Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 28 juin 2023

Marcel Breuer (1902-1981)

Né dans l’actuelle Hongrie, Marcel Breuer (1902-1981) était un designer de meubles et architecte influent,  exilé en 1935 en Grande-Bretagne, puis en 1937 aux Etats-Unis dont il a acquis la nationalité en 1944. Formé au Bauhaus, représentant le Modernisme (Wassily Chair) et le Brutalisme, il prisait les constructions modulables et les lignes épurées mettant en valeur les matériaux. 


Surnommé Lajkó par ses amis, Marcel Lajos Breuer est né dans une famille juive, en 1902 à Pécs, alors dans l’empire austro-hongrois, actuellement en Hongrie.

A 18 ans, il étudie à l’Académie des Beaux-arts de Vienne, puis au Bauhaus, école d’architecture et d’arts appliqués fondée à Weimar par Walter Gropius qui repère son talent et le nomme à la direction du magasin de menuiserie.

En 1925, le Bauhaus quitte ses locaux à Weimar pour s’installer à Dessau. Après un bref séjour à Paris, Marcel Breuer rejoint comme professeur d’architecture le corps professoral de la célèbre école constitué par Josef Albers, Wassily Kandinsky et Paul Klee.

Il conçoit des meubles en acier tubulaire - chaise Wassily conçue pour Kandinsky - inspirés du guidon de bicyclette.

En 1928, il conçoit la chaise Cesca et ouvre son cabinet à Berlin en se consacrant à la décoration d’intérieur et à l’élaboration de meubles. 

En 1932, il construit sa première maison, la Harnischmacher à Wiesbaden.

En 1935, suivant le conseil de Gropius, Marcel Breuer s'installe à Londres. Il est recruté par Jack Pritchard dans la société Isokon, pionnière du design moderne au Royaume-Uni. Breuer y conçoit sa chaise longue et  expérimente le contreplaqué plié et formé, inspiré par les conceptions de l'architecte finlandais Alvar Aalto.

De 1935 à 1937, il collabore avec le Moderniste britannique FRS (Francis Reginald Stevens) Yorke avec qui il conçoit des maisons. 

Après un bref passage à la tête du design d'Isokon en 1937, il émigre aux États-Unis.

En 1937, Gropius est nommé président de la Graduate School of Design de Harvard et Marcel Breuer rejoint la faculté de Cambridge, Massachusetts. 

Parmi leurs étudiants : Paul Rudolph, Eliot Noyes, IM Pei, Ulrich Franzen, John Johansen et Philippe Johnson. A cette époque, Breuer élabore avec Gropius le design intérieur de la Frank House à Pittsburgh, conçue  comme Gesamtkunstwerk (oeuvre d'art utilisant divers arts).

En 1941, Marcel Breuer rompt avec son mentor, Walter Gropius. Il épouse leur secrétaire, Constance Crocker Leighton, et après quelques années de plus à Cambridge, il se fixe à New York en 1946 (avec Harry Seidler comme dessinateur en chef). Pour le restant de ses jours. Il devient citoyen américain en 1944. 

En 1945, la maison Geller I est une des premières à utiliser le concept de Breuer de la maison "binucléaire", avec des ailes séparées pour les chambres et pour le salon/salle-à-manger/cuisine, séparées par un hall d'entrée, et avec le toit « papillon » distinctif (deux surfaces de toit opposées inclinées vers le milieu, drainées au centre) qui exprime des éléments du vocabulaire populaire du style moderniste. Elle a été démolie en 2022.

Breuer construit deux maisons pour lui à New Canaan, Connecticut : une de 1947 à 1948, et l'autre de 1951 à 1952. En 1949, une maison de démonstration, installée dans le jardin du MoMA, suscite l'intérêt pour le travail de l'architecte/décorateur, et est louée par Peter Blake, artiste du pop art. La "Maison dans le jardin" a été démontée, et, via le fleuve Hudson, est parvenue à Kykuit, à Pocantico Hills, New York, pour être réassemblée sur la propriété Rockefeller. En 1948, l'Ariston Club, la seule œuvre de Breuer en Amérique latine, est construite à Mar del Plata, en Argentine. 

Ses deux premiers bâtiments institutionnels importants sont le siège de l'UNESCO à Paris - en collaboration avec les architectes Bernard Zehrfuss et Pier Luigi Nervi -, achevé en 1955, et l'abbaye de Saint John dans le Minnesota en 1954 (encore une fois, en partie, sur la recommandation de Gropius). Ces commandes marquent un tournant dans la carrière de Marcel Breuer : le passage à des projets plus importants après des années de commandes résidentielles, et le début de l'adoption par Breuer du béton comme son principal matériau.

Partisan du Conseil pour l'avancement des Afro-américains en architecture (CANA), Marcel Breuer emploie Beverly Lorraine Greene, la première femme afro-américaine à obtenir une licence d'architecte aux États-Unis. Elle est reconnue comme dessinatrice sur des projets sur lesquels Breuer a travaillé dans les années 1950, notamment la bibliothèque publique de Grosse Pointe.

En 1966, Breuer achève le Whitney Museum of American Art au 945 Madison Avenue dans l'Upper East Side de Manhattan. En 2014, la collection Whitney est installée dans un bâtiment conçu par Renzo Piano au 99 Gansevoort Street dans les quartiers West Village / Meatpacking District de Lower Manhattan. 

Parmi les partenaires et associés de Marcel Breuer : Herbert Beckhard, Robert Gatje , Hamilton Smith et Tician Papachristou à New York, Mario Jossa et Harry Seidler à Paris. 

Marcel Breuer a recouru à des murs en bois perforés, les façades modulaires préfabriquées en panneaux de béton...

Parmi ses réalisations, citons l'ancien centre de recherche et développement d'IBM, l'immeuble Pirelli transformé en hôtel en 2022...

Marcel Breuer est considéré comme un des grands innovateurs du design de mobilier moderne et un des représentants les plus influents du style international d'architecture brutaliste. 

En 1968, il est distingué par la Gold Medal de l’AIA (American Institute of Architects). 

"On ne peut pas reformuler les Dix commandements toutes les demi-heures. Les choses fondamentales restent les mêmes : on ne peut les changer avec la mode", déclare Marcel Breuer en 1973.

« Absence et Mémoire. Exposition en hommage à Marcel Breuer »
À l'occasion du 120e anniversaire de Marcel Breuer, l’Institut Liszt - Centre Culturel Hongrois représentera à l'automne 2023, en partenariat avec Zsolnay Örökségkezelő Nkft és Pécsi Galériák, la rétrospective « Absence et Mémoire. Exposition en hommage à Marcel Breuer ». La commissaire de l’exposition est Valéria Fekete.

« Marcell Breuer est un architecte de renommée mondiale, figure majeure de l'architecture moderne du XXe siècle, souvent qualifié d'architecte d'origine américaine ou parfois allemande. »

Il est né et a grandi à Pécs, en Hongrie, le 21 mai 1902. Il a moins de 20 ans lorsqu'il quitte sa ville natale pour commencer ses études au Bauhaus ». 

« Diplômé à l'école du Bauhaus dans les années 1920, il s'est fait un nom en tant que designer de meubles dans les premières décennies du siècle, et après avoir émigré aux États-Unis en 1937, il s'est fait connaître en tant qu'architecte ». 

« Il acquiert une réputation internationale grâce à ses meubles tubulaires. Breuer est resté lié à sa ville natale jusqu'à sa mort.

« A partir des années 1950, il reçoit beaucoup de commandes aux États-Unis et en Europe et devient l'un des architectes vedettes de son temps. »

L'exposition « explore ces dualités, en se concentrant sur les traits stylistiques du designer de meubles et de l'architecte brutaliste, sur la relation entre le cosmopolite et la Hongrie, et sur le travail de Breuer en France. »

L'exposition « comprend des maquettes, des dessins et des documents photographiques des bâtiments les plus célèbres de Breuer. Les réflexions contemporaines de Breuer sont également présentées dans une installation vidéo de Dénes Fekete. »

Etaient aussi présentés « les photographies vintages de Lucien Hervé du siège de l'Unesco à Paris, son portrait de Marcel Breuer, ses publications et des documents personnels de sa relation avec Marcel Breuer. »

Le finissage de l'exposition était prévu le 28 juin 2023 :
18 h : Présentation du livre "La Villa Sayer - Marcel Breuer à Glanville", ouvrage dirigé par Cyril Brulé et Christelle Lecœur avec la contribution de Mario Jossa.
19 h : Conférence à l'occasion de la clôture de l'exposition rétrospective sur Marcel Breuer, en présence de Valéria Fekete, commissaire de l'exposition, et d'Imola Gebauer, ancienne collaboratrice de Lucien Hervé.
20 h : Concert électro du talentueux trompettiste et compositeur Lőrinc Barabás.



Du 25 mai au 8 juillet 2023. Fermeture actuelle pour raisons techniques
92, rue Bonaparte. 75006 Paris
Entrée libre
Photos : Lucien Hervé

dimanche 25 juin 2023

« 11 400 enfants. Portraits par C215 »

Le Mémorial de la Shoah présente, dans le cadre des 80 ans de la Rafle du Vél d'Hiv et Autour de l'année 1942, l'exposition « 11 400 enfants. Portraits par C215 ». Un parcours de portraits au pochoir d'enfants et d'adolescents juifs ayant vécu dans un quartier populaire parisien, déportés, et tués lors de la Shoah. Ces pochoirs sont effectués sur des boites postales.

L'enfance de... Boris Cyrulnik

« Né en 1973, Christian Guémy alias C215 est un artiste urbain pochoiriste français. C215 intervient dans les rues du monde entier depuis le début des années 2000. Il présente ses œuvres peintes sur des objets ou sur toiles dans plusieurs galeries, en France et à l’étranger. Il a exposé dans de nombreux musées nationaux et collabore régulièrement avec des institutions publiques, culturelles ou sociales. C215 est considéré aujourd’hui comme l’un des pochoiristes les plus reconnus de la scène Street art mondiale. Cet artiste peintre engagé vit et travaille à Ivry-sur-Seine ». Curieusement, il ne mentionne pas son exposition-parcours près du Mémorial de la Shoah dans la liste de ses expositions.

« C’est à proximité du Mémorial de la Shoah que l’artiste C215 a dessiné le visage rayonnant de Simone Veil. Pour prolonger ce travail, le Mémorial  a souhaité lui donner carte blanche en associant son talent de street artiste au rappel des événements historiques qui se sont déroulés dans les rues de Paris les 16 et 17 juillet 1942, il y a 80 ans. »

« Le Mémorial invite à découvrir dans le Marais et, plus particulièrement, à proximité du Mémorial de la Shoah, des portraits et des histoires d’enfants raflés à Paris, puis déportés et assassinés au camp d’Auschwitz. »

« Ces portraits revisités au pochoir par C215 proviennent du Mémorial des enfants, lieu emblématique de l’exposition permanente du Mémorial de la Shoah, établi sur la base des photographies rassemblées par Serge Klarsfeld et le Mémorial de la Shoah. »

« Le parcours culmine dans une exposition proposée dans l’enceinte du Mémorial de la Shoah, » où des notices biographiques relatent des jeunes vies brisées par la Shoah. 

Le site Internet de l'exposition propose quatorze biographies de ces enfants et adolescents juifs. En cliquant sur un plan de Paris, apparait leur visage et en cliquant sur le lien, on parvient sur la notice concise. Parmi ces jeunes victimes d'un quartier populaire parisien : Maurice Nowak.

Maurice Nowak « est né le 30 avril 1933 à Paris. Ses parents Szlama et Tauba, tous deux polonais, l’ont déclaré Français peu après sa naissance. Tous trois habitent au 90 rue des Archives, dans le 3e arrondissement, au cœur du Pletzl, le quartier du Marais où s’installent à leur arrivée en France de très nombreux immigrés juifs d’Europe de l’Est. Comme beaucoup d’entre eux, Szlama est tailleur. Maurice est scolarisé au collège Arago. Le 16 juillet 1942, le couple et leur enfant sont arrêtés à leur domicile par des policiers. Rassemblés au Vel d’Hiv, ils sont transférés au camp de Pithiviers trois jours plus tard. Maurice reste auprès de sa mère, son père est affecté dans une autre baraque. Celui-ci est déporté le premier à Auschwitz-Birkenau, le 31 juillet par le convoi 13 ; Tauba, brutalement séparée de son enfant, comme quasiment toutes les mamans de Pithiviers, est déportée par le convoi suivant le 3 août ; Maurice, privé de ses parents, est transféré au camp de Drancy avec des centaines d’autres enfants le 15 août, puis déporté sans retour à Auschwitz-Birkenau, le 17 août. Ses parents n’ont pas survécu non plus. »


Du 16 juin 2022 au 31 janvier 2023. Prolongation jusqu’au 2 juillet 2023
Parcours libre dans le Marais
Entrée gratuite au Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy l’Asnier – 75004 Paris
Tél : 01 42 77 44 72
Du dimanche au vendredi de 10 h à 18 h
Visuel :
Affiche :  Hommage à Simone Veil. © C215

Rosa Luxemburg (1871-1919)

Née dans une famille juive bourgeoise de l'empire russe (actuelle Pologne), Rosa Luxemburg (1871-1919) étudie en Suisse. Elle milite dans 
l'aile gauche de l'Internationale ouvrière, révolutionnaire et partisane de l'internationalisme. Hostile à la Première Guerre mondiale, elle est exclue du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Elle cofonde la Ligue spartakiste et le Parti communiste d'Allemagne. Deux semaines après la création de ce parti, elle est assassinée à Berlin le 15 janvier 1919 durant la révolution allemande, lors de la répression de la révolte spartakiste. Arte diffusera le 26 juin 2023 à 23 h 45 « Rosa Luxemburg » de Margarethe von Trotta.


Née dans une famille juive bourgeoise de l'empire russe (actuelle Pologne), Rosa Luxemburg (1871-1919) étudie en Suisse. Elle milite dans l'aile gauche de l'Internationale ouvrière, révolutionnaire et partisane de l'internationalisme. Hostile à la Première Guerre mondiale, elle est exclue du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Elle cofonde la Ligue spartakiste et le Parti communiste d'Allemagne. Deux semaines après la création de ce parti, elle est assassinée à Berlin le 15 janvier 1919 durant la révolution allemande, lors de la répression de la révolte spartakiste. 

« Rosa Luxemburg »
Arte diffusera le 26 juin 2023 à 23 h 45 « Rosa Luxemburg », film de Margarethe von Trotta (1986) avec 
Barbara Sukowa, Adelheid Arndt, Daniel Olbrychski.

« Signé Margarethe von Trotta, ce biopic émouvant retrace la vie de la militante révolutionnaire communiste Rosa Luxemburg (1870-1919), incarnée par l'incroyable Barbara Sukowa, récompensée à Cannes pour le rôle. »

« 1906, dans une prison de Varsovie. Enthousiasmée l'année précédente par la révolution en Russie, Rosa Luxemburg s'est lancée dans les luttes ouvrières en Pologne avec son compagnon Leo Jogiches, mais a été très vite arrêtée. Pour poursuivre son combat, elle décide de s'installer à Berlin où elle obtient la nationalité allemande grâce à un mariage blanc. Elle commence à militer au sein de l'aile gauche du parti social-démocrate SPD, mais ses thèses en faveur du pacifisme et de l'internationalisme déplaisent... Finalement exclue du parti et emprisonnée à plusieurs reprises, elle continue de se battre malgré sa santé fragile. En pleine Première Guerre mondiale, avec entre autres la féministe Clara Zetkin et Karl Liebknecht, elle fonde la Ligue spartakiste, résolument révolutionnaire et antimilitariste, puis participe à la création du parti communiste KPD... »

« Hommage émouvant à une militante et une intellectuelle qui sera redécouverte par la gauche allemande à partir de 1968, ce biopic très documenté interroge notamment les fondements de son engagement politique, qu'elle paiera de sa vie en 1919. »

« Il dépeint aussi une femme libre, passionnée dans sa vie publique comme dans sa vie privée, ici magnifiquement interprétée par l'actrice Barbara Sukowa, récompensée pour ce rôle par le prix d'interprétation féminine à Cannes en 1986. »

« Rosa Luxemburg - Rebelle et visionnaire » par Inga Wolfram
Arte rediffusa « Rosa Luxemburg - Rebelle et visionnaire » (Rosa Luxemburg - Der Preis der Freiheit), documentaire réalisé par Inga Wolfram. « Cent ans après l’assassinat de la révolutionnaire allemande » juive Rosa Luxemburg (1871-1919), « retour sur les combats de cette pionnière de l'Internationale ouvrière ».

« La liberté est toujours la liberté de penser autrement ». « Cette phrase de Rosa Luxemburg, inspiratrice de la révolution spartakiste de 1919, réprimée dans le sang par les Freikorps (« corps francs »), n’a rien perdu de son actualité ». 

Rosa Luxemburg est née dans une famille juive bourgeoise, dans la partie de l'empire russe devenue l'actuelles Pologne.

« À une époque où les femmes n’avaient que peu de libertés, la militante socialiste a fait figure de pionnière, en s’imposant comme une universitaire et une théoricienne politique de premier plan ».

« Un siècle après le meurtre, le 15 janvier 1919, de Rosa Luxemburg, Inga Wolfram revient sur le parcours hors norme de cette socialiste convaincue, cofondatrice du Parti communiste d'Allemagne (KPD) avec Karl Liebknecht – assassiné en même temps qu'elle ». 

Dans le cadre du centième anniversaire de la mort de Rosa Luxemburg, « le film entremêle des analyses d’historiens et de personnalités politiques avec des séquences d’animation soignées, dans le style du roman graphique. »


« Rosa Luxemburg » de Margarethe von Trotta
Allemagne, Tchécoslovaquie, 1986
Production : Bioskop, Pro-ject Film im Filmverlag der Autoren, Regina Ziegler Filmproduktion, Bärenfilm, WDR
Producteur : Eberhard Junkersdorf
Scénario : Margarethe von Trotta
Image : Franz Rath
Montage : Dagmar Hirtz
Musique : Nicolas Economou
Avec Barbara Sukowa (Rosa Luxemburg), Adelheid Arndt (Luise Kautsky), Daniel Olbrychski (Leo Jogiches), Doris Schade (Clara Zetkin), Otto Sander (Karl Liebknecht), Jürgen Holtz (Karl Kautsky), Jan Biczycki (August Bebel)
Sur Arte le 26 juin 2023 à 23 h 45
Sur arte.tv du 26/06/2023 au 30/06/2023
Visuels : © 2019 Studiocanal

« Rosa Luxemburg - Rebelle et visionnaire » par Inga Wolfram

Allemagne, 2017, 53 min
Sur Arte les 16 janvier 2019 à 0 h 10, 5 février 2019 à 11 h 10, 29 avril 2020 à 02 h 55, 29 avril 2020 à 2 h 55
Disponible du 28/04/2020 au 27/05/2020

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 15 janvier 2019, puis le 29 avril 2020.

vendredi 23 juin 2023

Faible mobilisation pour Israël à Paris à l'appel d'organisations juives françaises

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et le FSJU (Fonds social juif unifié) avaient appelé leurs concitoyens, juifs ou non, à se rassembler le 18 juin 2023 place du Trocadéro (Paris) afin de célébrer les 75 ans de l’Etat Juif, l’amitié France-Israël et les accords d’Abraham avec des délégations des pays impliqués. Un évènement organisé avec le concours de l’ambassade d’Israël en France et de 55 organisations juives françaises partenaires, et en présence de Yoav Galant, ministre israélien de la Défense. Si les organisateurs ont clamé avoir réuni plus de 6000 spectateurs, la Préfecture de police de Paris a recensé 1800 personnes. Ce qui révèle l’échec d’une communauté juive institutionnalisée française affaiblie. Analyses.

Le MRAP débouté de sa plainte contre Laurent Dominati
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre 
La Présidence Hollande, les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'était bien pour les Français Juifs ? 

C’est une communauté juive française institutionnalisée en situation de faiblesse qui a organisé, avec le concours de l’ambassade d’Israël en France et de 55 - un nombre censé porter chance - organisations juives françaises partenaires, le 18 juin 2023, son premier évènement public « populaire » et « positif » - le rassemblement du 25 avril 2021 place du Trocadéro en hommage à Sarah Halimi était teinté de tristesse, et avait attiré selon le ministère de l'Intérieur, plus de 20 000 personnes - depuis plus d’une décennie.

Le but ? Triple : célébrer les 75 ans de l’Etat d’Israël, l’amitié France-Israël, les « accords d’Abraham ».

Foin de colloque ! Exit l’idée d’une réunion dans un lieu fermé. Pourtant des homologues en diaspora - à Sofia (Bulgarie) ou à Berlin (Allemagne) - avaient choisi une salle pour fêter l'anniversaire de la refondation de l'Etat d'Israël, ou l'illumination de la façade d'un immeuble moderne, comme à Sao Polo (Brésil).

Initiateurs, le CRIF et le FSJU, deux des trois principales fédérations d’organisations juives françaises, mais curieusement pas le Consistoire – peut-être parce qu’il avait fêté cet anniversaire par un concert  de l’Orchestre symphonique de Jérusalem à la grande synagogue de la Victoire (Paris) –, avaient choisi un lieu en plein air : la place du Trocadéro, dans l'ouest parisien, avec vue sur la Tour Eiffel.

Pas téméraires, les organisateurs avaient écarté l’idée d’une parade dans les rues de Paris. Pourtant, leurs homologues newyorkais organisent depuis des années la célèbre et joyeuse Israel Parade à New York, à laquelle se joignent des Juifs américains de tous sexes et de tous âges, des associations d'Américains de toutes origines, des policiers, des politiciens démocrates et républicains, et le Maire de la Big Apple ! Résultat : la rue appartient aux anti-Israéliens qui soit y défilent, soit s'associent à des manifestations de Gilets jaunes ou contre la réforme des retraites.

Non, ces organisateurs français ont conçu un rassemblement public place du Trocadéro à Paris. Bref, un ghetto dans un lieu touristique de la capitale. Et ce, sous un Soleil de plomb - près de 30°C -. Une météo ensoleillée et aux températures élevées enregistrées depuis le début juin 2023. Généreux, les organisateurs avaient annoncé dans les médias communautaires qu’ils distribueraient gracieusement des bobs floqués de l’évènement et insisté sur la nécessité de « venir léger », avec une bouteille d’eau et que la sécurité qui y serait assurée.

Les médias communautaires avaient multiplié les interviews des Présidents du CRIF et du FSJU, respectivement Yonathan Arfi et Ariel Goldmann, ainsi que du vice-président de ces organisations et principal organisateur du rassemblement, Gil Taieb. 

Sur Facebook, deux pages étaient dédiées à l’évènement : l’une, créée par les organisateurs, avait reçu 42 « Participent » et 134 « Intéressés », l’autre  lancée par l’ECUJE  (L’Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe), ex-Centre communautaire de Paris, avait recueilli 26 « Participent » et 85 « Intéressés ». 

L’évènement était présenté comme une « fête populaire », « un moment de fraternité et de déclaration d’amour à Israël », avec, en décor sur la scène, une tente pour évoquer les « accords d’Abraham », et des artistes de 14 h à 18 h : Enrico Macias, Michel Fugain, le groupe israélien Mayumana, David Serero... Et invité surprise : Yoav Galant, ministre israélien de la Défense. Et, en bonus : deux messages vidéos, neutres, des Présidents français Emmanuel Macron et Isaac Herzog, dont les statistiques de vision sur YouTube sont respectivement, au 23 juin 2023, de 589  et de 324.

Un évènement qui a inspiré un nombre réduit de Twitts ou de posts sur Facebook – des VIP invités y ont cependant publié leurs selfies - et qui s'est achevé sous la pluie…

Le précédent de 2010
Gil Taieb avait souhaité un public au moins égal à 5000 personnes, et même « un multiple de 5000 ».

Au soir de cet évènement, Gil Taieb a posté sur son compte Facebook :
"MISSION ACCOMPLIE 💪🙏
Plus de 6500 personnes présentes place du Trocadéro 
La Fête et la Fraternité à l’occasion des 75 ans d’Israël 
Une présence politique très importante 
Des délégations du Maroc, des Émirats 
Un message du Président Hertzog 
Un message du Président Macron
Un discours de m Clément Beaune ministre des transports 
Un discours de Mr Yozv Galantz ministre israélien de La Défense 
Un plateau artistique exceptionnel 
Adama, Kabra Casé, Enrico Macias,Frédéric Zeitoun, M Michel Fugain, Laura Mayne …. Et la troupe de percussionnistes MAYUMANA 
Une équipe organisatrice que rien n’arrête 
Une jeunesse mobilisée
LA TENTE D’ABRAHAM décorée par notre équipe et coiffée de tous les drapeaux 
UN COCKTAIL QUI A RÉUSSI À FAIRE BRILLER ISRAËL , LA RELATION FRANCE ISRAËL ET LES ACCORDS D’ABRAHAM 
Bravo et merci à ceux qui m’ont accompagner dans ce défi 
DES ETRES EXCEPTIONNELS !!!"

Combien de spectateurs cette fête a-t-elle attiré ? Mille huit cents selon la Préfecture de police de Paris (PPP) ou plus de 6000 selon les organisateurs et des médias communautaires ? Nous aurions tendance à privilégier le nombre de la Préfecture.

Vous souvenez-vous de l’appel  d’organisations juives françaises, dont le CRIF, le FSJU et le Consistoire, à se rassembler sur cette même place du Trocadéro, le 22 juin 2010, pour soutenir l’Etat Juif et exhorter à la libération de l’otage franco-israélien Guilad Shalit, kidnappé par les terroristes islamistes en Israël, le 25 juin 2006, à l’âge de 20 ans ? Déjà, Gil Taïeb était le grand ordonnateur de l’évènement. 

« Nous ne sommes pas 5 000, nous sommes 10 000 ! », s’exclamait un responsable communautaire français ce 22 juin 2010, sur le parvis des droits de l’Homme du Trocadéro.

« Nous ne sommes pas 10 000, mais nous sommes 15 000 ! », renchérissait un de ses homologues, peu après.

Difficile de les croire. La foule n’occupait au mieux qu'une moitié de la place du Trocadéro. La police estimait alors à environ 3 200 le nombre de personnes ayant participé à ce rassemblement. Un nombre vraisemblable.

Le 28 juin 2023, lors du Forum des auditeurs sur Radio Chalom, un auditeur a dit : "Il n'y avait personne au Trocadéro, dimanche". Le journaliste Bernard Abouaf, qui anime cette émission, ne l'a pas contredit.

Treize années plus tard, même en tenant compte de la réduction du nombre de Français juifs – 400 000-450 000 âmes en 2023 - en raison de leur émigration et de l'assimilation par mariages mixtes, l’assistance a diminué presque de moitié…

Causes multiples
Comment expliquer ce délitement ?

Peut-être en raison de températures quasi-estivales, de difficultés à circuler en voitures à Paris, et des transports publics franciliens problématiques, surtout le dimanche. Pouvait-on raisonnablement s'attendre à ce que des personnes - le cœur de cible de rassemblements communautaires est composé de personnes âgées, viennent en grand nombre, pour rester immobiles, des heures durant, à entendre des discours creux ?

Mais d’autres explications concourent à expliquer cet insuccès.

Primo, une affiche avec de très rares célébrités – celles de gauche, abhorrant le gouvernement Netanyahu, sont absentes - et sans grand intérêt pour le public ciblé.

Deuxio
, et surtout, des dirigeants et médias communautaires déconnectés de la réalité, coupés de leur base, s’étant éloignés des missions listées dans les statuts de leurs organisations, refusant ou incapables de se renouveler, ont suscité la défiance chez leurs coreligionnaires subissant depuis 2000 un nombre très élevé, et sous-estimé, d'actes antisémites et une propagande anti-israélienne, émanant notamment de la diplomatie et de médias publics français.

Qu’on en juge. Certains dirigeants communautaires se sont immiscés dans la scène politique, française - anathèmes diffamant Eric Zemmour (« raciste », « extrême-droite »), silence sur l’antisémitisme le visant, ainsi que des candidats de Reconquête !, durant les campagnes électorales -, et ils ont été désavoués par le survote juif en faveur du fondateur de Reconquête.

Pire, face au Front national (FN) devenu Rassemblement national (RN), les instances communautaires sont tombées dans le piège de François Mitterrand, alors Président socialiste de la République, qui avait divisé la droite, entre des "partis de gouvernement" ou "partis républicains" et "l'extrême-droite", ce qui rendait difficile "l'union des droites" et des alternances politiques. Dans cette stratégie, la Shoah, les Français juifs et leurs organisations ont été depuis plus de quatre décennies cyniquement instrumentalisés pour désigner le "danger de l'extrême-droite" contre laquelle il fallait "faire barrage". Le 25 juin 2022, le Président Emmanuel Macron déclarait à l'AFP que "ces formations [le RN et LFI] ne s'inscrivent pas comme des partis de gouvernement".

Dans une déclaration faite à l’AFP fin juin, Macron estimait que La France Insoumise (LFI) et le RN « ne s’inscrivent pas comme des partis de gouvernement », 

Elu le 26 juin 2022 à la Présidence du CRIF, Yonathan Arfi avait été interrogé sur l'attitude du CRIF envers des élus locaux du RN, et il avait répondu : "On verra..." Moins d'un an plus tard, il a avoué  le 7 juin 2023 sur RCJ : « Aujourd'hui, nous, démocrates et républicains, ne savons pas quelle est la meilleure réponse et la meilleure stratégie face au discours du RN ». Bref, ces organisations sont désemparées : elles n'ont élaboré aucun "plan B." envers le RN. Et contre LFI ? 

Et quand la Première ministre Elisabeth Borne a déclaré le 14 juin 2023 sur Radio J « Le RN est l’héritier de Pétain. C’est une idéologie dangereuse », elle a été soutenue par Ariel Goldmann, mais recadrée en Conseil des ministres le 30 mai 2023 par le Président de la République Emmanuel Macron : « Le combat contre l’extrême droite ne passe plus par des arguments moraux. Il faut décrédibiliser le RN par le fond et les incohérences, par le concret », plutôt que par des « postures morales » ou des « mots des années 1990 qui ne fonctionnent plus ». Le Chef de l’Etat révélait qu’il n’avait plus besoin d’instrumentaliser des Français juifs contre le RN. Enfin, provisoirement…

S'il n'y avait que LFI et le RN ! Mais les Français juifs et les instances communautaires sont très isolées sur la scène politique. Quels politiciens se sont rendus à ce rassemblement ? Essentiellement quelques élus ou ministre de Renaissance, parti du Président Emmanuel Macron. Le 4 mai 2023, la proposition de résolution communiste condamnant « l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid » avait été rejetée par 199 voix - essentiellement Renaissance, Les Républicains, le Rassemblement national - contre 71. Le seul député socialiste présent, ayant voté Contre cette proposition, était Jérôme Guedj.

Concernant la vie politique israélienne, les médias communautaires ont repris des éléments de langage (EDL) négatifs envers le gouvernement israélien formé en décembre 2022 : « le gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays », « Itamar Ben Gvir, ministre d'extrême droite » ou « ministre extrémiste ». Quant à Yonathan Arfi, il a rendu public le 13 mars 2023 son « regard juif de France sur la crise en Israël ». Le Monde a publié le 23 mars 2023 la tribune de Maurice Lévy, Président du conseil de surveillance du groupe Publicis, « Monsieur Nétanyahou, ne soyez pas le premier ministre qui va réaliser le rêve de vos ennemis ». Et la journaliste Anne Sinclair vient de se rendue en Israël pour participer à la 22e manifestation hostile au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et à sa réforme judiciaire…

« Leurs positions ne nous intéressent pas », pensent certains. « De quoi se mêlent-ils ? », interrogeront d’autres.

Qu'avaient dit ces « belles âmes » concernant le précédent gouvernement israélien Bennett-Lapid qui comportait dans ses rangs Mansour Abbas, ministre délégué au cabinet du Premier ministre chargé des Affaires arabes et membre islamiste de la Liste arabe unie (Ra'am) ? 

Elles n’ont pas compris que le « gouvernement des juges », en France comme en Israël dès la Présidence d'Aharon Barak, combattait la démocratie, minait « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Lincoln).

Ce n'est pas un hasard, si L'Observatoire du monde juif (OMJ) publiait en novembre 2003 (numéro 8/9) l'article "Les territoires perdus de la justice française" signé par Me Aude Weill-Raynal et Me Gilles-William Goldnadel, et si, près de vingt ans plus tard, le BNVCA (Bureau national de  vigilance contre l'antisémitisme) a fêté, le 16 mars 2023, son vingtième anniversaire par un colloque dont une des deux parties avait pour thème "La justice face à la violence et à l'antisémitisme".

Ces dirigeants et médias communautaires se sont empêtrés dans leurs visions erronées de la réalité et leurs contradictions, sans combattre efficacement le "gouvernement des juges" français.

Le 19 mars 2023, lors d’une soirée privée, Bezalel Smotrich, ministre israélien (Parti sioniste religieux) des Finances, a déclaré  : « Les "Palestiniens" n'existent pas. Le "peuple palestinien" n'existe pas. Vous savez qui est Palestinien ? Je suis palestinien. Mon défunt grand-père qui faisait partie de la 13e génération de Jérusalem est le vrai Palestinien. Le "peuple palestinien" est une invention qui a moins de cent ans. Dans le droit international, il y a cinq caractéristiques qui définissent un peuple : l'histoire, la culture, la langue, les pièces de monnaie et un roi ou des dirigeants historiques. Qui était le premier roi "palestinien" ? Quelle langue ont les "Palestiniens" ? Est-ce qu'un jour on a frappé une pièce "palestinienne" ? Est-ce qu'il y a une culture ou une Histoire "palestiniennes" ? Non, il n'y en a pas. Le "peuple palestinien" n'existe pas. Il y a juste des Arabes ». Des médias communautaires se sont indignés... par l’expression d’une réalité historique : à moins qu'il ne désigne le peuple Juif, le "peuple palestinien" n'existe pas. Le Quai d’Orsay  a qualifié ces propos d’« indignes » et d’« irresponsables ». Mais, si les dirigeants et médias communautaires n'expriment pas l'Histoire du peuple Juif, d'Israël, qui le fera ?

Yonathan Arfi avait expliqué son refus de rencontrer Bezalel Smotrich lors de sa visite à Paris pour participer à la réunion annuelle des ministres des Finances des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) parce que l’économie était étrangère à la mission du CRIF. Mais son évènement a pour invité israélien de marque... Yoav Galant, ministre israélien de la Défense. Or, le CRIF ne dispose d’aucune armée, n’achète pas de systèmes militaires…

Sur la fréquence juive francilienne, Ariel Goldmann avait brossé un tableau idyllique des relations entre la France et Israël. Mais pourquoi Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et dont une partie de la carrière s’est déroulée au ministère des Affaires étrangères, a-t-il refusé de rencontrer Bezalel Smotrich ? Et ce, alors qu’il a rencontré à Ramallah en septembre 2017 les ministres palestiniens de l'Economie et des Finances ?

Les mêmes qui célèbrent la « Start-up Nation » ont refusé de rencontrer les artisans de ce succès ! 

Des dirigeants d’organisations juives françaises ont semé les graines de la division parmi leurs coreligionnaires. Ils récoltent l’isolement, politique et communautaire, l’affront public, le désaveu par indifférence. 

Les Français juifs expriment leur attachement à Israël de mille et une manières - séjours, apprentissage de la langue en vue de l'aliyah, dons à des associations caritatives, etc. -, mais pas en accourant pour entendre des déclarations stéréotypées, perçues comme non sincères.

Il semble que ce rassemblement ait peu attiré de Français chrétiens ou musulmans. Quant aux retombées médiatiques, hormis les médias communautaires, nul média national n'a couvert cet évènement.

Pendant ce temps, sur les bords de l'autre rive de la Seine, l'Institut du monde Arabe (IMA) propose, aux frais de la France et de pays Arabes, l'exposition partiale "Ce que la Palestine apporte au monde" (31 mai 2023-19 novembre 2023)...

On signe la paix pour avoir la paix, pas en négociant pour obtenir des avantages unilatéraux. Les "accords d'Abraham" étaient loués par les organisateurs de cet évènement pour démontrer la paix possible entre Juifs et musulmans. Une expression erronée : le patriarche Abraham de la Bible est distinct de l'Ibrahim du Coran. De plus, ces dirigeants communautaires véhiculent les mythes al-Andalus et du bon roi du Maroc Mohamed V qui aurait protégé les juifs durant la Deuxième Guerre mondiale. Mais quid de la dhimmitude et des dahirs (décrets royaux) appliquant le statut des Juifs au Maroc ? Contre sa signature des "accords d'Abraham", Mohamed VI a obtenu la reconnaissance par les Etats-Unis de sa souveraineté sur le Sahara occidental, et, en créant la Commission des Juifs marocains de l'étranger qui "œuvre à consolider les liens des juifs marocains établis à l’étranger avec leur pays d'origine, à renforcer leur rayonnement cultuel et culturel et à défendre les intérêts suprêmes du Royaume", il instrumentalise les Juifs. 

Enfin, pour la deuxième fois en quelques mois, le Maroc a ajourné "la deuxième édition du Forum du Néguev, qu'il devait accueillir à la mi-juillet 2023, réunissant les Etats-Unis ainsi qu'Israël et des partenaires arabes signataires des accords d'Abraham, censé se tenir pendant l'été au Maroc, en raison des violences en Cisjordanie, a annoncé vendredi le chef de la diplomatie Nasser Bourita" qui a déclaré : "Le contexte politique pourrait ne pas permettre à cette réunion de produire les résultats escomptés". Le ministre marocain a déploré "tout ce qui est action provocatrice et unilatérale (...), tout ce qui est décision portée par les radicaux des deux côtés et surtout du côté israélien", en condamnant "la récente attaque israélienne contre la ville de Jénine". Aucune condamnation du terrorisme palestinien. Aucun mot pour les victimes des attentats terroristes palestiniens. "Depuis la fin mai, trois ministres israéliens ainsi que le président du Parlement, le conseiller à la Sécurité nationale et des soldats d'une unité d'infanterie d'élite, une première, se sont rendus au Maroc".

"Le Maroc rejette également la récente décision du gouvernement israélien d'étendre les activités de colonisation en Cisjordanie" qui "compromettent les chances de paix dans la région", selon M. Bourita.

Quel est l’intérêt de montrer aux pouvoirs publics la faiblesse, la déconnexion de dirigeants et médias communautaires de leur base et de la réalité ? Quel serait l’intérêt de ces pouvoirs politiques à satisfaire leurs demandes ?

Combien de (dizaine de) milliers d'euros a coûté au CRIF et au FSJU ce rassemblement place du Trocadéro ? Avant les fêtes juives, et dans un contexte difficile marqué par l'inflation des denrées alimentaires et de l'énergie, des appels émouvants aux dons sont envoyés par des associations ou fondations juives françaises sollicitant la générosité en faveur de Juifs pauvres, familles juives monoparentales, rescapés de la Shoah dans le besoin... William Attal, frère de Sarah Halimi, a lancé un appel aux dons afin de financer une enquête susceptible de découvrir « des éléments nouveaux pour faire rouvrir le dossier judiciaire ». Au 23 juin 2023, 2 407 € ont été donnés par 60 participants. Est-ce normal que la famille de la victime de l'antisémitisme islamique recourt à la générosité publique pour connaitre la vérité ? Et ce, sans aide d'organisations juives françaises ? L'argent dépensé dans cet évènement au Trocadéro n'aurait-il pas pu être mieux utilisé à d'autres fins ?

Le Dr Lionel Krief, médecin nucléaire, et David Amzallag, commerçant, ruiné et malade, ont été spoliés par le « gouvernement des juges », sans soutien du CRIF ou du FSJU. Yonathan Arfi multiplie les visites de communautés juives. Pourquoi le Président du CRIF ne se rend-il pas auprès de David Amzallag ? Ce serait une mitzva... Hélas, au lieu d'assumer toutes ses missions statutaires, le CRIF préfère organiser des soirées littéraires en invitant des auteurs qui n’ont aucun besoin de ce supplément de publicité ou proposer un show que le public ciblé boude systématiquement depuis plus d'une décennie. 

Même la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS) n'est pas épargnée par les critiques. Rudy Reichstadt dirige le site Conspiracy Watch, « observatoire du conspirationnisme et des théories du complot » qu'il a créé en 2007 et "animé bénévolement pendant près de 10 ans, sans jamais recevoir ni solliciter aucun soutien financier". Or, Conspiracy Watch est soutenu depuis 2017 par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et a perçu une subvention du problématique Fonds Marianne lancé par Marianne Schiappa. Il a du s'en expliquer lors d'une audition devant une commission parlementaire.

On ne change pas une équipe qui perd… Ils ont pris les mêmes, ils ont recommencé et ils ont échoué à mobiliser leurs coreligionnaires. 

Le rideau final de cette triste pièce théâtrale tombera rapidement. Nul n’en applaudira les acteurs. Le public a déserté les places assignées. Il s’est détourné d’un spectacle lamentable et dispendieux.