Citations

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dimanche 1 décembre 2024

Sammy Ghozlan (1942-2023)

Sammy Ghozlan (1942-2023) était un Français juif né en Algérie, alors composée de départements français, commissaire de police à la retraite et chef d'orchestre pour des soirées juives. Il avait cofondé avec André Scemama le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme) et le CCJ 93 (Conseil des communautés juives), déclinaison dans les départements d'Ile-de-France. Marqué par le pogrom à Constantine en 1934, il a alerté dès les premiers signes d'une recrudescence du nombre d'actes antijuifs à l'automne 2000, après le déclenchement de l'Intafada II par Yasser Arafat. Il avait lié ce "nouvel antisémitisme" en partie au "palestinisme". 
Il avait fait son aliyah dans les années 2010. Publiée par Guimel Edition, son autobiographie passionnante et émouvante, "Un commissaire atypique", est disponible auprès du BNVCA.


Né à Constantine (Algérie), Sammy Ghozlan garde vivace le souvenir du pogrom de Constantine en 1934. Le "pogrom au nom du djihad" (Shmuel Trigano) du 5 août 1934, à Constantine (Algérie), sans intervention de l'Armée ou de la police françaises, a causé 27 victimes Juives, enfants et adultes généralement égorgés et 26 Juifs blessés, des incendies, saccages et pillages de magasins et logements de Français Juifs. Plus de 3 000 Juifs - un tiers des Juifs constantinois - ayant besoin d'assistance sociale après ce pogrom, etc. Cpogrom avait été précédé le 3 août 1934 de violents incidents dans le Constantinois. Au  coût financier de 150 millions de francs Poincaré de l'époque, il a été suivi pendant des mois par le boycott de magasins Juifs, du non paiement par des musulmans de leurs dettes auprès de leurs prêteurs Juifs, etc.

Quand l'Intifada II éclate à l'initiative de Yasser Arafat, le nombre d'actes antisémites croît considérablement en France. Agressions physiques et verbales se multiplient. Déni, minoration, quasi-justification... Les autorités politiques françaises au plus haut niveau - Président de la République Jacques Chirac (Union pour un mouvement populaire, UMP), les socialistes Lionel Jospin, Premier ministre qui confia à Sammy Ghozlan tout son ignorance sur cette recrudescence, et Daniel Vaillant, ministre de l'Intérieur - évoluent progressivement, lentement, de la négation de la réalité, aux explications erronées : "tensions intercommunautaires", etc.

Sammy Ghozlan a cocréé avec André Scemama le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA). afin de recenser les actes antisémites, accompagner les victimes en justice, lutter contre les boycotts d'Israël (BDS) en poursuivant lors de procès coûteux ceux qui enfreignent la loi... Il a bénéficié alors de locaux prêtés par Actualité juive hebdo, puis par la Licra.

Il a souligné la dangereuse alliance entre gauchistes et islamistes (islamogauchisme) - à la fin du XXe siècle, ce commissaire de police avait étudié le développement de réseaux islamistes dans le nord de la France, le rôle du "palestinisme" comme carburant de la haine des Juifs.

« L’émission « Complément d’enquête » intitulée « Juifs de France : ont-ils raison d'avoir peur ? » m’a interviewé à plusieurs reprises, mais n’a pas diffusé mon interview. Elle a diffusé l'interview de François Pupponi, maire de Sarcelles, qui avançait des explications socio-économiques à l'antisémitisme… C’est à l’Etat, et à lui seul, d’assurer l’ordre public, et notamment la protection des établissements Juifs. Voici quelques années, deux balles ont été tirées contre une épicerie casher à Sarcelles. Quelques heures après, le policier , venu à ma demande pour constater les faits, m’a téléphoné pour me dire : « Tout a été réparé » à la demande des autorités municipales qui veulent préserver l’image de leur ville... On est passé du palestinisme à l'islamisme, et maintenant au djihadisme. Il ne faut pas empêcher les djihadistes français de quitter la France, mais il faut les empêcher de rentrer en France », a déclaré Sammy Ghozlan, président du BNVCA, le 30 septembre 2014, lors d'une réunion publique à la Mairie du XVIIe arrondissement de Paris sur l'antisémitisme en France.

Ce commissaire de police honoraire s’est éloigné du SPCJ (Service de protection de la communauté juive) dont il ne perçoit pas clairement les objectifs.

Il a ajouté n'être jamais invité sur RCJ (Radio de la communauté juive), media du FSJU (Fonds social juif unifié), car on le trouvait « alarmiste ».

Il a déploré l’absence générale dans les médias de représentants de l’ambassade d’Israël en France lors de l’opération israélienne défensive Bordure protectrice, et a recensé 250 signalements d’agressions antisémites dans les trois premières semaines de cette opération militaire.

Il a fait son aliyah - ses enfants et petits-enfants y vivaient -.

Il est décédé dans la nuit du 11 au 12 septembre 2023.

Unanimement loué, Sammy Ghozlan a été inhumé le 12 septembre 2023 à 14 h 30 au cimetière des Vatikim à Natanya (Israël).

Le jeudi 19 octobre 2023 à 19 h, le BNVCA a rendu hommage à Sammy Ghozlan à la salle Jérusalem de la Grande Synagogue de la Victoire, 17 rue Saint-Georges 75009 Paris. Vous étiez invités à assister à cet hommage.

« Un commissaire atypique »
En 2023, Guimel Edition a publié « Un commissaire atypique », autobiographie posthume de Sammy Ghozlan. 

L'auteur évoque son enfance heureuse dans une famille juive traditionnaliste à Constantine. Son grand-père Chaloum Ghozlan était Grand-Rabbin de Sétif. Après avoir suivi une carrière dans l'Armée, son père s'est engagé dans la police.

C'est lors de sa bar-mitzva que se précise l'identité juive d'Alain Sammy Ghozlan. "Tu as fait ta bar-mitzva. A partir d'aujourd'hui tu es responsable, tu es un homme. Tu as fait une promesse. Et un homme est celui qui tient ses promesses", lui rappelle un rabbin. Un principe qui guide la vie de l'adulte.  

Sammy Ghozlan évoque Monique, son épouse durant 64 ans, rencontrée enfant, puis adolescent aux Eclaireurs israélites, devenue institutrice, et son ami d'enfance, Jean-Claude Ghrenassia prématurément disparu. Durant son service militaire, compagnie musiciens de l'armée de l'air.

20 août 1955 : premier jour des attentats terroristes islamistes du FLN (Front de libération nationale) à Constantine. Le 21 janvier 1962, ce sont les préparatifs hâtifs de la valise pour éviter le cercueil. C'est le départ précipité de Sammy Ghozlan vers Marseille avec sa mère et une de ses sœurs. Un mois plus tard, le père et ses deux autres filles rejoignent la cité phocéenne. 21 février 1962, le FLN assassine son oncle policier. Pour ses études de droit, Sammy Ghozlan s'installe à Paris. Une période où il éprouve la conscience de la fin d'un monde sans espoir de retour, la douleur de l'exil, et la volonté de se marier et de fonder une famille.

Après sa réussite au concours de police, Sammy Ghozlan effectue un voyage de noces en Israël. Il débute sa carrière au commissariat de Pantin, ville alors violente. Il y crée une brigade de protection des mineurs pour éviter la commission d'infractions, prend goût pour le travail de terrain, réussit le concours d'inspecteur principal, est promu commissaire de police : formé à l'école de Saint-Cyr, il obtient que soient enlevés les photos de Pétain et Laval qui ornaient les couloirs de l'institution, et sa promotion a pris le nom de Jean Moulin. Il est muté à Aulnay-sous-Bois, où un tiers des habitants est immigré, majoritairement d'origine maghrébine, cité "réputée comme extrêmement violente et problématique". L’inspecteur Ghozlan réussit brillamment, rapidement à faire diminuer la délinquance, recourt à des méthodes fondées sur le respect et s’appuie sur son réseau d’indics. Ses succès professionnels lui valent l’intérêt de la presse qui le surnomme le « poulet cacher ». A la Direction du Recrutement et de la Formation des Policiers, il crée un programme d'enseignement de la langue arabe. Avec Benoît Martin, il substitue de nouveaux formulaires aux "formulaires des fiches de signalement utilisés dans la police jusqu'en 1978 et dans lesquels on mentionnait la "race" du suspect, invitant l'officier qui le remplissait à choisir entre "race noire, race blanche et race juive"

En 1976, sa belle-mère, atteinte de leucémie, se trouve fortuitement parmi les otages libérés lors du détournement de l'avion d'Air France à Entebbe (Ouganda). A la police française et aux autorités israéliennes, elle livre des informations précises sur le commando terroriste antisémite du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) - la police s'orientait vers la piste de Carlos allié à des Vénézuéliens ! - et la complicité du dirigeant Amin Dada.

1982 marque un autre tournant majeur dans la carrière policière de Sammy Ghozlan : l’attentat contre le restaurant Goldenberg, rue des Rosiers, durant l'invasion israélienne du Liban (6 juin-29 septembre 1982) après des agressions djihadistes de l’OLP à partir du territoire libanais). Le Président socialiste Mitterrand conspué. La piste des « Irlandais de Vincennes » et de l’extrême-droite - comme après l’attentat terroriste contre la synagogue rue Copernic (Paris) - est privilégiée. Sammy Ghozlan effectue l'humble travail de collecte d’informations, de recueil de témoignages auprès des habitants méfiants envers le pouvoir politique mitterrandien et qui contredisent la thèse officielle. L'attentat est revendiqué par Abou Nidal. "La police s'était trompée. Trop peu d'efforts avaient été investis. La communauté juive avait été, une nouvelle fois, victime d'un antisémitisme arabo-musulman, sans que l'on ose mettre un nom dessus". En cet été 1982, il comble la carence de communication consistoriale en obtenant que le rabbin de Marseille Joseph Sitruk s'exprime publiquement.

Commissaire de police à Dourges (Pas-de-Calais), Sammy Ghozlan a observé en 1993 l'islamisation de la "France profonde" par conversions et immigration. Il a alors étudié le développement de réseaux islamistes dans le nord de la France en lien avec la Grande-Bretagne (Brixton) et l'Afghanistan,

Dès octobre 2000, "le SPCJ croulait sous le poids de sa propre bureaucratie... La police avait du mal à reconnaître le caractère antisémite des faits. Elle était prisonnière du régime de la loi Gayssot qui ne prenait pas en compte l'intention raciste dans la désignation des actes antisémites et ne sanctionnait pas les agressions à caractère raciste ou antisémite contre les biens, les personnes et même les lieux de culte... Devant l'ampleur de l'urgence et de ces dysfonctionnements", il crée les Conseils départementaux des communautés juives pour faire l'état des lieux des actes antisémites par département et traiter les problèmes de manière efficace... Je portais tout haut la voix des victimes que personnes ne voulait entendre : nous faisions face à un antisémitisme arabo-musulman. La chose dérangeait. Elle était inaudible", et indicible par le pouvoir politique et les institutions juives françaises., ainsi que par la LICRA. "Les mots venaient en effet révéler une réalité violente, ingérable, inacceptable pour les gardiens de la belle morale française." 

La liste des agressions antisémites avec la qualification de leurs auteurs est alors publiée en novembre 2001 dans le premier numéro L'Observatoire du Monde Juif, dirigé par le professeur Shmuel Trigano. Silence médiatique.

Grâce au travail de terrain des CCJ (Conseil des communautés juives) en Ile-de-France, Sammy Ghozlan établit un lien entre d'une part les actes antisémites, et, d'autre part, l'orientation communiste ou gauchiste et l'activisme propalestinien (jumelage avec des camps ou villes "palestiniens", voyage dans les territoires disputés, appels au boycott d'Israël, etc.) des maires : "De l'antisionisme à l'antisémitisme, il n'y avait qu'un pas : l'incitation à la haine d'Israël... poussait délibérément à l'acte antijuif. Et personne ne voulait le reconnaître".

Connaissant de l'intérieur le fonctionnement de la police, ses relations avec le Parquet et les cabinets ministériels ainsi que la dilution de l'information qui n'arrive pas toujours aux hauts sommets de l'Etat, Sammy Ghozlan informe les politiciens, dont Jean-Pierre Chevènement, le procureur François Molins dont les services le considèrent comme une "source fiable".

Il crée en 2002 le BNVCA, établit le lien avec l'islamisme dont il avait analysé l'implantation dans le nord de la France et les liens avec le trafic de drogue. Il détecte dans l'islamisme et la politique française les ferments de l'antisémitisme. Aidé par des avocats bénévoles, il initie des procédures judiciaires contre ceux appelant au boycott d'Israël et s'efforce de combattre Dieudonné. Les assassinats de Français juifs se succèdent selon des schémas souvent similaires - réticences judiciaires à les qualifier d'antisémites, faible intérêt des médias, rares reconstitutions de scènes de crimes -, avec des particularités effrayantes : inaction policière face aux tortures subies par Sarah Halimi, etc. Avec les attentats terroristes à Toulouse et Montauban, c'est de nouveau et à tort la piste de l'"extrême-droite" qui est privilégiée par le pouvoir politique et les médias. 

"La justice française et la France dans son ensemble avaient abandonné l'arène du combat. Nous étions bel et bien seuls. La France avait choisi son camp... L'antisionisme était bel et bien l'antisémitisme contemporain, et non pas juste une "nouvelle forme de l'antisémitisme... Le jour où la France changera sa politique, alors les choses changeront, le jour où elle adoptera des positions pro-israéliennes, la situation sera toute autre, le jour où elle reconnaîtra le danger islamique et le traitera comme tel, alors seulement, les juifs seront de nouveau en sécurité sur le territoire français".

Sammy Ghozlan fustige un leadership communautaire juif français "sans personnalité pour redonner au judaïsme sa vigueur d'antan", qui a tenté d'entraver sa carrière professionnelle au rang d'inspecteur divisionnaire - un Président du CRIF s'est opposé à sa promotion en écrivant aux cabinets ministériels qu'il était "turbulent" ! - et sa candidature en 1995 à une élection cantonale au Blanc-Mesnil pour le RPR et l'UDF - il était alors membre du Consistoire -, ne se renouvelle pas depuis des décennies - "Il n'y avait aucune relève pour la communauté juive de France, cela n'intéressait plus personne" -, demeure soumis au "politiquement correct" et au pouvoir politique. 

Il déplore les trop rares voix musulmanes solidaires des juifs.

Au soir de sa vie, il peut dresser un bilan gratifiant de sa carrière de commissaire de police en lisant les lettres empreintes de gratitude de ceux qu'il a aidés à éviter la délinquance et en pensant à sa promotion au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur à la demande de Dominique Lunel - décoration remise par Brice Hortefeux, alors ministre de l'Intérieur -, de ses initiatives pour supprimer les entraves administratives à l'intégration des olims français en Israël, de sa carrière de chef d'un orchestre multiconfessionnel dont le nom a brillé sur le fronton de l'Olympia.

Mais il dresse un parallèle entre la situation dangereuse des juifs en France en 2020 et celles des "juifs d'Afrique du nord avant leur départ vers la France. Le judaïsme fier et décomplexé d'avant les années 2000 avait définitivement disparu. L'antisémitisme avait pris toute la place. Les Juifs étaient devenus des cibles vulnérables. Et si l'Etat français ne se décidait pas rapidement à reconnaître et traiter le danger islamique, leur destin était voué à la perte et à la dégradation. La France se devait de combattre énergiquement le boycott, elle devait adopter une position pro-israélienne, reléguant aux oubliettes les appels au meurtre des odieux islamo-gauchistes, pour préserver ce qui restait de la communauté juive française". Le contraire des actions politiques françaises pro-Arabes menées depuis des décennies et qui ont contribué aux déclins de la France, notamment dans le monde.

En annexes, sont publiés le discours de Sammy Ghozlan devant le Forum sur le crime international et le terrorisme (Crans Montana, 28 août 2009) – il dénonce le Hezbollah, narcotrafiquant et organisation terroriste islamiste -, l’interview par Joëlle Allouche-Benayoun de Sammy Ghozlan sur l’état de l’antisémitisme à Paris et en région parisienne (Controverses, n° 5, juin 2007) - il souligne la "lenteur des décisions de justice ou la faiblesse des peines prononcées" -, la liste du BNVCA des actes antisémites en 2006 et 2007 ainsi que des lettres élogieuses de directeurs départementaux de polices au sein du ministère de l'Intérieur félicitant l'inspecteur Alain Ghozlan pour son « sens policier » et son « excellent esprit de coopération ».

Ce livre est disponible auprès du BNVCA dont tous les communiqués ont été repris par l'agence de presse Guysen International News de son lancement en mai-juin 2002 à au moins 2006. C'est un témoignage précieux par un acteur incontournable du combat contre l'antisémitisme. 

Arte
« Leurs histoires ne font pas la une mais elles émeuvent, surprennent et donnent à réfléchir. En prise avec un thème d’actualité, les reportages choisis par ARTE Regards vont à la rencontre de citoyens européens et proposent une plongée inédite dans leurs réalités quotidiennes ».

Dans ce cadre, Arte diffusa le 10 décembre 2018, dans le cadre de Regards, « Le flic casher » (Re: Der koschere Cop. Ein Polizist kämpft gegen Judenhass). 

« De nombreux Juifs ne se sentent plus en sécurité en France, ils sont des milliers à quitter le pays ».« Il y a quatre ans, Sammy Ghozlan, commissaire de police à la retraite, et Monique, son épouse, se sont installés en Israël : ils avaient été plusieurs fois menacés de mort. Mais ils reviennent régulièrement à Paris, leur ancien chez eux... »

Il retourne dans les quartiers qu'il fréquentait, et où ont disparu des commerces cacher.

L'imam Hassen Chalghoumi lui a confié qu'un jeune musulman lui a demandé s'il était "vrai qu'un musulman va au Paradis quand il tue un Juif". Il amène des adolescents musulmans visiter une magnifique synagogue.

Lors d'un repas familial, la question de l'aliyah est évoquée : le nombre de classes dans les écoles juives diminuent, tout comme l'effectif scolaire. Mais les parents quasi-quinquagénaires sont attachés à la France, ont conscience des difficultés de l'aliyah. Et Sammy Ghozlan insiste : "Il ne faut pas fuir la France, comme j'ai du fuir l'Algérie..."

Colloque 2023
Le 
16 mars 2023, de 14h à 19h, à la Salle Victor Hugo de l'Assemblée nationale. le BNVCA organisa le colloque de ses 20 ans. Cet évènement sera introduit par Sammy Ghozlan et Éric Ciotti, Député, Président du parti Les Républicains, puis suivie par l'intervention du Grand Rabbin de France Haïm Korsia.

PROGRAMME 

Table Ronde 1
De l’antisémitisme à l’antisionisme
Modérateur : M. Michel Zerbib,
M. Shmuel Trigano, sociologue et philosophe
M. Shimon Samuels, Centre Simon Wiesenthal (CSW)
Me Marc Bensimhon, Avocat
M. Dov Zerah, ancien Président du Consistoire de Paris
 
Table Ronde 2
La Justice face à la violence et à l’antisémitisme
Modérateur : Me Franck Serfati, avocat
M. François Pupponi, ancien Député et Maire de Sarcelles
Me Muriel Ouaknine et Me Oudy Bloch, avocats de l'OJE (Organisation juive européenne)
M. Éric Neveu, Procureur de la République
Mme Danielle Guerrier, Diocèse de Saint-Denis

Les 20 propositions du BNVCA
Remise du Prix Les Valeureux à titre posthume à Claude Barouch et Claude Goasguen, député Les Républicains, et en présentiel à Philippe Val, essayiste
La Tribune d’Alain Finkielkraut


Sammy Ghozlan, Un commissaire atypique. Guimel Edition, 2023. 209 pages. 20 euros. ISBN : 9788359043802. Disponible auprès du BNVCA.

Allemagne, 2018
Sur Arte le 10 décembre 2018 à 13 h

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 9 décembre 2018, puis le 12 septembre 2023.

Le Qatar


Adepte du soft-power, enrichi par les ressources en pétrole et en gaz, le Qatar est devenu rapidement un acteur politique majeur au Moyen-Orient, et un investisseur « ami » ambigu, paradoxal, pour des Etats occidentaux, et un soutien au terrorisme, notamment au mouvement islamiste Hamas. Arte rediffusera le 03 décembre 2024 à 20 h 55 "Qatar, une dynastie à la conquête du monde" (Katar - Gas und Spiele) de Miyuki Droz et Sylvain Lepetit.

Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ? 
« Humoristes et musulmans » de Frank Eggers  
« Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui » 
« Riad Sattouf. L’écriture dessinée »
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein 
« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau
L'Etat islamique 
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS 
« Les armes des djihadistes » par Daniel Harrich 
« L'argent de la terreur »
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel 
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse 
« Iran-Irak, la guerre par l'image » par Maryam Ebrahimi
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz
Le keffieh, c'est tendance !

« Dirigé par le Cheikh Hamad Al Thani, le Qatar abrite 1,8 million d’habitants dont 10 % seulement sont des Qataris de souche, musulmans sunnites. Le reste est composé de travailleurs immigrés dont quelques jeunes Français de nos banlieues. Les Qataris sont depuis peu les premiers actionnaires de Lagardère, avec 26% du capital. Or, cette société est gros actionnaire de Hachette, Europe 1, Canal +, et EADS, société mère d’Airbus. Il n’y a pas plus stratégique que la communication et l’aéronautique ! Le Qatar a aussi des participations dans Total, LVMH, Vinci, Veolia, et possède plusieurs palaces hôteliers à Paris et à Cannes. S’ajoute à ces investissements une résidence somptueuse dans l’île Saint-Louis, l’Hôtel Lambert qui appartenait autrefois à Guy de Rothschild », écrit Roger Cukierman  en 2012.

Située au Qatar, la base militaire d'Al-Udeid est une base militaire américaine, la plus importante du Moyen-Orient.

Le 2 décembre 2010, la Fédération internationale de football (FIFA) a désigné le Qatar comme pays organisateur de la Coupe du monde 2022 (21 novembre-18 décembre 2022). Ce qui a soulevé l'indignation de dirigeants politiques. Et ce d'autant que des questions pertinentes concernent les raisons et les circonstances de ce choix. Les conditions de travail des ouvriers immigrés dans les chantiers de construction des stades climatisés devant accueillir les matches de football ont soulevé la réprobation d'ONG, dont Amnesty International.

Le Qatar soutient financièrement des mouvements terroristes islamiques, tel le Hamas. Depuis 2012, Doha était le siège du principal bureau politique du Hamas à l'étranger. Le 19 novembre 2024, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari a confirmé le départ de ce bureau. "Cette annonce intervient dans un contexte de gel des négociations pour un cessez-le-feu à Gaza. "Les dirigeants du Hamas qui font partie de l'équipe de négociation ne sont plus à Doha. Comme vous le savez, ils se déplacent entre différentes capitales. Le bureau du Hamas à Doha a été créé pour le processus de négociation. Évidemment, en l'absence de médiation, le bureau lui-même n'a plus de fonction", a déclaré al-Ansari lors d'un point presse. Des sources diplomatiques arabes indiquent que cette décision pourrait être liée à une volonté de Doha d'éviter des tensions potentielles entre l'administration Biden et la future administration Trump".

Après l'agression djihadiste du 7 octobre 2023 en Israël, le Qatar a été l'un des négociateurs pour libérer les otages, généralement israéliens, captifs du Hamas et de ses supplétifs, dans la bande de Gaza. Et ce, alors qu'il accueillait dans ses palaces des dirigeants richissimes du Hamas. Si l'administration Biden avait exercé suffisamment de pressions sur le Qatar, nul doute que cet Etat aurait menacé ces dirigeants du Hamas, et les otages américains auraient été libérés. Mais l'administration démocrate a préféré exercer des pressions sur l'Etat d'Israël : refus de livraison d'armements payés par l'Etat Juif, etc.

"Le Vilain Petit Qatar"
En 2013, Fayard a publié "Le Vilain Petit Qatar", par Nicolas Beau, professeur à Paris VIII, ancien journaliste au Monde, à Libération et au Canard Enchaîné avant de fonder bakchich.info, et Jacques-Marie Bourget, grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient, journaliste à France Inter, L’Express et Paris-Match, Prix Scoop pour avoir révélé l’affaire Greenpeace.

"Avec ses milliards de dollars à investir, le petit émirat qatari achète le PSG, finance des plans de sauvetage pour nos banlieues, soutient notre marché immobilier et entre au capital de nos entreprises : Saint-Qatar, sauvez-nous de la crise !, implorent nos responsables politiques de tous bords. Mais pour quelles raisons le Qatar se montre-t-il si généreux avec la France ? Que risquons-nous à accepter les cadeaux d’un tel « ami » ?"

"Il y a moins d’un siècle, cette péninsule grande comme la Corse n’était qu’un repaire de pêcheurs de perles. Depuis que le gaz a surgi sous ses pieds, ce nain est traité en géant et sa télévision, Al-Jazeera, considérée comme le lieu de la libre expression proche ou moyen-orientale. En plongeant dans les secrets du sérail qatari, ce livre révèle les impostures de l’Émir et de son clan. Non, ce champion des colloques sur la corruption n’est pas un modèle de vertu quand lui-même lave l’argent des dictateurs ! Non, cet État qui a soufflé sur les braises du printemps arabe n’a jamais sponsorisé un islam tolérant, pas plus dans nos banlieues qu’au Nord-Mali ! Derrière la vitrine occidentale, c’est un ogre wahhabite qui tient la caisse."

Softpower
Enrichi par ses gisements de pétrole et de gaz – troisième exportateur de gaz au monde - , la monarchie Al-Thani du Qatar qui règne sur un petit émirat, une avancée aride de 11 000 km² dans le golfe Persique, investit à bon escient - fleurons industriels (17%  des actions de Volkswagen), équipes et chaîne sportives tel le Paris Saint-Germain (PSG), organisation du Mondial de football en 2022 obtenue dans des circonstances suspectes, droits télévisuels du championnat de football de Ligue 1 et de la coupe d’Europe pour la chaîne qatarie al-Jazeera - dans les pays occidentaux pour préparer l’ère d’épuisement de ses matières premières (hydrocarbures). Et il s’est porté acquéreur de 24 Rafales pour 6,3 milliards d’euros, et négocie pour obtenir l’octroi de droits de trafic à Qatar Airways. La prochaine ouverture de la ligne Lyon-Doha a été démentie par la France en 2015.

Craignant ses puissants voisins – Arabie saoudite, Iran -, le Qatar, ancien protectorat britannique, est devenu incontournable pour des Présidents français, de droite ou de gauche, silencieux sur son rigorisme islamique, ses soutiens à des mouvements terroristes islamistes, tel le Hamas, et sur la longue séquestration de ressortissants français - Stéphane Morello, entraîneur de foot, Zahir Belounis, footballeur -, mais généreux en signant une convention fiscale exonérant d’impôts le Qatar.

C’est avec réticence que la France a encadré certaines initiatives du Qatar dans les banlieues de l’hexagone, tel le fonds initial de 50 millions d’euros pour inciter les créations d’entreprises dans les banlieues de l’hexagone, refus d’entrée opposé par la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France au prêcheur islamiste Yûsuf Al-Qaradâwî, membre du Conseil Européen pour la Recherche et la Fatwa, fondateur en 1977 et doyen de l’Université des études et sciences islamiques à Qatar 1977, exhortant à la haine des Juifs.

Un des vecteurs du soft-power du Qatar s’avère la chaîne de télévision al-Jazeera, rival des chaines informations anglo-saxonnes, telles CNN et Fox News.

« Le Qatar, puissance régionale ou mondiale »
En 2015, Arte a diffusé le numéro du Dessous des cartes intitulé Le Qatar, puissance régionale ou mondiale, présenté par Jean-Christophe Victor, et réalisé par Frédéric Ramade. Le « printemps arabe », la révolte chiite au Bahreïn, la récente victoire de l’axe Egypte du président al-Sissi-Arabie saoudite… Ces événements ont amené le Qatar à infléchir, à adapter son agenda politique au Moyen-Orient à une conjoncture défavorable à ses visées régionales et à son alliance avec la Turquie et les Frères musulmans. 

« Aujourd’hui, le Qatar aspire à devenir une puissance régionale incontournable. Comment cette nation relativement jeune s’est-elle imposée comme un acteur global ? Quelle est la véritable force de ses capacités d’investissement ? Jean-Christophe Victor revient sur les supposés paradoxes de ce pays riche, conservateur et ouvert sur le monde ».

"Nos très chers émirs"
En 2016, est paru "Nos très chers émirs" de Christian Chesnot et Georges Malbrunot (Michel Lafont). "Alors que notre pays est la cible d’attentats d’une violence inédite, nombre de Français s’interrogent : nos alliés d’Arabie saoudite et du Qatar financent-ils le terrorisme ? Les auteurs ont enquêté. Ils ont rencontré un financier du djihad qui vit librement au Qatar, un émirat dont ils démontrent, chiffres à l’appui, qu’il subventionne la branche syrienne d’al-Qaida. En outre, en Arabie saoudite, le pèlerinage à La Mecque permet des levées de fonds au profit d’organisations terroristes. Mais si Riyad, qui exporte en France le salafisme, semble souvent jouer un double jeu, que dire des maires français qui interdisent le burkini sur leurs plages mais accueillent les mosquées saoudiennes ? D’autre part, plusieurs officiels du Golfe, las d’être pris pour des « distributeurs de billets de 500 euros », dénoncent nommément l’attitude ambiguë de certains de nos responsables politiques. Tant de compromissions alors que, finalement, en ce qui concerne les grands contrats, malgré les prévenances de François Hollande et la complaisance de Laurent Fabius qui interdisait au Quai d’Orsay qu’on critique les atteintes saoudiennes aux droits de l’homme, la France reste pour Riyad un simple « partenaire de compensation » ! À quelques mois de l’élection présidentielle, ce livre, qui nous apprend aussi comment les Émirats arabes unis ont proposé de financer le parti de Marine Le Pen, est une contribution brûlante au débat sur l’opportunité de revoir nos relations avec nos chers émirs."

Ce livre révélait l'ampleur des relations politico-financières entre le Qatar et des acteurs majeurs de la vie politique française : Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement - "La Ligue de défense juive est un mouvement raciste, d'extrême-droite qui devrait être dissous", a-t-il déclaré dans une interview sur la reconnaissance unilatérale d'un Etat palestinien à l'ONU, en occultant le terrorisme palestinien (Le Figaro, 20 septembre 2011) -, Nicolas Bays, député socialiste, Rachida Dati, magistrate devenue ministre de la Justice de 2007 à 2009 (Les Républicains), eurodéputée (2009-2019), maire du huppé VIIe arrondissement de Paris depuis 2008 et avocate d'affaires, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre (2005-2007), diplomate puis avocat d'affaires, ou Nathalie Goulet, sénatrice UC (Union centriste).

"Qatar, guerre d'influence sur l'Islam d'Europe"
"Qatar, guerre d'influence sur l'Islam d'Europe" (Katar: Millionen für Europas Islam) est un documentaire intéressant réalisé par Jérôme Sesquin révélant les actions et objectifs de Qatar Charity. Une enquête de Doha à Mulhouse, de Paris à Munich, via Dublin et Bruxelles.

Ce film accompagne la publication du livre "Qatar Papers. Comment l'émirat finance l'islam de France et d'Europe" signé des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot (Michel Lafon, 2019) ainsi présenté par son éditeur : "Les « Qatar papers » révèlent la cartographie du prosélytisme en France et en Europe mené par Qatar Charity, la plus puissante ONG de l’émirat. Ces documents confidentiels, divulgués pour la première fois, détaillent la plupart des 140 projets de financement de mosquées, écoles et centres islamiques, au profit d’associations liées à la mouvance des Frères musulmans. Ils dévoilent le salaire payé à Tariq Ramadan, figure de l’islam politique que Doha sponsorise hors de ses frontières. Au terme d’une enquête dans six pays européens et une douzaine de villes de l’Hexagone, les auteurs exposent la dissimulation, parfois le double langage, des associations islamiques sur leur financement étranger, ainsi que la politique de l’autruche suivie par de nombreux maires, par électoralisme ou ignorance. Ils pointent l’absurdité de la situation : avec le seul argent des fidèles comme subside, comment les mosquées en France pourraient-elles se priver des aides venues de l’étranger ? Un voyage dans les coulisses d’une ONG richissime et opaque liée au sommet de l’État qatarien, comme le révèle son financement par plusieurs membres de la famille régnante, les al-Thani. Une contribution essentielle au débat sur les ramifications étrangères de l’islam de France au moment où Emmanuel Macron cherche à le structurer. Christian Chesnot et Georges Malbrunot, grands reporters respectivement à France Inter et au Figaro, détenus pendant quatre mois en Irak en 2004, sont tous deux des spécialistes du Moyen-Orient et ont écrit ensemble plusieurs livres sur le conflit israélo-palestinien, al-Qaida et l’Irak.'

"Révélant le financement par l’ONG Qatar Charity de projets de mosquées, de centres islamiques et d’écoles en Europe, tous liés aux Frères musulmans, une édifiante enquête au cœur des réseaux d’influence de l’émirat." De Sicile en Allemagne, de Suisse en Belgique, de France en Grande-Bretagne...

"À l’origine de cette investigation, une clé USB, livrée en 2016 par un lanceur d’alerte aux journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, laquelle contient des milliers de documents confidentiels émanant de l’opaque Qatar Charity, une ONG fondée en 1992 et aujourd’hui présente dans soixante-dix pays".

Listes de donateurs (dont des membres de la famille régnante Al-Thani), virements bancaires, mails… : cette fuite sans précédent révèle l’offensive prosélyte de l’émirat en Europe, la puissante organisation finançant quelque cent quarante projets de mosquées, de centres islamiques et d’écoles, tous liés à la nébuleuse des Frères musulmans".

"Malgré les dénégations de Doha concernant cette implication religieuse, les journalistes ont enquêté pendant deux ans sur le terrain pour mettre au jour l’influence du Qatar sur l’islam du continent. Du centre islamique An-Nour à Mulhouse, le plus grand chantier en Europe dans une région frontalière qui compte 200 000 musulmans, au dispositif d’accueil des migrants en Sicile en pleine crise syrienne en passant par le musée des Civilisations de l’islam (Mucivi) en Suisse ou encore un centre de formation des imams à Château-Chinon, ce film plonge au cœur de ces réseaux, traversés par la même idéologie."

A Mulhouse (Haut-Rhin), ville "qui compte 30 % de musulmans", le "Centre An-Nour est financé par le Qatar, géré par une filiale de l'UOIF et loué par des prêcheurs radicaux". Son directeur apprécie la situation géographique : en France, près de l'Allemagne et de la Suisse. "Le complexe pharaonique coiffé d'un dôme comprend deux salles de prière en marbre de Carrare permettant d'accueillir 3 000 fidèles, une bibliothèque, une médiathèque, 11 salles de classe, une piscine de 25 mètres, une salle de sport, un sauna, un hammam, un spa, un salon de coiffure et même un funérarium ! Au total, le coût faramineux du Centre An-Nour était estimé à 26 millions d'euros à l'automne 2018 par Christian Chesnot et Georges Malbrunot, dont 80 % d'origine étrangère (14 millions accordés par le Qatar et 5 à 6 par le Koweït. Un record !"

"Quelle stratégie tente de déployer le Qatar par le biais de cette aide aux communautés musulmanes d’Europe ? Ce discret noyautage ne cache-t-il pas sa volonté d’imposer sur le continent l’islam politique prôné par les Frères musulmans, cette confrérie radicale née en Égypte en 1928 ?" Le documentaire retrace l'histoire des Frères musulmans sans évoquer les liens, notamment idéologiques et financiers, de la confrérie fondée par al-Banna avec les Nazis. Il montre des images du raïs Nasser se gaussant des demandes des Frères musulmans réclamant le port du foulard islamique par les Égyptiennes.

"En 2018, à la conférence de Paris "No money for terror" organisée par le Président de la République Emmanuel Macron, "l’émirat, sur la sellette, a annoncé officiellement des mesures pour mieux contrôler ses organisations caritatives. Mais cette enquête souligne aussi combien le financement qatari de l’islam en Europe est venu combler le vide laissé par les États concernés, autorisant ces inquiétantes dérives."

On peut regretter que les auteurs du documentaire omettent les élus locaux ayant soutenu ces projets de mosquées ou centres islamiques. De nombreuses questions perdurent : quand un proche des Frères musulmans est arrêté dans un train français alors qu'il transportait une énorme somme d'argent en liquides, les services fiscaux ou policiers initient-ils une enquête pour déterminer l'origine de ce montant, voire sa destination ?

Ilhan Omar
Elue démocrate du Minnesota à la Chambre des Représentants, Ilhan Omar porte le voile islamique et tient des propos anti-israéliens, pro-BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), et s'oppose à la reconnaissance du génocide des Arméniens par les Turcs.

Le 25 novembre 2019, Al Arabiya a publié l'article "US Rep Ilhan Omar accused of being a foreign agent – legal deposition". Ilhan Omar était accusée d'être une espionne pour l'Iran afin de transmettre au régime des mollahs des informations confidentielles et d'avoir reçu de l'argent du Qatar pour financer sa campagne électorale.

Al Arabiya English, dont le siège est à Dubaï, se fonde sur une déposition de l'entrepreneur canadien né au Koweït, Alan Bender, en date du 23 octobre 2019. Alan Bender avait témoigné lors du procès contre le frère de l'émir du Qatar.

Au cours "d'une rencontre avec trois hauts responsables qataris, Alan Bender aurait appris qu'Ilhan Omar était "le joyau de la couronne" recrutée par le Qatar et qu'elle avait obtenu son poste actuel grâce à l'argent de l'émirat qui aurait financé sa campagne. L'homme d'affaires a déclaré qu'Omar avait utilisé sa position à la Chambre des représentants pour recruter d'autres hommes politiques. Elle aurait également partagé des informations sensibles avec le Qatar, qui les a transmises à l'Iran. 

Ilhan Omar a nié ces accusations.

Rashida Tlaib, autre élue démocrate, et elle avaient été interdites d'entrée sur le territoire israélien en août 2019.

Ilhan Omar fait partie de la délégation qui accompagne le Secrétaire d'Etat Antony Blinken au Qatar pour le Mondial 2022.

"Mondial 2022 : carton rouge pour le Qatar ?"
Sous le titre "Mondial 2022 : carton rouge pour le Qatar ?", Arte réunit des documentaires à la thématique commune. "Le Qatar espère attirer 1,2 million de supporters à l'occasion de la Coupe du monde de football qui se se tiendra sur son sol du 20 novembre au 18 décembre 2022. Un Mondial lancé sur fond de polémiques : bilan environnemental, soupçons de corruption sur le choix de l'émirat par la FIFA, et surtout menaces sur les droits humains... Malgré certains appels au boycott, 32 équipes nationales feront le trajet à Doha".

"Qatar, une dynastie à la conquête du monde"
Arte rediffusera le 03 décembre 2024 à 20 h 55 "Qatar, une dynastie à la conquête du monde" (Katar - Gas und Spiele), documentaire de Miyuki Droz et Sylvain Lepetit.

"Comment le Qatar, petit royaume du golfe Persique, a-t-il conquis sa place dans le concert des nations ? À travers le portrait de la famille régnante, ce documentaire explore les paradoxes d'un pays dont l’ascension fascine autant qu'elle effraie."

"C'est un État minuscule aux ambitions démesurées. En trois décennies, le Qatar, territoire désertique tenaillé entre l'Arabie saoudite et l'Iran, s’est imposé comme l'un des pays les plus riches au monde. Autrefois province ottomane reculée puis protectorat anglais, le royaume proclame son indépendance en 1971 par la voix de son futur émir Khalifa ben Hamad al-Thani."

"En 1995, ce dernier est renversé par son fils Hamad, qui investit dans l’exploitation du gaz, modernise le pays à marche forcée, et use de ses capitaux illimités et des outils du soft power pour affermir l’influence du Qatar à l’étranger, jusqu’à obtenir l’organisation de la Coupe du monde de football 2022". 

"Affaibli par la crise des printemps arabes – après avoir encouragé les mouvements révolutionnaires, le Qatar a été critiqué pour son soutien à la confrérie radicale des Frères musulmans –, Hamad abdique en 2013 au profit de son fils Tamim. Le jeune cheikh au profil de gendre idéal résiste aux tempêtes (scandales autour du Mondial, mais surtout embargo total imposé par l’Arabie saoudite et ses alliés contre le pays de 2017 à 2021) et parvient, à la faveur du retrait des troupes américaines d’Afghanistan et de la guerre en Ukraine, à s’affirmer comme un partenaire indispensable des Occidentaux."

"À travers le portrait de la dynastie Al-Thani et de trois générations de dirigeants, ce documentaire raconte, de l’intérieur, le destin d’une nation assise sur le plus important gisement gazier de la planète, propulsée sur l’échiquier mondial par le pouvoir de l’argent et une habile diplomatie."

"Alors que le coup d’envoi du Mondial est prévu le 20 novembre, le film s’immerge dans une société ultrahiérarchisée où l’opulence des uns (les 300 000 Qatariens, à 80 % fonctionnaires, bénéficient copieusement du ruissellement des richesses) côtoie la misère des exploités. Entre conservatisme bédouin et modernité occidentale, entre success-story et zones d’ombre, une plongée dans les paradoxes du royaume aux côtés de Qatariens (dont des membres de la famille régnante), d’experts internationaux et de travailleurs étrangers." 



"En cinquante ans, le Qatar s’est imposé sur la scène internationale grâce aux milliards des hydrocarbures, à sa stratégie de soft power et à sa diplomatie active. Derrière cette ascension, trois émirs successifs, issus de la dynastie Al-Thani. Par Manon Dampierre".
 

"KHALIFA - Le modéré
Premier ministre, il annonce, en 1971, l’indépendance du pays à la télévision. Le royaume a choisi de faire cavalier seul plutôt que d’intégrer la fédération des Émirats arabes unis. L’année suivante, Khalifa devient émir. Sous son règne, le Qatar poursuit sa modernisation à pas prudents : le souverain craint les conséquences d’un développement fulgurant et ne croit guère à l’exploitation du gaz. Il se repose sur ses réserves pétrolières, dont il dépense la rente au cours de voyages à l’étranger, déléguant l’exercice du pouvoir à son fils Hamad. En 1995, ce dernier profite d’une de ses absences pour le renverser.

"HAMAD - L’ambitieux
Après son coup d’État, le charismatique Hamad, formé à l’académie royale militaire de Sandhurst, au Royaume-Uni, investit dans la construction de méthaniers. Pari gagné : à la fin des années 1990, la demande en gaz explose. L’émir réforme les lois islamiques et se lance dans des chantiers pharaoniques qui transforment Doha en capitale ultramoderne. Les travailleurs étrangers, cadres supérieurs et petites mains exploitées, affluent. Avec sa deuxième épouse, la glamour "Cheikha Moza", Hamad mise sur la culture (création de la chaîne Al Jazeera, ouverture de musées, de succursales d’universités occidentales) et le sport comme instruments de soft power. En 2010, il frappe un grand coup en remportant l’organisation de la Coupe du monde de football 2022. Trois ans plus tard, l’homme qui a fait du Qatar l’un des pays les plus riches au monde abdique en faveur de Tamim, son quatrième fils".

"TAMIM - Le diplomate
Propulsé à la tête de l’État à 33 ans, il a fait ses armes dans la diplomatie sportive, œuvrant au rachat du PSG. Alors que la préparation du Mondial suscite une pluie de critiques (soupçons de corruption, morts sur les chantiers, atteintes aux droits humains, aberration écologique), le souverain affronte une autre crise. En 2017, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et leurs alliés accusent le Qatar de collusion avec l’Iran et de soutien à des groupes terroristes, et décrètent un blocus contre leur voisin – qui prendra fin début 2021. L’émir tient bon, diversifiant ses alliances et son économie. Adulé par sa population, il parvient à replacer son pays au centre du jeu : en jouant les médiateurs entre Américains et talibans, puis en contribuant à l’évacuation des civils afghans à l’été 2021, le Qatar a gagné le statut d’"allié majeur des États-Unis hors de l’Otan". Avec la guerre en Ukraine, ses réserves gazières sont plus que jamais courtisées par les Européens".

"Le foot, un enjeu de puissance"
Arte diffusa le 30 novembre 2022 à 0 h 30, dans le cadre du "Dessous des cartes" (
Mit offenen Karten), "Le foot, un enjeu de puissance" (Fußball: Spielfeld der Macht?) réalisé par Judith Rueff.

"Les grandes compétitions sportives passionnent des millions de fans à travers la planète. Ces événements comportent aussi une dimension géopolitique : ils sont l'occasion de poursuivre la confrontation entre États selon d’autres modalités. Démonstration avec la 22e édition de la Coupe du monde de football, qui se déroulera fin 2022 au Qatar."

"Le Qatar mise depuis longtemps sur le ballon rond pour accroître son prestige, du rachat du Paris-Saint-Germain au sponsoring des maillots du FC Barcelone. Business juteux avec les droits TV, voire douteux avec les affaires de corruption de la Fifa, tribune politique quand les défenseurs des droits humains s’invitent sur le gazon, enjeu de "soft power" pour les États... : et si le football n’était pas qu’un sport ?"


 
"Qatar, une dynastie à la conquête du monde" de Miyuki Droz et Sylvain Lepetit, avec Sébastien Séga 
France, 2022, 94 min
Coproduction : ARTE France, Brainworks 
Sur Arte les 29 novembre 2022 à 20 h 55, 02 décembre 2022 à 9 h 25, 03 décembre 2024 à 20 h 55 
Disponible du 20/10/2022 au 27/01/2023, du 24/10/2024 au 14/02/2025
Visuels :
Ce documentaire retrace de façon chronologique, articulé autour des grandes décisions et des moments forts des règnes des trois générations de dirigeants, l' histoire, la politique et la société du Qatar
© Brainworks

France, 2021, 13 min
Présentation : Emilie Aubry
Sur Arte les 30 novembre 2022 à 00 h 30, 02 décembre 2022 à 6 h 00
Disponible du 29/01/2022 au 27/12/2028

"Qatar, guerre d'influence sur l'Islam d'Europe" par Jérôme Sesquin
France, 2019, 91 min
Sur Arte le 24 septembre 2019 à 20 h 50
Visuels :
L' ONG ' Qatar Charity' finançant la mise en place de centres islamiques en Europe
Brochure du programme européen de ' Qatar Charity'
Prière à la mosquée de Penzberg en Allemagne
Benjamin Idriz, imam de Penzberg et président du Forum pour L' Islam à Munich (MFI)
Lulwa El Khater, porte parole du ministère des affaires étrangères du Qatar
L' émir du Qatar Cheikh Tamim Al Thani
© Flach Films
    
Le Qatar, puissance régionale ou mondiale, présentation de Jean-Christophe Victor, réalisation de Frédéric Ramade
2014, 13 min
Sur Arte le 16 mai 2015 à 19 h 30
Visuel : © ARTE/Mit offenen Karten
La citation sur les émissions proviennent d'Arte. Cet article a été publié les 15 mai 2015, 24 septembre 2019, 29 novembre 2022.