Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 25 mars 2021

Menachem Gueffen (1930-2016), peintre

Menachem Gueffen (1930-2016) était un peintre figuratif israélien, dont la carrière s'est déroulée en France, en Grande-Bretagne, dans le swinging London, et aux Etats-Unis
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  A Nantes, la Galerie des Oubliés lui rend hommage par une exposition inaugurale réunissant 21 tableaux peints durant les années londoniennes de l'artiste (1963-1972) et magnifiant une femme rêvée.


Un artiste vit de la vente de ses oeuvres résultant de commandes, publiques ou privées, ou montrées lors d'expositions et de Salons, voire insérées dans le décor de films. Après sa mort, ses ayants-droit ont la responsabilité de faire vivre ce patrimoine artistique en organisant des manifestations visant à éviter l'oubli cruel et injuste.

« La Galerie des Oubliés a choisi d’aller à la rencontre des œuvres restées intimes, et de les faire partager aujourd’hui. Ce concept unique en son genre, est un projet à dimension familiale. En effet, Izabeau Jousse est peintre et expose dans de nombreuses galeries depuis 1992 et son fils, Léopold Cottineau né dans cette famille ou la création artistique est un quotidien se sont lancés ensemble dans cette aventure artistique et humaine ».

La Galerie des Oubliés « se consacre aux artistes qui n’ont pas eu la reconnaissance de leur époque malgré la valeur artistique de leur travail. »

« Ces artistes en décalage avec leur temps n’ont fait aucune concession à leur art. Créateurs secrets, brillants introvertis ou esprits tumultueux, ils n’ont jamais ou très peu exposé. Ils sont restés dans l’ombre parfois toute leur vie dans un acharnement productif et silencieux. »

Menachem Gueffen naît en 1930 à Haïfa, alors en Palestine mandataire dans une famille juive d’origine polonaise.

Il « étudie l’art à L’Académie des Beaux-Arts de la «  Bezalel Art School » de Jérusalem, puis à l’Ecole des Beaux Arts de Paris. »

« Grand coloriste, il interprète les leçons du cubisme grâce aux femmes, les grandes inspiratrices de sa vie. Ces tableaux, ce sont des tètes rondes et des cous coniques, des corps aux formes simplifiées pas si sages que ça. Des éventails qui prolongent des mains, hommage à Velasquez. Ce sont des personnages qui vous regardent dans les yeux et pourtant sont ailleurs. Des icônes un peu pop, prêtes à sortir du cadre. »

Des femmes aux yeux immenses, au cou étiré, mises en scène, théâtralisées, vêtues de costumes bariolés, aux formes plantureuses, dotées d'accessoires soulignant leur féminité - escarpins aux hauts talons -, et à la silhouette en opposition à celle, androgyne, caractéristique de la mode des années 1960.

Des femmes-oiseaux. Des femmes aux bras-anses protecteurs ou aux bras-ailes repliés.

Les décors ? Souvent absents. Mais les fonds des tableaux sont très travaillés.

On décèle à des détails l'influence de l'Art Nouveau, du style des icônes, de Rembrandt et un souci de l'exubérance qui détone avec des yeux parfois tristes.

« De 1959 à 1963, Menachem Gueffen s’installe à Paris et participe au Salon des surindépendants en 1962 et au salon de la jeune peinture en 1963 au Musée d’Art moderne ». 

« Il vit dans le quartier latin et goûte pleinement au prestige que représente ce pays pour un artiste. Tout s’offre à lui.  Il est né pour être artiste, il le sera toute sa vie ».

Il expose en Espagne, en Allemagne, en Italie...

« Londres est ensuite son port d’attache jusqu’en 1988 où il est très actif artistiquement. O’Hana gallery lui consacre à plusieurs reprises des expositions personnelles ainsi que la Gallery One. Malheureusement il ne rencontre pas le succès espéré auprès du public et des critiques » qui prisent souvent un art abstrait conceptuel, pédant et abscons.

En 1973, il épouse la comédienne britannique talentueuse, politiquement engagée en faveur des Juifs de l'Union soviétique, Diana Rigg (Chapeau melon et bottes de cuir,  Au service secret de Sa Majesté, Genghis Cohn, Game of Thrones). Le couple divorce en 1976.

« En 1977, le Museum of natural History de New York lui commande une série de 5 peintures « The Cycle of Life of Judaism » à laquelle on ne peut malheureusement pas avoir accès aujourd’hui, car bien enfouie dans les réserves… »

« En 1988, essoufflé artistiquement et fragilisé par le doute, il décide de revenir en France. Sa production est encore importante mais il se sent peu soutenu par ce pays qui ne remarque pas le talent qui élit domicile sur ses terres Mayennaises. Il y vivra pourtant durant 30 ans avec sa femme Judy qui quitte l’Angleterre pour lui. »

Menachem Gueffen « n’aura de cesse de peindre la femme, toujours la femme, comme un manifeste pour mieux la comprendre et l’aimer. Mais cette fois elle sera peu exposée. Il la gardera pour lui. »

En plus de ses tableaux, Menachem Gueffen a illustré le livre "Robinson Crusoé" de Daniel Defoe pour un éditeur israélien et "The World's Best Jewish Jokes" par Ben Eliezer (1984), et effectué des collages avec la jute de sacs.


Du 28 janvier au 29 mai 2021
2, rue de Bréa. 44000 Nantes
Tél. : 07 56 99 65 12
Du mercredi au samedi de 13 h à 19 h
Visuels :
Menachem Gueffen
Tableau sans titre
100 cm x 73 cm
Huile sur toile
Circa 1960

Menachem Gueffen
Tableau sans titre
126cm x 89cm
Huile sur toile
1967

Diana Ross

Diana Ross est une chanteuse, actrice, compositrice, scénariste, productrice baptiste américaine. Après avoir débuté dans les années 1960 dans des groupes, dont les Supremes, elle débute en 1970 
une carrière solo internationale de chanteuse et joue dans des films :  Lady Sings the Blues (1972), Mahogany (1975) et The Wiz (1978). Arte diffusera le 26 mars 2021 « Diana Ross, suprême diva »  (Diana RossEine Diva erobert die Welt) de Julie Veille. 

Le siècle du jazz 
« La révolution du 78 tours » par Dagmar Brendecke 
Martial Solal, pîaniste de jazz 
  
« Sensuelle brindille, elle n'a que 16 ans lorsque, en 1961, elle signe à la Motown, jeune label en passe de révolutionner la musique afro-américaine. D’une ambition à la démesure de son talent, Diana Ross, avec ses deux complices des bientôt mythiques Supremes, collectionne les tubes ("Where Did Our Love Go", "Baby Love"...) et se hisse au sommet des charts américains. Mélange de soul et de pop, le trio glamour de Detroit conquiert aussi la scène internationale et s'installe dans la mémoire collective. Travailleuse acharnée, la charismatique Diana enchaîne sur une carrière solo dès 1970, avec un album à son nom, suivi d'un premier rôle au cinéma (Lady Sings the Blues de Sidney J. Furie). Après un parcours alternant hauts et bas, la diva de 76 ans, qui n’a cessé de se réinventer, comme pour nourrir sa légende, devait se produire "avec amour" au célèbre festival pop de Glastonbury (Grande-Bretagne), depuis annulé pour cause de pandémie. Rendez-vous en 2022 ? », a écrit Guillemette Hervé pour Arte.

De son union avec Berry Gordy, président de la Motown, Diana Ross a eu une fille, Rhonda Suzanne Silberstein, née en août 1971.

En janvier 1971, elle a épousé Robert Ellis Silberstein, directeur musical juif américain, qui a élevé Rhonda comme sa propre fille.  Le couple a eu deux filles : Tracee Joy et Chudney Lane Silberstein, nées respectivement en 1972 et 1975. Il a divorcé en 1977.

En 1986, Diana Ross s'est remariée avec un homme d'affaire norvégien, Arne Næss Jr.. Ils ont eu deux fils : Ross Arne, né en 1987, et Evan Olav, né en 1988. Ils ont divorcé en 2000.

En 1976, Diana Ross chante devant Yitzhak Rabin, alors Premier ministre d'Israël.

En 1995, Diana Ross s'est produite à Tel Aviv. Elle a interprété notamment Do You Know Where You´re Going To? et Ain´t No Mountain High Enough.

« Diana Ross, suprême diva »
Arte diffusera le 26 mars 2021 « Diana Ross, suprême diva »  (Diana RossEine Diva erobert die Welt) de Julie Veille.

« Des Supremes à "Upside Down", le parcours mouvementé d'une conquérante, qui a dû batailler pour devenir la diva soul qu'elle rêvait d'être, la frêle, sensuelle et tenace Diana Ross. »

« Née en 1944, deuxième d'une fratrie de six, Diana Ross veut très tôt occuper le devant de la scène, à l’origine pour attirer l'attention de ses parents ».

« Dans le quartier pauvre de Detroit où elle grandit, surgit en 1959 la Motown, label qui va révolutionner la musique noire ». 

« Recalée à une audition avec ses copines, les futures Supremes, Diana revient à la charge, et impose sa bande parmi les choristes ». 

« Quand les Supremes arrachent leur premier contrat en 1961, elle n'a que 16 ans ». 

« Berry Gordy, devenu son amant et mentor, mise tout sur ce trio acidulé qui susurre avec élégance des mélodies gospel sur une rythmique rock ». 

« Mais le groupe aligne les flops jusqu'à ce que le génial trio d'auteurs Holland-Dozier-Holland trouve le hit qui sied à la voix cristalline et sensuelle de Diana : "Where Did Our Love Go". 

« Les Supremes enchaînent alors les succès, avant que la domination sans partage de la chanteuse n’ait raison du groupe ». 

« Diana Ross poursuit sa carrière en solo, avec des hauts et des bas, et une grande capacité à se réinventer à chaque échec, partant à la conquête d'Hollywood, rebondissant avec élégance sur la vague disco ou se libérant de son étouffant pygmalion, Berry Gordy. »

« Silhouette fluette et chic, minois carnassier et tendre, Diana Ross, en dépit de son ambition démesurée, touche par sa force de caractère, son émotivité et son inépuisable énergie ». 

« Avec des archives savoureuses, où en vraie diva, elle se montre prodigue en strass, fourreau et fourrures, des interviews de ceux qui l'ont côtoyée – Mary Wilson, ancienne des Supremes, disparue le 8 février dernier, le producteur Nile Rodgers, la stricte Maxine Powell, garante des bonnes manières à la Motown… –, ce film raconte la trajectoire mouvementée d'une chanteuse, qui, malgré son talent et son charisme, a dû batailler pour réussir et s'émanciper sur le plan artistique. »

Elle a exercé une influence sur d'autres chanteurs, dont Michael Jackson, Beyoncé, et Madonna.


« Diana Ross, suprême diva »  de Julie Veille
France, 2019, 52 min
Coproduction : ARTE France, Terminal 9 Studios, Universal Music France/Off Productions
Sur Arte les 26 mars 2021 à 22 h 35, 15 avril 2021 à 5 h 00, 24 avril 2021 à 5 h 25
Disponible du 19/03/2021 au 24/05/2021
Visuels :
Portrait de Diana Ross
© Terminal 9 Studios

Le groupe de la Motown, les Suprêmes, avec de gauche à droite Florence Ballard, Mary Wilson et Diana Ross, 1965
© Hulton Archive / Getty Images

Le groupe des Suprêmes (de gauche à droite Florence Ballard, Mary Wilson et Diana Ross) sur le show musical " Hullabaloo" de la NBC en 1965 à New York
© Michael Ochs Archives / Getty

Portrait de Diana Ross, 1974
© Harry Langdon / Getty Images

« Expressionismus & Expressionismi » - Berlin-Munich 1905-1920. Der Blaue Reiter vs Brüche


La Pinacothèque de Paris a présenté l’exposition éponyme sur « deux courants fondateurs de l’expressionnisme allemand, Der Blaue Reiter (« Le Cavalier Bleu ») et Brücke (« Pont »), en montrant leurs points de convergence, leurs oppositions fondamentales – références intellectuelles ou sensibles - et leurs rapports avec notamment, le fauvisme, la sculpture ou la musique ». Environ 300 œuvres - Kirchner, Nolde, Schmitt-Rottluff et de Kandinsky, Franz Marc et Jawlensky -, des biographies et des citations éclairantes sur ces deux mouvements à l’origine de l’abstraction. Arte diffusera le 28 mars 2021 "Ernst Ludwig Kirchner Génie controversé de l’expressionnisme" (Ernst Ludwig Kirchner - Furchtbar genial) de Susanne Brand.

Au temps de Klimt - La Sécession à Vienne
« Expressionismus & Expressionismi » - Berlin-Munich 1905-1920. Der Blaue Reiter vs Brüche 
Die Brücke. Aux origines de l'expressionnisme 
« Max Liebermann et les Impressionnistes français » de Grit Lederer


Ce titre en forme de néologisme un peu ésotérique se réfère à l’exposition sur le Futurisme au Palazzo Grassi à Venise en 1986 Futurismo & Futurismi.

Il souligne la diversité des origines de l’expressionnisme allemand généralement « perçu comme monolithique ».

L’expressionnisme « s’est principalement structuré autour de deux courants – deux Écoles –, opposés en tout point mais qui ne sont jamais entrés en conflit » : d’une part, Der Blaue Reiter (« Le Cavalier Bleu ») et, d’autre part, Brücke (« Pont »).

Intellectuel/Emotionnel
Der Blaue Reiter, « Le Cavalier Bleu », « était un mouvement intellectuel, composé principalement de penseurs et de philosophes ». Ceux-ci ont développé « une approche extrêmement théorisée de ce que devait être leur œuvre. Héritier de la culture germanique et romantique du Gesamtkunstwerk, « oeuvre d’art totale », – où littérature, musique, poésie et dessin devaient s’harmoniser de manière équilibrée » –, ce mouvement compta parmi ses fondateurs des artistes étrangers, comme Kandinsky, qui « apportèrent une vision non germanique à ce que devait être la création artistique idéale ». Cette « association déboucha rapidement sur l’un des plus importants bouleversements de l’histoire de l’art du XXe siècle : la naissance de l’abstraction », explique Marc Restellini.

« Parallèlement à ce mouvement purement intellectuel », Brücke, « Pont », prit son essor grâce à des artistes qui « privilégièrent une création sensible, sensitive et émotionnelle, où n’avaient pas place les références purement intellectuelles » de Der Blaue Reiter. Ces artistes ont exprimé « de façon instinctive leur rapport à un climat, une époque, un contexte et une période de décadence pangermanique. Les artistes considérés comme « dégénérés » par le régime national-socialiste allaient en être les témoins impuissants et malheureux ».

« Brücke, c’est Dresde, Moritzburg et Berlin ; Der Blaue Reiter, c’est Munich et ses environs bavarois ; l’expressionnisme Rhénan, ce sont Heinrich Nauen, Heinrich Campendonk et August Macke (pour la partie rhénane de sa biographie) ; le Bauhaus, c’est Dessau, Weimar, Stuttgart et Berlin », estime Raimund Stecker qui souligne le « poids du « régional » dans l’histoire de l’art de l’Allemagne ». Et d’ajouter : « La critique d’art – avant tout dans les années soixante-dix et quatre-vingts du XXe  siècle – décerna à cette vision un label national-étatique. L’Expressionnisme, l’expressif, devint pour l’art originaire d’Allemagne un label stylistique national ».

Ces « deux mouvements opposés sont si éloignés dans leur vision qu’ils devraient n’avoir aucun point en commun. Pourtant, ils vont se répondre et s’imbriquer au point, parfois, de fusionner pour ne plus être perçus que comme un seul et unique mouvement, appelé par la suite l’expressionnisme allemand ».

Parmi les grandes convergences : ces deux courants reprennent l’esthétique du « bestiaire », disparue depuis le Moyen Âge… Cela peut être considéré comme une caractéristique de l’expressionnisme, au même titre que leur palette, référence au fauvisme et au primitivisme, qui est omniprésente dans les deux courants esthétiques, quelles que soient leurs oppositions ». Des gammes chromatiques chaudes.

Vers le constructivisme ou vers le lyrisme
« Les travaux des artistes de Brücke, qui tout au cours de l’oeuvre complet de chacun d’eux restent constamment figuratifs, révèlent, au-delà de l’inflation coloriste et de l’appropriation des formes, la problématique classique du rapport formel entre ligne et couleur… Dans le travail de Brücke, reste clairement perceptible, jusque dans les oeuvres tardives de ses membres, un élément narratif, tandis que les artistes de Der Blaue Reiter évoluent d’entrée vers une totale « absence d’histoire », vers la « chosification ». Ainsi se dessinent d’un côté un chemin vers le constructivisme et l’abstraction, de l’autre vers le lyrisme et une sensibilité figuraliste. Cette différence est reconnaissable dès les oeuvres encore purement figuratives de Der Blaue Reiter, celles-ci étant très tôt élaborées, consciemment ou non, selon des principes constructifs de toujours étrangers à Brücke », analyse Ralph Melcher.

Et d’ajouter : « C’est ce que l’on perçoit dès les premières oeuvres, entre 1909 et 1911, à l’époque donc où les peintres de Brücke créaient par exemple leurs nus et leurs paysages sur Fehmarn, sur Hiddensee, sur les étangs de Moritzburg ou à Nidden, si l’on se concentre sur celles des toiles que les artistes eux-mêmes insérèrent à titre d’exemple dans l’Almanach du Blaue Reiter. Ce traitement de la couleur comme amplificateur du mouvement et de la dynamique – et tout d’abord, sous l’aspect de la composition, quasiment comme touches de peinture – dont la référence à la tonalité, c’est-à-dire à la couleur inhérente à tel objet, telle silhouette ou simplement telle forme, non seulement se perd, mais est totalement abandonnée, est une caractéristique de la peinture de ces années-là chez tous les artistes de Der Blaue Reiter et ouvre la voie à l’abstraction sans objet, un pas que Kandinsky et Marc allaient accomplir peu après. Une telle évolution, en dépit de toute composition coloriste, ne vit jamais le jour chez les peintres de Brücke, la tendance n’en étant même pas décernable dans les toiles du tout début du siècle, inspirées de Van Gogh, et dont la touche épaisse rappelle la peinture gestuelle. Les artistes de Der Blaue Reiter s’inspirent ici tout à fait des mouvements artistiques parallèles parisiens, particulièrement du fauvisme, et se retrouvent ainsi proches des sources d’inspiration, entre autres, de Brücke. Leur élan moteur va néanmoins manifestement au-delà du traitement du figuralisme et s’attache directement à la force d’expression de la couleur, non comme outil, mais comme objet de la représentation... Tandis que les artistes de Brücke puisèrent leur inspiration dans les représentations et thèmes artistiques polynésiens ou africains, tout comme si cette iconographie pouvait en quelque sorte témoigner de l’authenticité de mentalités et de modes de vie primitifs, il n’entra pratiquement jamais dans les intentions de Der Blaue Reiter de se rapprocher de la piété véhiculée par l’imagerie populaire de l’Allemagne méridionale. Ce sentiment, réel ou supposé, d’une proximité immédiate avec des forces et énergies que n’étouffaient pas la vie moderne et une culture sophistiquée semble avoir été la motivation principale de ces artistes. Tandis donc que Brücke s’attachait à accéder directement à la vie même, à la saisir intuitivement, Der Blaue Reiter s’intéressait plutôt à la question du sens de la vie et du ressenti en soi ».

Ces deux courants vont générer d’autres mouvements, « tous intégrés dans l’expressionnisme, bien que parfois fondés sur des philosophies très différentes ».

« Entre 1905 et 1914, artistes fauves travaillant en France et peintres expressionnistes allemands propagent dans toute l’Europe une vague de remise en cause et de rénovation du système de représentation et des conventions hérités tout à la fois du symbolisme, de l’impressionnisme et de leurs suite », écrit Jacqueline Munck.

De manière originale, cette exposition présente côte à côte, et non regroupées par artiste, des œuvres de ces deux courants pour en « souligner les convergences et clarifier les différences ». Tous les textes des œuvres sont affectés de l’une des deux couleurs, bleu et jaune-oranger, afin de permettre au visiteur de lier rapidement chaque tableau à l’un des deux courants.

Vassily Kandinsky (Der Blaue Reiter)
Moscou 1866 – Neuilly-sur-Seine 1944
Après la séparation de ses parents, le Russe Vassily Kandinsky est confié à sa tante Elizabeth Ticheeva. A Moscou, dès 1886, il étudie le droit, l’économie nationale et l’ethnologie, il peint et fréquente les expositions d’art. En 1896, il choisit la peinture et s’installe à Munich pour suivre l’enseignement d’Anton Azbé, puis de Franz von Stuck à l’Académie des arts de Munich. Il crée le groupe d’artistes Phalanx en y associant la Schule für Malerei und Aktzeichnen, « école de peinture et de dessin de nu ». Pendant plusieurs années, ses tableaux sont montrés à la Berliner Secession, « Sécession de Berlin ». Dès 1909, il participe au Salon d’Automne à Paris. Il collabore avec des artistes amis tels Marianne von Werefkin et Alexej von Jawlensky, ce qui influe sur son style. Membre, puis président de la Neue Künstlervereinigung München, « nouvelle association des artistes munichois », il évolue vers la peinture abstraite. Cette tendance suscite une opposition croissante parmi le groupe. Kandinsky s’en éloigne pour emprunter d’autres voies. Avec Franz Marc, il écrit l’Almanach du Blaue Reiter, publié en 1912, après une exposition à la galerie munichoise Tannhauser. Parmi les tableaux, est présenté son écrit théorique Du spirituel dans l’art. Ces idées exerceront une influence notable dans l’évolution de la peinture abstraite. Au début de la Première Guerre mondiale, Kandinsky rejoint la Russie. Il se marie une deuxième fois et crée une académie des arts. Sur la proposition en 1922 de Walter Gropius, il occupe une chaire au Bauhaus, en Allemagne, jusqu’à la fermeture de l’école. Il émigre ensuite en France. Il décède le 13 décembre 1944.

Ernst Ludwig Kirchner (Brücke)
Aschaffenburg 1880 – Frauenkirch-Wildboden 1938
Après son baccalauréat (1901), Ernst Ludwig Kirchner étudie l’architecture à l’Université Technique de Dresde. En 1903-1904, il étudie à Munich et suit les cours de l’« Atelier pédagogique et expérimental pour les arts libres et appliqués » de Wilhelm von Debschitz et Hermann Obrist. A Dresde en 1904, il rencontre Erich Heckel. Tous deux créent le 7 juin 1905, avec Karl Schmidt-Rottluff et de Fritz Bleyl, l’union artistique Brücke. En juillet 1905, Kirchner obtient son diplôme de fin d’étude. En novembre 1905, la galerie P.H. Beyer & Sohn de Leipzig présente la première exposition de Brücke. À Dresde, en 1906, Brücke montre ses oeuvres dans le salon d’exposition de la fabrique de luminaires de K. M. Seifert. De 1906 à 1911 est publié l’almanach de Brücke. La première exposition autonome de Kirchner, en collaboration avec Schmidt-Rottluff, se déroule en 1908 au salon artistique de A. Dörbandt à Braunschweig. En 1910, Kirchner devient membre du Deutsches Künstlerbund. Il s’établit en 1911 à Berlin et fonde avec Hermann Max Pechstein le MUIM-Institut (Institut d’enseignement moderne de la peinture). Dix de ses sculptures sur bois sont publiées dans Der Sturm de Herwarth Walden. En 1912, Kirchner participe à l’exposition du Sonderbund à Cologne et fait la connaissance d’Erna Schilling qui devient son modèle et sa compagne jusqu’à la fin de sa vie. En 1913, les artistes de Brücke lui demandent d’écrire une chronique du groupe, ce qui, à la suite d’un conflit, mène à sa dissolution. En 1914, Kirchner s’engage dans l’armée, mais est mis en congé en septembre 1915. Il est exempté en novembre. Malade, il se rend dans des sanatoriums. En 1917, Kirchner s’installe à Davos et participe à des expositions, individuelles ou collectives. Sous le pseudonyme Louis de Marsalle, il rédige des critiques de ses oeuvres. Il entre en 1931 à l’Académie Prussienne des Arts. En 1937, 639 œuvres de Kirchner jugées « dégénérées » sont écartées et Kirchner est contraint de démissionner de l’Académie. Il se suicide le 15 juin 1938.

La collection documentaire "Les petits secrets des grands tableaux" présente "Francfort, le port de l'Ouest", 1916 – Ludwig Kirchner" de Clément Cogitore.

"De quoi se nourrit une œuvre ? Que dit-elle de son auteur et du monde qui l’a engendrée ? Entre innovation numérique et décryptage ludique, la deuxième saison d’une captivante histoire de l’art."

"Grâce aux techniques de l’animation numérique, chaque épisode passe à la loupe un tableau de maître, déambulant littéralement à l’intérieur de l’œuvre, à la recherche de perspectives inédites. La toile se dépeuple avant d’accueillir de nouveau les objets et personnages qui la composent ; des jeux d’ombre et de transparence soulignent les détails cachés ; des fragments s’animent pour accentuer les mouvements esquissés par le pinceau ; la caméra s’échappe du cadre pour explorer l’environnement qui l’entoure..." 

"Au-delà de l’analyse graphique, la collection, racontée par Clémentine Célarié, voyage derrière la surface de la toile pour saisir le contexte de sa création et capter l’esprit de son époque, retranscrits à l’aide d’une abondante matière iconographique – cartes, gravures, photographies..."

"De La tentation de saint Antoine (1501) de Jérôme Bosch à Francfort, le port de l'Ouest (1916) de Ludwig Kirchner, les peintures prennent vie pour nous raconter guerres, révolutions, mutations économiques, découvertes scientifiques, croyances et courants idéologiques."

"Au milieu de la Grande Guerre qui met l’Europe à feu et à sang, Ludwig Kirchner (1880-1938), l’un des chefs de file de l’expressionisme allemand, est en convalescence dans un sanatorium et peint Francfort, le port de l’Ouest

"Le tableau, composition géométrique aux couleurs vives et aux lignes anguleuses qui rappellent la gravure sur bois, représente le port industriel de Francfort-sur-le-Main. En 1916, l’Allemagne industrieuse est tout à l’effort de guerre et ses fils meurent dans les tranchées de Verdun." 

"J’ai toujours cette impression de carnaval sanglant", écrit Kirchner. L’œuvre entière du peintre est le miroir de la période violente et tourmentée vécue par son pays, du crépuscule prussien jusqu’à l’aube nazie."


"Avec ses camarades du groupe avant-gardiste Die Brücke, le peintre et sculpteur Ernst Ludwig Kirchner a développé un style brut et spontané, aux couleurs vives et aux extraordinaires qualités expressives, somptueux pied-de-nez à l’académisme et à la morale. Portrait de cette figure de l’expressionnisme allemand à la personnalité controversée."

"Né en 1880 au sein de la bourgeoisie bavaroise, Ernst Ludwig Kirchner se lance en autodidacte dans la peinture pendant ses années d’études à Dresde". 

"Avec ses camarades du groupe avant-gardiste Die Brücke, il développe un style brut et spontané, aux couleurs vives et aux extraordinaires qualités expressives, somptueux pied-de-nez à l’académisme et à la morale."

"Fasciné par la nature autant que par la ville, il s’inspire du rythme trépidant de la vie berlinoise d’avant-guerre pour composer les chefs-d’œuvre expressionnistes qui feront sa renommée, avant de se retirer dès les années 1920 dans un chalet au milieu des montagnes suisses. Volontiers provocateur dans son art, Kirchner révèle par ailleurs une personnalité ambiguë et torturée, dont la vie fut jalonnée d’addictions, de mystifications et de zones d’ombre. Ce documentaire revient sur le parcours de ce pionnier de l’art moderne, avec le recul critique d’un regard contemporain."

Le 27 novembre 2016, Arte diffusa Les grands duels de l'art. Liebermann vs Nolde.

"Franz Marc / August Macke. L'aventure du Cavalier bleu"
Le musée de l'Orangerie présenta l'exposition "Franz Marc / August Macke. L'aventure du Cavalier bleu" (6 mars-17 juin 2019). "Cette exposition présente deux figures majeures de l’expressionnisme allemand et du mouvement Der Blaue Reiter [Le Cavalier bleu], Franz Marc (1880-1916) et August Macke (1887-1914). Dès 1910, ces artistes nouent une amitié portée par leur intérêt commun pour l’art français et plus particulièrement, pour Cézanne, Van Gogh, Gauguin et le fauvisme, qu’ils découvrent lors de leur séjour à Paris. Tous deux expriment dans leurs premiers tableaux, souvent peints en plein-air, une même fascination spirituelle pour le paysage et la nature".

"C’est au moment de leur rencontre en 1911 avec Vassily Kandinsky et de la création de l’Almanach du Blaue Reiter, que leur peinture prend un tournant plus radical. Franz Marc abandonne la peinture de plein-air et commence à peindre ses fameux chevaux bleus qui inspirent le titre de l’ouvrage. Si Marc co-édite avec Kandinsky l’Almanach, August Macke en réunit les visuels ethnographiques et rédige un essai intitulé "Les Masques". Très actifs, Marc et Macke participent également à l’organisation d’expositions internationales d’avant-garde, comme à Cologne en 1912 et à Berlin en 1913, tout en poursuivant leur propre évolution. Ainsi Franz Marc, marqué par l’exposition des Futuristes italiens et par les tableaux de Robert Delaunay, se tourne vers l’abstraction dès 1913. Macke, quant à lui, se distancie de la spiritualité artistique de Kandinsky, pour privilégier un rapport plus évident entre l’homme et la nature, notamment au cours de son voyage en Tunisie, effectué en compagnie de Paul Klee. Mobilisés dès août 1914, les deux artistes meurent au front, laissant deux œuvres emblématiques de l’expressionnisme allemand."



Ralph Melcher, Andrei Nakov, Jacqueline Munck, Marc Restellini (éd), « Expressionismus & Expressionismi » Berlin-Munich 1905-1920. Der Blaue Reiter vs Brücke. Pinacothèque de Paris, Paris, 2011. Format 24,5 x 28,5 cm. Relié. 376 pages. Reproductions couleur. ISBN 978-2-358670-24-1. 55 €

Allemagne, 2021, 53 minutes
Sur Arte le 28 mars 2021 à 18 h
Disponible du 28/03/2021 au 25/06/2021
Visuels : © Susanne Brand

France, 2016, 26 mn
Coproduction : ARTE France, Les Poissons Volants, RMN Grand Palais, Réseau Canopé
Auteurs : Élisabeth Couturier et Yves Nilly
Disponible sur arte.tv du 24/11/2019 au 22/01/2020

Jusqu’au 11 mars 2012
A la Pinacothèque deParis
28, place de la Madeleine. 75008 Paris
Tél. : 01 42 68 02 01
Tous les jours de 10 h 30 à 18 h 30. Nocturnes tous les mercredis et vendredis jusqu’à 21h.
Visuels de haut en bas :
Affiche et couverture du catalogue
Erich Heckel
Baigneuses dans la baie (L’Été à la mer Baltique)

c. 1912
Huile sur toile
95 x 119 cm
signé : E H 12
Kunstmuseen, Krefeld
© Adagp, Paris 2011 © photo : Achim Kukulies, Düsseldorf


Franz Marc (il représente Der Blaue Reiter)
Petite Composition III

c. 1913/1914
Huile sur toile
46,5 x 58,5 cm
Osthaus Museum, Hagen
Photo : Archives Nakov, Paris


Karl Schmidt-Rottluff (il représente Brücke)
Bateaux à flot (Bateaux dans le port)
c. 1913
Huile sur toile
77 x 90,5 cm
Osthaus Museum, Hagen
© Adagp, Paris, 2011


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Judaïsme/Juifs

Les citations proviennent du catalogue et du dossier de presse. Cet article a été publié le 26 février 2012, puis les 26 novembre 2016 et 17 juin 2019.

mercredi 24 mars 2021

« Le prix de la paix » de Mike Schaerer

Arte diffusera les 25 mars et 1er avril 2021 au soir « Le prix de la paix » (Frieden ; Labyrinth of Peace) de Mike Schaerer a
vec Annina Walt, Max Hubacher, Dimitri Stapfer. « À travers le destin d’une famille d’industriels suisse, « Le prix de la paix » explore l’attitude de la Suisse après la Seconde Guerre mondiale, qui accueillit des survivants des camps tout en cachant des criminels de guerre. Une fresque chorale historique captivante, courageuse, créée et écrite par Petra Volpe. En intégralité du 18 mars au 30 avril 2021 ».


Le prix de la paix
 est « une série  chorale historique au cœur de la Suisse de 1945. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le destin croisé des membres d’une famille d’industriels suisses du textile. Nouant aspirations intimes et responsabilité collective et s’appuyant sur de solides recherches, la scénariste Petra Volpe (Les Conquérantes) dévoile toute la complexité de cette période méconnue, grâce à des personnages poignants et nuancés ».

« Suivant en fil rouge les aspirations au renouveau et à la justice de la jeune génération helvète au sortir de la guerre, Le prix de la paix porte un regard sans complaisance sur un pan, sinon occulté du moins méconnu, de l’histoire de la Suisse pendant le conflit mondial et dans l’immédiat après-guerre ». 

« Du rôle discret de ses banques à ses compromis idéologique et économique envers son voisin hitlérien, de l’indigence des moyens accordés à l’accueil des enfants juifs à l’organisation de filières pour "blanchir" les nazis en fuite et l’argent des spoliations, le scénario documenté de Petra Volpe lève le voile sur un passé peu glorieux ». 

« Emmenée par un trio de jeunes interprètes – Annina Walt, Max Hubacher et Dimitri Stapfer – s’emparant de personnages en butte au conservatisme et aux compromissions de leurs aînés, une fresque chorale historique aussi captivante que courageuse. »

« Suisse, 1945. La paix en Europe revenue, Egon Leutenegger a intégré le bureau chargé pour le ministère public suisse d’extrader, à la demande des Américains, les nazis en fuite ». 

« Johann, son frère cadet, s’apprête, lui, à épouser Klara, la fille d’Alfred Tobler, un industriel du textile dont il est devenu le bras droit ». 

« Désireuse de s’engager auprès des réfugiés, Klara a rejoint, malgré les objections de sa mère, l’équipe d’un foyer de la Croix-Rouge qui va accueillir de jeunes Juifs polonais rapatriés du camp de Buchenwald ». 

« Dénoncé par le fermier qui l’employait, l’Allemand Kremser est interrogé par Egon ». 

« Il le met sur la piste d’une filière qui exfiltre d’Allemagne vers la Suisse d’anciens membres de la SS. Le jour des noces de Klara et Johann, Alfred est victime d’un malaise. »

« Malgré sa détermination, Johann ne parvient pas à convaincre son beau-père de moderniser l’entreprise en se lançant dans la production de fibres synthétiques ». 

« Pourtant, la société aurait besoin d’un nouvel élan, d’autant que des licenciements sont prévus à la suite de l’annulation par l’État d’une importante commande ». 

« De son côté, Klara, qui voudrait obtenir du matériel scolaire pour les jeunes dont elle s’occupe, espère leur faire classe ». 

« Grâce aux révélations de l’ancien membre du parti nazi qu’il a démasqué, Egon s’intéresse de près à Wilhelm Scholz, un avocat originaire d’Allemagne installé en Suisse depuis avril 1945. »

« Après avoir essuyé le refus des banques de financer son projet de nouvelle usine, Johann a reçu le soutien de Carl Frei, un avocat influent ». 

« Ayant obtenu l’appui financier d’un consortium qui souhaite rester en retrait, ce dernier propose de faire venir de Dresde Rudolph Schneider, un chimiste allemand, pour le nouveau laboratoire ». 

« Au foyer de la Croix-Rouge, un vol de nourriture a été découvert. Klara soupçonne Herschel, un jeune dont elle s’est rapprochée, d’avoir quelque chose à cacher ». 

« Quant à Egon, épaulé par une journaliste américaine, il poursuit son enquête sur Scholz. Sans demander l’aval d’un juge, il décide aussi de mettre Frei sur écoute. »

« Klara accompagne Jenkele au comité international de la Croix-Rouge, à Genève, afin d’en apprendre plus sur le sort de ses parents. »

« Pour le réconforter, elle l’invite à la soirée d'anniversaire de sa mère, Lisbet-Marie ». 

« Au cours de la fête, un incident éclate avec Renata, la fille des Schneider ». 

« Furieuse, Klara reproche à Johann de travailler avec des nazis et lui annonce qu’elle ne rentrera plus à la maison tant que Schneider et sa famille habiteront chez eux ». 

« Alors qu’Egon fait part de ses soupçons sur Scholz au procureur, ce dernier lui retire l’affaire et lui signifie sa mise à pied ». 

« Peu après, Klara commet une erreur lourde de conséquences. » 

Réunis par le directeur, Obrecht, les jeunes apprennent que le foyer va fermer et qu’ils vont être envoyés en Palestine » mandataire.

« La nouvelle les révolte, car ils ne veulent pas être séparés, et beaucoup d’entre eux souhaitent rester en Suisse ». 

« Alors que Johann tente de se réconcilier avec Klara, Egon lui confie ses soupçons : Wilhelm Scholz a volé des familles juives et Carl Frei l’a aidé à blanchir l’argent spolié en l’investissant dans son usine ». 

« Venue des Pays-Bas, l’une de leurs victimes pourrait bien fournir la preuve dont il a besoin ». 

« Après la disparition du petit Jenkele, qu’elle avait installé dans la villa familiale, Klara perd connaissance. »

« Le médecin qui l’examine lui apprend qu’elle attend un enfant. Loin de réjouir Johann, la nouvelle est source pour lui d’une nouvelle angoisse : en est-il le père ? » 

« Egon, quant à lui, est à deux doigts de faire arrêter Scholz, qui se prépare à partir pour l’Argentine ». 

« Johann se trouve face à un dilemme : s’il collabore avec les autorités, il perdra son entreprise. S’il ne le fait pas, il risque de détruire son mariage avec Klara… »



« À travers la chronique d’une famille suisse en 1945, Le prix de la paix revient sur une période méconnue. S’appuyant sur de solides recherches, la scénariste Petra Volpe (réalisatrice de Les conquérantes, nommé aux Oscars en 2018) en dévoile toute la complexité, grâce à des personnages puissants et nuancés. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène.

Le prix de la paix lève le voile sur une période trouble. À quel point cette réalité est-elle connue en Suisse ?
Petra Volpe : L’attitude de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale a fait l’objet de beaucoup de recherches et de débats. En revanche, on ne parle quasiment pas de ce qui s’est passé après. Quand j’ai commencé à m’y intéresser, j’ai réalisé que je ne savais rien de cette "année zéro"… Or il s’agit d’un moment crucial, car l’Europe se retrouve face à la problématique de sa reconstruction. Comment les gens se sont-ils comportés au cours de cette période ? Cette question m’a passionnée, et j’ai été choquée de découvrir comment les rescapés des camps de concentration avaient pu être accueillis, et à quel point, pour le gouvernement et les industriels, la priorité n’avait pas changé : faire du profit.

Comment avez-vous mené vos recherches avant de les transformer en fiction ?
J’ai notamment bénéficié de toute la documentation établie par le rapport Bergier, commandé en 1996 par le gouvernement suisse, lorsque des Juifs spoliés pendant la guerre ont demandé à récupérer leurs biens. Cela a constitué ma source principale. J’ai alors été frappée par un parallèle effrayant : le fait que la Suisse se soit présentée comme une terre d’asile pour les survivants des camps, tout en accueillant, dans le secret, des criminels de guerre en fuite. L’hôtel de Zurich dont il est question dans la série est inspiré d’un hôtel réel où étaient hébergés, au même moment, des Juifs et des nazis. Au début, je voulais écrire un film pour le cinéma, mais face à l’ampleur du sujet, j’ai choisi d’orienter l’histoire vers le format de la série, ce qui a été très libérateur. Une équipe d’historiens m’a aidée à garder le juste équilibre entre la véracité historique et la nécessaire dramatisation des faits.

À travers les trois personnages principaux, la série dresse aussi le portrait d’une jeune génération. Pourquoi cet angle ?
Klara, Johann et Egon appartiennent à une génération émergente qui voit la fin de la guerre comme un nouveau départ. Cependant, malgré leur volonté d’avancer, ils vont comprendre qu’ils ne peuvent pas se défaire du passé. C’est une histoire universelle : celle du conflit entre le profit et le respect de la vie humaine, et nous n’en sommes toujours pas sortis.Il suffit de regarder comment sont considérés actuellement les réfugiés de guerre. Les jeunes protagonistes du Prix de la paix ne sont donc pas très différents de ceux d’aujourd’hui, confrontés aux mêmes dilemmes et aux mêmes défis face à l’avenir. »


Suisse/Allemagne/France, 2020, 6×50’
Coproduction : ARTE, SRF, Zodiac Pictures
Une série créée et écrite par Petra Volpe
Avec Annina Walt, Max Hubacher, Dimitri Stapfer
Réalisation : Michael Schaerer
Scénario : Petra Volpe
Production : Zodiac Pictures Ltd, SRF, ARTE
Producteurs : Lukas Hobi, Reto Schaerli
Image : Christian Marohl
Costumes : Monika Schmid
Décors de film : Su Erdt
Son : Jean-Pierre Gerth
Montage : Wolfgang Weigl
Musique : Annette Focks
Avec Annina Walt (Klara), Max Hubacher (Johann Leutenegger), Dimitri Stapfer (Egon Leutenegger), Urs Bosshardt (Alfred Tobler), Sylvia Rohrer (Lisbet-Marie Tobler), Therese Affolter (Elsie Leutenegger), Stefan Kurt (Carl Frei), Oscar Bingisser (Obrecht), Jan Hrynkiewicz (Herschel), Miron Sharshunov (Jenkele), Nicolas Rosat (Kägi)
Sur Arte :
1ère partie (49 min) : le 25 mars 2021 à 20 h 55
2e partie (51 min) : le 25 mars 2021 à 21 h 45
3e partie (52 min) : le 25 mars 2021 à 22 h 40
4e partie (51 min) : le 1er avril 2021 à 20 h 55
5e partie (51 min) : le 1er avril 2021 à 21 h 50
6e partie (51 min) : le 1er avril 2021 à 22 h 40
Disponible du 18/03/2021 au 30/04/2021

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