Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 8 janvier 2019

« 2015 - Paris est une cible », par Benoît Bertrand-Cadi


« 2015 - Paris est une cible  » (Je suis Charlie, je suis Paris) est un documentaire de Benoît Bertrand-Cadi. Analyse par des diplomates, dessinateurs, philosophes des motivations des terroristes islamistes ayant commis des attentats djihadistes en France, au Danemark...
« De l'attaque du 7 janvier contre Charlie Hebdo au carnage du 13 novembre, une enquête approfondie sur les racines de la terreur et les moyens d'y faire face. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi la France est-elle devenue la cible prioritaire de ce nouveau terrorisme, perpétré par des jeunes gens nés ou élevés en Europe ?
Commencée à Paris sous le signe de la terreur, avec les attaques successives des 7, 8 et 9 janvier contre la rédaction de Charlie Hebdo, des policiers, puis le magasin Hyper Cacher (dix-sept victimes au total, sans compter les trois assassins, abattus par la police), l'année 2015 s'achève dans un bain de sang plus effroyable encore.
Le 13 novembre, des actions terroristes coordonnées d’une ampleur inédite font 130 morts, plus onze des auteurs ou de leurs complices présumés qui se sont fait exploser ou ont été exécutés par la police, et 352 blessés. Comme une redite des événements de janvier, mais à un niveau de violence bien supérieur, les caméras du monde entier filment des scènes de guerre dans la capitale française.

Alors qu'une marche républicaine gigantesque avait répondu aux premiers attentats, les rassemblements sont cette fois interdits et l'état d'urgence instauré pour trois mois, mesure approuvée à la quasi-unanimité de l'Assemblée nationale (moins six députés).
Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi la France est-elle devenue la cible prioritaire de ce nouveau terrorisme, perpétré par des jeunes gens nés ou élevés en Europe ? Comment lutter, à l'extérieur de ses frontières et sur le territoire ? Est-il légitime de suspendre certaines des règles démocratiques en vigueur au nom de la sauvegarde de la démocratie ? À travers les témoignages de nombreuses personnalités françaises et étrangères (chefs d’États, diplomates, témoins des attentats, spécialistes du renseignement, chercheurs, caricaturistes…), le film expose la chronologie des faits et décrypte une montée de la violence qui ébranle et interroge la société dans son ensemble ».

Avec le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, l'ancien ministre des Affaires étrangère Hubert Védrine, Laurent Stefanini, ambassadeur et ex-responsable du protocole de l’Élysée, François Zimeray, ambassadeur français au Danemark, témoin de la première de deux attaques perpétrées en février à Copenhague dans le sillage de celles de Paris, le chercheur et homme politique danois Naser Khader, le grand rabbin de France Haïm Korsia, la philosophe Élisabeth Badinter, l'anthropologue Malek Chebel, les experts en géostratégie Xavier Crettiez, François Géré et Percy Kemp, l'auteur danois des caricatures de Mahomet, Kurt Westergaard, les membres de la rédaction de Charlie Hebdo Riss et Gérard Biard, ainsi que l'avocat du journal, Richard Malka, et Aydin Engin, le rédacteur en chef du journal d'opposition turc Cumhuriyet ».
Djihad global
"On avait violé un dogme religieux. On méritait de mourir", résume Riss, directeur de Charlie hebdo.

Engendrée par la peur, l'autocensure prévaut chez les politiciens, les médias, etc. dans les questions concernant l'islam.

"Pour beaucoup de musulmans, la liberté d'expression s'arrête au religieux... Il fallait bien se payer des Juifs. Excusez-moi, mais c'était comme la cerise sur le gâteau... Cette manifestation [du 11 janvier 2015], je l'interprète comme un grand moment d'union dont on avait besoin, comme une réaction sage, tolérante, positive de la société française... D'étape en étape, certains ont pensé : "Ils [les dessinateurs de Charlie hebdo, Ndr] ne l'ont pas volé". Il y a une France qui n'est pas là [le 11 janvier 2015], la France musulmane, de crainte de trahir les siens. Vous traversez dans certaines banlieues, la plupart des femmes sont voilées. Les plus extrémistes pèsent de tout leur poids sur les autres... Pour se venger des caricatures danoises [en 2005], on s'en est pris à des églises, à des morts. Peut-être que personne n'a pensé que cela pouvait arriver ici... Est-ce qu'il faut continuer à faire ces mea culpa ? Je suis hostile au discours victimaire... Les attentats du 13 novembre, c'est différent : c'est contre tous les Français", rappelle Elisabeth Badinter, philosophe,

"En France, il y a une sorte de sacralité de la parole. Il faut dépasser un temps de sidération collective. Il faut jeter un geste", allègue Haim Korsia, grand rabbin de France. Or, cette liberté de parole survit péniblement au "politiquement correct" sur lequel veillent des magistrats. Et d'ajouter :  en 2012, "il y a eu des militaires, un enseignant et des enfants dans l'indifférence totale. Ce n'est pas un terrorisme exogène. Ce sont des enfants de France". Pourquoi ne pas les qualifier de "musulmans" ?

Quarante-quatre chefs d'Etats et de gouvernements, 12 dirigeants d'organisations internationales se sont réunis à Paris quelques jours après ces attentats terroristes islamistes. Le président François Hollance voulait un président d'un Etat musulman, en l'occurrence le Mali, à sa droite et la chancelière allemande Angela Merkel à sa gauche.

Ce 11 janvier 2015, quatre millions à Paris ont défilé de la place de la Nation à la place de la République et au-delà. Et très peu de musulmans de France dans cette manifestation.

Selon l'anthropologue Malek Chebel, "Les gens ont voulu dire "Ne profanez pas nos valeurs". Le soulèvement populaire a dit "Stop", dans la manifestation du 11 janvier 2015,

14 février 2015. Double attaque à Copenhague (Danemark) contre une réunion sur la liberté d'expression et une synagogue (un gardien Juif est tué par le terroriste). "Je suis arrivée à cette réunion à vélo, sans protection. J'en suis reparti en voiture blindée", se souvient François Zimeray.

13 novembre 2015. Nouveaux attentats terroristes islamistes coordonnés par plusieurs équipes, à Saint-Denis et à Paris. "Le pain et les jeux" sont visés selon Percy Kemp, écrivain britannique.

2015. Une année d'attentats terroristes islamistes aussi pour la Tunisie.

Pour éviter de recourir au terme "islamistes", les autorités politiques et ce documentaire parlent de "terrorisme djihadiste" et d'"assaillant". La réponse du gouvernement ? Une loi sur le renseignement. Et ce, pour rassurer, face à un phénomène mal appréhendé.

Comme par hasard, le documentaire liste les villes touchées par le terrorisme islamiste sans citer Jérusalem.

En 2013, l'opération Serval est lancée par la France au Mali. "Une question centrale", selon Hubert Védrine. "Personne n'a critiqué. Mais personne n'a vu les conséquences possibles de cet engagement", analyse Elisabeth Badinter.

La France est-elle une cible ? Oui, mais pas toute. A lire la liste des noms des victimes du jihad, c’est bien une guerre civile « ethnico-religieuse », parfaitement analysée par Michel Gurfinkiel, que mènent les « Allah Akbar boys » (Mark Steyn) contre les non-musulmans, en l’occurrence Juifs et chrétiens.

"La France saura-t-elle préserver ses valeurs républicaines", s'interroge le documentaire. La question s'avère plutôt : une France en déclins gagnera-t-elle cette guerre ?

Ce documentaire de Benoît Bertrand-Cadi a été suivi de Attentats de Paris - Entretien avec Pierre Kroll  (Attentate von Paris - Gespräch mit Pierre Kroll). "On parle de crises. C'est une mutation du monde qui crée une peur entretenue par ce terrorisme", observe Pierre Kroll, caricaturiste belge qui se produit aussi sur scène. Et d'ajouter : "A Bruxelles, on a fermé les écoles, les magasins pendant plusieurs jours. Bruxelles a été une ville morte, à l'approche des fêtes. Du jamais vu. Molenbeek est une commune à forte proportion immigrée, critiquée pour son laxisme, pour d'autres c'était un modèle du vivre-ensemble. Et on a découvert la radicalisation... Le plus gros attentat en Belgique a eu lieu contre le musée Juif et a été commis par un Français. Dans des pays comme le Maroc et la Tunisie, on vit avec des salafistes depuis longtemps .On vit comme eux. L'humour fait partie de la résilience. Je ne comprends pas comment des jeunes nés en Belgique aient envie de couper la tête. Il  y a une espèce de frustration. Un besoin de revanche pour exister... On doit pouvoir parler du sacré. Le métier de dessinateur, on l'a pratiqué pour déconner. Maintenant, c'est un métier d'intellectuel". 

  
« 2015 - Paris est une cible », par Benoît Bertrand-Cadi
51 min
Sur Arte les 5 janvier à 20 h 55 et 7 janvier 2016 à 8 h 55

Visuels : © Pac Pres

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sur le concert viennent d'Arte. L'article a été publié le 5 janvier 2016, puis le 9 janvier 2018.

samedi 5 janvier 2019

Rembrandt, graveur


Le célèbre peintre néerlandais Rembrandt (1606-1669) était aussi un graveur remarquable, inspiré par la Bible et des scènes de la vie quotidienne. Le Museum Art of Denver présente l'exposition "Rembrandt, painter as printmaker".

Rembrandt van Rijn (1606-1669) est célèbre pour son œuvre peinte. Or, « de son vivant, c’est surtout pour ses qualités de graveur qu’il était célèbre ». 

En 2016, le BOZAR Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Belgique) a présenté l’exposition itinérante Rembrandt en noir & blanc. Près de 85 gravures originales ont révélé un aspect moins connu de cet « artiste génial de l’Âge d’or des Pays-Bas ». Environ 85 gravures originales soulignaient les talents de graveur du célèbre peintre néerlandais Rembrandt (1606-1669), inspiré par la Bible et des scènes de la vie quotidienne.

Après avoir été montrée dans divers musées nationaux des Pays-Bas - Westfries Museum (Hoorn), Het Markiezenhof (Bergen op Zoom), Stedelijk Museum (Zutphen), Gemeentemuseum Het Hannemahuis (Harlingen), Museum Gouda, Jan ten Horne Museum (Weert) et Stadsmuseum Harderwijk -, cette exposition est accueillie pour la première fois en Belgique. Elle est organisée dans le cadre de la présidence néerlandaise du Conseil de l’Union européenne.

En 2006, pour le quatrième centenaire de la naissance de Rembrandt, la Bibliothèque nationale de France avait exposé 145 estampes dans Rembrandt : la lumière de l’ombre. « Dès vingt ans, Rembrandt traite des thèmes courants au XVIIe siècle autoportraits et portraits, sujets bibliques, mythologiques, allégoriques, représentation de gueux et scènes de genre, nus, paysages... mais déjà l'originalité de la composition, du graphisme, la signification et le symbolisme qui en découlent différencient ses œuvres de la production de l'époque. Rembrandt  use des possibilités de modifications successives de l'image qu'offre l'estampe, les états, pour traduire l'évolution d'une situation, le déroulement d'un événement, le changement d'une expression, les variations atmosphériques ». 

« Rembrandt, qui ne s’était pas éloigné de son pays, devait sa célébrité à la diffusion de ses estampes. Il ne s’obligea pas à effectuer le traditionnel voyage en Italie. Il avait cependant accumulé des œuvres d’art, des objets de curiosité et surtout des estampes de nombreux maîtres (Schongauer, Dürer, Cranach, Van Dyck, Mantegna, Carrache, Reni, Ribera), des gravures d’après Titien, Raphaël, Rubens. C’est parmi celles-ci, dont on retrouve parfois une inspiration lointaine dans certaines de ses œuvres, qu’il classait un portefeuille contenant une épreuve de chacune des siennes…. Le Florentin Filippo Baldinucci (1625-1697), dans son ouvrage sur l’art de la gravure paru en 1686, inclut un seul graveur hollandais du XVIIe siècle : Rembrandt. Il évoque "la manière très singulière qu’il a élaborée dans le domaine de l’eau-forte ; il fut le seul à l’utiliser ; on ne la rencontre chez personne d’autre et nulle part ailleurs. Elle consiste à créer, à l’aide de traits, de petites incisions et de lignes irrégulières, sans tracer les contours, un clair-obscur profond et puissant, d’un effet pictural".Rembrandt mania aussi le burin et la pointe sèche. Le premier pour donner plus de vigueur à ses eaux-fortes, la seconde pour les compléter par des noirs somptueux et veloutés, pour accentuer, moduler des ombres ou un tracé trop uniforme. Exceptionnellement il employa la pointe sèche seule. Il opta soit pour un style graphique où la ligne, le contour, la luminosité sont privilégiés, soit pour un style pictural où le modelé, la forme, le clair-obscurdominent. Mais les deux manières sont souvent indissociables dans ses œuvres et réunissent alors les trois procédés, eau-forte, pointe sèche et burin, pour obtenir ces clairs-obscurs captivants, admirés par Baldinucci. Il s’y essaya pour la première fois en 1634 dans L’Annonce aux bergers, œuvre très élaborée, dans le style baroque de ses débuts. Il évolua ensuite vers un style plus synthétique, éliminant le superflu pour ne figurer que l’essentiel. Dans sa dernière période, de 1650 à 1661, la rigueur, l’ampleur et la simplicité triomphent », a analysé Gisèle Lambert.

Œuvre gravé
Rembrandt Harmenszoon van Rijn (1606-1669) était un peintre, graveur et dessinateur néerlandais. 

Il « est généralement considéré comme l’un des plus grands peintres européen et comme le maître hollandais le plus important du XVIIe siècle ». 

Il a acquis la notoriété pour La Ronde de nuit (De Nachtwacht,1642), vers laquelle converge chaque jour des milliers de visiteurs au Rijksmuseum d’Amsterdam. 

« Alors qu’aujourd’hui, ce sont surtout ses peintures qui récoltent les louanges, c’est en réalité grâce à ses gravures que son œuvre est devenue si populaire. Rembrandt y traite les mêmes thèmes que dans son œuvre peint, mais elles ne servent pas d’études préparatoires : l’art de la gravure était pour lui une discipline à part entière. La gravure pouvait être facilement et largement diffusée à prix démocratique, ce qui contribué à établir la réputation de l’artiste ». De 1628 à 1665, Rembrandt a gravé près de 300 estampes.

Le graveur recourt à des techniques artistiques – incision, creusement – et des procédés divers - gravure en taille d'épargne ou en relief, en taille douce ou en creux, et à plat - pour créer une image ou un texte. Muni d’un outil ou d'un mordant, il incise ou creuse une matrice. Après la phase de l’encrage, la matrice est imprimée en particulier sur une feuille de papier afin de produire une estampe. L’aquafortiste recourt à l’eau-forte, procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique en utilisant un produit chimique, un acide.

L’exposition Rembrandt en noir & blanc montre un « large aperçu de l’œuvre gravé de Rembrandt. Près de 85 gravures témoignent de la diversité des thèmes abordés : des scènes bibliques, mythologiques et allégoriques, mais aussi des scènes de la vie quotidienne, comme cette conversation entre deux agriculteurs convenant qu’il fait « un froid rigoureux » (« tis vinnich kout »). Outre des paysages, des nus et des portraits, ce sont surtout les autoportraits qui sont très connus. Parmi les chefs-d’œuvre de l’exposition, citons La Pièce aux cent florins (ca 1648), l’autoportrait de Rembrandt appuyé sur un rebord de pierre (1639), Adam et Eve (1638) ou Vue d’Amsterdam (ca 1640-1641) ».

La particularité de ces gravures ? Rembrandt « maîtrise le medium de façon magistrale et joue souvent avec la lumière et l’ombre. Il semble posséder par-dessus tout un talent photographique avant la lettre. Son sens aigu de l’observation et son sentiment du timing font souvent de ses gravures une sorte d’« instantané », saisissant le moment, juste avant ou juste après l’action ». Dans Tobie l’aveugle (De Blinde Tobit, 1651), Rembrandt illustre une scène biblique : « il ne s’agit pas du moment précis où le père et le fils tombent dans les bras l’un de l’autre après avoir été longtemps séparés, mais celui juste avant, quand le père se précipite vers la porte, dans un mélange d’enthousiasme et d’anxiété. Tout semble par ailleurs très réaliste : pas de corps idéalisés chez Rembrandt, mais un Adam et Ève (1638) de chair et de sang ». 

L’intérêt de cette exposition réside aussi dans la réunion de gravures originales du XVIIe siècle : « la plupart des épreuves ont été réalisées par Rembrandt lui-même ou dans son atelier. Dans ses peintures, de larges parties étaient souvent réalisées par des élèves. Dans ses gravures par contre, ce qui est de sa main ou non laisse peu de doute : une plaque de gravure est si petite que seul le maître a pu y travailler ». 

Ces gravures sont issues de la collection privée du Néerlandais Jaap Mulders. Entrepreneur et ancien directeur du Ballet national des Pays-Bas, Jaap Mulders « collectionne depuis plus de 15 ans des gravures originales de Rembrandt ». Il en détient environ 150, la moitié des 290 gravures créées par l’artiste. 

Une application permet au visiteur muni d’une tablette « d’apprécier la complexité des techniques utilisées ».

"Rembrandt, painter as printmaker"
Le Museum Art of Denver présente l'exposition "Rembrandt, painter as printmaker". Une exposition proposant cent gravures effectuées par Rembrandt van Rijn de 1625 à 1665.

« L'exposition « Rembrandt : Painter as Printmaker » présente une rétrospective américaine sur l’œuvre gravée de Rembrandt, au Denver Art Museum. À cette occasion, le département des Estampes et de la photographie prête plusieurs pièces célèbres issues de ses collections, dont La pièce de cent florins, Les Trois Croix, des autoportraits et épreuves uniques retouchées par Rembrandt ».

« The Denver Art Museum is the sole venue for Rembrandt: Painter as Printmaker, showcasing about 100 prints from Rembrandt van Rijn’s career spanning from 1625 to 1665. »

« Unforgettable images of biblical, portrait, allegory, still life, landscape, and genre artworks of the time demonstrate the mastery that cemented Rembrandt as one of the greatest artists in history. The exhibition shows how Rembrandt used his view of the world around him to fuel his artistic journey, and gives a deeper understanding of his working habits as an artist, and moreover, as a printmaker ».

« Rembrandt: Painter as Printmaker takes a close look at Rembrandt’s innovative approach to printmaking that combined the three principle methods of intaglio, including etching, drypoint and engraving. New scholarship about the artist is presented, revealing how Rembrandt intentionally varied the states of his prints, ink, and exotic papers to create rarities that he knew his clients desired, demonstrating how he deliberately manipulated his prints for marketing and storytelling purposes ».

« While the exhibition focuses on Rembrandt's exploration of printmaking, several paintings and 17 drawings also are on view to provide additional context about his creative process in all media ».

« A compelling reconsideration of Rembrandt’s printed oeuvre based on new research into the artist’s life and work. As a pioneering printmaker, Rembrandt van Rijn (1606–1669) stood apart from his contemporaries thanks to his innovative approach to composition and his skillful rendering of space and light. He worked with the medium as a vehicle for artistic expression and experimentation, causing many to proclaim him the greatest etcher of all time. Moreover, the dissemination of the artist’s prints outside of the Dutch Republic during his lifetime contributed greatly to establishing Rembrandt’s reputation throughout Europe  ».

« Sumptuously illustrated with comparative paintings and drawings as well as prints, this important volume draws on exciting new scholarship on Rembrandt's etchings. Authors Jaco Rutgers and Timothy J. Standring examine the artist’s prints from many angles. They reveal how Rembrandt intentionally varied the states of his etchings, printed them on exotic papers, and retouched prints by hand to create rarities for a clientele that valued unique impressions  ».

Du 16 septembre 2018 au 6 janvier 2019
Au Denver Art Museum
Hamilton Building - Level 1
100 W 14th Avenue Pkwy. Denver, CO 80204
Tel.: 720-865-5000
Tous les jours de 10 h à 17 h. Fermeture à 20 h le vendredi
Visuels :
Rembrandt van Rijn, Self-Portrait in a Cap, Wide-Eyed and Open-Mouthed, about 1630. Etching and drypoint; 2.09 x 1.81 in. Bibliothèque nationale de France, Department of Prints and Photography.

Rembrandt van Rijn, Head of an Old Man in a Cap, around 1630. Oil paint on panel; 9.56 x 8 in. Agnes Etherington Art Centre, Queen’s University, Kingston, Canada: Gift of Alfred and Isabel Bader, 2003. Image courtesy of Agnes Etherington Art Centre.

Rembrandt van Rijn, Self-Portrait Leaning on a Stone Sill, 1639. Etching, with touches of drypoint; 8.07 x 6.45 in. Bibliothèque nationale de France, Department of Prints and Photography.


Jusqu’au 29 mai 2016 
Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles 
Tél. : 0032 2 507 82 00
De mardi à dimanche de 10 h à 18 h, le jeudi de 10 h à 21 h

Visuels :
Rembrandt, Autoportrait appuyé sur un rebord de pierre, 1639 © Stichting Rembrandt op Reis 
Rembrandt, Tobie aveugle, 1651 © Stichting Rembrandt op Reis 

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent des communiqués de presse. Cet article a été publié le 29 mai 2016.

mercredi 2 janvier 2019

« Le chœur des garçons de Ratisbonne en Israël » par Eckhart Querner et Christian Wolfel


Arte diffusera le 3 janvier 2018, dans le cadre d’« ARTE Regards » (Re: Aufbruch nach 1.000 Jahren), « Le chœur des garçons de Ratisbonne en Israël » (Die Regensburger Domspatzen in Israel) d’Eckhart Querner et Christian Wolfel. « L'un des plus célèbres et des plus anciens chœurs de garçons du monde, se rend pour la première fois en Terre sainte en plus de 1 000 ans d'histoire ». Visites à Banias, au lac de Tibériade, à la mer morte, à Bethlehem, à Jérusalem...


« Leurs histoires ne font pas la une mais elles émeuvent, surprennent et donnent à réfléchir. En prise avec un thème d’actualité, les reportages choisis par ARTE Regards vont à la rencontre de citoyens européens et proposent une plongée inédite dans leurs réalités quotidiennes ».

Les Regensburger Domspatzen (Les Moineaux de la cathédrale de Ratisbonne) est un chœur allemand composé de 120 garçons, adolescents et jeunes hommes qui a pour mission de chanter lors des offices célébrés dans la Dom St. Peter (cathédrale Saint-Pierre de Ratisbonne, la plus grande église de la ville bavaroise (Allemagne) et la cathédrale du diocèse de Ratisbonne.

Fondé en 975 par Wolfgang de Ratisbonne, évêque de la ville, il est dirigé depuis 1994 par Roland Büchner.

Les membres du chœur suivent leur scolarité en internat.

Ils étaient un vecteur de propagande pour les Nazis, et le chœur préféré du Führer Hitler.

Ils se produisent dans et hors d’Allemagne : à Prague (1910), au Vatican (2006) durant le pontificat du pape Benoît XVI, ancien choriste des Moineaux de Ratisbonne. Ils ont chanté aussi devant des personnalités, dont la reine Elisabeth II en 1978.

Scandale
En 2010, d’anciens choristes ont révélé avoir subi notamment des viols par des dirigeants ou enseignants de l’internat.

En 2017, Ulrich Weber, mandaté par l’Eglise catholique a évoqué 547 enfants ayant été victimes de maltraitantes physiques – privation de nourritures -, agressions sexuelles dont des viols, de 1945 au début des années 1990. Le nombre de victimes pourrait atteindre 700. La plupart des faits sont prescrits. Chaque victime devrait être indemnisée à hauteur de 20 000 euros, soit un total d’environ 11 millions d’euros. Nonagénaire, Mgr Georg Ratzinger, frère de l’ancien pape Benoit XVI, qui a dirigé le chœur (1964-1994), a déclaré avoir tout ignoré. Ce qu’a contesté Ulrich Weber qui a évoqué une « culture du silence ».

Intensité
Pour la première fois, 85 chanteurs de ce chœur vont se rendre en pèlerinage en Terre Sainte. Un périple huit jours intenses en événements. Le dernier du chef de chœur Roland Büchner. Le premier voyage en avion pour certains adolescents. Le groupe est accompagné par Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne et directeur spirituel du pèlerinage, et 150 pèlerins.


Curieusement, le documentaire débute par une scène montrant des soldats israéliens écoutant le chœur des garçons de Ratisbonne.

Première étape : le lac de Tibériade. La Bible relate les miracles de Jésus dans ce lac. A bord du bateau où se trouve le groupe : chant et lecture biblique. Roland Büchner est « submergé de bonheur ».

Puis le « groupe enchaîne les visites de lieux bibliques ». A Banaias se trouve une des sources du Jourdain, et c’est là que Jésus aurait été baptisé. Les choristes remplissent leurs bouteilles de l’eau de la rivière. L’un d’eux pense à utiliser cette eau sacrée lors du baptême d’un enfant qui naîtra en Allemagne.


Le bus transportant le groupe « frôle parfois les zones de conflit du Proche-Orient », notamment près de la frontière syrienne. « Il y a quelques années les garçons auraient pu entendre les tirs des terroristes d’al-Qaïda et de l’Etat islamique », mais ils « voient aujourd’hui de leur propres yeux une réalité qu’ils ne connaissent qu’à travers le filtre des médias ». « C’est tout-à-fait différent », constate le chef de chœur Roland Büchner.

Prochaine étape : Nazareth, où, « selon la Bible, a vécu Marie, la mère du Christ. Aujourd’hui la population est essentiellement chrétienne et musulmane. Dans l’imposante basilique de l’Annonciation, le groupe participe à un office dédié à la Sainte Vierge. Le chœur est essentiellement financé par l’Eglise... L’Ave Maria d’Anton Bruckner déploie ici toute sa puissance émotionnelle ». Le chef de chœur le « redécouvre ».

« Ce pèlerinage surpasse tous ceux que j’ai vécus », confie l’évêque Rudolf Voderholzer.


Le scandale de la pédocriminalité ? « Nous n’avons rien à cacher. Ma thèse a toujours été que la vérité nous libère. Regardons les choses en face avec honte et la volonté de reconnaissance à ceux qui ont souffert. Je suis content de rencontrer les représentants des victimes me dire qu’ils ont enfin trouvé un apaisement par rapport à cette histoire », déclare Rudolf Voderholzer.

Durant ce voyage, « le diocèse annonce qu’il allouera 3,2 millions d’euros de dédommagement aux victimes. Une somme importante pour l’église allemande ».

Malgré des « conditions éprouvantes » - température dépassant les 30° C, cadence soutenue -, ces jeunes choristes « montrent une concentration et une discipline qui forcent l’admiration ».


Le groupe visite les « ruines de Capharnaüm, village de pêcheurs au bord du lac de Tibériade. Une journée longue qui se terminera par un office ».

Prochaine étape : « la mer Morte, à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer, le point le plus bas de la terre. Serait-ce sur les eaux de la mer Morte que Jésus aurait marché ? « Non, ce serait sur le Jourdain », avance un choriste.

Arrivée à la « Basilique de la Nativité à Bethléem, érigée là où serait né Jésus ». C’est une « procession de pèlerins et de touristes ». « Malgré l’heure matinale, une file d’attente se tient devant la grotte de la Nativité ». Un choriste allume un cierge. « Une expérience inoubliable » vécue dans ce lieu chrétien.

Le « groupe quitte Bethléem. Un mur de huit mètres de haut entoure la ville. Le conflit israéro-palestinien est palpable ». En fait, c’est une guerre causée par le refus d’un Etat juif par le monde musulman ou/et arabe.


Direction : Jérusalem. La Porte de Damas, située à la périphérie de la Vieille Ville est un point sensible. Il y a régulièrement des agressions au couteau ». Commises par qui ? Par des terroristes palestiniens.

Le groupe arrive à la Schmidt-Schule, école internationale allemande pour filles à Jérusalem et fondée en 1886. « Ici, personne ne porte le voile. Les jeunes filles chrétiennes et musulmanes peuvent  y passer le bac. Elles bénéficient aussi d’une formation musicale ».

« L’armée et la police sont omniprésentes dans la Vieille Ville de Jérusalem, comme ici, Via Dolorosa ». Le documentaire n’en donne pas les raisons.


Suivant le chemin de la Croix, les jeunes choristes « marchent en priant vers l’église du Saint-Sépulcre, un des hauts lieux du pèlerinage. Six confessions chrétiennes se partagent l’église ; ce qui entraîne une grande affluence et occasionne des altercations ». Le groupe « pénètre dans la chapelle du Saint-Sépulcre. C’est ici que le corps de jésus aurait été déposé après sa crucifixion ».

Le chœur « répète à Bethléem pour le concert à Yad Vashem ». Il « répète le « Miserere », Psaume 51  mis en musique par Gregorio Allegri ». Ce psaume a été écrit par le roi David, qui sollicitait le pardon du prophète Nathan après qu’il eut séduit Bethsabée, l’épouse d’un de ses officiers, Urie le Hittite, lors d'une de ses absences.

« Ce genre de représentation y est interdit ». Les choristes « se sont préparés pour s’y recueillir ». Mais seuls les plus âgés du chœur accéderont à la visite dans son intégralité. L’évêque et le chef de chœur ont voulu « protéger les plus jeunes des images de la cruauté nazie envers les juifs ». Des images qui « risqueraient de les traumatiser ».

Les choristes se recueillent à Yad Vashem à Jérusalem.

Bien que « le règlement de Yad Vashem l’interdise, le chœur chrétien allemand chante le Miserere dans la vallée des communautés. Suit un silence ému de plusieurs minutes.

« Demander pardon, c’est bien trop insuffisant. Le psaume de l’Ancien Testament s’inscrit dans la tradition juive et chrétienne. Le chanter ici, c’est hautement symbolique », explique Roland Büchner, bouleversé.

« C’est un geste totalement approprié en ce lieu », déclare l’évêque Rudolf Voderholzer.


Le séjour se termine à « l’abbaye dominicaine de la Dormition à Jérusalem où le chœur donne le seul grand concert en Terre Sainte ».
  

« Le chœur des garçons de Ratisbonne en Israël » par Eckhart Querner et Christian Wolfel
Allemagne, BR, Arte, 2019, 30 min
Sur Arte le 3 janvier 2018 à 3 h 45

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