Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 30 mai 2025

« Allez hop, au travail ! (Le management, toute une histoire) »

la Cité de l’Economie, l’exposition-dossier « Allez hop, au travail ! (Le management, toute une histoire) » explore la manière dont cette discipline a façonné notre monde professionnel et ses évolutions. Elle couvre diverses facettes du management, de ses origines à ses évolutions futures, ses dérives, ses enjeux philosophiques et moraux… en passant par le rôle tenu par ses pionnières oubliées. » Prolongation de l’exposition jusqu’au 27 juillet 2025.

« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre 
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
Les mutilations génitales féminines
« La femme, la république et le bon Dieu » d’Olivia Cattan et d’Isabelle Lévy

Documentaires sur l'avortement sur Arte 

« Dans le cadre de sa saison 2024-2025 consacrée aux transformations du travail, la Cité de l’Économie, en collaboration avec le Dauphine Musée du Management, présente une exposition inédite dédiée à l’histoire et aux enjeux du management. »

« L’histoire du management n’est-elle pas, au fond, indissociable de l’histoire de l’organisation de nos sociétés ? Au croisement d’enjeux économiques, de questionnements philosophiques et anthropologiques, le management n’a pas fi ni de nous étonner ! »

« Pour mieux appréhender cette thématique peu souvent explorée, un jeu de rôle interactif invite les participantes et participants à incarner différents rôles au sein d’une entreprise, de chef(fe) d’entreprise à employé(e) dans différentes structures comme un restaurant, une start-up ou une firme internationale. »

« Une plongée au cœur de l’histoire et des défis du management moderne ! »

Une exposition en partenariat avec le Dauphine Musée du Management du Cercle de l’Innovation, la Fondation Dauphine, l’Université Paris Dauphine-PSL.

Le commissariat est assuré par Albert David, professeur des Universités à l’Université Paris-Dauphine, co-fondateur du Dauphine Musée du Management.

Dans la nuit du 30 au 31 août 1935, Alekseï Stakhanov, mineur russe, aurait extrait 102 tonnes de charbon en six heures. Ce qui représentait, en Union soviétique dirigée par Staline, quatorze fois le quota exigé d'un mineur. Ce record a été au centre d'une campagne vantant le stakhanovisme, mot forgé à partir du patronyme, et faisant l'apologie de cet mineur modèle par son engagement et sa productivité si élevée. Une émulation souhaitée par le pouvoir soviétique.

Charlie Chaplin a fustigé dans Les Temps modernes (1936) le travail à la chaîne, le taylorisme.

En 2020, Gallimard a publié "Libres d'obéir. Le management, du nazisme à aujourd'hui" de   Johann Chapoutot (Collection NRF Essais). "Reinhard Höhn (1904-2000) est l’archétype de l’intellectuel technocrate au service du IIIᵉ Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l’État au profit de la «communauté» définie par la race et son «espace vital». Brillant fonctionnaire de la SS – il termine la guerre comme Oberführer (général) –, il nourrit la réflexion nazie sur l’adaptation des institutions au Grand Reich à venir – quelles structures et quelles réformes? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l’élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l’organisation hiérarchique du travail par définition d’objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l’Est, exterminer les Juifs. Passé les années 1980, d’autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne."

Le Président de la République Emmanuel Macron tend à se présenter en cadre manageur d'équipe. Il semble jouer, ou caricaturer, le cadre veste ouverte, ou sans veste et montrant ses manches retroussées, et en parlant comme il s'imagine que le peuple parle. Et ce devant un public captif.

Le monde du travail est souvent présenté de manière négative comme un lieu de souffrance, au travers de managers stressants, harcelants, de burn-out. Et non comme un moyen d'épanouissement malgré le rythme dense de travail. 

Un mode de management à l'ancienne, paternaliste, a contribué aussi à l'attachement des ouvriers à leur travail, à la fierté de leur production, de leur savoir-faire, de leur dévouement.

Dans une entreprise, des syndicats jouent un rôle dans le management : porte-voix, etc. 

La Macronie a recouru au management par la peur durant la pandémie de coronavirus, et a imposé des mesures liberticides, absurdes, destructrices.

PARCOURS DE L’EXPOSITION-DOSSIER

« Pour tout comprendre au management »

LE MANAGEMENT, QU’EST-CE QUE C’EST ?
« Tout le monde fait du management, même sans le savoir ! C’est une activité sociale commune qui n’a pas attendu l’entreprise pour exister. Pour autant, définir le management n’est pas simple, car son sens actuel repose sur trois fonctions différentes : manager, gérer et administrer. »
« A travers les évolutions sémantiques du terme « manager » depuis la fin du 19e siècle, cette première partie de l’exposition dévoile les différentes significations de cette pratique. »

LE MANAGEMENT, D’OÙ ÇA VIENT ?
« Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, les grandes entreprises prospèrent grâce aux progrès des techniques de production et au développement des transports, qui donnent accès à des marchés plus grands. Cependant, leurs méthodes d’organisation ne suivent pas la même tendance. Dans les années 1880, le besoin se manifeste de mettre davantage de méthode pour rationaliser les ressources, améliorer la coordination et redonner le contrôle à la Direction. C’est l’avènement du systematic management : il faut être efficace et remplacer les règles de gestion encore empiriques. Les principaux artisans de ce mouvement sur lequel se fonde le management d’aujourd’hui sont les dirigeants de l’entreprise DuPont de Nemours, Frederik Taylor, Henry Fayol et Max Weber. »

MANAGER EST-CE CONTRÔLER ?
« Le rôle du management dans le monde du travail consiste à créer et maintenir un juste équilibre entre contrôle et autonomie. Le contrôle peut être direct ou se faire à travers des procédures à respecter. »
« Il peut aussi s’appuyer sur le respect de valeurs et sur le sens des responsabilités. Il s’agit non seulement de contrôler les employés, mais aussi la qualité de la production, le bon avancement des projets, le respect des normes éthiques ou la bonne exécution de la mission. »

MANAGER EST-CE RATIONALISER ?
« Depuis sa naissance à la fin du 19e siècle, le management contemporain est marqué par la mise en œuvre de méthodes et d’outils pour rationaliser la gestion des organisations publiques ou privées. »
« Ces innovations sont stimulées par la recherche systématique d’accroissement de performance, quels que soient les facteurs sur lesquelles elle est évaluée : profit, valeur actionnariale, bien-être des collaborateurs ou encore impact social et environnemental. »

MANAGER EST-CE RESPONSABILISER ?
« Chester Barnard, chef d’entreprise américain, écrit en 1938 dans son livre Les fonctions du manager, « Manager, c’est cultiver la responsabilité chez les autres ». Être responsable, signifierait donc être dans la nécessité de répondre de ses actes. Il n’y aurait pas de management ni d’efficacité acceptable sans responsabilité. Au sein d’une organisation la responsabilité n’est pas le seul fait de la Direction, elle se partage, se délègue, s’apprend. »

LES PIONNIÈRES (OUBLIÉES) DU MANAGEMENT
« Lillian Gilbreth et Mary Parker Follett sont deux figures incontournables des sciences du management dont les contributions ont eu tendance à être invisibilisées. »
« Chacune a pourtant joué un rôle fondamental dans les avancées théoriques comme dans la conception et la mise en oeuvre de méthodes pratiques. »

EXPERIENCES CÉLÉBRES EN MANAGEMENT
« Le management a les caractéristiques d’une science
expérimentale. Il implique une problématique initiale guidée par l’intuition d’un progrès, puis la mise en place d’un protocole éprouvé et réplicable. »
« Les publics découvrent trois séries d’expériences célèbres marquant l’histoire du management de la première moitié du 20e siècle : celles de Taylor sur l’organisation scientifique du travail, celles de Mayo à la Western Electric sur l’importance du facteur humain, et les expérimentations de Lewin sur les avantages du leadership démocratique. »

DÉRIVES
« Le management peut avoir une face sombre, faite de dérives telles que la domination, la manipulation, la violence, qu’elles viennent des managers… ou des subordonnés. »
« Les enjeux de performance exigent un engagement qui peut aller, si l’on n’y prend garde, jusqu’à l’épuisement. Aujourd’hui plus qu’avant apparaissent les termes d’ennui et de mal-être au travail, de comportements déplacés, d’épuisement professionnel, de harcèlement moral. »
« Des structures et des procédures sont mises en place dans les organisations pour mieux prévenir et réparer les dérives du management. »

ET DEMAIN ?
« À quoi ressemblera le management de demain ? »
« Sera-t-il une déclinaison modernisée de celui d’aujourd’hui, ou marquera-t-il une rupture tenant compte des enjeux de transition de demain, notamment écologiques ? Ne faudrait-il pas revenir aux enseignements des femmes et des hommes qui ont posé les fondements du management contemporain ? »
« La bonne gestion d’une entreprise devait selon eux conjuguer rationalité et responsabilité, mais surtout valoriser l’implication des humains qui la font vivre. »
« L’exposition se conclut sur quatre métiers imaginés du futur qui traduiraient cette approche dans un monde perpétuellement transformé par la technique. »

OEUVRES DECRYPTEES

David Jones female employees lining up to clock on at the bundy machine, Sydney, 29 December 1930 ©FairfaxCorporation, 1930 / National Library of Australia
« Cette photo représente des femmes en train de se faire enregistrer dans l’une des premières pointeuse à cadran. À la fin du XIXᵉ siècle, les premières pointeuses font leur apparition. Ces machines servent à surveiller les horaires d’arrivée et de départ des employés.
Cette évolution soulève une question : manager, est-ce avant tout contrôler ? Le rôle du management consiste à maintenir un équilibre entre l’autonomie et le contrôle dans le monde du travail. En effet, la productivité repose en grande partie sur la gestion du temps ainsi il est essentiel pour un manager de contrôler le temps ».

« Ford Motor Copany Assembly Line At Dearborn In Michigan » © Keystone-France / Gettyimages. 
"Cette photo a été prise dans la chaîne de montage de l'usine Ford en 1946. Elle met en lumière : le fordisme, un système de production à la chaine et en grande série.
Le titre de cette photo souligne un moment fondamental de l'histoire du mangement.
Henry Ford inspiré de Frédéric Taylor introduit la standardisation de la production et la chaîne de montage. Ce système de production de masse a optimisé la gestion du travail en rendant la fabrication plus efficace en réduisant le temps de production et augmentant la productivité.
Avant Ford, Frederick Taylor, a observé que l'organisation du travail en usine n'était pas optimisée pour la productivité. Il développe alors une méthode reposant sur deux principes : la division verticale du travail et la division horizontale du travail.
La division verticale du travail : une séparation stricte entre la conception des tâches, réalisées par les ingénieurs et leur exécution, assurée par les ouvriers.
La division horizontale du travail : une répartition précise des postes afin d'éviter les doublons et toute confusion dans l'organisation.
Le taylorisme et le fordisme ont révolutionné le management en introduisant une approche scientifique et organisée du travail. Ils ont permis une énorme augmentation de la productivité, mais aujourd'hui ces modèles ont aussi montré leurs limites (tâches répétitives et monotones, production peu flexible et peu diversifiée).
"Rien n'est particulièrement difficile si on le subdivise en petites tâches" Henry Ford."

© Purdue University Libraries, Archives
Lilian Gilbreth, figure incontournable des sciences du management, enseigne à l'université Purdue (Indiana) de 1935 à 1948.
Elle est l'une des pionnières dans le domaine de la psychologie du travail. En effet, Lillian Gilbreth contribue à l'émergence et au développement de l'ergonomie comme nouvelle discipline et se spécialise dans les gestes professionnels en contexte industriel.
Grâce à ses analyses scientifiques Lillian Gilbreth a influencé le management. Lillian Gilbreth a notamment étudié la relation entre le temps et le mouvement. Elle filmait les ouvriers afin d'analyser leurs gestes et optimiser leurs mouvements dans les usines. 
Aujourd'hui, nous utilisons encore des objets et concepts optimisés par Lillian Gilbreth, comme la poubelle à pédale, les postes de travail ergonomiques ou encore le concept de "work triangle" en cuisine."

« C’EST QUOI CE TRAVAIL ? »
SAISON CULTURELLE 2024-2025

« Pour sa saison culturelle 2024-2025, La Cité de l’Économie s’intéresse à la place essentielle du travail. Le travail est une notion fondamentale, qui joue un rôle économique, social, qui forge l’identité politique et sociétale. Par le travail, nous contribuons à la vie de la cité ainsi qu’au contrat social, et réciproquement, le travail participe aussi à structurer une partie de nos vies. »
« La « crise » que traverse aujourd’hui ce secteur n’est rien d’autre que la manifestation des bouleversements qui touchent la société dans son ensemble : remise en cause de nos modes de consommation, de production et de répartition des richesses, mouvement d’émancipation des individualités, dénonciation des inégalités, crise climatique, impact des nouvelles technologies… »
« Au cœur d’un monde en profonde mutation, quelle place et quel rôle accorder au travail à la fois dans nos vies et dans la société ? »
« Pour faire suite à la première partie de la saison, dédiée aux origines et à l’histoire du travail, Citéco se penche dans cette deuxième partie sur ses évolutions et métamorphoses à venir. »
« À quoi ressemblera le travail de demain ? Dans une approche prospective, ce nouveau chapitre s’intéressera à son organisation, à la lutte contre les inégalités sur le marché de l’emploi, mais aussi au sujet central qu’est la quête de sens et de bonheur au travail. Entre chômage de masse et épuisement professionnel, la parole des salariés est devenue prépondérante au 21e siècle. »
« Quel rôle y tient le management ? Et si la principale cause de la souffrance au travail venait de l’organisation même des entreprises ? »


Du 10 janvier au 1er juin 2025. 
Prolongation jusqu’au 27 juillet 2025
1, place du Général-Catroux. 75017 Paris
Tél. : 01 86 47 10 10.
Du mardi au dimanche de 14h à 18h
Le samedi jusqu’à 19h
Visuels :
Allez hop au travail ! à Citéco 
(c) Nicolas Fagot, Université Paris Dauphine PSL 

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur l'exposition proviennent du communiqué de presse.

jeudi 29 mai 2025

Harold Feinstein (1931-2015), photographe

Harold Feinstein (1931-2015) était un photographe juif américain. Représentant la New York School of Photography, cet artiste humaniste et professeur, méconnu en France, a saisi la vitalité, l’exubérance ainsi que la diversité ethnique et culturelle de la Big Apple d’après guerre. La Maison Doisneau présente l'exposition "Harold Feinstein. La roue des merveilles". Le commissariat est assuré par Yasmine Chemali et François Cheval.

« La clé de mon travail, c’est que je ne suis jamais arrivé au bout : il y aura toujours un premier baiser, une première femme… », a confié  Harold Feinstein (1931-2015).

Harold Feinstein est un photographe juif américain. Représentant la New York School of Photography, cet artiste humaniste et professeur, méconnu en France, a saisi la vitalité, l’exubérance ainsi que la diversité ethnique et culturelle de la Big Apple d’après guerre.

« Prodige de la photographie »
Harold Feinstein (1931-2015) nait dans une famille de Juifs immigrés : son père Louis, grossiste en viande, venait d’Odessa, et sa mère Sophie d’Autriche.

Harold Feinstein  débute sa carrière en 1946, à l’âge de 15 ans, avec le Rolleiflex d’un voisin.

L’année suivante, il interrompt sa scolarité pour se consacrer entièrement à son activité de photographe.

En quatre ans, il acquiert une notoriété telle qu’Edward Steichen (1879-1973), conservateur et directeur du département de la photographie du Museum of Modern Art (MoMA), lui achète  des photographies pour la collection permanente du MoMA.

Harold Feinstein  adhère à la Photo League  à l’âge de 17 ans, et y côtoie notamment Sid Grossman.

Il devient une figure importante de l’avant-garde de la street photography (Photographie de rue) new-yorkaise. Helen Gee expose ses œuvres à la Limelight Gallery.

Harold Feinstein collabore au label discographique Blue Note Records.

En 1952, mobilisé dans l’infanterie, il saisit aussi la vie quotidienne des soldats pendant la Guerre de Corée, entre entrainement, combats et cérémonies officielles, ainsi que celle de villageois.

Harold Feinstein est l’un des habitants originels du Jazz Loft où il fait la connaissance de W. Eugene Smith, et collabore à la maquette du Pittsburg Project de Smith.

En 1954, le Whitney Museum of American Art lui consacre une exposition, et en 1957 le Museum of Modern Arte présente ses œuvres. Dans The New York Times, Jacob Deschin qualifie le travail de Feinstein de « nouveau pictorialisme ».

Vingtenaire, Harold Feinstein enseigne à New York, à la Annenberg School of Communications de l’Université de Pennsylvanie, à l’université de Massachusetts, au Maryland Institute of Art...

Il est célèbre pour son activité pendant 60 ans à Coney Island.

Il s’exerce aussi dans divers genres : nus, portraits, natures mortes.

Au milieu des années 1980, il explore la couleur en photographiant, en 35 mm, des fleurs et des coquillages sur un fond de ciel. Ses clichés sont publiés par LIFE. Feinstein utilise des lentilles kaléidoscopiques, produisant un portfolio d’images abstraites de l’architecture de la Big Apple, notamment des immeubles conçus par les architectes Louis Kahn et Frank Lloyd Wright.

En 1998, Feinstein recourt en pionnier à la scanographie, en usant d’un scanner comme d’une caméra. En 2000, le Computerworld Smithsonian Award couronne son travail photographique numérique.

Les photographies de Feinstein figurent au sein des collections permanentes de célèbres musées : Museum of Modern Art, International Center of Photography (ICP), George Eastman House, Museum of Photographic Arts, Center for Creative Photography, Musée d’Art Moderne, the Jewish Museum, and the Museum of the City of New York.

Ses portfolios et articles ont été publiés par de célèbres magazines LIFE, Aperture, Black and White, Camera Arts, The New York Times Magazine, American Photo, Oprah Magazine, Evergreen Review, Photography Annual, Modern Photography et Popular Photography.

En 2011, âgé de 80 ans, Harold Feinstein reçoit The Living Legend Award remis par le Griffin Museum of Photography.

Harold Feinstein décède en 2015.

Galerie Thierry Bigaignon 
En 2017, la galerie Thierry Bigaignon a présenté l’exposition La Rétrospective Harold Feinstein, 1ère partie : Les années 40 et 50 : L'Optimisme Contagieux (Retrospective Part 1: The Early Years - Contagious Optimism!).

Un hommage, dans le cadre du Mois de la photo Grand Palais, à Harold Feinstein (1931-2015). Une sélection de photographies humanistes, inédites, en noir et blanc. Une invitation à la découverte d'un photographe américain méconnu, mais majeur du XXe siècle.

En 2018, cette galerie propose l'exposition "Harold Feinstein • Gracieusement vôtre". "Après une première exposition en 2017 qui mettait à l’honneur l'optimisme contagieux du photographe américain alors qu’il dépeignait la jeunesse et l'insouciance de l'après-guerre, la Galerie Thierry Bigaignon présente la deuxième partie de la rétrospective consacrée à Harold Feinstein, avec une série de photographies prises entre 1964 et 1988."

"La renaissance de ce prodige de la photographie, le plus jeune membre de la Photo League et dont la précocité fût très tôt confirmée par son entrée dans la collection permanente du Museum of Modern Art de New York (MOMA) alors qu’il était âgé d’à peine 19 ans, franchit une deuxième étape. Après avoir couvert les années 40 et 50 lors de la première partie de cette rétrospective, la Galerie Thierry Bigaignon a cette fois sélectionné 21 photographies couvrant la période des années 60 à 80, illustrant une fois de plus le formidable talent de cet artiste américain décédé en 2015."

"Bien que sa muse ait toujours été Coney Island, où il est né en 1931, l’objectif d’Harold Feinstein s’est tourné dès les années 60 vers les rues, les commerces et les restaurants de Manhattan, faisant de ses œuvres l'un des témoignages les plus prégnants de cette Amérique en pleine effervescence. Mais plus encore, ce qui frappe dans cette nouvelle sélection du galeriste parisien c’est l’omniprésence des corps et la remarquable captation du mouvement, comme si Feinstein voyait dans la rue un ballet de grâce et de beauté."

"Ses photographies immortalisent en noir et blanc des moments particuliers de la vie des New-Yorkais, s’immisçant dans leur quotidien pour mieux mettre en lumière l’humanité de ces personnages. Harold Feinstein décrivait lui-même ces images comme « un petit échantillon de [son] voyage photographique témoignant de la beauté et du mystère de cette vie humaine ».

"Explorant sous tous les angles le Times Square scintillant ou les rues tourbillonnantes de Harlem, il photographie cafés enfumés, rames de métro et vitrines de magasins et révèle toute la poésie et la grâce d'une ville en pleine évolution, à travers des images à la fois engageantes et magnétiques. Pour François Cheval, qui prépare avec Audrey Hoareau une rétrospective de l’oeuvre, « Harold Feinstein fait comme si le réel devait se conformer à l’idée qu’il se fait du monde. Mettre en valeur, avec méthode, la beauté latente du quotidien, la tâche ne l’a pas effrayé, et pourtant, quelle ambition, doter la photographie d’une morale ! »

A l’occasion de cette exposition-événement, la galerie a mis en vente le 22 mai 2018 sur le site COLLECTORS CONFIDENTIAL une photographie rare de Harold Feinstein : "Lovers Recline". une photo vintage de 1965.

"The photograph is particularly rare, not only because it has almost never been shown, but also because it stands out form the rest of Harold Feinstein's lifetime body of work. We present it as a special bonus print to complement the gallery's current exhibition "Graciously Yours". It was taken in 1965 in Philadelphia, Pennsylvania. The subjects are a couple who were friends of Harold Feinstein’s as he was teaching at the Philadelphia Museum School at the time."

"This is a rare and real vintage print, made by Harold Feinstein in 1965 when the shot was taken. It is 11”x14”, with an image size of 8.625” x 13” with a black border (not included in the image measurement). As far as we know, only three prints were made then and none have been made afterwards."
"Lovers Recline (1965)
Vintage silver gelatin print made by the artist (1965)
Paper size: 11 x 14 in - Image size: 8.625 x 13 in
Signed and dated at recto
Unframed print
Availability : now
Free worldwide shipping
© Harold Feinstein, Lovers Recline, 1965"

"Harold Feinstein (1931-2015) began his career in photography in 1946 at the age of 15 and within four short years, Edward Steichen, an early supporter, had purchased his work for the permanent collection of the Museum of Modern Art (MoMA). He joined the Photo League at 17 and became a prominent figure in the vanguard of the early New York City street photography scene. He was one of the original inhabitants of the legendary « Jazz Loft » which he later turned over to his long-time collaborator and colleague W. Eugene Smith. Feinstein had his first exhibition at the Whitney Museum of American Art in 1954 and his first exhibition at the Museum of Modern Art in 1957. While his Coney Island work has been much celebrated, Feinstein’s breadth and exposure are far greater. He has a large collection of classic street photography, nudes, portraits and still life. His first black and white monograph, « Harold Feinstein, A Retrospective », was published in 2012 by Nazraeli Press and won a Photo District News 2013 award in the Best Photo Books category. Feinstein’s photographs have been exhibited in and are represented in the permanent collections of major museums around the globe including the Museum of Modern Art, International Center of Photography, George Eastman House, Museum of Photographic Arts, Center for Creative Photography, Musée d’Art Moderne, the Jewish Museum, and the Museum of the City of New York. His portfolios, photo essays, and articles have been published in major periodicals including, LIFE, Aperture, Black and White, Camera Arts, The New York Times Magazine, American Photo, Oprah Magazine, Evergreen Review, Photography Annual, Modern Photography and Popular Photography. In 2011 at the age of 80, he was given « The Living Legend Award » by the Griffin Museum of Photography."

"Harold Feinstein. La roue des merveilles"
La Maison Doisneau présente l'exposition "Harold Feinstein. La roue des merveilles". Le commissariat est assuré par Yasmine Chemali et François Cheval.
  
"Harold Feinstein (1931-2015) n’a jamais eu d’autre ambition que de devenir photographe. Ce natif de Coney Island (où se trouvent les plages et les parcs d’attractions fréquentés par le tout New York) élabore pendant près de soixante ans une œuvre monumentale. Il n’est pas de contemplation « pure » dans ces images, il s’agit avant tout d’une disposition éthique, d’une esthétique du banal. Cette œuvre compose, in fine, un ensemble, un grand roman musical au milieu des bouleversements de la société américaine d’après-Guerre avec, en toile de fond, le conflit en Corée, l’exacerbation du problème racial ou encore le maccarthysme."

L'exposition est produite par le Centre de la photographie de Mougins en collaboration avec le Harold Feinstein Photography Trust. Avec le soutien des Amis du Centre de la photographie de Mougins.

"La roue des merveilles"
François Cheval, co-commissaire de l'exposition, a écrit :
« Harold Feinstein ne peut se réduire à une série. Mais pour ce natif de Coney Island, cette « terre sans ombres » restera avant tout le terrain d’une pratique photographique, et surtout la parfaite illustration d’une vision de la société américaine.
Né en 1931, Harold Feinstein n’a jamais eu d’autre ambition que de devenir photographe.
Sa biographie est connue. On sait qu’il rejoint la Photo League à dix-sept ans et, dans l’entourage de Sid Grossman, il saura en retenir les leçons d’empathie pour le petit peuple new-yorkais, pour les exclus de la prospérité.
Dans cette Amérique d’après-guerre, s’il ne fait guère bon afficher ses sympathies pour cette association d’artistes résolument engagés, Harold Feinstein n’entrevoit d’autre voie possible pour sa photographie que d’être au plus près des sens et des vivants. C’est pour cela que Coney Island est plus qu’un sujet. Pendant près de soixante ans, régulièrement, le photographe revient sur le sujet, sur l’origine des choses. La combinaison parfaite d’une biographie et d’une communauté. 
Coney Island, cette partie de Brooklyn, une ancienne île, pointe la plus à l’ouest de Long Island, a vu se développer à partir du début du XXe siècle des activités liées à un front de mer important. Pour les New-Yorkais, Coney Island offre la possibilité d’échapper aux lourdes chaleurs estivales. Et jusque dans les années 1950, la fréquentation de la plage est inséparable de la fréquentation des multiples parcs d’attractions. On y trouve la plus grande concentration de manèges des États-Unis.
Plusieurs millions de visiteurs par an se ruent sur la Wonder Wheel, le Cyclone ou le Parachute Jump. Les New-Yorkais, qu’ils soient italiens, juifs, portoricains, noirs, viennent assister à la Mermaid Parade, se font lire les lignes de la main et sortent des baraques foraines réjouis et satisfaits. Ceci n’est pas un inventaire de l’« entertainment », encore moins une galerie de portraits ou une mélancolie maîtrisée.
L’ensemble des images produites dans la durée constitue la toile de fond d’un oeuvre qui se caractérise par sa volonté d’écrire au jour le jour des suites de petits récits. La dimension narrative demeure l’apport fondamental d’une photographie qui évacue toute tension négative au profit d’une dimension collective, d’une expérience partagée par tout un peuple. Les pratiques ne se différencient guère d’une classe à l’autre, d’une communauté à l’autre. La plage, la promenade Riegelmann, les attractions façonnent une manière d’être commune. Le mode d’appropriation du lieu est collectif et fédérateur. Le Coney Island d’Harold Feinstein est la transcription photographique de la Rhapsody in Blue, de Gershwin : « La musique doit exprimer les pensées et les aspirations des gens, ainsi que leur époque. Je suis un homme sans tradition, ma famille est américaine, mon époque, c’est aujourd’hui. J’ai la modeste prétention de contribuer à l’élaboration du grand roman musical américain. C’est tout. »
Il n’est pas de contemplation « pure » dans ces images, il s’agit avant tout d’une disposition éthique, d’une esthétique du banal. Il n’y a rien d’important dans ces suites de petits riens. Mais ce sont ces moments, ces gestes et ces postures, ces rencontres étranges qui structurent et assurent la continuité d’une communauté. Tout cela compose, in fine, un ensemble, un grand roman musical au milieu des bouleversements de la société américaine, avec la Grande Dépression, l’exacerbation du problème racial, le maccarthysme, etc.
À l’opposé des images de Diane Arbus, ici, il n’y a nulle inquiétude, tous se retrouvent et communient autour des mêmes pratiques. Ces événements simples sont les fondements de la nation tels qu’Harold Feinstein les entrevoit, une fusion entre races, communautés et classes d’âge. »
« Ce qui est remarquable et nourrissant dans le travail en noir et blanc d’Harold, c’est qu’il aborde un environnement sans concession, stressant et difficile – une ville archétypale comme New York, que beaucoup ont dépeint comme étant sombre, dangereuse, lugubre, isolée, voire inhumaine –, et qu’il y trouve constamment des instants pleins de charme, de plaisir, de tendresse humaine, de générosité, et même de spiritualité. »1 
« C’est là, en 1952, mobilisé par l’armée, que le jeune Harold Feinstein se retrouve dans le corps expéditionnaire américain en Corée. Refusé comme photographe officiel, il effectue son temps sous les drapeaux comme tout appelé : « J’ai été affecté dans l’infanterie. Avec du recul, ce fut une véritable aubaine, car j’ai pu emporter mon appareil photo partout et capturer la vie quotidienne d’une recrue. Je n’étais pas le photographe officiel chargé de photographier les poignées de main officielles et les cérémonies de remise de médailles. »
La photographie documente de manière originale les étapes qui accompagnent la vie de chaque appelé de la conscription militaire. « J’avais vingt et un ans en 1952 lorsque j’ai été appelé. Je venais de me marier. Je me souviens d’avoir été dans une pièce de Camp Kilmer avec des centaines d’autres jeunes hommes de mon âge, de m’être déshabillé pour passer l’examen médical, d’avoir traversé la “chaîne de montage” des vaccins, puis d’avoir été transporté à Fort Dix pour seize semaines d’entraînement de base, avant d’être expédié en Corée. »
La forme qu’Harold Feinstein expérimente dans le récit coréen consiste à faire se rejoindre le quotidien et l’art du blues. Il écrit une histoire tout en nuances de gris et en contrastes délicats. Le rythme lent, les sonorités sourdes, tout cela donne une extrême consistance à une série faite d’appropriation sensible et d’abandon du modèle au désir du photographe.
De retour aux États-Unis, Harold Feinstein s’établit au Jazz Loft, à New York, où il rencontre les musiciens Hall Overton et Dick Cary. De cette période date sa collaboration avec le label Blue Note Records. Il fait alors la connaissance, essentielle pour lui, du photographe W. Eugene Smith, avec qui il collabore sur la maquette du Pittsburgh Project. Sa carrière prend un nouveau départ quand il expose dès 1954 au Whitney Museum of American Art et à la Limelight Gallery en 1955.
C’est cette vision du monde d’une photographie engagée au profit d’une humanité rassemblée que le photographe va vouloir transmettre. L’enseignement est l’autre passion d’Harold Feinstein. Sa première bourse d’enseignement, il l’obtient à vingt-neuf ans à l’Annenberg School for Communication (Philadelphie), il officie ensuite au Maryland Institute College of Art (Baltimore), puis à la Philadelphia Museum School of Art, et enfin à la School of Visual Arts de New York. Sa démarche est d’une certaine manière proche de celle de la street photography. Ses images réalisées dans le métro, dans les rues de New York saisies avec tous leurs détails, ne forment qu’une seule pensée. Les mondes narratifs se déroulent, mais l’oeuvre est une. Harold Feinstein introduit une tension singulière dans l’esthétique narrative entre les accidents et les effets de miroir ; l’oeuvre est une totalité qui s’impose comme une pensée présente et tient par son propre style plus que par son sujet. »

1. A.D. Coleman in Todd Weinstein et Peter Norrman (production T. Weinstein), Uninterrupted Seeing: A Short Film about Harold Feinstein, 2010, Voir https://www.youtube.com/watch?v=kG54PGsUSH4

Séries
« En 1952, Harold Feinstein a couvert le conflit coréen, non pas, comme on aurait pu le supposer, en tant que photographe de guerre, mais comme un simple GI. Ses photographies ont donc un statut spécial. Harold Feinstein ne réalise pas un reportage, il nous offre un récit quotidien, le sien, celui d’une vie partagée avec ses camarades. Nous sommes loin de This is War!, de David Douglas Duncan, ou des reportages de Margaret Bourke-White.
La photographie de guerre se nourrit habituellement de visages angoissés. Avant la victoire, il faut montrer le doute ou la détermination des combattants. On exalte les combats. Ici rien de tel, si ce n’est les épisodes, conventionnels et bureaucratiques, de la visite médicale à l’instruction à Camp Kilmer. On assiste à l’embarquement et au transport de troupes ; derniers baisers comme entrevus au cinéma. Images déjà vues, certes, qui a priori n’ont rien à offrir de particulier si ce n’est la rhétorique en noir et blanc d’un seul corps, la fusion d’une génération. »
« La photographie, pour un photographe new-yorkais, a, entre autres, l’intérêt de découvrir sa ville ou de la réinventer, d’en offrir une représentation intime et personnelle. Pour Harold Feinstein, New York a été Coney Island et Brooklyn. Vivre là, au milieu des fêtes foraines, à l’écoute de toutes ces langues, en accord avec ces couleurs, ces peaux bigarrées, reste chose fascinante pour le natif de Coney Island. La ville est faite pour être parcourue. On la revisite sans cesse. La métropole, lumineuse, horizontale, à hauteur d’hommes – on en oublierait presque les « skyscrapers » –, est l’image même de l’énergie, un sujet à part entière. Tout en conservant ses fondements « humanistes », Harold Feinstein se tourne vers une image déformée, déséquilibrée et précaire. La photographie est un bruit, un enchevêtrement de sons divers, confus et contradictoires, qui joue avec les reflets. La ville est une, mais faite d’une multitude de fragments. Saisir le vif, ni plus ni moins, parce que le vivant est plus fort que la mort. Sans ironie aucune, toujours cette morale, il affirme que la beauté de New York réside tout entière dans ses habitants. »
Auteurs :
François Cheval
Alexis Tadié
Ya’ara Gil-Glazer
Yasmine Chemali
Parution : juin 2023
Bilingue Français / Anglais
192 pages
Isbn : 979-10-90698-55-0
En vente à la Maison Doisneau
29 €

Au Lavoir Numérique, à Gentilly, a été diffusé « Last Stop Coney Island, The Life and Photography of Harold Feinstein », film documentaire d'Andy Dunn (Etats-Unis, 2018, 88mn, VOSTFR) en présence de Thierry Bigaignon, directeur de la galerioe Bigaignon, Paris
« Last Stop Coney Island; The Life and Photography of Harold Feinstein explore le travail et l’héritage photographique de Harold Feinstein (1931-2015). C’est le portrait d’un artiste sensible qui a connu un succès précoce dans les années 40 et 50 pour ses photographies prises pendant la guerre de Corée, dans le Manhattan du Bebop ou encore dans une enclave hippie du nord de l’État de New York. Les contributions d’amis, de sa compagne et d’experts en photographie dressent un portrait à la fois intime et critique d’un franc-tireur qui a su poser un regard humaniste unique sur son époque. »

Biographie
1931- 2015

« Né en 1931 à Coney Island, dans l’État de New York, de parents immigrés juifs, Harold Feinstein commence la photographie en 1946, à l’âge de quinze ans, Rolleiflex à la main. À seize ans, il quitte l’école, et, l’année suivante, en 1948, il devient le plus jeune membre de la Photo League, aux côtés de Sid Grossman. Rapidement, quelques-unes de ses photographies intègrent la collection permanente du Museum of Modern Art (MoMA, New York) à l’initiative d’Edward Steichen. C’est à partir de 1954 qu’il expose son travail, lors d’expositions collectives (Whitney Museum of American Art, MoMA) et personnelles (George Eastman House, Limelight Gallery). Reconnu comme une figure importante de l’avant-garde artistique new-yorkaise pour ses photographies de rue, Harold Feinstein est mobilisé dans l’infanterie pour servir en Corée (1952). À son retour, il s’établit au Jazz Loft, conçoit des jaquettes pour les labels Blue Note Records et Signal Records et rencontre W. Eugene Smith, avec qui il collabore sur la maquette du Pittsburgh Project.
Harold Feinstein poursuit son oeuvre sur près de six décennies avec Coney Island comme territoire de prédilection, tout en dressant le portrait d’une Amérique multiple, proche des gens et joyeuse. Le photographe sera aussi enseignant – notamment à la Annenberg School for Communication, à Philadelphie. Sa pédagogie et sa philosophie, au service de la vision plutôt que de la technique, auront marqué une génération. Ses photographies font partie de prestigieuses collections privées et de collections de grands musées américains (MoMA, International Center of Photography, New York City Museum, The Jewish Museum, etc.). »

CITATIONS

« Coney Island était mon île au trésor. Le temps était beau, plein de vacarme et de cris. J'aimais les montagnes russes, les spectacles... Il y avait pléthore d'images, et les jeunes qui traînaient là en bande réclamaient qu'on les prenne en photo. Je travaillais souvent si vite qu'il me fallait attendre l'impression pour découvrir certains détails de l'image  ».

« Si je devais nommer les cinq personnes les plus importantes dans ma carrière de photographie, Edward Steichen devrait être sur cette liste. J’avais juste seize ans en 1947 lorsque Steichen, qui avait 68 ans, est devenu le Directeur de la Photographie au Museum of Modern Art. Trois ans plus tard, en 1950, je pénétrais dans le musée sans prévenir et demandait à le rencontrer. J’avais auparavant reçu des encouragements de Dorothy Norman de me lancer dans ma carrière photographique. Norman, une femme riche qui était à la fois artiste et mécène, de même que l’amante de Stieglitz jusqu’à sa mort, m’a gracieusement dit : « Tu es jeune mais tu iras loin car tu peux ressentir de l’émerveillement mêlé d’admiration. C’est le mot de passe pour la sagesse ». Ma visite au musée en tant que jeune homme de 19 ans a été en partie incitée par ses encouragements.
L’homme à la réception a appelé Steichen et j’ai été invité à son bureau pour le rencontrer. Ce jour-là, il a acheté deux de mes photographies, ce qui était assez grisant pour un photographe de rue de 19 ans (et ça l’est toujours même à 84 ans). C’étaient les premières que j’ai jamais vendues.
J’ai appris plus tard que Steichen lui-même avait reçu des encouragements de la même manière. Lorsqu’il avait 21 ans, Steichen, qui n’avait jamais encore rencontré Alfred Stieglitz – alors considéré comme le baromètre dans le monde de la photographie – s’est arrêté à New York pour le rencontrer alors qu’il se rendait à Paris pour étudier la peinture. Stieglitz a été impressionné et a acheté trois des photographies de Steichen pour la somme de cinq dollars chacune. Steichen était sur un petit nuage, déclarant qu’il n’en avait jamais vendu une pour plus de 50¢ ! Peu après son arrivée à Paris, il a abandonné la peinture et s’est dédié à la photographie. Je devine que cet incident doit avoir influencé Steichen pour qu’il adopte la tradition d’encourager les jeunes photographes prometteurs en achetant leurs œuvres pour la collection du MOMA. J’ai eu la chance d’être l’un des bénéficiaires…
Plusieurs années plus tard, Steichen m’a demandé de contribuer par mes photographies à l’exposition Family of Man. J’ai décliné sa proposition. C’est probablement la décision la plus folle de ma carrière.
Je n’étais pas le seul photographe à décliner son offre, et je suis sûr de n’être pas le seul à le regretter. L’exposition est généralement considérée comme Evènement le plus important dans l’histoire de la photographie. Et le catalogue, qui a été vendu à plus de quatre millions d’exemplaires, est probablement le livre de photographies le plus lu jamais publié. Il n’est pas surprenant que Steichen ait considéré cette exposition comme sa réalisation la plus grande.
Mon regret n’est pas seulement à propos de la perte de visibilité pour mon travail. Mais, mon purisme à l’époque était vraiment en contradiction avec l’approfondissement des graines de rébellion et de populisme en moi ».


Du 7 mars au 1er juin 2025
1 rue de la Division du Général Leclerc
94250 GENTILLY
Tél. : 01 55 01 04 86
Du mercredi au dimanche 13h30 - 18h30/19h le week-end 
Entrée libre. 
Visuels :
Boardwalk Sheet, Music Montage, 1952
Tirage au gélatino-bromure d’argent / 50,8 × 40,6 cm / 20 × 16 in CI-251
Harold Feinstein Photography Trust

Coney Island Teenagers, 1949
Tirage au gélatino-bromure d’argent / 40,6 × 50,8 cm / 16 × 20 in CI-023
Harold Feinstein Photography Trust

Viva Puerto Rico, 1978
Tirage au gélatino-bromure d’argent
50,8 × 40,6 cm / 20 × 16 in CI-049
Harold Feinstein Photography Trust

Window Washer, 1968
Tirage au gélatino-bromure d’argent
40,6 × 50,8 cm / 16 × 20 in CL-092
Harold Feinstein Photography Trust

Beauty Parlor Window, 1964
Tirage (vintage) au gélatino-bromure d’argent
27,9 × 35,6 cm / 11 × 14 in CL-004
Harold Feinstein Photography Trust

Window Washer, 1968
Tirage au gélatino-bromure d’argent
40,6 × 50,8 cm / 16 × 20 in CL-092
Harold Feinstein Photography Trust

Boy With Chalk Numbers, 1955
Tirage au gélatino-bromure d’argent
50,8 × 40,6 cm / 20 × 16 in CL-007
Harold Feinstein Photography Trust

Bad Luck Tattoo, 1957
Tirage au gélatino-bromure d’argent
50,8 × 40,6 cm / 20 × 16 in CI-004
Harold Feinstein Photography Trust

Take Your Own Photos, 1978
Tirage au gélatino-bromure d’argent/ 40,6 × 50,8 cm / 16 × 20 in CI-008 h
Harold Feinstein Photography Trust


Du 24 mai au 31 août 2018. Vernissage le 24 mai 2018 de 18 h à 21 h
Du 2 février au 30 avril 2017
Hôtel de Retz
Bâtiment A
9, rue Charlot, 75003 Paris
Tel. : +33 (0)1 83 56 05 82
Du mardi au samedi de 12 h à 19 h

Visuels 
Couverture du catalogue
© Harold Feinstein, Coney Island Teenagers, 1949. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

© Harold Feinstein, 125th Street from Elevated Train, 1950. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein. Bidding Farewell, 1952. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein, Boy with Chalk Numbers, 1955. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein. Coke Sign on the Boardwalk,1949. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein, Two Men and a Boy Contemplate, 1950. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

Affiche : Harold Feinstein, Black Hands and Back, 1974. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Man Smoking in Diner, 1974. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Take Your Own Photos, 1978. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Window Washer, 1974. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Dancers Arms, 1970. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
© Harold Feinstein, Lovers Recline, 1965

A lire sur ce blog :
Cet article a été publié le 2 avril 2017, puis le 28 août 2018. Les citations proviennent notamment des communiqués de presse.