Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 2 décembre 2022

« Et Dieu créa l’animal. L'animal dans le Judaïsme » de Bruno Fiszon

Les éditions Transmettre ont publié « Et Dieu créa l’Animal. L’animal dans le Judaïsme » de Bruno Fiszon. Grand rabbin de Metz et de la Moselle et docteur vétérinaire, l'auteur y présente principalement la place de l'animal dans le judaïsme - respect de la dignité animale, domination par l'Homme chargé de préserver l'Univers -, et la shehita (abattage rituel juif) efficace, mais critiquée et menacée politiquement en Europe. Le 7 décembre 2022 de 19 h à 21 h, la synagogue Berith Chalom - 18 rue Saint Lazare, 75009 Paris - devait accueillir la conférence de Bruno Fiszon sur la chehita qu'il défend en Europe, notamment en France. La conférence a été annulée en raison de grève à la SNCF.

« Noé et le Déluge L’envers du mythe » de Carsten Gutschmidt
Chagall et la Bible
Interview de Laurence Sigal, directrice du MAHJ, sur l'exposition « Chagall et la Bible »
« Histoire du judaïsme » par Sonia Fellous
« Histoire de la Bible de Moïse Arragel - Quand un rabbin interprète la Bible pour les chrétiens (Tolède 1422-1433) » de Sonia Fellous
« Les religions » par Sylvie Deraime
Il était plusieurs fois… et Kuehn Malvezzi House of One au 104
Lieux saints partagés. Coexistences en Europe et en Méditerranée
Le peintre-verrier Marc Chagall : Hadassah, de l’esquisse au vitrail 
Zurbarán's Jacob and His Twelve Sons: Paintings from Auckland Castle
Poussin et Moïse, histoires tissées
« Moïse et Aaron » par Arnold Schönberg 
« Mehitza. Ce que femme voit » de Myriam Tangi 
Approfondir le dialogue judéo-catholique en France 
Jésus et l’islam » de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur 

Bruno Fiszon est le Grand rabbin de Metz et de la Moselle et docteur vétérinaire. Un atout double et rare pour ce défenseur, depuis une dizaine d'années, et à la demande des Présidents et Grands rabbins de France successifs, de la chehita en France et dans l’Union européenne (UE), notamment dans le cadre du projet DIALREL ou « Abattage religieux : améliorer la connaissance et l’expertise par le dialogue et les débats sur le bien-être animal, les enjeux législatifs et socio-économiques » (2006-2010).

En 2021, il a écrit le livre « Et Dieu créa l’Animal. L’animal dans le Judaïsme », préfacé par Gérard Larcher, Président du Sénat et docteur vétérinaire. La postface est signée par Haïm Korsia, Grand Rabbin de France (Ed. Transmettre, 2021).

Bruno Fiszon y souligne le respect pour l’animal dans le Judaïsme ainsi que la place privilégiée de l’Homme, créé à l'image de D., par rapport aux animaux : « Dieu dit : "Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail ; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent » (Genèse, 1:26) Une domination source de responsabilité et caractérisée par des devoirs envers les animaux, en particulier celui de ne pas le faire souffrir. Autre obligation : respecter la biodiversité comme l'enseigne l'histoire de l'Arche de Noé.

L'auteur éclaire ces thématiques en citant des commentateurs du Talmud. 

Il démontre que manger de la viande est conforme à la halacha (loi juive).

Puis il évoque la shehita ou abattage sans étourdissement selon le rite effectué par un chohet, spécialement formé. La shehita s'avère, selon diverses études, et si on la compare à l'abattage conventionnelle, la méthode la plus sûre et infligeant la souffrance minimale. Elle est précédée par l'examen de la santé de l'animal et suivie par l'inspection de la carcasse et des principaux viscères. Cependant, elle est interdite par la Suisse (1893), la Norvège (1930), la Suède (1938), le Luxembourg (1995), le Danemark (2014), la Slovénie, l'Islande. L'interdiction de l'abattage rituel en Belgique a été considérée par la Cour de justice de l'Union européenne (UE) comme ne portant pas atteinte à la liberté de culte. La CJUE a estimé que « le bien-être animal est une valeur équivalente au droit des minorités religieuses ». Et, dans une autre affaire, elle a jugé que "la chasse est une « activité culturelle et sportive qui n'engendre qu'une faible quantité de viande consommable, et par conséquent, elle reste totalement licite ». 

La Roumanie vient de conférer par la loi une protection spécifique à l'abattage rituel. 

Un lexique précieux et une bibliographie complètent ces rappels utiles.

Le 7 décembre 2022 de 19 h à 21 h, la synagogue Berith Chalom - 18 rue Saint Lazare, 75009 Paris - accueillera la conférence de Bruno Fiszon sur la chehita. Bruno Fiszon répondra aux questions posées par David Attia, modérateur, et du public.

L'interdiction de l'abattage rituel est demandée notamment par des mouvements écologistes et par le Rassemblement national (RN) dont un dirigeant a réclamé aussi la prohibition de l'importation de viande abattues rituellement. Et ce, au nom du respect de l'animal, du refus de lui infliger la souffrance, ou de l'antispécisme. Doit-on souligner qu'importer une viande conforme à la halacha (loi juive) augmenterait le prix de la viande cacher ? Combien de Français juifs l'accepteraient ?

Certains promoteurs de cette interdiction diffusent des vidéos choquantes filmées dans des abattoirs, mais ne concernant jamais l'abattage rituel juif, ou dressent des parallèles infondés, inadmissibles entre les animaux tués et les Juifs victimes de la Shoah. 

Ces opposants sont les mêmes qui imposent les éoliennes massacrant des oiseaux, notamment des espèces protégées. Ceux-là même qui manifestent une immense ignorance ou expriment une gigantesque mauvaise foi, ainsi que de l'indifférence envers toute une filière agricole déjà fragilisée. 

Ils combattent la vision biblique de l'Homme et de l'Animal fondée sur l'inégalité entre eux. Une vision qui a imprégné le christianisme, la République laïque et les Arts. De la civilisation juive, ils veulent faire table rase et ces démiurges aspirent à un Homme nouveau, qui ne serait plus carnivore, mais végétarien, fabriquerait éventuellement de la viande sans élever de vache, ou serait encore plus détaché de la Nature, la vraie Nature, pas les carrés de mauvaises herbes placés en bord de trottoirs parisiens.

La production de viande artificielle suscite des interrogations philosophiques, et entame déjà le lien entre l'Homme et l'Animal dont certaines espèces - bovidés, par exemple - seraient vouées à la disparition.

Les enjeux ? C'est un choix d'avenir de société, de civilisation, et de présence Juive en France. Car voici quelques années, des représentants du culte musulman avaient accepté, très brièvement, l'abattage après étourdissement. Et ils demeurent silencieux sur la scène publique...

Dans ce débat sur l'abattage rituel, les Juifs sont aussi les victimes collatérales dans un plus vaste débat centré sur l'islam en France, et plus généralement sur les musulmans en France. 


Le 7 décembre 2022 de 19 h à 21 h
18, rue Saint-Lazare, 75009 PARIS
Entrée libre.
Bus : 26, 43, 74
Métro : Notre-Dame de Lorette

Bruno Fiszon, 
« Et Dieu créa l’Animal. L’animal dans le Judaïsme ». Préface de Gérard Larcher, Président du Sénat, Docteur vétérinaire. Postface de Haïm Korsia, Grand Rabbin de France, Membre de l'institut. Ed. Transmettre, 2021. 148 pages. ISBN-13 : ‎979-1092389227

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire