Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 5 juillet 2023

« Les soldats du désert. Leclerc et les Britanniques (1940-1943) »

Le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin propose l’exposition « Les soldats du désert. Leclerc et les Britanniques (1940-1943) ». A l'appel du général de Gaulle, l'épopée militaire passionnante de Français Libre alliés des Britanniques refusant l’armistice de juin 1940 et luttant victorieusement en Afrique contre les forces italiennes, l’Afrikakorps, et dans le désert.

Jean Boulet (1920-2011), émérite pilote d'essai sur hélicoptère
L’ALAT propose une carrière militaire... sous les cocardes et sous les rotors

Le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin « s’intéresse à une période singulière et épique de la Seconde Guerre mondiale. Alors que la France est aux mains de l’Allemagne nazie, quelques Français décident de continuer le combat. »

« Philippe de Hauteclocque dit « Leclerc » est de ceux-là. En août 1940, le général de Gaulle l’envoie en Afrique équatoriale pour rallier des territoires à la France Libre. Puis il lui confie une nouvelle mission : prouver que les Français Libres n’acceptent pas l’armistice de juin 1940 et continuent la guerre. Dans le désert de Libye, avec l’aide des Britanniques, Leclerc lance sa petite colonne de soldats contre les postes italiens, écrivant ainsi l’épopée saharienne de la France Libre. »

L’exposition « retrace cette histoire, du Nigeria au Tchad, des oasis de Libye jusqu’en Tunisie. Au fil des missions en pirogue, des reconnaissances, des raids dans un environnement hostile, on découvre les portraits de ces soldats, connus ou inconnus, mais aussi une fraternité d’armes entre Français Libres et Britanniques face aux ennemis : les forces italiennes, l’Afrikakorps, le désert. »

Une « cinquantaine de pièces rarement exposées - films, photographies, armes, uniformes, équipements et autres pièces militaires parfois réinventées pour affronter le désert - plongent le visiteur au cœur du Sahara. »

« Ces pièces sont issues pour moitié des collections propres du musée, qui propose une synthèse de cet épisode historique dans une des salles du parcours permanent. L’exposition temporaire est un approfondissement de l’histoire des Français Libres de la colonne Leclerc, mettant en exergue les nécessaires relations avec les alliés britanniques. Portraits, documents, objets et photographies font le récit d’un engagement différent mais solidaire. »

L’exposition « présente également de nombreuses pièces provenant de musées partenaires en France et à l’étranger, tels que le musée de l’Ordre de la Libération, le musée de l’Armée, le musée de Strasbourg, l’lmperial War Museums et le National Army Museum de Londres. »

Le commissariat est assuré par Sylvie Zaidman, conservatrice générale et directrice du musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin.

Le conseil scientifique est composé de Christine Levisse-Touzé, historienne, conservateur général honoraire du Patrimoine de la Ville de Paris, directeur de recherche associé émérite à Sorbonne Université, du Général (2s) Jean-Paul Michel, président de la Fondation Maréchal Leclerc de Hauteclocque, de Gavin Mortimer, écrivain et historien britannique, et de Robert Rumble, conservateur à l’Imperial War Museums.

UN ÉPISODE D’UNE VASTE HISTOIRE
« En cet été 1940, la France du gouvernement de Vichy a négocié un armistice avec les Allemands et quitte la scène de la guerre. Le Royaume-Uni reste seul contre le Reich et l’Italie. Il s’appuie sur toutes les forces qui viennent rejoindre Londres, dont celles du général de Gaulle. Pour le chef de la France Libre, il est impératif que la France reprenne place dans le conflit. « 
« Dès septembre 1940, loin des capitales européennes, les chefs de guerre italiens et britanniques s’efforcent de conquérir la maîtrise de la Méditerranée et l’accès au canal de Suez. Plus loin encore, de l’autre côté de la Libye, une petite colonne de Français Libres du Tchad, commandée par le colonel Leclerc mène des raids sur les positions italiennes.
Comme les nommera Malraux, ce sont des « clochards épiques » qui dépendent de l’approvisionnement en matériel et armes britanniques. La victoire que remporte Leclerc avec 400.hommes le 1er mars 1941 à Koufra, un fort italien au milieu du Sahara, sera la première réussite autonome de la France Libre. »
« L’exposition mène le visiteur du Nigeria britannique, où atterrit Leclerc en août 1940, au Cameroun, pris par les Français Libres quelques semaines plus tard, mais aussi au Tchad et dans les oasis italiennes de Libye, attaquées par la colonne Leclerc, et jusqu’en Tunisie pour affronter l’Afrikakorps. »

DES PERSONNALITÉS FORTES
« Cette histoire n’aurait pu s’écrire sans l’action d’hommes aux forts caractères. Ce sont d’abord les chefs, Winston Churchill et Charles de Gaulle, qui mènent le combat, non sans moments orageux entre eux. »
« Sur le terrain, rien n’aurait pu se faire sans des personnalités décidées, au premier rang desquelles Philippe de Hauteclocque, jeune capitaine français qui rallie le général de Gaulle pour continuer à se battre. Chargé de mission politique et militaire, il apprend rapidement à maîtriser les situations et les hommes et devient un chef de guerre de la France Libre. »
« Durant cette « épopée des sables », il rencontre des Britanniques aussi volontaires qu’audacieux. Parmi eux Ralph Bagnold, un « maître saharien ».
« Spécialiste de la navigation dans le désert, il est à l’origine du Long Range Desert Group (LRDG) : une formation motorisée légendaire conçue pour mener des raids loin derrière les lignes italiennes. C’est Bagnold qui prend contact avec les Français Libres du Tchad pour obtenir le ravitaillement de ses patrouilles motorisées.
« Côté français, de nombreux portraits de soldats et officiers incarnent et racontent cette « colonne Leclerc », comme le lieutenant-colonel Jean Colonna d’Ornano. Méhariste renommé, il participe au ralliement du Tchad pour la France Libre. En novembre 1940, désireux de se battre, il négocie sa participation au raid britannique contre Mourzouk. L’opération est un succès, mais, touché à la gorge, Colonna d’Ornano est le premier mort au combat de la France Libre. »

DES OBJETS DE LÉGENDE
« Pour accompagner la découverte de l’épopée de la colonne Leclerc, les fonds du musée et de grandes institutions partenaires ont été mis à contribution. »
« Le visiteur pourra ainsi voir des équipements du LRDG prêtés par l’Imperial War Museums ou le National Army Museum, dont le fameux insigne des « scorpions du désert ». La victoire de Koufra sera évoquée grâce à l’authentique appareil photographique qui a permis de réaliser la prise de vue aérienne de l’oasis de Koufra le 31 décembre 1940, conservé par le musée de l’armée. Seront aussi présentés le fanion pris à la Sahariana, prêté par le musée de Strasbourg, et l’uniforme et les boussoles d’André Geoffroy, de la 2e compagnie de Découverte et de Combat (provenant du musée de l’Ordre de.la Libération). »

UNE PLONGÉE DANS LES SABLES DU DÉSERT
« Très évocatrice, la scénographie signée Alexis Patras et le graphisme de Tania Hagemeister sont imaginés à partir des collections photographiques du musée. Ils sont pensés comme une immersion dans l’immensité du Sahara, avec une approche résolument graphique du désert. »
« Alors qu’une grande fresque chronologique situe tous les événements, le parcours présente des portraits et des focus thématiques dévoilant une grande histoire politique, mais aussi une aventure humaine et militaire. Extraits de lettres, témoignages de ces soldats, ou encore archives filmées provenant de diverses sources (ECPAD, IWM) : ces voix et ces images incarnent cette aventure et accompagnent la visite. »
Des dispositifs interactifs et innovants
« De nombreux dispositifs de médiation numérique conçus et réalisés par Opixido invitent les plus jeunes à l’expérience du terrain. Ils permettent d’appréhender la lutte contre les conditions extrêmes d’un désert hostile, ou encore de voir les procédés de désensablement des véhicules motorisés. Des jumelles disposées en divers endroits du parcours proposent des points d’observation redonnant tout leur relief aux dunes sahariennes, grâce à des photographies d’archives traitées spécifiquement. Pour aller plus loin, des cartels numériques invitent à la manipulation d’équipements techniques : boussole, émetteur-récepteur, photographie aérienne, compas solaire. Ces quatre instruments indispensables à la survie dans le Sahara seront contextualisés de manière historique, et leur manipulation en 3D donnera lieu à une mission ludique, pour mieux comprendre cette plongée dans le désert. »

Expérimenter le désert grâce à la médiation digitale
« Pour une immersion complète dans l’épopée de la colonne Leclerc, plusieurs dispositifs de médiation numérique, imaginés par Opixido, sont proposés aux visiteurs. »
« Des « jumelles » permettent de se plonger dans des photographies d’époque illustrant la vie des Français Libres et des Britanniques dans le désert. Par l’usage d’effets de stéréoscopie, celles-ci prennent vie, offrant un point d’observation inédit. » 
« Pour mieux appréhender l’expérience du désert, l’exposition propose également aux visiteurs de réaliser des missions, comme un soldat de Leclerc, en manipulant des équipements particuliers. Des cartels numériques présentent quatre instruments : l’appareil de photographie aérienne, l’émetteur-récepteur, la boussole et le compas solaire. « L’utilisateur est invité à les découvrir virtuellement puis à les utiliser au cours de quatre missions interactives au coeur des préparatifs de l’attaque de Koufra. »

Vers une conception d’exposition éco-responsable
« Depuis 2013, Paris Musées travaille depuis la conception de ses expositions à réduire l’impact environnemental à travers le réemploi et la mutualisation des scénographies, l’optimisation des espaces de stockage, la prise en compte de critères d’éco-responsabilité dans la sélection des prestataires, le choix des matériaux mais aussi la réduction des impacts liés au transport des œuvres notamment leur emballage ou caisserie. A l’échelle des 14 sites et musées du réseau la réutilisation et mutualisation d’éléments scénographiques (de 60 à 95% selon les expositions) est ainsi devenue une démarche automatique. »
Pour l’exposition Les soldats du désert. Leclerc et les Britanniques (1940-1943), cette réutilisation d’éléments des précédentes expositions représente 80% de la scénographie :
» Près de 20 mètres linéaires de cloisons fixes simple face
» Près de 11 mètres linéaires de cloisons double face
» 10 vitrines, dont 2 modifiées, et 6 assises ».


TROIS QUESTIONS A SYLVIE ZAIDMAN, COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION

« Pouvez-vous en quelques mots expliquer ce que sont les Français Libres de la colonne Leclerc et qui sont les Britanniques du Long Range Desert Group qui vont mener des raids avec eux ?
L’exposition fait découvrir aux visiteurs l’histoire de soldats qui se battent bien loin de la France. Ils en sont éloignés par la distance, car ils sont en Afrique, mais aussi par leurs idées : ils ont refusé d’abandonner les armes, comme le prévoit l’armistice signé par le gouvernement de Vichy, et se sont engagés dans la France Libre.
Parmi ces Français Libres, un jeune colonel audacieux, Leclerc, est nommé commandant militaire du Tchad par le général de Gaulle le 17 novembre 1940. 
Sur place, il ne dispose que de 6 000 soldats de troupes coloniales françaises, le régiment de tirailleurs sénégalais (RTST) et d’un matériel peu adapté pour mener sa mission : entraîner ses hommes à la guerre du désert, menacer les postes italiens de Libye, opérer la jonction par le Sud avec les Anglais qui se battent sur la côte libyenne lorsque le signal lui en sera donné. Ses cartes majeures : s’adapter aux circonstances, faire preuve d’audace, surprendre l’ennemi.
Sur le terrain, il va rencontrer les hommes du Long Range Desert Group. C’est un ingénieur britannique, Ralph Bagnold, qui a proposé en juin 1940 au général Wavell, commandant la force britannique en Egypte, une unité de reconnaissance motorisée, chargée de passer derrière les lignes italiennes pour obtenir des renseignements.
C’était une vraie gageure. ! Ses succès contre les italiens sont immédiats et en novembre 1940, le War Office (l’administration militaire britannique) renforce les effectifs et le nombre de camions pour créer le Long Range Desert Group.

Les aventures des hommes du SAS paraissent à peine croyables et ont inspiré récemment une série britannique, dont le succès indique l’engouement du public pour ces aventures militaires et humaines extraordinaires. La France Libre en a-t-elle connu ?
Le commandement britannique a créé en Egypte des unités spéciales comme le Long Range Desert Group ou le Special Air Service (SAS), dont l’histoire est jalonnée d’aventures et d’actions incroyables, qui sont au cœur de la série Rogue Heroes. Mais ce sont les conditions très particulières de cet épisode de la guerre, dans un environnement très hostile, sur un front très étiré, qui ont amené les hommes à inventer des solutions techniques, à expérimenter des voies détournées pour mener les actions, à faire preuve de créativité et d’audace… et non l’inverse.
La France Libre a elle aussi connu des épisodes d’incroyable intrépidité et des moments épiques. Je pense notamment au ralliement du Cameroun. Philippe de Hauteclocque alias Leclerc, Claude Hettier de Boislambert et René Pleven arrivent à Lagos, au Nigeria britannique, le 12 août 1940. Ce sont les émissaires du général de Gaulle, chargés de rallier les territoires d’Afrique française à la France libre et nouer des relations avec les autorités britanniques. Vaste mission… et par où commencer ? Leclerc et Boislambert, accompagnés d’une vingtaine d’hommes et de 17 pistolets empruntés aux Britanniques montent dans trois pirogues dans la nuit du 26 août 1940. Ils longent les chenaux fluviaux jusqu’à l’embouchure du fleuve Wouri et, trempés par la pluie, atteignent Douala au Cameroun français. Dans la nuit, ils convainquent des officiers et des notables locaux. Le 27 août au matin, ils investissent la ville. Le lendemain, le Cameroun rallie officiellement la France Libre.! J’aurais pu vous raconter la prise de Koufra ou la campagne de Tripolitaine : les pages épiques de l’histoire de la France Libre ne manquent pas et devraient inspirer les réalisateurs.

Le désert est un acteur à part entière dans la guerre menée en Libye dans les années 1941-1942. Comment les soldats en ont-ils tenu compte ?
Le désert est l’ennemi de tous les combattants, Français, Britanniques, Italiens, Allemands. C’est un environnement hostile et meurtrier. Il faut pouvoir s’y repérer alors que le vent modifie le paysage de sable. Dans les années 1940, seule une très petite partie du Sahara a été cartographié. Les distances sont immenses rapportées aux possibilités de déplacement, à la nécessité d’avoir du carburant et de trouver la bonne piste. Les camions s’ensablent, les avions se perdent. Ainsi, un équipage d’aviateurs français parti en 1941 s’est égaré et n’a été retrouvé qu’en 1959. Ajoutez à cela les températures extrêmes, le vent, le sable et les pierres, l’aridité ambiante et vous aurez une petite idée de la difficulté d’affronter le désert.
Cependant, pour mener leur guerre, les hommes s’adaptent. Les Britanniques du LRDG trouvent des solutions pour affronter les éléments : Ralph Bagnold munit les véhicules de compas solaires et fait ôter vitres et pare-brises pour éviter les reflets qui peuvent alerter l’ennemi. Leclerc, convaincu par l’efficacité du LRDG, adopte les camions au détriment des dromadaires. Il prépare minutieusement ses raids contre les Italiens en adaptant toute la logistique à l’opération projetée. Au final, on peut dire que le désert fait partie des adversaires que doivent combattre tous les belligérants. »


LE PARCOURS DE L’EXPOSITION
La mission Sullivan : un territoire français pour la France Libre
« À Londres, le général de Gaulle refuse l’armistice demandé par le Maréchal Pétain, qu’il considère comme une capitulation honteuse. Pour créer une force politique crédible, alors qu’il est tributaire des Britanniques, il lui faut disposer d’un territoire. La Métropole est aux mains des Allemands et d’un gouvernement qui accepte leur domination. Il reste alors l’Empire français. Mais les colonies restent favorables au maréchal Pétain. »
« Aidé par Churchill, de Gaulle lance le 6 août 1940 une mission pour rallier les colonies françaises d’Afrique à la France Libre. Elle doit assurer sur place la liaison auprès des autorités britanniques. Le général dispose de forces restreintes. Il compte donc sur trois émissaires pour cet ambitieux projet : Philippe de Hauteclocque, alias Leclerc, René Pleven et Claude Hettier de Boislambert. »

Coup d’audace au Cameroun (26-27 août 1940) : une poignée de soldats et trois pirogues
« La petite équipe d’émissaires arrivée à Lagos est rejointe par le colonel Edgard de Larminat, puis par le commandant Colonna d’Ornano. Ensemble ils arrêtent un plan d’action pour rallier les territoires d’Afrique équatoriale à la France Libre. Le Cameroun est un des premiers objectifs. La société des Nations (SDN) a placé cette ancienne colonie allemande pour partie sous mandat français et pour partie sous la gestion du gouverneur britannique du Nigeria. »
« Leclerc, Boislambert et une vingtaine d’hommes s’équipent de dix-sept pistolets prêtés par les Britanniques et de trois pirogues. Le 26 août au soir ils partent de Yaoundé et remontent le fleuve Wouri jusqu’à Douala, au Cameroun français. Cette minuscule force va réussir à convaincre des officiers et des notables de l’intérêt de suivre le général de Gaulle. Le 27 août 1940 au matin, la ville est dans leurs mains. »

« Le lendemain, le Cameroun rallie la France Libre. »
Les premiers raids sur la Libye (décembre 1940-mars 1941) : une collaboration entre Britanniques et Français Libres dans le désert
« Sur les côtes libyennes, Britanniques et Italiens s’affrontent pour le contrôle de la Méditerranée. Plus au sud, le désert du Fezzan est d’un intérêt stratégique pour assurer la liaison aérienne britannique directe entre le Nigeria et l’Égypte. De Gaulle veut engager les forces françaises au combat contre les oasis italiennes de Koufra et Mourzouk en Libye. Il en fait part le 21 octobre 1940 au général de Larminat, commandant militaire de l’Afrique française Libre, ainsi qu’à Leclerc, bientôt commandant militaire du Tchad. Au début de 1941, des éléments britanniques préparent un raid sur Mourzouk. Leclerc autorise quelques hommes à y participer. »
« Et, malgré le sous-équipement de ses troupes, il assure de son côté la préparation d’un raid sur Koufra avec une participation britannique. »

Du Fezzan à la Tripolitaine (février 1942-janvier 1943) : le grand raid à travers la Libye, enfin !
« La situation internationale ne cesse d’évoluer. Rommel arrive en février 1941 à Tripoli pour commander l’Afrikakorps et repousse les Britanniques jusqu’à Tobrouk. »
« Cependant, le théâtre principal des opérations de l’Axe est à l’Est : en juin 1941, l’Allemagne entre en Union soviétique et la conquête de l’Égypte passe au second plan. »
« Leclerc doit coordonner son action militaire avec les Britanniques, mais ceux-ci ont affaire à forte partie sur la côte méditerranéenne. De leur côté, les Français Libres mènent des raids dans le Fezzan italien en février et mars 1942. »
« Or, le 8 novembre 1942, les Britanniques et les Américains débarquent en Algérie et au Maroc. En Égypte, les opérations de l’Axe échouent devant El-Alamein, les Italiens et Allemands font retraite en Tripolitaine. Leclerc peut enfin lancer ses troupes pour rejoindre les Alliés. »
« Les Britanniques se méfient des ambitions coloniales françaises en Libye, non sans raison.: pour de Gaulle, le Fezzan sera la part de la France Libre dans ce combat. »

Les combats de Tunisie (février-avril 1943) : les soldats de Leclerc sous commandement britannique pour affronter les Allemands
« Grâce à Montgomery, la « Force L » des soldats de Leclerc est entièrement rééquipée par les Britanniques. De nouvelles unités lui sont adjointes : des artilleurs, des sapeurs britanniques et un escadron d’officiers grecs. »
« Leur mission est de couvrir le flanc gauche des Britanniques lors de l’attaque de la ligne Mareth, un ouvrage défensif construit par les Français et utilisé par les forces de l’Axe. Ordre leur est donné le 18 février 1943 de tenir Ksar Rhilane. »
« Ils parviennent à repousser la 90e Panzer Grenadier Division. La Force L est affectée au corps d’armée néo-zélandais. »
« Enfin, Tunis est libérée le 8 mai. Le 14 mai 1943, Allemands et Italiens se rendent. »
« Mais les tensions politiques diminuent la joie du succès. Le 20 mai, dans les rues de Tunis, les Français Libres voient avec amertume l’armée d’Afrique, loyale au maréchal Pétain, participer au défilé de la victoire. »

QUELQUES PARCOURS BIOGRAPHIQUES

Leclerc l’audacieux
« Philippe de Hauteclocque suit des études militaires à l’école de Saint-Cyr, à l’école d’application de Cavalerie de Saumur puis à l’École de Guerre, dont il sort major la première année, en 1938. Le jeune capitaine se bat lors de la bataille de France en 1939-1940. Brièvement capturé, blessé, il parvient à s’échapper. S’en suit un périple dans un pays en plein désastre, qui le conduit à Paris, en Anjou puis en Gironde auprès de sa femme qu’il souhaite associer à sa décision, en Espagne, au Portugal d’où il rejoint l’Angleterre le 24 juillet 1940. »
« Celui qui s’appelle désormais « Leclerc » est totalement convaincu qu’il faut continuer le combat. Pourtant, il est le seul officier breveté de l’armée de terre à rejoindre la France Libre. Le 6 août 1940, le général de Gaulle lui fixe le cap : ce sera l’Afrique. »
« Leclerc est adulé par ses hommes pour sa hardiesse. De Gaulle lui décerne la croix de la Libération le 6 mars 1941 et le promeut général le 10 août. Pourtant, le « colonel » considère qu’il ne mérite pas encore ses étoiles. Il n’accepte de les porter qu’après les raids de février-mars 1942, sur un képi bricolé par ses hommes à partir d’une chéchia. »
« Le 25 mars 1942, de Gaulle le nomme commandant supérieur des forces de l’Afrique française Libre. Quitter le Tchad est bien difficile. ! Mais, depuis Brazzaville, il continue à s’intéresser à ses hommes et prépare le terrain pour l’offensive vers la Tripolitaine. Il n’hésite pas à réclamer encore et toujours du matériel aux Britanniques, au point de les irriter souvent… »

Ralph Alger Bagnold, l’ingénieur
« Ingénieur de formation, Ralph Bagnold s’efforce dans l’entre-deux-guerres d’explorer le désert du Sahara et d’en percer ses mystères. En 1932, il participe à la première traversée motorisée du désert libyen d’est en ouest. Fort de son expérience, il met au point plusieurs techniques et outils de navigation adaptés au désert. »
« En 1940, il obtient la création d’une unité motorisée capable d’effectuer des missions de reconnaissance au coeur du territoire libyen, sous domination italienne. D’abord nommée Long Range Patrol, cette unité devient, en novembre 1940, le mythique Long Range Desert Group. C’est également en novembre 1940 que Ralph Bagnold se rend au Tchad, à la rencontre des Français Libres. Il y est chaleureusement accueilli par le lieutenant-colonel Colonna d’Ornano, avec lequel il monte le premier raid franco-britannique, avec pour objectif Mourzouk. Ce raid inspirera à Leclerc la création d’unités motorisées sur le modèle de celle de Bagnold. »

Colonna d’Ornano, le maître saharien
« Jean Colonna d’Ornano se distingue durant la Première Guerre mondiale. »
« Il travaille ensuite dans l’administration coloniale. En 1938, il est chef de bataillon  et commande le groupe 3 (Borkou-Ennedi-Tibesti). Il est reconnu comme un grand «.saharien méhariste.» en Afrique équatoriale française. »
« Convaincu dès juin 1940, il participe au ralliement du Tchad à la France Libre avec René Pleven pour contrer les menaces italiennes à la frontière libyenne. Promu lieutenant-colonel, il est l’adjoint du commandant du RTST et rejoint Leclerc à son arrivée dans la colonie en décembre 1940. Il est tué lors du raid britannique du LRDG sur Mourzouk le 11 janvier 1941. C’est le premier Français Libre mort au combat. »

Patrick Andrew Clayton, le meneur de raids
« Membre central du Long Range Desert Group, Pat Clayton connaît bien le désert du Sahara. Dès l’entre-deux-guerres, il l’explore, le cartographie et l’observe au cours d’expéditions. C’est lors de l’une d’elles qu’il rencontre Ralph Bagnold. Lorsque ce dernier a l’idée, en 1940, de créer une unité motorisée du désert, c’est tout naturellement qu’il se tournera vers Clayton. »
« Son expérience du terrain en fait un meneur de raids expérimenté. Embarquant quelques Français Libres, il part ainsi, en janvier 1941, à l’assaut de Mourzouk et de son aérodrome. Quelques semaines plus tard, Leclerc, conscient de l’efficacité du Britannique, confie à Clayton l’avant-garde de l’opération sur Koufra. Mais les véhicules du LRDG seront repérés puis attaqués par l’aviation italienne. Le 31 janvier 1941, Clayton est fait prisonnier par les Italiens et .nit la guerre en captivité. »

Yves de Daruvar, le jeune aspirant
« D’origine austro-hongroise, Yves de Daruvar s’installe en France à la .n des années 1920. Il y fait ses études avant de quitter précipitamment son pays d’adoption le 21 juin 1940 pour rallier l’Angleterre et continuer le combat. Le 1er juillet, il s’engage dans les Forces françaises Libres. »
« Il débarque en Afrique en juin 1941. Aspirant officier, il est affecté à la 1ère compagnie de découverte et de combat et participe aux campagnes du Fezzan (1942-1943) puis aux combats en Tripolitaine et en Tunisie (1943), dans lesquels il s’illustre. »
« Le 25 avril 1943, il est grièvement blessé au djebel Garci (Tunisie). Désireux de participer à la Libération de la France, il parvient tout de même à rejoindre ses camarades au sein de la 2e DB, récemment créée. Après quatre ans d’exil forcé, il retrouve la France en août 1944, mais y est blessé en septembre. Son engagement et sa bravoure lui vaudront d’être naturalisé français en novembre 1944 et d’être fait Compagnon de la Libération en 1945. »

Pierre de Hauteclocque dit « Rennepont », combattre la Sahariana
« Saint-cyrien, Pierre de Hauteclocque rejoint la légion étrangère en 1937. Il participe à la campagne de Norvège. Refusant la défaite, il rejoint le 1er juillet 1940 l’état-major du général de Gaulle à Londres, sous le nom de « Rennepont ». Il y retrouve son cousin germain Philippe, alias « Leclerc ». En septembre 1940, il participe à l’expédition de Dakar, qui s’avère un échec, puis il rejoint Leclerc et commande la compagnie portée du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. »
« Lors de l’expédition sur Koufra, il accroche la Sahariana italienne à plusieurs reprises. »
« Son audace lui vaut la croix de la Libération le 14 juillet 1941. Il retourne ensuite à la Légion étrangère et participe aux combats d’El Alamein. Il quitte l’armée en 1958 pour une carrière dans le privé. »


Du 16 mars au 16 juillet 2023
Place Denfert Rochereau
4, avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy. 75014 Paris
Tél. : 01 71 28 34 70
Du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h. Entrée gratuite


dimanche 2 juillet 2023

Le ghetto de Venise

Institué en 1516, situé dans le quartier (sestiere) de Cannaregio, le ghetto de Venise a pris fin avec l'occupation de la cité par Bonaparte en 1797. Une communauté Juive au destin emblématique de celui de nombreuses communautés Juives en Europe. Le Musée d’art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté le trésor d’orfèvrerie liturgique enfoui en 1943 par deux responsables des services religieux des synagogues espagnole et levantine du ghetto de Venise. Arte rediffusa le 8 juillet 2023 à 05 h 35, dans le cadre de la série documentaire "Des monuments et des hommes" (Stätten des Glaubens), "Les synagogues du ghetto de Venise" (Italien - Die Synagogen des Ghettos von Venedig) par Celia Lowenstein et Cécile Husson.

Institué le 29 mars 1516, le ghetto de Venise - son cinquième centenaire a été célébré en 2016 – « a été le premier d’Europe. Conçu comme un espace de ségrégation fermé la nuit, il devint pourtant le berceau d’une communauté de Juifs originaires d’Italie, mais aussi des pays germaniques, du Levant et d’Espagne ». Rappelons que Fès-la-nouvelle, fondée en 1276, avait assigné les Juifs depuis 1438 dans un ghetto dénommé mellah. Et celui de Genève.

Son cosmopolitisme et la prospérité de ses habitants en ont fait un creuset culturel original.

Le nombre de synagogues est passé de neuf à cinq : la Schola grande Tedesca (1528), la Schola Canton (1532), la Schola Levantina (1538), la Scola Spagnola (Synagogue espagnole de Venise, 1555, restaurée en 1635 par Longhena), la Scola Italiana (1575).

En septembre 1943, deux responsables des services religieux des synagogues espagnole et levantine du ghetto ont dissimulé, pour éviter la spoliation ou la destruction, une quarantaine d’objets précieux avant que ne pénètrent des nazis dans la ville. Déportés, ces dirigeants communautaires ont été tués dans des camps d’extermination.

Lors de la restauration de la synagogue espagnole, ces objets ont été découverts et restaurés par Venetian Heritage, avec un mécénat de Vhernier.

Trésors du ghetto de Venise
Le Musée d’art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté, dans ses salles italiennes, le trésor d’orfèvrerie liturgique enfoui en 1943 par deux responsables des services religieux des synagogues espagnole et levantine du ghetto de Venise, premier ghetto en Europe (1516), et découvert lors de la restauration de la synagogue espagnole.

Ce « trésor d’orfèvrerie liturgique, pour l’essentiel en argent, compte des couronnes de torah (keter torah), des ornements de bâtons de Torah (rimmonim), des mains de lecture (yad), des boîtes à aromates (bessamim), des lampes appliques de Hanoukkah (fête des Lumières), des lampes de synagogue, des coffrets de torah (tiq), des plats, un bassin et une aiguière. Créés par les meilleurs orfèvres vénitiens des XVIIIe et XIXe siècles, parmi lesquels Antonio Montin et Giovanni Fantini della Torah, ces objets extraordinairement ciselés attestent le raffinement et la diversité culturelle du judaïsme vénitien. Fortement corrodés, ils ont fait l’objet d’une restauration exemplaire ».

Dans les salles italiennes du MAHJ, ces « objets du trésor du ghetto de Venise font écho à un ensemble d’œuvres témoignant de la continuité du judaïsme italien du Moyen Âge à nos jours ». Ils sont replacés dans l’histoire des Juifs vénitiens, des origines médiévales aux déportations de 1943-1944, via l’émancipation française de 1797. Une condition emblématique de celle de nombreuses communautés Juives : contribution majeure à l’essor économique de la « Reine de l’Adriatique », rôle majeur des commerçants soumis à de lourds impôts au sein de la « Sérénissime », émancipation, participation à la vie politique nationale, ruines et spoliations, quasi-disparition.

Cette exposition est organisée en partenariat avec Venetian Heritage, fondation pour la sauvegarde du patrimoine de Venise, et la communauté Juive de Venise, avec le concours de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Le MAHJ remercie le Museo Ebraico di Venezia  qui a accepté la sortie de ses collections des objets présentés dans l’exposition.

Elle a été présentée à Sotheby’s (New York décembre 2012 – janvier 2013), au Museum of Fine Arts (Houston, février – avril 2013), à Ca’ d’Oro (Venise, juin 2013 – mars 2014), à l’Österreichische Galerie Belvedere (Vienne, avril – juin 2014) et à l’Art Gallery of Western Australia (Perth, décembre 2014 – mars 2015).

Naissance de la communauté Juive de Venise
« Inféodée du VIe au XVe siècle à l’Empire romain d’Orient puis à l’Empire byzantin, la République de Venise acquiert très tôt une place prééminente dans les échanges économiques entre l’Orient et l’Occident ».

« Puissance maritime militaire et commerciale, la Sérénissime République attire un flux continu d’étrangers, simples voyageurs ou commerçants, intellectuels, marins et manœuvriers ».

C’est en 1385 qu’un « premier groupe de prêteurs et de banquiers Juifs allemands » est « autorisé à s’établir dans la lagune, et en 1386, la république leur accorde le droit d’enterrer leurs morts à San Nicolò al Lido. Néanmoins, ce premier groupe sera expulsé en 1395 ».

Cependant, « la cité accepte que quelques prêteurs juifs s’installent à Mestre sur la terra firme. Ils ne sont autorisés à résider à Venise que pendant quelques jours et doivent porter une rouelle jaune cousue sur leurs vêtements ».

Au « port de ce signum sera plus tard adjoint celui d’un chapeau jaune puis rouge ».

En 1509, Venise « accueille les « Juifs ashkénazes et italiens fuyant les terres menacées par l’avance de la ligue de Cambrai menée par les troupes de mercenaires allemands à la solde de Maximilien de Habsbourg et du pape Jules II ».

Pour la première fois avaient été exposés ensemble, en 2007 au Musée national du Moyen-Age-Thermes et hôtel de Cluny  (Paris) sous le titre Trésors de la Peste noire : Erfurt et Colmar, en 2009 à la Wallace Collection  (Londres) sous le titre Treasures of the Black Death, puis dans une ancienne synagogue d'Erfurt , plus de 200 pièces - bijoux, pièces d’orfèvrerie de table, monnaies - de « deux trésors enfouis au XIVe siècle », à Colmar et à Erfurt, lors des persécutions contre les Juifs en 1348-1350, quand la Peste noire décima un tiers de la population européenne et déclencha des violences antisémites. 

1516 : instauration du ghetto
« Refusant de les voir établis partout dans la ville mais soucieux de préserver le rôle économique des banquiers juifs, le Sénat de Venise leur attribue par décret du 29 mars 1516, le territoire du gheto novo, un îlot insalubre autrefois destiné à accueillir les déchets de la fonderie, délimité par des canaux, aménagé et bâti par un propriétaire privé ».

Le vocable de ghetto « sera progressivement adopté pour désigner ce quartier réservé aux Juifs à Venise, puis aux quartiers fermés qui leurs sont dévolus dans toute l’Italie ».

« Bien que conçu à l’origine comme un lieu de ségrégation, le ghetto vénitien devint un lieu de rencontre pour plusieurs communautés juives d’origines géographiques différentes, mais aussi un le foyer d’une brillante culture juive pour de nombreuses autres régions du monde ».

Les Juifs de Venise du XVIe au XVIIIe siècles
Environ « sept cents Juifs ashkénazes et italiens, ainsi que quelques familles levantines, occupèrent assez vite les demeures du Gheto Novo, dont les portes, fermées le soir, ne se rouvraient qu’à l’aube. Le ghetto connut une croissance démographique rapide due à l’arrivée de Levantins (provenant de l’Empire ottoman) et de Ponentini (espagnols et portugais) ».

En 1541, des « marchands Juifs ottomans de passage, parmi lesquels des expulsés de la péninsule ibérique en 1492, se plaignirent auprès du gouvernement de Venise que l’on manquait de place dans le Gheto Novo. On leur attribua alors vingt logements pourvus de jardins dans le Gheto Vechio, situé au sud du premier, que l’on enclot d’un mur pourvu de deux portes surveillées ».

Les « Juifs espagnols et portugais formèrent une troisième migration importante, la Natione Ponentina, à partir de 1589, et logèrent aussi dans le Gheto Vechio ».

En 1630, des « marchands Juifs fortunés demandèrent un supplément d’espace qu’on leur accorda dans un quartier qui prit le nom de Gheto Novissimo (ghetto très récent) ».

Les « particularismes culturels se distinguaient dans l’occupation spatiale du ghetto comme dans les édifices communautaires. Des petits groupes se formèrent sous la dénomination de Natione (nation), Università (université) ou Scola (école) ».

Les Ashkénazes construisirent « deux synagogues (Scola Grande Tedesca et Scola Cantòn) entre 1528 et 1532, puis trois plus petites sur le Campo ».

En 1575, les Italiens, originaires de Rome et d’Italie centrale, y édifièrent « eux aussi la Scola Italiana. Les Levantins, qui apportèrent leurs modes de vie et leurs cultes orientaux, édifièrent dans l’espace ouvert du Gheto Vechio leur grande synagogue, la Scola Levantina, un hôpital et une auberge pour les marchands de passage ».

Dans « les ruelles voisines, les juifs séfarades, descendants des Juifs qui avaient fui la péninsule ibérique après 1492, bâtirent quant à eux en 1584 la Scola Spagnola, la plus monumentale du ghetto ».
« L’activité intellectuelle connut un essor exceptionnel : en témoignent des personnalités célèbres telles le grammairien Élie Levita, les rabbins Leone da Modena ou Simone Luzzato, la poétesse Sara Copio Sullam. Dans le ghetto, on trouvait un théâtre ainsi que des salons littéraires et musicaux. La grand’ rue du Gheto Vechio comptait de nombreuses boutiques et les libraires proposaient un large choix d’ouvrages. Très active dès 1516, l’imprimerie hébraïque fleurit jusqu’au milieu du XVIIe siècle, avant d’être surpassée par l’imprimerie amstellodamoise ».

« Employant des imprimeurs et typographes ashkénazes, elle fut animée par de grands éditeurs chrétiens : Daniel Bromberg d’Anvers (qui lança les premières éditions complètes du Talmud de Babylone et du Talmud de Jérusalem ainsi que des livres de prières et des éditions complètes de la Bible hébraïque), la famille d’Alvise Bragadini, Marco Antonio Giustiniani, Giovanni di Gara… À la suite de rivalités entre Bragadini et Giustiniani, le pape Jules II ordonna, en août 1553, l’autodafé du Talmud qu’il décréta « hérétique » et « blasphématoire ». Le brûlement public de tous les exemplaires du Talmud et de nombreux ouvrages le citant eut lieu à Venise, sur la piazza San Marco en octobre 1553. Un autre autodafé eut lieu en 1568. Désormais, l’impression hébraïque fut placée sous le contrôle d’une commission de censeurs ».

« Soumises à un contrôle rigoureux, les différentes communautés devaient assurer le paiement d’une lourde taxe communautaire levée par les autorités vénitiennes. Au début du XVIe siècle, les seules activités économiques autorisées étaient le prêt d’argent, le commerce de textiles et objets d’occasion, l’imprimerie hébraïque et la médecine. Les Juifs excellèrent dans les professions médicales et les médecins Juifs vénitiens bénéficiaient d’un statut à part – comme le droit de circuler hors du ghetto la nuit – afin de pouvoir soigner les chrétiens ».

Le « rôle prestigieux des Levantini et des Ponentini dans le commerce maritime leur valut un statut favorable de la part des autorités qui tenaient à les conserver comme intermédiaires avec l’Empire ottoman après la perte de puissance de Venise dans l’espace méditerranéen. Si elles tardèrent à leur accorder un droit de résidence permanent, elles leur laissèrent une plus grande liberté professionnelle et vestimentaire qu’aux ashkénazes et aux italiens. »

Malgré des « restrictions imposées aux Juifs, le ghetto devint un centre vital de l’économie vénitienne ».

« Cependant, au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, le déclin de la puissance vénitienne et l’énormité de la taxe imposée aux Juifs épuisèrent les ressources de la communauté qui s’endetta lourdement ».

Un « grand nombre de Juifs quittèrent alors Venise pour s’établir à Amsterdam, dans les ports de la mer Tyrrhénienne ou dans l’Empire ottoman ».

De 1658 à 1666, « l’aventure du pseudo-messie Shabbataï Tsevi ébranla profondément le judaïsme vénitien, créant une vague d’immigration en Terre sainte et causant la ruine de nombreuses familles Juives ».

La « communauté vénitienne se déclara en banqueroute en 1737 ».

De l’émancipation à la Shoah
Effet bénéfique de la Révolution française : en 1797, les « troupes françaises placées sous le commandement de Bonaparte envahirent le territoire de la République de Venise et rouvrirent le ghetto ».

« Émancipés, les Juifs devinrent ainsi des citoyens à part entière. Dès lors, leur destin devait se confondre avec celui des autres Juifs d’Italie. Ils connurent un processus d’intégration politique et économique complet. Certains jouèrent un rôle politique important lors du Risorgimento, tels Daniele Manin, le premier député Juif élu en Vénétie, Isacco Pesaro, Jacopo Treves ou Leone Pincherle. La communauté versa son tribut de sang lors de la Première Guerre mondiale ».

En 1931, « en raison du déclin économique de Venise, la communauté ne comptait plus que 1 814 membres, et en 1938, après la promulgation des lois raciales, seulement 1 200 ».

En 1943, « l’entrée des troupes allemandes dans la ville fut suivie de mesures tragiques : entre le 8 septembre 1943 et avril 1945, environ 200 personnes – et notamment les pensionnaires de la Casa israelitica di riposo et ceux qui y avaient trouvé refuge –, furent déportées et assassinées à Auschwitz ».

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la communauté Juive « compta encore 1 050 membres, mais la plupart choisirent de quitter la ville ».

En 2015, la communauté juive de Venise avoisine cinq cents membres.

La restauration des objets liturgiques
Parties des collections du Museo Ebraico de Venise, les objets liturgiques retrouvés « constituent un témoignage fort de la splendeur de l’orfèvrerie vénitienne. Soustraits aux spoliations, ils étaient en très mauvais état de conservation lorsqu’ils furent redécouverts à la faveur de la rénovation de la grande synagogue espagnole. En raison du climat humide et salin, leur surface était couverte d’une épaisse couche de sulfuration ou d’oxydation, qui rendait difficile, dans certains cas, l’identification des matériaux. En outre, plusieurs objets présentaient des déformations et des soudures à l’étain réalisées lors d’interventions anciennes ».

Une « importante campagne de restauration a été menée ».

« Tous ces éléments ont été démontés afin de permettre un nettoyage approfondi, les encastrements rectifiés et les soudures réparées. Les surfaces ont été nettoyées au tampon avec des poudres très fines de carbonate de calcium ou bicarbonate de sodium. Dans les cas de sulfurations plus consistantes, on a recouru localement à des compresses de trisodium EDTA pour procéder ensuite à un finissage mécanique au tampon et à un rinçage à l’eau déionisée, destiné à l’enlèvement des résidus. Les objets en argent ont été protégés d’une triple couche de laque nitrocellulose, afin de ralentir la formation d’une nouvelle strate de sulfuration ».

La restauration, « effectuée par Cristina Passeri et Sansovino Restauri, a été rendue possible grâce au soutien de Venetian Heritage et de la maison de joaillerie Vhernier ».

500e anniversaire
Soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et la chaîne Toute l’Histoire, ce documentaire The Venice Ghetto, 500 Years of Life (Il Ghetto di Venezia, 500 Anni di Vita ;  The Venice Ghetto, 500 Years of Life) documentaire d’Emanuela Giordano, coproduit par les sociétés Tangram, Arsam International et Cerigo Films, a été présenté dans le cadre de la Mostra, le 26 janvier 2016, à la veille de la Journée de la mémoire, à l'Institut culturel italien de Paris, et diffusé en France en mars 2016.

Les 30 juillet 2020 à 16 h 25, 1er août 2020 à 11 h 07, 5 août 2020 à 17h, 8 août 2020 à 1 h 02, Toute l'Histoire diffusera "Le ghetto de Venise. Une histoire des Juifs de Venise" d'Emanuela Giordano.


À l'occasion du 500e anniversaire du ghetto de Venise, il retrace l’histoire de la communauté juive de Venise, à travers des témoignages, des séquences animées et les éclairages des grands témoins de cette histoire complexe. C’est un adolescent juif d’origine vénitienne, Lorenzo Luzzatto, né et élevé à New York, retourne sur les traces de ses origines et de la communauté hébraïque de la Cité de Doges et nous guide durant ce voyage. Accompagné de sa tante et de ses deux cousins vénitiens, il va découvrir un monde inconnu et l’incroyable richesse des échanges culturels dont le Ghetto fut le théâtre à l’époque moderne".

"Au XVIe siècle, Venise est une ville de 150 000 habitants, nettement cosmopolite. La communauté juive y est présente depuis des siècles, soumise à certaines époques à des restrictions de résidence, mais en règle générale libre de choisir son lieu d’habitation. Pourtant, le 29 mars 1516, le gouvernement décide de l’isoler du corps citadin. Les Juifs des différents quartiers de la ville doivent se regrouper dans le « Geto Nuovo », situé à Cannaregio. Le lieu est encerclé par des canaux. Deux portes, ouvertes le matin et refermées le soir à minuit par quatre gardiens chrétiens, donnent accès au quartier. Les habitants peuvent sortir dans la journée pour exercer leurs professions, mais la nuit seuls les médecins sont autorisés à le faire afin de soigner les patients hors les murs. Il s’agit là du premier « ghetto » dans l’histoire. À l’origine le terme de « geto » est celui d’un lieu-dit, mais ce nom sera dès lors associé au quartier juif vénitien, puis à tous les lieux de ségrégation".

"Au travers de ses rencontres et de ses pérégrinations cet adolescent nous fait traverser le temps et revivre tous les us et coutumes d'une communauté qui a façonné la ville et son art de vivre. Des spécialistes se concentre sur une question : les origines, les relations entre les Juifs et le gouvernement de la Sérénissime, entre les Juifs de cultures et langues différentes, les grands personnages du ghetto, les métiers autorisés, la Kabbale, la cuisine, l’aventure nationale italienne et les persécutions."

The Venice Ghetto, 500 years of lifereconstructs the history of the oldest ghetto of Europe, thanks to the memories and to the testimonies of “excellent” witnesses, custodians of the memory and of the complex evolution of the Jewish community in Venice. Each one will focus a theme such as the origins, the relationship between the Jews and the Government of the Serenissima, between Jews of different languages and cultures, the great figures in the history of the ghetto, the permitted trades, the money, the cabala, the food, the Jewish-Venetian language, the persecutions and integration. We will tell of the daily life, and some moments of identity: a Bar Mitzvah, and a funeral. We will discover the synagogues hidden behind the facades, seemingly anonymous, the ancient Jewish cemetery, and many other places strongly evocative of an ancient and polymorphic culture."

"The narrative track will follow the path of discovery of Lorenzo, a teenage Jewish boy from New York. Lorenzo is sent to Venice to learn about the origins of his mother’s family, closely related to the origins of life in the ghetto. Lorenzo will face this journey of discovery in the company of an Aunt and two young Venetian cousins who offer him the stimulus to enter more and more into a world unknown to him."

"The initial emotional displacement of the boy makes way for an always growing curiosity. This experience will offer Lorenzo a unique starting point to reflect and mature, his eyes will become gradually more attentive, more perceptive, more inquisitive, without ever losing the freshness and the natural sympathy of his age. Accustomed to a city in continual evolution, which leaves no strong traces of time behind it, Lorenzo remains fascinated by the stratification of the memories and the stories which unfold, and change from an alleyway to a field, to one synagogue to another. Stories which, sometimes take form, like revelations evoked by his imagination, thanks to a historical reconstruction realized in animation. All the characters, witnesses, people who have been met, will meet again in the final scene, in the Campo of the Ghetto, reading aloud the names of those who did not come back from the extermination camps. Lorenzo too is amongst them, participant in a experience which will be remembered forever."



Le 14 avril 2016 à 19 h, le MAHJ proposa Ghetto de Venise, 500 ans. Une rencontre avec Donatella Calabi, auteur du Ghetto de Venise, 500 ans (Liana Levi, 2016), dialoguant avec Fabio Gambaro, journaliste, écrivain et correspondant de la Repubblica à Paris. Donatella Calabi "est directrice du Comité scientifique du Cinquième Centenaire de l’institution du Ghetto de Venise et commissaire de l’exposition sur le même sujet au palais des Doges (juin-novembre 2016. Son ouvrage relate l’histoire de ce lieu clos, depuis son institution jusqu’au processus d’assimilation et met en lumière les relations qui, malgré la réglementation, existaient bien avec le reste de la société civile et avec le monde méditerranéen et d’autres États européens". "29 mars 1516. La Sérénissime impose aux Juifs de Venise de se regrouper dans le lieu-dit «Geto», à l’extrémité nord de la ville, sur une île encerclée par des canaux. Deux portes, ouvertes le matin et refermées le soir à minuit, donneront désormais accès à ce lieu. Les habitants pourront le quitter dans la journée pour exercer leur profession, mais la nuit seuls les médecins seront autorisés à sortir pour soigner les Chrétiens hors les murs. Le premier ghetto est né. Son appellation sera désormais associée à tous les lieux de ségrégation dans le monde. Aujourd’hui, 500 ans après, nous nous posons d’innombrables questions concernant cette mesure. Qu’est-ce qui l’a motivée? Comment la communauté juive l’a-t-elle acceptée? Était-elle d’ailleurs ressentie comme une contrainte ou comme s’inscrivant dans une politique générale de la République vénitienne vis-à-vis des communautés étrangères? Quelle a été la vie dans ce lieu de confinement durant les 300 ans qui ont précédé la suppression des portes par Napoléon ? Depuis l’institution du «lieu clos» jusqu’au processus d’assimilation, dans une approche qui englobe Venise dans son ensemble, ce livre met en lumière les relations qui, malgré la réglementation, existaient entre la Communauté et le reste de la société civile, et aussi la vie de la plus importante ville cosmopolite du bassin méditerranéen".

Un événement suivi de la projection du film Le Ghetto de Venise. Une histoire des Juifs de Venise, documentaire réalisé par Emanuela Giordano (Italie / France, 54 min). 

"Venise et ses rabbins à l’époque de la première modernité - quand le ghetto attirait les Français"
Le 25 octobre 2016, à 20 h 30, le Centre Yavné de Bordeaux proposa la conférence de Evelien Chayes, ingénieur, professeur et auteur, Venise et ses rabbins à l’époque de la première modernité - quand le ghetto attirait les Français "Pour le ghetto de Venise, les premières décennies du XVIIe siècle marquèrent une période non seulement de tensions voire de menaces d’expulsion, mais aussi une ère d’échanges culturels intenses avec des chrétiens. Parmi ces derniers il y eut une forte présence française. Les rabbins, quant à eux, semblent avoir été sollicités plus que jamais par ces visiteurs". Evelien enseigne actuellement à l’Université Bordeaux Montaigne. Elle est l’auteur de L’éloquence des pierres précieuses, (Paris, 2010) et co-auteur, avec G. Veltri, d’un livre sur le ghetto vénitien: Oltre le mura del Ghetto. Accademie, scetticismo e tolleranza nella Venezia barocca (Palermo, 2016).


"Un poisson nommé Venise"
Les 6 et 7 février 2018, le Centre d'art et de culture - Espace Rachi présenta "Un poisson nommé Venise" de et interprété par Eugenio de’ Giorgi. "Partant de cette donnée historique, Eugenio de’ Giorgi a écrit et interprété un spectacle qui en forme de monologue fait revivre de manière comique, les aventures tragi-comiques des personnages et des origines du Ghetto vénitien. L’objectif est celui d’affronter des thèmes comme la ségrégation et la persécution des juifs avec une approche totalement nouvelle par rapport à la mémoire tragique de l’Holocauste, ce qui ne signifie cependant pas ignorer la toujours présente gravité de l’antisémitisme. Dans les habits d’un conteur d’histoires, Eugenio de’Giorgi rappelle à la vie des personnages et des événements directement ou indirectement liés au Ghetto de Venise: à partir du frère dominicain Tommaso de Torquemada, qui lui fit chasser les juifs d’Espagne, au « marrane » Giuseppe Francoso, qui à cause de sa vie précaire… se fit baptiser quatre fois, de Leone Modena, le plus fameux et discuté rabbin vénitien, jusqu’à la poétesse Sara Copio Sullam dite la belle juive et au prophète Nathan de Gaza qui à Venise se fit passer pour le Messie  Shabtaï Tzvi. Eugenio de’ Giorgi a voulu traiter le sujet avec la verve et l’ironie habituelles qui caractérisent ses interprétations, sans oublier le ton et les couleurs de l’humour yiddish. C’est une occasion pour tirer une leçon du passé afin de tenter d’éviter que ces drames perdurent, même et surtout dans ces aspects du quotidien, offrant sujet et matière de réflexion pour le présent et le futur".

Arte
La série documentaire "
Des monuments et des hommes" offre "un pèlerinage architectural". "De la Birmanie à la Hongrie, en passant par l'Iran ou l'Italie, de nombreux édifices religieux emblématiques renferment la mémoire de l'Humanité. Une découverte des lieux, de leur architecture, mais aussi des rites et des croyances des hommes qui les font vivre. Une aventure exceptionnelle dans les recoins les plus sacrés du monde !"

Arte rediffusa le 8 juillet 2023 à 05 h 35, dans le cadre de la série documentaire "Des monuments et des hommes" (Stätten des Glaubens), "Les synagogues du ghetto de Venise" (Italien - Die Synagogen des Ghettos von Venedig) par Celia Lowenstein et Cécile Husson.

"Venise a abrité le premier ghetto du monde, qui compte aujourd'hui cinq synagogues. Le long des canaux, Saul Bassi, professeur de littérature, raconte l’histoire mouvementée de ses ancêtres fuyant les pogroms d’Allemagne pour venir fonder une communauté régie par des règles strictes et construire des synagogues".

 Dans le ghetto de Venise, la diaspora juive "cache les fastes de ses lieux de culte derrière d’humbles façades ». Le film insiste sur les conditions de vie des juifs dans ce ghetto fermé le soir et ouvert le matin au son des cloches, les immeubles surélevés pour abriter une communauté en expansion, les signes vestimentaires destinés à les différencier des chrétiens.

Les cinq synagogues se différencient par leur emplacement, décor et architecture, fondées par les Juifs ashkénazes, séfarades, portugais, "levantins" et italiens... Un point commun : leur discrétion extérieure. Chaque synagogue s'appelle une "scola".

La conquête de la Sérénissime par Napoléon Bonaparte en 1797 libère les juifs en supprimant les lois de l'Inquisition, et leur permet de devenir des citoyens vénitiens libres de circuler, d'exercer le judaïsme.


"Le ghetto de Venise. Une histoire des Juifs de Venise"
Italie / France, Tangram Film / Arsam International / Cerigo Films, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 2015, 54 min - 68 min
l'Institut culturel italien de Paris le 26 janvier 2016
Sur Toute l'Histoire les 21 décembre 2015, 5 mars 2016, 28 juillet 2020 à 01 h 43, 28 juillet 2020 à 15 h 43, 30 juillet 2020 à 16 h 25, 1er août 2020 à 11 h 07, 5 août 2020 à 17 h, 8 août 2020 à 1 h 02

Visuels  © Tangram Film


"Les synagogues du ghetto de Venise" par Celia Lowenstein et Cécile Husson

France, 2018, 26 min
Coproduction : ARTE France, Zed
Sur Arte les 24 janvier 2019 à 17 h 35 et 31 janvier 2019 à 6 h 15, 08 juillet 2023 à 5 h 35, 01 août 2023 à 15 h 25
Sur arte.tv du 20/05/2023 au 07/08/2023
Visuels :
Si aujourd’hui le Gheto Vechio de Venise est devenu une destination touristique, la communauté juive vénitienne est bien vivante et préserve ses traditions.
Quartier historique d’une des plus anciennes communautés juives d’Europe, le Gheto Vechio abrite 5 synagogues construites entre le XVIème siècle et le XVIIème siècle, aux façades discrètes.
Le Ghetto de Venise est l’un des premiers endroits de L’Histoire où des habitants sont isolés, discriminés, surveillés, pour des raisons religieuses. C’est ici que le mot Ghetto trouve son origine.
Dans toutes les synagogues du Ghetto, des ouvertures ont été aménagées afin de laisser entrer la lumière naturelle et faciliter ainsi la lecture du livre sain. C’est une des raisons pour laquelle, elles sont construites sur les étages supérieures.
Credit : © ZED/ARTE

Jusqu’au 13 septembre 2015
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : (33) 1 53 01 86 60
Du lundi au vendredi de 11 h à 18 h. Dimanche de 10 h à 18 h. 
Visuels :
Affiche
Couronne de Torah, keter Torah
Italie, vers 1700, argent
Collection de la Communauté juive de Venise
© Fondazione Venetian Heritage

Coffre pour rouleau de Torah, tiq
Probablement Venise, XVIIIe siècle, bois doré et tissu - Collection de la communauté juive de Venise

Ornement de bâton de Torah, rimmon
Venise, début du XVIIIe siècle, argent - collection de la Communauté juive de Venise

Contrat de mariage, Ketoubbah
Conegliano/ Vénétie/ Italie, 1803 – gouache et écriture manuscrite à l'encre sur parchemin
Mahj, fonds du musée d’art juif de Paris

Chandelier mural pour la fête des Lumières (Hanoukkah)
Probablement Venise, fin du XIXe siècle, bronze
Collection de la communauté juive de Venise

Bras de lumière applique
Giovanni Fantinidella Torah (orfèvre vénitien)
Venise, 1851, argent et bois
Collection de la communauté juive de Venise

Intérieur de la Scuola Tedesca avec la galerie réservée aux femmes (matronée) et l’aron où sont placés les rouleaux de la Loi, Venise.

A lire sur ce blog :
Shoah (Holocaust)
Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 13 septembre 2015, puis les 18 décembre 2015,  26 janvier, 24 mars, 14 avril et 25 octobre 2016, 6 février 2018, 24 janvier 2019, 30 juillet 2020.