Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 5 mai 2021

« Hippocrate aux enfers » de Jean-Pierre Devillers


« Hippocrate aux enfers » est un documentaire de Jean-Pierre Devillers diffusé les 7 mai 2021 à 10 h 55, 12 mai 2021 à 10 h 50 et 17 mai 2021 à 10 h 40 par Histoire TV. L’adaptation filmée du livre éponyme de Michel Cymes décrivant les « expériences » prétendument scientifiques de médecins sur des déportés dans des camps de concentration nazis, les horreurs commises, les douleurs atroces infligées à des êtres humains, notamment juifs. Certains de ces médecins nazis ont été condamnés après la Deuxième Guerre mondiale. 


« De 1933 à 1945, la recherche médicale occupe une place privilégiée au sein du IIIe Reich. Pour valider son idéologie, fondée sur la classification des races, le nazisme a besoin de la médecine et de ses praticiens. Plus de 70% des médecins allemands répondront à cet appel. Un engagement qui coûta la vie à plusieurs milliers de déportés utilisés comme cobayes ».

Procès des médecins nazis
Après la victoire militaire des Alliés, dans la zone d'occupation américaine en Allemagne, le procès de Nuremberg a jugé devant le Tribunal militaire international des dirigeants nazis. 

Après la clôture de ce procès, débute le 9 décembre 1946, toujours à Nuremberg, le procès des médecins ("medical case", "doctors' trial") devant le Tribunal militaire américain (TMA). Le président du Tribunal ?  Le brigadier-général Telford Taylor.

Sur les 23 prévenus, vingt sont médecins et trois des fonctionnaires de l’Etat nazi.

Les quatre chefs d’accusation : conspiration, crimes de guerre,  crimes contre l'humanité et appartenance à une organisation criminelle, en l’occurrence la SS. 

Les 23 accusés sont accusés d’avoir participé à l'organisation ou à la réalisation d'expérimentations médicales sur des êtres humains, notamment dans les camps nazis de concentration. Karl Brandt était chargé en particulier du programme Aktion T4, utilisé pour euthanasier les malades mentaux et les handicapés. Karl Gebhardt a comparu pour avoir pratiqué des expériences notamment sur les déportées du camp de Ravensbrück. Viktor Brack, codirige le programme « Aktion T4 » et s’investit directement dans la Shoah en contribuant à créer l’installation de gazage.

Ils plaident non coupables.

Le 19 août 1947, le procès prend fin.

Les 20 et 21 août 1947, le verdict est rendu public. Il comprend une liste de dix critères auxquels ont recouru les juges pour évaluer le caractère licite ou non des expérimentations médicales en cause. Cette liste devient célèbre sous l’expression de Code de Nuremberg.

Seize accusés sont déclarés coupables, sans appel possible, quatre sont condamnés à de longues peines de prison, cinq à la prison à perpétuité, sept à la peine de mort. Le 2 juin 1948, les condamnés à mort sont exécutés dans la prison de Landsberg.

Né à Vienne, le Dr Leo Alexander (1905-1945) reçoit son diplôme de médecine de l’université de Vienne en 1929, et de psychiatrie à l’université de Francfort. En 1933, il émigre aux Etats-Unis où il enseigne notamment la neuropsychiatrie dans des facultés de médecine. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, il est major dans le Corps médical de l’armée américaine et enquêteur médical militaire auprès de Robert P. Patterson, Secrétaire d’Etat à la Guerre. Après guerre, il est nommé chef conseiller médical auprès de Telford Taylor, chef du Conseil pour les crimes de guerre et participe aux procès à Nuremberg en novembre 1946, notamment ceux de médecins nazis. Le Dr Leo Alexander a rédigé un rapport évaluant les « expériences » nazies menées à Dachau sur l’hypothermie, et une partie du Code de Nuremberg qui consigne des principes légaux, moraux et éthiques aux expériences scientifiques sur les êtres humains. Il a aussi contribué à Doctors of Infamy: The Story Of The Nazi Medical Crimes (1946). Il a aussi soigné 40 Polonais devenus handicapés à la suite d’injections d’une bactérie de gangrène gazeuse par le Dr  Josef Mengele dans un camp de concentration.

Bayle, Weiss, Heyd et Toledano
Dès 1950, « Croix gammée contre Caducée. Les expériences humaines en Allemagne pendant la deuxième guerre mondiale »  de François Bayle, médecin militaire français, relatait le procès de 23 médecins nazis.
   
En 2014, Emil Weiss réalisait « Criminal Doctors. Auschwitz », deuxième volet de sa trilogie documentaire « Hourbn » (Destruction). « L’utilisation de la personne humaine à Auschwitz comme support des expérimentations « in vivo » mise en œuvre par des docteurs en médecine, pensée et supervisée par des anthropologues et encadrée par les plus hauts rouages de l’Etat est une des caractéristiques fondamentales de la politique raciale nazie, pourtant, à ce jour ce phénomène n’a jamais été traité à part entière à la télévision comme au cinéma. De plus, à la différence des expérimentations médicales menées dans les autres camps, les médecins d’Auschwitz se livrent à deux types d’expérimentations qui ont pour but la suprématie de la race aryenne :
- d’une part la stérilisation des femmes et des hommes, pour empêcher la croissance des peuples européens dits de race inférieure ;
- d’autre part avec le Dr Mengele et ses expériences sur les jumeaux les nazis tentent de percer les secrets de la génétique, pour multiplier la race aryenne ».

En 2014, était diffusé « Le nom des 86 », documentaire de Emmanuel Heyd et Raphael Toledano. En 1943, « 86 Juifs sélectionnés au camp d'Auschwitz sont déportés à l'été 1943 au camp de Natzweiler-Struthof où une chambre à gaz a été spécialement aménagée pour les tuer. August Hirt, directeur de l'Institut d'anatomie de Strasbourg, souhaite constituer une collection de squelettes Juifs, pour garder trace de cette « race ». Une enquête pour retrouver les identités de ces victimes des Nazis lors de la Shoah.

Michel Cymes
En 2015, les éditions Stock publient « Hippocrate aux enfers » du Dr Michel Cymes, médecin, chroniqueur médical et dont les grands-pères juifs polonais ont été tués au camp d’Auschwitz. Un best-seller : 150 000 exemplaires achetés. 

« Ce livre est une pierre posée sur le fragile édifice de la mémoire de la Shoah. Je connaissais les crimes des médecins Josef Mengele et Carl Clauberg, je pensais qu’il y avait eu deux, trois autres types comme eux, (mais) en enquêtant, je me suis rendu compte de l’ampleur du phénomène », a déclaré Michel Cymes.

Les « médecins ont été parmi les premiers malades atteints de la Peste Brune : à Auschwitz, à Dachau, à Buchenwald ou à Strasbourg, les pires atrocités ont été commises par ceux qui avaient prêté le serment d’Hippocrate. Si le nom de Mengele est encore connu, il ne faut pas oublier les actes et les victimes de Rascher, Clauberg, Heim et Hirt : c’est à cet exercice de mémoire que nous convie Michel Cymes, qui jette son regard de médecin d’aujourd’hui sur une facette moins connue de la barbarie nazie, les expérimentations médicales pratiquées sans consentement sur les détenus. S’appuyant sur de nombreux témoignages ainsi que sur une documentation récente voire inédite, révélant des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à entendre, Michel Cymes raconte avec franchise et passion comment Hippocrate est descendu aux enfers ». 

Son but : « Décrire ce que les victimes ressentaient dans leur corps », grâce à son expertise médicale, « pour que le lecteur ressente lui-même ce qu’un cobaye subissait ».

« C'était là. C'est là que tant de cobayes humains ont subi les sévices de ceux qui étaient appelés « docteurs », des docteurs que mes deux grands-pères, disparus dans ce sinistre camp, ont peut-être croisés. Je suis à Auschwitz-Birkenau. Là, devant ce bâtiment, mon cœur de médecin ne comprend pas. Comment peut-on vouloir épouser un métier dont le but ultime est de sauver des vies et donner la mort aussi cruellement ? Ils n'étaient pas tous fous, ces médecins de l'horreur, et pas tous incompétents. Et les résultats de ces expériences qui ont été débattus, discutés par des experts lors du procès de Nuremberg ? Ont-ils servi ? Quand la nécessité est devenue trop pressante, quand j'ai entendu trop de voix dire, de plus en plus fort, que ces expériences avaient peut-être permis des avancées scientifiques, j'ai ressorti toute ma documentation et je me suis mis à écrire », expliquait Michel Cymes.

Il a évoqué des restes, notamment des « coupes anatomiques des 86 victimes » Juives encore gardés par l’Institut de médecine légale de Strasbourg. Il se fondait sur les déclarations du psychiatre Georges Federmann, président du cercle Menachem Taffel, qui milite pour la mémoire des quatre-vingt-six victimes juives déportées à Auschwitz, gazées au camp alsacien du Natzwiller-Struthof, et dont les corps furent transférés à l'Institut d'anatomie. 

Une polémique a surgi.

Le 28 janvier 2015, l'université de Strasbourg « a réfuté ces accusations » : « Les corps ont quitté l'institut en septembre 1945 ». 

Le 18 juillet 2015, la ville de Strasbourg a révélé que, le 9 juillet 2015, l’historien Raphaël Toledano avait découvert de manière fortuite à l’Institut de médecine légale de Strasbourg des restes de victimes de l’anatomiste nazi August Hirt, conservés dans un bocal et des éprouvettes, et dont diverses autorités universitaires niaient l’existence. Grâce à l'aide du  professeur Jean-Sébastien Raul, directeur de l’Institut de médecine légale de Strasbourg, il a pu identifier plusieurs pièces.

Un bocal contenait « des fragments de peau d’une victime de chambre à gaz ». Deux éprouvettes renfermaient « le contenu de l’intestin et de l’estomac d’une victime et un galet matricule utilisé lors de l’incinération des corps » au camp de concentration alsacien de Natzwiller-Struthof. Ces restes appartiennent à plusieurs des 86 victimes d’un projet de « collection de squelettes juifs » conçu par August Hirt. 

Le 6 septembre 2015, dans le cadre de la cérémonie en hommage aux martyrs de la Déportation, ayant lieu le dernier dimanche avant Rosh HaChana (Nouvel An Juif), ont été inhumés au cimetière juif de Cronenbourg les trois récipients contenant les restes de ces trois victimes Juives découverts en juillet 2015. 

Documentaire
En 2017, Jean-Pierre Devillers réalise un documentaire à partir de ce livre, et en collaborant avec Michel Cymes et Claire Feinstein.

« Dans les camps de concentration d’Hitler et au nom de l’idéologie nazis, certains médecins ont » commis « l’horreur : tests sur des humains, méthodes barbares, émasculations… Comment des hommes censés soigner les gens ont-ils pu aller aussi loin ? Quelles sont les responsabilités du corps médical allemand et des laboratoires pharmaceutiques pour ces actes ? Ont-ils réellement autorisés ces expériences, comme cela a pu être dit, dans le but de faire avancer la science ? Et si oui, doit-on tout autoriser au nom de la science ? Comment ces crimes peuvent rester impunis ? » Michel Cymes s’efforce « de répondre à ces questions dans ce documentaire à travers une quête qui l’emmène dans plusieurs pays – Pologne, Allemagne, France - à la rencontre des meilleurs spécialistes, dont Evelyne Shuster, spécialiste d’éthique médicale à l’Université de Pennsylvanie, ou Yves Ternon, chirurgien et historien à l’Université de Montpellier ». 

Selon le documentaire, « 70 % des médecins allemands étaient membres du parti nazi. A partir de 1933, l’éthique médicale « s’était inversée, l’individu n’était rien. Le peuple était tout », est-il rappelé. Les médecins jugés avaient été en poste dans les camps de concentration où des déportés ont servi de cobayes à une multitude d’expériences d’une « cruauté indicible », selon Telford Taylor, procureur général au procès, qui apparaît dans une archive ».

« D’autres avaient participé à « Aktion T4 », un programme amorcé dès 1939 qui consistait à « éliminer les personnalités considérées comme malades héréditaires », raconte l’historien Johann Chapoutot, interrogé dans le documentaire. « Aktion T4 » a fait 70 000 victimes jusqu’en 1941 et 200 000 jusqu’en 1945, précise l’historien de l’Université Paris-Sorbonne ».

Aidé d’images d’archives exceptionnelles, certaines découvertes en Russie, et des interviews, Michel Cymes « dévoile « les atrocités » commises notamment par Karl Gebhardt, médecin personnel du chef SS Heinrich Himmler, et par le docteur Herta Oberheuser, sa collaboratrice.

Le « patron d'« Aktion T4 », Viktor Brack, « avait imaginé la stérilisation des juifs aux rayons X, technique « bon marché » et qui permettait d’être « pratiquée sur plusieurs milliers de sujets en un temps très court » faisait-il valoir dans un courrier à Himmler ».

« Sigmund Rascher, médecin SS, à Dachau, testait pour sa part la résistance des corps au froid et au manque d’oxygène ». 

« August Hirt, médecin anatomiste SS, nommé à la nouvelle université nazie de Strasbourg en 1941, constituait « une collection de squelettes juifs ». Ce dernier a été « une des pires figures du nazisme », estime dans le film, Raphaël Toledano, médecin spécialiste des expérimentations médicales nazies. »

Michel Cymes « retrace le parcours de certains de ces docteurs et cherche à comprendre comment ceux qui ont, comme lui, prêté le serment d'Hippocrate, ont pu commettre de telles atrocités. Il retrace le parcours glaçant de plusieurs médecins allemands ayant collaboré, dans les camps de concentration, à la barbarie nazie ».

« Ce sujet me touche beaucoup personnellement. J’ai voulu porter leurs exactions à la connaissance d’un public plus large… C’est psychologiquement violent mais aussi fascinant et je vais peut-être le fouiller encore, avec des portraits documentaires », confie Michel Cymes .

Le 12 juillet 2018 à 19 h 30, le Mémorial de la Shoah proposa la projection de « Hippocrate aux enfers » de Jean-Pierre Devillers (France, documentaire, 80 mn, Pulsation Productions, 2017), en présence de l’auteur Michel Cymes et de Bruno Halioua, historien de la médecine et président de l'Association des médecins israélites de France (AMIF) qui a refusé d'aider le Dr Lionel Krief, ruiné et spolié par le "gouvernement des juges" au XXIe siècle. "De 1933 à 1945, la recherche médicale occupe une place privilégiée au sein du IIIe Reich. Pour valider son idéologie, fondée sur la classification des races, le nazisme a besoin de la médecine et de ses praticiens. Plus de 70 % des médecins allemands répondent à cet appel. Un engagement qui coûte la vie à plusieurs milliers de déportés utilisés comme cobayes. Petit-fils de déportés, l’auteur retrace le parcours de certains de ces docteurs et cherche à comprendre comment ceux qui ont, comme lui, prêté le serment d’Hippocrate, ont pu commettre de telles atrocités".


« Hippocrate aux enfers » de Jean-Pierre Devillers
France Télévisions, CNC, Pulsations & 17 Juin Média, 2017, 52 min
Ecrit par Michel Cymes et Claire Feinstein
Conseiller historique : Johann Chapoutot
Sur France 2 le 30 janvier 2018 à 23:05
Au Mémorial de la Shoah le 12 juillet 2018 à 19 h 30
Sur Histoire TV les 7 mai 2021 à 10 h 55, 12 mai 2021 à 10 h 50 et 17 mai 2021 à 10 h 40

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sont extraites d'articles et communiqués. Cet article a été publié le 30 janvier 2018.

mardi 4 mai 2021

« Elten - Une annexion à la néerlandaise » de Dietrich Duppel

Arte diffusera le 6 mai 2021 « Elten - Une annexion à la néerlandaise » (Spielball der Weltpolitik. Als Elten niederländisch wurde), documentaire de Dietrich Duppel. « Retour sur un épisode méconnu de l’histoire germano-néerlandaise de l’après-guerre, sur fond d’opération de contrebande. Des images d’époque en super-8, entrecoupées d’interviews, restituent cette frauduleuse entreprise ».


En février 1945, à la conférence de Yalta, un consensus s'est établi pour refuser l'idée de réparations sous forme monétaire à verser par les Etats vaincus. Ce qui différait des stipulations du traité de Versailles (1919) après la Première Guerre mondiale.

En octobre 1945, l'État néerlandais a cependant demandé à l'Allemagne vaincue 25 milliards de florins au titre de réparations. Le plan de Frits Bakker Schut, ou plan Bakker-Schut, est finalement rejeté. Et une zone de 69 km² (10 000 habitants), où se trouve notamment Elten (3 235 habitants), a été attribuée aux Pays-Bas.

« C’est un chapitre méconnu de l’histoire européenne de l’après-guerre : au matin du 23 avril 1949, les Pays-Bas occupent quelques zones frontalières allemandes en compensation des dommages causés par les nazis ». 

« Parmi les territoires annexés, Elten, un village" situé en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et "réputé pour ses trafics pendant le conflit, reste ainsi pendant quatorze ans sous administration néerlandaise ». 

En 1957, débutent les négociations pour le retour à la République fédérale d'Allemagne (RFA) de cette zone.

Ces négociations s'achèvent par la conclusion d'un accord à La Haye le 8 avril 1960. La RFA s'engage à verser 280 millions de marks pour la restitution d'Elten, de Selfkant et Suderwick, en tant que Wiedergutmachung ("mesures prises depuis la guerre en faveur des victimes du national-socialisme" : victimes de la Shoah, travailleurs forcés dans les camps).

« En 1963, en contrepartie d’indemnités versées par l’Allemagne aux Pays-Bas, l’ancienne frontière doit être rétablie ». Une petite colline d'environ 3 km² près du village de Wyler, appelée Duivelsberg/Wylerberg est annexée par les Pays-Bas.

« Débute alors une opération de contrebande inouïe, des hommes d’affaires peu scrupuleux tirant parti de la situation pour expédier en RFA des milliers de tonnes de vivres dans un défilé de camions. »

Demeurent à Elten des habitants néerlandais.


Allemagne, 2020, 44 min
Sur Arte le 6 mai 2021 à 10 h 55
Disponible du 29/04/2021 au 03/08/2021
Visuels : © Gebrüder Beetz Filmproduktion

« Samson, le nazir » de Vladimir Jabotinsky


Vladimir Jabotinsky (1880-1940) est une figure majeure du sionisme russe et un acteur important dans l'histoire de la refondation de l'Etat d'Israël. Soldat créateur de l'Organisation d'auto-défense juive à Odessa et, avec Joseph Trumpeldor, de la Légion Juive au sein de l'Armée britannique durant la Première Guerre mondiale, il a aussi établi le mouvement sioniste révisionniste, et diverses organisations juives en Eretz Israël : le Bétar, l'HaTzohar et l'Irgoun. Il s'est aussi distingué comme écrivain, poète et journaliste talentueux : Les Cinq, Samson le nazir,  Histoire de ma vieLes 5, 6 et 11 mai 2021, Mezzo diffusera "Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie". 


"Selon le rav Chimchon Rafaël Hirsch (1808-1888), le Nazir est appelé ainsi car il porte la couronne - Nézer ou diadème royal -, qui l'élève bien au-dessus des autres vers une noblesse spirituelle". (Rav Hayim Yaacov Schlammé, Hamodia, 26 mai 2009) 

Est nazir celui « qui vit autrement, à part (de l’hébreu, nazor) ; un homme consacré à D., qui a fait vœu de vivre dans la pureté, de ne jamais effleurer un corps mort, de ne point manger ni boire de tout ce qui provient de la vigne à vin ».


Écrivain et politicien sioniste, Vladimir Jabotinsky (1880-1940) désigne ainsi ce personnage à la force extraordinaire.

Un roman symbolique
A la fin de la Première Guerre mondiale, il avait songé à une trilogie sur les héros bibliques Jacob, Samson et David. Seul Samson, le nazir est publié (1930).

Inspiré par Le Livre des Juges de la Bible hébraïque, Vladimir Jabotinsky souligne la solitude, l’intelligence, la sagesse de juge et la finesse psychologique quasi-divinatoire de Samson, homme à la personnalité duale, fidèle aux siens et attiré par le raffinement des Philistins.

Maniant avec dextérité l’art de l’euphémisme et de la suggestion, l'auteur laisse deviner les clés explicatives de situations et de personnages, plus qu’il ne les livre.

Vladimir Jabotinsky offre un récit passionnant sur l’élaboration, la maturation et la férocité de la vengeance, la violence effrayante - impétueuse individuelle ou déchaînée collective -, l’impératif de l’unité et de la ruse pour vaincre, ainsi qu’une ode à la fidélité des amitiés viriles.

Il démystifie Samson. « La perte de sa chevelure lui est fatale non parce que sa toison serait signe de la puissance qu’a Dieu sur lui, mais parce que Samson est prisonnier d’une symbolique qui veut que la tonte soit une marque d’infamie » (Luba Jurgenson).

Dans ce roman symbolique au style puissant, l’appel final de Samson destiné aux tribus d’Israël (Lévites) et exhortant à l’unité, à la préparation méthodique à la guerre contre ceux qui les menacent et à l’apprentissage du rire, résonne toujours.

La remarquable traduction du russe et la postface de cette nouvelle édition sont signées de Luba Jurgenson.

ADDENDUM

En 2013, une mosaïque représentant Samson portant sur ses épaules la porte de Gaza (Livre des Juges, 16:3) a été découverte dans la synagogue à Huqoq (Galilée) datant du Ve siècle. L'été 2012, des fouilles archéologiques avaient révélé une mosaïque montrant Samson et les renards (Livre des Juges, 15:4) ;

Le 18 janvier 2016, de 20 h à 21 h 30, Doris Von Drathen, historienne de l'art, donna aux Études Hébraïques Contemporaines - 16 rue des Ecouffes, 75004 Paris -, dans le cadre d'un regard sur la scène de Dalila et Samson - Du Moyen Age jusqu'au Baroque, la conférence Samson dans l’art – un héros malgré lui. "Cette conférence invite à ouvrir notre lecture du texte de Samson (livre de Juges) par la vision et la compréhension imaginaire de quelques artistes sur les personnages et la scène . Nous analyserons également le contexte historique, géographique de l’école de l’artiste et les aspects techniques comme la construction de la perspective et de l`espace, des couleurs etc.  On observera les œuvres des peintres à partir de Moyen Age jusqu’à l’époque baroque (Rubens, Caravage et d’autres). Le motif central sera la scène de Dalila et Samson. Il s´agira d´observer quels aspects du texte sont choisis et pourquoi, quelle "fantaisie" amène un artiste à focaliser sur un détail, au prix de négliger d´autres aspects ou même en s´éloignant du texte (par exemple les tendresses de Dalila, ou les ciseaux). Toujours est-il que l´on découvrira de près, en "corps et en âme", la faiblesse, le désespoir et le courage de Samson - le héros malgré lui".

Le 23 mai 2019  à 18 h 30, à la Maison des Polytechniciens, X-Israël invite à la conférence de Pierre Lurçat, avocat et essayiste, sur "Jabotinsky et son héritage dans l'histoire d'Israël". La conférence a été suivie d'un apéritif amical. L'auteur a dédicacé ses deux derniers livres (http://bit.ly/lurcat2016 et http://bit.ly/lurcat2018).

Les 3, 4, 5, 6 et 8 avril 2020, Mezzo diffusa "Valery Gergiev dirige Samson et Dalila de Saint-Saëns" par Louise Narboni. L'histoire est inspirée du Livre des Juges, de la Bible. "Prisonniers des Philistins, les Hébreux implorent le Dieu d'Israël. Samson, valeureux héros, tue Abimélech et encourage les siens à se rebeller contre les Philistins. Le peuple d'Israël rompt alors ses chaines et parvient à s'enfuir - sous les menaces vipérines du Grand Prêtre de Dagon qui jure vengeance. Celui-ci retrouve la voluptueuse Dalila, décidée à séduire Samson, de façon à percer le secret de sa force - dans le seul but de venger son peuple. Dans un duo débordant de lyrisme, Dalila fait chavirer le cœur du héros qui, malgré les mises en garde d'un vieillard hébreu, succombe à son amour"

Les 5, 6 et 11 mai 2021, Mezzo diffusera "Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie". 
Samson est un oratorio en trois actes de Georg Friderich Haendel (1685- 1759) composé dès 1741 sur un livret en anglais de Newburgh Hamilton.   

"Samson fut très apprécié et est considéré comme l'une de ses meilleures œuvres dramatiques. Il est habituellement interprété comme oratorio, en tant que pièce de concert mais peut aussi bénéficier d'une présentation scénique comme un opéra".  
 
"Certains de ses airs solistes sont souvent interprétés, seuls, en concert - c'est le cas de Let the bright Seraphim, air pour soprano, et de Total eclipse, pour ténor".


Enregistrement : 1 avril 2018 - Misteria Paschalia | Krakow
03 h 17
Distribution : 
Dunedin Consort
Polish Radio Choir
John Butt (Direction)
James Way (Ténor) : Samson
Eleanor Dennis (Soprano) : Dalila
Sur Mezzo les 5 mai 2021 à 22 h 20, 6 mai 2021 à 12 h 30 et 11 mai 2021 à 12 h 30 

 
"Valery Gergiev dirige 'Samson et Dalila' de Saint-Saëns" par Louise Narboni
Opéra Samson et Dalila en trois actes de Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Livret de Ferdinand Lemaire.
Création à Weimar, Théâtre de la Cour grand-ducale, 2 décembre 1877
Enregistrement : 25 mai 2016 - Mariinsky Theatre | St Petersburg
Durée: 02:12
Distribution
Mariinsky Orchestra
Valery Gergiev (Direction)
Ekaterina Semenchuk
Gregory Kunde
Roman Burdenko (Baryton) : Le Grand Prêtre de Dagon
Yannis Kokkos (Mise en scène)
Sur Mezzo les 29 mars 2020 À 01 h, 31 mars 2020 à 08 h 30 sur Mezzo, 31 mars 2020 à 17 h sur Mezzo Live HD, 3 avril 2020 à 09 h 30 sur Mezzo Live HD, 4 avril 2020 à 08 h 30 sur Mezzo, 5 avril 2020 à 02 h sur Mezzo Live HD, 6 avril 2020 à 06 h sur Mezzo Live HD et 8 avril 2020 à 13 h sur Mezzo Live HD

Vladimir Jabotinsky, Samson, le nazir. Editions des Syrtes, 2008. 350 pages. 23 euros. ISBN-13 : 978-2845451346
   
Articles sur ce blog concernant :
Cet article avait été commandé par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le :
- 11 juin 2012 à l'approche de la conférence du journaliste-écrivain Pierre Lurçat De Jabotinsky à Netanyahou : le courant national du sionisme, organisée par l'association France-Israël le 12 juin 2012, à 20 h 30, au Salon Amphi Pereire, 100 boulevard Pereire, 75017 Paris, et le 10 juillet 2012 à l'approche de la conférence du journaliste-écrivain Pierre Lurçat Que reste-t-il aujourd'hui du sionisme de Jabotinsky ?, organisée le 10 juillet 2012, à 20 h 30, au centre communautaire francophone de Jérusalem Emounah. Pierre Lurçat y présentera Histoire de ma vie de Vladimir Jabotinsky (éd. Les Provinciales) qu'il a traduite de l'hébreu ;
- 14 juillet 2013 alors qu'une mosaïque représentant Samson portant sur ses épaules la porte de Gaza (Livre des Juges, 16:3) a été découverte dans la synagogue à Huqoq (Galilée) datant du Ve siècle. L'été 2012, des fouilles archéologiques avaient révélé une mosaïque montrant Samson et les renards (Livre des Juges, 15:4) ;
- 19 avril 2014. W9 a diffusé une série sur la Bible, évoquant maintenant Samson ;
- 5 janvier 2015. Franklin Rausky donnera une conférence sur l'épopée de Samson le 6 janvier 2015 à la synagogue de Bordeaux ;
- 17 janvier 2016, 23 mai 2019 et 3 avril 2020.

lundi 3 mai 2021

« Ex-Yougoslavie - Les procès du Tribunal pénal international » de Lucio Mollica


Arte diffusera le 4 mai 2021 « Ex-Yougoslavie - Les procès du Tribunal pénal international » (Krieg vor Gericht - Die Jugoslawien-Prozesse) – « Les crimes » (Verbrechen, 1/2), « Les sanctions » (Strafe, 2/2) – de Lucio Mollica. « Trente ans après le début du conflit en ex-Yougoslavie, retour sur les procès hors normes qui ont mis sur le devant de la scène le massacre de Srebrenica et les principaux artisans de l’horreur, Milosevic, Mladic et Karadzic ».


« Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a été créé par l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour juger les personnes présumées responsables des crimes de guerre commis dans les Balkans au cours des conflits des années 1990. Depuis sa création en 1993, le Tribunal a radicalement transformé le paysage du droit international humanitaire et permis aux victimes d’être entendues, de témoigner des atrocités et de décrire leurs souffrances. » 

« Par ses décisions qui font jurisprudence sur le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, le TPIY a montré à maintes reprises que les hautes fonctions occupées par un individu ne constituaient plus un rempart contre les poursuites judiciaires. » 

« Le TPIY juge les crimes de guerre commis lors des conflits en ex-Yougoslavie dans les années 1990. Le Tribunal est la première instance judiciaire à avoir poursuivi et jugé les crimes internationaux les plus graves perpétrés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et les procès de Nuremberg et de Tokyo. Au cours des deux dernières décennies, le Tribunal a changé de manière irréversible le paysage du droit pénal international et du droit humanitaire ».

« Institué pour juger les crimes commis lors des guerres des années 1990 en ex-Yougoslavie, le TPIY s’est égaré entre son objectif punitif et celui d’écrire l’histoire. Il a, en outre, largement échoué à juger des crimes commis au Kosovo à la fin de la décennie. Enfin, une succession d’acquittements est venue questionner la notion même de responsabilité retenue par le TPIY. L’échec final de ce dernier obère la réconciliation régionale au profit d’une course politique à l’intégration européenne ». (Dérens, Jean-Arnault. « Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie : une faillite annoncée ? », Politique étrangère, vol. hiver, no. 4, 2015, pp. 25-37.)

"Les victimes, les auteurs et les accusateurs ont tous leur mot à dire dans la « guerre devant les tribunaux ». Parmi eux, se trouvent des rescaoés des exécutions massives à Srebrenica et au Kosovo, ainsi que des procureurs qui ont inculpé le président serbe Slobodan Miloševic et l'ancien général serbe de Bosnie Ratko Mladić".

"Un des témoins contemporains est Esad Landžo, un ancien gardien du camp de concentration qui a été reconnu coupable de torture et de meurtre. Il se souvient de ce qu'il a fait et parle de son emprisonnement. La nationaliste bosno-serbe Biljana Plavšic était vice-présidente de la Republika Srpska sous le président Radovan Karadžic pendant la guerre. Elle est la seule femme condamnée par le TPIY. Biljana Plavšic déclare avoir plaidé coupable pour avoir une peine plus légère. Elle considère la Cour pénale internationale comme une farce et une "institution anti-serbe". Dans l'ensemble, seuls 20 des 161 accusés plaident coupables."

"Saranda Bogujevci a survécu au massacre de sa famille lors de l'action militaire serbe au Kosovo". 

"Mirsada Malagic, une femme musulmane de Bosnie, a perdu son mari et ses enfants à Srebrenica. Tous deux ont témoigné à La Haye".

"De nombreux accusés ne reconnaissent pas la légitimité du tribunal pénal. L'un d'eux est l'ancien président serbe Slobodan Miloševic. Le procès de Slobodan Miloševic reste inachevé en raison de sa mort subite. Les arrestations des deux accusés les plus recherchés, Radovan Karadžic et le général Ratko Mladic, poursuivis, entre autres, pour le génocide de Srebrenica, donnent aux victimes un sentiment d'achèvement et de justice."

Ce documentaire "met en lumière les freins qui ont entravé la Cour pénale internationale dans sa recherche de justice et évoque les effets des procès sur les personnes impliquées. Même si les verdicts n'apportent pas la réconciliation, ils mettent en lumière la vérité sur le premier génocide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale et montrent que les crimes de guerre ne peuvent rester impunis. Une leçon encore plus importante à un moment où la justice internationale est boycottée par les puissantes nations du monde comme les États-Unis". Des raccourcis sommaires et superficiels.

Il convient de rappeler que les Balkans ont été le théâtre au Moyen-âge du djihad des Ottomans contre des princes chrétiens. 

A la fin du XXe siècle et à l'aube du XXIe siècle, les mêmes intellectuels et politiciens qui fustigèrent la Serbie durant la guerre des années 1990 - Opération Force Alliée de l'OTAN (1999), à la légalité douteuse, de bombardements de cibles serbes durant la guerre du Kosovo -, ont minoré ou occulté le passé pronazi du politicien et Président bosnien Alija Izetbegović (1925-2003), ainsi que sa Déclaration islamique (Islamska deklaracija) en 1970 et n'ont pas semblé avoir repéré la propagande islamique (instrumentalisation de la Shoah pour sensibiliser les Juifs européens et américains). Sont demeurés silencieux sur la tragédie des chrétiens au Kosovo qui perdure à ce jour, et sur la base que cet Etat fournit à des mafias (trafic d'organes, de drogues) et à des groupes terroristes.

"Depuis l'intervention occidentale aux côtés des séparatistes albanophones de l'UCK (hiver 1998-1999), les Serbes chrétiens-orthodoxes du Kosovo et en général les minorités (tziganes, slaves, etc) sont systématiquement persécutés dans le cadre d'un plan de purification ethno-religieuse dont les nations occidentales et l'ONU taisent le nom. Il est vrai que, comme l'antiracisme, qui fonctionne à sens unique, les Occidentaux - qui n'ont cessé d'accuser dans les années 1998-99 la Serbie et l'ex-Yougoslavie de Milosevic d'avoir commis des "génocides" en Bosnie et au Kosovo - ne peuvent difficilement admettre que des méchants serbes puissent "eux aussi" des victimes. Quand bien même le Tribunal pénal international de La Haye pour l'ex-Yougoslavie n'a pas pu prouver les accusations de plans génocidaires imputés à Slobodan Milosevic et en dépit du fait que 400 000 Serbes ont réellement été victimes de nettoyages ethniques et exils forcés (Krajina, Kosovo)... Inversement, les ultra-nationalistes musulmans-kosovars issus de l'UCK prônent ouvertement un projet de suppression de tout ce qui n'est pas albanophone, à commencer par les Serbes chrétiens-orthodoxes. En 2018, plusieurs événements ont amené le Kosovo au bord de la guerre civile. En mars 2018, le Directeur du bureau du Kosovo-Métochie, Marko Djurić, en visite officielle auprès des maires des communes serbes du Kosovo-Nord, fut kidnappé à Mitrovica puis molesté dans les rues de Priština par la police du Kosovo. En décembre, les autorités auto-proclamées de Priština ont déclaré un blocus commercial aux frontières avec la Serbie, provoquant des manques alimentaires importants dans la partie majoritairement serbe du Kosovo-Nord. Contrairement aux règles de l’OMC de liberté commerciale et à toutes les règles du droit international, les produits en provenance et/ou à destination de la Serbie ont été taxé à 100 %, provoquant ainsi un arrêt brutal des échanges et en cascade de nombreuses fermetures d’entreprises. En avril 2019, la police spéciale de l’Etat auto-proclamé du Kosovo a, sous prétexte de stopper une filière de trafiquants, mené une opération d’envergure à Mitrovica-Nord, Zvečan et Leposavić, trois communes serbes au nord du Kosovo. 16 policiers serbes ont été arrêtés et 2 membres russes de l’ONU. La police spéciale du Kosovo (ROSE) a terrorisé la population serbe en tirant sur des passants", a écrit Alexandre del Vall, expert en géopolitique (Atlantico, 31 janvier 202=0).

1ère partie : « Les crimes » (Verbrechen)
« Villes assiégées, familles déplacées, prisonniers parqués dans des camps de concentration : en 1993, alors que le conflit en ex-Yougoslavie fait rage depuis deux ans, l’opinion publique mondiale prend conscience des atrocités commises. » 

« Les Nations unies mettent sur pied à La Haye un tribunal spécial destiné à juger les crimes de guerre commis par les belligérants, une première depuis les procès de Nuremberg et de Tokyo » 

« On évoque un nettoyage ethnique perpétré par l’armée serbe, tandis que le camp bosniaque se rend lui-même coupable de graves crimes ». 

« Les Casques bleus dépêchés sur place ne parviendront pas à empêcher en 1995 le massacre de plusieurs milliers d’hommes à Srebrenica ». 

« Cette première partie revient sur la chronologie de la guerre de Bosnie et les prémices d’un procès au long cours, à travers des images d’archives glaçantes et les témoignages de juristes, de victimes des deux camps et de leurs bourreaux ». 

« La figure d’Esad Landzo, ancien gardien du camp de Celebici – l’un des rares Bosniaques condamnés pour meurtres et actes de torture –, se montre particulièrement évocatrice de la banalité du mal ». 

2e partie : « Les sanctions » (Strafe)
« Ce second volet se focalise sur les principaux artisans de l’horreur : le président de la Serbie puis de la Fédération yougoslave Slobodan Milosevic, le chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic et le président des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic ». 

« Alors que les premières audiences du Tribunal pénal international ont débuté en 1995 à La Haye, Slobodan Milosevic, principal artisan du conflit, est toujours au pouvoir en Serbie ». 

« Il ne sera arrêté qu’en 2000, après de nouvelles exactions visant les Albanais du Kosovo ». 

« Son procès pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide s’avérera hors normes ». 

« L’ancien président nationaliste, dont on découvre l’insolence face à un tribunal dont il conteste la légitimité, meurt avant l’issue du procès. » 

« Le chef de guerre Ratko Mladic et l’ancien président de la République serbe de Bosnie Radovan Karadzic sont, eux, condamnés à la prison à perpétuité après plusieurs années de cavale ». 

« Des extraits des audiences, complétés de témoignages des parties prenantes, composent un passionnant document sur le difficile travail de cette cour de justice, qui posera les bases de l’actuelle Cour pénale internationale ». 
Allemagne, RBB, Česká televize, Arte, 2021, 2 x 52 min
Sur Arte le :
« Les crimes » (Verbrechen, 1/2) : le 4 mai 2021 à 22 h 25
« Les sanctions » (Strafe, 2/2) : le 4 mai 2021 à 23 h 20
Disponible du 20/04/2021 au 01/08/2021
Visuels :
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© Jean-René Ruez
© IRMCT
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