Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 10 octobre 2018

Abraham Hadad, peintre



Né en Irak, ayant fait son aliyah, Abraham Hadad est un peintre figuratif  et professeur retraité de l'Ecole des Beaux-arts de Paris. La galerie Marie Vitoux présente l'exposition collective "30 ans" - Partie II avec des oeuvres d'Abraham HadadQuatre de ses oeuvres seront mises en vente lors du 5e Salon des Arts, exposition-vente (13-14 octobre 2018) organisée par la loge Ben Gourion du B'nai B'rith France à Paris, au profit des Amis français du Maguen David Adom.

« Je travaille lentement. Il me faut du temps pour terminer une toile », nous confie cet artiste. Comme pour s'excuser.

La découverte du sujet
Abraham Hadad est né en 1937 dans une famille bourgeoise Juive de Bagdad (Irak).

Les persécutions antisémites – attentats, dénaturalisations, spoliations, etc. - contraignent la communauté juive irakienne, éprouvée par le farhud (pogrom en 1941) à l’exil rapide et massif .

En 1951, comme tant d’autres, la famille d’Abraham Hadad s’installe en Israël où elle doit surmonter les conditions de vie difficiles.

Abraham Hadad étudie à l’école israélienne des Beaux-arts à Tel-Aviv où ses professeurs, notamment Shtraichman et Stematsky, lui transmettent leur goût pour l’abstraction lyrique.

Ce dessinateur industriel découvre en 1965, dans les musée européens et avec ravissement « le sujet », les miniatures à Bagdad au XIIe siècle, les icônes orthodoxes, des arts « dont il ne soupçonnait pas l’existence ». Prévu pour durer un an, son séjour à Paris a perduré.

De 1977 à 2004, Abraham Hadad enseigne la lithographie, puis la peinture à l’Ecole des Beaux-arts de Paris.

« Longtemps après, je me suis rendu compte que mon art était nourri de l’abstrait pratiqué dans ma jeunesse », nous confie Abraham Hadad qui souligne « la douceur, l’humanité » de ses peintures.

Il pense que, ne maîtrisant aucune langue – il a presque oublié sa langue maternelle, l’arabe, et a appris l’hébreu, puis le français -, il s’est « rabattu sur la peinture » où il peut le mieux s’exprimer. Une « langue internationale ».

La simplicité
« Je me compare à un conteur qui raconte toujours la même histoire, d'une façon à chaque fois différente. C'est la  même histoire et ce n'est pas la même chose », résume Abraham Hadad.

Ses thèmes ? « Des hommes, des femmes, des enfants, un animal domestique, un intérieur, le paysage environnant. La fenêtre donne sur l’extérieur, nous précise Abraham Hadad qui prise la simplicité. « Moins le sujet est compliqué », et plus il peut « aller loin dans le travail… L’essentiel, c’est comment on fait les choses. On me dit, pas au sens littéral : « Tu fais ton autoportrait ». Nous faisons ce que nous connaissons le mieux, ce qui nous concerne ».

Ses œuvres représentent souvent des couples, des familles sages et heureuses (La jeune famille), des femmes nues (Fillette sur la coiffeuse). Dans l’embrasure d’une fenêtre, un visage au regard mélancolique observe, en oblique, en souriant des femmes et enfants posant face au peintre (Entre elles II).

Tout est en rondeurs, en courbes, parfois coupées par des plans horizontaux. Les chairs sont très travaillées, colorées, animées.

Ces tableaux ne sont pas exempts d’une certaine incongruité, d’une bizarrerie - cette dame souriant peut-être de sa coiffure étrange (La grande coiffe) -, ou de contrastes : chevelure sombre sur fond jaune, regard heureux des humains différant de celui triste de leur chien.

En 2010, la galerie Le Garage (Orléans) a montré 35 huiles sur toiles figuratives, de grands et petits formats, qu’Abraham Hadad a peints au cours des trois dernières années. Un retour dans cette ville où il a exposé régulièrement. Une exposition qui a rencontré un succès public.

  En 2011, la galerie Marie Vitoux a présenté des œuvres récentes figuratives du peintre Abraham Hadad.

 Les Hivernales de Paris-Est/Montreuil (12-16 décembre 2012), une "manifestation internationale qui, en partenariat avec la Maison des artistes", a dressé "le panorama des expressions plastiques contemporaines", a présenté notamment des œuvres récentes figuratives du peintre Abraham Hadad.

 Du 19 octobre au 24 novembre 2013, la galerie Le Garage a présenté l'exposition « Point Rouge. 10 ans - 30 artistes » avec notamment des œuvres de cet artiste.  

En 2014, la galerie Marie Vitoux a présenté des œuvres récentes figuratives du peintre Abraham Hadad

Ancienne coopérative viticole de Montolieu, la Coopérative-Collection Cérès Franco - Cérès  Franco était une « historienne de l’art, commissaire d’expositions", directrice fondatrice de la galerie L’œil de Bœuf-Paris, "femme érudite, dotée d'une forte personnalité » - présente une exposition inaugurale collective « En Grand Format », avec notamment des tableaux d'Abraham Hadad.

« Historienne de l'art, commissaire d'expositions, galeriste, femme érudite, dotée d'une forte personnalité, Cérès Franco  a consacré près de 25 ans dans sa galerie L’œil de Bœuf-Paris, à découvrir et à promouvoir des artistes dont les œuvres allaient à l'encontre des tendances de son époque » : Pouget, Rustin Nitkowski, Michel Macréau, Grinberg, Chaïbia, Corneille, Hadad, Kabakov, Komet, Lucebert, Paella Chimicos, Christine Sefolosha, etc. Elle a aussi constitué « une collection audacieuse d'environ 1500 œuvres », présentée pendant plus de vingt ans dans le village de Lagrasse (Aude), et désormais au musée des Beaux-arts de Carcassonne. La dernière section de l'exposition réunit des photos d'ambiance de la collection et quelques portraits de Cérès Franco réalisés par ses amis artistes : Roland Cabot, Danubio, Joanna Flatau, Mao, Roman Cieslewicz, Jean-Louis Bilweis, Jaber, G. G. Netto... Des « portraits qui attestent des liens d'amitié forts et des échanges complices et fructueux de ces passionnés de l'art ». 

Le 25 juin 2014, le conseil municipal de Carcassonne récemment élu a informé Dominique Polad-Hardouin, galeriste et fille de Cérès Franco, qu'elle annulait "le Parcours d'art contemporain 2014 consacré aux œuvres du fonds Franco et refusait la donation de 1 500 œuvres d'art brut, naïf et populaire patiemment rassemblées pendant des décennies par la collectionneuse et galeriste brésilienne. Un cadeau évalué à 4 millions d'euros". « Le premier argument a été économique : les finances sont exsangues. Le second est que ces œuvres ne les intéressent pas. Leur projet culturel consiste à mettre en valeur les réserves du musée des Beaux-Arts », a expliqué Dominique Polad-Hardouin.
  
Réhabilitée en 2008 en centre d’art, l’ancienne coopérative viticole de Montolieu a accueilli et montré la Collection Cérès Franco. Son but : "présenter de manière permanente le fonds de la collection et organiser des expositions temporaires en résonance avec ce fonds et d’engager un dialogue avec d’autres artistes de la scène internationale. L’ensemble de ses activités s’inscrira aussi dans la dynamique culturelle de Montolieu Village du Livre et en liaison avec la Fabrique des Arts de Carcassonne Agglo. La création de « La Coopérative-Collection Cérès Franco » est le fruit d’une amitié entre Henri Foch, le nouveau propriétaire du lieu, Cérès Franco et sa fille Dominique Polad-Hardouin. Ils se sont regroupés au sein de l’Association pour la Valorisation de la Collection Cérès Franco (AVCCF) qui s’est rapprochée de Carcassonne Agglo pour constituer un partenariat public-privé dans la durée et qui devrait conduire - à terme - à la donation du bâtiment et d’une partie significative de la collection".

L'exposition inaugurale  « En Grand Format » a permis de découvrir sur près de 1000 m², près de 500 œuvres de 80 artistes, pièces emblématiques de la Collection Cérès Franco. Dans leur grande diversité l’œuvre de tous ces artistes forme un tout. Ils dialoguent et sont témoins d’une époque".

Galerie Marie Vitoux
La galerie Marie Vitoux présente l'exposition collective "30 ans" - Partie II avec des oeuvres d'Abraham Hadad. "A l’occasion des 30 ans de la galerie, Marie Vitoux présente trois expositions collectives s’inscrivant dans la ligne de « l’expressionnisme. Figuration Existentielle ». 
Entre juin et décembre 2018, trois expositions collectives rythment cet anniversaire et proposent de découvrir ou redécouvrir les artistes qui ont fait et font encore vivre la galerie Marie Vitoux. De générations différentes, ces artistes, par leurs images fortes, ont remis en circulation de la pensée, oubliant les normes imposées et faisant coïncider liberté et nécessité. Pour cette deuxième exposition, la galerie met à l’honneur des figures « historiques » avec : Mahi Binebine, Leonardo Cremonini, Franta, Abraham Hadad, Ben-Ami Koller, Serge Labegorre, Maurice Rocher, Jean Rustin ou encore Vladimir Velickovic. 
« Trente ans que la galerie Marie Vitoux existe. Toutes ces années ont été consacrées à défendre des peintres, sculpteurs, performeurs dont je pressentais les qualités artistiques. J’ai suivi mes impulsions, mes coups de coeur et aussi cette ligne qui souvent se rattache à l’expressionnisme, une figuration « existentielle » toujours engagée dans notre monde contemporain. » (Marie Vitoux) "Ces familles sont là, prêtes pour la photo, toutes rondes, lisses et roses, la plupart nues avec un naturel déconcertant. Fascination inquiétante, les portraits incongrus nous dévisagent avec leurs yeux ronds candides ou voyeurs et dans les scènes, l'évidence de vie s'affirme avec une animalité sous-jacente et une complicité avec l'environnement, animaux ou objets", analyse Marie Vitoux.

Exposition-vente
Quatre oeuvres d'Abraham Hadad - La femme avec le chat 1, La femme avec le chien 1, Deguisment et Les femmes avec le chien 2 - seront mises en vente lors du 5e Salon des Arts, exposition-vente (13-14 octobre 2018) organisée par la loge Ben Gourion du B'nai B'rith France à Paris, au profit des Amis français du Maguen David Adom. Cette 5e édition est parrainée par le prestigieux artiste Hervé Télémaque. 
Elle bénéficie de la collaboration de Rémy Aron, Président d’honneur, artiste reconnu internationalement, ancien Président de la Maison des Artistes et le Président fondateur de l’AFAP (Association Française des Arts Plastiques) et de Hannah Landau, notre commissaire d’expositions en Israël et en France (notamment au Centre Rachi à Paris). Cette manifestation se tiendra à l'Office notarial, 51 avenue Montaigne, 75008 Paris.


Les 13 et 14 octobre 2018
A l'Office notarial
51 avenue Montaigne, 75008 Paris.

Du 20 septembre au 17 novembre 2018
A la galerie Marie Vitoux
3, rue d'Ormesson
Place Sainte-Catherine. 75004 Paris
Tél.: (+33) 1 48 04 81 00
Du mercredi au samedi de 14 h à 19 h

Jusqu'au 31 octobre 2015
Route d’Alzonne 
11170 Montolieu
Tél :  + 33 (0)4 68 76 12 54
Du mardi au dimanche de 14 h à 19 h

Du 27 mars au 26 avril 2014
Du 17 mars au 23 avril 2011
Marais - 3, rue d'Ormesson, place du marché Sainte Catherine, 75004 Paris
Tél. : 01 48 04 81 00
Tous les jours, sauf dimanche et lundi, et sur rendez-vous de 14 h à 19 h. Vernissages le 17 mars 2011 et le 27 mars 2014 dès 18 h

Du 28 septembre 2013 au 28 septembre 2014
Au musée des Beaux-arts de Carcassonne
1, rue de Verdun, 11000 Carcassonne
Tél. : 04 68 77 73 70
Du 15 septembre au 15 juin, du mardi au samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h et le premier dimanche du mois de 14 h 30 à 17 h 30. Fermé les dimanches, lundi et jours fériés.
Du 15 juin au 15 septembre, tous les jours de 10 h à 18 h. Fermé les jours fériés. Vernissage le 27 septembre 2013

Du 19 octobre au 24 novembre 2013
« Point Rouge. 10 ans - 30 artistes »
Vernissage le 18 octobre 2013 de 18 h à 20 h.

Du 12 au 16 décembre 2012
Au Palais des Congrès Paris-Est-Montreuil
128, rue de Paris. 93100 Montreuil-sous-bois
Tél. : 01 49 20 69 00

Jusqu'au 28 mars 2010, « Retour à Orléans » d'Abraham Hadad
A la galerie Le Garage
9, rue de Bourgogne, 45000 Orléans
Les samedis et dimanches de 15 h à 19 h. Du lundi au vendredi sur rendez-vous

Visuels de haut en bas :
Dans la Fontaine 2 (mai 2011)
Huile sur toile- 130x195cm - Photo Gérard Dufrêne

Avec mes hommes II, 2007, huile sur toile, 100 x 81 cm
La visite II, juin 2009, huile sur toile, 92 x 60 cm

L’homme de Prague, huile sur toile,

Jeune famille I, huile sur toile,

Entre elles deux, huile sur toile,

La femme avec le chat 1 (dessin)
32 cm H x 42 cm L
Prix : 400 €

La femme avec le chien 1 (dessin)
32 cm H x 42 cm L
Prix : 400 €

Deguisment
42 cm x 32 cm
Prix : 400 €

Les femmes avec le chien 2  (dessin)
32 cm H x 42 cm L
Prix : 400 €

Articles sur ce blog concernant :

Article publié pour la première fois le 20 mars 2010, puis les 16 mars 2011, 12 décembre 2012, 25 septembre 2013 et 17 octobre 2013, 23 avril 2014 et 27 octobre 2015. Il a été modifié le 7 octobre 2018.

mardi 9 octobre 2018

« Tous les gouvernements mentent » par Fred Peabody


Arte rediffusera le 9 octobre 2018 « Tous les gouvernements mentent » (Jede Regierung lügt. Wahrheit, Manipulation und der Geist des I. F. Stone, All Governments Lie: Truth, Deception, and the Spirit of I.F. Stone), documentaire de Fred Peabody. « En hommage à « Izzy » Stone, légendaire franc-tireur du journalisme, ses héritiers américains dressent un état des lieux accablant, et passionnant, des médias de masse aujourd’hui ».


Né à Philadelphie dans une famille juive immigrée de l'empire russe aux Etats-Unis, Isador Feinstein Stone, alias « I. F. » ou « Izzy » Stone (1907-1989) est « l’une des figures les plus glorieuses du journalisme américain : farouchement indépendant et engagé à gauche »

Indigné par l'exécution de Sacco et Vanzetti, cet étudiant a débuté dans le journalisme dans The Philadelphia Record. Membre du Parti socialiste d'Amérique, il l'a quitté à la suite des divisions idéologiques au sein du Parti. 

En 1929, il a épousé Esther Roisman, avec qui il a trois enfants. 

Dans les années 1930, lors de la Grande Dépression, il a soutenu le New Deal du Président Roosevelt ainsi que le Front populaire contre les Nazis, et en 1939, il s'est opposé au pacte de non-agression entre Hitler et Staline. 

En 1937, sur les conseils d'un rédacteur en chef pensant que ses articles seraient mieux reçus si la judéité de leur auteur était moins évidente, ce journaliste a signé ses articles "I. F. Stone". Ce qu'il regrettera plus tard. Fervent sioniste, il a évolué vers une sensibilité à la propagande arabe.

Il « a battu en brèche durant des décennies la propagande gouvernementale, dénonçant les abus du maccarthysme comme la ségrégation raciale, la guerre du Viêtnam comme la collusion entre l’industrie et le pouvoir ». 

En 1952, divers journaux - The Star, The Daily Compass - ont cessé leur activité. I.F. Stone décida de lancer en 1953 I.F. Stone’s Weekly. Auparavant, il a sollicité 30 000 lecteurs du Daily Compass. Il a obtenu 5 200 réponses positives. Financé par les abonnements et de la publicité, il a élaboré I. F. Stone's Weekly, un bulletin hebdomadaire de quatre pages auquel collaborait son épouse. Il l'auto-publiait et le distribuait.  Le nombre de ses abonnés a atteint 20 000 en 1963 et 70 000 lors de sa dernière année, Il générait 350 000 dollars par an, soit en dollars 2007 plus de deux millions de dollars par an. Une affaire avec peu de coûts (les frais postaux d'envois de la lettre demeurant modestes).

« Au nom de sa devise, « Tous les gouvernements mentent », « Izzy » Stone défend âprement la liberté et la démocratie promises par la Constitution dans un bulletin hebdomadaire austère et dépourvu de toute publicité ». Malgré sa surveillance par le FBI, il révèle de nombreux scoops, en dénonçant l'intervention américaine sous l'administration Johnson ou les relations d'affaires entre des multinationales américaines et l'Allemagne nazie. Un prototype du "journaliste d'investigation".

« Placé sous son autorité tutélaire, ce documentaire part à la rencontre de ses héritiers dans l’Amérique d’aujourd’hui – engagée au moment du tournage dans une campagne qui n’avait pas encore été couronnée par la victoire de Trump, mais avait déjà vu éliminé le candidat à l’investiture démocrate Bernie Sanders ». Un documentaire manichéen, de gauche, voire gauchiste, sans esprit critique sur les politiciens et médias de gauche.

La « crème de la crème »
Ils s’appellent Amy Goodman (Democracy now!), Jeremy Scahill et Glenn Greenwald (créateurs du site d’investigation The intercept, dans la foulée des révélations d’Edward Snowden sur la NSA, qu’ils ont contribué à rendre publiques), Matt Taibbi (chroniqueur politique pour Rolling Stone), David Corn (Mother Jones), Cenk Uygur (créateur de l’émission The Young Turks)... Ils forment la « crème de la crème » du journalisme indépendant de gauche américain. Des modernes "muckrakers". Des adeptes d'un "journalisme alternatif".

On « suit aussi John Carlos Frey dans l'enquête patiente qu'il mène au Texas, grâce au soutien financier d'une fondation, sur des charniers, vraisemblablement de migrants assassinés, dont les autorités se désintéressent totalement ». Mais les médias auxquels ils proposent un article sur ces tragédies ont déjà publié un article, et "cela leur suffit".

« Tous ont pour armes un métier qu’ils revendiquent avant tout comme un artisanat et un engagement, et la formidable puissance d’Internet, qui leur a permis de s’adresser directement au public sans dépendre de la publicité ». Ils dénoncent les "éléments de langage" fournis par la Maison Blanche lors de la guerre contre l'Irak de Saddam Hussein. Mais ils occultent ceux communiqués par la Maison Blanche sous la présidence de Barack Obama et repris par tant de journalistes.

Certains journalistes dénoncent les bombardements de l'Arabie saoudite au Yémen - une guerre quasi-ignorée des médias - et le soutien des Etats-Unis à l'Arabie saoudite.

Le « réalisateur Michael Moore, le philosophe Noam Chomsky, mais aussi Carl Bernstein, célèbre pour avoir révélé, avec Bob Woodward, le scandale du Watergate qui fit tomber Nixon, joignent leurs voix pour dresser un état des lieux à la fois accablant et passionnant du fonctionnement des grands médias aujourd’hui ».

Des « networks télévisés comme ABC et NBC au vénérable New York Times, la concentration croissante des titres, la course à l’audience et la confusion des intérêts publics et privés promeuvent une forme de propagande de masse – en particulier, depuis le 11-Septembre et l’invasion américaine de l’Irak, dans les domaines de la défense et de la sécurité ». 

Une « très convaincante enquête à charge qui, au-delà de la question américaine, invite à la réflexion tout citoyen soucieux d’être informé de l’état du monde ».

« Mon père m'a dit : “Si quelque chose ne va pas bien avec le gouvernement, une presse libre le découvrira et cela sera résolu. Mais si quelque chose ne va pas bien avec la presse libre, le pays ira droit en Enfer” (My father once told me: "If something goes wrong with government, a free press will ferret it out and it will get fixed. But if something goes wrong with the free press, the country will go straight to hell”), se souvenait Jeremy J. Stone, fils de I.F. Stone.

Quid du soutien de la quasi-totalité des journaux américains à Barack Obama et à Hillary Clinton, tous deux membres du Parti démocrates ?

Ce documentaire a été programmé dans de nombreux festivals au printemps 2017.

On ne peut que regretter qu'il évoque si peu « Izzy » Stone.


« Tous les gouvernements mentent » par Fred Peabody
White Pine, Canada, 2016, 50 min
Production : Oliver Stone, Jeff Cohen
Producteur/-trice : Oliver Stone, Jeff Cohen, Peter Raymont
Sur Arte les 17 janvier 2017 à 21 h 45 et 9 octobre 2018 à 21 h 50

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 17 janvier 2017.

lundi 8 octobre 2018

« Al-Sissi, bons baisers du Caire » par Bence Máté


Arte diffusera les 9 et 25 octobre 2018 « Al-Sissi, bons baisers du Caire » (Al Sisi - Die Macht am Nil), documentaire partial réalisé par Bence Máté. « Depuis qu’Abdel Fattah al-Sissi est arrivé au pouvoir en 2013, l'Égypte est à nouveau le théâtre d’arrestations arbitraires, d’actes de torture et de disparitions inexpliquées. Portrait accablant du régime égyptien, réalisé à partir de vidéos filmées clandestinement dans des prisons et de témoignages de victimes ». Une vision « droitsdel’hommiste » incapable de prendre en compte la complexité de situations et le choix du moindre mal.

L'épopée du canal de Suez. Des pharaons au XXIe siècle
« Les pharaons de l’Egypte moderne : Moubarak » par Jihan el Tahri
« Al-Sissi, bons baisers du Caire » par Bence Máté
« Exil nazi : la promesse de l'Orient » par Géraldine Schwarz
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein 
L’Empire du sultan. Le monde ottoman dans l’art de la Renaissance
« La fin des Ottomans », par Mathilde Damoisel
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel 
Le Maroc médiéval. Un empire de l’Afrique à l’Espagne
Splendeurs de l’écriture au Maroc. Manuscrits rares et inédits
Le Maroc & l'Europe. Six siècles dans le regard de l’autre 
« Le Maghreb sous la croix gammée » de Bill Cran et Karin Davison
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
L'Etat islamique 
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse 
Les Yézidis ou Yazidis
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz 
Soirée Erdogan sur Arte
    
Arte feint d'ignorer les violations des droits de l'homme avant l'accession au pouvoir d'Al-Sissi, le cynisme des Frères musulmans accédant au pouvoir par la démocratie qu'ils visent à abolir, le discours d'al-Sissi en 2015 concernant une réforme de l'islam qu'il jugeait nécessaire, les menaces terroristes islamistes notamment dans le Sinaï.

« Le 3 février 2016, Giulio Regeni est retrouvé mort dans les rues du Caire. Comme ce doctorant italien de l’université de Cambridge, des milliers d’Égyptiens sont chaque année victimes du régime, torturés ou assassinés ». 

« Depuis qu’Abdel Fattah al-Sissi est arrivé au pouvoir en 2013, le pays est à nouveau le théâtre d’arrestations arbitraires, d’actes de torture et de disparitions inexpliquées ». 

« Alors qu'il est tenu pour responsable notamment de l’incarcération de plus de 40 000 opposants politiques, le président égyptien est pourtant toujours considéré comme un allié par les États occidentaux ».

« À partir de vidéos filmées clandestinement dans des prisons égyptiennes et de témoignages de victimes d’actes de torture, ce documentaire éclairant sonde le régime autoritaire mis en place par celui qui, lors du coup d’État militaire du 3 juillet 2013 contre le président Morsi, avait été considéré par beaucoup de ses compatriotes comme le sauveur du pays ». 

« Au nom d'intérêts économiques et stratégiques, États-Unis et UE préfèrent détourner le regard. Mais ce mépris total des droits de l’homme pourrait conduire à une nouvelle révolution ».

Le documentaire évoque l'interdiction de la chaîne qatari al-Jazeera, sans indiquer son soutien au djihadisme., et trop brièvement les enjeux géo-politiques (canal de Suez)

Quid des Coptes ?

« Égypte : l'électorat pro-Sissi  »
Arte diffuse sur son site Internet « Égypte : l'électorat pro-Sissi » (Ägypten: Ich wähle al-Sissi) du journaliste N. Blétry. « Climat tendu en Égypte. Alors que la campagne pour les élections présidentielles s'achève le 23 mars, le nom du gagnant est déjà connu. Le président sortant Al-Sissi est en effet sûr de remporter le scrutin car toute forme d'opposition a été muselée. Dans ce contexte, une partie de la jeunesse assure qu'elle n'ira pas voter. »

« Al-Sissi, bons baisers du Caire » par Bence Máté
Allemagne, 2018
Sur Arte les 9 octobre à 22 h 40 et 25 octobre 2018 à 10 h 25
Visuels :
Une affiche électorale d'Abdel Fattah al-Sissi.
© AP
Le général Abdel Fattah al-Sisi est arrivé au pouvoir sans aucune expérience politique à la suite d'un coup d'État militaire.
© AP Archive
© AP
© Thomson Reuters

Jusqu’au 22 mars 2038
« Égypte : l'électorat pro-Sissi »
Journaliste : N. Blétry
France, Allemagne, 2018

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte.

samedi 6 octobre 2018

Xavier Bureau, dessinateur


Né en 1943, Xavier Bureau est un dessinateur autodidacte. Il a choisi comme pseudonyme d’artiste de Burlingue. L'une de ses oeuvres sera mise en vente lors du 5e Salon des Arts, exposition-vente (13-14 octobre 2018) organisée par la loge Ben Gourion du B'nai B'rith France à Paris, au profit des Amis français du Maguen David Adom.


Né en 1943, Xavier Bureau est un dessinateur autodidacte.

Il a été galeriste durant presque 40 ans à la galerie Katia Granoff et à la Galerie de la Présidence.

Pendant 18 ans, il a aussi été illustrateur pour L'Arche, magasine alors mensuel du FSJU (Fonds social juif unifié).

Il prise particulièrement les « grotesques » et les burlesques des XVIe et XVIIe siècles.

En 2014, la Libraire Lardanchet a invité à découvrir le créateur de gouaches « narratives et lisibles », soulignait cet admirateur de Chaval et Topor. Pourquoi la gouache ? Pour son « côté ductile et enfantin » et car elle autorise les repentirs…

Cet autodidacte « dessine sans se prendre au sérieux d’élégantes plaisanteries ». Cette élégance est patente dans ses œuvres sur papier inspirées du style fleuri de la fin de l’Ancien régime : elle se révèle ainsi dans le souci du détail et de la composition sur le thème de la Belle et la Bête galante (« Le Lion amoureux » d’une marquise).

Burlingue a développé un univers intriguant qui associe fantaisie, bizarre et ironie sans cruauté dans une atmosphère parfois onirique. C’est le cas par exemples des angelots jouant au billard, des chevaux interrompant leur combat pour une drôle de « pause-café » ou de la Gargouille songeuse, accoudée à une église de Notre-Dame mobile « dans une nuit hugolienne ».

Sous un apparent classicisme, sourdent l’étrangeté et l’incongruité qui rappellent le surréalisme. Voyez cette juxtaposition d’éléments sans rapport, ce kaléidoscope ordonné (« Capharnaüm ») ou ce « Trafic » de véhicules et chauffeurs si variés : le clown vélocipédiste, le Pape dans son édifice religieux roulant, la Montgolfière ou ce tank. L’imaginaire fertile de l’artiste empreinte aux mythologies extrême-orientale, avec un dragon conduisant des Élégantes si françaises dans un carrosse doré, et gréco-latine avec les chevaux ailés, tel « Le nid » qui réunit des Pégase à peine éclos.

Ce monde est peuplé de gens du voyage et de personnages de spectacles (Arlequin) mis en scène. Peut-être une réminiscence du bref passé d’acteur de Burlingue, qui soigne les gestuelles. Cet amateur d’aphorismes aime représenter la comédie dans la comédie, comme un jeu en abysses : un fou ouvre son ventre, laissant apercevoir une scène de Guignol. D’un théâtre de marionnettes, le peintre nous en montre d’étranges coulisses, comme si la réalité derrière le jeu demeurait confuse, composée d’êtres humains quasi démantibulés ou aux corps entremêlés avec ceux de chevaux, d’individus se démenant dans tous les sens pour manipuler des figures stéréotypées. Et comme si, derrière le rire du public, se dissimulait un certain désespoir.

L'oeuvre "Le rêve d'Alice" de Xavier Bureau sera mise en vente lors du 5e Salon des Arts, exposition-vente (13-14 octobre 2018) organisée par la loge Ben Gourion du B'nai B'rith France à Paris, au profit des Amis français du Maguen David Adom. Cette 5e édition est parrainée par le prestigieux artiste Hervé Télémaque. 

Elle bénéficie de la collaboration de Rémy Aron, Président d’honneur, artiste reconnu internationalement, ancien Président de la Maison des Artistes et le Président fondateur de l’AFAP (Association Française des Arts Plastiques) et de Hannah Landau, notre commissaire d’expositions en Israël et en France (notamment au Centre Rachi à Paris). Cette manifestation se tiendra à l'Office notarial, 51 avenue Montaigne, 75008 Paris.


Les 13 et 14 octobre 2018
A l'Office notarial
51 avenue Montaigne, 75008 Paris.
Visuels :
Xavier Bureau 
Pause-Café
Trafic
Salon de Peinture
Promenade sentimentale
Pierre Desproges
« Le Rêve d’Alice »
81 cm x 61 cm
Prix du tableau : 1 000 €

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Cet article a été publié par L'Arche.

vendredi 5 octobre 2018

« L'argent de la terreur »


Arte diffusera les 9 et 21 octobre 2018 « L'argent de la terreur » (Milliarden für den Terror). « Pourquoi, quinze ans après le 11-Septembre, le contre-terrorisme peine-t-il à s’attaquer aux stratégies financières de l'État islamique ? Une enquête captivante au cœur d'une nouvelle économie de guerre ». Un documentaire qui omet les Etats-terroristes ou soutiens du terrorisme islamiste, et la politique « d’apaisement » de pays européens à leur égard, les méandres ou errements de diplomaties.
« En 2017, plus de 4 000 attentats ont été revendiqués par Daech dans le monde, soit plus que l'année précédente ». Des attentats au coût financier décroissant.

« Aujourd'hui, si l'organisation terroriste n'a plus d'État, elle attire toujours des volontaires pour mener le combat, qu'elle finance depuis des années grâce à des complicités politiques et à de grands donateurs ». 

« Après le 11 septembre 2001, le contre-terrorisme occidental s'est employé à assécher les ressources du terrorisme ». 

« Mais ces remparts s'avèrent insuffisants, voire inutiles, face au modèle économique et financier mis en place par l'EI. Impôts de guerre, rançons, racket, exploitation des ressources agricoles, trafic d'antiquités, de drogues et d'hydrocarbures constituent le principal de ses richesses ». 

« Contrairement aux autres organisations, Daech contrôle ses propres territoires et développe des circuits alternatifs. Quelles sont les réponses de la coalition face à un ennemi qui ne cesse de se renouveler ? »

« Tournée en Irak, en Turquie, à Londres, Paris et aux États-Unis, cette enquête de longue haleine réunit d'anciens ministres, des chefs du renseignement ou des responsables de la sécurité, des enquêteurs, des chefs d'entreprise en affaires avec l'EI et des salariés dans les territoires que l'organisation a occupés. Lesquels décryptent les mécanismes d'une "guerre financière" où tous les coups sont permis ».

Curieusement, le générique du documentaire n'indique pas le nom du réalisateur.

France, Little Big Story, 2016, 61 min
Sur Arte les 9 octobre 2018 à 23 h 40 et 21 octobre 2018 2 h 35
Visuels : 
Camion Lafarge
Scène du documentaire
© LITTLE BIG STORY