Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 29 janvier 2026

« Faux et faussaires - Du Moyen Âge à nos jours »

Les Archives nationales proposent, dans leur site parisien, l’exposition « Faux et faussaires - Du Moyen Âge à nos jours ». « Les contrefaçons de billets, de documents, d'œuvres d'art ou d'objets manufacturés témoignent d'un savoir-faire et d'une audace toujours plus poussés. Les fake news d’aujourd’hui rivalisent d'inventivité avec les fausses nouvelles d'autrefois. Leur histoire - vraie - est parfois plus romanesque que la fiction ! » La destruction du droit d'auteur par la jurisprudence, française et européenne, et l'affaire al-Dura sont occultées. Entrée gratuite.


« En prévenant les dupes, vous allez éclairer les fripons. Ils apprendront par vous à éviter leurs bévues et à perfectionner leurs procédés. »
Paul Eudel, 1908

« Peut-on aborder la question du faux aux Archives nationales ? Est-ce susceptible de jeter un doute sur l’authenticité de leurs collections ? Au contraire, les Archives nationales font le pari que parler du faux stimule l’esprit critique ! »

« Copies, répliques et imitations ne sont pas condamnables à condition qu’elles ne prétendent pas être authentiques. C’est bel et bien l’intention de tromper qui fait le faux ! »

« Le faux touche toutes les périodes et tous les domaines : fausse monnaie, faux papiers, faux artistiques, contrefaçon de produits manufacturés, fausses nouvelles… Face à un sujet aussi vaste, les Archives nationales ont choisi de centrer leur propos sur la France, en l’illustrant avec une quinzaine d’histoires étonnantes et plus de 100 pièces exposées. À travers ces histoires s’entremêlent les points de vue de trois figures-clefs : le faussaire, l’expert et le dupé »

« Trois regards sur le faux : le faussaire, l’expert et le dupé La figure du faussaire est complexe et ambivalente.  »

« La plupart du temps, le faussaire est un escroc peu sympathique. Cependant, sa ruse et ses prouesses techniques peuvent parfois susciter une vraie forme d’admiration. »

« Face à la menace, les experts ont développé des méthodes de plus en plus sophistiquées pour traquer les faux. Pourtant, ils sont parfois pris en défaut, tant leur tâche est complexe face à l’avancée technologique. »

« Malgré l’intervention de l’expert, reste la victime, celui qui aura été dupé. Le dupé est-il un naïf prêt à croire n’importe quoi ? Sommes-nous moins crédules que ceux qui se sont fait prendre et dont il est facile, a posteriori, de se moquer ? »


« Quand le faux fait fortune : la fausse monnaie »

« À travers les siècles, la chasse aux faux-monnayeurs — qui menacent aussi bien l’économie que l’ordre politique — a été un véritable jeu du chat et de la souris en France. Fabriquer de la fausse monnaie pouvait coûter très cher… parfois même la vie ! »

« Le faux-monnayage en France plonge ses racines dans l’Antiquité, héritant des pratiques romaines où la falsification monétaire était déjà sévèrement réprimée. »

« Au Moyen Âge, frapper monnaie sans autorisation ou émettre de la fausse monnaie, c’est-à-dire la faire circuler, équivaut à contester la souveraineté royale : c’est un crime de lèse-majesté. Sous l’Ancien Régime, pour la justice royale comme pour les coutumes, les châtiments passent par les mutilations corporelles, la peine de mort et la confiscation des biens. Après la Révolution, le faux monnayage reste un crime. En 1832, la peine de mort cède la place aux travaux forcés à perpétuité. Aujourd’hui, la sanction est de 30 ans de réclusion criminelle. »

« Pour éviter la contrefaçon, la fabrication de la monnaie est strictement encadrée, ses différentes étapes en sont très surveillées. Les techniques évoluent tant dans la frappe des pièces qu’avec l’introduction des billets au XVIIIe siècle. »

« Face à ces défis, les autorités renforcent les dispositifs de sécurité. Malgré une répression accrue, l’activité des faussaires persiste, qu’elle soit le fait de petits fraudeurs ou de bandes organisées, parfois internationales. »

« Si l’appât du gain est une motivation évidente, elle n’est pas unique. Certains ont aussi des desseins politiques : la fausse monnaie est alors une arme de déstabilisation de l’État. Napoléon Ier inonde ainsi l’Autriche de faux provoquant une crise monétaire en 1811 et forçant François Ier d’Autriche à retirer ses vrais billets en circulation. L’opération s’étend ensuite aux livres anglaises, aux roubles russes et aux billets prussiens. Elle est menée dans le plus grand secret si bien qu’en 1814, l’enquête approfondie commanditée par Louis XVIII échoue à reconstruire son déroulement. Quant aux anarchistes, ils considèrent l’émission de fausse monnaie comme un acte de rébellion légitime contre le système capitaliste qu’ils dénoncent et un moyen de saper l'autorité de l'État. »

« Je suis un sou de bon aloi ; Mais en secret argentez-moi, Et me voilà fausse monnaie. »
Pierre-Jean de Béranger

Focus
« Faux billets ou publicités ? »
« L’État prend des mesures pour empêcher la diffusion de documents publicitaires ressemblant à des billets de banque. Le but est ainsi d’éviter qu’un utilisateur peu habitué aux billets authentiques de la Banque de France soit trompé. »
« Depuis 1852, une autorisation préalable est nécessaire avant toute impression. Par exemple, le magicien Robert-Houdin se voit refuser en 1874 l’autorisation d’imprimer un faux billet destiné à un tour de magie, considéré comme trop proche du billet authentique de 500 francs. »

« Un faux air de respectabilité : faux titres et faux papiers »

« La falsification de documents — qu’elle vise à remplacer des actes perdus ou à tromper pour obtenir des avantages — constitue une menace grave pour la confiance dans l’écrit. Elle a suscité le développement de méthodes critiques pour l’identification des faux. Malheureusement dans ce domaine, l’infaillibilité n’existe pas ! »

« Au Moyen Âge, dans un monde où la preuve par l’écrit prend de plus en plus de poids, falsifier un acte peut avoir pour seule intention de pallier la perte ou l’absence de documents authentiques. Le faux prend alors la forme d’un acte refait, matériellement faux mais au contenu vrai. »

« Au-delà de ces reconstructions, d’autres faux sont entièrement forgés pour tromper, en toute mauvaise foi. Ils servent à obtenir des avantages personnels. Ainsi, Robert d’Artois, connu du grand public par la saga des Rois maudits, cherche-t-il à s’approprier un héritage au détriment de sa tante Mahaut d’Artois. »

« Le faux peut aussi apporter un prestige particulier, comme en témoignent les fausses généalogies faisant le bonheur de l’officine Courtois Letellier au XIXe siècle : le prestige d’une fausse lignée est alors source d’une infinie satisfaction pour sa descendance.

« Cette fraude lucrative s’épanouit grâce au marché de l’autographe qui se développe au XIXe siècle : plus d’un faussaire escroc est alors prompt à fournir des documents répondant miraculeusement aux attentes de sa clientèle. »

« S’il existe des dupés particulièrement crédules, force est de constater que l’instruction n’est pas une parade suffisante pour échapper au talent de persuasion du faussaire. Même les amateurs les plus éclairés dans un domaine peuvent se laisser prendre. Michel Chasles, mathématicien reconnu, membre éminent de l’Académie des sciences, en est la preuve parfaite. Emporté par sa passion pour l’Histoire, il n’a pas remis en cause l’authenticité de documents invraisemblables que lui remettait le prolifique faussaire Vrain Lucas (laissez-passer de Vercingétorix, billet de Cléopâtre à Jules César…). »

« En ébranlant la confiance dans les preuves écrites, fabrication et usage de faux sont une menace majeure pour la stabilité de la société. Leur répression est donc particulièrement sévère, surtout si leur auteur est censé être un garant de l’authenticité (notaires, avocats, officiers du roi, etc.). L’édit du 24 mars » 1680 ou le code du faux en 1737 rappellent que le faussaire encourt la mort.

« La détection des faux s’appuie sur des méthodes rigoureuses. Les bénédictins, dont le célèbre érudit Jean Mabillon (1632-1707), puis l'École des chartes, créée en 1821, se font les promoteurs de la diplomatique, science qui s’attache à l’analyse des caractéristiques internes (contenu de l’acte) comme externes des documents (support, mise en page, écriture, etc.). L’expert élabore une grille d’analyse critique toujours plus sophistiquée pour identifier les faux. »

« Cependant les experts ne sont pas infaillibles, comme en témoignent les divagations de Bertillon dans l’affaire Dreyfus. Appelé comme expert, le célèbre chef de l’Identité judiciaire de la préfecture de Police de Paris, Alphonse Bertillon, rend en 1894 un rapport à charge contre Dreyfus, fondé sur des arguments pseudo-scientifiques, notamment sa thèse de l’autoforgerie. En réalité, l’écriture qu’il attribue à tort à l’officier juif alsacien est celle d’Esterhazy, coupable d’espionnage au profit de l’armée allemande, comme le prouveront ultérieurement les développements de l’affaire. »

« Le code ne punit pas la bêtise — malheureusement — mais il vise le faux et l'usage de faux. »

Focus
« Des faux papiers pour sauver des vies »
« Durant la Seconde Guerre mondiale, cacher sa véritable identité devient pour beaucoup une question de survie. Les personnes persécutées et les membres de la résistance cherchent à se cacher sous des identités fictives. Leur usage de faux papiers, pour être crédible, doit être accompagné de la construction d’une vie entièrement inventée. De nombreuses initiatives individuelles produisent un nombre restreint de documents falsifiés. Mais de véritables ateliers de faussaires voient aussi le jour, capables de fournir en peu de temps des milliers de certificats, cartes d’identité, et autres papiers officiels. Le faux devient alors un moyen, certes illégal, mais au service d’une cause moralement légitime. »

« Le mouvement Défense de la France produit dès 1942 des faux papiers. Ceux-ci sont initialement réservés à ses membres, puis bénéficient à d’autres réseaux (en échange de l’impression et de la diffusion de son journal) et aux réfractaires du STO (service du travail obligatoire). »

« La nature des faux permet de répondre à toutes les demandes : fausses cartes d’identité, faux certificats de démobilisation, de recensement, fausses cartes d’alimentation, etc. La production, quasi-industrielle, peut atteindre 200 tampons par semaine en août 1943. Au total, 12 000 tampons, 100 000 faux papiers et des milliers de timbres sont réalisés. »

« Des experts en porte-à-faux : le faux en art »

« Si la fraude en matière artistique est sans doute aussi ancienne que l’art lui-même, le XIXe siècle a été une époque particulièrement propice à son épanouissement, avec l'essor des collections privées. » 

« Copier pour apprendre, imiter pour rendre hommage : ces pratiques ont toujours existé dans le domaine des arts et sont parfaitement légitimes. Elles deviennent frauduleuses lorsque le faussaire, auteur de l’oeuvre ou simple revendeur, prétend qu’il s’agit d’originaux de la main du maître. Dès lors que l’intention est de tromper, on entre dans la sphère du faux. »

« En art, le statut de l’original est complexe : est-ce la signature qui le détermine, comme la loi sur les fraudes artistiques l’envisage ou bien la main de l’artiste ? En l’absence de réponse claire, la réglementation peine à contrer les faussaires. En limitant la notion de faux à l’apposition d’une signature falsifiée, pour des oeuvres qui ne sont pas encore tombées dans le domaine public, la loi Bardoux de 1895 sur les fraudes artistiques est ainsi un échec. »

« Comment différencier le vrai du faux dans des domaines encore en développement, où on manque de critères de référence ? Chaque nouvelle découverte archéologique majeure repose la question. De même, comment authentifier des spécimens de sirènes ou des cornes de licornes quand on n’a jamais vu de vraies sirènes ou de vraies licornes ? »

« Motivés par l’appât du gain, les faussaires tentent de duper des savants souvent aveuglés par l’envie d’être les premiers à faire avancer les connaissances, dans un contexte de forte rivalité internationale. La question de l'authenticité suscite des tensions croissantes et les controverses sont fréquentes. La vigilance des plus grands musées est parfois prise en défaut, en France comme dans le reste du monde. Si le crâne de cristal du musée de l’Homme a attendu longtemps avant d’être reconnu comme faux, la tiare du roi scythe Saïtapharnès est démasquée quelques années seulement après son acquisition par le Louvre en 1896. Presse, chansonniers, caricaturistes s’en donnent à cœur joie pour railler les errements des experts. »

« Chaque nouvelle affaire retentissante ravive l’idée qu’il faudrait un musée du faux. En exposant les faux les plus convaincants, en démontant les procédés utilisés, on rendrait plus facile la connaissance de ce qui fait l’authenticité d’une oeuvre, on éduquerait les amateurs, on perfectionnerait les connaissances des experts. Mais ne serait-ce pas aussi donner aux faussaires les moyens d’adapter leurs techniques ? »
« Face à l’émotion des uns et à la mauvaise foi des autres, la pédagogie est essentielle. »

« L’ouvrage pionnier, Les fraudes en archéologie préhistorique, du préhistorien français Vayson de Pradennes en 1932 y contribue pleinement. »

« La contrefaçon est fertile en ressources, elle sait faire des prodiges ; au besoin, elle dresserait des vers savants pour fouiller le bois neuf à la demande. »
Edmond Bonnaffé, 1878

Focus
« Vraie ou fausse découverte d’une nouvelle écriture ? »
« En 1924, Émile Fradin, jeune agriculteur français, découvre par hasard des objets dans son champ à Glozel (Allier). Les fouilles entamées en 1925 mettent au jour des objets, prétendument néolithiques, portant des signes formant une écriture alphabétique inconnue. Cette découverte aurait fait de l'écriture une invention européenne bien antérieure à celle du Proche-Orient, habituellement datée vers 3300 av. J.-C. Cette hypothèse bouleversait les théories établies sur l’histoire humaine, pour laquelle l’écriture est considérée comme un tournant majeur. Si le ministère de la Culture a publié un rapport en 1995 concluant à un site bien postérieur, certains continuent aujourd’hui encore à défendre la thèse d’un site préhistorique. »

Dans la valse des faux semblants : la contrefaçon

« Fraude, escroquerie, tromperie : la contrefaçon dispose d’alliés qui participent à la destruction de la confiance entre le producteur et le consommateur. Cette pratique illégale a comme objectif d’échapper aux taxes ou aux protections réglementant le commerce. Elle s’attaque à tous les produits, de l'alimentation aux biens manufacturés, des articles quotidiens aux objets de luxe. »

« Le mot de contrefaçon semble apparaître dans la langue française en 1268 dans le Livre des métiers d’Étienne Boileau, prévôt de Paris du roi Louis IX, à propos des patenôtriers (fabricants de chapelets). Il y est précisé que toute contrefaçon sera saisie et brûlée. »

« Dans le cadre d’un régime du commerce très contrôlé, papiers, cachets de cire ou de plomb certifient l'origine des produits ou le paiement des taxes. Les fraudeurs tentent d’en contourner les contraintes en proposant des produits moins chers, mais souvent frelatés. Les peines, lourdes, peuvent aller jusqu’à la mort. »

« La Révolution marque un tournant. Une nouvelle réglementation instaure des garanties : les dessins et modèles ainsi que les marques bénéficient désormais d'une protection, tandis que les inventions sont reconnues par le système des brevets. C'est dans cette continuité historique que s'inscrit l'INPI (Institut national de la propriété industrielle), créé en 1951 qui assure désormais le secrétariat du Comité national anti-contrefaçon (CNAC). »

« Face au fléau de la contrefaçon, de nombreux acteurs se mobilisent : à la police, aux douanes et aux tribunaux s’ajoutent, à compter de la loi de 1905, les services de la répression des fraudes. Parallèlement, les organisations professionnelles sont aussi très actives pour défendre marques et produits, par exemple l’Union des fabricants dès 1872 ou le Comité Colbert à partir de 1954. »

« Plus un produit est célèbre, plus il est copié : chocolat Menier, liqueur Bénédictine, champagnes, sont des cibles privilégiées. La mondialisation favorise aussi l’usurpation à l’étranger des marques et appellations françaises. Le consommateur, avide de petits prix, parfois naïf, parfois complice ou complaisant, est une cible pour les contrefacteurs. Au-delà des pertes économiques pour les fabricants et pour l’État, ces contrefaçons exposent les consommateurs à des dangers sanitaires, la composition réelle des produits n’étant pas garantie. »

« Pour dissuader de recourir à des imitations, les marques mettent en avant la qualité de leurs articles et tentent de construire avec le consommateur une relation de confiance exclusive, en lui apprenant à reconnaitre les imitations susceptibles de le tromper. »

« Pourtant, le défi persiste : la mondialisation et le commerce en ligne donnent aujourd’hui à la contrefaçon une ampleur inédite, alimentée par des réseaux criminels internationaux. »

« Pour tous, la sensibilisation aux enjeux et aux risques est une opération fondamentale : en limitant la demande, on protège l’innovation et on renforce l’ensemble de la chaîne de lutte contre la contrefaçon. »

« La falsification des denrées est devenue un art véritable qui nous fait consommer chaque jour du café de chicorée, du beurre de margarine, du vin fait sans raisin, et du lait sans vache ni chèvre. »
Charles Gide, 1900

Focus
« Une vie tapissée de procès en contrefaçon »
« Paul Balin (1832-1898) fabrique à Paris des papiers peints de grande qualité, permettant d’imiter en relief l’aspect du tissu, du cuir ou de la faïence. Pour protéger ses savoir-faire, il multiplie les dépôts de brevets, une quinzaine en l’espace de 17 ans. Mais surtout, il n’hésite pas à se lancer dans de multiples procès pour faire valoir ses droits, accusant systématiquement ses confrères de contrefaçon, dans les années 1870. »

« Balin gagne une grande partie de ses procès mais, pour autant, sa stratégie est perdante : trop occupé par les procédures judiciaires, il n’a plus le temps de participer aux Expositions universelles où ses concurrents, eux, brillent. À sa mort en 1898, il finit par être plus connu pour sa « collection de procès » que pour sa production de papiers peints. »

Fausses nouvelles

« La diffusion de fausses nouvelles n’est pas un phénomène nouveau, comme l’illustre l’arbre de Cracovie qui a donné au XVIIIe siècle l’expression «raconter des craques ». Mais les temps troublés et l’évolution des services de propagande en ont favorisé la circulation.

« Aujourd’hui, internet et les réseaux sociaux rendent leur diffusion quasi instantanée et virale. Pour les pouvoirs publics, limiter ces fausses informations est crucial. L’encadrement juridique le montre, en visant les fausses nouvelles qui influencent le prix des denrées (1810), la manipulation des élections (1852), le trouble de la paix publique (1881), l’atteinte au crédit de l’État (1893) ou au moral des armées (1935). »

« Mais comment lutter contre désinformation (informations erronées avec l’intention de tromper) et mésinformation (nouvelles erronées qu’on pense vraies) dans une démocratie où la liberté d’expression prévaut sur la censure ? La loi de 2018 contre la manipulation de l'information, dite « anti fake news », renforce l’arsenal de régulation juridique. »

« La prévention passe surtout par l’éducation aux médias, le doute critique et le fact-checking. Dans l’ère des « faits alternatifs » et de la « post-vérité », cette vigilance est plus que jamais nécessaire ! » 

« À la fin de l’exposition, une interview de Julie Charpentrat, rédactrice en chef de l’investigation numérique à l’Agence France Presse vient apporter un éclairage contemporain, avec notamment un exemple de désinformation pendant les Jeux Olympiques 2024. »

« Vous savez ce qu’en journalisme nous appelons un canard : c’est une nouvelle fausse, rien de plus, rien de moins. Ses plumes et ses ailes lui servent à voler de colonne en colonne, de journal en journal, et aussi à voler la crédulité publique. »
Henry de Pène, 1865

REPERES

« 1262
Règlement touchant les monnaies. Il est interdit d’imiter, falsifier ou altérer la monnaie du roi.

1268
Apparition du mot contrefaçon dans le Livre des métiers d’Étienne Boileau, prévôt de Paris

24 mars 1680
Édit de Louis XIV portant peine de mort contre les faussaires Tous les officiers publics ayant commis des faux dans l'exercice de leurs fonctions sont passibles de la peine de mort.

Juillet 1737
Ordonnance de Louis XV sur le faux Le texte vise à harmoniser dans tout le royaume la procédure relative au crime de faux, les pratiques étant jusque-là assez variables suivant les différentes cours.

1791
Code pénal
La fausse monnaie métallique est passible de quinze ans de fers seulement mais la peine de mort est maintenue pour les faux assignats.

1810
Code pénal
Les peines édictées (amende, prison, travaux forcés, bannissement) ne s’appliquent que dans le cas où l’auteur de l’usage des faux (écrits, monnaie, billets) avait connaissance de leur caractère frauduleux.

28 juillet 1824
Loi relative aux altérations ou suppositions de noms sur les produits fabriqués dite « loi Chaptal » Toute personne qui expose en vente ou met en circulation des produits en contrevenant à la protection du nom commercial ou du nom de lieu est passible de poursuites pénales.

28 avril 1832
Loi contenant des modifications au Code pénal et au Code d'instruction criminelle
Pour le crime de fausse monnaie, la peine de mort est remplacée par celle des travaux forcés à perpétuité. Le marquage au fer rouge des faussaires (flétrissure) est abandonné.

5 juillet 1844
Loi sur les brevets d’invention Toute nouvelle découverte ou invention confère à son auteur un droit exclusif d’exploitation pour une durée déterminée, matérialisé par la délivrance d’un brevet d’invention par l’État.

17 février 1852
Décret organique sur la presse
La publication ou la reproduction de nouvelles fausses, d’écrits fabriqués ou falsifiés est punie d'une amende, voire d’un emprisonnement si elle est faite de mauvaise foi, ou de nature à troubler la paix publique.

1872
Création de l’Union des fabricants L’Union des fabricants (UNIFAB) joue un rôle important dans la sensibilisation, l'information et la coopération avec les pouvoirs publics pour améliorer la protection des marques en France et à l'étranger.

29 juillet 1881
Loi sur la liberté de la presse Le trouble de la paix publique et la mauvaise foi deviennent des critères cumulatifs pour condamner la publication des fausses nouvelles.

9 février 1895
Loi sur les fraudes en matière artistique, dite « loi Bardoux » Est réprimé le fait, avec une intention frauduleuse, d’apposer un nom usurpé sur une oeuvre d’art ou d’imiter la signature d’un artiste, sauf si l’oeuvre est déjà tombée dans le domaine public.

1er août 1905
Loi sur la répression des fraudes et des falsifications 
Un service de répression des fraudes est créé dans chaque département. Des laboratoires sont chargés d’analyser les échantillons prélevés et de déterminer si le produit est falsifié ou non.

20 avril 1929
Convention internationale pour la répression du faux-monnayage L’accord pose une définition commune du faux-monnayage et en fixe le périmètre, servant ainsi de socle juridique partagé pour la répression dans tous les États signataires.

26 mars 1930
Loi réprimant les fausses indications d'origine des marchandises 
Désormais toute personne intéressée — consommateur, commerçant ou fabricant — lésée par une tromperie sur l'origine d'un produit peut engager des poursuites.

1951
Création de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle)
Cet organisme est chargé de l’application des textes concernant la propriété industrielle, les registres du commerce et des métiers et le dépôt des actes de sociétés.

1995
Création du Comité national anti-contrefaçon (CNAC)
Le CNAC réunit acteurs publics et privés concernés par la lutte anti-contrefaçon pour faire des propositions d’amélioration des politiques publiques et développer des actions de sensibilisation dans ce domaine.

29 octobre 2007
Loi de lutte contre la contrefaçon Le texte renforce les moyens juridiques pour protéger les droits de propriété intellectuelle : il facilite les poursuites, améliore la réparation des victimes, et harmonise les procédures contre la contrefaçon.

22 décembre 2018
Loi contre la manipulation de l'information
Les plateformes en ligne ont des obligations de transparence et de coopération, pour lutter contre la diffusion délibérée de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la sincérité des scrutins et à l’ordre public. »


Du 15 octobre 2025 au 02 février 2026
Hôtel de Soubise
60, rue des Francs-Bourgeois. 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 75 47 20 00
Du lundi au vendredi de 10h à 17h30
Samedi et dimanche de 14h à 19h
Fermeture les mardis.

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