Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 6 juillet 2022

Velázquez (1599-1660)


Diego Rodríguez de Silva y Velázquez, dit Diego Velázquez, ou Diego Vélasquez (1599-1660), est un peintre baroque espagnol. Il est considéré comme l'un des principaux représentants de la peinture espagnole et l'un des maîtres de la peinture universelle. Parmi ses chefs-d'œuvres, citons Les Ménines et Les Fileuses. Arte diffusera le 10 juillet 2022 à 17 h 35, dans le cadre de la série documentaire "Le monde dans un tableau" (Die ganze Welt in einem Bild), "Le piment de Velazquez" (Velázquez und die Chilischote) de Nicolas Autheman. 

Ce « peintre des peintres » (Manet), célèbre pour ses Ménines, a excellé dans tous les genres artistiques, et a influencé peintres et photographes. 

"El Siglo de Oro"
Le 3 juillet 2016, Arte diffusa El Siglo de Oro (Le siècle d'or), documentaire de Grit Lederer.

"Il est surnommé El Siglo de Oro : le XVIIe siècle fut pour l'Espagne la période la plus faste de son histoire en termes de création artistique. C'est l'époque des peintres El Greco, Diego Velázquez, Bartolomé Esteban Murillo ou Francisco de Zurbarán, qui marquèrent les esprits par leur réalisme et la finesse psychologique de leurs portraits, ou encore de Gregorio Fernández, dont les monumentales sculptures en bois sont encore admirées aujourd'hui pour leur représentation déchirante de la souffrance et du martyre. Jusqu'en octobre, la Gemäldegalerie de Berlin consacre une exposition au siècle de Velázquez. À cette occasion, ce documentaire revisite les hauts lieux du baroque espagnol : Séville, Madrid, Tolède ou Valladolid, d'églises richement ornées en monastères franciscains, à la découverte des plus grands chefs-d'œuvre de l'Âge d'or espagnol, et du lien étroit qui reliait alors l'art au pouvoir de Philippe IV et à l'Église. Il explore ses liens avec le pouvoir politique et religieux".

Exposition
Après avoir été présentée au Kunsthistorisches Museum à Vienne (28 octobre 2014-15 février 2015) en Autriche,  le Grand Palais a présenté une exposition monographique sur Diego Velázquez (1599-1660). Cette exposition montre un « panorama complet de l’oeuvre de Diego Velázquez, depuis ses débuts à Séville jusqu’à ses dernières années et l’influence que son art exerce sur ses contemporains ». Elle vise aussi à résumer les apports de récentes études et les débats encore ouverts, et présente pour la première fois, des œuvres découvertes : L’Education de la Vierge [New Haven, Yale Art Gallery] ; Portrait de l’inquisiteur Sebastian de Huerta [collection particulière].

Le faible nombre des tableaux de Velázquez – environ une centaine -, essentiellement détenus au musée du Prado (Madrid) « rendent particulièrement difficile l’organisation d’une rétrospective complète »… L’un des intérêts de cette exposition est d’avoir obtenu, par des prêts exceptionnels, la Forge de Vulcain (Prado) et de la Tunique de Joseph (Escorial), ainsi que des chefs-d’oeuvre tels la Vénus au miroir (Londres, National Gallery) ou le Portrait d’Innocent X (Rome, Galleria Doria Pamphilj) - si cher à Francis Bacon -, deux icônes universelles de l’histoire de l’art ».

Peintre de l'Age d'or espagnol
Né à Séville en 1599, Velázquez « est l’une des plus importantes figures de l’histoire de l’art, tout style et toute époque confondus. Chef de file de l’école espagnole, peintre attitré du roi Philippe IV, au moment où l’Espagne domine le monde, il est le strict contemporain de Van Dyck, Bernin et Zurbaran, bien que son art ne l’élève à une intemporalité que seuls peuvent lui disputer les noms de Léonard, Raphaël, Michel-Ange, Titien, Caravage et Rembrandt ». 

« Formé très jeune dans l’atelier de Francisco Pacheco, peintre influent et lettré de la capitale andalouse », Velázquez « ne tarde pas à s’imposer et, encouragé par son maître devenu aussi son beau-père, décide de tenter sa chance à la Cour de Madrid. Après une première tentative infructueuse, il est finalement nommé peintre du roi en 1623 marquant le début d’une ascension artistique et sociale qui le mène aux plus hautes charges du palais et au plus près du souverain ». 

"Deux voyages déterminants en Italie, le premier autour de 1630, le second autour de 1650, et les naissances et décès successifs des héritiers au trône jalonnent sa carrière. « Maître dans l’art du portrait, dont il libère et renouvelle le genre », Velázquez « n’excelle pas moins dans le paysage, la peinture d’histoire ou, dans sa jeunesse, la scène de genre et la nature morte ». 

L’exposition s’ouvre sur l’évocation du « climat artistique de l’Andalousie au début du XVIIe siècle, mettant en perspective les premières œuvres de Velázquez et restituant l’émulation de l’atelier de Pacheco autour de peintures et de sculptures d’Alonso Cano et Juan Martinez Montañés ». Fils de bourgeois, Diego Velázquez entre en 1611, âgé de douze ans, dans l’atelier du « peintre et théoricien Francisco Pacheco. Séville est alors la plaque tournante de toutes les nouveautés en provenance ou à destination du Nouveau Monde. Ouverte sur les Flandres, l’Afrique et l’Italie, la ville brasse une population cosmopolite animée par une vitalité économique que garantit l’arrivée régulière d’or en provenance des Amériques ». Six années de formation et de fréquentation de l’élite sévillane. L’occasion aussi de s’initier à la sculpture.

En 1617, Velázquez est admis dans la corporation des peintres, et épouse en 1618 la fille de son maître. « Cette même année 1617 est marquée par un débat passionné sur le culte de l’Immaculée Conception, dont un bref pontifical du pape Paul V vient d’interdire la critique publique. Le rôle nouveau dévolu aux images depuis le concile de Trente associe désormais intimement l’artiste au théologien, prolongeant le débat dogmatique sur le terrain visuel ».

Puis, elle s’attache à « la veine naturaliste et picaresque de la peinture de Velázquez autour de ses scènes de cuisine et de taverne, en insistant particulièrement sur les concepts de variation et de déclinaison des motifs ». 

Vers 1620, le « style du peintre évolue vers un caravagisme plus franc. Des années de formation à Séville et la première époque madrilène, cette période correspond aux premiers contacts de l’artiste avec Madrid et la peinture qu’on y trouve et qui s’y produit ». présente ainsi les œuvres du peintre parmi celles de ses contemporains, espagnols ou italiens, qui partagèrent cette adhésion à une peinture plus « moderne ». Les débuts du peintre à la cour voient évoluer sa conception du portrait, passant d’un naturalisme bouillonnant à des formules plus froides et solennelles en accord avec la tradition du portrait de cour espagnol ».

Tournant majeur, le « premier voyage en Italie de l’artiste est illustré par des œuvres qui pourraient avoir été exécutée à Rome ou immédiatement à son retour (Vue des jardins de la Villa Médicis, Rixe devant une auberge…). Ces chefs-d'œuvre de la première maturité offrent en outre l’occasion d’aborder un aspect peu exploré de son oeuvre : le paysage ». « Stimulé par l’exemple de Rubens, Velázquez confère une fraîcheur et une liberté aux arrière-plans de ses portraits en extérieur réalisés pour les différentes résidences royales ». 

"La deuxième section dédie une partie importante au personnage de Baltasar Carlos. « Fils chéri et héritier attendu de la Couronne, il incarne tous les espoirs dynastiques des Habsbourg d’Espagne au moment où le règne de Philippe IV est lui-même à son apogée ». 

La peinture mythologique, sacrée et profane de Velázquez, est illustrée par la Vénus au miroir

L’exposition s’achève sur la "dernière décennie du peintre et son influence sur les vélazquésiens (velazqueños), son gendre et plus fidèle disciple : Juan Bautista Martinez del Mazo. Elle souligne « l’importance du peintre en tant que portraitiste, à la Cour de Madrid dans un premier temps, puis à Rome autour du pape Innocent X à l’occasion de son second voyage italien », et met en avant deux de ses collaborateurs importants : l’Italien Pietro Martire Neri et Juan de Pareja, « esclave affranchi et assistant du peintre ».

"Ambitieux, Velázquez aspirait à la noblesse, et à être admis dans le prestigieux ordre de Santiago (Saint-Jacques de l’Epée). Pour ce faire, il doit prouver que sa lignée est noble et sans sang Juif ou maure. Velázquez soumet sa généalogie au Conseil de l’Ordre : il est né de Juan Rodríguez de Silva et de Gerónima de Velázquez, tous deux nés à Séville, tout comme ses grands-parents maternels Juan Velázquez et Catalina de Zayas. Quant à ses grands-parents paternels, Diego Rodríguez de Silva and Maria Rodríguez, ils viennent de Porto, au nord du Portugal. Comme le Portugal et l’Espagne sont en guerre depuis 1640, le Conseil de l’Ordre diligente une enquête notamment en Galicie. La grand-mère paternelle de Velázquez portait le nom de Rodríguez da Silva. Selon l’historien Julián Gállego, cet artiste aurait eu des ancêtres Juifs. Sa famille s’est installée en Espagne au cours du dernier quart du XVIe siècle, une époque où de nombreux Juifs conversos portugais se sont réfugiés en Espagne, fuyant une Inquisition portugaise plus sévère que son homologue hispanique. Kevin Ingram indique que Silva et Rodríguez sont deux des noms patronymiques les plus populaires adoptés par les ces conversos portugais. Il doute que la famille de Velázquez soit originaire du nord-ouest du Portugal, mais plutôt d’une zone frontalière étroite à l’est du Portugal. Caro Baroja informe que la majorité des conversos portugais habitait dans cette zone, d’où elle a émigrée à la fin du XVIe siècle, en portant les noms Nunez, Castro, Silva et Rodríguez. La plupart d’entre eux travaillaient dans les activités textile : tisserands, tailleurs, marchands de vêtements, etc. Une fois arrivés en Espagne, ces nouveaux immigrés ont fréquenté les communautés converties, souvent en Extrémadure et en Andalousie, où ils ont établi leurs affaires et ont scellé des alliances matrimoniales avec leurs homologues socio-culturels hispaniques. Les recherches de Kevin Ingrad l’ont menée à étudier des archives sur le grand-père maternel du peintre, Juan Velázquez Moreno (c. 1545-1599) marchand, tisserand, recourant au velours. Les grands-parents de Velázquez n’étaient pas nobles. Une dispense papale lui permet cependant l’admission dans cet ordre. Grâce à l’aide du roi Philippe IV, le 12 juin 1658, Velázquez arbore l’habit de chevalier. et le roi décerna le titre d’hidalgo à ce nouveau chevalier de l’ordre de Santiago."


"Le piment de Velazquez"
Arte diffusera le 10 juillet 2022 à 17 h 35, dans le cadre de la série documentaire "Le monde dans un tableau" (Die ganze Welt in einem Bild), "Le piment de Velazquez" (Velázquez und die Chilischote) de Nicolas Autheman. 

"Quand un petit piment, placé par Velazquez au premier plan d'une toile, ouvre une fenêtre sur son époque... Un voyage ludique et captivant à travers l'histoire de l'art, celle de Séville et celle du Nouveau Monde, narré par François Morel."

"Dans la salle que la National Gallery de Londres consacre aux trésors de Diego Velázquez, un tableau s'avère particulièrement énigmatique pour l'œil contemporain : Le Christ dans la maison de Marthe et Marie. Peinte en 1618, alors que le maître n'a que 20 ans, la toile met habilement en abîme la parabole biblique en se présentant à première vue comme un bodegón, scène de taverne alors très en vogue dans la peinture espagnole. On y voit une jeune fille s'affairer en cuisine, suivant les conseils d'une femme âgée. Devant elles, des poissons, quelques gousses d'ail, des œufs… et un piment rouge séché. Comment ce légume, originaire du Nouveau Monde, est-il arrivé sur une table de cuisine sévillane ? Pourrait-il constituer la clef d'interprétation de cet émouvant tableau truffé d'allégories et d'énigmes ?"

"À partir de ce détail qu'on pourrait croire anodin, une fenêtre s'ouvre sur tout un monde, à commencer par la Séville du Siècle d'or, l'un des plus grands ports d'Europe à l'époque, où affluent depuis la découverte des Amériques des aliments nouveaux". 

"Dans le prolongement du Chapeau de Vermeer, premier volet de cette collection, ce documentaire, narré par la voix de François Morel, propose une enquête picturale brillante et ludique, riche en digressions et en ponts entre les époques, qui met en lumière les influences multiples ayant nourri le génie de Velázquez. Il convoque des spécialistes inattendus mais toujours éclairants, d'une cheffe sévillane aux botanistes des jardins royaux de Madrid, de cultivateurs de piments à un prêtre mexicain. En filigrane, le piment nous parle d'échanges et de guerres, de transgression et de sensualité, de la démesure de l'art baroque et des crimes des conquistadors contre l'Empire aztèque… Et aussi, tout simplement, de l'art de peindre."


Biographie

1599 
"Naissance de Diego Rodríguez de Silva y Velázquez dans l’église San Pedro à Séville. 
1605 
Naissance de Philippe IV, futur roi d’Espagne, à Valladolid. 
1611 
Juan Rodríguez de Silva, le père de Diego, signe avec Francisco Pacheco (1564-1644) un contrat d’apprentissage d’une durée de six années pour son fils. 
1615 
Mariage du futur Philippe IV avec Isabel de Bourbon. 
1617 
Après avoir achevé sa formation, Velázquez passe un examen devant la corporation des peintres sévillans. Il peut ainsi exercer son métier et ouvrir un atelier où il le souhaite en Espagne. 
1618 
Velázquez épouse la fille de Francisco Pacheco, Juana Pacheco Miranda, dans l’église San Miguel à Séville. 
1621 
Don Gaspar de Guzmán, comte d’Olivares (1587-1645), est fait Grand d’Espagne. 
1622 
Olivares entre au Conseil d’État, avec le rang de ministre. 
1622 
Premier séjour du peintre à Madrid. 
1623 
Grâce aux proches de Francisco Pacheco et plus précisément à don Juan de Fonseca, aumônier du roi, le comte-duc d’Olivares (1587-1645) fait venir Velázquez à la Cour une nouvelle fois afin qu’il y peigne un portrait du roi. Achevé le 30 août, le portrait (aujourd’hui perdu) remporte un vif succès et ouvre à l’artiste les portes de la Cour. Après s’être installé à Madrid sur les ordres de Philippe IV, Velázquez est nommé peintre du Roi. 
1625 
Velázquez peint le portrait équestre de Philippe IV (aujourd’hui perdu), qui connaît un succès retentissant lors de son exposition Calle Mayor à Madrid devant l’église San Felipe el Real. 
1627 
Le roi organise un concours entre ses peintres officiels, Velázquez, Vicente Carducho, Eugenio Cajés et Angelo Nardi. Déclaré vainqueur pour son tableau L’Expulsion des Morisques (détruit dans l’incendie de l’Alcázar en 1734), Velázquez s’impose comme le plus grand artiste de la Cour. 
1628 
Velázquez rencontre Pierre Paul Rubens (1577-1640), qui se rend pour la seconde fois en Espagne, où il séjournera pendant près de huit mois afin de régler certaines affaires diplomatiques. Les deux artistes se lient d’amitié et visitent ensemble l’Escorial. 
1629 
Naissance du prince héritier Baltasar Carlos à Madrid. 
1629-1630 : premier voyage en Italie 
Deux mois après le retour de Rubens à Anvers, Velázquez sollicite l’accord du roi afin de se rendre en Italie dans le but d’en voir les merveilles. 
1631 
Juan Bautista Martínez del Mazo entre dans l’atelier de Velázquez. 
1630-1640 
Les années 1630 représentent une période d’intense activité pour l’artiste, qui joue un rôle déterminant dans la décoration de plusieurs édifices royaux. 
1638 
Naissance de Marie-Thérèse d’Autriche, qui deviendra l’épouse de Louis XIV. 
1649-1651: second voyage en Italie 
Ce second séjour s’effectuera dans des circonstances très différentes de celles du précédent. Philippe IV charge en effet l’artiste de rapporter d’Italie des sculptures antiques ou, à défaut, des moulages en plâtre et en bronze ainsi que des peintures de grands maîtres, et de ramener un peintre à fresque de grande réputation. 
1650 
Velázquez peint le Portrait du pape Innocent X. 
1651 
Après avoir annoncé le retour de l’artiste à Madrid, Philippe IV lui confirme sa confiance en lui confiant deux énormes chantiers, la rénovation de l’Alcázar et celle du monastère de San Lorenzo el Escorial. 
1652 
Velázquez est nommé « grand maréchal du Palais ». C’est une tâche très lourde qui lui laisse peu de temps pour la peinture. 
L’artiste doit régir la vie quotidienne du palais, organiser les déplacements de la Cour, s’occuper des différentes demeures. 
1656 
L’artiste peint Les Ménines. 
1659 
Velázquez est nommé chevalier de l’ordre de Santiago. Le lendemain, il est anobli par Philippe IV, qui lui octroie le titre de hidalgo. 
L’artiste exécute plusieurs tableaux à caractère mythologique et supervise la décoration du grand salon de l’Alcázar, dit salon des Miroirs. 
1660 
Velázquez est choisi comme témoin du mariage de l’infante Marie- Thérèse, fille de Philippe IV, avec le roi de France Louis XIV, union qui scelle les accords de paix entre les deux nations. En tant que grand maréchal, il doit veiller à l’organisation du voyage et superviser la décoration de la cérémonie, qui a lieu dans les Pyrénées. 
6 août 1660 
Mort de Velázquez".


"Le piment de Velazquez" de Nicolas Autheman
France, 2022, 76 min
Coproduction : ARTE France, Schuch Productions
Commentaire dit par François Morel
Sur Arte les 10 juillet 2022 à 17 h 35 et 31 juillet/2022 à 5 h 40
Sur arte.tv du 03/07/2022 au 05/01/2023
Visuels : © Schuch Productions

Jusqu’au 13 juillet 2015
Galeries nationales 
Entrée square Jean Perrin
Tél. : 01.44.13.17.17
Dimanche et lundi de 10 h à 20 h, du mercredi au samedi de 10 h à 22 h

Visuels
Affiche
Diego Velázquez
Portrait de l’infante Marguerite en bleu
vers 1659
huile sur toile, 127 x 106 cm
Kunsthistorisches Museum, Vienne
© Kunsthistorisches Museum, Vienne

Diego Velázquez
La tunique de Joseph
vers 1630
huile sur toile, 213,5 x 284 cm
Madrid, Real Monasterio del Escorial
(Patrimonio Nacional)
© Patrimonio Nacional

Diego Velázquez
Portrait de Philippe IV
vers 1654
huile sur toile, 69,3 x 56,5 cm
Madrid, Museo Nacional del Prado
© Madrid, Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez
Portrait du sculpteur Juan Martínez Montañés
1635-1636
huile sur toile, 109 x 88 cm
Madrid, Museo Nacional del Prado
© Madrid, Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez
Vénus au miroir
vers 1647-1651
huile sur toile, 122,5 x 177 cm
Londres, the National Gallery
© The National Gallery

Diego Velázquez
Portrait du pape Innocent X
1650
Huile sur toile, 140 x 120 cm
Rome, Galleria Doria Pamphilj
© Amministrazione Doria Pamphilj srl

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 13 juillet 2015, puis le 3 juillet 2016.

lundi 4 juillet 2022

« Le jardin des Finzi-Contini » de Vittorio De Sica

En 1962, parait Il giardino dei Finzi-Contini (Le jardin des Finzi-Contini) de 
Giorgio Bassani (1916-2000), militant antifasciste, écrivain, scénariste et homme politique juif italien. Ce roman décrit une famille de la haute bourgeoise juive de Ferrare qui tente de préserver son mode de vie dans l'Italie fasciste et malgré les lois antisémites. Arte diffusera le 4 juillet 2022 à 20 h 50 « Le jardin des Finzi-Contini » (Der Garten der Finzi Contini) de Vittorio De Sica avec Dominique Sanda, Helmut Berger, Lino Capolicchio, Fabio Testi, puis à 22 h 25 « À la recherche du jardin des Finzi-Contini » (Auf der Suche nach den Gärten der Finzi-Contini), documentaire de Rä di Martino. 
Trésors du ghetto de Venise
« Italie, une simple histoire d’amour. Témoignages d’un ambassadeur d’Israël » de Mordechaï Drory 

Né à Bologne, Giorgio Bassani (1916-2000) était un militant antifasciste, écrivain - Cinque storie ferraresi (1956) a obtenu le Prix Strega (recueil comprenant Lidia Mantovani ; La passeggiata prima di cena ; Una lapide in via Mazzini ; Gli ultimi anni di Clelia Trotti ; Una notte del '43) ; Gli occhiali d'oro (1958), journaliste, scénariste - La Marchande d'amour (La provinciale), de Mario Soldati (1953), Senso de Luchino Visconti (1954) - et vice-président de la RAI (1964-1966) juif italien. 

Durant le fascisme, cet étudiant brillant est victime des lois antisémites (1938).

En 1962, parait son roman Il giardino dei Finzi-Contini. Il est distingué par le Prix Viareggio.

Film primé
Arte diffusera le 4 juillet 2022 à 20 h 50 « Le jardin des Finzi-Contini » (Der Garten der Finzi Contini ; Il giardino dei Finzi-Contini) de Vittorio De Sica. 

« Dans l’Italie fasciste, les amours de l’insaisissable Micòl Finzi-Contini (Dominique Sanda) se dissolvent dans le crépuscule de la bourgeoisie juive de Ferrare... Adapté du roman de Giorgio Bassani, le plus mélancolique des films de Vittorio De Sica. »

« Italie, 1938. Tandis que le régime fasciste vient de promulguer les lois raciales à la veille de la guerre, la bourgeoisie juive de Ferrare, s’efforçant d’ignorer la menace, vit ses derniers feux. Reclus dans leur palais à l’écart de leur communauté, les aristocratiques Finzi-Contini convient la jeunesse dorée exclue des clubs de tennis à des tournois dans leur jardin enchanteur. Depuis l’enfance, Giorgio se consume d’amour pour Micòl, la belle et insaisissable fille de la famille. Quant au frère de celle-ci, le fragile Alberto, il se lie d’amitié avec un fougueux étudiant communiste, Malnate… »

« C’est au crépuscule d’un monde raffiné pétri de culture qu’invite, avec ce jardin d’Eden à la veille de son engloutissement, Vittorio De Sica ». 

« Adaptant le roman de Giorgio Bassani – qui lui reprochera les écarts à son œuvre –, le cinéaste italien restitue avec une profonde mélancolie l’art de vivre de la bourgeoisie juive de Ferrare ». 

« Alors que la plupart de ses membres se murent dans le déni pour fuir la submersion par le chagrin, au-delà de l’enceinte du parc aux arbres centenaires, s’accélère le cycle des discriminations-persécutions-arrestations, jusqu’à l’inexorable déportation ». 

« Lucide dans ce chaos encore nimbé de l’illusion des privilèges, l’impétueuse Micòl, à défaut de croire en son avenir, s’emploie à profiter du présent, quitte à revisiter le passé, entre ivresse insouciante de l’enfance et premiers émois, lesquels ne forgent pas toujours les premières amours ». 

« Confit dans son désir pour elle jusqu’à l’obsession, le malheureux Giorgio, lui, s’oppose à l’aveuglement de son père, qui se pense protégé par sa foi patriotique – et sa vaine adhésion au parti ». 

« Dans cette fresque somptueuse dont la lumière pâlit, Dominique Sanda incarne une éblouissante Micòl, figure libre qui, derrière la posture de femme fatale, affronte son destin avec une impériale dignité. »

La fin est bouleversante. Car elle augure la fin d'une famille juive pétrie de culture et se sentant profondément italienne, d'une civilisation qui n'a pas pu se défendre face à la barbarie.

Meilleur film étranger, Oscars 1972 – Ours d’or, Berlin 1971


« À la recherche du jardin des Finzi-Contini »
Arte diffusera le 4 juillet 2022 à 22 h 25 « À la recherche du jardin des Finzi-Contini » (Auf der Suche nach den Gärten der Finzi-Contini), documentaire de Rä di Martino.

« Au fil des pages du roman "Le jardin des Finzi-Contini", que Vittorio De Sica a adapté au cinéma, un voyage empreint de nostalgie à Ferrare, entre réalité et fiction, sur les traces de son auteur, l’écrivain italien Giorgio Bassani. »

« C’est un jardin extraordinaire qui n’a jamais existé, un lieu fictif qui habite les mémoires. »

« Quand, en 1962, Giorgio Bassani publie "Le jardin des Finzi-Contini", l’Italie s’est encore peu plongée dans les ténèbres de sa période fasciste et les lois raciales qu’elle a engendrées ». 

« Infusée de la jeunesse du romancier et poète, cette œuvre pionnière, inattendu best-seller, met en scène une histoire d’amour, en 1938, au sein de la bourgeoisie juive de Ferrare à la veille de son anéantissement ». 

« Sous les hêtres et les palmiers du palais de la famille Finzi-Contini, les protagonistes, "suspendus au bord du gouffre des persécutions et de la guerre", tentent d’oublier, dans un entêtant parfum de classe et un "culte de la préciosité", qu'ils sont déjà devenus des citoyens de seconde zone. »

« Exclusion des écoles et des clubs, interdiction des mariages mixtes, arrestations… : alors que la chape de terreur les enserre, la fantasque héroïne Micòl les emmène à travers ce jardin, entre fastes passés et sidération, avant le désastre à venir. »

« Au fil d’extraits du livre, de séquences jouées par de jeunes comédiens et d’éclairages de proches de Giorgio Bassani, d’historiens et de critiques, ce documentaire explore l’impact du roman sur le public, qui s’est approprié ce célèbre jardin imaginaire jusqu'à finir par croire à sa réalité ». 

« Dans un mouvement inverse, de la grande et tragique histoire à sa transposition romanesque, il interroge aussi le pouvoir de la fiction et celui de l'art littéraire ». 

« Retraçant la genèse et l’accueil du "Jardin des Finzi-Contini" en même temps que le parcours de son auteur – dont le héros de papier, Giorgio, incarne le double troublant, il donne enfin la parole à Dominique Sanda, inoubliable Micòl du film oscarisé de Vittoria De Sica, adaptation que Giorgio Bassani, s’estimant trahi, désavouera ».

« La passionnante visite guidée d’un chef-d'œuvre. »


« Le jardin des Finzi-Contini » de Vittorio De Sica 
Italie, Allemagne, 1970, 1 h 30 mn
Auteur : Giorgio Bassani
Scénario : Ugo Pirro, Vittorio Bonicelli
Production : Documento Film, CCC Filmkunst Berlino
Producteurs : Artur Brauner, Arthur Cohn, Gianni Hecht Lucari
Image : Ennio Guarnieri
Montage : Adriana Novelli
Musique : Manuel De Sica
Avec Dominique Sanda (Micòl Finzi Contini), Helmut Berger (Alberto Finzi Contini), Lino Capolicchio (Giorgio), Fabio Testi (Bruno Malnate), Romolo Valli (le père de Giorgio), Camillo Cesarei (Prof. Ermanno Finzi Contini), Katina Morisani (Olga Finzi Contini)
Sur Arte les 4 juillet 2022 à 20 h 50, 11 juillet 2022 à 15 h 20, 21 juillet 2022 à 15 h 05

France, 2022, 52 min
Coproduction : ARTE France, Les Films du Poisson, Alto Piano
Sur Arte le 4 juillet 2022 à 22 h 25
Disponible du 27/06/2022 au 01/10/2022

vendredi 1 juillet 2022

Alber Elbaz (1961-2021)

Alber Elbaz (1961-2021) était un créateur de mode franco-israélo-américain. Après avoir débuté dans les maisons de haute couture Guy Laroche et Yves Saint Laurent, il est recruté par la maison Lanvin comme directeur artistique durant quatorze ans. Puis, il crée sa marque, AZ Factory, et présente sa première collection en janvier 2021, peu avant son décès. Le Palais Galliera, Musée de la mode de la Ville de Paris propose l’exposition « Love Brings Love. Le défilé hommage à Alber Elbaz ».

L’histoire sous les pieds. 3000 ans de chaussures 
« Chaque jour est une page blanche que je dois emplir d'un rêve », a déclaré Alber Elbaz (13 mars 2012)

Alber Elbaz (1961-2021)  était un créateur de mode franco-israélo-américain. 

Il a débuté dans les maisons de haute couture Guy Laroche et Yves Saint Laurent.

Puis, il est recruté par la maison Lanvin comme directeur artistique durant quatorze ans. 

Il crée sa marque, AZ Factory et présente sa première collection en janvier 2021, peu avant son décès.

« Nous, créateurs de mode, avons peut-être un rôle à jouer. Nous avons le devoir d’apporter de la beauté au monde, de faire en sorte que les femmes se sentent mieux, de faire en sorte que les femmes se sentent bien, de les élever ». Ainsi, Alber Elbaz résumait sa fonction.

« Love Brings Love. Le défilé hommage à Alber Elbaz »

« Le Palais Galliera célèbre Alber Elbaz avec une exposition d’un format inédit qui restitue le défilé hommage au créateur présenté le 5 octobre 2021 au Carreau du Temple à Paris. » 

« Après la disparition d’Alber Elbaz, la maison AZ Factory qu’il avait récemment fondée a fait appel à d’anciens proches collaborateurs et a organisé et réalisé un défilé hommage en son honneur. Un show qui a réuni la participation de 46 designers qui ont toutes et tous ont été invité.e.s à créer une silhouette inspirée par Alber Elbaz et son oeuvre: robes fluides à longue traîne, robes courtes réveillées par des jeux de volants ou des grands noeuds, robes imprimées de dessins ou du portrait du créateur. »

« Reconnu.e.s ou émergent.e.s, à la tête de maisons historiques ou à celle de leur propre marque, ces créatrices et créateurs réuni.e.s ont offert un regard sur la création de mode, ses questionnements et ses enjeux contemporains : environnement, diversité, genre... »

« Le Palais Galliera souhaite rendre hommage à Alber Elbaz en organisant une exposition qui reconstitue le défilé et propose au visiteur de s’immerger dans cet univers éphémère en reproduisant l’ordre de passage, les effets, la musique et les lumières qui ont fait de cette soirée un événement historique. Le titre de « Love Brings Love » (L’amour appelle l’amour) reprend une formule prônée par Alber Elbaz en guise de mantra. »

« Comme en réaction à l’isolement provoqué par la crise sanitaire, cette exposition met en valeur la fraternité de designers réuni.e.s pour célébrer la mémoire de l’un de leurs plus brillants représentants, le très charismatique Alber Elbaz. »

« Une exposition organisée grâce aux prêts exceptionnels d’AZ FACTORY et dons des maisons participantes, aux prêts d’ADOBE, COMME DES GARCONS, GUO PEI, LOUIS VUITTON MALLETIER, WALES BONNER, à l’étroite collaboration de LANVIN, et au soutien de RICHEMONT ».

Le commissaire de l’exposition est Alexandre Samson, chargé des collections haute couture (à partir de 1947) et de la création contemporaine au Palais Galliera, assisté de Juliette Chaussat.

« Formé à New York auprès du créateur Geoffrey Beene, Alber Elbaz triomphe à Paris à la tête des maisons Guy Laroche, Yves Saint Laurent Rive Gauche puis Lanvin. Ses créations aux coloris vibrants, comme sculptées sur le vif de drapés, bouillonnés, volants et plissés, sont aussi célèbres que ses dessins et sa propre silhouette, ses lunettes rectangulaires et son nœud papillon. »

« En 2019, il crée la maison AZ Factory et présente sa première collection en janvier 2021. Quelques mois plus tard, il disparaît subitement, à Paris, à l’âge de 59 ans. »

« Apprécié pour sa bienveillance, son humour et l’amour qu’il portait à ses pairs, Alber Elbaz rêvait de réaliser un grand show qui réunirait les designers de mode les plus talentueux. »

« En son honneur, le 5 octobre 2021, AZ Factory invite 46 designers de mode, de toutes générations et de toutes origines, à réaliser chacun une silhouette inspirée par la personnalité et l’univers du créateur pour le défilé « Love Brings Love », d’après un mantra qui lui était cher. »

« Rythmée par les célèbres aphorismes du couturier, l’exposition propose de rejouer le défilé hommage, sa scénographie, sa musique, ses lumières… »

« L’ordre de passage est respecté de « A à Z », introduit par une silhouette de la première collection d’Alber Elbaz pour AZ Factory et conclu par deux des vingt-cinq passages réalisés par les équipes de son studio. »

« Ce rassemblement unique de designers reconnus ou émergents, à la tête de maisons illustres ou de leurs propres marques, permet également de porter un regard sur la création contemporaine, ses questionnements et ses enjeux. »

« Le Palais Galliera et AZ Factory souhaitent aussi saluer la mémoire du designer américain Virgil Abloh, disparu en novembre 2021. La silhouette de sa marque Off-White, créée pour le défilé, est l’une des dernières présentées de son vivant. »

1. AZ FACTORY par ALBER ELBAZ
« J’avais un rêve, celui de faire une robe, juste une simple robe qui puisse enlacer une femme. Une robe qui vous étreint quand vous en avez besoin. »

« En janvier 2021, Alber Elbaz présente sa première collection pour AZ Factory, marque composée de la première et de la dernière lettre de son nom. »

« Son approche pragmatique se base sur le respect du corps féminin, de ses mouvements, et de toutes les morphologies. Pour ce faire, il utilise notamment une maille « Anatoknit », dont la technologie permet de modeler les courbes sans les contraindre, et rajoute une longue chaîne pour aider les femmes à ouvrir et fermer la glissière dans leur dos. »

« En réaction à l’importante pollution dégagée par l’industrie textile, il bannit les cuirs animaux et développe des polyesters recyclés pour ses créations, tout en conservant les détails d’une féminité triomphante qui ont fait sa signature. »



Du 5 mars au 10 juillet 2022
10, avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, et les jeudis jusqu’à 21 h.
Visuel :
Alber Elbaz
© Stéphane Gallois

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