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jeudi 1 décembre 2022

Marie Vassilieff (1884-1957)


Marie Vassilieff (1884-1957) est une artiste peintre et sculpteur russe, éminente figure de l’Ecole de Paris dans le quartier de Montparnasse où se trouvait son atelier. La Galerie Françoise Livinec présente l’exposition "Marie Vassilieff - Les années cubistes". Vu son succès public, l’exposition sera reprise pour un mois à compter du 17 janvier 2023". Benoit Noël, historien d'art, présentera l’exposition le dimanche 11 décembre 2022 à 15 h.


« Une journée avec Marie Vassilieff » a été un « hommage à cette artiste sous la forme d’une exposition en deux parties » : l’une à Paris, l’autre à Nogent-sur-Marne.

« La Fondation des Artistes et la Villa Vassilieff s’associaient pour rendre hommage à Marie Vassilieff qui installa son atelier au 21 avenue du Maine au début des années 1910 et choisit de passer les dernières années de sa vie, de 1953 à 1957, à la Maison nationale des artistes à Nogent‑sur‑Marne. »

« Une journée avec Marie Vassilieff emprunte son titre à A Day with Picasso (1997), un ouvrage de l’historien de l’art et ingénieur Billy Klüver dans lequel ce dernier tente de retracer, grâce à une série de photographies prises par Jean Cocteau, le parcours d’une après-midi de promenades de Pablo Picasso dans les rues de Montparnasse en compagnie, notamment, de Marie Vassilieff. Dans cette exposition, il s’agit de rendre hommage à la méthodologie de Klüver tout en décentrant notre regard, s’éloigner de Picasso pour s’attarder sur une figure presque située dans le hors-champ de l’histoire de l’art classique : Marie Vassilieff. »

« Marie Vassilieff fut une artiste centrale du Montparnasse de la première moitié du XXe siècle : par son travail plastique et par son rôle charismatique de médiatrice entre artistes, intellectuel•le•s et critiques du Paris artistique des années 1910-1930. La vie et l’oeuvre de Marie Vassilieff sont notamment caractérisées par une volonté de décloisonnement permanent, entre l’espace domestique et l’espace public (elle transforme son atelier en académie puis en cantine) et entre beaux-arts et arts appliqués (elle traite avec le même soin son travail pictural et sa fabrication de poupées, de décors de théâtre ou de cache-bouteilles). Artiste, femme, apatride, Marie Vassilieff est, par ses recherches, sa démarche artistique et sa vie, résolument contemporaine. » 

« C’est sur cette artiste rassembleuse, à l’art méconnu, qu’est porté un regard contemporain. Pour ce faire, l’auteure Émilie Notéris a écrit un texte la replaçant dans une histoire de l’art féministe. Son essai sert ainsi de fil conducteur au parcours de l’exposition où une douzaine d’artistes contemporain•e•s - Mercedes Azpilicueta, Carlotta Bailly-Borg, Yto Barrada, Michel François, Christian Hidaka, Laura Lamiel, Mohamed Larbi Rahhali, Anne Le Troter, Flora Moscovici, Émilie Notéris, Liv Schulman, Thu-Van Tran - ont été invité•e•s à dialoguer avec l’oeuvre de Marie Vassilieff en imageant des rencontres fictives avec l’artiste russe ou en faisant écho à sa pratique artistique. »

« Interventions artistiques contemporaines et oeuvres de Marie Vassilieff empruntées à son collectionneur passionné Claude Bernès accompagnent notre déambulation dans les espaces de la Fondation des Artistes à Nogent-sur-Marne qui, dans un format inédit, les réserve dans leur ensemble à l’exposition, y compris la Bibliothèque Smith-Lesouëf récemment rénovée qui rouvre ses portes à cette occasion ; ainsi que dans ceux de la Villa Vassilieff située au coeur de Montparnasse. »

 On ne peut que regretter l'intrusion de "l'écriture inclusive" et l'omission de la judéité de l'artiste dans ce dossier de presse.

On peine à distinguer le lien entre les œuvres de ces artistes contemporains et Marie Vassilieff. Il eût été préférable de rendre hommage à cette artiste majeure en présentant ses œuvres - tableaux, sculptures - et celles d'autres artistes influencés par elle. 

Galerie Françoise Livinec
"À l'automne 2022, la Galerie Françoise Livinec a ouvert son nouvel espace parisien situé au 30 rue de Penthièvre, à quelques mètres de la galerie fondée en 2015 dans la même rue (n° 24). Françoise Livinec rend hommage à Marie Vassilieff (1884-1957) en lui consacrant son exposition inaugurale "Marie Vassilieff - Les années cubistes" jusqu'au 17 décembre 2022. "Vu son succès public, l’exposition sera reprise pour un mois à compter mardi du 17 janvier 2023". Benoit Noël, historien d'art, présentera l’exposition le dimanche 11 décembre 2022 à 15 h.

"Marie Vassilieff compose avec une science voluptueuse des portraits de jeunes femmes aux yeux subtils, aux gestes félins, où l'acidité des coloris modernes met un charme qui rachète parfois la brutalité des formes." (Guillaume Apollinaire)

"La réhabilitation actuelle des femmes artistes dans l'histoire de l'art permet de découvrir la place décisive qu'occupait Marie Vassilieff dans la période des avant-gardes. Son oeuvre singulière se place dans les grands mouvements artistiques de la modernité et offre un regard sur l'École de Paris et la communauté artistique de Montparnasse", a écrit Benoit Noël.

"Née dans la ville russe de Smolensk en 1884, Marie Vassilieff entreprend d'abord des études de médecine à Saint-Pétersbourg auxquelles elle met rapidement un terme pour se consacrer à l'art. Elle intègre l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg en 1903. À cette époque où l'Europe est perçue comme un modèle de développement et d'innovation artistique, l'oeuvre de Marie Vassilieff est fortement marquée de la culture européenne. La même année, elle part voyager en Europe et s'imprègne des différentes scènes artistiques du continent", a rappelé Benoit Noël.

Et Benoit Noël de poursuivre : "Elle s'installe à Paris en 1907 où elle s'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts, et elle suit une formation plutôt classique au sein de l'établissement. En parallèle, elle prend des cours de peinture aux côtés d'Henri Matisse. Dans l'atelier du peintre, elle s'initie notamment au fauvisme, au cubisme et se familiarise avec les nouvelles techniques avant-gardistes."

"À partir de 1910, elle participe régulièrement au Salon d'automne et au Salon des Indépendants. Après le cubisme, l'art de Marie Vassilieff évolue vers une forme d'art primitif. Dans les années 1920, l'artiste arrondit les formes et atténue les couleurs de ses compositions", a souligné Benoit Noël.

"C'est au sein de la communauté artistique de Montparnasse, alors à son paroxysme, que s'impose Marie Vassilieff. D'abord cofondatrice de l'Académie russe de peinture et de sculpture située avenue du Maine, elle crée ensuite son propre atelier quelques pas plus loin. L'Atelier Marie Vassilieff devient rapidement un lieu artistique majeur, où sont organisées des rencontres entre artistes, intellectuels et élèves. En 1915, elle adjoint une cantine à son atelier, qui s'illustre comme un espace de réconfort et de gaîté au cœur des tempêtes de la Grande Guerre", a observé Benoit Noël.

"La porosité entre les genres et les figures de l'atelier témoigne d'une volonté nouvelle de décloisonnement permanent, entre l'espace privé et l'espace public, comme entre les Beaux-Arts et les arts appliqués. Au cœur de la vie artistique parisienne et mondiale de son époque, Marie Vassilieff demeure l'un des centres de gravité autour duquel évoluent les artistes les plus novateurs de l'époque", a constaté Benoit Noël.

Et Benoit Noël de continuer : "Dans la première moitié du XXème siècle, Marie Vassilieff se révèle être une artiste inclassable, que l'innovation et l'ingéniosité la placent au-devant de la scène artistique contemporaine. Son oeuvre relève d'un style particulier, influencé par les courants contemporains, le cubisme ou l'avant-garde, mais teinté de références à l'histoire de l'art européen et à l'art populaire de son pays natal. La diversité des genres qu'elle manipule (peinture, textile, décors et costumes de théâtre, photographie) vient nourrir son vaste répertoire."

"Ses projets, ses inspirations et ses créations témoignent d'une volonté de vivre et d'expérimenter propre à un monde traumatisé par un conflit d'une violence extrême. Femme pionnière, elle incarne un genre nouveau d'artiste. Son parcours atypique est guidé par un besoin perpétuel de renouvellement, au regard de formes d'art diverses et déjà établies. La spontanéité de ses travaux et la frénésie de son énergie créatrice lui ont valu le surnom de « cigale des steppes ». De la furtivité de ses idées naît une oeuvre décisive pour l'histoire de l'art", a conclu Benoit Noël.

BIOGRAPHIE DE MARIE VASSILIEFF

12 février 1884 : naissance de Marie Vassilieff à Smolensk (Russie).
1905 : grâce à une bourse de la Tsarine, elle part en voyage d’étude à Paris, après un passage à Munich, en Italie et en Espagne. Elle s’installe à la Grande Chaumière et commence à étudier à la Palette.
1908 : après avoir exposé à Saint-Pétersbourg, elle revient à Paris et suit les cours d’Henri Matisse dans sa nouvelle Académie. Elle se lie d’amitié avec la communauté artistique de Montparnasse.
1912 : elle devient directrice de l’Académie russe de peinture et de sculpture au 54, avenue du Maine (Paris XVe).
Forcée de démissionner, elle ouvre ensuite sa propre Académie au 21 de la même avenue.
Février 1915 : ouverture de la cantine au 21 avenue du Maine pour les artistes, modèles et soldats en permission.
14 janvier 1917 : « Banquet Braque », un événement marquant pour tous les participants, en l’honneur de Georges Braque revenu blessé du front.
1920 : Marie Vassilieff s’intéresse de plus en plus aux arts décoratifs. Elle dirige l’atelier des Ballets Suédois de Rolf de Maré jusqu’en 1925.
1932 : Marie Vassilieff déclare liquider ses œuvres et arrêter sa carrière pour devenir « Bonne à tout faire ».
1938-1946 : elle vit à Cagnes-sur-Mer, avant de revenir à Paris. Elle imagine plusieurs couvertures pour ses Mémoires, titrées La Bohême du XXe siècle.
1949 : collaboration avec l’Atelier de céramique Lafourcade. Marc Vaux organise dans son Foyer d’Entr’aide aux Artistes et Intellectuels de Montparnasse sa première rétrospective : Hommage à Marie Vassilieff - Peintre de la grande époque de Montparnasse - Peintures - Masques - Dessins - Céramiques.
1er avril 1952 : elle prend sa retraite à la Maison des Artistes de Nogent-sur-Marne, où elle continue à peindre et à façonner des poupées.
14 mai 1957 : mort de Marie Vassilieff.

Extraits de ses Mémoires

« Oui, c’est moi, Marie Vassiliev, toute petite, toute blonde, toute ronde, les yeux très gris, les cheveux très courts et qui vit, depuis vingt ans déjà, dans cet enfer, ce paradis unique qui est Paris. (folio 1)

Je cherchais toujours mon professeur. Pour cela il fallait … Revoir tous les Salons. Me voilà au grand palais au Salon d’Automne. J’entre, je regarde toutes ces toiles immenses … mon oeil s’arrête sur des fleurs, avec des poissons dorés … Dans une vasque ronde très grande, très colorée … Etait le genre de peinture que je cherchais …, nette, et très naïve surtout. Je regarde le (nom) … Je vais au bureau de renseignements, je demande l’adresse … me donne le prix du tableau « Mais, non, dis-je, je cherche un professeur pour me donner quelques petites leçons de peinture «… me répond le brave homme, Henri Matisse en ce moment a une … Ecole Boulevard des Invalides, 33, tout à fait Moderne ». (folio 4)

J’avais remarqué à quel point les artistes étaient malheureux : plus de travail, les théâtres supprimés, plus d’argent : une vie très misérable. Je décidai d’organiser une petite cantine très bon marché pour les artistes : pour 60 centimes on pourrait manger une soupe, un plat de viande et un dessert, et pour 2 sous boire un verre de vin. Chacun à son tour m’aidait à faire la cuisine et la vaisselle. Tous les samedi, il y avait une soirée avec musique et poésie, chaque artiste pouvant à l’improviste faire un numéro original. Ce fût chaque fois très bien. Ma cantine eut un grand succès et fût connue dans tout Paris. (folio 41&42)

A ce moment revenait du front un artiste très connu : Braque, blessé et réformé. J’eus envie de lui organiser un banquet dans mon atelier. Et le comité fut formé par Matisse, Picasso, Max Jacob et Galverssème. Je pus avoir 35 couverts et avec Jacob nous fîmes la liste des invités ; le comité d’abord, Braque et sa femme, rois de la fête, Friesz, Lhota, Dufy (…). Et je pus faire très bonne chère à tout le monde pour 6 francs par personne, vin et champagne compris. J’avais préparé des couronnes d’or sur des coussins noirs pour couronner les héros de la fête. Puis tout le monde a commencé à chanter et j’ai posé les couronnes dorées sur la tête de Braque et de sa femme. 
(folio 69&70)
Il y a vingt ans que je vis en France, venue de la grande Russie, directement de Petrograd, où j’ai reçu mon éducation artistique et mes premières récompenses. J’ai traversé l’Europe entière, en pensant enrichir les sensations d’artiste. Roulée comme une boule sur la route des catastrophes, je suis connue, j’ai obtenu le luxe en travaillant beaucoup. J’ai créé la poupée qui a joué un si grand rôle à l’époque du Moyen Age. Elle a été oubliée et perdue dans les boutiques d’antiquités. Je lui donnai un renouveau, en tant qu’objet d’art moderne. Dans ma peinture religieuse, je donne l’image de l’art chrétien de notre époque. J’ai créé ma religion pour exprimer l’état de mon âme, égorgée dans les catacombes des cafés de Montparnasse, où l’on est poursuivi par les vrais Satans (ce sont les marchands de natures mortes). »


Du 17 novembre au 17 décembre 2022 et du 17 janvier au 17 février 2023
24 et 30, rue Penthièvre. 75008 Paris
Tél. : +33 (0)1 40 07 58 09
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h

Du 17 mai au 20 juillet 2019 
21 avenue du Maine. 75015 Paris
Tél. : 01 43 25 88 32
Du mardi au samedi de 11h à 19h
Entrée libre

Du 16 mai au 21 juillet 2019 
A la Fondation des Artistes
16 rue Charles VII. 94130 Nogent-sur-Marne
Tél. : 01 48 71 90 07
Les jours de semaine de 13h à 18h. Les samedis et dimanches de 12h à 18h. Fermeture les mardis et les jours fériés
Entrée libre

14 rue Charles VII. 94130 Nogent-sur-Marne
t : 01 48 71 28 08
https://www.fondationdesartistes.fr/lieu/maison-nationale-des-artistes/
Tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h
Entrée libre

Bibliothèque Smith-Lesouëf
14 bis rue Charles VII. 94130 Nogent-sur-Marne
Les jours de semaine de 13h à 18h. Les samedis et dimanches de 12h à 18h. Fermeture les mardis et les jours fériés
Entrée libre
Accès MABA, Maison nationale des artistes, Bibliothèque Smith-Lesouëf

Visuels :
Affiche
Marie Vassilieff
Costume Arlequine pour le Bal banal, 1924
Photographie Pierre Delbo
Droits réservés
Collection Claude Bernès

Marie Vassilieff dans son atelier du 21 avenue du Maine, 1922
Photographie agence Trampus
Droits réservés
Collection Claude Bernès

Jean Börlin de dos en costume de « crabe » conçu par Marie Vassilieff pour le Bal Olympique, 1924
Photographie Isabey
Droits réservés
Musée de la Danse de Stockholm
et collection Claude Bernès

Marie Vassilieff et Jean Börlin costumés pour le Bal Olympique, 1924
Photographie Isabey
Droits réservés
Collection Claude Bernès

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 12 juillet 2019.

2 commentaires:

  1. Marie Vassilieff n'était pas juive comme indiqué. Étonnant d'écrire cela quand on connait la place centrale de sa foi (orthodoxe) dans sa vie et ses œuvres.

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    1. J'ai rectifié. Toutes mes excuses pour cette erreur involontaire.

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