Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 4 octobre 2022

« La cuisine juive tunisienne » par Andrée Zana Murat


Andrée Zana Murat, journaliste et restauratrice dans un théâtre parisien, a publié « La cuisine juive tunisienne ». Un recueil clair, précis, didactique, de 320 recettes de mets juifs tunisiens - entrées,  mets à base de poissons et viandes, entremets -, souvent associés aux fêtes, agrémentées de conseils et souvenirs familiaux, mais trop rarement illustrées. Article republié à l'approche de Yom Kippour 5782. Je remercie Ilana Ferhadian, Christophe Dard et Radio J de cesser de me plagier et d'indemniser mes préjudices.
Albin Michel a réédité « La cuisine juive tunisienne » par Andrée Zana Murat. 

Encore un livre de recettes juives ? Oui. Et un bon.

Variété, générosité
La cuisine juive tunisienne ? On n’ose pas dire que c’est la meilleure, car on va nous prendre d’un coup d’œil. Bon, je porte la main de Fatma. Cela devrait suffire à écarter le mauvais œil…

Foin d’ironie.

Jadis vilipendée – « trop grasse », « fait grossir » -, parfois réduite au couscous-boulettes, la gastronomie juive tunisienne bénéficie depuis quelques décennies de la vogue du « régime crétois » ou « méditerranéen » sain, de la mode pour des repas conjuguant huile d’olive, céréales, poissons - boutargue, thon, mulet, daurade, merlan, "petite friture" de sardines -, légumes et fruits frais, en un dosage judicieux de protéines, glucides et lipides.

Cette cuisine familiale a gagné en légèreté avec la substitution d’une cuisson grillée du poisson à la friture. Et encore, de nouvelles friteuses requièrent une dose minimale d’huile.

Enseignante, journaliste, Andrée Zana Murat souligne la diversité de la « cuisine juive tunisienne » : « subtil métissage de cultures, de couleurs et de saveurs, nourries de diverses influences – turque, grecque, italienne… –, la cuisine juive tunisienne, qui se transmet de mère en fille, en belle-fille, en petite fille, est conviviale, généreuse et économe ». C’est oublié un peu vite le rôle des Juifs tunisiens qui aiment faire le marché, ne dédaignent pas les fourneaux, se piquent de savoir mieux que leurs épouses la vraie recette du couscous ou de la tafina

Plus d’une accumulation de mets, la cuisine juive tunisienne s’avère un art de vivre, de se détendre, de critiquer, de se retrouver, d’assurer des transmissions identitaires entre générations. Une cuisine intimement liée aux fêtes. Ainsi, le premier jour de Shaouot, les Juifs consomment des produits lactés.

Aux classiques couscous, tajine, brick, harissa, merguez, ou loukoum, Andrée Zana Murat adjoint la marmouma, le nikitouche, la pkaïla, la fourma, des manicotti, le torchi, l’akoud (orkod), le complet de poisson et lablabi

Des entrées aux desserts, via les boissons, son livre réunit 320 recettes, « mémoire d’une communauté avec ses secrets et ses anecdotes », et ses souvenirs d’enfant jouant dans la distillerie familiale Zana, admirative de la « mystérieuse fabrication » de la boukha, eau-de-vie de figues distillées.

« Trucs, tours de main (« le secret de ma mère »), ou précisions sur l’origine des plats », leur déclinaison au fil des saisons, « viennent enrichir le fil de la transmission ».

Habilement, Andrée Zana Murat mêle les prescriptions de la cacherout – laver et saler la viande avant de la cuisiner, etc. - à la confection des repas. Judicieusement, elle indique les mets associés aux fêtes juives, tels le msoki et les sfirès (fritèches) de Pessah (Pâque juive, 14-22 Nissan).

A la lecture du livre, on se rend compte de la richesse d'associations - légumes (gombos, tomates, poivrons, aubergines), herbes fines (persil, coriandre), épices (cumin, carvi, cannelle, tabel), fruits (amandes, dattes, citron) - et des saveurs subtiles de cette gastronomie juive tunisienne populaire, de certains mets désormais difficilement réalisables faute des ingrédients : disparition des amandes amères – on peut cependant recourir au sirop d’orgeat – pour les pâtisseries, substitution de boyaux synthétiques aux boyaux des bœufs pour les osbanas. Exit la cervelle depuis la « crise de la vache folle ».

Parfois, on sursaute en lisant certaines recettes : par exemple, une chakchouka sans poivron – quésaco ? C’est comme une tarte aux fraises sans fraise. A la bintje, variété de pommes de terre à chair farineuse conseillée par Andrée Zana Murat, on préférera celles nouvelles à chair ferme (Amandine) qui tiennent mieux à la cuisson.

De très rares oublis, tels les kouclês, spécialité de boulettes à base de viande hachée salée et poivrée relevée d’harissa, et bouillies avec les boulettes « classiques », le ragoût (tajine) de viande de bœuf aux abricots concocté par des Juifs Livournais, les pains italiens et tabounas...

Quant à l'assiette tunisienne - brick aux pommes de terre et de la viande hachée, torchi, minina, tranches de salami ou de mortadella, olives vertes salées, navettes apéritives farcies au thon, mini-pain italien -, sa présentation lacunaire empêche d'évoquer la charcuterie.

Clair, illustré de quelques dessins, La cuisine juive tunisienne bénéficie d’un précieux index des recettes. De manière regrettable, manquent des photographies des mets si colorés - tonalités ambrées au noir intense - pour ceux qui les ignorent. Une gastronomie nourrissante, un festin non seulement pour les papilles, mais aussi pour les yeux et l’odorat sensible aux harmonies des épices et des herbes fines.

Andrée Zana Murat dirige depuis une dizaine d'années le restaurant le Café Guitry » au théâtre Edouard VII dont le directeur est son époux, le metteur en scène Bernard Murat.

Avec La cuisine juive tunisienne, elle a signé un livre de référence généreux, pour gourmands et gourmets, une encyclopédie émouvante. Bref, un kif !


Andrée Zana Murat, La cuisine juive tunisienne. Albin Michel, 2016. 352 pages. 17,50 €. EAN13 : 9782226322180

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Les citations proviennent du communiqué de presse. Cet article a été publié le 20 avril 2016, puis le :
- 4 juin 2016 à l'approche de Shavouot, fête juive pour laquelle le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme)  propose un atelier culinaire le 5 juin 2016. Le premier jour de Shavouot, les Juifs consomment des produits lactés.
- septembre 2016 à l'approche de Roch HaChana 5777 (nouvel an juif) les 1er et 2 Tichri (3 et 4 octobre 2016). Cette fête juive rappelle "la création d'Adam et Eve, créés à l'image divine, et dont descend l'humanité tout entière, et la ligature d'Isaac, quand l'Eternel refusa le sacrifice humain pour le sacrifice animal" ;
- 29 septembre 2017. Article republié à l'approche de Yom Kippour 5778 ;
- 19 septembre 2018. Article republié à l'approche de Yom Kippour 5779 ;
- 28 septembre 2019. Article republié à l'approche de Roch Hachana 5780 ;
- 29 septembre 2020. Article republié à l'approche de Yom Kippour 5781 ;
- 15 septembre 2021. Article republié à l'approche de Yom Kippour 5782.

lundi 3 octobre 2022

Sandrine Kiberlain

Née dans une famille juive française d'origine polonaise, Sandrine Kiberlain est une actrice - En avoir (ou pas), 9 mois ferme -, réalisatrice - Une jeune fille qui va bien -, scénariste, parolière et chanteuse (Manquait plus qu'ça, Coupés bien net et bien carré, La Chanteuse). Arte diffusera le 5 octobre 2022 à 20 h 55 « Les femmes du 6e étage » (Nur für Personal!) de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Carmen Maura.


Sandrine Kiberlain est née en 1968 dans une famille juive française d’origine polonaise : ses grands-parents se sont installés à Paris en 1933.

Elève de la classe libre au Cours Florent (1987-1989), elle entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique (1989-1992).

Révélée en 1994 dans Les Patriotes, d'Éric Rochant, Sandrine Kiberlain enchaine les tournage : En avoir (ou pas), de Laetitia Masson (1995) -  César du meilleur espoir féminin 1996 -, Beaumarchais, l'insolent d'Édouard Molinaro (1996), Un héros très discret de Jacques Audiard (1996), Betty Fisher et autres histoires de Claude Miller (2001), Le Petit Nicolas de Laurent Tirard (2009), Mademoiselle Chambon de Stéphane Brizé (2009), 9 mois ferme d'Albert Dupontel (2013) - César de la Meilleure actrice en 2014 -, On est fait pour s'entendre de Pascal Elbé (2021)...

Au théâtre, elle a joué dans Le Roman de Lulu de David Decca, nom de scène de son père, expert-comptable.

Après avoir réalisé un court métrage Bonne figure (2016), Sandrine Kiberlain dirige Une jeune fille qui va bien (2021). Sélectionné dans la section « semaine de la critique » au Festival de Cannes 2021, ce long métrage relate l’histoire d’Irène, Française juive âgée de 19 ans, apprentie comédienne qui prépare à l’été 1942, dans un Paris occupé par les Nazis, une scène de L'Épreuve de Marivaux en vue du concours d’entrée au Conservatoire d’Art dramatique.

De son mariage avec l'acteur Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain a eu en 2000 une fille, Suzanne, devenue actrice et réalisatrice (Seize Printemps). Un long métrage présenté en Sélection officielle du Festival de Cannes 2020.

« Les femmes du 6e étage »
Arte diffusera le 5 octobre 2022 à 20 h 55 « Les femmes du 6e étage » (Nur für Personal!) de Philippe Le Guay.

« Dans les années 1960, un agent de change se prend d’affection pour les employées de maison logées au sixième étage de son immeuble... Philippe Le Guay signe une comédie sociale et romantique, galvanisée par de formidables seconds rôles et la drôlerie du duo Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain. »

« Paris, années 1960. Jean-Louis Joubert vit avec sa femme Suzanne dans les quartiers huppés de la capitale. Par le biais de María, la nouvelle domestique recrutée par son épouse, cet agent de change découvre les conditions dans lesquelles vit un groupe de bonnes d’origine espagnole, logées au sixième étage de son immeuble bourgeois. Sous les toits, il n'y a pas d'eau chaude et les toilettes sont constamment bouchées, mais il règne sur le palier une joie de vivre et une solidarité que M. Joubert ne tarde pas à apprécier, et auxquelles il n’aura bientôt d'autre choix que de s’adapter… » 

« Si la truculence des femmes hautes en couleur qui habitent sous les mansardes s’opposent radicalement à son caractère rigide, l’austère Jean-Louis Joubert se prend d’affection, bien malgré lui au départ, pour ces personnalités attachantes et pleines de vie qui ont fui le franquisme ». 

« Au travers de cette rencontre tout en contrastes se déploie une comédie sociale et romantique dont l’intrigue évite l’écueil manichéen de la lutte des classes. » 

« Car cet antihéros, qui remet en question son appartenance à la grande bourgeoisie, se frotte avec intérêt à une nouvelle réalité sociale et goûte avec délice son autre forme de richesse. »

« Porté par de lumineux seconds rôles incarnés, notamment, par des actrices chères à Pedro Almodóvar (Carmen Maura et Lola Dueñas), ce film fait une nouvelle fois la part belle à la drôlerie du duo Fabrice Luchini-Sandrine Kiberlain (déjà vu dans Beaumarchais, l’insolent et Rien sur Robert), lequel déploie une impeccable partition, entre obsessions de l’une pour les futilités (bridge, shopping, coiffeur...) et dessillement de l’autre face à un monde totalement inconnu ». 

« Rencontre avec SANDRINE KIBERLAIN
Interprète de Suzanne Joubert »

« Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer au projet ?
C’est toujours l’alliance de plusieurs éléments qui vous incite à participer. En l’occurrence, l’écriture, le scénario évidemment mais aussi le fait d’avoir Fabrice pour partenaire comme plusieurs fois auparavant, car il donne un autre éclairage aux personnages et à l’humeur générale du film. La rencontre avec Philippe Le Guay a elle aussi été déterminante. J’ai aimé la richesse de sa personnalité, l’humour et la profondeur du sujet, très contemporain.

Pouvez-vous nous parler de votre personnage ?
L’histoire se déroule dans les années 60. Le couple Joubert est enfermé dans une vie qui n’est pas forcément la bonne. Suzanne est dans l’énergie d’une bourgeoisie aux rituels très assumés, mariée à un homme qu’elle aime vraiment. Elle est aussi mère de deux garçons qui vivent en pension. D’origine provinciale, elle est un peu en retrait, complexée par des amies qu’elle trouve toujours plus parisiennes et plus élégantes qu’elle. Elle n’en revient toujours pas de faire partie de cette bourgeoisie.
Comme beaucoup de femmes de diverses époques, elle est persuadée de mener la vie qui lui convient. On sent que si cette humeur dynamique, joyeuse, dans laquelle elle se maintient toujours, venait à se briser, ce serait très douloureux. Toutes les contradictions, les failles qui font le personnage et les êtres humains en général me tentaient. J’avais le désir de jouer cette envie d’être enthousiaste, de réussir cette vie dans laquelle elle s’est enfermée. A force de courir après un modèle, Suzanne perd de vue l’essentiel, ce qu’elle est et ce qu’elle veut vraiment. Elle va comprendre que la vie peut être ailleurs et qu’ils se sont peut-être trompés de chemin.

Quel regard portez-vous sur l’univers des bonnes ?
Ce n’est pas un univers qui m’est familier. Ma famille est d’origine polonaise. Cela me donne aussi un autre regard sur l’histoire. Je suis toujours touchée par le courage de ces gens arrivés en France, par leur désir de s’intégrer et de réussir une vie meilleure que celle qu’ils auraient pu mener dans leur propre pays. Quand on n’a pas la chance d’être né à la bonne place, il faut être très courageux pour oser abandonner ses repères et tout recommencer ailleurs. Ces femmes ont cette force-là. Je pense que Suzanne s’attache réellement à Maria et que sans le carcan social oppressant qui les définit, elles auraient pu être amies.

Comment avez-vous travaillé avec Philippe Le Guay ?
J’avais vu ses films mais je ne le connaissais pas. J’ai l’impression qu’avec ce film, Philippe assume l’envie d’être à la fois profond et fantaisiste. Il a une vraie passion du cinéma. Il a vraiment son film dans la tête et le résultat lui ressemble : c’est drôle, surprenant, subtil et élégant.

Ce n’est pas la première fois que vous êtes mariée à Fabrice Luchini. Que découvrez-vous de lui ?
Fabrice est un partenaire que j’adore. C’est un acteur insolite qui ne ressemble à personne. Je trouve qu’il se bonifie avec les années, pour de multiples raisons. Physiquement, il est plus sexy.
Il est plus mûr, encore plus généreux. Sa place dans le cinéma français est unique. Il est drôle, les gens se déplacent pour lui au cinéma et au théâtre parce qu’il a su imposer son propre personnage.
Quand on joue avec lui, on est dans le plaisir de l’échange. Pour fonctionner avec lui, il faut comprendre sa fantaisie et saisir à quel point il peut aussi être émouvant jusque dans sa façon de vouloir attirer l’attention.
Dans ce film, même s’il est souvent en réaction par rapport à Suzanne, il n’est pas le clown blanc. Nous sommes tous les deux dans le même registre. Deux clowns qui ne se vivent pas comme des clowns. Chacun génère la situation comique à sa façon. Selon les scènes, l’un ou l’autre est en réaction vis-à-vis de son partenaire. Il y a un véritable échange entre nous. Peut-être est-ce pour cela que nous nous entendons bien dans le jeu et le travail.

Comment avez-vous approché votre personnage ?
Même si l’époque n’est pas si lointaine, c’est quand même un film en costumes. Jouer dans des vêtements qui ne sont pas les nôtres au quotidien nous apporte une donnée qui construit le personnage. On ne se comporte plus de la même façon avec des talons pareils, des robes structurées, ces coiffures. Cela influe sur votre maintien, votre façon de marcher, de vous asseoir. Tout ce travail de reconstitution, tout comme les décors, nous place dans un autre environnement.
Pour ma part, je travaille beaucoup sur le rythme de mes personnages et j’ai l’impression de le trouver instinctivement. C’est à la fois lié aux costumes et aux attitudes qu’ils induisent.

Comment définiriez-vous le rythme de Suzanne ?
Elle est sautillante et cherche à remplir l’espace, combler les silences, pour qu’on ne l’arrête pas en lui posant la question qui la ramènerait à sa vérité. 
S’arrêter lui laisserait sans doute le temps de réfléchir et de prendre conscience de ce qu’elle vit.

Avez-vous une idée de ce que représente le film pour vous ?
J’ai adoré faire ce film, jouer ce personnage, jouer avec Fabrice. Philippe m’a aidée dans la construction des choses, des petits détails – en particulier ce sautillement de Suzanne. Ce film possède une grâce, il nous amène ailleurs. Tout en ayant du fond, il nous entraîne dans une autre époque, vers un monde complètement dépaysant. »



« Les femmes du 6e étage » de Philippe Le Guay
France, 2010, 1 h 40mn
Scénario : Philippe Le Guay, Jérôme Tonnerre
Production : Vendôme Production, France 2 Cinéma, SND
Producteur : Philippe Rousselet
Image : Jean-Claude Larrieu
Montage : Monica Coleman
Musique : Jorge Arriagada
Avec Fabrice Luchini (Jean-Louis Joubert), Sandrine Kiberlain (Suzanne Joubert), Natalia Verbeke (María Gonzales), Carmen Maura (Concepción Ramirez), Lola Dueñas (Carmen), Berta Ojea (Dolores Carbalan), Nuria Solé (Teresa), Concha Galán (Pilar)
Sur Arte les 5 octobre 2022 à 20 h 55, 11 octobre 2022 à 13 h 30, 25 octobre 2022 à 13 h 35

dimanche 2 octobre 2022

Le Caravage (1571-1610)

Le Caravage (1571–1610) est un peintre naturaliste italien célèbre pour son réalisme et son clair-obscur durant l'ère baroque et de la Contre-Réforme. Une historiographie récente a restitué à cet artiste sa dimension exceptionnelle. 
Le tableau « Judith et Holopherne » peint vers 1607 par Le Caravage (1571–1610) devait être vendu aux enchères par Maître Marc Labarbe le 27 juin 2019, à 18 h, à la Halle aux Grains de Toulouse. On apprenait le 25 juin 2019 que l'oeuvre avait été vendue de gré à gré. 
Arte rediffusera le 9 octobre 2022 à 05 h 45 "L'affaire Caravage" (Die Affäre Caravaggio), documentaire de Frédéric Biamonti. 


« Artiste surdoué mort à 38 ans, Micheleangelo Merisi, dit le Caravage, a révolutionné la peinture au point de donner son nom à un courant, le caravagisme. Caravage est aujourd’hui un mythe, considéré comme un des génies de la création picturale et devenu même, par son existence  aventureuse nourrie d’épisodes violents, un véritable héros de roman ».

Son style a surpris à son époque tout en étant très apprécié. Il associe le naturalisme en choisissant des modèles parmi le peuple, le réalisme dans la peinture saisissante de la psychologie des personnages, la dramatisation de l'histoire, la maîtrise d'un clair-obscur (chiaroscuro) accentuant les contrastes entre la lumière et les ombres.

Le « corpus très resserré de Caravage compte 68 tableaux, dont seulement 5 sont en mains privées ». La « reconstitution de son œuvre est ardue tant sa vie tumultueuse a contribué à brouiller les pistes, d'autant plus que l'artiste était totalement passé de mode à la fin du XVIIe siècle, avant d'être redécouvert très récemment en 1951 grâce à Roberto Longhi ». Bénéficiaire de commandes de l'Eglise catholique, le Caravage finit sa vie mouvementée par l'exil consécutif à un duel au cours duquel il tue son adversaire.

"Caravage - Dans la splendeur des ombres"

"Sa vie brève (vers 1571-1610) est un roman. Parce que le peintre Caravage fut bagarreur, meurtrier lors d'un duel, puis en perpétuelle cavale, avant de mourir, à 38 ans, dans des circonstances mystérieuses, il a nourri une sulfureuse légende. Son génie, reconnu de son vivant, puis oublié et caricaturé au fil d'innombrables copies, dut attendre le début du XXe siècle pour renaître à la lumière. Au plus près de ses nombreux chefs-d'oeuvre, le portrait inspiré du maître des ombres."

"Le réalisateur Jean-Michel Meurice, peintre lui-même, voyage sur les traces de Michelangelo Merisi, de la petite ville lombarde de Caravaggio, où il grandit et qui lui donna son nom, à Rome, où il devient précocement célèbre, puis à Naples, à Malte, en Sicile, où il fut accueilli dans sa fuite et où il laissa des peintures merveilleuses. En parallèle, la caméra explore avec sensualité, au plus près des toiles, la force des compositions, l'art si personnel du clair-obscur, le réalisme saisissant des scènes, qui donnent le sentiment au spectateur d'assister au moment décisif ("juste avant ou juste après l'acte lui-même"), et l'humanité poignante des visages. Elle montre comment, dans ses dernières années, l'artiste pressé par le temps et l'angoisse ne cesse de se représenter lui-même, jusque dans la tête tranchée de Goliath, brandie au premier plan par la main de David, dans un tableau dédié au pape pour implorer son pardon."

"Avec le concours de spécialistes du Caravage (Sybille Ebert-Schifferer, Michel Hilaire, ainsi que Michel Laclotte, ancien directeur du département du Louvre, qui raconte comment il identifia un Caravage parmi ses collections), Jean-Michel Meurice signe une évocation inspirée de la vie et de l'œuvre du peintre. Filmant les ruelles et les paysages que le Caravage a contemplés jadis, il emprunte aussi quelques planches à la BD que Milo Manara a consacrée à ce dernier (le tome 1, La palette et l'épée, est paru l'an dernier chez Glénat). Si le film dissipe quelques mystères, dont celui de la mort du peintre, il met aussi savamment en scène les ombres qui entourent sa personnalité et son destin."

"Le Caravage vs Baglione"
Arte diffusa le 4 avril 2021, dans le cadre de la série "Les grands duels de l'art" (Die großen Künstlerduelle), "Le Caravage vs Baglione" (Caravaggio vs. Baglione) d'Andreas Gräfenstein.

"Rome, 1603. Michelangelo Merisi, dit Le Caravage, et Giovanni Baglione s'affrontent en justice, après s'être défiés sur la toile et par écrit : à un tableau provocateur de Baglione, Le Caravage a en effet riposté par un poème obscène."

"Pour relater cet épisode, caractéristique de l’atmosphère d’émulation querelleuse qui imprégnait la Rome de l’époque baroque, des historiens exhument les archives du procès et tentent de réhabiliter Baglione, demeuré dans l’ombre de son illustre adversaire."

« Judith et Holopherne »
« Peint en 1607, perdu depuis 1617, ce grand chef-d’œuvre « Judith et Holopherne » a été retrouvé dans un grenier à Toulouse en 2014, et expertisé au terme d’un long et minutieux travail d’études et d’analyses par le cabinet Turquin ».

Ce « tableau connu par une fidèle copie attribuée à Louis Finson et parfaitement documenté, est dans un état exceptionnel. Les analyses scientifiques et l’œil des plus grands spécialistes confirment que le tableau a toutes les caractéristiques d’une œuvre de Caravage ».

Ses dimensions : 144 x 173,5 cm.

Le prénom féminin Judith vient de Yehoudit, mot féminin provenant de l'hébreu "Yehoudi" signifiant Juif. Judith se traduit ainsi en « juive » ou « judéenne ».

Livre deutérocanonique de la Bible, c'est-à-dire n'appartenant pas à la Bible hébraïque, le Livre de Judith raconte l'héroïsme de la jeune et séduisante veuve de la cité de Béthulie Judith qui "met fin à l’invasion assyrienne en tranchant la tête du général ennemi Holopherne, après l’avoir séduit. La scène se déroule dans la tente du général en chef, sous le regard de la vieille servante de Judith, Abra. L’héroïsme de Judith sera célébré par de nombreux artistes, mais jamais avec la même tension dramatique."

Ce tableau avait été présenté lors de l’exposition « Caravage à Rome, amis & ennemis » au Musée Jacquemart-André (21 septembre 2018-28 janvier 2019) couvrant « la carrière romaine de Caravage (1592 – 1606) jusqu’à l’exil ». Il y était ainsi présenté dans le dossier de presse :
« Le thème de Judith décapitant Holopherne eut un grand succès dans la Rome de la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe, au point de devenir quasiment un test pour la pittura dal naturale (d’après nature), imitée par tant de contemporains de Caravage. À l’origine de cette vogue, le tableau peint par le peintre lombard pour le banquier génois Ottavio Costa, l’un de ses commanditaires plus importants ».
« Chef-d’œuvre incontestable de la peinture, il révèle le talent de Caravage sur la scène romaine de la fin du Cinquecento. Reprenant un sujet biblique abordé par le théâtre, le peintre met en scène un drame observé de près, en gros plan. Holopherne, penché vers l’avant, saisit les draps dans un dernier geste désespéré alors qu’il succombe. La jeune et courageuse veuve qui lui coupe la tête semble à peine perturbée par le spectacle du sang et de son trépas. À ses côtés, une vieille servante pose un regard impitoyable sur la scène. Caravage oppose la jeune et la vielle femme, la beauté de la jeunesse et les signes du temps, dans un contraste destiné à perdurer dans des contextes différents ».
« Orazio Gentileschi propose différentes interprétations du sujet, en privilégiant parfois, plutôt que le moment de la décapitation, celui de la fuite de Judith en compagnie de la servante, dans une atmosphère correspondant à la suspension de l’action après le drame ».
« Carlo Saraceni, le peintre vénitien présent aux côtes de Caravage et d’Orazio Gentileschi dès les premières années du XVIIe siècle, invente quant à lui une iconographie qui rencontrera un vif succès. La belle Judith, le visage caressé par le clair-obscur et le regard tourné vers le spectateur, met la tête d’Holopherne dans le sac pendant que la servante en tient le bord ».
L'effet de dramatisation est souligné par les expressions des visages des protagonistes, accentué par la prédominance du rouge, symbolisant le sang et la couleur du drapeau des scènes théâtrales, et du noir. Cette gamme chromatique met en valeur la pâleur de la peau d'Holopherne et celle du visage de Judith déterminée et songeuse.

Ce tableau a été montré dans de nombreux pays où il « a suscité beaucoup d’intérêt auprès des historiens d’art, des conservateurs et du grand public, que ce soit chez Colnaghi à Londres, chez Kamel Mennour à Paris, où le tableau faisait face à une œuvre de Daniel Buren, ou chez Adam Williams à New York ».

« Au vu du vif intérêt soulevé par notre tableau auprès des collectionneurs en Asie, nous avons jugé positif d’organiser son  exposition pendant le Printemps Asiatique Paris où il nous sera possible aussi de mettre en valeur l’important travail de recherche effectué par le cabinet Turquin » explique Marc Labarbe.

« Je me réjouis de voir ce tableau exposé à l’hôtel des ventes de Drouot avant sa vente à Toulouse » commente Eric Turquin.

Un « catalogue de 170 pages et un site web dédié avec de nombreuses vidéos, rassemblent les explications des experts dont Keith Christiansen (directeur du département des peintures européennes au Metropolitan Museum of Art, New York), Nicola Spinosa (ancien conservateur en chef du Musée de Capodimonte, Naples), Rossella Vodret (auteur de plusieurs ouvrages sur le Caravage et commissaire de l’exposition « Dentro Caravaggio » au Palazzo Reale de Milan en 2017), David Stone (professeur d’histoire de l’art Université de Delaware, USA), Jean-Pierre Cuzin (ancien conservateur en chef du département des peintures au Musée du Louvre), Arnauld Brejon de Lavergnée (historien d’art et conservateur de musée), John Gash (Université d’Aberdeen), Guillaume Kientz (directeur du département d'art européen au Kimbell Art Museum) ».

"L'Etat qui avait classé le Caravage toulousain trésor national en 2016 pour empêcher l'oeuvre de sortir du territoire pendant trente mois, s'est finalement retiré du jeu, au vu du prix astronomique demandé pour ce qui est peut-être une simple copie ou le travail d'un élève du maître"

Le « tableau de Caravage Judith et Holopherne est estimé 100 à 150 millions d’euros par le Cabinet Turquin et sera mis à prix 30 millions d’euros par la maison de ventes Marc Labarbe. La vente aux enchères dirigée par Maître Marc Labarbe avec l’expertise du Cabinet Turquin est une vente réalisée sans prix de réserve. Elle se tiendra dans la salle de la Halle aux Grains de Toulouse, dans la ville où le commissaire-priseur a retrouvé le tableau, oublié dans un grenier depuis plus de 100 ans ».

La maison de vente Marc Labarbe et le cabinet Turquin ont annoncé "la vente de gré à gré du tableau à un acheteur étranger. Cette transaction est couverte par une clause de confidentialité. La toile, estimée 100 à 150 millions d’euros, a donc été cédée à un prix qui demeurera secret, tout comme le nom et la nationalité de l’acheteur. Seule information : celui-ci serait « un collectionneur proche d’un grand musée » selon Éric Turquin, qui évoque cette raison pour expliquer l’annulation de la vente aux enchères. Encore un parfum de mystère autour d’un tableau qui n’a pas fini de faire parler de lui".

« Nous avons reçu une offre qu’il était impossible de ne pas transmettre aux propriétaires du tableau. Le fait que cette offre provienne d’un collectionneur proche d’un grand musée a convaincu les vendeurs de l’accepter », a commenté Eric Turquin.

Le 27 juin 2019, la « Gazette Drouot » et le « New York Times » "ont levé le voile sur l’identité de l’acheteur qui ne serait autre que le gestionnaire de fonds et collectionneur d’art américain Tomilson Hill, lequel aurait proposé une somme bien supérieure à la mise de départ de 30 millions d’euros. Si le montant exact de la vente de cette toile, estimée entre 100 et 150 millions d’euros (et dont l’authenticité fait pourtant encore débat), n’a pas été divulgué, la maison Marc Labarbe, obligée par un contrat de confidentialité, se refuse également à confirmer l’identité de son acquéreur".

"Vice-président du groupe Blackstone, le milliardaire Tomilson Hill s’intéresse aussi bien à l’art ancien qu’à la création contemporaine et prête régulièrement des pièces de sa collection à des institutions muséales, telles que la Frick Collection où il avait présenté sa collection de bronzes en 2014. En février dernier, il a ouvert son propre musée dans le quartier de Chelsea à New York, The Hill Art Foundation, et est également membre du conseil d’administration du Metropolitan Museum of Art, dont le conservateur en chef des peintures européennes, Keith Christiansen, est un défenseur de longue date de l’attribution de la toile de Toulouse au Caravage. Nul doute que Keith Christiansen a ici conseillé le collectionneur dans l’idée, peut-être, de voir le tableau présenté dans les salles de peintures européennes du musée en cours de rénovation. Que l’on se rassure donc, l’œuvre (contrairement à un certain Sauveur qui voguerait actuellement sur un yacht…) devrait être offerte à la délectation du public, que ce soit au Met, à la Frick Collection ou pourquoi pas, comme le suggère le « New York Times », à la National Gallery of Art de Washington ou au Getty Museum de Los Angeles. La toile suivrait en cela le destin du Portrait d’un jeune homme avec un chapeau rouge (1530) de Pontormo, acquis en 2015 par Tomilson Hill pour £30 millions, et qui, une fois l’autorisation de sortie du territoire britannique obtenue, a pu être prêtée à la Galerie des Offices, au Palais Pitti ou encore au Getty Museum".

"L'affaire Caravage"
Arte rediffusera le 9 octobre 2022 à 05 h 45 "L'affaire Caravage" (Die Affäre Caravaggio), documentaire de Frédéric Biamonti. 

"Une enquête captivante sur les mystérieuses traces du chef-d’oeuvre "Judith décapitant Holopherne", découvert à Toulouse et attribué au maître du baroque Michelangelo Merisi, dit le Caravage (1571-1610)."

"Ce documentaire plonge dans l’histoire exceptionnelle d’un tableau retrouvé en 2014 dans un grenier près de Toulouse – après quatre cents ans d’oubli –, lequel porterait la marque du maître du clair-obscur Michelangelo Merisi, dit le Caravage (1571-1610)". 

"Dans le monde de l’art, la découverte de cette "Judith décapitant Holopherne "a provoqué une onde de choc. Mais les spécialistes internationaux s’affrontent encore sur son attribution : Caravage ou pas ? Après des mois d’examen, l’expert parisien Éric Turquin, lui, l’a estimé authentique. Réalisé en 1607, le tableau, fascinant par son réalisme cru et son jeu de lumière, est alors estimé entre 120 et 150 millions d’euros, la stratégie de l'expert Éric Turquin consistant alors à organiser une vente aux enchères spectaculaire. Mais l'œuvre, pourtant, n’a pas fini de diviser les experts et collectionneurs." 

"En tentant d'analyser la fascination que suscite le Caravage, ce documentaire propose une immersion dans la vie tumultueuse du génie italien en même temps que dans les arcanes du marché de l’art."


"De sa découverte à sa mise aux enchères annulée, un documentaire retrace le destin mouvementé de la toile du Caravage Judith décapitant Holopherne, avec le concours d'Éric Turquin, l'expert qui l'a authentifié, puis vendu. Entretien. Propos recueillis par Hélène Porret."
 
"Évidence
"Le tableau Judith décapitant Holopherne, réalisé en 1607, est découvert à Toulouse en 2014 par un propriétaire qui vidait son grenier. Très vite, son commissaire-priseur Marc Labarbe contacte notre cabinet pour faire expertiser l’œuvre qu'il juge remarquable. Ma collègue Julie Ducher l'identifie rapidement comme un tableau perdu du Caravage, et retrouve une copie du XVIIe siècle dans un catalogue de Sebastian Schütze dédié au peintre : l'expertise la plus facile jamais réalisée. En voyant à mon tour ce chef-d’œuvre, je pense aussi immédiatement au Caravage, notamment en raison de son écriture, et de sa facture singulière, à grands coups de pinceaux de 80 centimètres. Je n’imaginais pas découvrir une telle œuvre dans ma vie d'expert."

Secret
"Le Caravage déchaîne toujours les passions dans le monde de l'art. Je savais qu’à peine son nom prononcé, l’affaire se compliquerait. C’est pourquoi nous avons pris le temps d'authentifier 'la Judith de Toulouse' avec plusieurs spécialistes, comme Keith Christiansen. Pendant deux ans, des encadreurs, des assureurs et des historiens de l'art ont travaillé dans le plus grand secret. J'ai même gardé le tableau dans ma chambre à coucher ! Personne n'a vendu la mèche jusqu’à l'annonce, en 2016."

Controverse
"Depuis 1951, toutes les redécouvertes du Caravage ont provoqué des polémiques. Un consensus aurait été presque suspect. Certains historiens de l'art attribuaient plutôt le tableau au copiste Louis Finson, d'autres prétendaient qu’il s’agissait d’un Caravage partiellement modifié. Beaucoup aussi étaient troublés par le visage de la vieille servante, avant son nettoyage. Le manque de documentation et l'absence de signature ont également suscité de vives discussions."

Révolutionnaire
"Metteur en scène avant d'être peintre, le Caravage a été redécouvert dans les années 1950 grâce à l'historien Roberto Longhi avant que le cinéma néo-réaliste italien ne s’en inspire. En utilisant des éclairages artificiels, ce maître du clair-obscur crée 'la nuit américaine' à la manière d’un réalisateur aujourd'hui. Il peignait la plupart de ses tableaux à la lumière de la bougie ou grâce à des jeux de miroirs."

Coup de théâtre
"Une fois sa découverte révélée, le tableau a été classé 'trésor national' par l'État français, ce qui a bloqué sa vente pendant trente mois. Ce délai passé, nous avons pu l'exporter à Milan, à Londres et enfin à New York, où il a reçu très bon accueil. En juin 2019, la vente aux enchères prévue a été annulée, l'œuvre ayant été cédée de gré à gré à un acheteur étranger qui avait des moyens très supérieurs à ceux des autres acquéreurs potentiels. Nous aurions remporté un triomphe médiatique en risquant un fiasco financier. Depuis, les esprits se sont calmés. Les historiens de l'art, connaissant la personnalité de l'acheteur, savent que le tableau est actuellement en restauration pour être exposé dans un grand musée."

Article paru dans ARTE Magazine en novembre 2019.


"Caravage - Dans la splendeur des ombres" par Jean-Michel Meurice
France, 2015, 53 min
Disponible du 03/01/2021 au 10/03/2021

"Le Caravage vs Baglione" d'Andreas Gräfenstein
Allemagne, 2017
Sur Arte le 4 avril 2021 à 17 h 20
Disponible du 03/04/2021 au 24/04/2021

"L'affaire Caravage" de Frédéric Biamonti
France, 2018, 87 min
Sur Arte les 23 février 2020 à 17 h 30, 9 octobre 2022 à 05 h 45
Disponible du 16/02/2020 au 23/03/2020, du 25/09/2022 au 16/10/2022
Visuel : © Cabinet Turquin

Le 27 juin 2019 à 18 h
A la Halle aux Grains
1, place Dupuy. 31000 Toulouse

Visuel
Michelangelo Merisi, dit il Caravaggio ou le Caravage (1571-1610)
Judith et Holopherne (vers 1607)
Toile 144 x 173,5 cm
© Cabinet Turquin

Les citations proviennent des communiqués de presse. Cet article a été publié le 20 juin 2019, puis les 21 février 2020, 5 avril 2021.