Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 18 mai 2015

Interview de Bat Ye’or sur Eurabia, l’OCI et l’Alliance des civilisations


L’essayiste Bat Ye’or est spécialiste de la dhimmitude (1) et d’Eurabia (2). Bat Ye’or commente l’actualité de 2008 et analyse l’action de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) pour imposer sa vision du monde, notamment du conflit au Proche-Orient, dans les instances régionales et internationales, en particulier auprès de l’Alliance des civilisations (ADC) (4). Interview réalisée en juillet 2008. Le 3e Forum mondial sur le dialogue interculturel" sera organisé du 18 au 19 mai 2015 à Bakou (République d'Azerbaïdjan), en étroite collaboration avec le Gouvernement de l'Azerbaïdjan, l'UNESCO, l'Alliance des civilisations (UNAOC), l'Organisation mondiale du tourisme (UNWTO), le Conseil de l'Europe et l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO), et sera consacré au thème : « Culture et développement durable dans l'agenda de développement post-2015 ». 


Le premier semestre 2008 a été marqué par la visite du président israélien Shimon Peres en France et par celle du Président de la République française Nicolas Sarkozy en Israël (5). Ceci atteste d’un renforcement des relations bilatérales et de l’amélioration du climat dans ces relations…

Le climat entre l’Etat d’Israël et la France s’est grandement amélioré au niveau de la Présidence de la République et des contacts personnels.

Le Président de la République Jacques Chirac avait une attitude hautaine, souvent hostile envers l’Etat d’Israël (6). Ceci visait à séduire les 56 pays musulmans et particulièrement son grand ami Yasser Arafat (7), en humiliant délibérément Israël : ainsi, lors de sa visite à Jérusalem en 1996, le Président Jacques Chirac a profité de sa position de chef d’Etat pour ridiculiser, devant toutes les télévisions du monde, des Israéliens assignés à sa sécurité et qui ne faisaient que leur travail (8).

Le Président Nicolas Sarkozy et son entourage ont changé tout cela. Ils ont donné plus de dignité à une grande nation qui méritait davantage qu’un rôle d’amuseur ou de partenaire complaisante du monde musulman.

Si certains observent une amélioration des relations entre la France et l’Etat d’Israël, ils relèvent des divergences persistantes sur des sujets essentiels (9) : l'interprétation de la résolution 242 de l'ONU du 22 novembre 1967 (10), la critique française de l'utilisation de la force par Israël jugée « excessive » (11), le droit au retour des réfugiés de la guerre de 1948 et la résolution 194 de l'ONU (12). Partagez-vous leur avis ?

Oui, je suis totalement d’accord avec eux.

La politique n’est pas faite que de sourires, elle s’appuie sur un ensemble d’intérêts multiples dans un contexte international.

La France, comme toute l’Union européenne (UE), est prisonnière d’une politique arabe et unilatéralement pro-palestinienne décidée en 1973 par Paris et Berlin qui l’imposèrent alors aux pays de la Communauté européenne (CE). Fondée sur des considérations économiques, stratégiques et surtout sécuritaires ; cette politique n’existait pas avant le premier choc pétrolier de 1973. Ce premier acte fondateur de politique extérieure commune de la CE se caractérise par une alliance stratégique avec les ennemis d’Israël.

L’alliance euro-arabe contre Israël, le soutien à Arafat et aux Palestiniens représentent une stratégie commune défensive contre le terrorisme en Europe (13). L’alliance européenne avec Arafat s’explique par la réaction de la CE frappée par le terrorisme palestinien ainsi que par le boycott pétrolier décidé par les pays producteurs de l’or noir et dirigé contre les Etats-Unis et l’Europe (14).

Depuis 1973, la CE/UE s’est arrogée le rôle de protectrice des Palestiniens contre Israël (15). Il s’ensuit qu’Israël devient l’ennemi de l’Europe, la source des dangers et la cause de la guerre menée par les Arabes palestiniens. Dans cette perspective, ce n’est pas le terrorisme jihadiste palestinien qui menace l’Europe et vise à éliminer l’Etat d’Israël et son peuple, mais c’est « l’existence illégale d’Israël », sa puissance et sa résistance pour survivre que l’Europe se doit de neutraliser par une politique de diffamation et d’ostracisme afin d’accomplir la noble mission qu’elle s’est donnée sous la menace du terrorisme palestinien en 1973 : la création de « la Palestine ».

L’Etat d’Israël refusant de se suicider pour la création d’un second Etat palestinien – le premier étant la Jordanie (16) – doit donc être forcé à se soumettre, d’autant plus que le monde arabe a lié la sécurité de l’Europe à ses engagements pro-palestiniens et à son combat anti-israélien. Depuis 1973, la CE/UE mène une guerre larvée contre Israël.

Même si la France voulait adopter une autre stratégie, elle ne le pourrait pas, car elle est liée par la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’UE (17).

L’UE n’est pas la seule à œuvrer à la « création de la Palestine ». Depuis quelques années, le gouvernement israélien affirme lui aussi son soutien à « la création d’un Etat palestinien », présenté comme un « intérêt d’Israël » (18). Comment expliquez-vous cette conjonction d’idées et d’actions ?

Cela résulte des accords d’Oslo (19) et des pressions européennes (20), accompagnées de sanctions sur l’Etat d’Israël.

C’est aussi la conception européenne de la paix selon laquelle ce sont les terroristes de l’OLP (Organisation de la libération de la Palestine) (21) qui garantissent la sécurité de l’Europe, et non les armées des pays de l’UE.

Cette conception s’intègre dans la stratégie musulmane de soumission des infidèles qui transfère au pouvoir islamique leur « protection » – protection qui seule garantit la sécurité des vaincus. Dans cette vision, la souveraineté des Etats n’est pas un principe inviolable, et leur sécurité est dépendante de la « protection-garantie » islamique, principe qui récuse en fait les droits à l’auto-défense de l’Etat non-musulman, et les remplace par le concept de protection. La guerre terroriste globale qui sévit sur la planète obéit à ce principe qui n’est autre que celui de la dhimmitude, le rachat de la sécurité (22).

Les dirigeants israéliens se sont laissé convaincre par l’Europe que l’OLP accepterait la paix si Israël faisait des concessions, autrement dit : la paix contre les territoires. Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait de tous les territoires et que la paix garantie par les Palestiniens était celle de la dhimmitude.

Le conflit est devenu quasi-insoluble du fait de la reconnaissance en 1973 par la CE d’un « peuple palestinien », qui à vrai dire ne se différencie guère – ni par la langue, ni par les mœurs, ni par l’histoire et la religion – des Arabes de Jordanie et qui n’a jamais manifesté aucun particularisme national sous l’occupation ottomane, ni celles, dès 1948, de la Jordanie en Judée-Samarie et de l’Egypte dans la bande de Gaza.

A mon avis, il est impossible d’avoir deux Etats viables dans ce petit espace qui constitue aujourd’hui l’Etat d’Israël, et l’Europe le sait fort bien, mais des solutions seraient possibles dans le contexte d’une fédération jordano-palestinienne où l’Etat d’Israël céderait un certain nombre de territoires densément peuplés d’Arabes palestiniens. C’est d’ailleurs l’esprit de la résolution 242 qui ne parle pas de peuple palestinien mais des deux vagues de réfugiés juifs et arabes.

Des solutions existent si le conflit n’est que politique. Ce qui n’est pas le cas.

Tant que le monde musulman n’aura pas réformé sa vision jihadiste du dar al-harb - c’est-à-dire les pays des infidèles qui doivent être islamisés -, le conflit israélo-arabe ne pourra être résolu, car il n’est que la manifestation exacerbée d’une idéologie jihadiste mondiale qui englobe l’Europe.

Aussi l’Europe, notamment par la négation des véritables fondements idéologiques de l’idéologie jihadiste dans le contexte palestinien, porte une énorme responsabilité sur le plan moral comme stratégique, du renforcement et de la propagation jihadistes (23).

Quels sont les ressorts de la diplomatie française au Proche-Orient (24) ?

Jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République en mai 2007, la diplomatie française, surtout à partir de 1973-80, considérait souvent que sa sécurité était assurée par son service obséquieux des intérêts du monde arabe ou/et musulman. C’était une politique de bons offices visant à garantir les intérêts français dans les domaines énergétique, industriel et commercial (25) et centrée sur l’obsession de « la Palestine ».

Le Président Nicolas Sarkozy a ouvertement confirmé l’existence de la politique arabe de la France, c’est-à-dire une politique anti-israélienne, et souhaité rééquilibrer la diplomatie française. C’est déjà beaucoup, car c’est une reconnaissance implicite de la partialité unilatérale d’une politique qui se drapait d’une autorité morale pour prêcher à l’Etat d’Israël les conditions sine qua non de sa disparition.

Quid de la diplomatie de l’Union européenne ?

Le grand architecte de cette diplomatie est Javier Solana, Haut représentant pour la PESC (26).

La création de « la Palestine » est le point central de la PESC ; elle détermine ses relations avec le monde arabe et les Etats-Unis. La CE/UE a choisi de combattre contre Israël pour créer « la Palestine » en prétendant qu’elle le faisait dans l’intérêt d’Israël.

Cette politique a induit le maintien au Proche-Orient d’un foyer purulent de haine antisémite (27) et l’affaiblissement à la longue de la résistance d’Israël. Elle a révélé le transfert d’une mauvaise conscience européenne sur Israël (thèmes de « l’occupation », des « colonies »). Elle a cultivé des relations privilégiées avec le monde musulman par la collaboration avec le jihadisme palestinien (28), et exprimé surtout l’espoir d’atténuer les menaces terroristes en Europe par la passion euro-palestinienne.

Via les réseaux de l’UE, les contribuables européens (29) sont les plus grands pourvoyeurs de fonds des Palestiniens. Ils financent également une myriade d’ONG européennes, palestiniennes et israéliennes pourvoyeuses de haine antisioniste/antisémite dans les instances internationales (30) et contribuent à l’industrie florissante de la palestinisation, c’est-à-dire à l’islamisation de l’histoire juive et d’Israël (31). Parallèlement, des centres universitaires européens, arrosés par la manne pétrolière, s’enorgueillissent de leur politique d’apartheid à l’égard d’Israël (32).

La banalisation des victimes israéliennes et juives s’intègre dans la palestinisation idéologique de l’Europe. Je n’ai pas entendu les grandes orgues des droits de l’homme protester contre les meurtres de deux jeunes soldats israéliens, Ehud Goldwasser et Eldad Regev, enlevés en 2006 en Israël par le Hezbollah, tactiques classiques du jihad mais totalement contraires aux Conventions de Genève. On a constaté récemment le traitement biaisé d’une partie de la presse sur l’horrible attentat à Jérusalem perpétré par un Palestinien sur des civils israéliens (33). Des médias européens ne mentionnent Israël que de façon péjorative, occultant l’histoire de cette antique civilisation qui modela l’Europe, puisque l’Eglise dès ses origines se dénomma le nouvel Israël.

Cette politique européenne a consisté à nier que le conflit palestinien ne représentait qu’un élément régional de la guerre jihadiste globale contre l’Occident. Elle visait à justifier moralement le jihad palestinien en déguisant Israël en un Etat agressif, privé de toute légitimité, occupant le territoire d’un autre peuple et devant se conformer à des conditions équivalentes à un suicide. On corrélait la sécurité de l’Europe et la paix du monde à la politique du minuscule Etat juif (34).

Pourtant, l’UE, comme la France, renforce ses liens économiques avec l’Etat d’Israël (35)…

Il y a des signes encourageants.

Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères, a reconnu – et ce n’est pas la première fois – que la politique de l’UE avait parfois confiné à l’antisémitisme (36). Cette déclaration répond aux demandes d’une opinion publique de plus en plus solidaire avec Israël et consciente des terribles conséquences en Europe même de l’Eurabisme.

Récemment au Luxembourg, l’UE a amélioré ses relations avec Israël (37). La chancelière allemande Angela Merkel, le Président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre britannique Gordon Brown et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi ont pu, malgré la forte opposition palestinienne, arabe et eurabienne, établir une meilleure coopération avec l’Etat d’Israël.

Cette voie, qui tranche avec celle des gouvernements ou présidents précédents, restitue à l’Europe sa dignité et son indépendance par rapport au bloc arabo-islamique. Elle est conforme aux vœux d’un nombre croissant d’Européens.

Vous établissez un lien entre l’UE et l’Organisation de la conférence islamique (OCI) (38)…

L’OIC orchestre une grande foire de la haine contre sept millions d’Israéliens qui libérèrent une portion infime de leur patrie ancestrale contre la coalition euro-jihadiste.

A son sommet en décembre 2005, l’OCI avait décidé de faire de la Palestine son sujet prioritaire. L’Europe obtempéra et déclara que la paix - aux conditions de l’OCI - au Moyen-Orient est l’urgence prioritaire de l’humanité.

L’année 2008 qui est celle de l’identité européenne par le dialogue interculturel a vu une floraison de publications et de manifestations célébrant le caractère multiculturel de l’Europe (39).

La chasse à l’islamophobie ordonnée par l’OCI à son sommet à La Mecque en décembre 2005 (40), est devenue en Europe parole d’Evangile (41). Un lexique de termes choisis (42) interdit sous peine d’accusation de blasphème (43) de prononcer de façon péjorative certains termes sacrés pour les musulmans, mais fort offensants pour les mécréants.

Le Centre américain pour le droit et la justice (ACLJ) et sa division européenne l’ECLJ ont mis en ligne une pétition destinée au Haut Commissaire des Nations unies sur les droits de l’homme et dénonçant les résolutions promues par l’OCI sur la « diffamation des religions » (44). Le 13 juin 2008, la Cour d’appel de Paris a confirmé la relaxe de l’hebdomadaire Charlie Hebdo poursuivi pour injure pour avoir publié des dessins danois sur le prophète Mahomet (45). Le 2 juin 2008, Rachida Dati, ministre française de la Justice, a demandé que le parquet interjetât appel d’un jugement controversé du Tribunal de grande instance de Lille. Celui-ci avait annulé un mariage parce que l'épouse avait menti à son mari sur sa virginité (46). Le 27 juin 2008, à Paris, le Conseil d’Etat a confirmé la légalité du décret refusant la nationalité française à une Marocaine portant la burqa, car Faiza M. a « adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française » (47). Le 30 juin 2008, le parquet néerlandais n’a pas poursuivi le politicien Geert Wilders, auteur du film Fitna très critique sur l’islam, pour discrimination et incitation à la haine (48). Le 7 juillet 2008, la Ville de Paris a fait citoyenne d’honneur la romancière bangladaise Talisma Nasreen (49)… Comment expliquez-vous ces décisions ?

Les politiciens sont attentifs aux opinions de leurs électeurs et n’ignorent pas leur frustration et leur mécontentement. Ils sont aussi tenus de respecter les lois constitutionnelles de leur pays.

Vous avez étudié l’Alliance des civilisations (ADC) (50) qui présente la version arabe du conflit au Proche-Orient…

L’ADC (51) a été créée en 2005 à l’initiative des gouvernements espagnol et turc, sous les auspices des Nations unies (NU). En réalité elle répondait aux vœux de l’Iran émis en mars 2002 et aux demandes des Etats arabes, anxieux de neutraliser, par les gouvernements européens, les retombées négatives des attentats islamistes du 11 septembre 2001.

L’ADC vise à « améliorer la compréhension et les relations de coopération parmi les nations et les peuples au travers des cultures et religions, et d’aider à contrer les forces qui attisent la polarisation et l’extrémisme » (52). Nommé par le secrétaire général des NU, alors Kofi Annan, en accord avec les Premiers ministres espagnol et turc, son Groupe de Haut Niveau (GHN) guide le travail de l’ADC (53).

Le Rapport de ce GHN (54) insiste sur la primauté du conflit israélo-palestinien en ce qui concerne les relations entre les sociétés musulmane et occidentale et déclare :
« Nous devons insister sur l’urgence croissante de la question palestinienne, qui est une cause majeure du fossé toujours grandissant entre les sociétés musulmane et occidentale » (p. 21).

L’ADC présente la version arabe du conflit :

« L’occupation permanente de la Palestine et d’autres territoires arabes par Israël et le statut non résolu de la ville de Jérusalem — une ville sainte aussi bien pour les musulmans, les chrétiens que les juifs (55) — ont persisté, avec le consentement apparent de gouvernements occidentaux, et constituent ainsi les principales causes de ressentiment et de colère contre les puissances occidentales dans le monde musulman. Cette occupation a été perçue, dans le monde musulman, comme une forme de colonialisme, conduisant beaucoup à croire, à tort ou à raison, à une collusion entre Israël et « l’Occident ». Ces ressentiments et ces perceptions furent exacerbés plus encore par les récentes représailles disproportionnées d’Israël dans la bande de Gaza et au Liban ». (p. 14)
Pour combler ce fossé et se rapprocher de la position musulmane, le GHN recommande l’équivalence des versions entre la restauration de l’indépendance d’Israël et la Nakba (56) palestinienne. Or celle-ci fut la conséquence des attaques sanglantes des Arabes palestiniens contre les Juifs dès le 30 novembre 1947. Ces violences escaladèrent en une véritable guerre palestinienne renforcée par des mercenaires arabes et des armées expédiées d’Egypte, d’Irak, de Syrie, de Transjordanie et du Liban, sous le commandement de la Ligue Arabe. L’interprétation du GHN met en équivalence la légitimité de l’existence et celle de sa destruction, le droit d’un peuple à la liberté et celui de son élimination. C’est accepter la logique implicite dans la version musulmane donnée par le GHN, qui transfère aux peuples agressés par le jihad, le rôle d’agresseur s’ils lui résistent :
« Pour les Palestiniens ainsi que pour une majorité des peuples du monde musulman, l’établissement de l’État d’Israël a été vécu comme un acte d’agression qui a conduit à l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens et à l’occupation de leurs terres ». (p.22) (caractères gras mis par BY)
A la suite de cette recommandation du GHN inspirée par l’OCI, des médias européens privilégièrent les récits de la Nakba plutôt que la célébration du 60e anniversaire de l’Etat d’Israël et omirent dans leur présentation de la Nakba l’invasion du territoire israélien par les armées d’Etats arabes voisins d’Israël – omission conforme à la version palestinienne reproduite ci-dessus. Pas un mot non plus sur le flux des réfugiés juifs expulsés des pays arabes (57).

Le Rapport de l’ADC affirme que les conflits actuels entre islam et chrétienté sont issus de la colonisation au XIXe siècle et de la restauration de l’Etat d’Israël. C’est la vision de l’OCI qui considère que les 11 siècles précédents de conquêtes jihadistes n’étaient que promenades pacifiques (58).

Le Rapport vante l’Age d’Or du Moyen Age musulman sous la charîa et affirme l’origine islamique de la culture européenne :
« Au Moyen Âge, la civilisation islamique était une importante source d’innovation, d’acquisition des connaissances et de progrès scientifique, qui ont contribué à l’émergence de la Renaissance et du siècle des Lumières en Europe. Historiquement, sous le règne musulman, les juifs et les chrétiens étaient généralement libres de pratiquer leur foi » (59).
Cette vision historique est déjà imposée dans des universités et les opposants font l’objet de brimades.

Ce Rapport donne de nombreuses recommandations pour protéger les droits des immigrants ainsi que les devoirs de la presse en se focalisant particulièrement sur les problèmes des musulmans en Occident.

Il préconise également les moyens au niveau de l’ONU du contrôle de l’implantation et du suivi de ces recommandations et de leur visibilité (p. 49).

Au niveau du multilatéralisme il recommande le renforcement, l’interaction et la coordination d’organisations internationales dans le contexte de l’ONU :

« Une attention particulière devrait être portée à ces organisations qui font parties de la famille des Nations Unies et à ces organisations qui ont déjà coopéré avec le Groupe de haut niveau de l’Alliance des civilisations, à savoir : l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Union européenne, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), la Ligue des États arabes, l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), United Cities and Local Governments (UCLG), et l’Organisation mondiale du tourisme (UNWTO), ainsi que d’autres organisations internationales et nationales, publiques ou privées ». (p. 25)
Dans ses recommandations axées prioritairement sur les besoins des musulmans, le GHN propose que :

« Les États Membres et les organisations multilatérales telles l’Organisation de la Conférence islamique et l’Union européenne devraient travailler ensemble pour mettre en place des efforts éducatifs afin de créer les moyens pour favoriser la tolérance interculturelle et le respect, la participation civique et l’engagement social ». (p. 39)
L’ADC a établi un Plan de mise en œuvre (2007-2009), divisé en deux parties, Cadre Stratégique et organisationnel et un Programme d’action axé surtout sur quatre domaines : les jeunes, l’éducation, les médias, la migration (60).

L’un de ces projets concerne les offres d’emploi aux jeunes du Moyen-Orient dans les organismes internationaux, les entreprises et les organisations de la société civile afin de « lutter contre l’aliénation et la privation des droits de ces jeunes » (p.16). Ce projet est déjà appliqué.

Un autre projet intitulé Abraham’s Path (Le chemin d'Abraham) (61) et créé par l’université de Harvard consiste à élaborer « le concept d’une grande route permanente de tourisme et de pèlerinage qui suivrait les traces du prophète Abraham dans plusieurs pays du Moyen-Orient » (ibid). Cette formulation est exclusivement islamique car Abraham dans la conception judéo-chrétienne est un patriarche, il n’est pas un prophète musulman, et son itinéraire est différent de l’Abraham coranique.

De fait, la présence active de l’OCI dans les arènes internationales - ONU, Conseil onusien des Droits de l’Homme, UNESCO, Alliance des Civilisations - contribue au développement d’une gouvernance mondiale inspirée par l’islam, c’est-à-dire à l’instauration d’un califat - organisme suprême musulman unissant les pouvoirs politique et religieux sous la juridiction de la charîa – réglementant les relations internationales par une prolifération d’organisations internationales chargées d’imposer aux nations l’ordre et la vision islamiques. Nombre d’hommes d’Etats, comme l’ancien président américain Jimmy Carter, et d’intellectuels sont récupérés par ces myriades de Dialogues, de cercles multiculturels pour la paix au service de la da’wa (propagande islamique).

On le constate dans des recommandations du GHN adoptées par les Etats européens dans leurs politiques nationales, dans les répressions dans des universités et des médias de la liberté d’expression et de la liberté d’enseignement assimilées à l’islamophobie, dans les difficultés d’une réglementation de l’immigration et l’échec de la défense des droits de l’homme au Conseil onusien des Droits de l’homme (Genève) (62).

L’UE apparaît ainsi de plus en plus comme le véhicule des prescriptions de l’OCI, qui était représentée par son secrétaire général Ekmeleddin Ihsanoglu lors du Sommet à Paris lançant le 13 juillet 2008 l’Union pour la Méditerranée (UPM) (63).

Que pensez-vous de l’Union pour la Méditerranée (UPM) (64) et de l’opposition qu’elle suscite en Lybie ?

Je n’en connais pas les détails et ne puis en parler.

L’UPM se situe dans la continuation du Dialogue Euro-Arabe et du processus de Barcelone (65), politiques qui ont déterminé, sur la base du multiculturalisme et du multilatéralisme, les grandes transformations irréversibles aux plans démographique, religieux, culturel et social de l’Europe de l’Ouest.

Or le multiculturalisme est aujourd’hui contesté par nombre de mouvements ou d’intellectuels européens (66) attachés à leur identité culturelle et historique, hostiles à la fragmentation communautariste.

Confrontés aux conséquences de cette politique, certains envisagent même le démantèlement des structures de l’UE.

Malgré les répressions, cette vague délégitimée par des accusations souvent imméritées de racisme et de xénophobie, me semble importante et nos leaders devraient en tenir compte pour maintenir les acquis positifs de l’UE.

On doit reconnaître au Président Nicolas Sarkozy le mérite d’avoir exposé devant les Européens en pleine lumière et pour la première fois, cette politique méditerranéenne. Pour nous Européens, elle se fonde sur la conception européenne de la paix et des droits de l’homme que ne partagent pas les pays de civilisation musulmane, ancrés dans les valeurs de la charîa, du jihad et de la dhimmitude qui est encore appliquée dans tous les pays musulmans et génère le conflit contre Israël.

Tant que ces concepts n’auront pas évolué, les partenariats seront voués à l’échec.


Site de Bat Ye’or :
En Israël, Schocken Publishers a publié son livre Eurabia, l’Axe euro-arabe (3) dans une traduction en hébreu d’Arié Hashavia. 


(3) Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe. Jean-Cyrille Godefroy Editions, 2006. 347 pages. ISBN-13 : 978-2865531899.

(4) Bat Ye’or, Multiculturalisme et alliance des civilisations, Controverses,  n° 9, novembre 2008


(6) Véronique Chemla, Le CRIF demande une commission d’enquête indépendante composée d’experts afin d’établir la vérité dans l’affaire al-Dura

(7) « Le gouvernement français avait rendu un dernier hommage au leader palestinien [Yasser Arafat] décédé dans la nuit de mercredi à jeudi. Les honneurs militaires ont été rendus par une unité de la garde républicaine sur la base militaire, en présence de Jean-Pierre Raffarin, et de plusieurs membres de son gouvernement… Ce matin, Jacques Chirac s'est incliné devant la dépouille mortelle de Yasser Arafat à l'hôpital militaire de Clamart. Il s'est recueilli durant 25 minutes devant la dépouille de Yasser Arafat et a présenté ses condoléances en embrassant Souha, épouse du président de l'Autorité palestinienne, et la déléguée générale de Palestine en France, Leïla Chahid ». 11 novembre 2004. http://www.radiofrance.fr/reportage/dossier/index.php?rid=55000104&aid=0&formtype=une&arch=1
Véronique Chemla, Le keffieh, c’est tendande !, 13 janvier 2008

(8) Lors de sa visite à la Vieille ville, le Président Jacques Chirac saisit le chef de la sécurité israélienne et lui dit avec virulence : « Qu’est-ce qu’il y a encore comme problème ? Je commence à en avoir assez ! What do you want? Do you want me to take my plane? To go back to my country? To go back to France? Is that what you want? This is provocation! This is not a method! Please, stop now!” Une reaction qui renforce sa popularité dans le monde arabe.
Jacques Chirac à Jérusalem, 22 octobre 1996, magazine Un jour, une heure diffusé sur France 2 et présenté par Laurent Delahousse, 15 avril 2007 : http://www.dailymotion.com/video/x3r13o_jacques-chirac-a-jerusalemla-honte_events et
Eric Aeschimann et Christophe Boltanski, Chirac d’Arabie : les mirages d’une politique française. Grasset et Fasquelle, 2006. 430 pages. ISBN : 2246691214

Sarkozy’s Presidency, BESA, Perspectives Papers n° 46, 22 juin 2008, http://www.biu.ac.il/SOC/besa/docs/perspectives46.pdf


(11) « Entretien de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, avec Europe 1 le 13 juillet 2006, sur la condamnation par la France de "l'action de guerre disproportionnée" d'Israël contre le Liban après la mort et l'enlèvement de soldats israéliens par le Hezbollah ainsi que des "actes irresponsables" de ce mouvement », http://www.vie-publique.fr/cdp/063002658.html

(12) Le "Droit au retour" au regard des résolutions de l'ONU, http://paris1.mfa.gov.il/mfm/Data/35710.htm




Daniel Pipes et Adam Garfinkle, Is Jordan Palestine?, Commentary, octobre 1988 http://www.danielpipes.org/article/298

(17) « Stratégie commune du Conseil européen du 19 juin 2000 pour la région méditerranéenne » adoptée à Santa Maria de Feira, dans le Journal Officiel des Communautés européennes, 22 juillet 2000, n° L 183 du 22/07/2000 p. 0005 - 0011. http://admi.net/eur/loi/leg_euro/fr_300E0458.html

(18) Véronique Chemla, Des donateurs pour l’Etat palestinien grugés, mais toujours généreux, 23 décembre 2007

(19) Joel Fishman et Ephraïm Karsh, La guerre d’Oslo. Ed. de Passy, 2005
Véronique Chemla, Mythes et réalités du «processus de paix» : le roc des refus palestiniens, 10 janvier 2008


« La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien : elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe, et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe » (article 1 de la charte de l’OLP adoptée en 1964 et non abrogée).
« Le peuple arabe palestinien déterminera son destin après avoir réussi à libérer son pays… La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, [qui] constitue une unité territoriale indivisible » (articles 2 et 3 de cette charte).
« Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les Juifs ne forment pas une nation unique dotée d'une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent » (article 20 de cette charte).

(22) Bat Ye’or :
Juifs et chrétiens sous l'islam : les dhimmis face au défi intégriste. Berg international, collection « Pensée politique et sciences sociales », Paris, 1994. 420 p. (ISBN 2-900269-91-1) et collection « Pensée politique et sciences sociales », réédition, sous le nouveau titre Face au Danger Intégriste, juifs et chrétiens sous l’islam, Paris, 2004. 420 p. ISBN 2-911289-70-6

(23) Londonistan, a briefing by Melanie Philips, 15 novembre 2006
Is Britain Lost? by Joseph Puder, The Evening Bulletin, 24 november 2006
Mosquées - La France, terre de djihad, Le Point, n° 1 727, 17 janvier 2007, http://www.lepoint.fr/actualites-monde/la-france-terre-de-djihad/924/0/22900

(24) David Pryce-Jones, Un siècle de trahison La diplomatie française et les Juifs, 1894-2007. Traduit de l’anglais par Marc Weitzmann. Denoël Impacts, 2008. 200 pages. ISBN : 978 2 207259719

(25) Eric Conan, Mort de Raymond Barre : l’amnésie des médias, 30 août 2007 à






(31) Bat Ye’or : « C’est clair dans le contexte de Jérusalem où ses droits sur son patrimoine religieux et historique sont niés ».

(32) SPME (Scholars for Peace in the Middle East) : http://www.spme.net/position.html
Dr. Edward S. Beck, Richard L. Benkin, Ruth Contreras et Judith R. Jacobson, Anti-Semitism In Academia, 20 Mars 2003, http://www.spme.net/cgi-bin/articles.cgi?ID=32
Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe. Jean-Cyrille Godefroy Editions, 2006. 347 pages. ISBN-13 : 978-2865531899. pp 195-196


(34) En novembre 2003, l’Eurobaromètre de la Commission européenne publiait un sondage réalisé auprès de 7 515 habitants des 15 Etats de l’UE (19). Israël représentait pour 59% des Européens interrogés, la plus grande « menace pour la paix dans le monde » ! Selon ce sondage effectué entre le 8 et le 16 octobre 2003, l'Etat juif devançait l'Iran (53%), la Corée du Nord, les Etats-Unis (53%), l’Irak. La Syrie (37%), l’Arabie saoudite et la Libye (36%) arrivaient aux 8e et 9e rangs.
Le Congrès juif européen (CJE) estimait qu'il eut fallu ''parler du conflit israélo-palestinien ou de celui au Proche-Orient. Tout institut de sondage le sait ''la réponse est dans la question''. Comment l'UE peut-elle expliquer son incapacité, depuis deux ans, à produire un rapport sur l'antisémitisme en Europe, alors qu'elle a produit une enquête incendiaire sur la guerre en Irak six mois seulement après les évènements ?'' Source : Guysen International News, 3 novembre 2003.
Antisémitisme international, Ed. Robert S. Wistrich, n° 3-4, Université Hébraïque de Jérusalem, 2006.
Emmanuel Brenner :
France, prends garde de perdre ton âme. Mille et une nuits, Paris 2004. 128 pages. ISBN-13: 978-2842058296
Les territoires perdus de la République. Mille et une nuits, Paris 2002. ISBN : 9782842056957







Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Islamophobie ?, ProChoix, n°26-27, automne-hiver 2003, http://www.prochoix.org/frameset/26/islamophobie26.html
Daniel Pipes, Islamophobie, The New York Sun, 25 octobre 2005, adaptation française de Alain Jean-Mairet; http://fr.danielpipes.org/article/3080

''Comme l'ont souligné de nombreux musulmans, il n'y a rien d'islamique dans le souhait de terroriser, de comploter pour tuer et causer de la douleur. Ces actions sont anti-islamiques'', a déclaré Jacqui Smith, ministre britannique de l'Intérieur, le 17 janvier 2008. Elle exprimait la volonté du gouvernement de ne plus parler de terrorisme islamique et de qualifier les terroristes de criminels sans motivation religieuse. Elle estimait : ''Internet n'est pas une zone de non-droit pour le gouvernement. Il nous faut prendre des mesures contre ceux qui forment ces gens vulnérables pour les besoins de l'extrémisme violent''. Elle a déclaré au Sunday Times qu'elle aurait peur de se promener la nuit à Londres. Le Times avait raillé cette confidence : ’’Les ministres de l’Intérieur sont censés instiller la peur dans le cœur des criminels et non pas se cacher derrières les rideaux’’. (Guysen International News, 30 janvier 2008).

Le 25 décembre 2007, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté par 108 voix pour, 51 contre et 25 abstentions, une résolution, présentée par le Pakistan au nom de l'OCI (Organisation de la conférence islamique), sur la lutte contre ''la diffamation des religions''. Parmi les Etats ayant voté contre figurent les Etats-Unis, des pays européens et asiatiques. Cette résolution ne cite qu’une seule religion - l’islam -, dénonce ’’l’image négative de l’islam dans les médias’’ et ’’exprime son inquiétude face à l’association fréquente et à tort de l’islam avec les violations de droits de l’homme et le terrorisme’’. (Source : Guysen International News)

(44) Selon l’ACLJ, 56 418 personnes ont signé la pétition s’opposant à l’OIC, https://www.aclj.org/petition/Default.aspx?AC=DNE0807017&SC=3359
L’European Center for Law & Justice : http://www.eclj.org/index.html

(45) La cour d'appel confirme la relaxe de Philippe Val sur les caricatures de Mahomet, 13 juin 2008, http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias__pouvoirs/20080312.OBS4596/la_cour_dappel_confirme_la_relaxe_de_val_sur_les_carica.html
Site de l’intellectuelle néerlandaise Ayaan Hirsi Ali menacée de mort depuis l'assassinat en 2004 par un islamiste radical de son compatriote le réalisateur Théo Van Gogh : http://ayaanhirsiali.web-log.nl/ayaanhirsiali/franais/index.html
Le philosophe français Robert Redeker avait reçu des menaces de mort à la suite de la publication par Le Figaro du 19 septembre 2006 d’une de ses tribunes très critique à l’égard de l’islam : Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? Il y qualifiait le Coran de “livre d’inouïe violence” et le prophète Mahomet de “chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame”. Il avait été contraint, ainsi que sa famille, à vivre caché, sous protection policière. Le 19 juin 2008, le tribunal correctionnel d’Orléans a condamné à six mois de prison avec sursis et 750 euros d’amende le Français d’origine marocaine auteur de ces menaces : « “Tu osé insulté notre prophètes bien aimé (...) mais sache que tous les musulmans (...) sont tes ennemis pas juste les extrémistes (...) alors maintenant coure toi ta femme et t enfants mais un jour crois moi tu va mourir » (sic). Le parquet avait requis huit mois avec sursis.
Véronique Chemla et Guy Senbel, Notre liberté chérie




A noter que le portrait du soldat franco-israélien Guilad Shalit n'a pas été affiché sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris, à la différence de celui de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.




Parmi ses membres, figurent l’espagnol Federico Mayor, l’iranien Hojjatoleslam Seyyed Mohammad Khatami, le sud-africain Desmond Tutu et le français Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères.


(55) Frédéric Encel, Géopolitique de Jérusalem. Préface d’Yves Lacoste. Flammarion, coll. Champs essai, 2008. 300 pages. ISBN : 2081213036
Les Juifs et Jérusalem – quel rapport ? 20 juin 2006, adaptation française d’Alain Jean-Mairet, http://fr.danielpipes.org/article/3698


Ya'akov Meron, Why Jews Fled the Arab Countries, Middle East Quarterly, septembre 1995, http://www.meforum.org/article/263
Moïse Rahmani, L'exode oublié. Juifs des pays arabes. Ed. Luc Pire, coll. Voix de l'histoire, 2006. 221 pages. ISBN : 978-2874156366.
Bat Ye’or, « Le facteur dhimmi dans l’exode des Juifs des pays arabes » (pp. 33-60), dans Shmuel Trigano (sous la direction), L’exclusion des Juifs des pays arabes : Aux sources du conflit israélo-arabe, In Press, 2003. 399 pages. ISBN 2-84835-011-3.

Jacques Heers, Les négriers en terres d’islam VIIe-XVIe siècles. Ed. Perrin, coll. Tempus, 2007.318 pages. ISBN : 978-2-262-02764-3
Tidiane N’Diyae, Le génocide voilé : enquête historique. Gallimard, coll. Continents noirs, 2008. 253 pages. ISBN : 978-2070119585

(59) Alliance des Civilisations. Rapport du Groupe de haut niveau. 13 Novembre 2006, Nations Unies, p. 13.
Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel : les racines grecques de l’Europe chrétienne. Editions du Seuil, L’Univers historique, 2008. 277 pages. ISBN : 978-2020965415





(64) Déclarations d'ouverture du Sommet fondateur pour l'Union de la Méditerranée à Paris par M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, et par M. Mohamed Hosni Moubarak, Président de la République arabe d’Egypte, 13 juillet 2008, http://www.elysee.fr/webtv/index.php?intVideoId=648


(66) Yvan Rioufol, La fracture identitaire. 2007, Fayard. 200 pages. ISBN : 978 2213635576
Alexandre del Valle, Le totalitarisme à l’assaut des démocraties. Préface de Rachid Kaci. Ed. Les Syrtes, 2002. 464 pages. ISBN : 9782845450585

Cet article a été publié par Guysen, puis republié le 19 janvier 2010 à l'approche du procès de Geert Wilders le 20 janvier 2010

vendredi 8 mai 2015

Emilie Adams, artiste et décoratrice d'intérieur



Emilie Adams a abordé la peinture sur cuir repoussé, l’aquarelle, le pastel et la photo numérique artistiquement retravaillée, puis la création infographique. Elle crée des œuvres élégantes, délicates, fines et aux inspirations parfois Juives. Photographe spécialiste du multimédia, Emilie Adams a lancé « Emilie Adams. Art et Décoration d’intérieur » qui « allie création artistique et décoration d’intérieur pour créer des espaces de vie harmonieux » pour les professionnels et les particuliers, collectionneurs ou amateurs. A l'occasion de la fête des mères, Emilie Adams propose sur sa boutique de ventes en ligne, en plus des "photographies et créations infographiques, des pastels et des aquarelles, imprimées sur toiles, signées et numérotées, qui peuvent s’harmoniser avec votre intérieur. Pour être assuré(e) de recevoir le tableau choisi à temps pour la Fête des Mères, il est préférable de passer commande au plus tard le 15 mai 2015".

"C’est en m’intéressant à la peinture sur soie et à l’aquarelle, que j'ai pris goût à la couleur et aux nuances qui m’invitaient à apprivoiser le pinceau. Ensuite, je me suis adonnée à la calligraphie chinoise, au lavis, à la peinture à l’huile, à la reliure d’art, au pastel, à la peinture acrylique. En étudiant la reliure d’art, j'ai découvert la noblesse du cuir et réalisé ainsi sous le pseudonyme d’Emi une série de tableaux en cuir repoussé que j'ai exposés aux Salons des Indépendants et des Artistes français, à l’Hôtel Sofitel Paris la Défense et dans quelques galeries. Parallèlement je me suis intéressée à la photographie numérique et au multimédia, dont je suis devenue une spécialiste dans le cadre d'e Vocation, Agence Conseil en Marketing et Communication que j'ai fondée en 2000. A la gamme complète d'outils de PAO que je maîtrise de longue date, j'ajoute ceux de Modélisation 3D pour présenter des projets photo-réalistes avec visites virtuelles", résume Emilie Adams. 

Originalité et élégance
A l’âge de trois ans, Emilie Adams, a « dessiné d’un trait de crayon un chien ». C’est l’indication d’une vocation précoce.

Emilie Adams a pratiqué diverses activités artistiques dont la peinture sur soie, la calligraphie, le lavis et la pyrogravure.

Elle a choisi une voie professionnelle autre : de la gestion, elle a évolué vers la direction d’une agence de marketing et communication multimédia où sa fibre artistique peut s’exprimer. Ce qui lui permet aussi d’aller « au-delà des deux dimensions ».

Parallèlement, elle a exposé dans les Salons des artistes français, des Indépendants et dans des galeries.

Par l’aquarelle, qu’elle affectionne pour la transparence, Emilie Adams est allée vers les couleurs et les nuances.

Et c’est en s’initiant à la reliure d’art qu’elle trouve avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) un fixatif afin que ses couleurs préservent le support dans le temps.

Elle allie ainsi la gravure à chaud, la peinture rehaussée de fils d’or dans le respect du grain du cuir.

Ses œuvres s’insèrent dans plusieurs séries : « Jérusalem », « Le judaïsme » (tables et symboles de fêtes), « Les saisons » et les « Fleurs » en aquarelles (« Bouquet diaphane ») ou en photographies numériques.

Emilie Adams photographie au zoom, et dans le mouvement, dans l’inspiration, dans l’indépendance, en une suite logique, elle retravaille ses clichés numériques qu’elle édite en nombre limité sur du papier d’Arches.

On peut trouver deux liens familiaux à son art : son père photographe amateur développait chez lui ses clichés en noir et blanc et son oncle est le peintre brésilien Alberto Massuda.

Emilie Adams excelle à représenter la lumière blanchâtre de l’hiver ou éblouissante de la Jérusalem estivale. Chez elle, les saisons personnalisées sont élancées, parfois fondues dans une nature exubérante.

Son sens des couleurs et de la pose est affirmé. Et l’harmonie, la douceur et la quiétude règnent.

Emilie Adams adapte aussi ses œuvres en de tendres cartes de vœux sur papier ou animées pour internet. Avis aux amateurs !

Emilie Adams « puise son inspiration dans les fleurs, la nature, l’imaginaire et ses créations vont du figuratif à l’abstrait, avec délicatesse et légèreté, puissance et sérénité ».

Emilie Adams a développé un concept de décoration. Uniques ou éditées en nombre limité, « toujours numérotées et signées par leur créatrice, ces œuvres originales peuvent être travaillées sur différents types de supports, traditionnels ou contemporains, toujours en adéquation et en harmonie avec le décor, qu’il s’agisse de lithographies, toiles, panneaux lumineux, textilel, plexiglas… »

Emilie Adams crée aussi « sur commande des œuvres exclusives, en réponse aux souhaits spécifiques des designers, particuliers ou professionnels ».

Murs, vitres, rampes d’escaliers… Emilie Adams les décore en « sur-mesure », les pare, les cache ou les rehausse, les insère par des photographies numérisées aux motifs divers dans un décor plus humanisé, dans le cadre de projets d'aménagements d'espaces professionnels et privés, modélisés en 3D dans un souci du détail. Une visite virtuelle permet d'apprécier le rendu d'un éclairage, d'une création particulière, d'une texture...

Certaines de ses créations sont visibles sur son site bilingue français/anglais « Emilie Adams. Art et Décoration d’intérieur ». 

Photographies numériques sophistiquées de hanoukiot - hanoukia de lumière, hanoukia d’azur, hanoukia émeraude - ou inspirées de prières, bénédictions ou cérémonies juives : Shema, kidouch (sanctifie le repas familial, la table du chabbat, un jour saint), havdala (marque la fin du chabbat ou d'un yom tov, Nda)... A l'occasion de « Hanouka, Fête des Lumières », Emilie Adams a inauguré sa Boutique de ventes privées en ligne. Elle "propose à une sélection de ses créations en édition limitée sur toiles de lin de qualité (350 g/m²) montées sur châssis", avec ou sans cadre, sur divers supports (plexiglas, aluminium, textile). Ces œuvres numérotées et signées décorent les intérieurs avec la note de gaieté conférée par la lumière des bougies".

 A l'occasion de la fête des mères, Emilie Adams propose sur sa boutique de ventes en ligne, en plus des photographies et créations infographiques, des pastels et des aquarelles qui peuvent s’harmoniser avec n’importe quel intérieur. Editées en 30 exemplaires, ces reproductions sur toiles coton ou lin de 350 g/m² sont numérotées et signées. Elles sont proposées à partir de 99 € selon format (30 cm/40 cm et 45 cm/60 cm) avec ou sans cadre de type caisse américaine. Pour être assuré(e) de recevoir le tableau choisi à temps pour la Fête des Mères, il est préférable de passer commande au plus tard le 15 mai 2015".

Visitez le site d’Emilie Adams à www.emilieadams.com
Accédez aux ventes privées à l’occasion de Hanouka


Oeuvres d'Emilie Adams de haut en bas :
- Hanouka azur
- La femme en rose
- Fleur de charme
- Kiddouch
- Parc Monceau
- Automne (oeuvre sur cuir)
- Hanouca pourpre
- Shema
- Ballerine rose, toile

Articles sur ce blog concernant :
Affaire al-Dura/Israël
Aviation/Mode/Sports
Chrétiens
Culture
France
Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)

Cet artice a été publié en une version plus concise par Guysen et le :
- 26 janvier 2012 sur ce site pour la première fois ;
- 30 mai 2012. Elle a présenté ses œuvres au stand 45 du  1er salon d'art contemporain du B'nai B'rith le 3 juin 2012 ;
- 15 décembre 2014.
Il a été modifié le 5 mai 2015.

lundi 4 mai 2015

« Sur le chemin de la nature enfouie » de Jean-Claude Snyders


Jean-Claude Snyders est le fils d’un déporté, Juif et résistant, d’un survivant du camp d’Auschwitz qui a gardé le silence sur sa déportation. Il livre le récit sur l'effet de la Shoah sur les déportés, et la deuxième génération. Le 5 mai 2015, Toute l'Histoire diffusera le documentaire Ils ne savaient pas ? Les Français et la Shoah sous l'Occupation : " Durant l'Occupation, de 1941 à 1944, 76000 Juifs ont été déportés de France. Des hommes valides, mais aussi des femmes, des enfants, des bébés, des vieillards sont ainsi partis "vers l'est" comme on disait alors pudiquement. Comme si l'on se doutait bien que quelque chose de néfaste se déroulait, "à l'est".  S'il est difficile, à distance et armé aujourd'hui de notre savoir de restituer l'exacte connaissance qu'avaient les Français de la Shoah qui était en marche sous leurs yeux, il n'est pas vain de se demander ce que savaient, ce que pouvaient savoir les Français du destin de ces Juifs que l'on emmenait vers la mort.  C'est la question à laquelle ce documentaire tente de répondre aujourd'hui".

Enfant, Jean-Claude Snyders s’est cru responsable de la douleur de son père, il s’est mépris sur ses colères violentes (hurlements) en réaction à des faits anodins.

Il a été marqué par ces silences destinés en fait à le protéger et révélant aussi l’impossibilité de dire l’indicible ainsi que le rejet de l’homme traité en « sous-humain » par les Nazis.

L’auteur a longtemps respecté ce non-dit paternel par craintes, notamment l’appréhension de faire souffrir son père.

Alors que son père commençait à parler sur ce qu’il avait enduré au camp d’Auschwitz, Jean-Claude Snyders a entrepris d’écrire, avec tact et détermination, ce livre transgressif d’un interdit et introspectif comme un périple pour savoir, comprendre, aider son père, communiquer avec lui sur ce sujet éprouvant - la Shoah (Holocaust) -, et en être aimé. Bien que son père lui ait témoigné des preuves de son amour…

Lauréat de l'Académie française en 1994, Jean-Claude Snyders analyse aussi ses relations avec son épouse et ses enfants, le besoin, la profondeur et les difficultés de l’amour. Il s’interroge aussi sur l’éducation qu’il a donnée à ses enfants.

Les postfaces sont signées d’Eliette Abécassis et de Georges Snyders, père de l’auteur.


Jean-Claude Snyders, Sur le chemin de la nature enfouie. Editions Cheminement, coll. Ma part de vérité, 2009. 417 pages. 22 euros. ISBN : 978-2-84478-895-5
Cet article a été publié dans le numéro 630-631 de novembre-décembre 2010 de L'Arche, et sur ce blog le 11 décembre 2010.

lundi 27 avril 2015

« Paris et ses cafés » de Delphine Christophe et Georgina Letourmy

L’Action artistique de la Ville de Paris a publié le livre-catalogue d’une exposition itinérante consacrée à ces « temples du délassement et de la sociabilité » (Béatrice de Andia). Nés à la fin du XVIIe siècle à la foire de Saint-Germain-des-Prés, les cafés ont été des lieux d’inspiration, de travail et d’exposition de nombreux artistes, dont ceux de l’Ecole de Paris, et des symboles de modes de vie. 

« Une femme d'exception. Le royaume d’Anna » par Beate Thalberg

« Cafés, estaminets, débits de boissons, cafés-littéraires, tavernes, bistrots, troquets, bars, caf’ conc’, bals musettes, cabarets, drugstores, cafés-théâtres, cafés-librairies… ». La langue française est riche pour désigner ces lieux aux réalités différentes, mais qui tous ont concouru à « la renommée de la capitale » et ont « précédé ou suivi les modes : de la foire Saint-Germain-des-Prés, en passant par le Palais-Royal, les boulevards, Montmartre, Montparnasse ou les Champs-Elysées ».

Ces cafés ont accompagné la vie culturelle – littéraire, picturale, etc. – de la capitale, révélant ses centres d’attraction, de débats politiques et de création artistique, en particulier pour les artistes juifs attirés par la « Ville lumière ».

Ce livre exhaustif envisage tous les aspects des cafés parisiens, et notamment leurs innovations architecturales et décoratives.

Enseignes, aquarelles, bas-reliefs, livres, vitraux, céramiques, objets du service (tasses, chocolatière), sièges, présentation d’un verrier et d’un comptoir en zinc des années 1920 évoquant l’histoire des bougnats (marchants de charbon et cafetiers, souvent auvergnats), jeux, machines à sous, photographies souvent inédites, et bien d’autres éléments procurent une agréable promenade dans le temps, entre histoire et mythe, et dans des univers parfois disparus.

Le charme et l’âme des cafés d’antan
La mode du café fut lancée en 1669 lors de la visite de l’ambassadeur de la Sublime Porte auprès de Louis XIV.

C’est plus d’un siècle plus tard, en 1781, qu’un Sicilien Francesco Procopio dei Coltelli crée le fameux café-littéraire, Le Procope, près de la Comédie-Française.

L’ont fréquenté Rousseau, Voltaire, puis Balzac et Anatole France.

Le café est ce « lieu de rencontres et d’échanges, intellectuels et galants, lié au monde du spectacle ». Il devient aussi le vivier de révolutionnaires.

« Le comptoir d’un café est le Parlement du peuple » (Balzac)
Sous le Directoire, les Parisiens aiment se promener le long du boulevard du Temple. Puis les Cosaques campent dans les « bistrots » des Champs-Elysées.

Pendant près d’un siècle et demi, les Grands Boulevards donnent le ton.

Sur la butte Montmartre, le café Guerbois est fréquenté par les impressionnistes Auguste Renoir et Camille Pissarro et le théâtre d’ombres assure le succès du cabaret Le Chat noir. Là, sous les Années folles, Le Bœuf sur le toit et les cabarets de chansonniers constituent des pôles avenants.

La réussite des Auvergnats ou "Cantaliens"dans le CHR (café-hôtel-restaurant) ? Une histoire qui débute par un fils de paysan devenant garçon de café. A Paris, il pouvait résider au Foyer des jeunes travailleurs de la Cité des Fleurs dans le XVIIe arrondissement de Paris. Deuxième étape : la gérance appointée (gérant-salarié), puis gérance libre (location des lieux). Puis, le jeune professionnel acquiert son premier café, qu'il revend pour acheter "un plus grand, mieux situé, voire plusieurs autres. Omniprésents : les grands fournisseurs-brasseurs - Tafanel, Richard, Bertrand, tous auvergnats - qui dénichent les bonnes affaires, les fonds de commerce à racheter, accordent un prêt au-dessous du taux du marché et aident aussi lors de l'installation en offrant les stores, la pompe à bière ou la machine à café. En échange, il suffit de se fournir chez celui qui vous aura prêté main forte." Certes, mais sans pouvoir négocier les tarifs. Dans les années 1990, "60% des bars, des brasseries et tabacs appartiennent à des compatriotes du Massif central. Les success stories font saliver : Lipp, la Coupole, les frères Costes... Autrefois, les fournisseurs accordaient des prêts à des taux préférentiels, maintenant, ils sont plus élevés que ceux pratiqués par les banques traditionnelles", déplorait Christophe, 32 ans, propriétaire du Tabac de la Mairie, dans le 15e arrondissement. (Le Nouvel observateur). Sont installées à Paris des agences du Crédit agricole du Cantal - 80% des clients travaillent dans les bars-brasseries - et de celui de l'Aveyron. L'Auvergne comptait environ 200 associations en Ile-de-France. L'hebdomadaire "L'Auvergnat de Paris", qui compte 10 000 abonnés, "L’Aveyronnais" et le "Cantalien" publiaient des petites annonces. 

La Première Guerre mondiale marque le déplacement vers la rive gauche, vers le quartier Montparnasse. La Coupole, café-brasserie, devient le lieu de réunions de Picasso et d’artistes juifs ayant fui l’Europe centrale et la Russie. En témoignent la photo de Picasso, Modigliano et d’André Salmon devant la Rotonde, prise par Jean Cocteau avant 1916. Sur celle prise lors de l’inauguration de La Coupole, on peut reconnaître Moïse Kisling, Per Krohg, Foujita et Hermine David, épouse de Pascin.

De 1915 à 1916, sur trois cahiers de musique, Modigliani esquisse des portraits. Le peintre Pascin croque ses amis artistes et se dessine avec humour.

L’Entre-deux-guerres voit l’apogée de cafés littéraires avec Le Flore, les Deux Magots et la Brasserie Lipp dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Ouvert en 1885, le Café de Flore a une réputation solidement établie quand l’écrivain Tristan Tzara y convoque les assistes du mouvement dada.

Cette tradition des auteurs écrivant dans les cafés – Simone de Beauvoir et Sartre – semble reprise par Georges Pérec, attablé au Café de la Mairie. Cet écrivain s’installe plusieurs semaines en octobre 1974 dans ce café de la place Saint-Sulpice, pour décrire ce qu’il voyait depuis sa table : passants, circulation, etc.

Les cabarets, notamment Les Trois baudets dirigé par Jacques Canetti, voient l’éclosion de jeunes talents, dont l’auteur-compositeur-interprète Barbara ou le chanteur Jean Ferrat récemment disparu.

Tandis que le Golf-Drouot accueille les Yés-Yé et autres adeptes du rock and roll.

Lieux de rencontres et de conversations (« Brèves de comptoir » par Jean-Marie Gourio), les cafés se sont dotés d’attractions, comme un juke-box ou la télévision dans les années 1960.

Plus récemment, sont apparus des cafés étudiants, des cafés-philosophies, des cafés visant dans certains groupes (homosexuels), des cafés de musées, des cyber-c@fés, des cafés branchés ou conçus autour d’un concept...

Le renouvellement des clientèles se conjugue avec celui des cafetiers : aveyronnais ou auvergnats, puis chinois, usant de méthodes similaires : tontine, patronage amical ou familial. Modifiant, animant ou accompagnant l’évolution de quartiers.

Les cafés épousent les mouvements de la capitale et de l’histoire... Les fils de paysans montaient à Paris pour travailler dans le CHR (Café/Hôtel/Restaurant).

Brasseries
Arte évoqua le 20 décembre 2014, dans Repas de fêtes, Le temps des brasseries : "À la fin du XIXe siècle, la brasserie incarnait le nec plus ultra de la restauration. Des plats et des lieux deviennent l’emblème d'un Paris où se font et se défont les courants artistiques, politiques et littéraires. Dans cet épisode, Michel Roth joue avec les codes de la cuisine régionale et populaire des brasseries. Son menu : œuf cocotte sur son lit d’asperges et d’écrevisses, choucroute revisitée et baba au rhum". 

Tradition du vin remet chaque an La Bouteille d'or.

Pop-up cafés
Temporaires, nomades, des pop-up cafés apparaissent. Ils sont tendance aussi sur les réseaux sociaux. 

Ils sont liés à des événements. Ainsi, le musée Cognacq-Jay en a créé un dans sa cour, les week-ends, lors de son exposition Thé, café ou chocolat ? L'essor des boissons exotiques au XVIIIe siècle. La Fashion week a aussi bénéficié d'un pop-up café.

Attentats du 13 novembre 2015
Les attentats terroristes islamistes revendiqués par l'Etat islamique (ISIS) et commis à Saint-Denis et à Paris ont ciblé des terrasses de cafés parisiens, emblématiques d'un mode de vie honni par ISIS.


Delphine Christophe et Georgina Letourmy, Paris et ses cafés. Action artistique de la Ville de Paris, 2004. 248 pages. ISBN : 2-913246-50-8

A lire sur ce blog :
Cet article a été publié sur ce blog les 27 mars 2010, 19 décembre 2014, 27 avril 2015.

dimanche 26 avril 2015

« Les larmes de la rue des Rosiers » d'Alain Vincenot


La rue des Rosiers est située dans le Pletzl (« petite place » en yiddish), ce quartier juif parisien depuis le Moyen-âge. Elle en est devenue l’emblème. Cet article est republié en cette Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation instituée en 1954.
Avant la Seconde Guerre mondiale, c’était un lieu où vivaient et travaillaient des juifs venus essentiellement d’Europe centrale et de Russie.

Dans ce livre bouleversant préfacé par Elie Wiesel et doté d’une précieuse chronologie (1933-1945), Alain Vincenot, auteur de Je veux revoir Maman, les enfants juifs cachés sous l'occupation, brosse le portrait de 19 adultes juifs ayant grandi dans ce quartier populaire et artisanal.

Et au travers d’eux évoque leur parentèle, dans leur pays d’origine et en France : la vie culturelle, les réseaux juifs de sociabilité, les persécutions antisémites, les caches, le ghetto de Varsovie, les Justes parmi les nations, les camps, etc. ainsi que l’antisémitisme en Pologne après la guerre.

Ces témoins nous disent, ou nous font comprendre les difficultés, la douleur et l’appréhension de dire ou d’entendre l’horreur, l’attente de parents qui ne reviennent pas d’une « destination inconnue », les vexations de l’administration française rétive à leur reconnaître le statut d’« interné politique », la nostalgie de journaux et spectacles en yiddish...


Alain Vincenot, Les larmes de la rue des Rosiers. Editions des Syrtes, 2010. 283 pages, 20 euros. ISBN : 978-2-84545-154-4

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié en une version plus concise dans le numéro 624 de mai 2010 de L'Arche, et sur ce blog le 4 septembre 2010.

samedi 25 avril 2015

Le 8e Salon des écrivains du B’nai B’rith


Près de 2 000 personnes ont afflué le 23 novembre 2003, à la Mairie du XVIe arrdt de Paris, pour le 8e Salon des écrivains du B'nai B'rith (BB) de France événement automnal placé sous les signes de l’ouverture et de la laïcité. Cet article est republié en hommage à Eugène Leiba, décédé récemment, initiateur du Salon du livre du BB France, ancien président de la Loge Ben Gourion.


Lancé en 1996 par le B’nai B’rith France (BB France), le Salon des écrivains du BB est devenu un rendez-vous littéraire majeur. « Nous avons été accueillis dès le début par le Maire du XVIe arrondissement de Paris, Pierre-Christian Taittinger. Le succès s’est vite confirmé », raconte Edwige Elkaïm, présidente du BB France.

Quelques chiffres attestent ce succès. Une trentaine d’écrivains étaient présents lors du 1er Salon centré essentiellement sur la thématique juive. Quelques centaines d’amoureux des livres s’y étaient rendus. L'édition 2003 a rassemblé 80 auteurs, dont une quinzaine d’écrivains membres du BB France. Seule condition restrictive : avoir publié dans l’année. Le public attendu est évalué à plusieurs milliers.

L’agencement des salles est particulier : chaque stand réunit deux écrivains, en la présence d’une hôtesse membre du BB France. Les visiteurs se promènent donc dans des allées, avec un large choix de genres littéraires et donc d’auteurs. Du géopoliticien Frédéric Encel à la romancière Karine Tuil, de l’universitaire Guy Millière à l’historienne Elisabeth Antébi, du journaliste Nicolas Weill au philosophe Eric Marty...

De cette floraison d’œuvres, émergent deux dominantes : les ouvrages d’actualité et les mémoires.

Cette année, parmi les écrivains chrétiens figuraient deux auteurs arméniens : Marig Ohanian et Martine Hovanessian.

Sont aussi conviés deux écrivains berbères, musulmans, dont Morad El Hattab, auteur des « Chroniques du buveur de lune » et admirateur du philosophe Emmanuel Lévinas (1905-1995).

En fin d’après-midi, sur le thème « La laïcité : combat pour la République », sont intervenus le Grand Rabbin Gilles Bernheim, Rémy Schwartz, conseiller d’Etat et membre de la commission « Stasi » sur la laïcité, l’historien des idées Pierre-André Taguieff et le sociologue Shmuel Trigano. Un thème essentiel tant il fonde notre « devenir ensemble » en France…


Cet article a été publié dans Actualité juive.