Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 26 février 2024

L'attentat terroriste palestinien à l'hôtel Savoy en 1975

Dans la nuit du 5 au 6 mars 1975, un commando de terroristes palestiniens de 
l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) prennent en otages huit personnes à l'hôtel Savoy de Tel Aviv (Israël). L'Etat Juif effectue une opération de sauvetage : cinq otages sont libérés, sept des huit terroristes sont éliminés, deux soldats israéliens sont tués. Arte diffuse sur son site Internet « Savoy » de Zohar Wagner relatant l'attentat terroriste palestinien, et désigne les terroristes de l'OLP par les termes inadéquats et partiaux : « combattants » et « militants ».

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Au soir du 5 mars 1975 à Tel Aviv (Israël), huit terroristes palestiniens de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), arrivés du Liban par voie maritime, sont repérés par une patrouille de la police israélienne alors qu’ils atteignent une plage de Tel Aviv.

La police parvient à toucher les bateaux dont un, chargé d’explosifs, explose. 

Les terroristes palestiniens parviennent à fuir, mais laissent derrière eux une grande partie de leurs armes.

Ils lancent des grenades dans la rue Herbert Samuel, échouent à entrer dans une salle de cinéma, ne parviennent pas à localiser leurs cibles originelles, et font irruption dans l’hôtel Savoy, seul bâtiment illuminé dans la rue. Trois personnes y sont tuées, trois autres parviennent à fuir. La plupart des clients et employés de l’hôtel sont pris en otages et amenés au dernier étage de l’immeuble.

Moshe Deutschmann, un soldat de la Brigade Golani, rentre chez lui. Il entend des coups de feu, et se dirige vers l’hôtel. Il voit deux terroristes tenter de quitter l’immeuble, et tente de les éliminer, mais il est gravement blessé par eux. Amené plus tard à l’hôpital Hadassah, il meurt des suites de ses blessures et sera honoré à titre posthume pour son action héroïque.

Les terroristes palestiniens détruisent une partie de l’hôtel et exigent que soient libérés vingt prisonniers condamnés pour terrorisme sinon ils tueront leurs huit otages. 

Parmi ces otages : Kohava Levy, femme au foyer israélienne d’origine yéménite, âgée de 31 ans, arabophone, médiatrice volontaire entre les terroristes et les Israéliens. Elle s’efforce de sauver des otages et livre des informations sur les terroristes à ses interlocuteurs israéliens.

Menée par Rubi Peled, des négociations débutent. « Les terroristes ont exigé que l’ambassadeur français vienne discuter des modalités de leur sortie de l’hôtel ».

L’armée israélienne décide d’une opération pour libérer les otages. Cette opération est effectuée au matin du 6 mars par l’unité de commando contre-terroriste Sayeret Matkal qui élimine sept des huit terroristes palestiniens, et s’empare du huitième, Mousa Jum’a at-Tallaqa. Le Colonel Uzi Yairi et le sergent Itamar Ben-David sont tués lors de l’opération. 

Cinq otages sont libérés, et les autres tués par les terroristes.

Le navire ayant transporté les terroristes palestiniens a été capturé par la Marine israélienne au large de la ville israélienne de Hedera : deux membres égyptiens de l’équipage sont libérés, et les autres sont condamnés par Israël à des peines d’emprisonnement.

Dans son récit publié le 17 mars 1975, Time magazine  a présenté à tort Kohava Levy comme « une petite prostituée aux cheveux noirs qui s’était réfugiée au Savoy pour éviter une rafle de la police », alors que cette trentenaire se trouvait à l’hôtel avec son amant, Avrahim Azikri, décorateur d’intérieur âgé de 28 ans. Elle a gagné le procès intenté au magazine Time, pour cette présentation erronée, mais cet article non corrigé est lisible sur Internet. Son infidélité a occulté le courage dont elle a fait preuve. En 2019, âgée de 75 ans, elle meurt d’un cancer.

Quant à Avi Azikri, blessé par un tir de terroriste, il a tenté de se présenter comme Britannique dans l’espoir d’être libéré rapidement. Alors Premier ministre, Yitzhak Rabin, lui a rendu visite à l’hôpital où il se rétablissait. Shimon Peres était alors ministre de la Défense.

Le terroriste palestinien Mousa Jum’a at-Tallaqa a été jugé en Israël, et condamné à mort par pendaison en mars 1976. Sa peine a été commuée en détention à vie. Ce terroriste a été libéré lors d’un échange de prisonniers en 1985.

Les cadavres des autres terroristes ont été rendus par Tsahal en mai 2012, au titre de « geste de bonne volonté » d’Israël.

L’hôtel Savoy a été démoli, et entièrement reconstruit sur place. Il a réouvert en 1987. Une plaque rappelle le souvenir des victimes.

En août 2012, parallèlement à la restitution des corps des terroristes, la municipalité de Ramallah a approuvé la construction d’un mausolée en hommage aux huit terroristes impliqués dans cet attentat.

En avril 2021, la branche à Chékhem (Naplouse) du Fatah a allégué, dans un post sur Facebook louant l’attentat terroriste, que 50 à 100 soldats israéliens y auraient été tués.

Cet attentat est le thème de « Savoy », documentaire de Zohar Wagner. La réalisatrice a utilisé des archives et les journaux personnels de Levy pour reconstituer cet attentat. Dana Ivgy y interprète le rôle de Kohava Levy, et Ala Dakaa celui du chef du commando terroriste palestinien.

Au Festival du film de Jérusalem 2022, le film a été distingué par le Prix du Meilleur réalisateur de documentaire et le Prix du meilleur montage. Des membres de la famille de Kohava Levy ont assisté à la projection du documentaire.

 « Savoy »
« La Lucarne » - Résolument excentrique, le documentaire d’auteur. Rendez-vous unique dans le paysage télévisuel, fenêtre rare sur la vertigineuse diversité des réels, des vécus et des imaginaires, « La Lucarne » constitue un patrimoine cinématographique international, pluriel, polyglotte, audacieux et résolument excentrique. » 

Arte diffuse sur son site Internet « Savoy » de Zohar Wagner, journaliste, productrice et réalisatrice israélienne d'origine américaine, née en 1970.

« À partir du journal intime d'une otage, héroïne oubliée qui a joué les intermédiaires entre membres du Fatah et Tsahal, la saisissante reconstitution de l'intérieur de l'attaque terroriste contre l'hôtel Savoy de Tel-Aviv en 1975. » 

« Quand des membres du Fatah la prennent en otage avec sept autres clients à l'hôtel Savoy de Tel-Aviv, le 5 mars 1975, Kochava Levy est convaincue qu'elle ne reverra jamais sa fille. "Je vais mourir ce soir, c'est évident, dans cet hôtel miteux, et la vérité éclatera", écrit-elle dans son journal. »

« Car si elle craint pour sa vie, Kochava, 31 ans, qui n'y est pas avec son mari, est aussi terrifiée qu'on découvre sa liaison. »

« Pourtant, parce qu'elle a appris l'arabe enfant dans un quartier pauvre, cette femme au foyer sert d'intermédiaire entre terroristes et forces israéliennes, devenant l'héroïne d'un soir. »

« Prenant soin des victimes, elle parvient même à faire libérer un otage blessé. »

« Cette nuit-là, j'ai l'esprit extrêmement clair", note-t-elle encore ». 

« Les négociations s'engagent ». 

« Les combattants de l'OLP exigent la libération de dix de leurs frères militants détenus en Israël et un avion de l'ONU pour se rendre en Syrie sous la supervision des ambassadeurs de France et du Vatican ». La terminologie d'Arte révèle la partialité de la chaine franco-allemande, incapable ou refusant de désigner les terroristes palestiniens.

« Au fil des heures, un lien se tisse entre Kochava et un Palestinien ». 

« À l'aube, l'armée israélienne donne l'assaut. » 

« Mêlant les reconstitutions à partir du journal intime de Kochava Levy, dont des extraits sont lus en voix off, les échanges de l'époque captés par un radioamateur et des archives, Zohar Wagner retrace l'histoire de cette femme, disparue en 2019, célébrée comme une héroïne, avant d'être traînée dans la boue par les médias israéliens affirmant qu'elle est une prostituée. »

« Racontant la prise d'otages de l'intérieur, sa violence, ses zones grises, l'attente suspendue et les fragiles instants de grâce aussi, son film hybride tient sa force de l'extraordinaire acuité de cette victime oubliée. »

Traversée par des réminiscences de son enfance, Kochava, face à l'effroi – "Y aura-t-il un demain ?" –, observe les uns et les autres, dont son amant docile, la peur, les lueurs d'humanité et les lâchetés. »

« Dans son regard empreint de profondeur, la chronique poignante de ces heures de chaos. »



« Savoy » de Zohar Wagner
Production : Wagner Films, Zohar
Israël, 2022, 75 min
Disponible du 11/09/2023 au 08/03/2024

dimanche 25 février 2024

Elon Musk

Elon Musk est un homme d’affaires milliardaire - plus de 251 milliards de dollars - américano-canadien d’origine sud-africaine. Attaché à la liberté d’expression, il dirige la société astronautique SpaceX qu’il a co-fondée, la société automobile Tesla et depuis octobre 2022 de X (ex-Twitter acheté pour 44 milliards de dollars). Arte diffusera le 27 février 2024 à 22 h 35 « Le monde selon Elon Musk », documentaire partial de James Jacoby.

Une problématique Fondation Casip-Cojasor 
L’affaire Krief, exemple d’antisémitisme d’Etat (version courte)

Elon Musk est un homme d’affaires milliardaire - plus de 251 milliards de dollars - américano-canadien d’origine sud-africaine. 

Attaché à la liberté d’expression, à l’origine de PayPal, il dirige la société astronautique SpaceX, en entreprise de véhicules de lancement dans l'espace qu’il a co-fondée en 2002, la société d’automobiles électriques Tesladepuis 2008 et depuis octobre 2022 de X (ex-Twitter acheté pour 44 milliards de dollars).

Il est passionné par les neurotechnologies et l’Intelligence artificielle (société xAI).

Durant la pandémie de coronavirus (Covid-19), il exprime son scepticisme envers les statistiques officielles des morts et le confinement, et soutient l'utilisation de la chloroquine.

En avril 2023, il a ajouté sur X (ex-Twitter) durant quelques semaines à certains comptes les mentions « média affilié à l’État » et « média financé par des fonds gouvernementaux ». Il a aussi imposé un abonnement payant (environ cent euros) pour obtenir la certification bleue de Twitter. Il a également autorisé un double message - "des lecteurs ont ajouté un contexte qu'ils jugent utile pour les utilisateurs" et "Trouvez-vous cette note utile? (Oui/En partie/Non)" - au-dessous d'un twitt indiquant l'authenticité des allégations de ce message.

En mai 2023, Elon Must a répondu sur X à Brian Krassenstein : George "Soros me rappelle Magneto" (superhéros juif rescapé de la Shoah créé par le scénariste Stan Lee et le dessinateur Jack Kirby pour Marvel Comics, Ndlr), et "Vous supposez qu'il s'agit de bonnes intentions. Ce n'est pas le cas. Il veut éroder le tissu même de la civilisation. Soros déteste l'humanité". Directeur de l'Anti-Defamation League (ADL), Jonathan Greenblatt a twitté que ce commentaire "enhardira les extrémistes qui élaborent déjà des conspirations antijuives et qui ont tenté d'attaquer Soros et les communautés juives en conséquence". "Le ministère israélien des Affaires étrangères a protesté contre la montée de l'antisémitisme sur Twitter et accusé son propriétaire, Elon Musk, d'être à l'origine d'un flot de théories du complot antisémites sur la plateforme." Elon Musk a répondu ne pas être antisémite. 

Après le djihad du 7 octobre 2023, Elon Musk a visité le 27 novembre 2023 l'Etat d'Israël. Il y a dialogué avec le Président israélien Isaac Herzog sur l’antisémitisme sur Internet. Il a soutenu le Premier ministre Benyamin Netanyahou dans la guerre menée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza. Il s'est rendu au camp d'Auschwitz (Pologne) et a regretté sa « naïveté » sur l’ampleur de l’antisémitisme.

« Le monde selon Elon Musk »
Arte diffusera le 27 février 2024 à 22 h 35 « Le monde selon Elon Musk », documentaire américain partial réalisé par James Jacoby (2023).

« Twitteur compulsif, Elon Musk s’est offert en 2022 son réseau social préféré, et l'a brutalement façonné selon ses désirs. Cette enquête punchy relate les relations orageuses entre la plate-forme et le milliardaire, et leurs incidences sur le débat public. »

"Certains s’expriment à travers leurs cheveux, moi je me sers de Twitter." En 2010, l’entrepreneur Elon Musk a rejoint la "conversation mondiale" et s’est vite fait remarquer par ses tweets potaches ou absurdes. »

« Cette notoriété a rejailli sur ses activités industrielles, axées notamment sur la conquête spatiale et les voitures électriques, contribuant à réduire les dépenses marketing de son empire. »

« Mais les relations entre le magnat d’origine sud-africaine et Twitter ont connu des hauts et des bas. »

« Elon Musk, influencé par ses aspirations libertariennes, a souvent vitupéré contre sur ce qu’il considérait comme des atteintes à la liberté d’expression, quand l’équipe dirigeante de Twitter, longtemps accusée de laxisme face aux propos haineux et aux fake news, tentait, elle, de redresser la barre. »

« Il a par exemple volé au secours de Donald Trump en janvier 2021, lorsque le compte Twitter de ce dernier a été supprimé après l’assaut du Capitole. »

« Pour modeler son réseau social favori à sa guise, Elon Musk a fini par se l’offrir en octobre 2022, après une bataille juridique mémorable. »

« Depuis, Twitter, rebaptisé X en 2023, a licencié des milliers de salariés, notamment des modérateurs de contenu, et ouvert les vannes du complotisme et de l’incitation à la haine. »

« Selon la recette éprouvée qui fait la force des documentaires d’actualité Frontline, ce film de James Jacoby entremêle témoignages clés et archives récentes. »

« Il nous replonge jour après jour dans un haletant feuilleton qui a mal fini : la reprise en main de Twitter et une "conversation mondiale" qui vire à la polarisation et à la virulence. »

« Plusieurs ex-salariés de la plate-forme livrent d’éclairants témoignages sur l’avant et l’après-Elon Musk, racontant le choc des cultures entre monde industriel et pépite de la tech, les licenciements brutaux et même un inquiétant déchaînement de haine, complaisamment relayé par le réseau social, à l’encontre de l’un d’entre eux, Yoel Roth, en charge du département de la confiance et de la sécurité de la plate-forme au moment du rachat. »

« Retraçant une décennie de relations orageuses entre Twitter et l’impulsif milliardaire, et le débat sur la liberté d’expression et la désinformation qu’elles ont alimenté, cette enquête à l’efficacité anglo-saxonne montre comment la démocratie a perdu quelques plumes dans l'aventure. »



« Le monde selon Elon Musk » de James Jacoby
Etats-Unis, 2023, 1 h 30
Production : Frontline GBH, Left/Right Docs, ZDF, en association avec ARTE
Sur Arte les 27 février 2024 à 22 h 35, 09 mars 2024 à 1 h 25
Sur arte.tv du 27/02/2024 au 26/05/2024
Visuels : © REUTERS/Andrew Kelly

jeudi 22 février 2024

IKEA

Créée en 1943 par l'homme d'affaires suédois Ingvar Kamprad (1926-2018), IKEA, acronyme de Ingvar Kamprad Elmtaryd Agunnaryda, est une entreprise florissante. Dans ses magasins, la firme vend des meubles et articles de décoration, parfois en kit à assembler par le client. Arte diffusera le 27 février 2024 à 20 h 55 « Ikea, le seigneur des forêts » de Marianne Kerfriden et Xavier Deleu.


Créée en 1943 par l'entrepreneur suédois et fils de paysans Ingvar Kamprad (1926-2018) qui avait débuté dans la papèterie, IKEA, acronyme de Ingvar Kamprad Elmtaryd Agunnaryda, est une entreprise florissante mondiale - son siège social est situé à Delft (Pays-Bas). Dans ses magasins, la firme vend des meubles et articles de décoration, parfois en kit à assembler par le client.

Dans les années 1990, la presse a révélé le passé nazi du fondateur de l'enseigne.

"En 2010, le groupe Ikea prenait ainsi fait et cause, dans une affiche publicitaire, pour le mariage pour tous en Italie. Réel engagement ou, là aussi, stratégie marketing d'adaptation aux coutumes locales ? Dans la même veine en 2013, Starbucks, par la voix de son PDG Howard Schultz, défendait lui aussi l'ouverture du mariage aux homosexuels : "Nous avons la joie d'employer plus de 200.000 personnes dans notre société et nous entendons accueillir la diversité sous toutes ses formes". 

En 2012, IKEA a effacé les femmes de son catalogue disponible en Arabie saoudite. Ce qui a choqué des politiciens et féministes en Suède. La firme a exprimé ses regrets - cette suppression est "contre ses principes et valeurs" - et a expliqué avoir fabriqué ce catalogue pour un franchisé saoudien. Le Groupe IKEA a affirmé qu'il sera plus vigilant dans la diffusion de ses catalogues. Starbucks a longtemps interdit l'entrée de ses magasins dans ce pays aux femmes.

En 2017, IKEA avait supprimé les filles et femmes de son catalogue israélien destiné aux juifs particulièrement orthodoxes, haredi. Il y avait aussi accordé une plus grande place aux meubles prisés par ce groupe composé de familles nombreuses pieuses : bibliothèques pour livres de prières, lits superposés, etc. "Alors que la marque se vante régulièrement de ses bonnes pratiques en matière d’égalité des sexes, - Ikea Suisse a été désignée en 2015 comme la première entreprise du monde à obtenir le plus haut niveau de certification EDGE (la principale norme mondiale pour l’égalité des sexes) – le choix stratégique d’éliminer les femmes pour gagner des parts de marché auprès de religieux" a suscité l'ironie et l'indignation en Israël. Le Groupe IKEA a allégué une initiative locale non notifiée au siège. "Face aux nombreuses critiques, Ikea a présenté ses excuses dans un communiqué relayé par l’agence Religion News Service (RNS). "Nous comprenons que des personnes ont été choquées et que cette publication n’est pas en accord avec les valeurs d’Ikea, et nous nous en excusons. Nous nous assurerons que nos futures publications reflètent ce qu’Ikea défend...", assure la marque qui dit vouloir en même temps "respecter (...) la communauté haredim". Les lois du marché..." Le directeur exécutif d’Ikea en Israël, Shuky Koblenz, a présenté ses excuses, et expliqué avoir répondu à une demande.

En 2018, IKEA disposait de 403 magasins dans le monde - dont quatre en Israël (Netanya, Rishon Letsion, Kiryat Ata, Beer Sheva). Son personnel s'élevait à 190.000 individus et son chiffre d’affaires annuel à 38 milliards d’euros.

En février 2019, IKEA a annoncé installer le temps d'un week-end (1er-3 mars) des bains à 38 degrés sur les quais des Grands-Augustins (VIe), en face de l’Ile de la Cité. Une « parenthèse de bien être », « une expérience inédite », « une découverte de la vie à la suédoise », « un pur moment de détente » de 15-20 minutes, selon IKEA qui souhaitait ainsi présenter son catalogue printemps de la chambre et de la salle de bains. "Selon le groupe écolo au Conseil de Paris, cette « opération » publicitaire est « une aberration écologique, un gaspillage énergétique complet. Ils demandèrent de la stopper."

« Ikea, le seigneur des forêts »
Arte diffusera le 27 février 2024 à 20 h 55 « Ikea, le seigneur des forêts » de Marianne Kerfriden et Xavier Deleu.

« Derrière son image familiale et écolo, le géant du meuble suédois, plus gros consommateur de bois au monde, révèle des pratiques bien peu scrupuleuses. Une investigation édifiante sur cette firme à l’appétit démesuré. »

« C’est une des enseignes préférées des consommateurs, qui équipe depuis des générations cuisines, salons et chambres d’enfants du monde entier. »

« Depuis sa création en 1943 par le visionnaire mais controversé Ingvar Kamprad, et au fil des innovations – meubles en kit, vente par correspondance, magasins en self-service… –, la petite entreprise a connu une croissance fulgurante, et a accompagné l’entrée de la Suède dans l’ère de la consommation de masse. »

« Aujourd’hui, ce fleuron commercial, qui participe pleinement au rayonnement du pays à l’international, est devenu un mastodonte en expansion continue. »

« Les chiffres donnent le tournis : 422 magasins dans cinquante pays ; près d'un milliard de clients ; 2 000 nouveaux articles au catalogue par an… et un exemplaire de son produit phare, la bibliothèque Billy, vendu toutes les cinq secondes. »

« Mais le modèle Ikea a un coût. Pour poursuivre son développement exponentiel et vendre toujours plus de meubles à bas prix, le géant suédois dévore chaque année 20 millions de mètres cubes de bois, soit 1 % des réserves mondiales de ce matériau… Et si la firme vante un approvisionnement responsable et une gestion durable des forêts, la réalité derrière le discours se révèle autrement plus trouble. »

« Pendant plus d’un an, les journalistes d’investigation Xavier Deleu (Épidémies, l’empreinte de l’homme) et Marianne Kerfriden ont remonté la chaîne de production d’Ikea aux quatre coins du globe. » 

« Des dernières forêts boréales suédoises aux plantations brésiliennes en passant par la campagne néo-zélandaise et les grands espaces de Pologne ou de Roumanie, le documentaire dévoile les liens entre la multinationale de l’ameublement et l'exploitation intensive et incontrôlée du bois. » 

« Il révèle comment la marque au logo jaune et bleu, souvent via des fournisseurs ou sous-traitants peu scrupuleux, contribue à la destruction de la biodiversité à travers la planète et alimente le trafic de bois. » 

« Comme en Roumanie, où Ikea possède 50 000 hectares de forêts, et où des activistes se mobilisent au péril de leur vie contre une mafia du bois endémique. » 

« Derrière la réussite de l’une des firmes les plus populaires au monde, cette enquête inédite éclaire l’incroyable expansion d’un prédateur discret devenu un champion du greenwashing. »


« Pourquoi nous avons enquêté sur Ikea »
Par Mathias Destal
Cofondateur et rédacteur en chef de Disclose

Un texte en écriture inclusive !?

« Tout est parti de la lecture, en 2020, d’un livre de Richard Powers : L’Arbre-Monde. Une épopée dans laquelle le destin de neuf personnages finit par converger autour de la puissance des arbres. Ce roman a été un électrochoc. Il nous a convaincus que Disclose devait enquêter sur les forêts et les menaces qui les entourent. C’est à ce moment que nous avons missionné Robert Schmidt et Alexander Abdelilah, deux journalistes au sein du collectif We Report, avec lequel nous avions l’habitude de travailler. Notre proposition ? « Enquêtez sur les forêts pendant une semaine et on fait le point pour voir vers où on va ».

Alexander et Robert ont tiré de leur recherche de nombreuses pistes d’investigation. L’une d’elle nous a permis de publier une double-enquête dévoilant un vaste trafic de chênes entre la France et la Chine. Une autre nous a menés à Ikea : nous avons identifié dix sous-traitants de la firme, en Biélorussie, qui ont eu recours au travail forcé de prisonniers politiques pendant une dizaine d’années.

Mais il y avait sans doute bien plus à dire sur le géant suédois. Notre hypothèse à l’époque : en tant que premier producteur de meubles au monde, et vu les prix pratiqués, le modèle développé par Ikea ne pouvait être aussi vertueux et responsable que la multinationale le prétend. Pour la vérifier, nous avons opté pour le format documentaire, le plus pertinent à nos yeux pour une enquête de cette ampleur. La chaîne Arte nous a tout de suite accordé sa confiance. C’était le début d’un périple sur trois continents... 

Pendant plusieurs mois, le duo de réalisateur•ices Marianne Kerfriden et Xavier Deleu, accompagné•es de Robert et Alexander, ont enquêté sur le système Ikea. Ils ont disséqué son modèle, analysé ses zones d’approvisionnement, le tout en conduisant plusieurs dizaines d’entretiens avec des expert•es forestiers, des membres d’ONG et des citoyen•nes mobilisé•es contre les ravages de l’industrie du bois. Seul absent : Ikea, qui a refusé de nous donner un entretien et de nous ouvrir les portes de ses usines. Ce documentaire, le premier de 90 minutes pour Disclose, doit beaucoup au talent de la cheffe opératrice Aurélie Piel, du monteur Pierre Poyard et, bien sûr, des réalisateur•ices Marianne Kerfriden et Xavier Deleu. Une œuvre qui met au jour un système de prédation au service de l’ogre des forêts. » 


« Premier consommateur au monde de ce matériau, Ikea dévore chaque année 1 % du bois coupé sur la planète, soit un arbre toutes les deux secondes… Tour du monde des pratiques de ce géant insatiable. »



« Ikea, le seigneur des forêts » de Marianne Kerfriden et Xavier Deleu 
France, 2023, 95 min
Coproduction : ARTE France, Disclose Films, Premières lignes
Auteurs : Xavier Deleu, Marianne Kerfriden, Alexander Abdelilah et Robert Schmidt 
Sur Arte les 27 février 2024 à 20 h 55, 18 mars 2024 à 9 h 25
Sur arte.tv du 20/02/2024 au 02/06/2024
Visuels : © DISCLOSE Films