Le 19 février 2026, le 40e diner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) s’est tenu en présence du Premier ministre, Sébastien Lecornu. À cette occasion, Yonathan Arfi, « élu » Président du CRIF sans respect des statuts de la fédération, a prononcé un discours faible. Et le Chef du gouvernement, qui alors ministre des Armées avait ordonné le boycott d’entreprises israéliennes dans des Salons internationaux de la Défense près de Paris, a annoncé une seule mesure de lutte contre l’antisémitisme : la future adoption d’une peine d’inéligibilité pour les auteurs condamnés pour racisme ou antisémitisme. Une peine prévue dans le Code pénal pour certains délits !
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Des huissiers de justice problématiques à l'égard de Français Juifs
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C’était prévisible depuis la nomination le 9 septembre 2025 de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre. Le 19 février 2026, l’invité du diner annuel du CRIF a donc été Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées (mai 2022-octobre 2025), qui, à ce titre, avait ordonné, avec l’accord ou sur ordre du Président de la République Emmanuel Macron, l’interdiction d’entreprises… israéliennes à trois prestigieux salons de la Défense en 2024 et 2025 : Eurosatory, Salon international consacré à la défense et à la sécurité terrestres et aéroterrestres (17-20 juin 2024), Euronaval (4-7 novembre 2024), « rendez-vous mondial consacré à la défense navale » et le Salon du Bourget (16-19 juin 2025). Un boycott révélant un antisémitisme d’État.
Problèmes de légitimité et légalité
La légalité ou la légitimité du Président de la République Emmanuel Macron, du Premier ministre Sébastien Lecornu et de Yonathan Arfi comme « Président » du CRIF s’avèrent problématiques.
Sébastien Lecornu a été nommé par un Chef d’État, Emmanuel Macron, qui a perdu sa légitimité après ses trois défaites aux élections, européennes et législatives, en 2024. Il ne dispose d’aucune majorité au Parlement, et son gouvernement ne perdure qu’en acceptant les desideratas de partis très minoritaires – parti socialiste, Les Républicains -, qui craignent de perdre des sièges en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, et grâce au refus de La France Insoumise (LFI) de se joindre à une motion de censure du Rassemblement national (RN). Une situation contraire à l’esprit de la Constitution de la Ve République, et que la démission du Président de la République ou le refus du « barrage républicain » auraient du/pu éviter.
Dans ce cadre, la mission essentielle du Premier ministre Sébastien Lecornu consiste à permettre au Président de la République Emmanuel Macron, impopulaire auprès des Français, isolé diplomatiquement, d’achever son second mandat, et de poursuivre sa révolution dans un contexte d’immigration de masse : autorisation de l’euthanasie dans des conditions injustifiables, adoption de la PP3 (troisième programmation pluriannuelle de l'énergie) accélérant la paupérisation de classes moyennes et les fermetures d’entreprises, vente de sociétés industrielles stratégiques, destruction de l’agriculture par des traités européens de libre échange permettant une concurrence déloyale, endettement public non réduit et déficits publics importants… Une période mise à profit par le Chef d’État pour procéder à des nominations politiques de ses proches à des postes stratégiques, afin de renforcer un État profond. Un « coup d’État technocratique » (Alexandre Devecchio). Une tactique visant, dans l’optique de l’arrivée au pouvoir du RN, à entraver cette alternance politique qui incitera vraisemblablement LFI et ses alliés ou nervis (Jeune Garde) à s’y opposer en déchainant la violence dans les rues, prélude au chaos, puis au retour préparé d’Emmanuel Macron au pouvoir.
En outre, Sébastien Lecornu venait de modifier son CV : dans sa page sur le site du ministère des Armées, quand il était encore à ce poste, ou sur LinkedIn, son CV mentionnait à tort la détention d’un master de droit public, alors que Sébastien Lecornu n’avait pas validé sa deuxième année. Le 10 février 2026, la Commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) avait jugé irrecevable la plainte du Syndicat national des agents publics de l'Education nationale (SNAPEN). Elle avait considéré que « les faits reprochés à [Sébastien] Lecornu, à les supposer établis, ne sont pas de nature à léser, même indirectement, les intérêts défendus par le syndicat plaignant ». Une décision insusceptible de recours. Le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim avait démissionné en 2013 après la révélation qu’il n’était pas agrégé de philosophie comme il l’avait allégué…
Le 17 février 2026, Le Canard enchainé révélait que le conseiller agriculture du Premier ministre avait été « congédié fin décembre 2025 pour… consommation de stupéfiants : après avoir fait une overdose lors d’une soirée festive, il avait été pris en charge par les pompiers ». Le 19 novembre 2025, Emmanuel Macron avait dénoncé en Conseil des ministres « les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafics… Un continuum qui affaiblit notre société ».
Des exemples de la vertueuse république macronienne.
Quant à Yonathan Arfi, il n’a aucun mandat légal et aucune légitimité à se présenter et à agir comme Président du CRIF depuis le 15 juin 2025, date à laquelle une assemblée clairsemée l’aurait réélu « par acclamations ». Ce qui n’est pas conforme aux statuts de la fédération. Une forme de « coup d’État communautaire » ?
Dans ce contexte caractérisé aussi par les propos et actes anti-israéliens du Chef de l’État envers Israël, et à l’approche des élections municipales (15 et 22 mars 2026), la Macronie a décliné une communication ciblée en direction de la communauté juive française : interview de Rachida Dati par Radio J le 25 janvier 2026, cérémonie à l’Élysée le 13 février 2026 pour le vingtième anniversaire de l’assassinat d’Ilan Halimi, interview du Président Emmanuel Macron sur Radio J le 15 février 2026, voyage officiel d’Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, en Israël (16-18 février 2026)…
Jusqu’au webzine juif américain Tablet qui a publié le 17 février 2026 un extrait du discours présidentiel en hommage à Ilan Halimi !?
Un CRIF affaibli
En vingt-cinq ans, depuis le déclenchement de l’Intifada II par Yasser Arafat, chairman de l’Autorité palestinienne, le diner du CRIF a décliné : il n’est plus un évènement national majeur. Certes, il se caractérise encore par des discours longs (environ vingt minutes) et souvent insipides, suivis par une distribution de Prix, comme à l’école républicaine, mais son prestige et son utilité ont décru. Et les rares demandes de son Président acceptées par le pouvoir exécutif, tel le contrôle d’Internet, sont liberticides, réduisent l’impact des Internautes combattant l’antisémitisme tout en laissant nombre de comptes antisémites en activité. De plus, depuis 2025, le CRIF est membre de l’Observatoire de lutte contre la haine en ligne, une coalition d’associations relancée par Aurore Bergé.
En 2026, le CRIF s’est targué de mille invités à son diner, dont des édiles – logique à environ un mois du premier tour des élections municipales -, d’anciens Présidents de la République, dont François Hollande, des ministres et anciens Premiers ministres, des ambassadeurs, des dirigeants communautaires dont le Grand Rabbin de France Haïm Korsia et le Président du Consistoire de France Me Elie Korchia… Comme le CRIF a exclu d’inviter des partis d’extrême-gauche (LFI, EELV), le Rassemblement national, Reconquête ! et une partie du Parti socialiste, ne restaient que Les Républicains, l’extrême-centre macronien et des élus socialistes, tel le député Romain Eskenazi (Socialistes et apparentés) hostile à toute alliance avec LFI. Bref, un isolement politique du CRIF. Une déconnexion des Français juifs qui survotent dans certaines circonscriptions pour le RN et Reconquête !
La veille, Yonathan Arfi avait commenté des statistiques inquiétantes sur les actes antisémites en France en 2025 recensés par le ministère de l’Intérieur et le SPCJ (Service de protection de la communauté juive), organisation communautaire créée en 1980 : « 1320 actes recensés en 2025, soit 110/mois et plus de 3,6/jours. L’antisémitisme se maintient à un niveau durablement élevé, confirmant le palier atteint en 2023–2024. Et 53 % des faits antireligieux sont des actes antisémites, alors même que la population juive en France représente moins de 1 %, révélant un niveau de ciblage hors proportion. »
Le contexte de ce diner ? Le numéro de février 2026 de Causeur avait consacré un Focus à l’affaire al-Dura. Le 2 février 2026, le Tribunal administratif de Paris avait rejeté les demandes de trois ayants-droit canadiens de Khedouri Lawee (1891-1968) et d’Ezra Lawee (1894-1982) qui avaient réclamé à la France notamment 14 millions d’euros de loyers impayés depuis 1969 : l’ambassade de France à Bagdad (Irak) se trouve depuis 1965 à Beit Lawee, propriété de cette famille juive. Le 18 février 2026, Teba N., étudiante en première année d’économie à l’université Paris Sorbonne, avait comparu devant le Tribunal judiciaire de Paris pour harcèlement scolaire ayant entraîné une dégradation des conditions de vie d’étudiantes juives françaises exclues de son groupe Instagram et provocation non publique à la haine antisémite.
Yonathan Arfi
Dès les premières phrases de son discours, Yonathan Arfi a évoqué l’assassinat d’Ilan Halimi dans un registre émotionnel et sous la forme d’exhortations : « Le 13 février 2006, j’avais 25 ans. J’ai pleuré la mort d’un Français juif, enlevé, torturé, assassiné. Le 13 février 2006, j’ai pleuré la fin d’un monde. Je suis de la génération Ilan Halimi. Celle qui a vu l’antisémitisme meurtrier s’échapper en France des livres d’Histoire… Quand des bûcherons antisémites ont tronçonné un arbre planté à sa mémoire, tout a ressurgi. La rage. Le sentiment de solitude. La détermination. En souvenir d’Ilan Halimi : nous ne laisserons personne déraciner sa mémoire ! Nous ne laisserons personne déraciner la République ! Nous ne laisserons personne déraciner les Français juifs ! Lors de la remise du Prix qui porte son nom, vous nous avez confié à quel point sa mort avait marqué votre conscience politique. Je tiens d’abord, à vous exprimer notre reconnaissance et, à travers vous, à tous les élus [qui] ont choisi de planter des arbres en signe d’engagement républicain contre l’antisémitisme… » Le Président Emmanuel Macron avait cité Sébastien Selam, tué en 2003, parmi les victimes d’antisémitisme en France depuis 2000, puis Me Ariel Goldmann et Marc Knobel avaient nommé ce jeune DJ, mais Yonathan Arfi a omis de le nommer. Planter un arbre, c’est à peine symbolique, et les plaques apposées sont elliptiques sur les circonstances de la mort d’Ilan Halimi.
Puis, Yonathan Arfi a évoqué une justice problématique : « Comment comprendre la décision de justice qui ne reconnaît pas la nature antisémite de cette dégradation [de l’arbre planté en hommage à Ilan Halimi et coupé] ? Comme elle ne l’a pas reconnu pour la défenestration de René Hadjadj à Lyon ou l’empoisonnement d’une famille juive à Levallois ? Faut-il que l’antisémitisme ou le racisme soit revendiqué par leurs auteurs pour être reconnu ? La France a besoin que la justice mette plus souvent des mots sur la haine même quand elle se propage en silence. »
« De Manchester à Washington, de Sydney à La Grande-Motte, le 7-Octobre a été entendu comme un appel mondial au passage à l’acte violent contre les Juifs… Nous aurions tort de croire que nous retrouverons rapidement en France la situation qui prévalait avant le 7-Octobre… En 2025 : 1320 actes, recensés par le ministère de l’Intérieur contre seulement des dizaines par an, – déjà trop –, dans les années 90 puis des centaines annuellement de 2000 à 2022. Au-delà, un antisémitisme d’atmosphère s’est déployé, amenant des Français à douter parfois de leur avenir en France » Le 7-Octobre a été entendu comme un appel au djihad. Mais le caractère islamique est sciemment dissimulé par les dirigeants communautaires français.
« Comment expliquer que les Juifs, moins de 1 % de la population, sont la cible de 53 % des actes antireligieux dans notre pays ? D’abord, une obsession. Celle de l’essentialisation des Juifs et de l’assignation permanente à la guerre à Gaza… L’injonction est féroce : exiger des Juifs qu’ils condamnent Israël, pour faire du sionisme un crime moral. C’est une falsification historique : être sioniste, c’est reconnaître simplement que le peuple juif, comme tous les autres peuples, a droit à l’autodétermination… En 1948, les Britanniques se retirent du Proche-Orient, comme ils se sont retirés d’Inde ou du Pakistan, et un vieux peuple indigène, le peuple juif, comme d’autres, accède à la souveraineté. N’en déplaise à Rima Hassan, la création d’un État juif n’est pas le produit de la colonisation, mais s’inscrit au contraire dans l’histoire de la décolonisation ! »
Et Yonathan Arfi de poursuivre : « Le nouveau maccarthysme antisioniste se présente comme un progressisme. Un climat d’intimidation intellectuelle terrorise l’univers académique, où des étudiants juifs sont harcelés. Il menace aussi le monde de la culture, où des artistes comme Amir, Enrico Macias ou Sophia Aram font l’objet d’appels au boycott… Parmi ces inquisiteurs des temps modernes, un syndicat fait preuve d’un zèle remarquable. Quand la CGT s’oppose à la tenue d’un concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Paris, défend-t-elle les travailleurs ? Ou alors cultive-t-elle depuis le 7-Octobre une idéologie faite de clientélisme et d’aveuglement, jusqu’à l’apologie du terrorisme ? Cette nouvelle inquisition trouve aussi des relais plus branchés : ainsi Radio Nova, qui accueille Guillaume Meurice, qui défend Blanche Gardin et qui devient peu à peu la radio refuge de l’humour-antisémite-qui-affirme-ne-pas-l’être-et-s’offusque-qu’on-le-dénonce. Dieudonné en rêvait, Mathieu Pigasse et Radio Nova l’ont fait ! »
« Et que dire de la responsabilité d’élus, jusqu’aux bancs de l’Assemblée nationale, qui légitiment et cautionnent l’antisémitisme ? Je salue la proposition du Président de la République de rendre inéligibles les auteurs d’actes et de propos racistes ou antisémites. Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes,… tôt ou tard, vous serez rattrapés par la justice ! », a prédit Yonathan Arfi. On peut en douter tant les plaintes visant ces élus LFI ou EELV n’ont pas encore abouti, des années après leurs dépôts.
Yonathan Arfi a réitéré son rejet, depuis des années, de LFI et du RN : « La France insoumise représente un danger existentiel pour les Français juifs. Il est temps de reconnaître ce parti pour ce qu’il est : aucune démocratie interne, la violence comme stratégie, le culte du chef, l’intimidation des journalistes, la soumission à Poutine comme la compromission avec les mollahs : LFI est un parti factieux, une secte politique dangereuse pour la République ! La mort de Quentin Deranque à Lyon doit servir aujourd’hui d’alerte. Face à cette dérive, la réponse doit venir de la gauche elle-même… Cet impératif n’est pas que politique, il est d’ordre moral et engage l’honneur et l’histoire de la gauche républicaine… Le Parti socialiste (PS) et tous les acteurs de la gauche responsable doivent rompre clairement, définitivement, avec LFI, en renonçant à toute alliance avec ce parti. Pourquoi la gauche républicaine s’autoriserait-elle avec LFI ce que la droite républicaine, s’interdit, à raison, avec le Rassemblement National (RN), et j’espère continuera à le faire ? »
Yonathan Arfi s’est ensuite présenté en héraut de la liberté : « Parmi les victimes sur la plage de Bondi Beach, figurait un Français, Dan Elkayam... Sa famille est présente à nos côtés ce soir. Aucun pays, aucune société n’est à l’abri de l’antisémitisme... À New York, l’élection de Zohran Mamdani, pour qui le slogan « Globalize Intifada » est acceptable […] revient sur l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA. De l’autre côté, l’activisme MAGA libère les pulsions antisémites de suprémacistes décomplexés, de Nick Fuentes à Tucker Carlson… Je crois à la nécessité d’un dialogue respectueux entre la France et les États-Unis […] pour combattre l’antisémitisme des deux côtés de l’Atlantique comme pour défendre la liberté partout dans le monde. La liberté pour l’Ukraine, face à l’impérialisme russe. La liberté, pour les femmes afghanes, abandonnées au pire des obscurantismes et celle du peuple du Venezuela, qui a droit à la démocratie. La liberté pour les Kurdes, livrés à la vengeance de néo-djihadistes. La liberté espérée pour Christophe Gleizes, otage en Algérie, et celle retrouvée, de Boualem Sansal ! La liberté pour nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris toujours retenus en Iran et assignés à résidence à l’ambassade de France. La liberté en Iran, toujours, quand un peuple se soulève face à l’oppression islamiste. Des dizaines de milliers de manifestants ont été massacrés en deux jours, par les terroristes des Gardiens de la Révolution, dans le silence du monde et de la plupart des indignés professionnels. » Des oublis dans cette liste : les chrétiens persécutés par les islamistes notamment en Afrique sub-saharienne, les Yéménites, etc.
Et Yonathan Arfi de fustiger l’inaction de l’Union européenne et la France face aux accusations infondées de « génocide » que commettrait Israël : « Non seulement la mémoire de la Shoah ne protège plus les Juifs, mais désormais on la retourne contre eux. [Ainsi de] l’accusation mensongère et infamante de « peuple génocidaire », que l’on veut désormais coller au peuple juif dans une funeste inversion morale. Monsieur le Premier ministre, vous avez pris le temps de venir visiter l’exposition mémorielle sur le 7-Octobre que nous avons organisée place des Vosges en hommage aux 1 200 victimes du Hamas et aux otages. Ensemble, nous nous sommes arrêtés devant la photo de la cérémonie d’hommage national rendu aux Invalides. J’ai vu votre émotion devant les images des kibboutz martyrisés et face aux portraits des 50 victimes françaises. Vous m’avez dit aussi l’importance de vos échanges avec les familles d’otages lors de vos voyages en Israël quand vous étiez ministre de la Défense. Je connais l’engagement sincère de votre gouvernement contre l’antisémitisme… La France ne reprend pas à son compte l’accusation de génocide. Mais pourquoi l’Europe et la France laissent-t-elles cette accusation sans réponse lorsqu’elle est proférée par d’autres pays dans des instances internationales ? Laisser prospérer mondialement l’accusation mensongère de génocide, c’est mettre en danger tous les Juifs, où qu’ils vivent, essentialisés, nazifiés, livrés à la vindicte des antisémites… »
Puis, Yonathan Arfi a évoqué Francesca Albanese « Cette rhétorique antisémite est au cœur du discours de la rapporteure spéciale de l’ONU Francesca Albanese. La demande française de sa démission portée par le Ministre des affaires étrangères est l’honneur de notre pays ! Elle a participé à un forum aux côtés d’un dirigeant du Hamas, dont elle qualifie l’action de « résistance » ; elle a parlé par le passé des États-Unis « subjugués par le lobby juif ».
« En septembre, quelques jours avant la reconnaissance de l’État palestinien par la France, l’Autorité palestinienne mettait enfin en détention un des suspects de l’attentat de la rue des Rosiers, dans la perspective d’une extradition. Les institutions juives étaient opposées à cette reconnaissance alors que des otages étaient encore retenus à Gaza, que le Hamas n’a pas désarmé et que beaucoup d’États de la région ne reconnaissent pas Israël. Cinq mois plus tard, ce suspect n’a toujours pas été extradé. Qu’est-ce que la France a gagné avec cette reconnaissance prématurée ? », a interrogé Yonathan Arfi.
Et il a poursuivi par une diatribe fourre-tout : « Les institutions juives ont toujours soutenu tous les processus de paix au Proche-Orient et continueront à le faire… La cause d’Israël est juste dans cette guerre qu’il n’a pas choisie. [Nous continuons] à appeler à la paix entre Israéliens et Palestiniens… La République s’abîme quand des maires, par clientélisme ouvrent la porte à l’islamisme des « Frères musulmans » dans leurs villes. Elle s’abîme quand on laisse se tenir une messe en hommage à Pétain alors que la République l’avait condamné à l’indignité nationale. Elle s’abîme quand on laisse Al Jazeera et sa déclinaison sur les réseaux sociaux AJ+ diffuser en France une rhétorique islamiste, qui attaque la laïcité française autant qu’elle menace les Juifs. Elle s’abîme quand des députés du parti « passionnément antisémite », ceints de leur écharpe tricolore mais brandissant des drapeaux palestiniens, tiennent meeting au cri de « Sionistes hors des facs » au sein-même de nos universités. Elle s’abîme quand on laisse le populisme de l’extrême droite, sous le visage juvénile du RN, se banaliser et se présenter comme unique recours face à LFI. Elle s’abîme quand un avocat dans le procès de l’assassinat de Samuel Paty a l’indécence de prétendre qu’il aurait discriminé des élèves musulmans. Elle s’abîme aussi quand un conseiller d’État s’égare en appelant à des « rafles » contre l’immigration illégale. Les mots ont un sens parce qu’ils ont une Histoire. » Une attaque à Arno Klarsfeld dans une diatribe fourre-tout.
Il a soutenu la proposition de loi de Caroline Yadan : « Je salue la tenue des assises de la lutte contre l’antisémitisme et l’adoption de la loi contre l’antisémitisme et le racisme à l’Université. Je veux saluer aussi l’engagement de la DILCRAH. Mais comment accepter que le budget de la DILCRAH, 15 millions d’euros, soit par exemple inférieur à la contribution française à l’UNRWA ? », a interrogé Yonathan Arfi.
« Lorsque l’antisémitisme était racial, l’Assemblée nationale s’est dressée et a voté, en 1972, la loi Pleven pour pénaliser l’incitation à la haine raciale. Quand l’antisémitisme a pris le visage du négationnisme, elle s’est encore levée, c’est la loi Gayssot en 1990. Aujourd’hui que l’antisémitisme prend sa source dans la haine d’Israël, la représentation nationale doit faire progresser la loi. La loi Pleven n’a pas empêché le progrès de la biologie. La loi Gayssot n’a pas entravé la recherche historique. La loi proposée par Caroline Yadan et de nombreux parlementaires ne réduira en rien la liberté d’expression… »
« En 1791, deux jours séparent la première abolition du délit de blasphème, du décret d’émancipation des Juifs de France… En 2015, deux jours séparent également l’attentat de Charlie Hebdo, accusé de blasphème par des islamistes, et l’attentat de l’Hyper Cacher. Ce hasard qui n’en est pas, dit mieux que de longs discours pourquoi en France la condition des Juifs sera toujours liée à celle de l’esprit critique et de la laïcité… Depuis 120 ans, les Français juifs, comme tant d’autres, l’ont chérie et protégée et ne résignent pas aujourd’hui à la voir conspuée ou brocardée. Le 23 juin prochain, la dépouille de Marc Bloch fera son entrée au Panthéon. Dans le sillage de Marc Bloch, de Léon Blum, de Georges Mandel, de Pierre Mendès-France et de tant d’autres, les Français juifs aiment et défendent la République. De tous temps, de la Révolution française à la Résistance, de l’Affaire Dreyfus à aujourd’hui, nous n’oublions pas que des Français se sont battus aux côtés de leurs concitoyens juifs pour dire que l’antisémitisme est une injure au pacte républicain », a relevé Yonathan Arfi.
« Je veux donc dire aux centaines de milliers de personnes descendues dans la rue le 12 novembre 2023, aux 76 % de Français qui considèrent l’antisémitisme comme une menace pour la République, que le visage de la France ne serait pas le même sans eux. Le visage de la France, c’est celui des policiers qui protègent les synagogues et les écoles, parce que personne ne doit être ciblé pour ce qu’il est. Celui des juges, des enseignants, des éducateurs qui refusent le fatalisme face à l’antisémitisme comme face à toutes les haines racistes. Le visage de la France que nous voulons retenir, c’est d’abord celui d’Émile Zola qui écrit « J’accuse », de Stanislas de Clermont-Tonnerre qui plaide pour l’émancipation des Juifs de France, de Monseigneur Saliège et sa lettre pastorale dénonçant les persécutions antisémites, de Lucie Aubrac et son courage dans la résistance, de Clémenceau et sa détermination à défendre Dreyfus, de Joséphine Baker qui transportait des messages cryptés dissimulés dans des partitions. C’est le visage de la France humaniste et universaliste. C’est le visage de la République », a conclu Yonathan Arfi en présentant des juifs qui seraient faibles, passifs. Des victimes.
Yonathan Arfi a fait l’impasse sur les Juifs actuels, sur la Nation, sur la démocratie. Comme d’habitude. Et ce, sans aucune proposition de mesure efficace.
Sébastien Lecornu, Premier ministre
« Ce dîner a quelque chose de singulier. C’est d’abord un rendez-vous d’amitié… À chaque Premier ministre, vous offrez le même présent : la copie du décret d’émancipation des Juifs de France, en 1791. C’est un geste fort. Un rappel. La France fut la première Nation d’Europe à reconnaître les Juifs comme citoyens. Mais encore fallait-il inventer le citoyen. Encore fallait-il proclamer les Droits de l’Homme. Napoléon, après le Concordat qui autorisa et reconnaîtra la liberté de culte, institua le Consistoire. Et dès lors, une évidence s’imposa : les Juifs de France sont des citoyens français. Sauf Vichy. Mais Vichy n’était pas la République », a affirmé le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Et il a rappelé la motivation des Dreyfusards : « Nulle part ailleurs l’Affaire Dreyfus n’aurait pu être vécue comme elle le fut ici. Nulle part ailleurs il ne se serait trouvé un Zola. Un Clemenceau. Des écrivains. Des officiers. Des responsables politiques pour dire : non. L’honneur national n’était pas de couvrir une faute : il était de rétablir la justice. Ils n’ont pas défendu Dreyfus parce qu’il était juif. Ils l’ont défendu parce qu’il était innocent. Parce que le droit comptait davantage que l’institution. Parce que la République valait plus que l’erreur ». Quid des aristocrates dreyfusards, dont la comtesse Greffulhe ?
Puis le chef du gouvernement a évoqué la situation actuelle : « En France, aujourd’hui, une maman se demande, quand elle choisit une nounou, si celle-ci potentiellement baigne ou non dans le jus antisémite partout répandu. Elle s’interroge aussi sur le pédiatre, le professeur, le policier, l’animateur, l’éducateur, le voisin. Au fond, ne suis-je pas en train de confier mon enfant à celui qui me hait ? Faudrait-il donc pour se protéger que les Français juifs ne s’adressent qu’aux Français juifs ? Et donc les Français catholiques qu’aux Français catholiques ? Les Français musulmans aux Français musulmans ? Le poison du communautarisme est là. Diviser la France en communautés suspicieuses : c’est ce que nos ennemis précisément souhaitent. Et ce n’est pas un hasard si des mains ensanglantées ont été taguées sur le Mur des Justes du Mémorial de la Shoah, téléguidées par des services étrangers. » Sur 2489 actes antireligieux recensés en 2025 : 1 320 actes antisémites soit 53% des actes - les juifs représentent 0,006% de la population française -, 843 actes antichrétiens soit près de 34%, et 326 actes antimusulmans soit 13 %. Qui sont « nos ennemis » ?
Le Chef du gouvernement a poursuivi son ode à la République présentée comme synonyme de juif, mais sans argumenter : « La haine des Juifs, c’est la haine de la République. Juif, catholique, protestant, orthodoxe, musulman, bouddhiste, athée. En France, on peut être tout cela, parce que la République est laïque… Et c’est ce qui permet la fraternité ».
« En vingt-cinq ans, l’antisémitisme a changé de forme… Depuis la guerre, le devoir de mémoire, l’enseignement de la Shoah, le rappel de la destruction des juifs d’Europe, le souvenir des rescapés, obligeaient les plus odieux à se taire. Mais, en une génération seulement : l’antisémitisme est revenu… Brutalement. Il revient avec des mots, des expressions que l’on croyait ensevelis sous les ruines du 20e siècle : « Ils ne font pas partie de la même espèce humaine que nous. »… Qui peut écrire ces mots, aujourd’hui, en France ? Un chroniqueur médiatique. Devenu député de la République ». Ce parlementaire, Aymeric Caron, a nié avoir tenu ces propos.
« Ce qui relevait hier de la marge extrémiste s’installe désormais au cœur du débat public… On prononce des mots chargés d’histoire. Puis, lorsque l’indignation monte, on explique qu’ils ont été mal compris. D’autres viennent alors plaider : « Ce ne sont pas les Juifs qui sont visés, mais les sionistes ! ». Comme si le glissement sémantique effaçait l’intention. Comme si changer le mot changeait la cible. L’ambiguïté n’est pas une maladresse : c’est devenu une stratégie. Mais alors que signifie cette distinction que certains veulent introduire en secours à leur démonstration ? Sous-entendre que les Juifs ne seraient acceptables qu’à condition de renier leur attachement à Israël ? Qu’ils devraient renoncer à une part de leur identité, de leur histoire, pour être considérés comme pleinement humains ? », a analysé Sébastien Lecornu.
Puis le Premier ministre a distingué le soutien à Israël du droit à critiquer un gouvernement, tout en éludant le boycott d’entreprises israéliens dans des salons français de la Défense en 2024 : « Face à cela, il est une parole qui, elle, ne se reniera pas : c’est celle de la France. La France a soutenu la création d’un État pour les Juifs. Les peuples français et israélien sont des peuples amis. Et lorsque l’État d’Israël est attaqué, la France est à ses côtés. Elle l’a été pour déjouer les attaques massives de missiles et de drones lancées par la République islamique d’Iran en avril et en octobre 2024, comme en juin 2025. Et elle le restera aussi longtemps que nécessaire… Soutenir Israël, ce n’est pas soutenir un gouvernement… Soutenir Israël, c’est soutenir l’existence d’un État. Sa souveraineté. Sa sécurité. Et le droit du peuple juif à disposer de lui-même. Cette distinction n’a rien d’idéologique. Elle relève du droit international. Elle relève du bon sens politique… Car aujourd’hui, se dire « antisioniste », ce n’est pas critiquer une politique : c’est contester le droit même d’Israël à exister. On a le droit – et même le devoir – de critiquer un gouvernement. Le gouvernement français est critiqué. Le gouvernement israélien est critiqué. Le gouvernement israélien critique le gouvernement français. Et le gouvernement français critique le gouvernement israélien. Tout cela est normal, et personne ne doit en être surpris et encore moins en tirer des conclusions qui ne seraient pas les bonnes : car c’est la vie normale des démocraties. Et c’est la vie diplomatique normale entre les États. J’ai moi-même, dans mes fonctions précédentes comme ministre des Armées, dit, au nom du gouvernement français, aux responsables politiques israéliens, droit dans les yeux, ce qui nous opposait. En conscience… Désormais, dans le débat public on mélange – sciemment ou par inculture –, le gouvernement, le régime, l’État et, à la fin, le peuple. Ce qui relevait hier de l’éducation civique élémentaire est devenu flou… Car le seul État dont on exige aujourd’hui la disparition, c’est Israël. Il faut donc parler clairement. Dire « de la mer au Jourdain », c’est appeler à l’effacement d’Israël. C’est accepter l’idée que les Israéliens n’auraient plus leur place. L’antisionisme contemporain est devenu le masque d’un vieil antisémitisme. »
Sébastien Lecornu a soutenu l’inéligibilité pour propos antisémitisme de tout candidat à un mandat public, soit une « loi Zemmour » et réitéré la « solution-à-deux-Etats » comme si l’agression djihadiste du 7 octobre 2023 n’en avait pas révélé l’impossibilité : « La République a toujours su adapter le droit pour combattre la haine. Quand certains niaient le génocide des Juifs, elle a adopté la loi Gayssot. Elle a renforcé les peines des infractions racistes et antisémites lors de la refonte du Code pénal en 1994, puis en 2003. Elle a adopté récemment une loi pour mieux lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur… Il faut aujourd’hui franchir une étape supplémentaire. Appeler à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vital d’un peuple. Et en France, l’appel au meurtre est interdit. L’antisémitisme est puni. L’appel à l’anéantissement d’un État ne peut donc plus être toléré. Le Gouvernement inscrira donc à l’ordre du jour des travaux du Parlement dès ce printemps la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan, enrichie des écritures du Conseil d’Etat saisi par la Présidente de l’Assemblée nationale. Mais la réponse ne peut être seulement pénale : elle doit aussi être civique. Le Président de la République l’a annoncé : les actes et les propos antisémites, racistes et discriminatoires ne peuvent être compatibles avec l’exercice d’un mandat public… L’inéligibilité pour propos antisémites devra donc être également inscrite dans notre droit. Car la liberté d’expression n’est pas la liberté d’exclure. Et la République n’a pas à se laisser représenter par celles et ceux qui veulent la fracturer. Appeler à la destruction d’un État n’est jamais anodin. Depuis des décennies, la France défend une solution à deux États. Deux peuples. Deux États. Vivant côte à côte, en sécurité. Je suis convaincu que c’est la seule voie réaliste vers la paix. C’était d’ailleurs l’esprit des accords d’Oslo. Des gouvernements israéliens, de droite comme de gauche, l’ont porté. Mais disons le clairement : vouloir un État palestinien en appelant simultanément à la disparition d’Israël, ce n’est pas défendre la paix. C’est appeler à l’effacement d’un peuple. C’est appeler à sa destruction… »
Sébastien Lecornu a continué de dévider la doxa du Quai d’Orsay : « Il existe aujourd’hui une stratégie sémantique. Celle qui consiste à retourner l’accusation. À déposséder les Juifs de leur histoire, les faire passer de victimes à bourreaux. Parler de « génocide » à Gaza pour leur arracher la mémoire de la Shoah. Pour relativiser. Pour inverser. Les Conventions de Genève interdisent de viser les populations civiles. Il y a une guerre, et il peut donc y avoir des crimes de guerre. Le droit international s’applique à tous. Et ce qui s’est produit à Gaza soulève des questions très graves au regard du droit international. Ce que fait l’actuel gouvernement israélien en Cisjordanie contrevient aussi au droit international. Mais l’instrumentalisation politique du droit n’est pas davantage acceptable. Lorsque la représentante spéciale des Nations unies tient des propos en compagnie de représentants du Hamas ou de l’Iran, cela décrédibilise la parole internationale. La France en tire alors toutes les conséquences et demande donc sa démission. » Une allusion à Francesca Albanese dont le mandat a été renouvelé de manière étrange.
Le Premier ministre a souligné la gravité de la « guerre des mots » : « Rappelons aussi un fait simple : 20 % de la population israélienne est arabe palestinienne. Deux millions de citoyens. 150 000 en 1948. Un million en 2000. Deux millions aujourd’hui. Employer le mot « génocide » n’est pas neutre : c’est une arme politique. Ce n’est pas un diagnostic juridique établi par une juridiction internationale. La guerre des mots prépare la guerre contre les personnes. Elle désigne des cibles. Elle légitime l’hostilité envers tout « sioniste », donc envers tout Juif. La guerre tue au Moyen-Orient. Elle tue aussi à Sydney. En Europe. En France. Il y a l’horreur des attentats. Les massacres. Au Soudan. En Iran. En Syrie. Ailleurs encore. Mais il y a aussi l’horreur de celles et ceux qui dansent après un massacre. Comme certains ont dansé après le 9 janvier 2015 ou après le 7 octobre 2023. Comme certains ont profané des arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi. Il y a celles et ceux qui feignent d’oublier qu’en 2012, à Toulouse, des enfants ont été assassinés dans leur école parce qu’elle était juive et parce qu’ils étaient juifs. Et que des militaires français ont été tués parce qu’ils portaient l’uniforme de l’armée de la République et qu’ils étaient musulmans. Ce n’est pas une guerre entre Juifs et Musulmans. C’est un combat entre la barbarie et la fraternité. Les noms comptent. Mireille Knoll. Sarah Halimi. Ilan Halimi. Philippe Braham. Yohan Cohen. Yoav Hattab. François-Michel Saada. Jonathan Sandler, et ses fils. La petite Myriam Monsonego. Aryeh et Gabriel. Et puis les victimes françaises du 7-Octobre et des jours suivants. Cinquante-et-un noms. De douze à quatre-vingts ans. Assassinés par le Hamas. Cinq ont été sauvés. Derrière chaque nom, une famille. Une vie. Un avenir brisé. Voilà ce que cherchent nos ennemis : activer la haine. Installer la peur. Et plus que tout, diviser. » Une liste incomplète de victimes juives française assassinées en France depuis 2000 : il manque notamment Sébastien Selam et René Hadjadj.
« Depuis vingt ans, les gouvernements agissent. La police protège. L’armée patrouille avec l’opération Sentinelle. Les synagogues, les écoles, les radios juives sont protégées. Et pourtant. Et pourtant, les actes antisémites ne disparaissent pas. La peur s’installe. Faut-il encore plus de policiers ? Encore plus de militaires ? À chaque mariage ? À chaque Bar Mitsvah ? Oui, probablement. Mais la vraie question est ailleurs… Les Juifs sont en France depuis l’Antiquité. À Argentoratum avant Strasbourg. Dans la vallée du Rhône au premier siècle. À Arles. À Marseille. Marseille n’est pas seulement grecque ou romaine. Elle est aussi juive. Arabe. Corse. Elle est tout cela à la fois. Comme la France. Ce combat n’est pas celui d’une communauté. Il est celui de la République… Pas de liberté sans égalité des droits et des devoirs. Et pas d’égalité sans fraternité. L’antisémitisme est toujours le signal d’alarme. Il annonce les autres haines. Les autres malheurs... Je vous remercie de lutter. Non pas pour une communauté. Mais pour la République… À chaque époque, la France a connu des fautes. Des faiblesses. Des désespoirs. Mais elle s’est toujours relevée. Toujours. Si nos prédécesseurs ont su vaincre l’antisémitisme ancien, nous saurons donc affronter ses formes nouvelles. Il faudra de nouvelles armes juridiques. Y compris pour les réseaux sociaux. De la fermeté. Du courage. Nous sommes là pour cela. Péguy écrivait qu’« il y a quelque chose de pire qu’une âme perverse, c’est une âme habituée ». Le combat est là : il est politique. Culturel. Intellectuel. Civilisationnel. Ne rien céder. Jamais. Pour l’amitié. Pour la République. Et pour la France », a conclu le Premier ministre qui n’explique par l’échec de la lutte des gouvernements français depuis un quart de siècle, n’analyse pas « l’antisémitisme nouveau » et omet d’évoquer l’immigration massive de populations souvent musulmanes qui ne s’assimilent ni ne s’intègrent en France. Oublier de dire que Marseille est aussi chrétienne !?
Analyses
Si le 13 février 2026, Sébastien Selam et René Hadjadj avaient été évoqués par le Président de la République Emmanuel Macron parmi les victimes de l’antisémitisme en France, ils ont été « oubliés », par le Premier ministre Sébastien Lecornu. C’est le dernier qui a parlé qui a raison dans la Macronie ?
Promulguée le 31 juillet 2025, la loi relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur nécessitait six décrets d’application : un décret a été publié le 29 décembre 2025, et les cinq autres in extremis le 29 janvier 2026. Mieux vaut tard que jamais.
Exeunt l'affaire al-Dura ou le procès Lawee. Yonathan Arfi ne sait que fustiger les extrêmes. C’est vrai qu’avec une telle hauteur de vues géopolitiques, recevoir des juifs français lambda victimes d’antisémitisme, cela doit être vraisemblablement d’un ennui… Quant à combattre au côté de victimes juives du « gouvernement des juges » ou contre un antisémitisme d’État - Dr Lionel Krief, affaire Lawee, affaire al-Dura -, cela semble inenvisageable, et peut-être incongru, pour le CRIF.
Que reste-t-il du 40e diner du CRIF ? Pratiquement rien. Certes, ces discours ont été bien accueillis. Pourtant, ils instrumentalisaient l’antisémitisme à des fins politicardes. Qui pense sincèrement que les deux propositions de loi annoncées, dont l'une semble peu constitutionnelle, vont endiguer l’antisémitisme ? Le CRIF a bu le calice jusqu’à la lie. S’en est-il seulement rendu compte ? En tout cas, pour les Français juifs, c’est une boisson amère dont leurs papilles se seraient volontiers passés. .
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