Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 7 janvier 2022

« 12 Years a Slave » de Steve McQueen

Arte diffusera le 9 janvier 2022 à 21 h « 12 Years a Slave » de Steve McQueen. « Au XIXe siècle, l’histoire vraie d’un violoniste noir kidnappé puis vendu comme esclave... Réalisé par le Britannique Steve McQueen ("Hunger", "Shame"), un grand film sur l'esclavage et la machine à broyer américaine. Récompensé par trois Oscars en 2014 (dont celui du meilleur film).

« Esclaves blancs - maîtres musulmans » par Lisbeth Jessen 
« Les routes de l'esclavage » par Daniel Cattier, Juan Gélas et Fanny Glissant

« New York, 1841. Le violoniste afro-américain Solomon Northup vit une existence libre et bourgeoise avec sa famille. Un jour, il rencontre deux jeunes artistes qui le persuadent de partir avec eux en tournée. Mais l’invitation cache un piège : Solomon est kidnappé puis vendu comme esclave dans les plantations en Louisiane. Pendant douze ans, il sera confronté à la cruauté des négriers et à la violence des fermiers qui supportent mal son intelligence et sa culture... »

« Inspiré du récit que Solomon Northup tira de sa mésaventure, ce manifeste sec et claquant comme un coup de fouet est considéré par la critique américaine comme le meilleur film jamais réalisé sur l’esclavage ». 

« Inflexible dans sa volonté d’aller jusqu’au bout de la dénonciation, Steve McQueen (Hunger, Shame) choisit la frontalité avec le système oppressif mis en branle dans les plantations américaines ». 

« De scènes chocs (tel le long plan-séquence de la pendaison de Northup) en actes révoltants, le cinéaste britannique dissèque la mécanique qui pousse les esclaves à perdre une partie de leur humanité pour survivre, quitte à renoncer à la dignité ». 

« Un grand film sur les corps comme objets malléables, la chair à vif, porté par la puissance rentrée de Chiwetel Ejiofor, la folie furieuse de Michael Fassbender et le sombre désespoir de Lupita Nyong’o. »



« 12 Years a Slave » de Steve McQueen
Etats-Unis, 2012
Auteur : Solomon Northup
Scénario : John Ridley
Production : New Regency Pictures, Film4 Productions, River Road Entertainment, Plan B Entertainment
Producteurs : Brad Pitt, Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Bill Pohlad, Steve McQueen, Arnon Milchan, Anthony Katagas
Image : Sean Bobbitt
Montage : Joe Walker
Musique : Hans Zimmer
Avec Chiwetel Ejiofor (Solomon Northup), Michael Fassbender (Edwin Epps), Benedict Cumberbatch (William Ford), Paul Dano (John Tibeats), Lupita Nyong'o (Patsey), Sarah Paulson (Mary Epps), Brad Pitt (Samuel Bass), dimanche 9 janvier à 21:00
Sur Arte le 9 janvier 2022 à 21 h
Visuels :
Chiwetel Ejiofor(Solomon Northrup) dans " 12 Years a slave" de Steve McQueen
© 2013 BASS FILMS, LLC AND MONAR

jeudi 6 janvier 2022

Milton Glaser (1929-2020)

Milton Glaser (1929-2020) est un graphiste et typographe juif américain. Il a créé l'identité visuelle de produits, des affiches de spectacles durant plusieurs décennies. Parmi ses créations : le graphisme du logo « I ❤ NY » ("I Love New York") et la couverture du best-of de Bob Dylan. La School of Visual Arts présente l’exposition “SVA❤️Milton: The Legacy of Milton Glaser”.

La fabrique des saintes images. Rome-Paris, 1580-1660
« La loi de la banane » par Mathilde Damoisel
« L’affiche - La naissance de la publicité moderne » par Adolfo Conti
Au temps de Klimt - La Sécession à Vienne 
L'esprit du Bauhaus
TIM

« Artiste, "designer", professeur et directeur artistique, Milton Glaser né à New York dans le Bronx, attribue la diversité de son œuvre à l'influence de cette ville dont il dit qu'elle est pour lui "le centre mondial de la communication et de l'information".

« De réputation internationale son influence ne cesse de croître. »

« Il est considéré comme l'un des plus grands créateurs graphiques du XXe siècle en même temps que Laszlo Moholy-Nagy, Paul Rand, Herb Lubalin et d'autres. Auteur d'un très grand nombre de couvertures et d'illustrations pour des revues et différents magazines tels que Time, Life, New York, de pochettes de disques, d'affiches diverses, de couvertures pour livres d'enfants, d'affiches pour des mouvements sociaux politiques, il serait difficile de trouver quelqu'un aux U.S.A. qui n'ait pas été consciemment ou inconsciemment en contact avec son oeuvre. »

« Il fait ses études à la Cooper Union School of Art où il subit l'influence de Georges Salter, puis en Italie à l'Académie des Beaux-Arts de Bologne avec Giorgio Morandi : "A Cooper Union, comme la plupart des étudiants j'ai étudié la théorie des formes et j'ai eu la chance de voir une grande diversité de styles. A Bologne avec Girogio Morandi, je me suis trouvé confronté à un passé historique et à un grand homme."

« Il fonde ensuite avec Seymour Chwast les "Push Pin Studios" qu'il dirige, jusqu'en 1974. »

« Souvent qualifiée d'éclectique, l'œuvre de Milton Glaser s'inspire en effet des sources les plus variées : l'art déco, le surréalisme, l'art oriental, la peinture musulmane, les tapis arabes. On y trouve des références à Aubrey Beardsley, à Max Ernst, à Magritte, à Piero della Francesca, à Seurat, à Duchamp... Mais cet éclectisme est le signe d'une évolution constante car "le créateur, dans les arts graphiques d'aujourd'hui, tient à sa disposition une quantité prodigieuse de matériaux lui venant de toute part. De plus il se tient au courant de la production contemporaine dans tous les pays. Et cela donne naissance à un idiome graphique caractérisé par l'emploi de la parodie, de la paraphrase et de l'ironie : une interprétation sans pareille des styles, des personnalités et des idées. » (Milton Glaser dans "Graphics designers aux Etats-Unis", vol. 3, Fribourg 1972, p.50).


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Les citations proviennent du communiqué de presse. 

Arte propose 

Marc Chagall. Rétrospective


Les Musées royaux des beaux-arts de Belgique ont présenté Marc Chagall. Rétrospective. Deux cents œuvres retraçaient la carrière de Marc Chagall (1887-1985) sur près de 80 ans, de 1908 aux années 1980. Des créations artistiques protéiformes – peintures sur toile, illustration de livres, conceptions de costumes pour le théâtre et du nouveau plafond de l’Opéra de Paris, vitraux, etc. -, poétiques, parfois oniriques, inspirées par des thèmes récurrents : la Bible, l’enfance à Vitebsk (Biélorussie), l’amour, la Shoah, l'aspiration à la paix entre les hommes… Arte diffusera le 9 janvier 2022 « Chagall entre deux mondes » (Chagall. Ein Maler zwischen den Welten) de Laurence Jourdan.

Plus de deux cents œuvres de Marc Chagall (1887-1985), venant de musées et fondations prestigieux - musées de Saint-Pétersbourg et de Nagoya, le Moma à New York, le Tate à Londres, les Fondations Maeght et Beyeler -, ont été réunies pour cette rétrospective, allant des premières peintures en 1908 jusqu’aux dernières œuvres monumentales des années 1980. 

« Si les grands thèmes chers à Chagall sont évidemment abordés, comme la culture Juive, l’iconographie du village Juif ou encore les traditions populaires, l’exposition se concentre également sur sa rencontre avec la littérature du XVIIe siècle - et spécifiquement La Fontaine -, le théâtre et l’opéra, la découverte de la lumière et le traitement de la couleur. Un écho particulier est donné à la période russe de l’artiste, au moment où son style si personnel le distingue d’un courant artistique imprégné par la révolution cubiste ». 

Chagall « ne fut pas toujours compris et on évoque à tort l’aspect naïf de son œuvre qui est une suite de tableaux, dessins et ouvrages qui relatent des événements heureux ou malheureux de sa vie… »

« Fidèlement retranscrit, le langage poétique original de Chagall embarque les visiteurs dans un univers époustouflant, témoin de multiples cultures et traditions ».

Né à Liozna près de Vitebsk (alors dans l’empire russe, et actuellement en Biélorussie), Marc Chagall grandit dans une famille Juive hassidique nombreuse : le couple pieux a neuf enfants.

Après une enfance à Vitebsk, il étudie à l’école des Beaux-arts de Saint-Pétersbourg et débute dans des ateliers

Il arrive « à Paris en 1908, emportant avec lui ses sources d’inspiration telles que les coutumes populaires russes et les histoires traditionnelles de ghettos. Il les adapta aux divers mouvements artistiques de la peinture : avant-garde, cubisme, surréalisme en jonglant avec les formes, les couleurs, les contes, les histoires ».

« Audaces spatiales, approches poétiques, contes à dormir debout, amoureux volants, l’exposition présente des pièces d’exception qui enchantent à mesure que se poursuit la visite de l’exposition devenue l’antre de la fantaisie, de la parabole, de la métaphore ».

Le 4 juillet 2016, le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) a proposé un atelier pour enfants sur l'enfance de Chagall.

Le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture a proposé l'exposition Chagall. De la poésie à la peinture. "Près de 300 œuvres sont réunies à Landerneau et illustrent  ce parcours hors norme de Marc Chagall qui a traversé le 20e siècle et laisse une œuvre présente sur tous les continents et qui nous livre à l’infini un message de liberté".

« Peindre. Un homme a passé sa vie à peindre. Et quand je dis sa vie entendez bien. Le reste est gesticulation. Peindre est sa vie. Que peint-il ? Des fruits, des fleurs, l’entrée d’un roi dans une ville ? Tout ce qui s’explique est autre chose que la vie. Que sa vie. Sa vie est peindre. Inexplicablement. » écrit le poète Louis Aragon. Lorsque Marc Chagall disparaît le 28 mars 1985, la reconnaissance de son œuvre est universelle. Peu de personnes cependant ont en mémoire les liens indéfectibles qu’il a toujours entretenus avec la poésie, en écrivant lui-même, gravant ou peignant au contact des écrivains et poètes de son temps. Sur les chemins de la poésie et dans ce « grand jeu de la couleur » dont a parlé son ami André Malraux, il aura forgé une œuvre atypique, intense et généreuse".

"L’exposition, présentée au Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture, réunit des œuvres majeures provenant de musées internationaux et de collections privées. Ces œuvres illustrent le thème de la Bible et les événements qui ont marqué la vie de Chagall : la révolution, la guerre, l’exil… ainsi que des textes essentiels du passé qui lui ont servi d’appui pour de grands livres illustrés : Jean de La Fontaine, Gogol... Des écrivains ou poètes dont Chagall fut l’ami proche, Blaise Cendrars, Guillaume Apollinaire, André Malraux, Louis Aragon,… disent également d’autres rencontres d’exception qu’il fit en son temps".

Saint-Paul et Vence
Le 13 octobre 2017 à 16 h 30, dans le cadre d'Invitation au voyage (Stadt Land Kunst) présentée par Linda Lorin, Arte proposa Chagall, Saint-Paul et Vence, les deux amours de Chagall / Londres / Moscou (Chagall, Saint Paul und Vence / London / Moskau), réalisé par Fabrice Michelin (39 Min).

"Attiré par la lumière du Midi et sa végétation foisonnante déchirée par des pics rocailleux, le peintre Marc Chagall s’installe à Vence en 1949, qu'il quittera en 1966 pour Saint-Paul".

"Londres, la plus punk des capitales. Il y a quarante ans, Londres voyait éclore le punk dans une époque de récession et de chômage. Ce mouvement musical spontané a rapidement investi les sphères culturelle, politique et sociale pour donner à la capitale anglaise son ambiance abrasive".

"L’incontournable" : à Moscou, "L’ouvrier et la kolkhozienne". "L’ouvrier brandit son marteau, la kolkhozienne sa faucille. Créée en 1937 pour l’Exposition universelle de Paris, cette gigantesque sculpture, symbole du réalisme socialiste soviétique, cache une histoire de rivalité".

« Chagall entre deux mondes »
Arte rediffusera le 9 janvier 2022 « Chagall entre deux mondes » (Chagall. Ein Maler zwischen den Welten) réalisé par Laurence Jourdan.

Un documentaire "diffusé en marge de deux expositions – "Marc Chagall. Le passeur de lumière" prévue au Centre Pompidou-Metz et "De couleur et d'encre. Marc Chagall et les revues d'art" au Musée national Marc Chagall à Nice. 

"Suspendues en raison de la situation sanitaire, ces deux expositions reprendront à l'issue du confinement."

« Figure charnière entre deux mondes – tradition et modernité, figuration et abstraction –, Marc Chagall nous entraîne, de 1910 à 1923, entre Paris et Vitebsk, petite ville de Biélorussie qui devint au début du XXe siècle un laboratoire de l’avant-garde russe. À travers le parcours personnel et artistique de Chagall, c’est aussi l’histoire des artistes juifs de l’Empire russe que ce documentaire nous invite à découvrir. »

« Entre 1910 et 1930, de l’Empire russe à Paris, le peintre juif Marc Chagall (1887-1985) voyage entre art populaire et art moderne, entraînant dans son sillage toute une génération. Un passionnant portrait. »

« Mon art avait besoin de Paris comme un arbre a besoin d’eau." En 1910, Marc Chagall, comme nombre d’artistes aimantés par la frénésie créatrice de la capitale française, quitte l’Empire russe pour s’abreuver à la source des avant-gardes ». 

« Si le fauvisme – qui a libéré ses couleurs – et le cubisme infusent ses toiles, le jeune peintre, proche de Blaise Cendrars, façonne son propre univers, à la croisée des cultures juive, russe et française, depuis son atelier de la Ruche à Montparnasse ». 

« En 1914, de retour à Vitebsk, sa ville natale en Biélorussie, Marc Chagall retrouve sa bien-aimée, Bella Rosenfeld, qu’il épouse l’année suivante »

« Le peintre, issu d’une famille nombreuse, modeste et pieuse, immortalise alors le quotidien dans la "zone de résidence", où les Juifs de l’Empire sont parqués et persécutés ». 

« Mais tandis que ses comparses (Lazar Lissitzky, Solomon Ioudovine…), formés, comme lui, par "le peintre du shtetl" Iouri Pen, se mettent en quête d’un art populaire juif, avant de glisser vers la modernité, Marc Chagall, toujours attaché à son indépendance esthétique, se contente d’y puiser des motifs ». 

« Aux souffrances de la Première Guerre mondiale, qu’il fixe à l’encre de Chine, succède l’euphorie de la révolution de 1917, synonyme d’égalité des droits pour la communauté juive ». 

« Nommé commissaire aux Beaux-Arts de Vitebsk, le peintre fonde une école ouverte à tous les courants, dont le suprématisme de Malevitch, qui gagne la bataille de l’abstraction ».
 
« Évincé de l’établissement en 1920, Chagall regagne Paris, où la joie des Années folles imprègne sa palette, à l’image de ses illustrations éclatantes des fables de La Fontaine, avant que la montée des nationalismes et de l’antisémitisme n’assombrisse son horizon ». 

« Ce passionnant portrait retrace le parcours du peintre entre 1910 et 1930, de Vitebsk, laboratoire de l’avant-garde russe, à Paris, où s’écrit une page majeure de l’histoire de l’art. Nourri de décryptages d’œuvres et d’éclairages de spécialistes (dont Meret Meyer, sa petite-fille), il raconte aussi l’émergence d’une génération d’artistes juifs russes, figures charnières entre l’Est et l’Ouest, la tradition et la modernité, le figuratif et l’abstraction ». 


"Né dans l'Empire russe au sein d'une famille juive, Marc Chagall découvre Paris en 1910. Dès lors, il ne cessera d’irriguer ses œuvres de ces différentes cultures. Intervenant dans le documentaire Chagall entre deux mondes, Nathalie Hazan-Brunet, qui fut conservatrice au musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, commente trois tableaux majeurs de l'artiste. Propos recueillis par Guillemette Hervé".

"Autoportrait aux sept doigts" (1912-1913)
"Marc Chagall articule ses cultures juive et russe avec la modernité qu'il découvre en France. Dans ce grand tableau de sa période parisienne, il affirme son statut d’artiste et se représente entre ses deux mondes : derrière lui, on aperçoit par la fenêtre Paris et la tour Eiffel. À droite, dans une nuée, Vitebsk, sa ville natale. Sur le mur, de part et d’autre de sa tête, sont inscrits en yiddish ‘Russie’ et ‘Paris’. Il peint À la Russie, aux ânes et aux autres (1911) : une vache vole sur les toits de Vitebsk, une femme à la tête dissociée du corps tient un seau. Sa main à sept doigts posée sur la toile renvoie à sa langue maternelle, le yiddish, et à l'expression 'Mit ale zibn finger' ('avec les sept doigts') qui signifie 'faire quelque chose avec intensité'. L’œuvre de Chagall opère comme le yiddish, langue de 'fusion' qui  intègre les idiomes du pays où elle se développe et les transforme. Le peintre procède ainsi avec les mouvements artistiques de l'époque, ici le cubisme, pour effectuer une synthèse, construire son propre langage."

"Paris à travers la fenêtre" (1913)
"'La peinture me semblait être une fenêtre par laquelle je pouvais m'envoler vers d'autres mondes', écrit Chagall en 1958. La liberté qu’il découvre à Paris se traduit dans ce tableau où le bleu, le blanc et le rouge résonnent comme un hymne à la France. Un train roule à l'envers, un couple vole tête-bêche, le chat arbore un visage humain... À droite, un autoportrait, un Janus à deux faces entre passé et avenir. Un thème fréquent chez Chagall, où l'homme/l’artiste a souvent la tête renversée ou séparée du corps : une manière de dire le monde à l’envers. Dans le ciel, sans doute encore un autoportrait, cette fois en Luftmensch, ‘l’homme de l’air’ de la littérature yiddish, un homme qui vit de rêves ; sous un parapluie, il atterrit dans sa nouvelle patrie.

"Les portes du cimetière" (1917)
"Dans cette œuvre réalisée à Vitebsk, Chagall célèbre deux événements de 1917 : la révolution russe, qui accorde aux Juifs du pays la pleine citoyenneté, et la déclaration Balfour, favorable à l'établissement d'un foyer juif en Palestine. Cette représentation d’un cimetière et de pierres tombales s’inscrit dans le retour au patrimoine juif qu’effectuaient les artistes de cette époque. Le cimetière, rendu dans sa partie inférieure de façon très réaliste, est surmonté d'un ciel explosif, 'cubisant', aux couleurs du drapeau sioniste et, sur le fronton de son portail, sont inscrits des versets de la vision du prophète Ézéchiel dans la vallée des ossements, laquelle évoque une résurrection, la renaissance du peuple juif. L’œuvre de Chagall est toujours arrimée à son temps ; elle en transmet les promesses, les menaces, elle se fait l’écho de ses traumatismes." 


« Chagall entre deux mondes » de Laurence Jourdan France
France, ARTE France, Zadig Productions, 2019, 52 min
Sur Arte les 29 novembre 2020 à 17 h 55 et 27 décembre 2020 à 6 h 50, 9 janvier 2022 à 20 h 05
Disponible du 22/11/2020 au 27/01/2021, du 02/01/2022 au 09/03/2022

Visuels :
Marc Chagall
© Archives Marc et Ida Chagall, Paris

Marc Chagall, Autoportrait aux sept doigts, 1912
© Stedelijk Museum Amsterdam / Adagp, Paris 2020

Marc Chagall, Moi, 1911
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat / Adagp, Paris 2020

El Lissitzky, Had Gadya (planche titre), 1919
© RMN-Grand Palais - mahJ / Michel Urtado

Marc Chagall, gouache illustrant la fable « Le Loup et l’agneau » de Jean de La Fontaine (détail).
© Comité Marc Chagall / Adagp

Marc Chagall, La Mort, 1908-1909 (détail).
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacques Faujour / Adagp, Paris 2020


Michel Draguet, Jean-Claude Marcadé, Marcello Massenzio, Ambre Gauthier, Ugo Volli, Paolo Biscottini, Evgenia Kuzmina, Marc Chagall. Une rétrospective 1908-1985. bilingue français et néerlandais. Giunti - Fonds Mercator, 2015. 352 pages. 304 ill. ISBN : 978-94-6230-085-9

Jusqu’au 28 juin 2015
Rue de la Régence 3. 1000 Bruxelles. Belgique 
Tél. : +32 (0)2 508 32 11
Du mardi au vendredi de 10 h à 17 h. Le week-end de 11 h à 18 h

Visuels
Affiche
Marc Chagall, La promenade
1917-1918, huile sur toile
State Russian Museun, Saint-Petersbourg
© Chagall® SABAM Belgium 2015

Marc Chagall
© Chagall® SABAM Belgium 2015

Marc Chagall
Couple au-dessus de Saint-Paul
1968, huile sur toile,  collection privée
© Chagall® SABAM Belgium 2015

Marc Chagall
Composition au cercle et à la chèvre - Théâtre d'art Juif 
1920, huile sur carton posé sur bois aggloméré (modèle), collection privée
© Chagall® SABAM Belgium 2015, 

Affiche
Entre chien et loup, 1938-1943
Huile sur papier marouflé sur toile
100 x 73 cm
Collection privée

Le bûcheron et Mercure, 1927
Gouache sur papier brun
51,4 x 41,2 cm
Collection privée

Le miroir, 1915
Huile sur papier monté
sur carton
100 x 81 cm
State Russian Museum,
Saint-Pétersbourg

Le midi de la France du peintre Marc Chagall se trouve dans le pays vençois. Parmi les vallées s’étagent des collines à la végétation méditerranéenne, déchirée par des pics rocailleux, d’une blancheur virginale. Sur ces contreforts, comme ancrée dans la terre surgissent deux villages fortifiés : Vence et Saint Paul. Attiré par la lumière, Chagall s’installe à Vence en 1949.
© Elephant Doc


Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse. L'article a été publié le 26 juin 2015, puis les 31 octobre 2016, 11 octobre 2017 et 27 novembre 2020.

mercredi 5 janvier 2022

« Afterlives: Recovering Lost Stories Looted Art »

Le Jewish Museum (musée Juif) de New York présente l’exposition « Afterlives: Recovering Lost Stories Looted Art » (
« Après les vies : Retrouver les histoires perdues des œuvres d'art pillées par les nazis »)Une exposition sur les pérégrinations d'œuvres d’art et de biens culturels volés aux Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale et dont une partie a été restituée à leurs propriétaires ou ayants-droit.

Rose Valland (1898-1980) 
Des galeries d’art sous l’Occupation, une histoire de l’histoire de l’art 
« Le marché de l’art sous l’Occupation 1940-1944 »
« Main basse sur l’art. La méthode nazie » d’Oliver Halmburger et de Thomas Staehler 
« Le maquis des Juifs » par Ariel Nathan
« Les Juifs ont résisté en France 1940-1945 »
« Des « terroristes » à la retraite », de Mosco Boucault
« Les Juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale » de Claude Santiago et Antoine Casubolo 
« Cette exposition retrace la chronologie fascinante d'objets individuels qui sont passés de mains en mains et de sites en sites avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, mettant en lumière leurs innombrables histoires. »

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, un nombre incalculable d'œuvres d'art et de biens culturels ont été volés par les forces nazies. Après la guerre, on estime qu'un million d'œuvres d'art et 2,5 millions de livres ont été récupérés. Beaucoup plus ont été détruits. Cette exposition retrace les histoires multiples des objets qui ont survécu, en explorant les circonstances de leur vol, leur sauvetage après la guerre et leur vie ultérieure dans des musées et des collections privées. »

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, un nombre incalculable d'œuvres d'art et de biens culturels ont été volés par les forces nazies. Après la guerre, on estime qu'un million d'œuvres d'art et 2,5 millions de livres ont été récupérés. Beaucoup d'autres ont été détruits. L'exposition et le catalogue qui l'accompagne retracent les histoires multiples des objets qui ont survécu, en explorant les circonstances de leur vol, leur sauvetage après la guerre et leur vie ultérieure dans des musées et des collections privées. » 

L’exposition présente des objets pillés dans des collections Juives pendant la guerre, notamment des œuvres d'artistes aussi célèbres que Pierre Bonnard, Paul Cézanne, Marc Chagall, Gustave Courbet, Paul Klee, Franz Marc, Henri Matisse, Pablo Picasso et Camille Pissarro. Le Musée juif de New York a également demandé à quatre artistes contemporains - Maria Eichhorn, Hadar Gad, Dor Guez et Lisa Oppenheim - de créer des œuvres en résonance aux thèmes de l'exposition. Des pièces précieuses de Judaïca, dont de rares exemples d'objets de cérémonie juifs provenant de synagogues détruites, sont également exposées, ainsi que des photographies et des documents d'archives rarement vus qui relient les objets à l'Histoire.

Ainsi, l'exposition relate les pérégrinations de deux tableaux d'Henri Matisse qui ont été volés par les nazis dans une même collection, ont voyagé ensemble à travers plusieurs dépôts et centres de traitement, ont connu un parcours distincts puis ont finalement été réunis des décennies après avoir été volés. Les deux œuvres d'Henri Matisse - Les marguerites (1939) et Femme en jaune et bleu, à la guitare (1939), ont appartenu à Paul Rosenberg, un célèbre galeriste et marchand d’art juif français qui a représenté de nombreux artistes majeurs du XXe siècle. Les marguerites (Daisies) et Femme en jaune et bleu, à la guitare (Girl in Yellow and Blue with Guitar) ont été saisies par les nazis dans la salle des coffres d'une banque bordelaise où Paul Rosenberg avait entreposé ses biens culturels les plus précieux avant de fuir en Amérique. Les Nazis ont également pénétré dans la galerie parisienne de Paul Rosenberg, qu'ils ont transformée en bureau de l'Institut pour l'étude de la question juive, utilisant l'espace pour organiser Le Juif en France, une des plus grandes expositions antisémites de l’Histoire. Les marguerites et Femme en jaune et bleu, à la guitare ont été transférées au Musée du Louvre, puis à la galerie du Jeu de Paume, tous deux transformés en dépôts nazis. Le 27 novembre 1942, Femme en jaune et bleu, à la guitare fait partie d'un échange de quatre tableaux avec le marchand d'art allemand Gustav Rochlitz agissant au nom d'Hermann Goering, le deuxième homme le plus puissant d'Allemagne après le Führer Adolf Hitler. Femme en jaune et bleu, à la guitare est restée dans la vaste collection d'art constituée par pillages par Goering jusqu'à la fin du conflit mondial, où elle a été récupérée par les Alliés et restituée à Paul Rosenberg. L’œuvre Les Marguerites est restée dans les réserves et a également été restituée après la guerre. Les deux œuvres ont ensuite été vendues par Paul Rosenberg et ont appartenu à plusieurs collectionneurs privés avant d'entrer dans la collection de l'Art Institute of Chicago, Les marguerites en 1983 et Femme en jaune et bleu, à la guitare en 2007.



Du 20 août 2021 au 9 janvier 2022
1109 5th Ave at 92nd St. New York, NY 10128
 Tel. : 212.423.3200

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Les citations sur le film proviennent du dossier de presse.