Né en 1936 à Buenos Aires (Argentine), Giora Feidman est un clarinettiste, compositeur et arrangeur musical juif argentin, un virtuose d'une musique klezmer (« kli zemer », en hébreu signifie « instruments du chant ») contemporaine mêlée de jazz, de soul et de musique classique. En 1957, il a fait son aliyah et est entré dans l'Orchestre philharmonique d'Israël. Au début des années 1970, il débute sa carrière de soliste à New York (Etats-Unis). Arte diffusera le 31 mai 2026 à 01 h 35 « Giora Feidman - L'âme de la clarinette », documentaire de Nahuel Lopez. Pourquoi un horaire nocturne ?Paul Dessau (1894-1979)
Saleem Ashkar
En 1957, il fait son aliyah. Il est alors le plus jeune clarinettiste ayant jamais joué avec l'Orchestre philharmonique d'Israël." Ce n'est qu'en posant le pied en Israël que j'ai réalisé l'importance que la musique juive prendrait dans ma vie. Je ne pouvais alors imaginer à quel point elle allait un jour transformer et définir ma vie et ma carrière de musicien. Les chants juifs sont une composante indissociable de la culture et de la société juives. Une profonde spiritualité se cache dans la simplicité des mélodies et, simultanément, le yiddish est un puissant vecteur d'expression pour exprimer la vie", a expliqué cet artiste qui "se produit dans la quasi-totalité des plus grandes salles de concert du monde, sous la direction de chefs d'orchestre parmi les plus prestigieux de notre époque, tels que Leonard Bernstein, Karl Münch, Raffael Kubelik, John Barbirolli et Eugene Ormandy, sans oublier Zubin Mehta".
"La scène de concert ne lui suffit plus depuis longtemps. Il revient régulièrement au théâtre, aux comédies musicales, aux opéras et au cinéma. Avec Itzak Perlman, il compose la bande originale - solos de clarinette - du film épique de Steven Spielberg sur l'Holocauste, « La Liste de Schindler », qui recevra un Oscar en 1994. On peut également entendre sa musique dans « The Comedian Harmonists » et « Beyond Silence ». En 1995, il fait sensation avec le doublage du classique du cinéma muet « Golem », tout comme en 2005 avec son œuvre « Nothing but Music », une production en dix images poétiques. Giora Feidman a composé la bande originale du film L’homme est une femme comme les autres de Jean-Jacques Zilbermann (1998).
Giora Feidman "reste modeste et n'a pas acquis la célébrité en tant qu'orateur renommé. Il préfère laisser parler sa clarinette. De plus, il joue en quelque sorte le rôle d'ambassadeur, tissant des liens entre les peuples et les cultures. Avec des membres de l'Orchestre philharmonique de Berlin, il a interprété la création mondiale de « Love », une composition d'Ora Bat Chaim. Ce concert s'inscrivait dans le cadre de la cérémonie commémorative des millions de victimes du régime national-socialiste et s'est déroulé dans l'hémicycle du Parlement fédéral allemand en janvier 2000. En reconnaissance de son engagement exceptionnel pour la réconciliation entre Allemands et Juifs, il a été décoré de la Grand-Croix du Mérite avec ruban en 2001 à Berlin."
Daniel Barenboim
Le camp de Theresienstadt ou Terezín
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« Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny » de Kurt Weill et Bertolt Brecht
Alexander von Zemlinsky (1871-1942)
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« Dès ma naissance, les chansons m'ont toujours accompagné. C'est presque toujours la voix humaine qui constitue notre premier contact avec la musique. Une voix nous touche par le chant, le chant nous apaise, nous rend heureux. Pour moi, c'était le son des chansons yiddish que ma mère me chantait quand j'étais tout petit, et plus tard, jeune musicien, c'était la musique de Schubert. J'ai grandi entouré de ces sonorités si diverses. J'ai beaucoup appris de ces deux univers musicaux, et tous deux me restent très chers aujourd'hui encore », a confié le clarinettiste Giora Feidman.
Giora Feidman est né en 1936 à Buenos Aires (Argentine) dans une famille juive ayant fuit les persécutions antisémites en Bessarabie (sud de la Moldavie, Ukraine) en 1905 pour se réfugier en Argentine. La famille compte de nombreux klezmorim, musiciens klezmer (« kli zemer », en hébreu signifie « instruments du chant »), musique accompagnant les fêtes juives des juifs ashkénazes en Europe centrale : son père, son grand-père et son arrière-grand-père avaient assuré l'accompagnement musical de mariages juifs, bar mitzvah et fêtes dans les shtetls d'Europe centrale.
Agé de 18 ans, Giora Feidman débute sa carrière à Buenos Aires dans l'orchestre symphonique du Teatro Colón, le plus célèbre opéra d'Amérique latine.
En 1957, il fait son aliyah. Il est alors le plus jeune clarinettiste ayant jamais joué avec l'Orchestre philharmonique d'Israël." Ce n'est qu'en posant le pied en Israël que j'ai réalisé l'importance que la musique juive prendrait dans ma vie. Je ne pouvais alors imaginer à quel point elle allait un jour transformer et définir ma vie et ma carrière de musicien. Les chants juifs sont une composante indissociable de la culture et de la société juives. Une profonde spiritualité se cache dans la simplicité des mélodies et, simultanément, le yiddish est un puissant vecteur d'expression pour exprimer la vie", a expliqué cet artiste qui "se produit dans la quasi-totalité des plus grandes salles de concert du monde, sous la direction de chefs d'orchestre parmi les plus prestigieux de notre époque, tels que Leonard Bernstein, Karl Münch, Raffael Kubelik, John Barbirolli et Eugene Ormandy, sans oublier Zubin Mehta".« La musique est un langage universel et son message est clair : nous appartenons tous à une seule et même famille humaine », a affirmé Giora Feidman demeure dans ce prestigieux orchestre durant plus de vingt ans.
"La tradition musicale instrumentale unique des Juifs d'Europe centrale et orientale est appelée « klezmer ». À l'origine, ce terme désignait les musiciens itinérants qui parcouraient le pays. Ils jouaient dans les shtetls, petits villages à forte population juive, lors des mariages, des fêtes et des bals. La vie de ces Juifs d'Europe de l'Est, sans domicile fixe, oscillait entre mélancolie, désespoir et une joie intense lors des rares moments de répit. Ces sentiments contradictoires s'expriment dans la musique klezmer. Cette musique peut être entraînante, joyeuse et pleine de vie, mais elle peut aussi émouvoir aux larmes".
"Au fil des siècles, la musique des Juifs d'Europe de l'Est émigrés, transmise de génération en génération, s'est mêlée aux sonorités de leur nouvelle patrie : aux États-Unis, elle s'est mêlée au jazz ; en Argentine, au tango. Toutes ces variations mélodieuses se sont désormais réunies et fondues au sein de la nouvelle nation juive, intégrant également des influences arabes. Ces chants sont devenus les hymnes d'un peuple qui retrouvait sa pleine existence, mais qui devait d'abord se forger sa propre identité".
Giora Feidman "plonge au cœur de cette « âme juive », s'imprégnant de diverses influences qu'il développe pour créer ses propres interprétations. La clarinette se révèle l'instrument idéal pour exprimer toute la palette des nuances émotionnelles. Accompagné de son petit groupe de musiciens, il voyage de kibboutz en kibboutz et se produit en toute simplicité. La véritable renaissance du klezmer !"
Au début des années 1970, Giora Feldman débute sa carrière de soliste à New York (Etats-Unis). "Le nom de Feidman se fait rapidement connaître, mais pas encore en Allemagne. La situation change radicalement lorsque le metteur en scène Peter Zadek se met en quête d'un musicien juif pour sa production de la comédie musicale « Ghetto » de Joshua Sobol en 1984. Par l'intermédiaire d'un collègue israélien, Zadek découvre la musique de Giora Feidman et en est conquis. Il lui demande aussitôt s'il pourrait envoyer l'un de ses élèves de clarinette à Berlin. Le maître entreprend lui-même le voyage. La pièce, avec Esther Ofarim dans le rôle principal, est créée au Berlin Playhouse et au German Theater de Hambourg et rencontre un succès immédiat. L'Allemagne découvre Giora Feidman, tout comme le musicien découvre le théâtre".
Giora Feidman assure des récitals avec l'Orchestre symphonique de Berlin, le Kronos Quartet, l'Orchestre de Chambre Philharmonique de Pologne, l'Orchestre philharmonique de chambre de Munich et l'Orchestre radiophonique de Munich.
En 1975, Giora Feidman épouse Ora Bat-Chaim, violoncelliste, peintre, poète, compositrice et son impresario qui se souvenait : « On m'a répété à maintes reprises qu'il n'y avait pas de public pour un artiste, aussi talentueux soit-il, qui consacrerait une soirée entière de concert exclusivement à la musique juive. Oh, comme ils se trompaient ! Mon expérience me prouve que c'est précisément le talent de musicien et d'interprète du Maestro Feidman qui a permis ce succès. Ses concerts novateurs ont été salués par des ovations debout à travers le monde – et cela parle de lui-même. »
"En 1985, les premières ébauches de son premier disque, « Viva El Klezmer », voient le jour. Au cours des années suivantes, le nombre de disques enregistrés atteint plusieurs dizaines. Clarinettiste aussi polyvalent qu'expérimentateur, il explore sans cesse de nouveaux horizons. Ce qui explique le nombre croissant de personnes qui l'accompagnent avec enthousiasme, aussi bien en concert que chez elles."
"On retrouve dans la musique de Feidman des influences de George Gershwin, ainsi que des tangos argentins. Plus tard, des œuvres symphoniques de compositeurs israéliens contemporains (Ora Bat Chaim, Betty Olivero) intègrent à son répertoire, aux côtés d'œuvres classiques, notamment les concertos pour clarinette de Mozart."
"La scène de concert ne lui suffit plus depuis longtemps. Il revient régulièrement au théâtre, aux comédies musicales, aux opéras et au cinéma. Avec Itzak Perlman, il compose la bande originale - solos de clarinette - du film épique de Steven Spielberg sur l'Holocauste, « La Liste de Schindler », qui recevra un Oscar en 1994. On peut également entendre sa musique dans « The Comedian Harmonists » et « Beyond Silence ». En 1995, il fait sensation avec le doublage du classique du cinéma muet « Golem », tout comme en 2005 avec son œuvre « Nothing but Music », une production en dix images poétiques. Giora Feidman a composé la bande originale du film L’homme est une femme comme les autres de Jean-Jacques Zilbermann (1998).
Giora Feidman "reste modeste et n'a pas acquis la célébrité en tant qu'orateur renommé. Il préfère laisser parler sa clarinette. De plus, il joue en quelque sorte le rôle d'ambassadeur, tissant des liens entre les peuples et les cultures. Avec des membres de l'Orchestre philharmonique de Berlin, il a interprété la création mondiale de « Love », une composition d'Ora Bat Chaim. Ce concert s'inscrivait dans le cadre de la cérémonie commémorative des millions de victimes du régime national-socialiste et s'est déroulé dans l'hémicycle du Parlement fédéral allemand en janvier 2000. En reconnaissance de son engagement exceptionnel pour la réconciliation entre Allemands et Juifs, il a été décoré de la Grand-Croix du Mérite avec ruban en 2001 à Berlin.""Aujourd'hui, le virtuose Feidman est une figure marquante de l'histoire contemporaine. C'est ainsi qu'il a été invité par le pape Benoît XVI à jouer lors de la veillée des Journées mondiales de la jeunesse à Cologne, en Allemagne, en août 2005, devant un public de plus de 800 000 personnes."
Giora Feidman a fondé le séminaire et la master class "Clarinette et Klezmer en Galilée" qui se déroulent chaque année à Safed (Israël).
Ce "roi du klezmer" donne environ 150 concerts annuels dont 60% en Allemagne. Son concert au World Youth Day à Cologne a attiré plus de 800 000 spectateurs. Sa musique associe le klezmer contemporain mêlé de jazz, de soul et de musique classique.
« Je ne joue pas de la clarinette. Je suis chanteur. Je chante à travers mon instrument », a déclaré Giora Feidman.
« Giora Feidman - L'âme de la clarinette »
Arte diffusera le 31 mai 2026 à 01 h 35 « Giora Feidman - L'âme de la clarinette », documentaire de Nahuel Lopez.
« Peu avant son 90e anniversaire, alors que la guerre fait à nouveau rage au Proche-Orient, Giora Feidman travaille sur son nouvel album "For A Better World". Le documentaire le suit entre Tel Aviv, Hambourg et Zurich et montre un artiste qui met en perspective pertes personnelles, réalité politique et responsabilité artistique. »
« Né en 1936 à Buenos Aires, le clarinettiste Giora Feidman vient d’une famille juive originaire de Bessarabie, dans le sud-est de l’Europe, qui a émigré en Argentine en 1922 pour fuir les persécutions. »
« Son père, son grand-père et son arrière-grand-père jouaient de la musique klezmer dans les mariages et les fêtes, mais le jeune garçon n’est pas encouragé à marcher dans leurs pas en raison de sa très mauvaise vue. »
« Il apprend néanmoins la clarinette et intègre l’Orchestre symphonique de l’Opéra de Buenos Aires dès sa majorité, avant d’être admis à l’Orchestre philharmonique d’Israël où il restera dix-huit ans, sans rien dire de sa quasi-cécité, qui l’oblige à travailler uniquement à l’oreille. »
« Dans les années 1970, il se lance à New York dans une carrière de soliste : encensé par la critique, le clarinettiste devient une star. »
« En 1984, le grand metteur en scène allemand Peter Zadek lui confie un rôle dans Ghetto au côté de l’acteur Ulrich Tukur. La pièce rend Giora Feidman célèbre en Allemagne, où il est désormais considéré comme le roi de la musique klezmer. »
« Hollywood fera ensuite appel à son talent pour la musique de plusieurs films, notamment Out of Africa et La liste de Schindler. »
« Giora Feidman vient de célébrer son 90e anniversaire avec un nouvel album intitulé For a Better World, réalisé en collaboration avec le compositeur d’origine iranienne Majid Montazer, qui est aussi son manager et ami proche. D’autres musiciens d’horizons divers – une Japonaise, un Lituanien, un Israélien et un Palestinien – ont également participé au projet. »
« Entre Tel-Aviv, Hambourg et Zurich, tandis que la situation au Proche-Orient s’aggrave, ce documentaire suit le célèbre instrumentiste lors de séances d’enregistrement, sur scène et dans son intimité, illustrant les mots prononcés à son sujet par le chef d’orchestre et compositeur Leonard Bernstein : "Vivent Giora, sa clarinette et sa musique, qui vient du cœur !"
« Giora Feidman - L'âme de la clarinette » de Nahuel Lopez
Allemagne, 2026, 52 min
Coproduction : Granvista Media, NDR/BR/ARTE
Sur Arte le 31 mai 2026 à 01 h 35
Sur arte.tv du 30/04/2026 au 28/07/2026
Visuels :
© Granvista Media/Dino von Wintersdorff
© Granvista Media/Tony El Tom
© Granvista Media/Martin Riedmiller
© DR
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Les citations sont d'Arte.










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