Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 25 novembre 2022

Le safran

Le safran, souvent dénommé "or rouge", est une épice rare et chère. Il est utilisé comme colorant et en gastronomie, ainsi que pour ses vertus médicales. Il est évoqué notamment dans le Cantique des cantiquesArte diffusera le 29 novembre 2022 à 8 h 55, dans le cadre d'"Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Le safran, miracle automnal de la Manchaet le 02 décembre 2022 à 18 h 10, dans le cadre d'"Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Safranbolu, la cité turque du safran"  (Safranbolu: Die türkische Safran stadt).

Souvent dénommé "or rouge", le safran (Crocus sativus) est une épice rare et chère (30 000 euros/kg). Séchés, les stigmates des fleurs aux pétales mauves sont utilisés comme colorant et en gastronomie, notamment parmi les populations d'Asie (Iran, Inde, Israël) et d'Afrique du nord, en particulier au Maroc, ainsi que pour ses vertus médicales. Dans les Pyrénées ou les Alpes, des agriculteurs français se sont lancés dans la culture du safran.

De 150 000 à 200 000 fleurs sont nécessaires pour produire un kilo de safran. Il convient en effet d'émonder la fleur et de laisser sécher ses stigmates. Le prix élevé du safran s'explique aussi par l'importance du travail manuel requis à tous les stades : de la plantation de cette fleur à bulbe à la cueillette de chaque fleur - la récolte dure un mois à la fin de l'automne et la fleur s'épanouit durant une journée -, puis au retrait délicat à la main des stigmates (émondage séparant la fleur de son pistil) et à leur séchage.

Originaire de Grèce, le safran était utilisé à l'époque des deux Temples à Jérusalem pour parfumer et mêlé à l'encens. Il est évoqué dans des prières (Minha) et dans le Cantique des cantiques : "Le nard, le safran, le roseau odorant et la cannelle, avec tous les bois odorants, la myrrhe, l'aloès et les essences aromatiques".

Dans les monts près de Jérusalem, Moshe Kedem et Asher, deux Israéliens originaires de France - l'un était financier, l'autre marchand d'art - ont créé une safranière en utilisant des engrais organiques dans le cadre d'une agriculture biologique, du développement durable respectueux de l'environnement.  "Un gramme de safran suffit à parfumer une centaine de plats". Ces deux agriculteurs soulignent avoir réintroduit cette fleur en Eretz Israël et que le pistil du safran a la forme de la lettre hébraïque shin (שׁ).

« Réputé être l’épice la plus chère au monde, le safran n’est toutefois pas à l’abri de la contrefaçon…  On le trouve souvent coloré par du piment, ou coupé avec du curcuma ». 

Xenius
Arte diffusa le 4 février 2020 dans le cadre de « Xenius », « Le safran » (Wertvoller Safran Köstlich, aber nicht fälschungssicher).

« En Allemagne, les présentateurs de "Xenius", Emilie Langlade et Adrian Pflug, découvrent pourquoi le safran est si onéreux et apprennent à distinguer l'épice authentique de ses pâles copies », des épices colorées en rouge.

"L'or rouge du Quercy"
Arte diffuse sur son site Internet, dans le cadre d'"Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "L'or rouge du Quercy" (Das rote Gold aus dem Quercy).
 
"Le safran est une petite fleur délicate, mauve, qu’on trouve dans la vallée du Lot, autour de Carjac ou de Saint-Cirq-Lapopie. À priori toute fragile, c’est aussi une fleur sauvage." Elle y est cultivée au moins depuis le Moyen-âge. Elle agrémente la gastronomie rurale. La fleur étant fragile, elle est cueillie à la main. Et elle fane vite.

"Le safran de la Mancha"

"Du lundi au vendredi, Linda Lorin nous emmène à la découverte de notre patrimoine artistique, culturel et naturel".

"Le ciel commence à peine à blanchir sur les hautes plaines de la Mancha en Espagne. Comme chaque année, après les grandes pluies d’automne, la région retient sa respiration, elle attend fébrile un changement de couleur. Dès l’aube, on espère que les discrètes pousses vertes de la veille seront devenues de belles fleurs pourpres, celles du safran. Un trésor qui a permis à ces terres arides de rester peuplées, de dessiner un paysage et de façonner une culture".

"Safranbolu, la cité turque du safran"
Arte diffusera le 02 décembre 2022 à 18 h 10, dans le cadre d'"Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Safranbolu, la cité turque du safran"  (Safranbolu: Die türkische Safran stadt).

"À l’est d’Istanbul, dans le nord de la Turquie, émerge Safranbolu. Ce qui était autrefois une cité modeste, se retrouve sous l’Empire ottoman au cœur d’un commerce mondial. Les caravaniers de la Route de la soie s’y pressent pour y acquérir une épice rare, la plus onéreuse de toutes et qui fait la prospérité de la ville : le safran".


« Le safran » 
Allemagne, 2019, 27 min
Sur Arte le 4 février 2020 à 17 h 15
Disponible du 03/02/2020 au 03/05/2020

France, 2020, 2 min
Disponible du 15/12/2020 au 15/12/2022

France, 2021, 14 mn
Coproduction : ARTE France, Éléphant Doc
Émission présentée par Linda Lorin
Sur Arte les 7 septembre 2021, 29 novembre 2022 à 8 h 55 et 30 novembre 2022, 6 décembre 2022 à 18 h 10
Sur arte.tv du 29/11/2022 au 03/02/2023

France, 2021, 14 min
Sur Arte le 02 décembre 2022 à 18 h 10
Disponible du 02/09/2021 au 02/09/2023
Sur arte.tv du 25/11/2022 au 30/01/2023
Visuels : © Elephant Doc

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 29 janvier 2020.

jeudi 24 novembre 2022

Masih Alinejad, journaliste iranienne

Née en Iran en 1976, Masih Alinejad est une journaliste, essayiste et militante féministe opposée au régime des mollahs. Exilée aux Etats-Unis, elle dirige le mouvement "Stealthy Freedom", soutient les femmes iraniennes refusant le port du voile islamique et exhorte les pays occidentaux à renforcer les sanctions contre l'Iran. Arte diffuse sur son site Internet « À visage dévoilé - Le combat de Masih Alinejad » (Mit wehenden Haaren gegen die Mullahs) de Nahid Persson

Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ? 
« Humoristes et musulmans » de Frank Eggers  
« Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui » 
« Riad Sattouf. L’écriture dessinée »
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein 
« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau
L'Etat islamique 
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS 
« Les armes des djihadistes » par Daniel Harrich 
« L'argent de la terreur »
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel 
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse 
« Iran-Irak, la guerre par l'image » par Maryam Ebrahimi
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz
Le keffieh, c'est tendance !

Née en 1976 à Babol (Iran), Masoumeh Alinejad-Ghomi a du quitter l'Iran en 2009 car, journaliste, elle critiquait les dirigeants iraniens, notamment sur la condition des femmes dans le régime des mollahs.

Exilée aux Etats-Unis, elle vit à New York où elle travaille comme journaliste - VOA Persian Service, Radio Farda, la chaîne de télévision Manoto, la plateforme IranWire -, écrivaine, militante politique américaine. 

Cette militante a été distinguée par des Prix, dont le Prix du Sommet de Genève pour les droits de l'homme et la démocratie (2015), le Prix Omid du journalisme de la Fondation Mehdi Semsar, le International Media Excellence Awards de l'AIB (Association for International Broadcasting) et le Moral Courage Award (2022) de l'American Jewish Committee pour avoir dénoncé, au risque de sa vie, les violations des droits de l'homme par le gouvernement chiite.

Masih Alinejad dirige le mouvement « My Stealthy Freedom » (« Ma liberté furtive ») qu'elle a créé en 2014 pour défendre les droits des femmes en Iran, notamment celui de refuser le port obligatoire du voile islamique, le hijab, en Iran. Elle invite les Iraniennes à se photographier tête nue et à poster leur photographie sur la page Facebook du mouvement. Elle a lancé les mouvements #MyCameraIsMyWeapon (« Ma caméra est mon arme ») et #WhiteWednesdays (« Mercredi blanc »).

En 2018, a été édité son livre "The Wind in My Hair" (« Le vent dans mes cheveux »).

En 2019, Alinejad a poursuivi le gouvernement iranien, qui persécute des membres de sa famille et a tenté de la kidnapper, devant un tribunal fédéral américain pour harcèlement sa famille et elle.

Elle trouve inutile que des femmes occidentales se coupent les cheveux par solidarité avec les femmes manifestant en Iran contre le hijab car elle prône la rupture des relations diplomatiques avec l'Iran.

En novembre 2022, par l'intermédiaire de Bernard-Henri Lévy, elle a été reçue à l'Elysée (Paris) pour rencontrer le Président de la République Emmanuel Macron à qui elle a "demandé d'être le premier dirigeant du G7 à reconnaître la révolution en Iran. Il a fait. Nous appelons les dirigeants du G7 à faire de même. Lorsque des enfants et des adolescents se font tuer, l'Ouest doit expulser les diplomates de l'IRI" (République islamique d'Iran). 

« À visage dévoilé - Le combat de Masih Alinejad »
Arte diffuse sur son site Internet, dans le cadre de "La vie en face", collection de 17 documentaires de société", « À visage dévoilé - Le combat de Masih Alinejad » (Mit wehenden Haaren gegen die Mullahs), documentaire suédois de Nahid Persson.

« Portrait de la journaliste et militante féministe Masih Alinejad, devenue célèbre pour avoir lancé le mouvement de protestation contre le port du hijab obligatoire en Iran ».

« Chevelure flamboyante et verbe haut, la journaliste et militante féministe Masih Alinejad, aujourd’hui exilée à New York, lutte depuis l’adolescence contre le port du hijab obligatoire en Iran. » 

« En lançant le mouvement "My Stealthy Freedom" ("ma liberté furtive"), puis la campagne "#WhiteWednesday" sur les réseaux sociaux, elle a appelé les femmes de son pays à poster des photos d’elles dévoilées, et remporté un grand succès ». 

« Mais son combat ne s’arrête pas à la seule cause féministe. En novembre 2009, lors de la répression du mouvement de protestation à Téhéran, les opposants au régime trouvaient le moyen, malgré la suspension d’Internet, de lui faire parvenir des photos et des témoignages sur les violences commises par les forces de l’ordre ». 

« Dénonçant sans relâche le non-respect des droits de l’homme en Iran, malgré les menaces qu’elle subit et les représailles à l’encontre de sa famille, dont trois membres ont été arrêtés en 2019, la dissidente poursuit inlassablement sa lutte en faveur des libertés : "J’ai choisi d’être la voix de tous ceux qui ne peuvent s’exprimer", martèle-t-elle.

« Après plusieurs documentaires sur la corruption des dirigeants de la République islamique, Nahid Persson Sarvestani, réalisatrice iranienne aujourd’hui installée en Suède, a voulu rencontrer Masih Alinejad aux États-Unis ». 

« De ses premières révoltes à ses investigations, de ses victoires à ses colères, ce film en forme d’hommage retrace le parcours de cette combattante courageuse à l’énergie inaltérable. »


Suède, 2021, 58 min
Production : Real Reel, en association avec SWR/ARTE
Sur Arte le 21 juillet 2021 à 23 h 40
Disponible du 14/07/2021 au 18/10/2021
Visuels : © SWR/RealReal Doc AB

Sami Frey


Sami Frey est un comédien et metteur en scène français né à Paris dans une famille juive polonaise. Rescapé de la Shoah, ce comédien exigeant mène de front une carrière au cinéma– Clouzot, Godard, Rappeneau, Sautet, Serreau, Doillon -, et au théâtre. Arte diffusa le 27 novembre 2022 à 13 h 30 "César et Rosalie" (César und Rosalie) est un film de Claude Sautet avec Romy Schneider, Yves Montand et Sami Frey.

Henri Alekan (1909-2001), directeur de la photographie

Sami Frey est né en 1937 à Paris dans une famille juive polonaise.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, il survit car ses parents, avant d'être arrêtés, l'ont caché dans un panier à linge, et en enfant caché avec des membres de sa famille à Saint-Avit-les-Guespières (Eure-et-Loir), puis à Rodez. Ses parents sont déportés et assassinés dans un camp nazi.

Claude Lanzmann a brossé un portrait de l'acteur en 1962 : « Jusqu’à l’âge de 6 ans, il n’a parlé que la langue de ses pères, le yiddish. Puis, pendant deux ans, on lui a ordonné de se taire, sous peine de mort. Sa voix l’aurait trahi. Il s’est tu donc et depuis, la communication lui est douleur. »

Rescapé de la Shoah, Sami Frey doit mettre un terme à sa scolarité à 13 ans.

Il est élève au Cours Simon.

En 1970, Clouzot fait passer des essais pour "La Vérité" à Jean-Paul Belmondo, Hugues Aufray et Sami Frey. Il choisit Hugues Aufray qui ne s'entend pas avec le réalisateur. Et Sami Frey obtient le rôle masculin principal face à la vedette Brigitte Bardot. Rompant avec sa compagne Pascale Audret, Sami Frey vit une histoire d'amour avec Brigitte Bardot, alors mariée à Jacques Charrier.

Ce comédien exigeant, à la voix douce, mène de front une carrière au cinéma en France – Franju (Thérèse Desqueyroux, en 1962), Michel Deville (L'Appartement des filles, 1963), Jean-Luc Godard (Bande à part, 1964), Jean-Daniel Pollet (Une balle au cœur, 1965), William Klein (Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, 1966), Rappeneau (Les Mariés de l'an II, 1970), Charles Belmont (L'Écume des Jours, 1968, Rak, 1972), Claude Sautet (César et Rosalie, 1972), Adam (M comme Mathieu, 1973), Marguerite Duras (Jaune le soleil), Coline Serreau (Pourquoi pas !, 1977), Miller (Mortelle Randonnée, 1983, avec Isabelle Adjani), Jacques Doillon (La Vie de famille, 1985), Jacques Rouffio (L'État de grâce, 1986), Michel Drach (Sauve-toi, Lola), Sanders-Brahms (Laputa, 1987), André Delvaux (L’Œuvre au noir, 1988), Margarethe von Trotta (L'Africana, 1990), Steve Suissa (Mensch, 2009). -, et aux Etats-Unis : La Veuve noire de Bob Rafelson (1986).

Au théâtre, Sami Frey joue dans Les Amours de Don Perlimplín avec Belise en son jardin de Federico García Lorca - mise en scène Bernard Jenny (1957) -, La Bête dans la jungle d'Henry James - adaptation de Marguerite Duras, mise en scène Alfredo Arias, avec Delphine Seyrig, et réalisée pour la télévision par de Benoît Jacquot -, C'était hier d'Harold Pinter - mise en scène Sami Frey (1992), L'Ecclésiaste (1995), Nathan le Sage de Gotthold Ephraïm Lessing - mise en scène Denis Marleau (1997) - Je me souviens d'après Georges Perec créé en 1988 - mise en scène Sami Frey (2003), Premier Amour de Samuel Beckett (2019).

En 1974, Sami Frey réalise le Making of de Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles, film de Chantal Akerman avec Delphine Seyrig, actrice engagée. Celle-ci et Sami Frey contribuent à faire connaitre le dramaturge britannique Harold Pinter au public français. Ils vivent ensemble jusqu'au décès de la comédienne en 1990.

"Au théâtre, je peux faire le silence. Je peux arrêter la marche du monde pendant un instant. (...) J'ai évidemment la possibilité de m'abstraire, le théâtre est un endroit où le silence peut être magnifique... La voix, c'est probablement le résultat d'un long processus. On s'exprime par la voix, c'est avec la voix qu'on communique avec les autres. Je travaille plus ma mémoire que ma voix. Elle est le résultat d'une vie. Quand je m'enregistre et quand je travaille, ça m'arrive de m'endormir ! Il faut pas trop s'écouter non plus parce que ça devient lassant", a déclaré Sami Frey sur France Culture.

Discret sur sa vie privée, Sami Frey a mis son talent, sa présence et son charme au service d'auteurs dont il a dit avec sensibilité et humilité les textes. Aux personnages interprétés, il restitue leur fougue, leur colère, leur audace, leur autorité, leur idéalisme, leur fragilité...

"Je pense qu’entre la vie publique et privée, l’une est tout de même le reflet de l’autre. La vie publique est le résultat d’un cheminement privé. Il y a une harmonie entre ces deux aspects, mais qui n’est pas forcément transparente... Dans le film "Le nez dans le ruisseau" de Christophe Chevalier, une chose importante est dite : le savoir permet de se forger sa propre pensée, donc de choisir sa propre liberté... Je ne suis pas croyant, mais je considère qu’il faut tout faire pour protéger la vie. Je pense que tout est à vivre", a confié Sami Frey.

« La vérité » 
Arte diffusa le 23 mars 2020 « La vérité » (Die Wahrheit) par Henri-Georges Clouzot. « Une jeune femme au charme dévastateur est accusée du meurtre de son amant. Devant la cour d'assises, elle clame qu'il s'agit d'un crime passionnel... Signé Henri-Georges Clouzot, un drame épris de liberté, où la sensuelle Brigitte Bardot excelle face à Sami Frey, Paul Meurisse et Charles Vanel. »

« Dominique Marceau, jeune femme au charme dévastateur, passe en cour d'assises. Accusée d'avoir assassiné son amant Gilbert Tellier, elle clame désespérément qu'il s'agit d'un crime passionnel. Mais nul ne la croit. Son avocat a lui-même abandonné l'idée de la sortir des griffes du défenseur de la partie civile. Avec la complicité du président du tribunal, ce dernier revient sur la vie débauchée de la jeune femme pour en dessiner un portrait peu flatteur : égoïste, instable, provocatrice et oisive, Dominique aurait volé le petit ami de sa sœur Annie par pure jalousie… »

« Il souffle ici comme un petit vent de Nouvelle Vague. S'entourant de ses grands acteurs habituels – Paul Meurisse, parfait en avocat cynique et cruel, Charles Vanel et sa dérision savoureuse, et l'excellent Louis Seignier –, Clouzot fait aussi appel à la jeune génération : Sami Frey, dans l'un de ses meilleurs rôles, Jacques Perrin et, surtout, l'icône Brigitte Bardot, fraîchement auréolée de son triomphe dans Et Dieu créa la femme, qui se révèle une époustouflante tragédienne. Car, s'il joue de sa sensualité déjà légendaire (comment résister à cette séquence de danse endiablée sous les draps ?), le cinéaste parvient à tirer avec maestria l'actrice vers le registre dramatique. Côté réalisation, Henri-Georges Clouzot s'émancipe. À la mise en scène "théâtrale" du procès, réglée avec une précision d'orfèvre – et émaillée de joutes oratoires incisives, tantôt noires, tantôt cocasses –, il juxtapose en un montage judicieux des flash-back de la vie de l'héroïne. Tournées dans le Quartier latin en décor réel, ces scènes révèlent le quotidien d'une jeunesse bohème, éprise de liberté et provocatrice. Une génération porteuse des bouleversements à venir, qui s'oppose aux codes moraux bourgeois et rigides des aînés. De quoi faire taire les railleries de la Nouvelle Vague qui, à l'époque, voulait rejeter le cinéaste à l'arrière-garde. »

La Vérité (1960) de Henri-Georges Clouzot est un « suspense judiciaire autour du procès d’une jeune femme accusée du meurtre de son amant. Clouzot le terrible, fidèle à sa réputation, réalise un film d’une noirceur extrême et tyrannise la pauvre Brigitte Bardot, forcée d’abandonner ses pitreries pour jouer dans un registre paroxystique. Avec le temps, le film a gagné en étrangeté. La vulgarité du film et les poncifs qu’il véhicule sur la jeunesse sont datés, mais la mise en scène ne manque pas de force et Bardot est assez géniale", a analysé Olivier Père. 

Et de conclure : "A travers le procès de cette jeune femme trop désirable, libre et amorale, coupable d’avoir trop aimé et provoqué l’amour, on peut voir celui de son actrice, star et symbole sexuel dont la vie privée passionnelle et scandaleuse faisait couler davantage d’encre que ses performances à l’écran, dans une France pudibonde et conservatrice. Il s’agirait alors d’une mise en abyme cruelle, et même sadique, typique des systèmes de domination des acteurs instaurés par Clouzot sur ses tournages, mais au résultat remarquable sur le plan dramatique. Précipité de misanthropie, La Vérité brille par la qualité de son interprétation : Paul Meurisse et Charles Vanel sont impressionnants en ténors du barreau, Sami Frey est parfait en beau ténébreux. La diffusion de La Vérité permet de saluer la mémoire de l’actrice Marie-José Nat, disparue le 10 octobre 2019. Clouzot lui offre le deuxième rôle important de sa jeune carrière après Rue des prairies de Denys de La Patellière : celui de la rivale de B.B. auprès de son amant interprété par Sami Frey. Quant à Brigitte Bardot, elle suscite l’admiration et parvient à s’imposer à l’écran en véritable tragédienne, dans ce qui restera le sommet de sa filmographie, avec Le Mépris de Jean-Luc Godard, trois ans plus tard ».

"César et Rosalie"
"César et Rosalie" (César und Rosalie) est un film de Claude Sautet avec Romy Schneider, Yves Montand et Sami Frey. 

"La belle Rosalie vit sous l'aile protectrice de César, un homme issu du peuple, exubérant et charmeur, que son entreprise de récupération de métaux a rendu fort riche. César considère sans façon que Rosalie lui appartient, et celle-ci s'en amuse, jusqu'au jour où elle retrouve dans une réception un amour de jeunesse, David, un homme doux et calme."

"David n'a jamais cessé d'aimer Rosalie, qui ne tarde pas à s'enflammer à nouveau pour lui. Ne supportant plus la jalousie de César, Rosalie finit par le quitter pour rejoindre David. Dans un premier temps, César joue les grands seigneurs pour ne pas perdre la face. Mais Rosalie lui manque cruellement..."

"Une jeune femme ne parvient pas à choisir entre ses deux hommes… Avec un tact plein de justesse dans l’analyse des comportements, Claude Sautet se livre après "Les choses de la vie" à une nouvelle exploration du couple. Le film est porté par un magnifique trio d'acteurs : Sami Frey, Yves Montand et Romy Schneider."

"Divorcée d’avec Antoine, peintre, Rosalie vit avec César, un homme hâbleur et sûr de lui qui a fait fortune dans la récupération de métaux. Lorsque resurgit David, un amour de jeunesse, Rosalie sait qu’elle aime encore ce garçon doux et calme."

"Ne supportant plus la jalousie de César, elle décide de le quitter pour aller vivre avec lui. Mais bientôt, César les rejoint , tout penaud, et Rosalie accepte de le suivre."

"Quand il comprend que Rosalie n'est pas heureuse, César demande à David de venir vivre avec eux."

"Une solide amitié se noue entre les deux hommes, dont Rosalie se sent exclue…"

"Avec un tact plein de justesse dans l’analyse des comportements, Claude Sautet se livre après Les choses de la vie à une nouvelle exploration du couple. Porté par un magnifique trio d'acteurs – Sami Frey, Yves Montand et Romy Schneider, parfaite d'indécision au centre de leur triangle amoureux –, son film nous touche."

"Aux prises avec leurs démons intérieurs, les personnages sont sous nos yeux ballotés entre les élans et l'émoussement des sentiments, blessés par les non-dits et les aspirations déçues, et bousculés par les joies ou l'usure du quotidien. Avec un classicisme pointilleux, la mise en scène préserve un mystère émouvant jusqu’à la très belle séquence finale."

"Avec César et Rosalie, Claude Sautet signe un drame gai devenu un classique du cinéma français des années 70. Romy Schneider y retrouve pour la troisième fois celui qui l’avait dirigée dans Max et les ferrailleurs et Les choses de la vie. Elle est magnifique dans le rôle de Rosalie, personnage bovarien partagé entre deux hommes qui se disputent son amour", indique Olivier Père pour Arte.

Et Olivier Père d'analyser : "Deux images de la masculinité s’affrontent dans César et Rosalie, au travers de personnages et d’acteurs au charme opposé : César, un entrepreneur dynamique et macho interprété par Yves Montand ; David, un artiste sensible et romantique auquel Sami Frey prête sa beauté ténébreuse. On aurait tort de résumer le cinéma de Sautet à sa dimension sociologique comme ce fut longtemps le cas. Les films de Sautet se caractérisent par leur perfectionnisme, leur stylisation invisible mais aussi par une forme de romanesque fiévreux, dans lequel des caractères bien ancrés dans la société française comme celui de César laissent soudainement exploser une violence incontrôlable. Malaises, crises, dérapages, effondrements… Sautet excelle à représenter des figures masculines déficientes ou débordées par leurs sentiments et leurs pulsions intimes (passion, jalousie, désir sexuel)".

"César et Rosalie tient à la fois de la comédie italienne pour la fantaisie et du cinéma américain pour le sens du rythme. Claude Sautet ancre son histoire dans la France de l’époque, en accordant une place essentielle aux conversations dans les voitures, les cafés, les restaurants qu’il aimait tant filmer. La récurrence des scènes de pluie, des surfaces vitrées, des espaces clos et nocturnes confère à ce film considéré comme une chronique naturalisme et sentimentale une discrète ambiance poético-onirique", a conclu Olivier Père.


"La fille de d'Artagnan" 
"La fille de d'Artagnan" (D'Artagnans Tochter) de Bertrand Tavernier (1994) est librement inspiré de romans d'Alexandre Dumas. "Digne héritière de son père, Éloïse d'Artagnan est résolue à déjouer le complot qui se trame contre Louis XIV... Signé Bertrand Tavernier, un spectacle virevoltant mariant action, humour et romance. Avec un casting relevé : Sophie Marceau, Philippe Noiret, Claude Rich et Sami Frey."

"En 1654, Éloïse d’Artagnan assiste, impuissante, au meurtre de la mère supérieure du couvent où elle a été élevée. Convaincue que les coupables, le duc de Crassac et Églantine de Rochefort, ourdissent un complot contre le jeune Louis XIV, la demoiselle gagne Paris où elle alerte son illustre père. Athos, Porthos et Aramis reprennent alors du service pour leur prêter main-forte."

"Si le film repose largement sur les épaules de Sophie Marceau, qui déploie une énergie remarquable pour habiter son personnage de jeune effrontée maniant l’épée, d’irrésistibles seconds rôles s’animent à ses côtés dans des scènes de chevauchées et de duels acharnés. Ranimés par la fougue d’Éloïse, le capitaine gascon et ses fidèles amis, héros d’antan bougons et engourdis, repartent ainsi à l’aventure contre le vil Crassac. Un spectacle virevoltant mariant action, humour et romance."


« La vérité » par Henri-Georges Clouzot
France, Italie, 1960, 123 minutes
Scénario : Henri-Georges Clouzot, Véra Clouzot, Simone Drieu, Jérôme Géronimi, Michèle Perrein et Christiane Rochefort
Production : CELAP, Iéna Productions
Producteur/-trice : Roger Debelmas et Raoul Lévy
Image : Armand Thirard
Montage : Albert Jurgenson
Musique : Igor Strawinski et Ludwig van Beethoven
Avec Brigitte Bardot, Charles Vanel, Sami Frey, Paul Meurisse, Marie-José Nat
Sur Arte le 23 mars 2020 à 20 h 55

"
César et Rosalie" réalisé par Claude Sautet
France, Allemagne, Italie, 1972
Production : Fildebroc, Mega Film, Paramount-Orion Filmproduktion
Productrice : Michelle de Broca
Scénario : Jean-Loup Dabadie, Claude Sautet, Claude Néron
Image : Jean Boffety
Montage : Jacqueline Thiédot
Musique : Philippe Sarde
Acteurs : Yves Montand, Romy Schneider, Sami Frey, Isabelle Huppert, Bernard Le Coq, Umberto Orsini, Eva Maria Meineke
Sur France 5 le 23 mai 2016
Sur Arte les 16 septembre 2018 à 20 h 50, 27 novembre 2022 à 13 h 30, 02 décembre 2022 à 15 h 05
Visuels :
Rosalie (Romy Schneider, Mi.), César (Yves Montand), Lucie (Eva Maria Meinecke, li.), David (Sami Frey
César (Yves Montand, re.) Rosalie (Romy Schneider, Mi.) David (Sami Frey, li.) ©
© Centerpoint
Yves Montand et Romy Schneider
© 1972 FIL DE BROC.

"La fille de d'Artagnan"
de Bertrand Tavernier
France, 1994, 125 min
Scénario :Bertrand Tavernier, Jean Cosmos, Michel Léviant
Production : Ciby 2000, Little Bear, TF 1 Films Productions, BNP Images, Canal+
Producteur/-trice : Véronique Bourboulon
Image : Patrick Blossier
Montage : Ariane Boeglin
Musique : Philippe Sarde
Avec Sophie Marceau, Philippe Noiret, Sami Frey, Jean-Luc Bideau, Raoul Billerey, Nils Tavernier, Claude Rich, Charlotte Kady
Sur Arte le 26 avril 2020 à 20 h 55
Visuels :
Raoul Billerey (Porthos), Philippe Noiret (D' Artagnan), Sophie Marceau (Héloïse D' Artagnan), Jean-Luc Bidault (Athos) et Samy Frey (Aramis) dans le film de Bertrand Tavernier " La fille de D' Artagnan"
© Etienne George / SYGMA

Claude Rich (Herzog von Crassac), Charlotte Kady (Eglantine de Rochefort) et Sophie Marceau (Héloïse D' Artagnan) dans le film de Bertrand Tavernier " La fille de D' Artagnan"
© Etienne George / SYGMA

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 23 mars 2020