Les médias communautaires avaient multiplié les interviews des Présidents du CRIF et du FSJU, respectivement Yonathan Arfi et Ariel Goldmann, ainsi que du vice-président de ces organisations et principal organisateur du rassemblement, Gil Taieb.
Gil Taieb avait souhaité un public au moins égal à 5000 personnes, et même « un multiple de 5000 ».
Plus de 6500 personnes présentes place du Trocadéro
La Fête et la Fraternité à l’occasion des 75 ans d’Israël
Une présence politique très importante
Des délégations du Maroc, des Émirats
Un message du Président Hertzog
Un message du Président Macron
Un discours de m Clément Beaune ministre des transports
Un discours de Mr Yozv Galantz ministre israélien de La Défense
Un plateau artistique exceptionnel
Adama, Kabra Casé, Enrico Macias,Frédéric Zeitoun, M Michel Fugain, Laura Mayne …. Et la troupe de percussionnistes MAYUMANA
Une équipe organisatrice que rien n’arrête
Une jeunesse mobilisée
LA TENTE D’ABRAHAM décorée par notre équipe et coiffée de tous les drapeaux
UN COCKTAIL QUI A RÉUSSI À FAIRE BRILLER ISRAËL , LA RELATION FRANCE ISRAËL ET LES ACCORDS D’ABRAHAM
Bravo et merci à ceux qui m’ont accompagner dans ce défi
DES ETRES EXCEPTIONNELS !!!"
Combien de spectateurs cette fête a-t-elle attiré ? Mille huit cents selon la Préfecture de police de Paris (PPP) ou plus de 6000 selon les organisateurs et des médias communautaires ? Nous aurions tendance à privilégier le nombre de la Préfecture.
« Nous ne sommes pas 10 000, mais nous sommes 15 000 ! », renchérissait un de ses homologues, peu après.
Difficile de les croire. La foule n’occupait au mieux qu'une moitié de la place du Trocadéro. La police estimait alors à environ 3 200 le nombre de personnes ayant participé à ce rassemblement. Un nombre vraisemblable.
Le 28 juin 2023, lors du Forum des auditeurs sur Radio Chalom, un auditeur a dit : "Il n'y avait personne au Trocadéro, dimanche". Le journaliste Bernard Abouaf, qui anime cette émission, ne l'a pas contredit.
Treize années plus tard, même en tenant compte de la réduction du nombre de Français juifs – 400 000-450 000 âmes en 2023 - en raison de leur émigration et de l'assimilation par mariages mixtes, l’assistance a diminué presque de moitié…
Causes multiples
Comment expliquer ce délitement ?
Peut-être en raison de températures quasi-estivales, de difficultés à circuler en voitures à Paris, et des transports publics franciliens problématiques, surtout le dimanche. Pouvait-on raisonnablement s'attendre à ce que des personnes - le cœur de cible de rassemblements communautaires est composé de personnes âgées, viennent en grand nombre, pour rester immobiles, des heures durant, à entendre des discours creux ?
Mais d’autres explications concourent à expliquer cet insuccès.
Primo, une affiche avec de très rares célébrités – celles de gauche, abhorrant le gouvernement Netanyahu, sont absentes - et sans grand intérêt pour le public ciblé.
Deuxio, et surtout, des dirigeants et médias communautaires déconnectés de la réalité, coupés de leur base, s’étant éloignés des missions listées dans les statuts de leurs organisations, refusant ou incapables de se renouveler, ont suscité la défiance chez leurs coreligionnaires subissant depuis 2000 un nombre très élevé, et sous-estimé, d'actes antisémites et une propagande anti-israélienne, émanant notamment de la diplomatie et de médias publics français.
Qu’on en juge. Certains dirigeants communautaires se sont immiscés dans la scène politique, française - anathèmes diffamant Eric Zemmour (« raciste », « extrême-droite »), silence sur l’antisémitisme le visant, ainsi que des candidats de Reconquête !, durant les campagnes électorales -, et ils ont été désavoués par le survote juif en faveur du fondateur de Reconquête.
Pire, face au Front national (FN) devenu Rassemblement national (RN), les instances communautaires sont tombées dans le piège de François Mitterrand, alors Président socialiste de la République, qui avait divisé la droite, entre des "partis de gouvernement" ou "partis républicains" et "l'extrême-droite", ce qui rendait difficile "l'union des droites" et des alternances politiques. Dans cette stratégie, la Shoah, les Français juifs et leurs organisations ont été depuis plus de quatre décennies cyniquement instrumentalisés pour désigner le "danger de l'extrême-droite" contre laquelle il fallait "faire barrage". Le 25 juin 2022, le Président Emmanuel Macron
déclarait à l'AFP que "ces formations [le RN et LFI] ne s'inscrivent pas comme des partis de gouvernement".
Dans une déclaration faite à l’AFP fin juin, Macron estimait que La France Insoumise (LFI) et le RN « ne s’inscrivent pas comme des partis de gouvernement »,
Elu le 26 juin 2022 à la Présidence du CRIF, Yonathan Arfi avait été interrogé sur l'attitude du CRIF envers des élus locaux du RN, et il avait répondu : "On verra..." Moins d'un an plus tard, il a avoué le 7 juin 2023 sur RCJ : « Aujourd'hui, nous, démocrates et républicains, ne savons pas quelle est la meilleure réponse et la meilleure stratégie face au discours du RN ». Bref, ces organisations sont désemparées : elles n'ont élaboré aucun "plan B." envers le RN. Et contre LFI ?
Et quand la Première ministre Elisabeth Borne a déclaré le 14 juin 2023 sur Radio J «
Le RN est l’héritier de Pétain. C’est une idéologie dangereuse », elle a été soutenue par Ariel Goldmann, mais
recadrée en Conseil des ministres le 30 mai 2023 par le Président de la République Emmanuel Macron : «
Le combat contre l’extrême droite ne passe plus par des arguments moraux. Il faut décrédibiliser le RN par le fond et les incohérences, par le concret », plutôt que par des «
postures morales » ou des «
mots des années 1990 qui ne fonctionnent plus ». Le Chef de l’Etat révélait qu’il n’avait plus besoin d’instrumentaliser des Français juifs contre le RN. Enfin, provisoirement…
S'il n'y avait que LFI et le RN ! Mais les Français juifs et les instances communautaires sont très isolées sur la scène politique. Quels politiciens se sont rendus à ce rassemblement ? Essentiellement quelques élus ou ministre de Renaissance, parti du Président Emmanuel Macron. Le 4 mai 2023, la proposition de résolution communiste condamnant « l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid » avait été rejetée par 199 voix - essentiellement Renaissance, Les Républicains, le Rassemblement national - contre 71. Le seul député socialiste présent, ayant voté Contre cette proposition, était Jérôme Guedj.
Concernant la vie politique israélienne, les médias communautaires ont repris des éléments de langage (EDL) négatifs envers le gouvernement israélien formé en décembre 2022 : « le gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays », « Itamar Ben Gvir, ministre d'extrême droite » ou « ministre extrémiste ». Quant à Yonathan Arfi, il a rendu public le 13 mars 2023 son «
regard juif de France sur la crise en Israël ».
Le Monde a publié le 23 mars 2023 la tribune de Maurice Lévy, Président du conseil de surveillance du groupe Publicis, «
Monsieur Nétanyahou, ne soyez pas le premier ministre qui va réaliser le rêve de vos ennemis ». Et la journaliste Anne Sinclair vient de se rendue en Israël pour participer à la 22e manifestation hostile au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et à sa réforme judiciaire…
« Leurs positions ne nous intéressent pas », pensent certains. « De quoi se mêlent-ils ? », interrogeront d’autres.
Qu'avaient dit ces « belles âmes » concernant le précédent gouvernement israélien Bennett-Lapid qui comportait dans ses rangs Mansour Abbas, ministre délégué au cabinet du Premier ministre chargé des Affaires arabes et membre islamiste de la Liste arabe unie (Ra'am) ?
Elles n’ont pas compris que le « gouvernement des juges », en France comme en Israël dès la Présidence d'Aharon Barak, combattait la démocratie, minait « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Lincoln).
Ce n'est pas un hasard, si
L'Observatoire du monde juif (OMJ) publiait en novembre 2003 (numéro 8/9) l'article "
Les territoires perdus de la justice française" signé par Me Aude Weill-Raynal et Me Gilles-William Goldnadel, et si, près de vingt ans plus tard, le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme) a fêté, le 16 mars 2023, son vingtième anniversaire par un colloque dont une des deux parties avait pour thème "La justice face à la violence et à l'antisémitisme".
Ces dirigeants et médias communautaires se sont empêtrés dans leurs visions erronées de la réalité et leurs contradictions, sans combattre efficacement le "gouvernement des juges" français.
Le 19 mars 2023, lors d’une soirée privée, Bezalel Smotrich, ministre israélien (Parti sioniste religieux) des Finances,
a déclaré : « Les "Palestiniens" n'existent pas. Le "peuple palestinien" n'existe pas. Vous savez qui est Palestinien ? Je suis palestinien. Mon défunt grand-père qui faisait partie de la 13e génération de Jérusalem est le vrai Palestinien. Le "peuple palestinien" est une invention qui a moins de cent ans. Dans le droit international, il y a cinq caractéristiques qui définissent un peuple : l'histoire, la culture, la langue, les pièces de monnaie et un roi ou des dirigeants historiques. Qui était le premier roi "palestinien" ? Quelle langue ont les "Palestiniens" ? Est-ce qu'un jour on a frappé une pièce "palestinienne" ? Est-ce qu'il y a une culture ou une Histoire "palestiniennes" ? Non, il n'y en a pas. Le "peuple palestinien" n'existe pas. Il y a
juste des Arabes ». Des médias communautaires se sont indignés... par l’expression d’une
réalité historique : à moins qu'il ne désigne le peuple Juif, le "peuple palestinien" n'existe pas. Le Quai d’Orsay a qualifié ces propos d’« indignes » et d’« irresponsables ». Mais, si les dirigeants et médias communautaires n'expriment pas l'Histoire du peuple Juif, d'Israël, qui le fera ?
Yonathan Arfi avait expliqué son refus de rencontrer Bezalel Smotrich lors de sa visite à Paris pour participer à la réunion annuelle des ministres des Finances des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) parce que l’économie était étrangère à la mission du CRIF. Mais son évènement a pour invité israélien de marque... Yoav Galant, ministre israélien de la Défense. Or, le CRIF ne dispose d’aucune armée, n’achète pas de systèmes militaires…
Sur la fréquence juive francilienne, Ariel Goldmann avait brossé un tableau idyllique des relations entre la France et Israël. Mais pourquoi Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et dont une partie de la carrière s’est déroulée au ministère des Affaires étrangères,
a-t-il refusé de rencontrer Bezalel Smotrich ? Et ce, alors qu’il
a rencontré à Ramallah en septembre 2017 les ministres palestiniens de l'Economie et des Finances ?
Les mêmes qui célèbrent la « Start-up Nation » ont refusé de rencontrer les artisans de ce succès !
Des dirigeants d’organisations juives françaises ont semé les graines de la division parmi leurs coreligionnaires. Ils récoltent l’isolement, politique et communautaire, l’affront public, le désaveu par indifférence.
Les Français juifs expriment leur attachement à Israël de mille et une manières - séjours, apprentissage de la langue en vue de l'aliyah, dons à des associations caritatives, etc. -, mais pas en accourant pour entendre des déclarations stéréotypées, perçues comme non sincères.
Il semble que ce rassemblement ait peu attiré de Français chrétiens ou musulmans. Quant aux retombées médiatiques, hormis les médias communautaires, nul média national n'a couvert cet évènement.
Pendant ce temps, sur les bords de l'autre rive de la Seine, l'Institut du monde Arabe (IMA) propose, aux frais de la France et de pays Arabes, l'exposition partiale "
Ce que la Palestine apporte au monde" (31 mai 2023-19 novembre 2023)...
On signe la paix pour avoir la paix, pas en négociant pour obtenir des avantages unilatéraux. Les "accords d'Abraham" étaient loués par les organisateurs de cet évènement pour démontrer la paix possible entre Juifs et musulmans. Une expression erronée : le patriarche Abraham de la Bible est distinct de l'Ibrahim du Coran. De plus, ces dirigeants communautaires véhiculent les mythes al-Andalus et du
bon roi du Maroc
Mohamed V qui aurait
protégé les juifs durant la Deuxième Guerre mondiale. Mais
quid de la dhimmitude et des
dahirs (décrets royaux) appliquant le statut des Juifs au Maroc ? Contre sa signature des "accords d'Abraham", Mohamed VI a obtenu la
reconnaissance par les Etats-Unis de sa souveraineté sur le Sahara occidental, et, en créant la Commission des Juifs marocains de l'étranger qui "
œuvre à consolider les liens des juifs marocains établis à l’étranger avec leur pays d'origine, à renforcer leur rayonnement cultuel et culturel et à défendre les intérêts suprêmes du Royaume", il instrumentalise les Juifs.
Enfin, pour la deuxième fois en quelques mois, le Maroc a ajourné "la deuxième édition du Forum du Néguev, qu'il devait accueillir à la mi-juillet 2023, réunissant les Etats-Unis ainsi qu'Israël et des partenaires arabes signataires des accords d'Abraham, censé se tenir pendant l'été au Maroc, en raison des violences en Cisjordanie, a annoncé vendredi le chef de la diplomatie Nasser Bourita" qui
a déclaré : "Le contexte politique pourrait ne pas permettre à cette réunion de produire les résultats escomptés". Le ministre marocain a déploré "tout ce qui est action provocatrice et unilatérale (...), tout ce qui est décision portée par les radicaux des deux côtés et surtout du côté israélien", en condamnant "la récente attaque israélienne contre la ville de Jénine". Aucune condamnation du terrorisme palestinien. Aucun mot pour les victimes des attentats terroristes palestiniens. "Depuis la fin mai, trois ministres israéliens ainsi que le président du Parlement, le conseiller à la Sécurité nationale et des soldats d'une unité d'infanterie d'élite, une première,
se sont rendus au Maroc".
"Le Maroc rejette également la récente décision du gouvernement israélien d'étendre les activités de colonisation en Cisjordanie" qui "compromettent les chances de paix dans la région", selon M. Bourita.
Quel est l’intérêt de montrer aux pouvoirs publics la faiblesse, la déconnexion de dirigeants et médias communautaires de leur base et de la réalité ? Quel serait l’intérêt de ces pouvoirs politiques à satisfaire leurs demandes ?
Combien de (dizaine de) milliers d'euros a coûté au CRIF et au FSJU ce rassemblement place du Trocadéro ? Avant les fêtes juives, et dans un contexte difficile marqué par l'inflation des denrées alimentaires et de l'énergie, des appels émouvants aux dons sont envoyés par des associations ou fondations juives françaises sollicitant la générosité en faveur de Juifs pauvres, familles juives monoparentales, rescapés de la Shoah dans le besoin... William Attal, frère de Sarah Halimi, a lancé un appel aux dons afin de financer une enquête susceptible de découvrir «
des éléments nouveaux pour faire rouvrir le dossier judiciaire ». Au 23 juin 2023, 2 407 € ont été donnés par 60 participants. Est-ce normal que la famille de la victime de l'antisémitisme islamique recourt à la générosité publique pour connaitre la vérité ? Et ce, sans aide d'organisations juives françaises ? L'argent dépensé dans cet évènement au Trocadéro n'aurait-il pas pu être mieux utilisé à d'autres fins ?
Le Dr Lionel Krief, médecin nucléaire, et David Amzallag, commerçant, ruiné et malade, ont été spoliés par le « gouvernement des juges », sans soutien du CRIF ou du FSJU. Yonathan Arfi multiplie les visites de communautés juives. Pourquoi le Président du CRIF ne se rend-il pas auprès de David Amzallag ? Ce serait une
mitzva... Hélas, au lieu d'assumer toutes ses missions statutaires, le CRIF préfère organiser des
soirées littéraires en invitant des auteurs qui n’ont aucun besoin de ce supplément de publicité ou proposer un show que le public ciblé boude systématiquement depuis plus d'une décennie.
Même la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS) n'est pas épargnée par les critiques.
Rudy Reichstadt dirige le site Conspiracy Watch, « observatoire du conspirationnisme et des théories du complot » qu'il a créé en 2007 et "animé bénévolement pendant près de 10 ans, sans jamais recevoir ni solliciter aucun soutien financier". Or, Conspiracy Watch est soutenu depuis 2017 par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et a perçu une subvention du problématique Fonds Marianne lancé par Marianne Schiappa. Il a du s'en expliquer lors d'une audition devant une commission parlementaire.
On ne change pas une équipe qui perd… Ils ont pris les mêmes, ils ont recommencé et ils ont échoué à mobiliser leurs coreligionnaires.
Le rideau final de cette triste pièce théâtrale tombera rapidement. Nul n’en applaudira les acteurs. Le public a déserté les places assignées. Il s’est détourné d’un spectacle lamentable et dispendieux.