Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 26 juin 2026

La révolution américaine et la Déclaration d'indépendance américaine du 4 juillet 1776

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The unanimous declaration of the thirteen united States of America" ou « Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique » marque la sécession des treize colonies anglaises en Amérique du Nord se séparant de la Grande-Bretagne, le 4 juillet 1776, pour constituer les « États-Unis d'Amérique ». Des Juifs, souvent Sépharades - Francis Salvador (1747-1776), Haym Salomon (1740-1785) -, ont joué un rôle important dans cet évènement, et plus généralement dans la guerre d'indépendance américaine. Arte diffusera le 27 juin 2026 à 20 h 55 « La guerre d’indépendance américaine : toute l’histoire », série documentaire de Ken Burns, puis le 2 juillet 2026 à 9 h 55 « La révolution américaine. Naissance des États-Unis » de Daniel Oron.


"The unanimous declaration of the thirteen united States of America", ou « Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique » marque la sécession des treize colonies anglaises en Amérique du Nord se séparant de la Grande-Bretagne, le 4 juillet 1776, pour constituer les « États-Unis d'Amérique ». 

Rédigée par Thomas Jefferson et la Commission des Cinq, The unanimous declaration of the thirteen united States of America est signée par les treize colonies britanniques qui se voient comme des Etats souverains, des Etats unis d'Amérique, donc par les 56 délégués du Second Congrès continental.

Ce texte est influencé par la philosophie des Lumières et s'inspire de la Révolution anglaise - Glorious Revolution ou Bloodless Revolution (« Révolution sans effusion de sang ») en anglais - de 1688 : le Parlement britannique a voté des impôts et taxes concernant ses colonies dont les délégués considèrent avoir le droit et le devoir de refuser cette décision, d'être libres et indépendants, et de se libérer de la domination exercée par la couronne britannique. 

Des Juifs, souvent Sépharades - Francis Salvador (1747-1776), Haym Salomon (1740-1785) -, ont joué un rôle important dans cet évènement.

"Aspirant à aider la jeune nation édifiée sur des principes bibliques, les Juifs sépharades de Londres se sont installés dans les colonies américaines au début du XVIIe siècle. Au moment de la guerre d'Indépendance, la population juive, pour la plupart sépharades, est estimée à environ 2 000 âmes. Homme d'affaires juif londonien, Francis Salvador (1747-1776) a acheté des terres en Caroline en 1773. En 1669, le premier comte de Shaftesbury et son secrétaire John Locke rédigent la charte de la colonie de Caroline, constituée notamment de la Caroline du Nord et du Sud, accordant la liberté de conscience à tous les colons.

Le 11 janvier 1774, Francis Salvador, planteur, est élu du Congrès de Caroline du Sud. Ce patriote devient ainsi le premier édile Juif dans les Treize colonies américaines et dans l'empire britannique. Contribuant à l'aspect juridique et législatif du combat pour l'indépendance et la liberté des colonies assimilée à la lutte des Hébreux contre Pharaon et les Egyptiens, il combat militairement pour défendre la Caroline du Sud attaquée par des Indiens payés par les Britanniques en juillet 1776. Il décède de ses blessures le 1er août 1776. Premier Juif mort pour l'indépendance des Treize colonies.

A Charleston, en Caroline du sud, presque tous les adultes Juifs ont combattu pour la liberté.

Parmi les financiers ayant contribué à soutenir l'indépendance : Haym Salomon (1740-1785), né en Pologne dans une famille juive sépharade, brillant courtier en valeurs mobilières polyglotte, et franc-maçon. En 1775, il se fixe à New York où il rejoint les Sons of Liberty. Membre actif et philanthrope de la Congregation Mikveh Israel à Philadelphie, Haym Salomon contribue à la lutte pour mettre un terme aux "test laws" discriminant les Juifs en Pennsylvanie. Jamais remboursé de ses avances financières pour la cause de l'indépendance des colonies britanniques en Amérique, il est mort ruiné.

La première traduction en hébreu de cette Déclaration a eu lieu en 1945 dans un manuel scolaire sur la politique occidentale publié en Palestine mandataire (Eretz Israël).

Pour le "250e anniversaire de l'indépendance américaine", Arte propose une "programmation spéciale. Le 4 juillet 2026 marquera le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Alors que sous l’administration Trump le pays est divisé comme jamais et engagé au Moyen-Orient dans une guerre aux conséquences imprévisibles, comment la superpuissance fragilisée va-t-elle commémorer l’événement fondateur ? ARTE le met en lumière à travers une riche programmation".

« La guerre d’indépendance américaine : toute l’histoire  »
Arte diffusera le 27 juin 2026 à 20 h 55 « La guerre d’indépendance américaine : toute l’histoire », série documentaire de Ken Burns.

« De sa genèse, en 1754, à sa conclusion, en 1783, la nouvelle et magistrale fresque historique  de Ken Burns explore en profondeur le moment fondateur des États-Unis. Ce récit choral et multidimensionnel éclaire aussi le présent divisé d'une jeune nation de 250 ans. »

« Fidèle à sa méthode, Ken Burns, qui a retracé tant des guerres de l'Amérique (The War, Vietnam), explore en profondeur les multiples dimensions – historiques, politiques, humaines – d'un moment fondateur en partie mythifié, qui continue aujourd'hui de fédérer un peuple états-unien pourtant profondément divisé : la proclamation de l'indépendance, le 4 juillet 1776, avec la reconnaissance de l'égalité en droits de tous les êtres humains. »

« Certes encore fort théorique, puisqu'on n'y inclut ni les femmes, ni les Amérindiens, ni les esclaves, ce principe universel a été précédé par des ferments démocratiques bien plus anciens, rappelle-t-on d'emblée. »

« Des siècles avant les descendants des colons européens, les Six Nations de la Confédération iroquoise (Seneca, Cayuga, Onondaga, Tuscarora, Oneida et Mohawk) avaient créé avec succès une union démocratique longtemps passée sous silence par les livres d'histoire... »

« Avec un sens rigoureux de la narration, du détail et de la nuance, cette fresque pleine de souffle puise dans les archives (riche iconographie, documents et proclamations d'époque, dont les lettres et journaux intimes des nombreux protagonistes des événements, célèbres ou anonymes) et donne à contempler les paysages de cette terre alors encore largement inviolée. De très nombreux spécialistes, femmes et hommes, apportent leur éclairage et leurs analyses pour faire revivre la première des révolutions occidentales. » 

« En 1754, en Virginie, une embuscade menée contre des soldats français par une jeune recrue des troupes britanniques nommée George Washington va déclencher la guerre de Sept Ans, conclue en 1763 par la victoire des troupes britanniques sur la France et son allié espagnol en terre américaine. »

« Désormais premier empire colonial au monde, le Royaume-Uni va voir ce triomphe se retourner contre lui. Car, entre autres pour solder les dettes léguées par le conflit, la Couronne impose à ses treize colonies américaines de nouvelles taxes, notamment sur le papier timbré administratif (Stamp Act), étincelle d'une rébellion qui va aller croissant dans les années suivantes. »

« De la fédération progressive des colonies, prônée d'abord en vain – dès 1754 – par Benjamin Franklin, à la célèbre "Tea Party" de Boston, qui voit en décembre 1773 une soixantaine de mutins grimés en Amérindiens précipiter dans l'eau 46 tonnes de thé britannique, cette première partie déroule la genèse d'une guerre d'indépendance que, de part et d'autre de l'Atlantique, nul n'aurait imaginée vingt ans plus tôt. Elle éclate finalement au printemps 1775, lorsque les "tuniques rouges" battent en retraite face aux milices formées par les colons, avec de nombreux tués et blessés, de part et d'autre… » 

2e partie  : « Une terre d’idéaux (mai 1775 - juillet 1776) »
« Le second Congrès continental, qui se réunit à Philadelphie en mai 1775, est encore loin de faire l’unanimité : certains délégués espèrent une réconciliation avec la Grande-Bretagne, d’autres ont déjà tiré un trait sur l’empire. »

« C’est pourtant là que naît officiellement l’armée continentale, confiée à George Washington. En Virginie, le gouverneur royal Lord Dunmore tente de retourner la situation en promettant la liberté aux esclaves des Patriots qui rejoindraient la Couronne. Plus de 1 600 hommes, femmes et enfants y croiront, avant d’être décimés par la variole et le typhus. Les rares survivant sont capturés et réduits de nouveau en esclavage. »

« Le 9 juin 1776, le pamphlet le plus important de toute l’histoire américaine, intitulé Le sens commun (Common Sense) de Thomas Paine, vient embraser les colonies. La question n’est plus de savoir si l’indépendance est souhaitable, mais quand elle sera déclarée. »

« Le 4 juillet 1776, au terme de débats houleux, le Congrès adopte la Déclaration d’indépendance, formant ainsi les États-Unis à partir de treize anciennes colonies. Rédigé par Thomas Jefferson, le document proclame un principe révolutionnaire : "Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par leur créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur"...

3e partie : « Des temps mouvementés (juillet 1776 - janvier 1777)  »
«  Durant l’été 1776, l’armée britannique débarque à Long Island avec des dizaines de milliers de soldats et mercenaires de la Hesse allemande. » 

« La bataille tourne au désastre pour les Patriots : ils sont contraints de fuir Brooklyn Heights dans la nuit pour éviter l’anéantissement. New York tombe, puis le New Jersey. L’armée continentale, épuisée et décimée, bat en retraite jusqu’en Pennsylvanie. »

« Au même moment, en Caroline du Sud, les Cherokees, menés par leur chef Dragging Canoe, attaquent les colons américains qui empiètent sur leurs terres. »

« Plus au nord, Benedict Arnold, général de l’armée continentale, réussit à retarder, avec une flotte improvisée et une rude météo hivernale, l’invasion britannique sur le lac Champlain. »

« C’est dans ce contexte que George Washington, dans la nuit de Noël 1776, traverse le Delaware gelé et fond avec ses troupes sur la garnison hessoise de Trenton. Cette victoire écrasante ranime l'espoir des indépendantistes. » 

4e partie : « La France entre en guerre (janvier 1777 - février 1778)  »
« Ce qui avait commencé comme une rébellion coloniale redevient un conflit international, la France de Louis XVI ayant finalement choisi d’entrer officiellement en guerre aux côtés des Patriots. »

« En 1777, les Britanniques décident de mener deux campagnes simultanées : le général Jonh Burgoyne descend du Canada vers la ville d’Albany, où le général William Howe est censé le rejoindre depuis New York. Mais ce dernier préfère marcher sur Philadelphie, abandonnant Burgoyne à une avancée solitaire dont il ne mesurera les conséquences que trop tard : à Saratoga, le piège se referme et il capitule avec 6 000 hommes. »

« Pendant ce temps, dans la vallée de la Mohawk, les six nations Haudenosaunee, qui s’étaient jusqu’alors tenues à l’écart du conflit, se voient forcées de choisir un camp, et de s’entretuer... » 

5e partie : « L'âme de toute l'Amérique (décembre 1777 - mai 1780)  »
« L’hiver 1777-1778 va marquer la période la plus sombre de la guerre : le froid, la faim et la maladie déciment l’armée continentale, qui est au bord de la mutinerie. »

« Washington tient, s’appuyant sur le commandant Friedrich Wilhelm von Steuben pour transformer ses miliciens épuisés en soldats aguerris et sur le commandant Nathanael Greene pour réorganiser un ravitaillement défaillant. »

« Au printemps, les Britanniques abandonnent Philadelphie, et la bataille de Monmouth se termine en match nul. Mais la guerre ne se joue plus seulement sur les champs de bataille. »

« Pris en étau entre les deux puissances rivales, qui n'hésitent pas à négocier leurs terres, les peuples autochtones subissent des destructions systématiques. »

« Pour les Noirs, la proclamation du général Henry Clinton leur promettant refuge et liberté reste un pari risqué sur l’issue d’une guerre qui ne les a jamais vraiment inclus. »

« Et pendant que l’alliance franco-américaine accumule les faux départs, les Britanniques frappent au sud : les villes de Savannah et Charleston tombent, et avec elles une grande part de l'armée américaine. » 

6e partie : « La victoire des citoyens (mai 1780 et après)  »
«  Benedict Arnold, héros de Saratoga, tente de livrer West Point aux Britanniques. C’est un choc moral pour le camp des Patriots qui le considère comme un traître. »
« À la frontière entre la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, patriotes et loyalistes s’entretuent pendant que le Britannique Charles Cornwallis multiplie les succès... Mais après des revers, ses troupes remontent vers la Virginie et s’établissent à Yorktown, dos à la mer, où Georges Washington et le général français Donatien de Rochambeau fondent sur elles par le nord. La flotte de l’amiral de Grasse barre la route aux secours britanniques. Le piège se referme. En octobre 1781, des milliers de "tuniques rouges" déposent les armes. » 
« Le traité de Paris de 1783 reconnaît l’indépendance américaine, mais oublie les esclaves et les peuples autochtones, abandonnés aux appétits d’une jeune nation en pleine expansion. »
« Washington renonce au pouvoir, stupéfiant jusqu’à George III, qui voit en lui "le plus grand personnage de l’époque". 
« Projet inachevé, la révolution porte en elle, selon Ken Burns, les ferments de divisions intrinsèques intensément ravivées aujourd'hui. » 


« Coauteur avec Thomas Snégaroff de l’essai États-Unis – Anatomie d’une démocratie (Les Arènes, 2026), Romain Huret préside l’École des hautes études en sciences sociales. Historien des États-Unis, il offre ici un éclairage précieux sur les fondations de la démocratie américaine et les tensions qui la traversent aujourd’hui. Par Raphaël Badache. » 

« Quelles étaient les motivations des Pères fondateurs de l’Amérique ?
Romain Huret : L’alliance entre l’esprit des Lumières, qui s’est diffusé parmi les élites, et les intérêts des propriétaires terriens a propulsé la dynamique politique et militaire de la guerre d’indépendance. Début 1776, le texte de Thomas Paine, Le sens commun, propage cette idée fondamentale plus largement : non seulement un régime républicain peut durer, mais il n’existe pas d’alternative souhaitable. C’est un pari fou : les révolutionnaires se lancent dans cette aventure sans garantie de succès, avec le risque d’être massacrés par l’armée britannique. Ils ignorent où ils vont. Il ne faut pas oublier que, lorsque les Pères fondateurs signent la Déclaration d’indépendance le 4 juillet 1776, la république n’existe encore nulle part dans le monde. Ils font figure de pionniers. La France ne suivra que treize années plus tard. La Déclaration d’indépendance stipule que "tous les hommes sont créés égaux".

Ces Pères fondateurs ont-ils pour autant souhaité instaurer une démocratie ?
Absolument pas. Pour eux, la démocratie est limitée. Ils partagent l’idéal d’un bien public appartenant au peuple, qui choisit ses représentants, et s’opposent à un monarque de droit divin. Mais si, en 1776, leurs idéaux sont révolutionnaires, ils excluent les femmes, les Afro-Américains et les Amérindiens du principe d’égalité qu’ils mettent en avant… Ils inventent certes une république, mais de propriétaires terriens blancs qui vont capter l’ensemble des pouvoirs et limiter le droit de vote.

Comment interpréter le “droit à la recherche du bonheur” présent dans le texte de 1776 ?
Il fait écho à un idéal des Lumières, traduit en France par l’idée voltairienne "cultiver son jardin". Aux États-Unis, il nourrira un mythe, qui deviendra une réalité : l’accès à la propriété. En 1789, la Constitution entre en vigueur.

Comment expliquer que ce texte, conçu pour treize colonies, régisse encore les États-Unis aujourd’hui ?
Relativement courte, la Constitution est rédigée avec des mots si généraux qu’on peut les tordre pour appliquer tout et son contraire. La Cour suprême a ainsi pu s’appuyer sur le même texte pour valider la ségrégation au XIXe siècle et la déclarer anticonstitutionnelle au XXe. Cette plasticité peut expliquer pourquoi les États-Unis, contrairement à la France, n’ont jamais ressenti le besoin de la changer.

Ce contexte historique et juridique éclaire-t-il aujourd’hui la politique menée par Donald Trump ?
C’est une clé d’explication importante, même si ce n’est pas la seule. Ce qui se joue est lié à une interprétation différente de la république des origines. Trump, les "Maga" et les conservateurs défendent une lecture "originaliste" de la Constitution, considérant que son sens a été dévoyé par les progressistes. Pour eux, ce texte, dont les mots auraient été dictés par Dieu, est sacré, au même titre que la Bible, et il ne faut en aucun cas toucher au geste des Pères fondateurs. Ainsi, les démocrates voient dans le droit au bonheur un fondement pour la sécurité sociale, quand les conservateurs y voient une hérésie. De même, pour un originaliste, le mariage homosexuel est anticonstitutionnel, les Pères fondateurs n’ayant pu avoir cela en tête.

Quel est l’objectif de ce retour aux sources ?
Je dis souvent que Trump veut effacer le XXe siècle. Les Pères fondateurs étaient pour la plupart des propriétaires terriens, esclavagistes, pères de famille. Revenir à ces origines signifie adopter une vision très traditionnelle de la société. On le voit par exemple avec le combat contre l’avortement. Il s’agit aussi de redonner le pouvoir aux États, aux comtés, plutôt qu’à l’État fédéral. Cela s’est traduit notamment par la dislocation du ministère de l’Éducation. Derrière cette lecture, il y a un vrai projet politique, une cohérence idéologique pleinement assumée qui puise ses sources dans cette fin du XVIIIe siècle. On parle de crise de la démocratie, mais il existe aux États-Unis, notamment chez les "Maga", une passion pour la Constitution et les Pères fondateurs, difficilement imaginable en France. Trump le sait bien et les cérémonies du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance seront à lire sous ce prisme. »

Commémoration sous tension selon Arte
« Le 4 juillet 2026 marquera le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Alors que sous l’administration Trump le pays est divisé comme jamais et engagé au Moyen-Orient dans une guerre aux conséquences imprévisibles, comment la superpuissance fragilisée va-t-elle commémorer l’événement fondateur ? ARTE le met en lumière à travers une riche programmation. En ligne et à l’antenne, quatre autres documentaires mettent en regard ce passé mythifié avec les incertitudes de l’heure. L’Amérique de Trump – La grande fracture et Trump No Limit font le bilan de ces dix-huit premiers mois de pouvoir, l’un en confrontant les regards d’Américains des deux bords, l’autre en dévoilant la face cachée des mesures brutales de taxation et des coupes drastiques dans le budget de l’USAID (l’agence américaine pour le développement international) décrétées au début du mandat. Liberté, religion, american dream, patriotisme… le documentaire Amérique, qui es-tu ? – Une histoire de la mentalité des États-Unis interroge les valeurs et les contradictions de la nation américaine. Enfin, La révolution américaine – Naissance des États-Unis retrace en détail l’histoire et les enjeux de cette indépendance. L’occasion de juger sur pièces, à l’heure où chaque camp se réclame des idéaux de la révolution. »

« La révolution américaine. Naissance des États-Unis » 
Arte diffusera le 2 juillet 2026 à 9 h 55 « La révolution américaine. Naissance des États-Unis » de Daniel Oron.

« En signant, le 4 juillet 1776, la déclaration d'indépendance des États-Unis, les Pères fondateurs annoncent un nouvel âge, au prix d'une guerre acharnée. Ce documentaire retrace le combat des révolutionnaires américains, leurs idéaux et leurs limites. »
  
« En 1775, le royaume de Grande-Bretagne, futur Royaume-Uni, règne sur le plus grand empire de l'histoire. »

« Depuis une décennie, il gouverne d'une main relativement légère les treize colonies d'Amérique. Mais cela coûte cher. S'insurgeant contre de nouvelles taxes et une absence de représentation au Parlement, des colons rebelles s'arment et forment des milices civiques. Boston devient l'épicentre de ce qui n'est alors qu'une révolte. »

« Après que la Couronne britannique a échoué dans son entreprise d’arrêter les meneurs, les délégués des colonies se retrouvent à Philadelphie pour décider de la suite de leur action. Ils s'appellent Benjamin Franklin, Samuel Adams ou encore Thomas Jefferson, et donnent à leurs troupes une forme plus officielle : l'armée continentale. La révolution américaine a débuté. Ceux qu’on appellera "Pères fondateurs" au XXe siècle confient le destin des insurgés à un riche planteur de Virginie, George Washington. »

« Alors que les combats s'intensifient, que les délégués des colonies hésitent encore à s'émanciper de la Couronne et que le doute ronge les rangs des rebelles, un texte de Thomas Paine, Le sens commun, agit comme un électrochoc : la République n'est plus un rêve, c'est une nécessité, un vibrant plaidoyer pour l'indépendance construit autour des idéaux issus des Lumières et accessible au plus grand nombre. »

« Le 4 juillet 1776, la Déclaration d'indépendance est signée. »

« Sept années de guerre commencent entre révolutionnaires et soldats britanniques, mais aussi entre colons américains. Un âge de multiples retournements, d'incertitudes absolues, jusqu'à la victoire des révolutionnaires, le 3 septembre 1783, entérinée par les traités dits de la "Paix de Paris".

« Nourri des éclairages de spécialistes, ce documentaire offre un large panorama de la révolution américaine : son contexte, les motivations politiques, économiques et sociales des camps qui s'opposent, les idéaux et les paradoxes des Pères fondateurs, avec en fil rouge le champ de bataille, mis en image par de nombreuses reconstitutions. »

« Éclairant un élan révolutionnaire inédit pour l'époque et son extrême fragilité face à la violence de l'armée britannique, le film de Daniel Oron prend une épaisseur humaine en s'attachant à suivre les récits de civils – notamment un agriculteur, une femme, un esclave – prêts à tout pour défendre la possibilité d'un monde nouveau qui, pour certains d'entre eux, ne restera qu'une promesse ». 

« 4 juillet 1776, la Déclaration d'indépendance américaine »

Nommé au Collège de France en 2015, Patrick Boucheron dirige l’« Histoire mondiale de France » (Seuil, 2017) présentant "les nouvelles grandes dates mondiales qui ont façonné l’hexagone", "mettant en valeur les colonisés et l’islam" et assumant une "islamophilie systématique". Un anti-« Lieux de mémoire » du professeur Pierre Nora.

Un best-seller analysé dans « Histoire de l'islamisation française 1979-2019 » (Ed. L’Artilleur), controversé, critiqué notamment par Pierre Nora (« Politiquement, l’objectif est de lutter, « par une conception pluraliste de l’histoire, contre l’étrécissement identitaire qui domine aujourd’hui le débat public »).

Et fustigé par Eric Zemmour : « En près de 800 pages et 146 dates, on ne déviera pas de la ligne du parti: tout ce qui vient de l’étranger est bon. Les invasions barbares sont des « migrations germanique s» ; la défaite des Gaulois leur permit d’entrer dans la mondialisation romaine ; les conquérants arabes étaient bien plus brillants que les minables défenseurs carolingiens ; les martyrs chrétiens de Lyon venaient d’ailleurs et saint Martin était hongrois. Les théologiens chrétiens doivent tout au grand talmudiste Rachi ; « l’honteux traité de Troyes » de 1420 (qui donnait le royaume de France à la monarchie anglaise) est une heureuse tentative de construire la paix perpétuelle par l’union des couronnes ».


Quant à Alain Finkielkraut, il a estimé : 
« Je découvre, effaré, que ni Rabelais, ni Ronsard, ni La Fontaine, ni Racine, ni Molière, ni Baudelaire, ni Verlaine, ni Proust n’y figurent. Et si Mauriac est cité, ce n’est pas pour son œuvre, c’est pour sa critique honteusement réactionnaire du féminisme. Ainsi s’éclaire le sens de « monde » pour les nouveaux historiens. Mondialiser l’histoire de France, c’est dissoudre ce qu’elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage. Et c’est répondre au défi islamiste par l’affirmation de notre dette envers l’Islam. De manière générale, l’Histoire mondiale de la France remplace l’identité par l’endettement. Ici doit tout à ailleurs. De la France, patrie littéraire, ce qui surnage, c’est la traduction des Mille et Une Nuits par Antoine Galland et l’audace qui a été la sienne d’ajouter au corpus original des histoires que lui avait racontées un voyageur arabe venu d’Alep.
Instructif aussi est le récit de l’invasion musulmane de 719 à Narbonne, où les cultures se sont mêlées avant que les Francs, hélas, n’arriment par la force cette ville à leur royaume. Ceux qui, en revanche, croient pouvoir mettre au crédit de la France naissante la première traduction latine du Coran par l’abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1143, sont avertis que cette démarche n’était pas inspirée par la curiosité mais par une volonté de dénigrement. Et peu importe le fait que l’Islam de son côté ne pouvait pas même envisager de traduire les Écritures saintes des religions antérieures à son avènement.
Nos éminents universitaires n’ont que l’Autre à la bouche et sous la plume. Ouverture est leur maître mot. Mais ils frappent d’inexistence Cioran, Ionesco, Kundera, Levinas, tous ces étrangers qui ont enrichi notre philosophie et honoré notre littérature. Car c’est à ce «notre» qu’ils veulent faire rendre l’âme...
Le dégoût de l’identité a fait place nette de la culture. Les façonniers de l’Histoire mondiale de la France sont les fossoyeurs du grand héritage français.
« Une histoire libre », dit le journal Libération pour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct qui ne consacre pas moins de quatorze articles aux intellectuels sans jamais mentionner Raymond Aron, ni Castoriadis, ni Claude Lefort, ni aucun de ceux qui ont médité la catastrophe totalitaire et la bêtise de l’intelligence au XXe siècle…
« Histoire jubilatoire », ajoute Libération. Ce mot – le plus insupportablement bête de la doxa contemporaine – convient particulièrement mal pour une histoire acharnée à priver la France de son rayonnement et à l’amputer de ses merveilles.
Il n’y a pas de civilisation française, la France n’est rien de spécifiquement français: c’est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs de ce qui voudrait être le Lavisse du XXIe siècle entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble.
Quelle misère! »
« Dans cette deuxième saison de la série" « Quand l'histoire fait date », "aussi érudite et ludique que la précédente, le médiéviste Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, poursuit son exploration alerte des dates marquantes de l’histoire, des trésors artistiques ornant la grotte de Lascaux, en 18 000 avant notre ère, au coup d’État militaire contre le président chilien Salvador Allende, le 11 septembre 1973 ». 

« Mobilisant son talent de conteur, associé à une animation qui s’appuie sur une riche iconographie, et convoquant éclairages de spécialistes et approche réflexive, l’historien bouscule notre regard sur vingt événements majeurs et les traces qu’ils ont laissées dans les mémoires, en les replaçant dans une perspective globale et en assumant les incertitudes de la science historique ». 

« Entrelaçant plaisir du récit, techniques d’animation et esprit critique, Patrick Boucheron dévoile vingt nouvelles enquêtes sur les grandes dates qui ont marqué l’histoire et la mémoire des hommes ». 

Arte diffusa, dans le cadre de « Quand l'histoire fait dates » (Zahlen schreiben Geschichte), « 4 juillet 1776, la Déclaration d'indépendance américaine » (4. Juli 1776, Unabhängigkeitserklärung der USA) réalisé par Denis van Waerebeke. 

Le 4 juillet 1776, les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord font sécession de la Grande-Bretagne pour constituer les « États-Unis d'Amérique ». 

Le 4 juillet est la date de la fête nationale des États-Unis : l'Independence Day (« Jour de l'Indépendance »). « Ce qui est célébré le 4 juillet n'est pas l'indépendance des États-Unis, votée par les délégués du Congrès continental de Philadelphie deux jours auparavant, mais un texte fondateur, la Déclaration d'indépendance, qui va imposer au monde une nouvelle philosophie à travers ces mots fracassants : "Il faut tenir pour une vérité d'évidence que les hommes sont créés égaux. »

« Mais comment concilier l'universalité des Lumières avec l'exceptionnalité d'une nation libérale fondée dans la guerre civile ? »

« Le temps retrouvé »
(Arte mag n° 36. Le programme du 29 août au 4 septembre 2020)

« Pour sa deuxième saison, Quand l’histoire fait dates offre une exploration audacieuse de grands événements et de leurs représentations. Entretien avec son concepteur, l’historien Patrick Boucheron. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger ».

« Quels critères ont guidé votre approche pour ces vingt nouveaux épisodes ?
Patrick Boucheron : Nous avons radicalisé notre proposition initiale ! Depuis sa conception, la série interroge les diverses manières de faire événement.
Elle propose une collection de problèmes davantage que de périodes. Nous avons, cette fois-ci, voulu aller plus loin en retenant des dates dont on cherche l’événement, comme l’an mil. Nous avons joué sur le contre-factuel * dans l’épisode sur la mise à sac du palais d’été de Pékin en 1860. 
Nous avons même poussé l’audace jusqu’à dater un événement qui n’a pas eu lieu. Au IVe siècle, l’empereur Constantin est censé avoir donné la moitié de son empire au pape. Le texte de la donation est un faux. Le non-événement a pris une importance que l’événement réel n’aurait pas eue.

La représentation de l’histoire compterait donc plus que l’histoire elle-même ?
Une date a l’apparence de l’évidence, comme Marignan en 1515.
Or derrière chaque date il y a une petite intrigue aussi captivante à explorer que le récit en soi. C’est pourquoi la série inclut deux fils narratifs : le récit que l’on raconte et nous-mêmes en train de le raconter. Cette approche se lit en particulier dans l’épisode sur la révolution religieuse d’Akhenaton, en Égypte ancienne. À la fin de sa vie, Freud, miné par la maladie et l’exil, a voulu en percer le mystère pour expliquer la montée du nazisme et de l’antisémitisme à son époque. La solution aux énigmes du présent se trouve parfois dans le passé.
L’histoire de l’esclavage et de la colonisation resurgit depuis l’affaire George Floyd.

Un épisode aurait-il pu faire écho à ce présent si enraciné dans le passé ?
La question de la justice et de l’égalité, aiguisée par la crise sanitaire, est abordée avec la Déclaration d’indépendance des États-Unis, en 1776. Ce moment marque la première affirmation des droits universels de l’humain dans un pays dont on sait qu’il détruit les nations indiennes et qu’il deviendra esclavagiste. La “question noire”, déjà traitée dans la première saison avec la libération de Mandela, revient maintenant avec le pèlerinage du roi malien Mansa Moussa en 1324.
Nous aurions certes pu aborder plus frontalement la question de la décolonisation. Elle apparaît malgré tout dans l’épisode sur le massacre des Algériens, à Paris le 17 octobre 1961. L’événement pose clairement la question du racisme, de la violence policière et du legs colonial en France.

* Type de raisonnement qui consiste à imaginer l’issue nouvelle d’un événement historique, après avoir modifié l’une de ses causes. »


« La guerre d’indépendance américaine : toute l’histoire » de Sarah Botstein, David Schmidt et Ken Burns
Etats-Unis, 2025
Production : Florentine Films, en association avec ARTE France  
Auteur : Geoffrey C. Ward
Raconté par Elsa Lepoivre, de la Comédie-Française
Sur Arte 
1ère partie (109 min) : le 27 juin 2026 à 20 h 55
Visuels :
© Metropolitain Museum of New York
© Library of Congress, Washington
2e partie (117 min) : le 27 juin 2026 à 22 h 45
Visuel : © Yale University Art Gallery, New Haven
3e partie (107 min) : le 28 juin 2026 à 00 h 45
Visuel : © Brooklyn Public Library
4e partie (108 min) : le 28 juin 2026 à 02 h 30
5e partie (107 min) : le 28 juin 2026 à 04 h 20
Visuel : © DR
6e partie (123 min) : le 28 juin 2026 à 06 h 10
Sur arte.tv du 22/06/2026 au 21/02/2027

Allemagne, 2025, 87 min
Auteur : Robert DeLeskie
Production : Go Media Button, Autentic, Curiosity Stream, Super Channel, en association avec ZDF/ARTE
Sur Arte le 2 juillet 2026 à 9 h 55, 17 juillet 2026 à 2 h 15, 20 juillet 2026 à 6 h 20
Visuels : © Go Button Media/Autentic

Sur arte.tv du 22/06/2026 au 19/09/2026
France, 2019, 27 minutes
Sur Arte le 1er novembre 2020 à 17 h 05
Disponible du 25/10/2020 au 30/12/2020
Visuels :
4 juillet 1776, la déclaration d' indépendance américaine
© Les Films d Ici

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