Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 7 mai 2021

« Le Grand Remplacement » par Renaud Camus

«
Dans plusieurs essais, l'écrivain français Renaud Camus analyse « Le Grand Remplacement », une expression qui désigne la substitution au peuple français de populations immigrées. Le prélude à la destruction de la civilisation française. Cette expression s'avère controversée : des politiciens, journalistes et intellectuels en nient la réalité. En 2021, La Nouvelle Librairie republie "Le Grand Remplacement. Introduction au remplacisme global" de Renaud Camus. Les propos d'une habitante musulmane au Président Emmanuel Macron à Montpellier, le 19 avril 2021, ont prouvé la réalité de ce "Grand Remplacement.


« Intellectuel français souvent classé à la droite de la droite », Renaud Camus a forgé le néologisme « Grand Remplacement » pour désigner un processus contemporain de changement de peuple, par une immigration de masse, impliquant un changement de civilisation, notamment en France. 

Pour l'essayiste, si la France a su intégrer des individus, elle n'a pas su, ne sait pas, intégrer des groupes, a fortiori numériquement importants. Renaud Camus a songé au Grand Dérangement des Acadiens au Canada pour élaborer le Grand Remplacement.

« 2017, dernière chance avant le Grand Remplacement » 
La Maison d’Edition a publié « 2017, dernière chance avant le Grand Remplacement – Changer de peuple ou changer de politique » par Renaud Camus.

L'auteur y présente son analyse des enjeux de l’élection présidentielle 2017 et des mesures urgentes pour enrayer un processus de changement de civilisation.

« Fantasme ou réalité, concept ou phénomène observé, le Grand Remplacement serait la substitution progressive, en quelques décennies, de la population historique de notre pays par des populations issues de l'immigration, majoritairement extra-européenne » et musulmane. 

Le Grand Remplacement « est contesté par une grande partie des politiques et des médias français mais il est en même temps de plus en plus dénoncé par l'opinion publique ». 

Remplacement, remplacés, remplaçants, remigration, Matière Humaine Indifférenciée (MHI), In-nocence conçue comme la volonté de « ne pas nuire à la propriété des autres et à l'intégrité de la nature », Union européenne/Europe… Interrogé par Philippe Karsenty, Renaud Camus « s'explique tout en démasquant les complices de ce processus : médias, politiques, sociologues et intellectuels. Pour Renaud Camus, Le Grand Remplacement est une réalité dangereuse qui doit être combattue, au même titre que les grands mythes historiographiques qui le rendent possible ». La réalisation par les faits d'une boutade de Bertolt Brecht.

Convaincu des dangers de la surpopulation, fervent partisan de l'écologie, l'auteur développe une vision pessimiste du devenir de la Planète. Il n'évoque pas la possibilité d'une hausse du taux de natalité des « remplacés ». Il n'envisage pas l'hypothèse que le déclin démographique, notamment en Russie ou au Japon - deux pays refusant le Grand Remplacement par l'immigration de masse - ne soit pas inéluctable. A cet égard, l'exemple israélien analysé par Michel Gurfinkiel, journaliste, écrivain et président de l'Institut Jean-Jacques Rousseau, prouve la réussite d'un renversement de tendance démographique : depuis une quinzaine d'années, « la démographie de la communauté-souche – les Israéliens juifs -  remonte et la démographie de la minorité arabe baisse ».

Renaud Camus pourfend des mythes - « La France a toujours été une terre d'immigration », etc. -, souligne les dénis de réalités de sociologues.

Ce « livre d'entretien corrosif permet de comprendre et appréhender ce qui se déroule sous nos yeux depuis plusieurs décennies en France, et plus généralement en Europe ». 

Admiratif de Winston Churchill, Renaud Camus « est souvent contesté mais ne laisse jamais indifférent ». 

Éditeur, homme d'affaires et élu français, Philippe Karsenty l’interroge avec précision, lui laisse toute latitude pour étayer ses analyses et propositions, tout en précisant ne pas partager toutes les idées de Renaud Camus.

Des analyses intéressantes sur la généralisation imposée de l'effacement des différences et des remplacements ainsi que sur "les intérêts de droite" qui se sont placés cyniquement à gauche. mais parfois peu convaincantes - « solution à deux Etats » pour régler le conflit au Proche-Orient né du refus islamique d'un Etat juif, et non solvable par des concessions territoriales - qui révèlent des carences informatives.

Marlène Schiappa
Le 10 février 2020, lors de son débat (Face-à-face) avec le journaliste Éric Zemmour sur CNews, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l'Egalité hommes-femmes, avait évoqué les "actes racistes et antisémites" en refusant de désigner, comme l'y invitait Eric Zemmour, ceux qui les commettait et de reconnaître la part disproportionnée des chrétiens et des Juifs dans le nombre de victimes (28'). "Les victimes des discriminations sont aussi les victimes des discours de haine, et notamment celui venant de Monsieur Camus, pas Albert, Renaud, sur le Grand remplacement. Par exemple, le tueur de Christchurch en Nouvelle Zélande [le 15 mars 2019, Brenton Tarrant a commis des attentats contre deux mosquées de Christchurch, et qui ont fait 51 morts et 49 blessés, Nda]. On a retrouvé sur lui le manuel appelé The Great Remplacement, le Grand Remplacement, et ce sont des gens qui profèrent des actes de haine jusqu'au crime, et jusqu'au crime de masse, des actes racistes et antisémites qu'on crée avec cette idéologie du Grand remplacement en soufflant sur les peurs, la peur la peur de l'autre, du lendemain, de l'invasion avec un champ lexical morbide sur le suicide, sur la dépression, sur la mort... On  crée et on attise la peur des uns contre les autres... On est là dans une lecture ultra identitariste des choses... Le Grand Remplacement n'aura pas lieu car le démographe Hervé le Bas documente scientifiquement" l'immigration. ". Eric Zemmour a persiflé en qualifiant ce démographe de "Lyssenko de la démographie". "Faut-il interdire le Coran, livre de haine, qui a causé deux cents morts en France en 2015 ? Renaud Camus est un grand écrivain. Il a développé une formule, un processus qui est le drame historique de notre époque", a-t-il répondu.

Le 12 février 2020, sur Twitter, Renaud Camus a indiqué qu’il avait porté plainte contre elle pour ces propos" et "pour diffamation & mise en danger de la vie d’autrui. Elle a amalgamé mon livre avec la brochure du même titre du tueur de Christchurch, nullement inspiré par lui mais par le constat d’une même évidence."

Peu après la diffusion de l’émission Face à l’info, il s’était d’ailleurs défendu lui-même, toujours sur Twitter. « Marlène Schiappa prétend que le tueur de Christchurch avait sur lui mon livre. C’est une grave diffamation, elle confond avec la brochure du tueur, ‘The Great Replacement’, qui n’a rien à voir. Etant donné les us de l’Occupant, c’est aussi une mise en danger de la vie d’autrui », avait-t-il écrit. En 2019, il avait condamné les attentats à Christchurch.

Le "13 février, son avocat Yohann Rimokh a également écrit la tribune "Débat Schiappa/Zemmour : le Grand Remplacement, bouc émissaire évident" : « Comment peut-on proférer de telles choses quand on est ministre ? Comment peut-on sérieusement confondre le manifeste d’une dizaine de pages rudimentaires et abjectes d’un terroriste et le livre de Renaud Camus, épais de plusieurs centaines de pages, toutes entières basées sur l’amour de ce pays, l’innocence, la non-nuisance et la non-violence ? ».

Et cet avocat d'ajouter : "L’autre fois, c’est le procureur qui, sur délation de la Licra et de SOS Racisme, intenta un procès à Renaud Camus devant le tribunal correctionnel d’Auch. Nous eûmes alors tout le loisir d’écouter le préfet Potier, patron de la DILCRAH (« Délégation interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT »), en son témoignage à la barre. Lui nous expliqua que le Grand Remplacement était une « théorie complotiste ». S’il y a bien une chose que les lecteurs de Renaud Camus savent, c’est que le Grand Remplacement est tout sauf une « théorie » (Renaud Camus fait de cette précision un tweet mensuel, sinon bimensuel) ; et qu’il n’y a rien de « complotiste ». Le Grand Remplacement est un nom ; c’est le nom d’un phénomène énorme, ou pour le dire comme Eric Zemmour, celui d’un processus."

Et Me Rimokh de conclure : "D’ailleurs à propos d’yeux, il n’y a en effet qu’une seule catégorie de la population qui soit en mesure de comprendre ce qu’est le Grand Remplacement: il s’agit de ceux qui ont des yeux pour voir et qui parfois sortent du métro à la Gare du Nord, à Châtelet-les-Halles, à Strasbourg-Saint-Denis, à Saint-Denis ; ou qui passent par Roubaix, ou bien par certains quartiers de Lyon, de Marseille, de Toulouse, de Brest, de Nîmes ou d’ailleurs. Il est vrai qu’il y a, dans le Grand Remplacement, l’idée d’une immigration devenue invasion. C’est un point de vue. Un jour, le Pape François lui-même déclara à ce sujet : « On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. » (La Vie du 2 mars 2016). Hervé le Bras, que Mme Schiappa cita avec la vénération d’un Inca devant l’une de ses statuettes, a lui même affirmé récemment à la radio ce me semble, quelque byzantinerie de cet acabit : « Il y a effectivement un Grand Remplacement mais ce n’est pas celui d’une population par une autre ; c’est celui d’une population qui était assez largement d’origine française sur plusieurs générations par une population qui est à la fois d’origine française et d’origine d’autres pays par suite des vagues d’immigration » (France culture, le 6 novembre 2019). "

Apprenant cette plainte, Marlène Schiappa a répondu sur Twitter. "Sauf que la secrétaire d’Etat, comme souvent lors de son débat contre Éric Zemmour, est passé à côté du sujet. « ‘On ne peut plus rien dire’ dit l’extrême-droite à longueur de médias, faisant passer leurs opposants pour des censeurs procéduriers », ironise-t-elle. « Résultat : c’est Renaud Camus qui porte plainte contre moi, pour avoir osé contredire sa théorie raciste du grand remplacement. Bas les masques ! », poursuit-elle. Ce faisant, elle élude complètement le motif de la plainte à son encontre, qui ne vise pas une quelconque « censure », mais bien des propos diffamatoires à l’encontre d’un auteur qu’elle a tenté d’impliquer dans un attentat. Bien entendu, que le préfet Potier & la ministre Schiappa aient des idées politiques à faire valoir est une chose ; qu’ils en viennent à mentir et à jeter en pâture le nom du premier de nos écrivains en est une autre. La première est un débat ; l’autre est une diffamation doublée d’une irresponsable mise en danger de la vie d’autrui."

Des Internautes lui ont répondu sur Twitter en citant la Division Population de l'ONU (Organisation des Nations unies) évoquant une "migration de remplacement : une solution à une population âgée et en déclin ?" et différents scénarios pour la France.

"Le Grand Remplacement. Introduction au remplacisme global"
En 2021, La Nouvelle Librairie republie "Le Grand Remplacement. Introduction au remplacisme global" de Renaud Camus.

"Le Grand Remplacement n’est ni une théorie ni un complot. C’est un état de fait observable dans la plupart des pays occidentaux. Tout le monde le voit, sauf les démographes. Tout le monde en parle, sauf les journalistes. Tout le monde s’en effraie, sauf les politiques. Les plus audacieux l’évoquent à demi-mots. Partout le déni, l’autocensure ou simplement la peur. Comme si le réel n’avait pas lieu."

« Ils ont des yeux et ne voient pas. » Terrible cécité. Il y avait un peuple, il y en a un autre. C’est le même administrativement ; ce n’est plus le même historiquement, culturellement, ethniquement, religieusement. À travers une série d’interventions publiques, Le Grand Remplacement de Renaud Camus décrit ce phénomène inédit à l’échelle des temps historiques. L’expression a fait le tour du monde, elle est immédiatement intelligible dans tous les idiomes de la Terre. Or, l’ouvrage dont elle est tirée n’a été traduit dans aucune langue. C’est un livre fantôme, jusqu’ici édité à compte d’auteur. C’est dire l’ampleur du non-dit et le poids des censures invisibles. Voici donc porté à la connaissance du public l’un des plus grands textes de notre temps rédigé par l’une des plus grandes voix de notre temps. Après l’avoir lu, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas !"

"Prénom Pierre"
Les propos d'une habitante musulmane au Président Emmanuel Macron à Montpellier, le 19 avril 2021, ont prouvé la réalité de ce "Grand Remplacement.

"Le chef de l'Etat a rencontré, dans les sous-sols d'une résidence du quartier pauvre de La Mosson, plusieurs habitants qui lui ont exposé les problèmes de ce "quartier de reconquête républicaine" où 58% des 22 000 habitants vivent sous le seuil de pauvreté et où le taux de chômage atteint 47%. "Mon fils, qui a 8 ans, m'a demandé si le prénom Pierre existait vraiment ou si ça n'était que dans les livres. (...) Cela m'a vraiment choquée. Il faut davantage de mixité dans ce quartier", lui a confié une habitante, membre du conseil de quartier, devant les caméras de télévision. Sur la vidéo de l'échange, on peut voir le président réagir en haussant les sourcils."

Le Président de la République n'a pas compris ce que lui disait cette mère portant le foulard islamique. Pourtant, son interlocutrice décrivait une aire que les "Français au carré" (Michèle Tribalat) ont du fuir.


Renaud Camus, Le grand remplacement : Introduction au remplacisme global. La Nouvelle Librairie, 2021. 586 pages. ISBN-13 : 978-2491446468



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Cet article a été publié le 13 avril 2017, puis le 18 février 2020.

jeudi 6 mai 2021

« Molenbeek, génération radicale ? » par José-Luis Peñafuerte et Chergui Kharroubi

Arte rediffusera le 12 mai 2021 « Molenbeek, génération radicale ? » (Molenbeeks verlorene Generation) par José-Luis Peñafuerte et Chergui Kharroubi. « Devenu mondialement célèbre comme un berceau du djihadisme européen », Molenbeek-Saint-Jean « est la deuxième commune la plus pauvre de Belgique, avec un taux de chômage qui atteint 45 % pour les moins de 25 ans. 
Dans le quartier bruxellois montré du doigt dans le monde entier comme un berceau du djihadisme européen, un portrait de groupe sensible et nuancé, à la rencontre de ses habitants et de ses travailleurs sociaux ».


La libre circulation des êtres, des biens et des services… Ce principe de l’Union européenne (UE) a été utilisé par les terroristes islamistes homegrown, nés ou pas sur le sol européen, ayant commis des attentats terroristes depuis plusieurs années. Et ce, bien mieux que les agences européennes de renseignements. 

 « Non loin du centre prospère de Bruxelles » et de bâtiments de l’UE, Molenbeek, « deuxième commune la plus pauvre de Belgique, avec un taux de chômage qui atteint 45 % pour les moins de 25 ans, a vu grandir ou passer nombre des auteurs d'attentats islamistes qui ont marqué l'actualité depuis trente ans ». L’esquisse de l’explication socio-économique misérabiliste au terrorisme islamique…

Une femme souhaite s'asseoir sur un banc sans être embêtée... La mixité sociale a disparu. Des habitants se plaignent de la saleté. Ben Hamidou décrit la radicalisation vestimentaire, "un retour en arrière", l'intolérance à l'égard du musulman ne pratiquant pas le Ramadan, les "22 mosquées aux prêches en arabe", le rôle de l'Arabie saoudite... Policier, Hamed Benichou décrit le processus historique ayant mené à la situation actuelle : "une religion qui ne respecte pas l'autre a été inculquée". Il a connu et grandi dans un "islam tolérant". Un imam évoque des guerres au Moyen-Orient en niant leur caractère religieux et déplore la montée "d'un islamisme depuis quelques années" ainsi que l'attitude de certains politiciens.

Molenbeekistan
« Mais c'est au lendemain des attaques du 13 novembre 2015, dont quatre des responsables étaient des enfants du quartier, que celui-ci est devenu mondialement célèbre comme un berceau du djihadisme européen ». Ainsi, le 14 novembre 2015, Ali Oulkadi, Français vivant en Belgique, a conduit à Schaerbeek, près de Molenbeek, Salah Abdeslam, recherché par la police pour son implication dans les attentats terroristes islamistes revendiqués par ISIS (Etat islamique) à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015.

Mais Arte oublie l’attentat contre le musée juif de Bruxelles du 24 mai 2014 commis par Mehdi Nemmouche, Français d’origine algérienne, qui a tué au nom de l’Etat islamique (ISIL) quatre personnes : Emanuel et Miriam Riva, Dominique Sabrier et Alexandre Strens. Ce terroriste islamiste l’aurait préparé depuis sa chambre à Molenbeek-Saint-Jean.

En outre, quelques années avant d’assassiner dans la nuit du 19 au 20 novembre 2003, à Paris, Sébastien Selam, DJ français Juif de 23 ans, Adel Amastaibou avait séjourné chez un oncle et une tante maternelle à Bruxelles (Belgique). Lors d'audiences judiciaires, il a été indiqué qu'il avait été hospitalisé à Schaerbeek, une des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale, limitrophe de Molenbeek. L’antisémitisme islamique s’avère un des sujets tabous de la chaîne publique franco-allemande.

Depuis le début de la guerre en Syrie, plus d'une cinquantaine de jeunes musulmans sont partis combattre dans les rangs de l'Etat islamique.

Le « tournage de ce documentaire a commencé peu après, et ses auteurs étaient sur place quand Salah Abdeslam a été arrêté, le 18 mars 2016, et, quatre jours plus tard, quand de nouveaux attentats ont ensanglanté Bruxelles.

« À la rencontre d'habitants et de travailleurs sociaux, ils tentent de comprendre pourquoi Molenbeek a ainsi nourri le djihadisme, mais aussi comment leurs interlocuteurs vivent les événements et s'organisent pour y faire face ».

« Jeunes et vieux, parents meurtris et écoliers, imam ou curé, travailleurs sociaux et artistes, sans oublier un slameur en herbe, ils composent un portrait de groupe sensible, riche de visages et de questions, et rappellent combien la stigmatisation collective induite par des médias avides de simplification relève de l'absurde ». Une terminologie jouant sur le registre affectif, sentimental.

Rif et économie de la drogue
"Depuis des années, la Belgique, qui subit le terrorisme islamiste, est pointée du doigt par les services de renseignement européens et maghrébins. Elle abriterait des foyers de radicalisation et de narcotrafic à Bruxelles, à Anvers et en Wallonie. Les autorités marocaines sont très inquiètes devant la radicalisation hors de contrôle de leurs ressortissants, qui versent dans le crime organisé, le salafisme voire le chiisme, en rupture complète avec leur islam. Les géographes questionnent la dynamique de la communauté marocaine de Belgique, majoritaire dans les berceaux du grand Bruxelles, alors qu'à l'inverse de la France et de l'Espagne, la Belgique n'a pas de passé colonial marocain. Pourquoi la Belgique compte-t-elle plus de 500 000 Marocains, 1 habitant sur 20, et pourquoi sont-ils nombreux à verser dans un radicalisme hors de contrôle? L'histoire, l'origine et les activités des Marocains de Belgique expliquent le sanctuaire salafiste de Molenbeek, le Moulin du ruisseau", a analysé Pierre Vermeren, Normalien et agrégé d'histoire, professeur, spécialiste de l'histoire du Maghreb contemporain à l'université de Paris-I Panthéon-Sorbonne et membre du laboratoire IMAF (Institut des mondes africains), dans Le Figaro (2 décembre 2015).

Et 
Pierre Vermeren de poursuivre : "En mars 1912, la France place l'Empire chérifien sous « protection », et concède le nord du pays, le « Rif », à l'Espagne. Ce Maroc espagnol est coupé en deux : le pays jebala arabophone à l'Ouest, le pays berbère du Rif à l'Est. Cette montagne méditerranéenne pauvre et très peuplée vit d'expédients et de trafics marchands, à l'instar de la Corse ou de la Kabylie. Des dizaines de milliers de Rifains s'embauchent chaque année en Oranie française pour travailler la vigne ou dans les mines de la région. Les Espagnols laissent faire. Quand, après la Grande guerre, ils se décident à « pacifier » la région, leur armée se fait massacrer à Anoual en juillet 1921 (12 000 morts). Avec les armes récupérées, Abdelkrim proclame un Etat, la République du Rif, et son armée. En cinq ans de guerre, l'Espagne se déchaîne contre les Rifains, qui reçoivent les surplus de gaz moutarde bradés par l'Allemagne. Mais rien ne venant à bout des Rifains, ils portent la guerre au Maroc français. Lyautey est destitué, remplacé en urgence par Pétain, qui mobilise une armada franco-espagnole ultra moderne, qui débarque à Al Hoceima, répétition du 6 juin 1944. Les Rifains, écrasés par des centaines de milliers d'hommes, reprennent leur exode saisonnier vers l'Oranie. Toutefois, Franco sait les utiliser par dizaines de milliers dans sa guerre d'Espagne pour nettoyer et conquérir au couteau les tranchées et les villes républicaines".

Et 
Pierre Vermeren de rappeler : "Lorsque la guerre d'Algérie ralentit puis interdit la migration vers l'Algérie en 1956, la misère s'abat sur le pays, poussant les plus téméraires vers le Nord. Les houillères françaises du nord en plein boum embauchent des milliers de Marocains du Rif, où ils rejoignent les kabyles. A l'inverse de ces derniers, originaires de la région la plus francophone d'Algérie française, les Rifains berbérophones, voire hispanophones, ne pratiquent qu'un français minimaliste. Ils se réfugient dans leur religion austère et conservatrice, hermétique au réformisme musulman qui gagne le Maroc français. Pire, à l'indépendance du Maroc, quand le Rif se soulève pour ses libertés, le Rif fait l'objet d'une guerre livrée par les forces armées royales d'Oufkir et du futur Hassan II, en 1958 et 1959, aidées par l'armée française. Le Rif reçoit cette fois du napalm. On relève des milliers de morts. La haine que se vouent les Rifains et le roi du Maroc est si forte qu'en 38 ans de règne (1961-1999), Hassan II ne se rend pas dans le Rif, refuse d'y investir et d'équiper le pays. Il ne lui laisse que le monopole du kif accordé par son père".

Et 
Pierre Vermeren de conclure : "Peuple abandonné et livré à lui-même, les Rifains émigrent comme leurs aînés. Ils s'installent dans le nord, puis suivent l'emploi vers les houillères de Wallonie, et enfin dans les Flandres et aux Pays-Bas en plein boom. Le Benelux et le Nord-Pas-de-Calais comptent en 2015 près d'1,5 millions de « Marocains », en majorité Rifains. Après 1968 et la chute de la French Connection, les chimistes corses passés dans le Rif transforment le chanvre en pâte base pour l'exportation. La commercialisation du haschisch suit l'émigration rifaine, ouvrant les portes des marchés européens en Espagne, en France et au Benelux. Avec Anvers, la Belgique devient une plaque tournante. Le commerce et le trafic de drogue deviennent inséparables, et ces activités pallient les licenciements qui frappent en masse mineurs, sidérurgistes et salariés du textile. Les Rifains se concentrent dans des quartiers qui s'homogénéisent à Roubaix, Tourcoing, Bruxelles-Molenbeek, Rotterdam, Liège… Une partie de cette jeunesse belge frappée par le chômage et la crise se tourne vers le fondamentalisme religieux, alors que la police belge n'a aucune expérience en la matière, à l'inverse de la police française plus expérimentée, et qui laisse travailler les services marocains auprès de leurs ouailles.Austérité ancestrale et culture insulaire, hostilité viscérale au régime marocain et à son islam, rejet de l'Etat qui rappelle la Sicile, liberté religieuse à tous vents, réseaux mafieux structurés par 40 ans de business (10 milliards de $ de chiffre d'affaires annuel) au profit des mafias du Rif et de leurs obligés, du Maroc au Benelux, liberté de mouvement depuis Schengen, absence de surveillance policière efficace, antécédents historiques désastreux, ressentiment, culture de la violence dans un univers hostile, chômage de masse… la base arrière de Molenbeek a une très longue histoire. Pour la première fois, il va peut être falloir poser la question de l'économie de la drogue".

Départs des Juifs
Arte réussit l’exploit de présenter sur son site Internet ce documentaire sans utiliser les mots « islam », « musulmans », « antisémitisme », etc.

Citons ce passage d’un article prémonitoire publié par Philosemitism  le 5 juin 2012 : 
« Le magazine flamand Dag Allemaal a publié le 8 avril 2008 un article (« Les Juifs sont nos pires ennemis », crient les « jeunes » dans la rue ») sur le quartier de Molenbeek où il y avait autrefois de nombreux commerçants juifs, installés depuis de longues années le long de la rue du Prado et de la Chaussée de Gand. Mais en 2008 ils avaient tous mis la clé sur le paillasson - à l'exception d'un magasin de meubles. Dans l'indifférence générale.
L'auteur de l'article a essuyé un refus lorsqu'il a voulu interviewer les anciens commerçants juifs de Molenbeek. Ceux-ci craignaient des représailles. Un seul, René (ce n'est pas son vrai nom) a accepté de parler à condition qu'il n'y ait pas de photos et qu'il ne puisse pas être identifié. « Parce qu'ils viendraient immédiatement chez moi », avertit-il.
René a récemment [2008] fermé son salon de coiffure dans la chaussée de Gand. Les incidents violents se sont succédé. D'abord ce furent des graffitis sur la façade et des insultes « Sale youpin » et ce genre de « subtilités ». Les pires sont les « jeunes » entre 12 et 20 ans. Ils criaient dans la rue que les Juifs sont leurs pires ennemis.  La campagne de haine et d'intimidation menée contre René a connu son apogée au cours d'un raid. Six « jeunes » se sont introduits comme des fauves dans son salon en criant « Sale youpin », en cassant du matériel et l'ont frappé au visage. Après leur départ, René a appelé la police. Une heure après « les jeunes » sont revenus le punir et ont cassé tous les miroirs. La clientèle fidèle que René s'était constituée en 35 années de dur labeur a eu peur et n'est plus venue. René n'a pas eu d'autre choix que de mettre; comme les autres, la clé sous le paillasson.
On sait que ça commence avec les Juifs dans l'indifférence générale, mais une fois qu'on se débarrasse des Juifs, on sait ce qui risque d'arriver ».

Le documentaire a été distingué par la Mention spéciale du jury, compétition internationale "plus de 40 minutes", Figra 2017. 


       
« Molenbeek, génération radicale ? » par José-Luis Peñafuerte et Chergui Kharroubi
Belgique, 2016, 65 Min
Coproduction : ARTE GEIE, Triangle 7, RTBF
Sur Arte les 27 juin 2017 à 22 h 55 et 12 mai 2021 à 00 h 45

Visuels
Zur ARTE-Sendung Alltag Terror Molenbeek 8: Straßenabriegelung während der Demonstration der verbotenen Rechtsextremen am 2. April 2016 in Molenbeek © Triangle7 Foto: ARTE/RTBF Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk

Articles sur ce blog concernant :
Les  citations sur le documentaire proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 26 juin 2017, puis le 5 mai 2021.

mercredi 5 mai 2021

« Scandales de la mode » de Loïc Prigent

Arte diffusera le 7 mai 2021 « Scandales de la mode » (Catwalk-Scandals!) de Loïc Prigent. « De la naissance du bikini au "pétage de plombs" de John Galliano, ce documentaire alerte, florilège de la série du même nom, revisite des décennies de scandales, dans un monde de la mode jamais à court de provoc. »


« La mode raffole des scandales ». 

« Grâce à eux, elle avance, tel un moteur à explosion, et fait parfois évoluer la société, imposant notamment le Bikini au nez et à la barbe des gendarmes des plages ». 

« Ce documentaire compile avec humour des images d'archives chics et chocs, revisitant des décennies de coups d'éclat ». 

« Le milieu de la couture ne s'interdit rien et vend de tout au rayon provoc : la transgression amusée du styliste américain Rick Owens, qui suscite un tollé en dévoilant les parties génitales de ces messieurs ; la révolte efficace de Naomi Campbell et de ses comparses appelant à boycotter les griffes qui n'emploient pas assez de mannequins noires ; l'irascible misogynie de Coco Chanel, qui, en fin de carrière, se répand en propos venimeux dans une interview… »

Coran
Le 15 janvier 1994, à Paris, la top-model Claudia Schiffer a défilé, lors d'un défilé Chanel, en portant une robe du soir noire avec un bustier orné de broderies représentant des versets du Coran. "Les autorités musulmanes françaises crient au sacrilège", rapporte L'Obs

"Il a fait marche arrière, a présenté ses excuses et la polémique était close", raconte à Franceinfo Laurent Allen–Caron, auteur de Le mystère Lagerfeld, chez Fayard (2019). Le styliste finit par détruire la tenue controversée".

Comme des garçons
Le 27 janvier 1995, soit le 50e anniversaire de la découverte du camp nazi Auschwitz, l
a styliste japonaise Rei Kawabuko de Comme des garçons a présenté sa collection Hommes automne-hiver 1995/1996 intitulée Sommeil. Parmi les vêtements : des pyjamas rayés taggués de nombres.

Le 7 février 1995, le Congrès juif européen (CJE) a écrit combien ces vêtements avaient « suscité un trouble profond et des interrogations ». Une forme de banalisation « des événements qui ont bouleversé le monde il y a cinquante ans ». La collection Sommeil a « réveillé des images de cauchemar: les pyjamas rayés présentés par un mannequin émacié sont particulièrement choquants ». 

Le "secrétaire général du CJE, Serge Cwajgenbaum, qui, entre-temps, est allé regarder la cassette du défilé de Comme des garçons au carreau du Temple à Paris, a donc demandé hier que soient retirés de la collection les modèles en question. Et assure prendre acte de la lettre que lui a adressée Adrian Joffe, directeur général de la marque: à l'avenir, promet-il, Rei Kawabuko « sera plus attentive à anticiper de possibles dérives et interprétations de ses créations ». 

"La créatrice japonaise de Comme des garçons se déclare navrée de ce qu'involontairement les modèles rayés aient rappelé les atrocités de la Seconde Guerre mondiale : pour preuve du respect de ceux qui ont été choqués, les pyjamas rayés, ainsi que les autres vêtements réalisés dans ce tissu, sont retirés de la vente et seront remplacés par quelque chose de complètement différent", ont écrit 
Emmanuèle Peyret et Anne Boulay (LibérationPourquoi. Pyjamas rayés de triste mémoire8 février 1995).
 
Et les journalistes de poursuivre : "Rei Kawabuko a expliqué s'être inspirée de la mode britannique d'autrefois : des vêtements d'intérieur pour hommes à porter le matin avant de s'habiller et le soir après s'être déshabillé. Afin de remettre cette mode en lumière, de moderniser ce style de garde-robe en le rendant plus « street », la créatrice a donc choisi de jeunes mannequins. Dont certains avaient le crâne rasé... mais c'est tellement plus mode."

Emmanuèle Peyret et Anne Boulay ajoutent : "Auteur l'an dernier d'une ligne autour de l'uniforme qui n'était pas sans rappeler l'actualité de Sarajevo, la styliste a tenu à rappeler « qu'il lui serait impossible d'utiliser consciemment les souffrances du peuple Juif dans son travail ». Dorénavant, elle fera attention, a-t-elle juré". 

Et ces journalistes de préciser : "Quant aux numéros qui figuraient sur certains vêtements, ils n'ont rien à voir avec des matricules : les chiffres, réalisés à la manière d'un « enfant jouant avec un tampon à encre », étaient apposés non sur les pyjamas rayés, mais sur des costumes en tweed ou des pull over à motif écossais et péruviens." 

Et Emmanuèle Peyret et Anne Boulay de conclure : "Bref, les pyjamas rayés de la collection Sommeil sont rangés au placard. Probablement à côté des caleçons à rayures de la collection de printemps de la centrale d'achat Cache-Cache, mis en vente l'an dernier sous le nom de caleçon Dachau. «Une bavure idiote», avait plaidé la direction".

Peta, la fourrure et la Shoah
Diverses associations de défense des animaux - Animal Liberation Front, PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) - ont dressé le parallèle entre les animaux domestiques tués dans des abattoirs et les Juifs tués lors de la Shoah. Elles ont fustigé les marques de haute couture ou de prêt-à-porter utilisant dans leurs vêtements la fourrure.

Le 4 octobre  2005, à Paris, "les activistes de PETA  se sont fait expulser du défilé de Jean-Paul Gaultier. Le défilé s’est déroulé lors de la semaine de la mode printemps/été 2006. Sous le regard ébahi de certaines célébrités, l’activiste a pris d’assaut le podium et déployé une bannière sur laquelle était inscrit : « Fur kills » [La fourrure tue, Ndlr] et ils ont crié « Fur is dead » [La fourrure est morte, Ndlr]. PETA a interrompu les défilés de D&G, Prada et Roberto Cavalli à Milan la semaine dernière, ainsi que le défilé de Julian MacDonald, lors de la semaine de la mode à Londres."

"PETA s’est investie dans une lutte contre des campagnes marketing de plus en plus désespérées et agressives menées par l’industrie de la fourrure (dons de fourrures aux jeunes créateurs, voyages tous frais payés au Danemark, sponsoring des défilés de mode, etc.), qui s’efforce de dynamiser des ventes actuellement au plus bas."

« Les couturiers qui continuent d’utiliser de la fourrure n’ont pas de cœur et devraient avoir honte, » affirme Yvonne Taylor. « Aujourd’hui, on présente les collections printemps/été, mais en ce moment même, des animaux dépérissent dans des fermes à fourrure, prêts à être gazés, étranglés ou électrocutés par voie anale pour la collection automne/hiver de Jean-Paul Gaultier. »

Keffieh
Pour Balenciaga, Nicolas Ghesquière a mis en 2007-2008 à la mode un keffieh palestinien agrémenté de « franges argentées, médailles et breloques colorées », au prix de... 1 500 €. 

Depuis, la keffieh mania s’est emparée de stylistes, d’enseignes de mode plus abordables et de médias, dont des magazines féminins telle Elle, atténuant ou occultant souvent sa signification politique.

Emblème de terroristes islamistes de toutes nationalités, de leurs sympathisants, de complices et de bobos, elle instrumentalise aussi Anne Frank, adolescente allemande victime de la Shoah. 

C'est un keffieh, foulard à damiers popularisé par Yasser Arafat, qui dissimule les visages des jeunes terroristes palestiniens lors de cette Intifada III, dite des couteaux et des voitures béliers, ce jihad

John Galliano
Né en 1960 à Gibraltar, John Galliano est en 2011 à l'apogée de sa carrière professionnelle : il est directeur artistique de l'ensemble des lignes féminines de Dior, assure la responsabilité de l'image globale de la griffe et de ses parfums, dont ma communication.

Son "extravagance" justifie aux yeux de nombreux commentateurs de mode, ses provocations : dans la collection printemps-été 2000, le défilé « Clochards » se présente comme "un hommage luxueux et romantique « à l'ingéniosité que déploient les déshérités pour se vêtir ». Un style « porno chic ».

Mais ce sont des propos tenus en décembre 2010 à la terrasse d'un café, filmés et révélés en 2011 par The Sun, qui provoquent sa chute. Apparemment ivre, John Galliano avait alors déclaré en anglais : « J'adore Hitler ! Les gens comme vous devraient être morts ! », et conclu que la famille des personnes auxquelles il s'adressait aurait dû être « gazée ».

En février 2011, après la plainte d'un couple qui l'accuse de les avoir visés, à la terrasse d'un café, par des injures antisémites et racistes (« sale tête de juive » et « putain de bâtard asiatique »), John Galliano est arrêté dans le 3e arrondissement de Paris. 

Dans l'attente de la fin de l'enquête, La maison Dior suspend John Galliano de ses fonctions ; Bill Gaytten, son bras droit, assure la transition. Le couturier porte plainte en diffamation. Le surlendemain, une femme dépose plainte contre le créateur, pour des faits similaires qui se seraient déroulés en octobre 2010. 

Des révélations qui suscitent l'indignation, dont celle Natalie Portman, égérie de Miss Dior Chérie. Dans un communiqué, l'actrice a écrit : "Je suis profondément choquée et dégoûtée par la vidéo qui a fait surface [ce lundi]. Etant fière d'être juive, je refuse d'être associée à monsieur Galliano en aucune façon. J'espère au moins que ces horribles propos nous rappellent qu'il faut réfléchir et combattre les préjugés qui existent encore aujourd'hui, et qui sont à l'opposé de la beauté." .

John Galliano présente des excuses, mais la maison Dior annonce en mars 2011 qu'elle va le licencier. Dans les milieux de la mode, si certains condamnent John Galliano, d'autres avancent ses problèmes personnels. Durant son procès, John Galliano a fait part de sa "profonde détresse" après les morts de son père en 2006 et de son compagnon Steven Robinson en 2007 et de sa « triple addiction » à l'alcool, aux somnifères et au valium. 

Le 8 septembre 2011, John Galliano est condamné pour « injures publiques » à 6 000 euros d'amende avec sursis et pour ses propos antisémites. Il doit  verser 1 euro de dommages et intérêts aux victimes, et rembourser les frais de justice des associations parties civiles. Il n'interjette pas appel. Sa Légion d'Honneur lui est retirée. Quelques mois plus tard, Dior le remplace par Raf Simons. Dans les années qui suivent, John Galliano présente ses excuses pour ses propos antisémites, suit une thérapie et renoue avec le monde de la mode comme styliste pour la maison Margiela.

"Grenades"
« Personnages saillants de ce film, certains "bons clients" du scandale font régulièrement la une des journaux : Naomi Campbell, encore, connue pour ses frasques et ses retards (y compris au tribunal), John Galliano, dont la trajectoire folle finira par le dérapage antisémite qu'on connaît, Tom Ford, le roi du porno chic, au cœur d'un incroyable imbroglio économique et aux prises avec le tandem Bergé-Yves Saint Laurent ». 

« Fin connaisseur du sujet, Loïc Prigent dégoupille, sur un rythme endiablé, les grenades d'un microcosme dont il dévoile les outrances, le cynisme et l'inépuisable inventivité ». 

« En voix off, il commente sur un ton pince-sans-rire défilés (très) court vêtus, règlements de comptes (parfois sanglants) entre magnats du secteur ou caprices délirants des divas fashion. »



« Scandales de la mode » de Loïc Prigent
France, 2016, 52 min
Coproduction : ARTE GEIE, Deralf, Bangumi
Sur Arte le 7 mai 2021 à 22 h 30
Disponible du 16/04/2021 au 05/06/2021
Visuels :
© Bangumi

Interrogée en tant que témoin dans le cadre du procès de l’ancien dictateur du Libéra Charles Taylor, Naomi Campbell a reconnu avoir reçu des «diamants du sang».
© SCSL COURT

Une activiste de la PETA (People for Ethical Treatment of Animals) tient une banderole " La fourrure est la mort" , du défilé de la collection printemps/été 2006 de Roberto Cavalli, Milan, Italie
© Antonio Calanni/AP/SIPA

© DR

La mannequin Kate Moss surprise en train de " sniffer" une ligne de coke, septembre 2005
© Daily Mirror