
Sur Arte les 19 avril 2023 à 20 h 55, 20 avril 2023 à 13 h 35, 12 mai 2023 à 13 h 35
Visuels : © JEROME PLON


dimanche 2 avril 2023

« Les évangéliques à la conquête du monde » de Thomas Johnson

L'évangélisme est un mouvement spirituel du protestantisme, qui souligne
 l'importance d'être "né de nouveau" (born again), l'autorité de la Bible comme révélation de Dieu à l'Humanité ("inerrance biblique") et la diffusion du message chrétien. Arte diffusera le 4 avril 2023 à 20 h 55 « Les évangéliques à la conquête du monde », la série documentaire partiale en trois parties de Thomas Johnson.

« Luther, la Réforme et le Pape », par Thomas Furch
La fabrique des saintes images. Rome-Paris, 1580-1660
Cranach et son temps 

L'évangélisme, dénommé aussi christianisme évangélique ou protestantisme évangélique, est un mouvement spirituel du protestantisme. Ce terme vient du mot grec "euangelion" signifiant « bonne nouvelle » et qui a donné le vocable évangile. 

Baptisme, pentecôtisme, mouvement charismatique, mouvement néo-charismatique... composent l’évangélisme. L'Alliance évangélique mondiale ou AEM (World Evangelical Alliance, WEA) regroupe la plupart de ces composantes.

En 2016, le nombre de chrétiens évangéliques s'élevait à 619 millions de personnes, soit un quart des chrétiens dans le monde. Le plus grand nombre de chrétiens évangéliques se trouve aux Etats-Unis.

Ce courant spirituel chrétien insiste sur l'importance d'être "né de nouveau" (born again), résultat de l'expérience de la conversion personnelle, l'autorité de la Bible comme révélation de Dieu à l'Humanité ("inerrance biblique") et la diffusion du message chrétien.  

Il a une démarche prosélyte.

Pour les évangéliques, la refondation de l'État d'Israël en 1948 correspond aux prophéties de la Bible, et s'avère une étape préludant au retour sur terre de Jésus comme Christ, comme Messie dans la perspective de l'Apocalypse - mot venant du grec "apokálupsis" signifiant « dévoilement » ou « révélation » -, la victoire de Dieu sur le Mal et la conversion du peuple Juif au christianisme.

Il en résulte un sionisme, un soutien politique à l'Etat Juif.

« De la guerre froide à nos jours, l'expansion de l'évangélisme a favorisé l’émergence d’un fondamentalisme chrétien dans nombre de pays. En trois volets, cette enquête fouillée « Les évangéliques à la conquête du monde » dévoile les rouages d'une redoutable machine politico-religieuse décidée à étendre son empire sur les consciences. »

« Devant la multiplication des signaux d'alarme, l’Alliance évangélique mondiale a fini par condamner, en 2021, la montée de ce "nationalisme chrétien" de combat, et sa collusion avec les partis d’extrême droite. »

« Mais en juin 2022, l'annulation par la Cour suprême des États-Unis de l'arrêt Roe vs Wade, garantissant le droit à l'avortement, a offert au fondamentalisme évangélique une nouvelle victoire. » Non, cet arrêt rappelle qu'il appartient à chaque Etat fédéré de se prononcer sur le droit à l'avortement.

« Tournée sur plusieurs années et dans plusieurs pays (États-Unis, Brésil, Corée du Sud, République démocratique du Congo et France, dans la "méga-église" Martin-Luther-King de Créteil), la passionnante enquête de Thomas Johnson réunit analyses de spécialistes et témoignages d'une multiplicité de fidèles et de leaders du mouvement. Une enquête sur les rouages d'une redoutable machine politico-religieuse ». 

« Beaucoup d'entre eux, comme la pasteure Paula White, qui dirigeait à la Maison-Blanche le conseil évangélique chargé de prier pour Donald Trump et le protéger des "forces du mal", ou Michele Bachmann, égérie du Tea Party, ex-députée américaine, aujourd'hui à la tête de l'une des richissimes universités évangéliques qui fleurissent aux États-Unis, assènent en souriant de stupéfiantes contre-vérités. »

« D'autres chrétiens, comme le "repenti" Robert Schenck, Jerushah Duford, la petite-fille de Billy Graham, ou le prix Nobel de la paix Denis Mukwege, ont rejoint les rangs de ceux qui luttent contre la propagation de la haine, qu'elle vise des femmes désirant avorter ou qu'elle relaie le battage des suprémacistes blancs. »
« Fourmillant d'archives inédites et d'incursions dans les célébrations géantes de l'évangélisme, la série révèle les rouages financiers, politiques et médiatiques d'une idéologie religieuse décidée à étendre son empire sur les consciences. »

« La Fédération protestante de France (FPF) a pris connaissance de la série documentaire « Les évangéliques à la conquête du monde » et souhaite adresser ses remerciements au groupe ARTE pour la grande qualité de ce projet porté par l’antenne française du groupe. Très bien documenté, il permet en effet de comprendre la complexité et la diversité du monde évangélique outre-Atlantique », a déclaré le FPF le 30 mars 2023 dans un communiqué de presse.

Et le FPF de poursuivre : « Le 20 mars dernier, la FPF organisait à la Maison du protestantisme une avant-première du troisième volet de cette trilogie, en présence du réalisateur Thomas Johnson, du producteur Olivier Mille et de Philippe Gonzalez, coauteur. Alors que le documentaire illustre principalement la branche de la droite évangélique américaine à la conquête du pouvoir aux Etats-Unis, une brève inclusion d'images du protestantisme français en fin de documentaire nous pose problème. La Fédération protestante de France y voit un parti-pris éditorial qui créé un amalgame choquant entre l’évangélisme américain nationaliste et les évangéliques français. Si nous félicitons toute l’équipe de production pour le travail d’enquête accompli, nous ne pouvons que nous indigner du fait que tous les évangélismes français puissent être ainsi associés à ces dérives. Afin de sortir de cette confusion qui ne reflète absolument pas la réalité évangélique en France, la FPF a fait deux propositions au groupe ARTE : que le titre de la série documentaire puisse être modifié par « Des évangéliques à la conquête du monde » (NB : ces documentaires sont diffusés aux USA sous le titre « Faith and power »). Dans un esprit collaboratif, la Fédération protestante de France s’est également mise à la disposition d’ARTE et de l’équipe de production afin qu’un quatrième volet consacré spécifiquement aux évangéliques en France puisse être réalisé. Celui-ci présenterait la réalité du monde évangélique français et compléterait ainsi cette série documentaire qui fera date. En effet, ces Églises au cœur d’un protestantisme en pleine mutation, méritent d’être mieux connues pour éviter précisément tout amalgame avec certaines expressions de ce courant aux Etats-Unis et au Brésil. 

« Nous regrettons de n’avoir reçu aucune réponse à ce jour de la part du groupe ARTE concernant ces propositions, alors que les documentaires sont accessibles sur leur site internet depuis le 28 mars », a conclu le Pasteur Christian Krieger, Président de la Fédération protestante de France, dans un communiqué de presse.


« La grande croisade »
1er volet : « Présent sur tous les continents, le mouvement évangélique, en rapide et constante expansion, compte aujourd'hui quelque 660 millions de fidèles. »

« S'il réunit différentes Églises, ce protestantisme conservateur reste dominé par un courant fondamentaliste devenu au fil des décennies une redoutable machine politique. »

« Il a contribué à porter au pouvoir, entre autres, Donald Trump et Jair Bolsonaro. Tous deux ont été défaits dans les urnes, mais leur présidence respective a renforcé les liaisons dangereuses entre pouvoir, finances et religion, au service d'un "nationalisme chrétien" de plus en plus offensif. » L'élection présidentielle de 2020 est entachée de questions légitimes sur la sincérité du scrutin.

« Remontant au XVIe siècle, aux racines d'un phénomène à la fois omniprésent et méconnu, ce premier volet en retrace la genèse et la mutation décisive qui intervient en 1942, avec la fondation de la National Association of Evangelicals américaine, qui entend reconquérir la société. »

« Avec la guerre froide, le prédicateur Billy Graham va donner à cet objectif un formidable élan. Sillonnant le globe au fil de "croisades" anticommunistes d’évangélisation, il galvanise des meetings géants au service des présidents conservateurs, d'Eisenhower à Nixon. Opposé à la ségrégation, il se tient pourtant à l'écart du mouvement pour les droits civiques emmené par Martin Luther King. Après le Watergate, il se retire de la politique intérieure pour se consacrer au reste du monde, visitant au total 185 pays. »

« Dans son sillage, la dynamique d'expansion se poursuit et les "méga-églises" se multiplient en Corée du Sud, au Brésil ou au Nigeria, où de nouveaux leaders religieux vont récolter ce qu'il a semé. »


« Les évangéliques au pouvoir  »
Deuxième volet : « dans les années 1970, sous l'égide de figures américaines plus radicales, comme le télévangéliste Jerry Falwell ou le théologien Francis Schaeffer, l'influence d'une droite chrétienne intransigeante, arc-boutée sur la défense des valeurs familiales rigoristes, favorise en 1980 l'élection de Ronald Reagan. »

« La lutte contre l'avortement devient le fer de lance du combat évangélique contre la sécularisation de la société. Quarante ans après, les élections de Trump et Bolsonaro, en 2016 et 2018, illustrent la puissance du mouvement, notamment au Brésil, qui fut longtemps la plus grande nation catholique au monde. En 2022, le Front parlementaire évangélique y a conquis 35 % des sièges au Congrès. »

« Dieu au-dessus de tout ?  »
Troisième volet : « le 6 janvier 2021, certains des insurgés qui prennent d'assaut le Capitole prient et brandissent des pancartes se revendiquant de Jésus. » Il ne s'agit pas d'"insurgés", mais de manifestants qui sont entrés en étant bien accueillis par des forces de l'ordre comme en témoignent des images vidéos.

« Les évangéliques partisans de Trump exportent leur combat en Europe et en Israël, convaincus par leur compréhension millénariste de la Bible que le Christ est sur le point de revenir en Terre sainte. » 

« Ils y prennent fait et cause pour les colons et l'extrême droite qui revendiquent au nom de Dieu les Territoires palestiniens. » "Colons" ?! "Extrême-droite" ?! Il s'agit de territoires disputés, de la Judée et de la Samarie, des terres bibliques.

« C'est sous l'influence de son conseil évangélique, installé pour la première fois au cœur de l'exécutif, que Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale de l'État juif. »



« Réalisateur d’une série documentaire-fleuve sur l'essor des évangéliques, Thomas Johnson met en garde contre un mouvement qui menace nos fondements démocratiques. Entretien. Propos recueillis par Raphaël Badache. 

Vous avez travaillé trois ans sur ce projet. Pourquoi ce choix ?
Thomas Johnson : Le christianisme est à la base de notre culture, et l'une de ses composantes, l'évangélisme, est en pleine expansion mondiale. Un être humain sur douze est évangélique. Or, on connaît peu ce mouvement religieux. L'un des objectifs de la série était de laisser parler ses grands idéologues pour comprendre leurs ambitions et leur positionnement. Notre souci permanent, avec mon coauteur le sociologue des religions Philippe Gonzalez, était d’éviter à tout prix certains écueils : ne pas généraliser, ne pas englober tous les évangéliques dans les mouvements les plus réactionnaires. Il existe toujours des courants progressistes, partisans de l'exégèse et historiquement liés à l'idée de séparation de l'Église et de l'État. Ils sont toutefois devenus minoritaires. Or, la droite conservatrice chrétienne américaine, pour qui la Bible est à lire au sens littéral, domine désormais l'ensemble du monde évangélique. Même s'il est difficile d'avancer des chiffres précis, ses idées s’imposent sur tous les continents.

Comment expliquer la prise de pouvoir de ces évangéliques aux discours virulents, flirtant avec, voire défendant, le suprémacisme blanc ?
Après 1945, la grande expansion évangélique mondiale a été menée par un courant conservateur, avec à sa tête le prédicateur Billy Graham, qui, pendant des décennies, a porté la parole de l'évangile dans ce qu'il appelait lui-même des "croisades". Ce courant a fait corps avec le rêve américain, devenant un des piliers idéologiques de l'individualisme, du capitalisme et du néolibéralisme. Il s'est ensuite infiltré au cœur du pouvoir politique. C'est ainsi que ces évangéliques ont porté Trump et Bolsonaro au pouvoir. Ils connaissent aussi un grand succès en Corée du Sud, et même en Afrique, avec un discours efficace auprès des plus défavorisés… porté par des pasteurs milliardaires : "Si vous nous rejoignez dans notre foi, vous aussi aurez droit au rêve américain ou à la bénédiction matérielle. Et si vous donnez à l'Église, Dieu vous le rendra au centuple."

À travers cette série, souhaitiez-vous aussi alerter le public sur la menace que fait peser le courant évangélique sur nos démocraties ?
Oui. À partir du moment où le mur qui sépare la religion et le politique se fissure, où Dieu devient un acteur politique, la démocratie est en danger. On l'a vu aux États-Unis avec Trump, dont la "conseillère spirituelle", Paula White, était une pasteure évangélique : elle a placé un "directeur de la foi" à la tête de chaque ministère, rompant avec le principe de séparation entre le religieux et le pouvoir. Le même phénomène s’est produit au Brésil avec Bolsonaro. Selon cette vision, Dieu doit pénétrer tous les secteurs de la société : éducation, politique, économie, partout ! On peut clairement parler d'émergence d’une forme d’hégémonie chrétienne qui détruit le pluralisme de nos sociétés et qui les polarise. Cela prouve que nos démocraties sont fragiles. Lorsque le dieu d'une religion donnée décide pour les citoyens, les humains ne sont plus égaux. S'il y a les chrétiens et les autres, nous entrons dans une autre forme de régime politique.

Et en Europe, quel est leur poids ?
On assiste à une alliance entre ces évangéliques, la droite conservatrice et les droites nationalistes européennes. Leur combat commun consiste à diffuser l'idée d'une civilisation judéo-chrétienne en danger d'écroulement, d'un monde qui touche à sa fin, les grands ennemis étant les musulmans. Ils gagnent en Italie, en Hongrie, progressent en Russie. En France, Zemmour incarne ce discours à travers la théorie du "grand remplacement". Cela ne veut pas dire que tous ces leaders, ces idéologues sont chrétiens ou même croyants. Ils utilisent simplement la force du message religieux à des fins politiques. Ils disposent là d’un outil puissant pour séduire, en se fondant sur la colère et la peur. Il s'agit également de diffuser l'idée d'un retour à une identité basée sur des valeurs dites chrétiennes ainsi qu'à une forme de grandeur : "Make America great again", reconstruire la "Grande Russie", "Reconquête" de la France… En cette période de crise, cela fonctionne plus que jamais. »



France, Etats-Unis, 2023
Coauteurs : Thomas Johnson et Philippe Gonzalez
Coproduction : ARTE France, Artline Films
Sur Arte :
1ère partie (53 min) : les 4 avril 2023 à 20 h 55, 19 avril 2023 à 9 h 25 
2e partie (52 min) : les 4 avril 2023 à 21 h 45, 19 avril 2023 à 10 h 20
3e partie : (53 min) : les 4 avril 2023 à 22 h 35, 19 avril 2023 à 11 h 10
Disponible du 28/03/2023 au 09/06/2023