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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
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samedi 3 janvier 2026

Pierre Soulages (1919-2022)

Pierre Soulages (1919-2022) était un peintre et graveur français. 
Son œuvre abstrait et prolifique explore le « noir-lumière » ou l’« outrenoir ».  Le Musée du Luxembourg propose l’exposition « Soulages, une autre lumière. Peintures sur papier » et le musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole « Pierre Soulages. La rencontre ».


« Devant un Outrenoir, qu’est-ce qu’on voit ? Il y a de la lumière réfléchie par le noir, donc déjà modifiée, transformée. Si elle était réfléchie par du vert, du bleu ou par un miroir, ce ne serait pas la même. On voit de la lumière qui provient du tableau vers celui qui regarde : ça, c’est ce qui se passe dans ma peinture, c’est le côté optique […]. Si la lumière change de place, ce n’est plus la même peinture que l’on voit ; et si le regardeur bouge, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’il voit. C’est une organisation, certes, qui reste la même mais qui s’efface ou qui apparaît plus évidente, c’est tout un ensemble de choses qui change, tandis que dans une peinture traditionnelle, il y a un point de vue. Dans mon cas, l’intériorité ne précède pas l’acte de peindre. Elle vient pendant. » Pierre Soulages

Pierre Soulages (1919-2022) était un peintre et graveur français. Son œuvre abstrait et prolifique - plus de 1 700 peintures sur toile, 600 peintures sur papier, 120 estampes (gravures, lithographies, sérigraphies) ainsi que les 104 vitraux de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques - explore le « noir-lumière » ou l’« outrenoir ». 

« Soulages, une autre lumière. Peintures sur papier »
Le Musée du Luxembourg propose l’exposition « Soulages, une autre lumière. Peintures sur papier ».

 « Pierre Soulages a toujours refusé d’établir une hiérarchie entre les différentes techniques qu’il utilise. »

« A côté des peintures sur toile, il est également l’auteur d’un ensemble considérable de peintures sur papier qu’il a mené, avec quelques interruptions tout au long de son parcours pictural, jusqu’au début des années 2000. D’une certaine façon, on peut dire que son oeuvre commence sur le papier avec, des 1946, des peintures aux traces larges et affirmées, réalisées au brou de noix, qui vont véritablement voir son oeuvre se distinguer des autres démarches abstraites de l’époque. »

« En 1948, alors qu’il vient a peine de commencer à exposer, il est invité à une manifestation itinérante sur la peinture abstraite française dans les musées allemands, en compagnie d’artistes beaucoup plus âgés. C’est une de ses peintures qui est choisie pour l’affiche et va contribuer à le faire connaître. »

« Privilégiant le brou de noix dans les premières années, Pierre Soulages reviendra souvent à cette matière qu’utilisent les ébénistes et dont il aime les qualités de transparence et d’opacité, de luminosité également en contraste avec le blanc du papier. » 

« Il emploiera aussi l’encre et la gouache pour des oeuvres dont les formats en général restreints ne cèdent en rien à la puissance formelle et a la diversité. »

« L’oeuvre sur papier de Pierre Soulages qui fut longtemps conservé par l’artiste, a été moins souvent montré que les peintures sur toile et rarement rassemblé dans des expositions à part entière. Il constitue pourtant un ensemble indispensable à la compréhension de sa peinture. »

Cette exposition « présente 130 œuvres dont plus d’une trentaine inédites. »

Le commissariat est assuré par Alfred Pacquement, Directeur honoraire du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou. La chargée de recherche est Camille Morando, Responsable de la documentation des collections modernes au musée national d’art moderne, Centre Pompidou.

Produite par le GrandPalaisRmn, cette exposition a bénéficié du soutien exceptionnel du musée Soulages, Rodez.


« Pierre Soulages. La rencontre »
« En 2025, le musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole entama la célébration de son bicentenaire avec une exposition-événement dédiée à Pierre Soulages. Dès 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale, l’artiste découvrait le musée Fabre et ses collections, alors qu’il préparait le professorat de dessin à l’école des beaux-arts de Montpellier. La portée de cette rencontre – « plus que tout autre, ce musée a compté pour moi » écrira le peintre – s’est matérialisée en 2005 à travers la donation par Pierre et Colette Soulages de vingt toiles accompagnées de dix dépôts, qui faisaient suite à deux expositions dédiées à l’artiste au sein du musée montpelliérain, en 1975 et 1999, ainsi qu’à l’achat de deux importants Outrenoirs datés de 1996. »

« C’est à l’occasion des vingt ans de cette donation que le musée Fabre a choisi d’honorer à nouveau l’oeuvre immense de Soulages, dans le cadre d’une exposition d’envergure se déployant sur trois niveaux et plus de 1 200 m2. Le titre, clin d’œil à l’un des tableaux iconiques du musée Fabre, réalisé en 1854 par Gustave Courbet, traduit la volonté d’évoquer, au fil du parcours, la rencontre de l’artiste avec l’histoire de l’art qui le précède, tout comme celle de son temps. »

« L’exposition réunit environ 120 toiles, œuvres sur papier, cuivres, bronzes et verres. Au fil du parcours, en regard des œuvres de Soulages, le visiteur découvre ainsi une sélection de toiles signées de grands noms de l’histoire de l’art qui le précède - comme Rembrandt, Zurbaran, Courbet, Cézanne, Van Gogh, Mondrian, Picasso -, autant que des rencontres significatives qui ont émaillé la vie de l’artiste – telles Hans Hartung, Anna-Eva Bergman, Pierrette Bloch ou encore Zao Wou-Ki. » 

« Afin de respecter l’esprit de la présentation que Soulages a lui-même conçue dans les salles qui lui sont consacrées au musée Fabre, l’exposition « Pierre Soulages. La Rencontre » ne suit pas une approche chronologique, mais au contraire une vision cyclique et non-linéaire, privilégiant les échos entre des œuvres d’époques différentes selon plusieurs grands thèmes. Au travers d’un parcours en six chapitres, l’exposition met en évidence les différents moments de la vie et carrière de Soulages jusqu’à sa mort en 2022, ainsi que le lien profond qui l’unissait avec le musée Fabre. L’exposition s’ouvre par deux œuvres inédites, réalisées durant les dernières années de vie de Soulages, en 2020 et 2021. »


Biographie de Pierre Soulages

« Pierre Soulages est né le 24 décembre 1919 a Rodez.
En 1938, sur les conseils de son professeur de dessin au Lycée Foch (Rodez), il s’inscrit à l’atelier privé de René Jaudon à Paris, encouragé par ce dernier pour passer le concours d’entrée à l’École des Beaux-arts.
Admis en 1939, Soulages décide de ne pas y entrer et regagne Rodez. En 1941, à l’École des Beaux-arts de Montpellier, il rencontre Colette Llaurens, qu’il épouse en 1942. Suite à l’exposition Französische abstrakte Malerei en Allemagne en 1948-1949, son oeuvre est reconnu et sera par la suite présenté à l’étranger et en France.
A partir de 1960, les premières rétrospectives ont lieu à l’étranger puis en France. En 1994, les vitraux créés par l’artiste pour l’abbatiale Sainte-Foy de Conques sont inaugurés. Son oeuvre, exposé dans le monde entier, est présent dans les grandes collections publiques sur les cinq continents.
En 2014, est inauguré à Rodez le musée Soulages, premier musée en France créé avec la collaboration étroite de l’artiste, suite aux donations de Pierre et Colette Soulages, et ouvert de son vivant. Pour le centenaire du peintre, s’ouvre en 2019 l’exposition Soulages au Louvre. L’artiste recevra les plus hautes distinctions en France et à l’étranger.
Sa création compte plus de 1700 peintures sur toile, près de 800 peintures sur papier, plus de cent estampes, trois bronzes, trois goudrons ainsi que des tapisseries et une céramique.
Pierre Soulages est décédé le 22 octobre 2022 a l’âge de 102 ans. Apres un hommage national dans la cour carrée du musée du Louvre par le président de la République, il est inhumé au cimetière de Montparnasse. »

Repères biographiques

« 1919 24 décembre : Naissance de Pierre Soulages à Rodez (Aveyron). Son père est carrossier de voitures à cheval, sa mère sans profession. Il a un demi-frère et une soeur aînée, future professeure de philosophie.

1925 Décès de son père.
Sa mère reprend le magasin de vente d’articles de chasse et de pêche de son mari au rez-de-chaussée de leur maison.

1931-1932 Visite scolaire de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques. Ce choc esthétique sera déterminant dans son choix de devenir artiste.
S’intéresse à l’archéologie, notamment aux menhirs qu’il découvre au musée Fenaille à Rodez.

Vers 1932-1933 Première utilisation du brou de noix, dans le but de teindre une boîte en bois. 

Vers 1934-1936 Soulages peint et prend des cours de dessins au lycée de Rodez. Les paysages aveyronnais, les silhouettes noires des arbres l’hiver, dépourvus de feuillage, font partie de ses premiers sujets de peinture.
Il se crée sa propre culture artistique, observant des reproductions d’oeuvres dans Le Petit Larousse (Van Gogh notamment), et dans un opuscule de la vie scolaire (Claude Lorrain, Rembrandt).

1938 Obtient la première partie de son baccalauréat, mais renonce à passer la seconde pour rejoindre Paris, et embrasser une vie de peintre.

1939 Visite galeries et grands musées nationaux et découvre la modernité du travail de Paul Cezanne et de Pablo Picasso, les Nymphéas de Monet et les oeuvres du Louvre qu’il copie. 
Il réussit le concours d’entrée à l’École des beaux-arts de Paris. Il renoncera à poursuivre son cursus, déçu de l’enseignement qui y est dispensé.
En septembre, il retourne à Rodez au début de la guerre. 

1940 Sous la direction du conservateur du musée Fenaille Louis Balsan, il participe à des fouilles ainsi qu’à l’exploration de grottes.
Présente l’oral de philosophie à Toulouse. Très rapidement mobilisé, il est d’abord affecté à Bordeaux, puis à Nyons, où il achève son service militaire.

1941 Démobilisé, fait le choix de s’installer en zone libre à Montpellier pour préparer le professorat de dessin à l’école des beaux-arts de la ville, alors dirigée par le peintre Camille Descossy. 
Lors d’un cours de dessin, Soulages fait la connaissance de Colette Marcelle Léonie Llaurens née quai Aspirant-Herbert à Sète le 14 mars 1921.

1942 Soulages découvre l’art moderne dans la revue de propagande allemande Signal, illustrée en noir et blanc d’oeuvres qualifiées par le IIIe Reich d’art « dégénéré », de Salvador Dalí à Max Ernst en passant par Piet Mondrian.
24 octobre : Mariage à minuit de Pierre Soulages et Colette Laurens, à l’église Saint-Louis de Sète.
En novembre, afin d’échapper au Service du travail obligatoire, imposé sous l’Occupation, Soulages se procure des faux papiers et devient régisseur dans le vignoble du mas de la Valsière à Grabels. Il cesse totalement de peindre jusqu’à la fin de la guerre.

1943 Rencontre, par l’intermédiaire de ses voisins, l’écrivain et poète Joseph Delteil et son épouse impresario Caroline Dudley, Sonia Delaunay, peintre ukrainienne, avec qui il se lie d’amitié et qui l’initie à l’art abstrait.

1944 Juin : Remobilisé au moment de la Libération, il se rend à Toulouse et y rencontre le poète résistant et critique d’art Jean Cassou, futur conservateur du musée national d’Art moderne.

1946 Le couple Soulages quitte l’Hérault pour « monter à Paris » et s’installe dans un petit appartement à Courbevoie.
Soulages expérimente l’abstraction et peint quelques toiles, parfois issues de draps usagés tendus sur châssis, et par économies, de nombreux dessins au fusain.

1947 Soulages découvre la calligraphie chinoise. Marqué par cette technique, il réalise une cinquantaine de peintures au brou de noix sur papier, dont les formes sombres rappellent cet art ancestral.
Refusé au Salon d’automne, il présente trois toiles au Salon des surindépendants. Début d’une grande amitié avec le peintre Hans Hartung, lui-même exposant.
En fin d’année, le couple quitte Courbevoie et emménage à Paris, quartier Montparnasse, au 11 bis de la rue Schoelcher, dans un appartement plus spacieux, désormais doté d’un atelier.

1948 Été : Séjour à Montpellier durant lequel il réalise ses premières peintures au noir de goudron sur morceaux de verre. 
Novembre : Participe à la première exposition d’art abstrait de l’après-guerre en Allemagne, « Französische abstrakte Malerei ». Une de ses oeuvres est choisie pour l’affiche de cet évènement qui connaît un grand succès en Allemagne, en France et jusqu’à New York.
20 décembre : Première toile du peintre avec la date faisant fonction de titre. Cette méthode devient ensuite systématique.
Fin d’année : James Johnson Sweeney, ancien conservateur au MoMA, lui rend visite dans son atelier. Il lui achète un brou de noix, et lui transmet sa carte de visite. Une longue amitié débute entre eux.

1949 Le peintre Henri Goetz lui présente Pierrette Bloch, l’une de ses élèves, dans l’atelier de la rue Schoelcher. 
Première exposition personnelle à la galerie Lydia Conti à Paris. Le succès est immédiat.
Rencontre avec le critique Michel Ragon avec qui il se lie d’amitié. 
Première participation au Salon de mai, à Paris, au palais de Tokyo.

Octobre : Premières présentations de ses oeuvres en Amérique, à l’occasion de l’exposition « Painted 1949 » à la galerie Betty Parsons de New York.

1950 Don de l’une de ses oeuvres au musée de Grenoble, première toile à intégrer les collections publiques françaises.

1951 Participe aux États-Unis à l’exposition itinérante « Advancing French Art ». La Phillips Gallery de Washington acquiert l’une de ses oeuvres, la première de Soulages à entrer dans un musée américain.

1953 Entre dans les collections de la Tate Gallery de Londres.
James Sweeney, désormais directeur du Solomon R. Guggenheim Museum, inaugure l’exposition collective « Young European Painters ». Soulages y présente trente-trois toiles, dont une sera acquise par le musée. Son itinérance à travers les États-Unis, rencontre un immense succès.

1954 Rupture avec son galeriste Louis Carré. Le marchand Samuel Kootz lui propose d’être son galeriste. Soulages accepte, et envoie une dizaine de toiles à New York. Cette collaboration est déterminante dans la carrière du peintre.
Première exposition personnelle aux États-Unis à la Kootz Gallery. Il rencontre un succès unanime outre-Atlantique, qu’il n’a pour le moment pas encore en France. Très vite, ses peintures entrent chez de riches collectionneurs tels Otto Preminger ou Nelson Rockefeller, puis progressivement dans des musées américains.

1956 Soulages réalise ses premiers polyptyques et commence la période des raclages, jusqu’en 1963. Soulages vient racler à l’aide d’une spatule une couche de peinture noire épaisse, qui révèle des couleurs plus claires et intenses sous-jacentes.
Mars : Intègre à Paris la galerie de France, et présente sa première exposition personnelle. Kootz cependant reste son marchand principal et prioritaire pendant dix ans.
Entame une série d’eaux-fortes à l’atelier Lacourière, pour lesquelles il invente un procédé de matrice en cuivre découpé et rongé par l’acide.
Rencontre l’écrivain et futur président du Sénégal Léopold Sédar Senghor, qui lui achète une oeuvre et publiera plusieurs textes sur le peintre.

1957 Août : Aménage un nouvel atelier rue Galande (5e arrondissement). 
En novembre, premier voyage aux États-Unis, à l’occasion de sa quatrième exposition personnelle chez Kootz. Il rencontre alors de nombreux peintres américains, dont Mark Rothko avec lequel il se lie d’amitié.
Depuis New York, le couple Soulages, en compagnie de leur ami Zao Wou-Ki, rencontré au début de la décennie, voyage à Philadelphie, Washington, Chicago, San Francisco, Hawaï. 

1958 Janvier-février : tous trois poursuivent leur voyage jusqu’au Japon. Ils y rencontrent des calligraphes traditionnels et d’avant-garde, dont Morita Shiryu. 
Parution du premier ouvrage monographique sur Soulages, signé Hubert Juin.

1959 Achat d’une maison à Sète, sur les hauteurs du mont Saint-Clair. Le couple en dessine les plans. La villa au toit plat, surplombant la mer, sera inscrite au titre des monuments historiques en 2019.

1962 Est publié dans la revue étudiante Clarté du mois de mai, le « Procès à Soulages », dont un entretien mené par Buraglio. Des personnalités sont alors invitées à se prononcer sur la question « Pour ou contre Pierre Soulages, peintre abstrait ? ». Roger Vailland ou encore Hubert Juin font partie de la défense.
Rencontre Jean-Michel Meurice, Claude Viallat, Vincent Bioulès, François Rouan, Daniel Buren et Michel Parmentier.

1963 Le raclage disparaît, Soulages entame une période où la peinture devient plus lisse, jouant sur des effets de transparences.

1966 Une rétrospective lui est dédiée au Museum of Fine Arts de Houston (Texas), dirigé par James Sweeney. Soulages et Sweeney imaginent un dispositif d’accrochage tridimensionnel inédit, où les plus grandes toiles sont suspendues dans l’espace à des filins d’acier accrochés au plafond permettant ainsi la déambulation autour des oeuvres.

1967 Le musée national d’Art moderne inaugure la première exposition personnelle de Soulages en France organisée par Bernard Dorival et Jean Cassou. Le succès est retentissant.

1968 Il délaisse la couleur et ne travaille plus qu’avec le noir et blanc, ouvrant une période qu’il qualifie de « cistercienne ». On croit y percevoir de larges écritures vues à la loupe, que le critique américain Harold Rosenberg qualifie de « macrographies ». 

1971 Entre dans les collections de la National Gallery of Washington avec une oeuvre des années 1950.

1972 Été : Visite de Viallat, Daniel Dezeuze et Patrick Saytour dans son atelier à Sète. Soulages mène des expérimentations, sorte de préfiguration des Outrenoirs, avec un voile de plastique noir.
Réalise l’affiche des Jeux olympiques de Munich.

1974 Printemps : Quitte son atelier rue Galande pour s’installer quartier Maubert (5e arrondissement), rue Saint-Victor, dans un atelier éclairé par de grandes baies. 
Novembre : Rétrospective au Musée dynamique de Dakar au Sénégal, à l’initiative de Léopold Sédar Senghor, l’occasion pour les Soulages de découvrir la Casamance. Cette rétrospective sera l’année suivante présentée enrichie à Lisbonne, Madrid, au musée Fabre de Montpellier, puis à travers l’Amérique latine jusqu’en juin 1976. Dans le catalogue de l’exposition du musée Fabre, Joseph Delteil, son ami de longue date et ancien voisin, lui dédie un texte.

1975 Soulages fait mouler en bronze trois plaques de cuivre, s’intéressant à l’aspect sculptural de ses matrices, et jouant alors avec les reflets lumineux que le métal permet.

1977 Participe à l’exposition « Paris-New York » au Centre Pompidou. 

1979 Passage aux toiles monopigmentaires. Sa rencontre par accident avec ce qu’il appelle le « noir-lumière » puis « outrenoir » lors de cette nuit de janvier durant laquelle il « patauge » dans la couleur, marque le tournant décisif que va prendre son oeuvre.
En fin d’année, le Centre Pompidou lui consacre une grande exposition de ses peintures récentes.

1981 Jean-Michel Meurice achève la réalisation d’un documentaire sur Pierre Soulages, filmé dans son atelier. Le film obtient l’année suivante le grand prix du Festival du film d’art à Paris.

1984 Rétrospective « Soulages » au Seibu Museum of Art de Tokyo.

1986 Fait entrer le bleu dans ses Outrenoirs, intégrant le pigment outremer dans le fond de la toile, révélé par le raclage de la peinture noire en surface. 
Mise en circulation du timbre-poste commandé par l’administration des Postes et Télécommunications. Vendu à 5 450 000 exemplaires, ce petit carré de papier est l’oeuvre de Soulages qui bénéficie de la plus grande diffusion à grande échelle.

1987 Février : reçoit une commande pour la réalisation des vitraux de l’abbatiale de Conques. De nombreux essais sur le verre seront réalisés avec les maîtres verriers Dominique Fleury et Éric Savalli jusqu’en 1992.

1988 Soulages dessine, pour son ami Georges Duby, reçu à l’Académie française, une épée à pommeau d’ébène et de bronze et à lame d’acier noire.

1991 Participe à la première Biennale d’art contemporain de Lyon, avec un ensemble indissociable de sept Outrenoirs.

1993 Se rend en Corée pour l’accrochage au musée national d’Art contemporain de Séoul de sa rétrospective, la première organisée par l’institution d’un artiste vivant.

1994 Publication du premier volume du catalogue raisonné de son oeuvre peint, par Pierre Encrevé. Trois autres volumes suivront en 1996, 1998 et 2015.
26 juillet : Après sept ans de recherche sur le verre, inauguration des 104 vitraux pour l’abbatiale de Conques. 

1996 Exposition « Soulages, noir lumière » au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

1999 16 novembre : Inauguration de l’exposition au musée Fabre de Montpellier « Soulages, oeuvres récentes, 1994-1999 ». La ville attribue le nom de Soulages à la cour d’honneur du musée et fait l’acquisition de deux oeuvres de l’artiste.
Le contraste entre le noir et le blanc fait son retour jusqu’en 2001 sous la forme de liserés blancs fragiles, réserve épargnée de l’épaisse couche de matière noire.

2000 Réalisation d’un vase avec la manufacture de Sèvres, qui sera offert comme trophée par le président Chirac lors du tournoi de Sumo à Nagoya, au Japon. 
2002 Juillet : Annonce de la création à Rodez d’un espace dédié à l’oeuvre de Soulages.

2004 Délaisse l’huile pour l’usage exclusif de l’acrylique qui offre de nouvelles possibilités de réflexions de la lumière, et une épaisseur de matière.
Soulages est invité par le musée d’Orsay à faire dialoguer l’une de ses oeuvres avec les collections de l’institution, et présente un triptyque Outrenoirs de 1996 aux côtés de trois photographies de Gustave Le Gray prises en 1856-1857.

2005 Juin : Annonce une importante donation (une centaine d’oeuvres et documents d’archives) pour le futur musée Soulages de Rodez. D’autres seront effectuées en 2013 et en 2020.

19 septembre : Donation de Colette et Pierre Soulages au musée Fabre, constituée de vingt toiles accompagnées de la mise en dépôt de dix oeuvres de l’artiste, réalisées entre 1951 et 2010. 

2007 4 février : Réouverture du musée Fabre. Une aile est dédiée aux oeuvres de Soulages. Imaginées en collaboration avec ce dernier, un soin particulier est apporté aux parois de verre que la lumière traverse pour éclairer la salle Soulages du nouveau bâtiment.
Quelques semaines plus tard, Soulages reçoit le prix Georges Pompidou.

2008 La réalisation du musée Soulages à Rodez est confiée au studio d’architectes catalan RCR Arquitectes, qui se compose de Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta.

2009 Grande rétrospective au Centre Pompidou pour les quatre-vingt-dix ans de l’artiste (itinérance à Mexico City et Berlin).
En fin d’année, l’une de ses oeuvres est présentée accrochée à côté de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello, dans le Salon carré du musée du Louvre.

2010 Janvier : L’Institut national d’histoire de l’art organise, au Centre Pompidou, un symposium réunissant de nombreux chercheurs, critiques, historiens de l’art et philosophes, pour évoquer l’oeuvre de Soulages et sa place incontournable dans l’histoire de l’art.

2011 Septembre : Dans le cadre de la Coupe du monde de rugby, Soulages dessine la couverture de L’Équipe avec une oeuvre aux évidements en forme de ballon de rugby.

2013 Le musée Fabre fait l’acquisition d’un grand polyptyque de 2012. 

2014 30 mai : Inauguration du musée Soulages à Rodez en présence du président François Hollande. Le bâtiment se compose de cinq blocs de béton habillés d’acier Corten.
Dix ans après sa dernière exposition aux États-Unis, la Dominique Lévy Gallery, en collaboration avec la galerie Perrotin, présente à New York, l’exposition « Pierre Soulages: New Paintings ».

2015 Reçoit la distinction de grand-croix de la Légion d’honneur.

2017 Effectue plusieurs donations à des musées étrangers (l’Art Institute de Chicago, National Gallery of Art de Washington, Tate Gallery de Londres) et fait l’objet d’expositions personnelles en Allemagne et au Japon. 

2018 Pierrette Bloch lègue au Centre Pompidou plusieurs oeuvres de son ami.

2019 Mars-août : Réalise cinq grands Outrenoirs.
Décembre : Célébration des 100 ans de l’artiste par le biais de nombreuses expositions personnelles à travers le monde : Chine, Japon, États-Unis, Allemagne, Suisse, Rodez et Paris.
11 décembre 2019 : Inauguration de l’exposition « Soulages au Louvre ». Cette rétrospective présente quatre-vingts ans de production. Avec Chagall et Picasso, il est le seul peintre à y exposer de son vivant.
Décès de Pierre Encrevé, biographe de Pierre Soulages.

2022 Il achève ce qui sera sa dernière oeuvre, l’Outrenoir, Peinture 102 x 130 cm, 15 mai 2022.
Octobre : Décès de l’artiste la nuit du 25 octobre à l’âge de 102 ans, un jour après son 80e anniversaire de mariage.
2 novembre : un hommage national, présidé par le président Emmanuel Macron, lui est dédié dans la cour Carrée du Louvre.

2023 24 juin : Inauguration de l’exposition au musée Soulages de Rodez « Les derniers Soulages », où sont rassemblés, pour la première fois les cinq grands Outrenoirs de 2019. »


Du 17 septembre 2025 au 11 janvier 2026
19, rue Vaugirard. 75006 Paris
Tél. : 01 40 13 62 00
Tous les jours de 10h30 a 19h
Nocturne tous les lundis jusqu’à 22h

Du 28 juin 2025 au 04 janvier 2026
39, boulevard Bonne Nouvelle. 34000 Montpellier
Tél. : +33 (0)4 67 14 83 00
Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé le lundi. 
Visuel :
VUE IN SITU - Crédit : Cécile Marson - Montpellier Méditerranée Métropole

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