Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 15 février 2011

L’ambassade d’Israël a rétabli la vérité au Mémorial de Caen (2/2)


Lors d’une cérémonie au Mémorial de Caen, le 13 février 2011, de remise de la médaille des Justes parmi les Nations, Ziv Nevo-Kulman, conseiller culturel à l’ambassade d’Israël en France, s'est indigné de la diffamation de son Etat par la plaidoirie de Mahmoud Arqan, de « Hébron (Palestine) », récompensée par le 1er Prix du Mémorial et de la Ville de Caen, véritable tribune internationale, le 30 janvier 2011. Il a rappelé l’aide médicale israélienne aux Palestiniens et souligné le danger des allégations mensongères antisémites ayant généré des persécutions des Juifs. Mise à jour avec l'annonce du 3e concours de plaidoirie à l'université al-Qods le 17 avril 2011.

C’est donc au Mémorial de Caen, lieu ayant accueilli le concours de plaidoirie controversé, que l’ambassade d’Israël a décidé de répondre officiellement à la plaidoirie « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère » en arabe – et traduite en français - diffamant l’Etat juif et récompensée par ce Prix d’une valeur de 8 000 €. « C’est extraordinaire d’être ému par une plaidoirie prononcée dans une langue qu’on ne comprend pas », a dit un membre du jury présidé par le romancier espagnol Jorge Semprun, cité par Ouest-France.


Mais pour cette cérémonie de remise de la médaille et du diplôme des Justes du 13 février 2011, le Mémorial avait refusé, dans un premier temps, la présence d’un drapeau israélien et que la Hatikvah (L’espoir), hymne israélien, résonne dans son auditorium !

L’ambassade d’Israël a alors expliqué qu’il s’agissait de déposer un petit drapeau sur la table aux côtés des diplômes et médailles de Justes parmi les nations. Elle a justifié la présence de son drapeau et de son hymne, deux symboles de l’Etat d’Israël qui délivre ce titre éminent.

Dirigé par Stéphane Grimaldi, le Mémorial de Caen a été convaincu par ces arguments et a accepté le drapeau discret. L’hymne israélien a été interprété avec talent et émotion par un remarquable violoniste.

Ce 13 février 2011, Ziv Nevo-Kulman a rappelé que la médaille des Justes parmi les Nations est « la plus haute distinction » civile en Israël. Une médaille accompagnée d’un diplôme qui constituent « un témoignage de gratitude et de reconnaissance éternelles » à l’égard des non-Juifs ayant sauvé des Juifs, souvent au péril de leur vie, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Cette médaille a alors été remise, à titre posthume, avec « une immense émotion » et « au nom du peuple juif et de l’État d’Israël », à Andrée et Emile Prestavoine pour avoir sauvé la vie de Raymond Ganopolski.

Etaient notamment présents Philippe Duron, député-maire socialiste de Caen et président du Mémorial de Caen, Catherine Sarlandie de La Robertie, recteur de l'Académie de Caen, Paul Schaffer, président du Comité français pour Yad Vashem, et M. Levin, délégué de Yad Vashem (Jérusalem).

« N’avons-nous tiré aucune leçon du passé ? »
« La Shoah ne s’est pas produite par hasard. Avant les nazis, les populations Juives ont subi des siècles de pogroms et d’humiliations. Il est étonnant que moins de 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, réapparaissent des propos à l’encontre des Juifs, qu’on croyait oubliés, propos qui peuvent avoir des conséquences. Le ministère français de l’Intérieur a recensé 466 actes antisémites sur le sol français en 2010 », a déclaré Ziv Nevo-Kulman, conseiller culturel à l’ambassade d’Israël en France.

Et Ziv Nevo-Kulman a poursuivi sur un ton ferme :
« Ici-même, il y a exactement 15 jours, à l’occasion du concours des avocats, le Prix du Mémorial et de la ville de Caen a récompensé une plaidoirie intitulée : « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère » qui accuse des soldats israéliens d’avoir exécuté un enfant dans le ventre de sa mère palestinienne.
Et je voudrais dire ici une chose grave, que je vais dire en tant que citoyen d’un pays démocratique s’adressant à des citoyens de la patrie des droits de l’homme : la liberté d’expression n’est pas la liberté de diffamation ! (1)

Chaque année, 180 000 Palestiniens sont soignés dans les hôpitaux de mon pays. L’an dernier, Israël a même pris en charge l’hospitalisation de la fille du ministre de l’Intérieur du Hamas, organisation qui appelle à la destruction de l’Etat d’Israël.

Je vous parlais de mémoire. N’oublions pas que tout le Moyen-âge a persécuté les Juifs à partir d’accusations aussi obscurantistes.
N’avons-nous tiré aucune leçon du passé ? Avons-nous oublié les Justes ? » (1)
Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial, a invité Yossi Gal, ambassadeur d’Israël en France, à visiter ce Mémorial très fréquenté : 400 000 visiteurs/an, dont la moitié de lycéens. Ce nouvel ambassadeur a accepté son invitation. Après que l’Etat d’Israël ait réagi, ait refusé d'être diffamé et condamné pour un prétendu assassinat ni commis ni prouvé, et se soit insurgé contre une plaidoirie déshumanisant ses citoyens et couronnée par un prix richement doté.

A lire les réactions de la presse locale, il semble que la propagande palestinienne diffamant l'Etat d'Israël  et visant à délégitimer l'Etat juif n'ait pas été perçue.

Le 30 janvier 2011, Stéphane Grimaldi a annoncé que le 3e concours de plaidoirie hors Caen se déroulera à l'université al-Qods le 17 avril 2011 et sera retransmis en direct dans un des amphis du Mémorial de Caen.

Il a indiqué aussi que 50 journalistes-dessinateurs du monde entier seront réunis au Mémorial de Caen les 22 et 23 avril 2011 dans le cadre de Cartooning for Peace, organisation initiée par Plantu. Deux jours de débats, avec notamment Emmanuel Chaunu. Les dessins de celui-ci sur la plaidoirie de Me Mahmoud Arqan, partiaux et inspirés par la théologie chrétienne de la libération de la Palestine, ont été mis sur le site Internet du Mémorial de Caen.

A suivre...


(1) Ziv Nevo-Kulman a particulièrement insisté en prononçant cette phrase.



Article modifié pour la dernière fois le 18 février 2011 à 6 h 54

jeudi 3 février 2011

La Mairie de Paris a discriminé en faveur de deux journalistes français otages

Le 28 janvier 2011, la Mairie de Paris a inauguré place de la République les deux immenses portraits de deux journalistes français de la chaîne publique France 3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages en Afghanistan depuis 2009. Signe d’une solidarité affichée partiale, qui oublie notamment l’otage franco-israélien Juif Guilad Shalit, détenu par le mouvement terroriste Hamas dans la bande de Gaza. Article mis à jour au 10 février 2011.


Ce 28 janvier 2011, les journalistes du service public audiovisuel français France Télévisions se réjouissaient en annonçant l’évènement : les grands portraits de leurs deux collègues otages « dans les geôles talibanes » avaient été accrochés lors d’une cérémonie en présence d’une cinquantaine de personnes, dont Anne Hidalgo, 1ère adjointe au Maire de Paris Bertrand Delanoë, Pierre Aidenbaum, maire du IIIe arrondissement de Paris, Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters Sans Frontières, et Jean-Louis Normandin, président d’Otages du Monde.

Neuf otages français
Une initiative du Comité de soutien Hervé et Stéphane ainsi que de la Mairie de Paris, peut-être soucieuse de se ménager les médias à l’approche des élections présidentielles et législatives (2012) et municipales (2014).

Et sur une place hautement symbolique : celle de la République située à la limite des IIIe, Xe et XIe arrondissements de Paris, et dont le « monument central fait de cette place parisienne le symbole incontournable de la liberté et de la paix » (dixit la Mairie de Paris).

Cette « initiative forte rappelle une nouvelle fois l’engagement de Paris pour la défense des Droits de l’Homme et de la liberté de la presse et s’inscrit dans la continuité de la mobilisation soutenue de 2010 » en faveur de ces otages.

Au centre d’artères animées de Paris, trônent désormais, et jusqu’à la libération de ces otages, de grandes photographies de ces deux journalistes avec cette mention : « Paris solidaire des journalistes - Stéphane Taponier, Hervé Ghesquière - et leurs trois accompagnateurs afghans, Mohamed, Gulam et Satar, enlevés depuis le 29 décembre 2009 en Afghanistan ».

Finalement, le « 4e pouvoir » avait eu raison de changer de stratégie.

Après avoir respecté pendant plusieurs mois une discrétion supposée favoriser l’issue positive de négociations en vue de la libération des deux journalistes, il avait décidé vers la mi-avril 2010 de rendre publiques les photos des otages. Ce qui les humanisait.

Puis, en juillet 2010, les journaux de France Télévisions avaient renoué avec la tactique rôdée depuis la prise en otages de journalistes français au Liban de 1985 à 1988 : rappeler à chaque édition du journal sur les chaînes publiques le décompte des jours de captivité de leurs confrères et accompagnateurs, car on n’est pas raciste.

Sur un ton grave, le ou la journaliste du JT déclare : « Cela fait x jours que nos confrères Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, ainsi que leurs accompagnateurs sont retenus en otages en Afghanistan. Nous ne les oublions pas, ainsi que les six autres otages français retenus dans le monde ». Et certains de préciser les lieux où sont détenus les six autres otages : « au Sahel et au Soudan.

Deux otages français plus six otages français font huit otages français.

Huit otages français dans le monde ? Y’aurait pas comme une erreur de calcul ?

Voyons : deux journalistes otages en Afghanistan, plus cinq otages au Sahel, plus un otage en Somalie, plus l'otage franco-israélien Guilad Shalit enlevé en Israël en juin 2006 et détenu depuis dans la bande de Gaza par des islamistes palestiniens, cela fait neuf otages, et non huit otages (1).

Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères et européennes, a rappelé ce chiffre de neuf otages dans une interview au Figaro magazine, le 8 janvier 2011.

Et le 10 janvier 2011, Bernard Valéro, porte-parole du quai d’Orsay, affirmait la détermination de la France pour obtenir la libération des neuf otages.

Ce qui signifie que ces « belles âmes » omettent un Franco-israélien Juif. Pourquoi ?

Pourquoi la direction de France Télévisions, le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) et la HALDE (Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité) n’ont-ils pas réagi ?

La franco-colombienne Ingrid Betancourt avait été prise en otage en février 2002 par les terroristes des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) alors qu’elle menait comme citoyenne colombienne sa campagne électorale, en se rendant, malgré les avertissements, dans une région contrôlée par les FARC pratiquant les enlèvements contre rançons, en particulier d’hommes politiques. Et nombre de médias français ont soutenu la campagne de sa famille jusqu’à la libération de cette politicienne en juillet 2008.

Le 9 février 2011, lors du dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives françaises, Richard Prasquier, président du CRIF, a donné les noms des neuf otages français - en répétant le mot « neuf » - en finissant sa liste par Guilad Shalit, « ce dernier détenu par le Hamas depuis près de cinq ans, sans contact avec l’extérieur ». Il avait ajouté en parlant de celui-ci : « Merci de ne pas l’oublier, merci de ne pas les oublier ».

Ce 10 février 2011, au JT de 20 h de la chaîne privée TFI, la journaliste Laurence Ferrari a déclaré en fin de journal :
« Comme tous les jeudis, ce rappel : cela fait 408 jours que nos deux confrères de France 3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, sont retenus prisonniers en Afghanistan. Nous ne les oublions pas, comme les six autres Français retenus en otages à l'étranger ».
Parallèlement, en France, de nombreuses actions ont visé à rappeler la captivité des deux journalistes français, à exercer des pressions sur les autorités politiques et du groupe audiovisuel public, à mobiliser l’opinion publique. Et l’affichage de ces portraits par la Mairie de Paris illustre l’efficacité du 4e pouvoir français.

Une efficacité mesurable aussi à son silence généralisé sur les incohérences et invraisemblances émaillant l’affaire al-Dura, dans laquelle sont impliqués Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, et son cameraman palestinien Talal Abu Rahma.

« Races »
Nombreux sont ceux qui ont réclamé que la photo du franco-israélien Guilad Shalit, alors seul otage français, soit affichée sur le fronton de l’Hôtel de Ville de Paris comme celle de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.

La Mairie de Paris a refusé, puis a apposé un panneau contre la façade de l’Hôtel de Paris soulignant son engagement « pour la liberté de tous les otages dans le monde » sous le rappel de l’article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits… »

Le 22 juin 2010, lors d’un rassemblement à Paris en solidarité avec le soldat franco-israélien Guilad Shalit et l’Etat d’Israël, si Anne Hidalgo avait été applaudie pour ses paroles de soutien à Israël, elle avait été interpellée par ceux réclamant un traitement égal pour leur compatriote otage dans la bande de Gaza.

Ce 28 janvier 2011, la Mairie de Paris a donc affiché une solidarité sélective. Car les droits de l’homme qui la motivent devraient aussi la conduire à accrocher les photos des autres otages aux côtés de celles de ces deux journalistes. D’autant qu’il y a de la place…

Ce fait est-il passé inaperçu des instances communautaires juives françaises ayant gardé le souvenir du vœu adopté en décembre 2008 par le Conseil de Paris et faisant de Guilad Shalit citoyen d'honneur de cette capitale (2) ? Peut-être. En tout cas, aucune n’a réagi officiellement à ce jour.

La date de cette inauguration est-elle fortuite ? Peut-être pas. En effet, cet évènement s’est déroulé trois jours avant la conférence de presse de presse à l’Hôtel de Ville de Paris destinée à annoncer le « rendez-vous historique à Auschwitz » organisé par le Projet Aladin, le mardi 1er février 2011.

Ce 31 janvier 2011, sous les ors de cette municipalité, Bertrand Delanoë, maire socialiste, a accueilli avec faste des responsables onusiens et africains liés à cet évènement en Pologne.

Présidente du Projet Aladin, Anne-Marie Revcolevschi a évoqué les « crises de la Côte d’Ivoire, de la Tunisie et de l’Egypte », mais s’est abstenue de prononcer le moindre mot sur son compatriote et coreligionnaire Guilad Shalit, otage dans la bande de Gaza, limitrophe de l’Egypte.

Bertrand Delanoë s’est réjoui de cette prochaine réunion à Auschwitz, avec des « femmes et hommes de tous les continents, de toutes les races… »

Pendant une infime fraction de seconde, Bertrand Delanoë, tout surpris, s’est rendu compte qu’il avait émis un mot non « politiquement correct » : « races ». Mais, nul ne s’en étant offusqué, et notamment pas Abdoulaye Wade, président du Sénégal et de l’OCI (Organisation de la conférence islamique), Bertrand Delanoë a enchaîné comme si de rien n’était.

Que risquait-il ? Il était l’hôte, et le Projet Aladin, soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, souhaitait sa présence le lendemain au camp d’Auschwitz pour ce « rendez-vous historique ».

Et il a poursuivi : « Nous sommes unis pour refuser l’antisémitisme, le racisme, l’islamophobie, toutes les discriminations de quelque nature qu’elle soit ».

Oubli ? Manque de place dans le journal ? Magnanimité à l’égard d’un maire de gauche ayant fait afficher les photos de deux confrères otages ? Aucun journal n’a relaté le prononcé du vocable « races » qui, exprimé par le journaliste Eric Zemmour, le 13 novembre 2008, sur Arte, avait suscité l’ire de médias, d'associations et de « bien-pensants ».

Cette discrimination par des médias, notamment les chaînes du service public audiovisuel français, et la Mairie de Paris à l’égard de l’otage franco-israélien Guilad Shalit révèle les limites de la stratégie du comité de soutien à Guilad Shalit et d'organisations Juives françaises visant à assurer un égal traitement à l’égard de cet otage Juif franco-israélien.

Une discrimination en contradiction avec la devise républicaine française : « Liberté, égalité, fraternité ».

(1) Voici les noms des otages français dans le monde :
Gilad Shalit a été capturé en Israël le 25 juin 2006 et est détenu dans la bande de Gaza ;
- Denis Allex, conseiller à la sécurité, membre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE - service de renseignement), a été enlevé par des islamistes (« Shebabs ») en Somalie le 14 juillet 2009 ;
- Hervé Guesquières et Stéphane Taponnier, journalistes de France Télévisions, ont été capturés le 30 décembre 2009, en Afghanistan ;
Thierry Dol, Marc Ferret, Daniel et Françoise Larribe, Pierre Legrand ont été kidnappées au Niger en septembre 2010. Le 24 février 2011, Françoise Larribe a été libérée par Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique).

(2) Le Conseil de Paris a aussi adopté alors un vœu de l'exécutif « annonçant une nouvelle intervention du maire de Paris auprès du président israélien Shimon Peres pour demander un aménagement de la peine de Salah Hamouri », condamné et emprisonné en Israël depuis 2005 pour complicité dans l’assassinat d’un responsable israélien et appartenance à une cellule du mouvement terroriste palestinien FPLP (Front populaire de libération de la Palestine).

Photo du panneau place de la République : © Henri Garat/Mairie de Paris


Sur ce site concernant le projet Aladin (Shoah, Holocaust) :
La conférence « islamiquement correcte » de lancement du projet Aladin
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 25 mars 2010

Sur ce site concernant les Juifs français
Quel avenir pour les Juifs en France ?
Faible mobilisation à Paris pour soutenir Israël et demander la libération de Guilad Shalit
Une cérémonie des vœux pour le nouvel an juif 5771 à Paris
Interview de Guershon Nduwa, président de la Fraternité judéo-noire, sur le dîner-débat du 9 janvier 2011
Actualités de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic en 1980
La chambre aux étoiles
Edmond Fleg (1874-1963), chantre sioniste du judaïsme
La Splendeur des Camondo de Constantinople à Paris (1806-1945)
Darius Milhaud et sa musique, de la Provence au monde
Paris, ville rayonnante
Les Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 (5675-5679)
1940-1945 une « chevalerie exceptionnelle », Romain Gary présente les Compagnons de la Libération

lundi 10 janvier 2011

Ha Cantina bientôt à Tel-Aviv


Lieu de travail, de rencontres et d’aide dans la recherche de sponsors, le projet d’Ha Cantina a été annoncé le 19 février 2010, par la Fondation France-Israël (FFI), Silicon Sentier et IE-Club.

A Tel-Aviv, ce lieu serait une « plate-forme d’innovation » à l’instar de La Cantine (« espace de travail collaboratif en réseau, co-working space ») à Paris.

Il accueillerait, pour ses débuts, de trois à cinq start-up ayant chacune entre deux et six employés.

La municipalité de Tel-Aviv a mis un local à disposition de l’équipe israélienne qui collecte des fonds pour ce projet qui nécessite des travaux importants, un ou deux permanent(s)…

Quels sont les facteurs clés de la réussite d’Israël dans ce secteur ?

Acteur majeur de la High Tech israélienne, Yossi Vardi les a listés : « la part de l’armée dans la recherche et le développement, l’éducation des mères incitant leurs enfants à devenir indépendants, à explorer et à exceller, l’esprit entrepreneurial, le goût du risque allié à la capacité à affronter les échecs, une culture de la compétition dans un pays petit où tout le monde se connaît, un esprit de responsabilité mutuelle qui favorise l’aide à autrui pour résoudre un problème ».

Et un esprit direct (tahless) qu’ont souligné Nicole Guedj, présidente de la FFI, et Stéphane Distinguin, président du Silicon Sentier.


A lire sur se site concernant l'Etat d'Israël
Economie
Interview de David Arzi, président de l’IEICI en 2009
Le tourisme vers Israël : toujours plus haut !

Politique
« La défense des intérêts de l’Etat d’Israël en France » par Marc Hecker
Interview de Shmuel (Sammy) Ravel, ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Israël à Paris, sur les boycotts d'Israël
Echecs des diplomaties américaine et israélienne à l'UNESCO

Musique
« La fanfare de Bangui » de Simha Arom
Armée
« Tsahal, au cœur de l’action » de Gilles Rivet


 Cet article a été publié en une version plus concise dans le numéro 632 de janvier 2011 de L'Arche

dimanche 19 décembre 2010

« Je veux revoir maman » d’Alain Vincenot


« 60 000 enfants juifs ont survécu sur les 75 000 vivant en France à la fin des années 1930 ». Le journaliste et écrivain Alain Vincenot présente les témoignages bouleversants de dix-neuf d’entre eux, survivant par la volonté, la ténacité, l’audace, la prudence, d’une « importante chaîne de solidarité ».

Il accorde une importance justifiée à l’après-guerre, au devenir de ces enfants marqués à vie par ce traumatisme : la séparation brutale, prématurée, provisoire ou définitive, de leurs parents souvent décimés par la Shoah (Holocaust).

Alors ressortent davantage leurs graves séquelles psychologiques, leurs carences affectives, les ruptures successives subies, leurs souvenirs refoulés, un sentiment de culpabilité, pour certains la rupture avec la religion juive et, pour beaucoup, des relations familiales complexes : la volonté de garder le silence sur une période tragique afin de ne pas perturber leurs propres enfants s’est étroitement mêlée à la transmission de leurs peurs.

« C’est folie d’aimer des morts car c’est les faire vivre, mais c’est aussi désirer la mort pour les y retrouver », écrit Sami Dassa.

Alain Vincenot a poursuivi son étude de cette période tragique dans son livre Les larmes de la rue des Rosiers.

Alain Vincenot, Je veux revoir maman. Préface de Simone Veil, avant-propos d’André Kaspi. Editions des Syrtes, 2005. 278 pages. 20 €. ISBN : 978-2845451070

Cet article a été publié par L'Arche, et sur ce blog le 19 décembre 2010.

samedi 4 décembre 2010

La Cour d’appel de Paris a relaxé Philippe Karsenty dans l’affaire al-Dura

 
Le 21 mai 2008, la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris a relaxé Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, poursuivi pour diffamation par France 2 et son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin, pour avoir qualifié de « faux reportage », de « supercherie » et d’« imposture médiatique » les images controversées de « la mort de Mohamed al-Dura » diffusées par France 2 le 30 septembre 2000. Les intimés se sont pourvus en cassation.


C’est une défaite historique, juridique et journalistique, pour France 2 et Charles Enderlin.

Et une victoire pour Philippe Karsenty accueillie dans un silence de tensions contenues.

Relaxé !
Le 30 septembre 2000, France 2 avait diffusé au JT de 20 heures un reportage de 50 secondes de Charles Enderlin sur des images de son cameraman palestinien Talal Abu Rahma. Charles Enderlin déclarait en voix off : « Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus de la position israélienne. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».

Diffusée gratuitement dans le monde entier par France 2, l’image de Mohamed al-Dura est notamment arborée fin 2000 lors d’un défilé à Paris où l’on crie : « Mort aux Juifs » et est incrustée dans la vidéo de l’égorgement par des islamistes du journaliste Juif américain Daniel Pearl.

Une controverse naît, imputant les tirs aux Palestiniens, puis rapidement contestant la réalité des faits allégués par Charles Enderlin. Ces doutes sont exprimés par le physicien israélien Nahum Shahaf, la Metula News Agency (ou Ména), la journaliste allemande Esther Schapira, Gérard Huber, les journalistes français Luc Rosenzweig, Denis Jeambar et Daniel Leconte et bien d’autres .

Le 22 novembre 2004, Philippe Karsenty publiait le texte « France 2 : Arlette Chabot [Ndlr : directrice de l’information de France 2] et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement » dans lequel il évoque un « faux reportage », une « mise en scène » et une « supercherie médiatique ». Un texte jugé diffamatoire par France 2 et Charles Enderlin qui poursuivaient en justice l’auteur de ces propos.

Le 19 octobre 2006, la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris condamnait Philippe Karsenty à une amende de 1 000 euros, à verser à chaque partie civile un euro de dommages intérêts et à la chaîne publique et à son journaliste ensemble 3 000 euros au titre de l'article 475-1 du Code de procédure pénale (frais de justice) .

Philippe Karsenty interjetait immédiatement appel de ce jugement.

Au terme d’audiences à rebondissements en 2007 et 2008, avec une économie de mots, sans préciser les motivations de son arrêt, la présidente de la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris Laurence Trébucq annonce ce 21 mai 2008 que la Cour relaxe Philippe Karsenty et infirme le jugement de première instance.

Un questionnement légitime
Au prononcé de la relaxe de Philippe Karsenty, Me Bénédicte Amblard, avocate de France 2 et de Charles Enderlin, pâlit. Abasourdie. Elle n’en revient pas.

Présents lors des audiences de visionnage des rushes de France 2, ou de plaidoiries, Charles Enderlin et Arlette Chabot brillent ce 21 mai par leur absence. Comme leur autre défenseur, Me Francis Spziner. Tout comme la foule qui s’agglutinait dans le couloir contiguë lors des audiences précédentes. Comme si tout avait été dit, ou vu, ou compris.

Si les journalistes de médias américains et israéliens sont bien représentés, les médias français sont peu nombreux.

Me Patrick Maisonneuve, avocat de Philippe Karsenty, et Me Bénédicte Amblard lisent avec attention la « copie de travail » de l’arrêt, c’est-à-dire l’arrêt avant sa signature par la présidente et la greffière.

Me Patrick Maisonneuve en résume la teneur à la presse : « La Cour d’appel rappelle qu’il y avait un débat sur les images. Elle indique qu’il était légitime de commenter, d’analyser et de critiquer ces images. Au regard de ce débat, Philippe Karsenty, de bonne foi, a exercé librement son droit de critique par rapport face au pouvoir de la presse ». Même en « termes virulents ».
Donc, la critique, l’analyse et l’interrogation des saynètes de guerre de Pallywood sont reconnues légitimes par la Cour d’appel de Paris qui inflige ainsi un désaveu cinglant à la thèse des intimés, professionnels du journalisme arc-boutés sur leur refus indigné de toute interrogation, et exprime des arguments de Sandrine Alimi-Uzan, procureur de la République, dans ses réquisitions de relaxe du prévenu en 2006.

Dans les heures qui suivent le prononcé de l’arrêt, les intimés se sont pourvus en cassation devant une Cour censée statuer en droit, et ne pas juger du fait. Ils maintiennent donc leur position. Ils ne licencieront vraisemblablement pas Talal Abu Rahma dont la carte de presse n’a pas été renouvelée par le Bureau gouvernemental de presse (GPO) depuis fin 2001.

''Quand nous avons pris conscience de l'implication de Talal Abu Rahma dans la mise en scène d'évènements dans la bande de Gaza, nous n'avons pas renouvelé sa carte de presse qui a expiré en 2001'', déclarait Daniel Seaman, directeur du GPO qui dépend du Premier ministre israélien, à Guysen-Paris, le 3 mars 2008.

Comment vont réagir les médias français ? Les principaux quotidiens ont repris des dépêches d’agence et évoquent des incohérences et invraisemblances émaillant les fameux rushes de France 2. Une brèche dans la version assénée par France 2 et Charles Enderlin.

Lors du JT de France 2 de 20 h, David Pujadas estime que la Cour d’appel a reconnu « la diffamation » mais a fait bénéficier Philippe Karsenty de « la bonne foi ». Des circonlocutions pour éviter d’annoncer la « relaxe ».

Une autre procédure judiciaire en Israël
Ce long arrêt, qui sera rendu public dans quelques jours, marque un mois judiciairement difficile pour les intimés.

En effet, le 12 mai 2008, la cour suprême d’Israël examinait la requête de Me Nitsana Darshan-Leitner, directrice de Shurat HaDin-Centre juridique d’Israël, qui demandait le retrait de l’accréditation, par le GPO de France 2 et de Charles Enderlin. Me Nitsana Darshan-Leitner sollicitait aussi que ces derniers reconnaissent la fausseté du reportage controversé. Elle poursuivait sur les griefs de ’’manquements professionnels et falsifications volontaires ayant entraîné des violences’’.

L’Association de la presse étrangère et celle dénommée Communications & Presse s’étaient jointes comme ’’amies du tribunal’’ .

Pour les défendeurs, ’’l'autorisation de pratiquer le métier de journalisme ne dépend pas de la qualité du travail et de l’honnêteté des professionnels’’ et le retrait de l’accréditation ne serait possible qu’en cas exceptionnels, telle ’’la diffusion d’informations liées à la sécurité de l’Etat’’.

La Cour suprême rendra prochainement sa décision.

L’arroseur arrosé
France 2 et Charles Enderlin se trouvent pris au piège d’une stratégie judiciaire qui s’est retournée contre eux et a révélé à un large public l’inconsistance de leur thèse. Une thèse qu’on serait bien en peine de fixer : le seul témoin, Talal Abu Rahma s’est rétracté le 30 septembre 2002, après avoir initialement affirmé sous serment le 3 octobre 2000 : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne » ; Charles Enderlin maintient mordicus à ce jour sa conviction de la responsabilité israélienne ; Arlette Chabot sait qu’on ne connaîtra jamais l’origine des tirs... On ne saluera donc jamais assez le mérite d’avocats ayant su plaider pour des clients aux opinions divergentes.

Prudemment, France 2 et Charles Enderlin avaient assigné en justice pour diffamation des personnes qu’ils considéraient comme responsables de sites Internet reproduisant des articles d’auteurs doutant de l’authenticité des faits allégués , et non leurs auteurs. Ils escomptaient des condamnations judiciaires aisées, rapides et qui auraient fait taire tout début de questionnement à peine d’une énième condamnation. Ainsi, l’affaire al-Dura serait morte… comme le petit Mohamed al-Dura selon Charles Enderlin.

Or, en poursuivant Philippe Karsenty, France 2 et Charles Enderlin ont commis The erreur fatale. Ils se sont mépris sur Philippe Karsenty et l’ont sous-estimé. Ils ont découvert la finesse tactique d’un entrepreneur qui avait réalisé une enquête pour se forger sa conviction, a su bénéficier d’un réseau relationnel dense – associations juives, journalistes, etc. - et a su convaincre la Cour d’appel de Paris.

C’est désormais Philippe Karsenty qui a la maîtrise d’action dans une affaire aux confluences de l’éthique journalistique, du blood libel (accusation infondée de crime rituel portée à l’égard des Juifs) , de la propagande médiatique dans le jihad mondial, de la psychanalyse , et du narratif du conflit au Proche-Orient.
Une affaire qui a aussi révélé non un dysfonctionnement du fleuron du service public audiovisuel français, mais un fonctionnement fautif inquiétant – annonce de la mort d’un enfant sans image la prouvant, image de son agonie n’existant pas contrairement aux affirmations de Charles Enderlin, embourbement dans des versions successives contradictoires, etc. -, et ce sans sanction du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ni de l’autorité politique de tutelle.

Une affaire qui a également souligné des corporatismes au sein du « quatrième pouvoir » tant les atermoiements des journalistes perdurent.

Une affaire enfin qui a suscité la stupeur hors de l’hexagone – d’aucuns évoquent une nouvelle affaire Dreyfus – et ne peut plus laisser indifférentes des autorités politiques françaises.

Certains ont même comparé Philippe Karsenty aux « révisionnistes » ou à ceux contestant la réalité des attentats terroristes islamistes du 11 septembre 2001, ou ont évoqué une « chasse aux sorcières » et une « campagne de calomnies » menées contre Charles Enderlin. Une manière de discréditer réfutée par la Cour d’appel de Paris.

Nul doute que son arrêt renforce le souhait du Dr Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), portant sur la constitution d’une commission d’enquête composée de professionnels de l’image, d’experts balistiques et de médecins afin d’examiner ces images controversées pour que la vérité soit établie et connue sur l’incident al-Dura.

 
Articles sur ce blog concernant :
 
Cet article a été publié par Guysen, et sur ce site le 4 décembre 2010.

Depuis le printemps 2010, mes centaines d’articles publiés par Guysen de 2002 à 2008, sauf un, ont disparu de son site Internet.
Parmi ces très nombreux articles, les éditoriaux écrits avec Guy Senbel, alors rédacteur en chef de Guysen.
Interrogé, Guysen ne m’a donné aucune explication.
Je publie ces articles sur mon blog.

mardi 23 novembre 2010

Mes interviews par Radio J et par Radio Chalom Nitsan (podcast)


Radio J diffusera le mercredi 24 novembre 2010, vers 7 h 40 et 14 h 15, ainsi que le samedi 27 novembre,  mon interview de dix minutes par Michel Zerbib, directeur de l'information de cette radio juive francilienne.

Radio J couvre le procès en appel du gang des Barbares.

Radio Chalom Nitsan m'interviewera le jeudi 25 novembre vers 13 h sur ces deux faits et sur l'adoption récente de résolutions anti-israéliennes par l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture).

Mon interview (environ 25 minutes) notamment par José Gimenez, lors de l'émission Israël d'hier et d'aujourd'hui de Radio Chalom Nitsan peut être écoutée sur le site de la radio pendant une semaine.

mardi 2 novembre 2010

Affaire al-Dura : les rushes de France 2 en exclusivité sur Youtube


Depuis le printemps 2010, mes centaines d’articles publiés par Guysen de 2002 à 2009, sauf un, ont disparu de son site Internet.
Parmi ces très nombreux articles, les éditoriaux écrits avec Guy Senbel, alors rédacteur en chef de Guysen.
Interrogé, Guysen ne m’a donné aucune explication.
Je publie ces articles sur mon blog.
 
Des rushes de France 2 en exclusivité et la vidéo de son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin, présentés à la Cour d’appel de Paris en 2008 dans le cadre de l’affaire al-Dura sont désormais visibles sur Internet. A ne surtout pas manquer !


Enfin, les fameux rushes de France 2 sur l’incident al-Dura sont enfin visibles par le plus grand nombre !

Une longue rétention des rushes
Le 30 septembre 2000, le JT de 20 h de France 2 a présenté un reportage de Charles Enderlin, son correspondant à Jérusalem, sur des images de son cameraman palestinien Talal Abu Rahma au carrefour de Netzarim (bande de Gaza).

Charles Enderlin y disait en voix off : « Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus de la position israélienne. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».

Le 3 octobre 2000, Talal Abu Rahma a affirmé sous serment avoir filmé 27 minutes sur l’incident al-Dura .

L’image du « petit Mohamed » devient l’icône de l’Intifada II.

Ce reportage suscite des doutes, et des enquêtes dès 2000 de Nahum Shahaf, physicien israélien, de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l’agence de presse Mena (Metula News Agency). Au sein de la Ména, Gérard Huber, psychanalyste, et Luc Rosenzweig, journaliste, poursuivent leurs investigations. Nahum Shahaf et la Ména contestent l'authenticité des faits allégués dans ce reportage, et concluent, au terme de leurs démonstrations, à la mise en scène.

Dans son documentaire Trois balles et un enfant mort. Qui a tué Mohamed al-Dura ? diffusé en 2002 par ARD, Esther Schapira, documentariste allemande, soutient que l'enfant serait mort vraisemblablement par des balles palestiniennes. 

C'est Richard Landes, historien américain, qui parvient à interviewer Charles Enderlin, et forge le néologisme Pallywood pour désigner l'industrie audiovisuelle palestinienne de propagande

La polémique sur ce reportage controversé est alimentée par le long refus de France 2 de rendre publics les rushes du reportage, et les versions successives de Talal Abu Rahma qui, le 3 octobre 2000, affirme sous serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », puis se rétracte le 30 septembre 2002, soit deux ans plus tard, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ».

Dans deux textes électroniques de novembre 2004, Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings, qualifie en particulier d’« imposture médiatique », de « faux reportage », « pure fiction » et « supercherie » ce reportage controversé et exhorte aux licenciements de Charles Enderlin et d’Arlette Chabot, alors directrice de l’information de France 2.

Ceux-ci portent plainte contre lui pour diffamation.
Talal Abu Rahma a filmé en octobre 2004 des cicatrices de Jamal al-Dura, à son domicile gazaoui. France 2 a diffusé ce film lors d’une conférence de presse peu après.
Plusieurs procédures judiciaires ont été lancées en France et en Israël dans l’affaire al-Dura.

Condamné le 19 octobre 2006 par le Tribunal de Grande instance de Paris, Philippe Karsenty interjette appel.
18 minutes de rushes avec des incohérences et des invraisemblances
En sept ans (2000-2007), seuls quelques happy few – les journalistes Luc Rosenzweig, Denis Jeambar et Daniel Leconte, et l’historien Richard Landes - avaient pu voir les rushes de France 2.

En 2007, Philippe Karsenty a réitéré sa demande devant la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris. La présidente de cette chambre, Laurence Trébucq, en a ordonné la production à France 2 et à Charles Enderlin . Ceux-ci ont accepté de remettre à la Cour ces rushes si attendus .

Lors de l’audience devant la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris du 14 novembre 2007, ont été visionnés 18 minutes, et non 27 minutes, de rushes de France 2 .

Lors de l’audience du 27 février 2008 ont été visionnés un document Power Point élaboré par Philippe Karsenty et listant les incohérences du reportage controversé ainsi qu’une vidéo de Charles Enderlin et de France 2.

Après avoir demandé par un arrêt du 3 octobre 2007 les rushes du reportage à France 2 et les avoir visionnés, la Cour d’appel de Paris relaxe Philippe Karsenty, le 21 mai 2008, dans un arrêt tançant sévèrement les intimés.

18 minutes de rushes en exclusivité
Il est désormais possible pour ceux intéressés par l’affaire al-Dura et qui souhaitent se faire leur opinion sur cette affaire cruciale de visionner ces documents audiovisuels sur Internet.

En exclusivité, Alfred Dreyfus présente ces 18 minutes de rushes en deux parties sur Youtube - la première partie et la  seconde partie -, et Philippe Karsenty en une partie sur Viméo à visionner avec attention.
Ceux qui manquent de temps peuvent voir les 10 secondes après l’image sur laquelle Charles Enderlin annonçait l’enfant palestinien mort. On y voit cet enfant « décédé » soulever le coude pour voir la caméra, et maintenir ses jambes au-dessus du sol.
Sur son blog, Charles Enderlin présente la vidéo de France 2 montrée lors de l’audience du 27 février 2008.

Bon visionnage !

L’arrêt de la Cour d’appel de Paris sera rendu le 21 mai 2008.


A lire sur le blog :

Une manifestation calme pour remettre le Prix de la Désinformation à Charles Enderlin et France 2

La justice française se prononcera sur les images controversées de « la mort de Mohamed al-Dura »

La Cour d’appel de Paris demande à France 2 les rushes sur l’incident al-Dura

France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris

Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !

Interview de l'historien Richard Landes sur l'affaire al-Dura

Interview du psychanalyste Gérard Huber sur l’affaire al-Dura

Charles Enderlin poursuit un chrétien ami d’Israël dans l’affaire al-Dura

Un expert balistique estime « sérieuse » la possibilité d’une « mise en scène » de la « mort » de « Mohamed » al-Dura

France 2 et Charles Enderlin n’expliquent pas à la Cour d’appel de Paris les incohérences et contradictions relatives à l’incident al-Dura

Pas d’antisémitisme en France ?

Le sénateur Jean-Pierre Plancade a interpellé Rémy Pflimlin, futur président de France Télévisions, sur l’affaire al-Dura


Pour en savoir plus :
Gérard Huber, Contre-expertise d’une mise en scène, Editions Raphaël. Paris, 2003. 252 pages. ISBN 2-87781-066-6

Qui a tué Mohamed al Dura ? Documentaire de Esther Schapira. DVD, ASIN: B000E6TYTI

Revues de presse sur l'affaire al-Dura dans Debriefing, Desinfos et l’UPJF

Dossiers sur l'affaire al-Dura par :

- CAMERA (Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America)

- HonestReporting

- Media-Ratings

- la Ména

- Richard Landes : http://www.seconddraft.org/movies.php et http://www.theaugeanstables.com/
Articles dans Causeur (France 2 fait lanterner le CRIF) et sur le site Sefarad

Le colloque Le mythe du meurtre rituel, d’hier à aujourd’hui (18 novembre 2008) a été organisé à l’initiative du Collège des études juives de l’Alliance israélite universelle (AIU)