Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 2 juillet 2021

Marcel Carné (1906-1996)

Marcel Carné (
1906-1996) était un réalisateur et scénariste français, auteur de chefs-d'œuvre avec le poète Jacques Prévert, souvent dans la veine du réalisme poétique : Drôle de drame (1937), Le Quai des brumes (1938), Hôtel du Nord (1938), Le jour se lève (1939), Les Visiteurs du soir (1942 ), Les Enfants du paradis (1945)ARTE diffusera trois de ses films - Drôle de drame avec Michel Simon et Louis Jouvet, Hôtel du Nord avec Arletty, Louis Jouvet et Bernard Blier, Les assassins de l'ordre avec Jacques Brel et Charles Denner - et un documentaire inédit de François Aymé au cinéaste Marcel Carné.


« ARTE consacre trois films et un documentaire inédit au cinéaste Marcel Carné, qui avec Jacques Prévert réalisa de nombreux films de légende aux répliques mythiques ! Au programme : Drôle de drame avec Michel Simon et Louis Jouvet, Les assassins de l'ordre avec Jacques Brel, Hôtel du Nord avec Arletty, Louis Jouvet et Bernard Blier ainsi qu'un portrait inédit réalisé par François Aymé de cette figure majeure du réalisme poétique. »



« Le drôle de drame de Marcel Carné »
Arte diffusera le 5 juillet 2021 « Le drôle de drame de Marcel Carné » (Tristesse und Sehnsucht. Das Kino des Marcel Carné), documentaire inédit de François Aymé avec la voix de Grégory Gadebois. (France, 2021, 54')

« Figure majeure du réalisme poétique, Marcel Carné nous a légué des chefs-d’œuvre ("Les enfants du paradis", "Hôtel du Nord", "Le quai des brumes"...), mais fut longtemps déprécié par la critique et les cinéphiles. Le passionnant portrait documentaire d’un cinéaste mal-aimé. »

« Né en 1906 à Paris, dans le quartier populaire des Batignolles, Marcel Carné perd sa mère à 5 ans, devient le témoin privilégié de l’existence dissolue de son père, avant de trouver refuge auprès de sa grand-mère ». 

« Armé de son appareil photo, l’adolescent bat le pavé de la Ville lumière et se passionne pour le cinéma ». 

« En 1928, Jacques Feyder, qui tourne Les nouveaux messieurs, le prend sous son aile, avant de filer à Hollywood ». 

« Privé de son mentor, le jeune homme se fait critique, mais, poursuivi par l’impression désagréable de "vivre du travail des autres", s’en va bientôt filmer la légèreté d’un après-midi sur les bords de Marne dans son documentaire Nogent, Eldorado du dimanche ». 

« Revenu un temps dans le giron d’un Feyder de nouveau français, Marcel Carné s’émancipe en 1936 en signant Jenny, mélodrame qui marque la naissance de son tandem avec Jacques Prévert. Drôle de drame, Le quai des brumes, Le jour se lève, Les visiteurs du soir, Les enfants du paradis … : les mots du poète frondeur ("T’as d’beaux yeux, tu sais") et la virtuosité du metteur en scène, influencé par l’expressionnisme, les mots du poète frondeur, s’unissent pour forger une révolution sociale et esthétique : le réalisme poétique. » 

« Dans la France du Front populaire, les petites gens, magnifiés par la gouaille d’un Gabin ou d’une Arletty, sont les héros de grands films ». 

« Quand la guerre éclate, Carné signe avec la Continental, créée par Goebbels, avant de se raviser – ce qui lui vaudra un blâme, vécu comme une injustice, à la Libération ». 

« En zone libre, le cinéaste reforme son duo avec Prévert pour Les visiteurs du soir et, surtout, Les enfants du paradis. Sorti en 1945, ce chef-d’œuvre de tous les superlatifs symbolise la renaissance du cinéma français, en même temps qu’il amorce le cruel déclin de son réalisateur. »

« Après le tournage des Portes de la nuit, Marcel Carné traîne une réputation de cinéaste mégalomane et tyrannique ». 

« Si Thérèse Raquin et Les tricheurs – tous deux avec son ami intime Roland Lesaffre au casting – le relancent, le réalisateur devient la cible des jeunes loups de la Nouvelle Vague, qui le condamnent aux oubliettes... » 

« Parcourant la vie et la carrière de Marcel Carné, au fil d’extraits de films et d’archives (dont de touchantes interviews de l’intéressé), François Aymé tisse le passionnant portrait d’un hypersensible, qui dut composer avec son homosexualité, et qui, malgré son brio, fut longtemps relégué dans l’ombre de ses acteurs et de Prévert, à qui l’on attribua le crédit de leurs plus beaux succès. »


« Drôle de drame »
Arte diffuse sur son site Internet « Drôle de drame » (Ein sonderbarer Fall), film réalisé par Marcel Carné avec Michel Simon, Louis Jouvet, Françoise Rosay, Jean-Louis Barrault  (France, 1937, 94’) 

La musique est signée par Maurice Jaubert, et les décors du film sont créés par Alexandre Trauner.

« Londres, 1900. Irwin Molyneux, un botaniste de profession, écrit des romans policiers à l'insu de tous, sous le pseudonyme de Felix Chapel. Lors d'un dîner chez lui, son cousin Archibald Soper, l'évêque de Bedford, fustige cette littérature criminelle et s'étonne de l'absence de Madame. Soupçonnant Molyneaux d'avoir assassiné son épouse Margaret, il en déduit qu'elle a été assassinée et il prévient Scotland Yard… »

« Une œuvre jubilatoire tourné en 23 jours, mélange d’humour à l’anglaise, de vaudeville à la française et de burlesque à l’américaine. »


"Rien n’est conventionnel dans cette adaptation par Jacques Prévert d’un roman policier anglais. Il y est question de dédoublement, de travestissement, de mystification et de folie criminelle. Les personnages sont en proie à un véritable délire. Les situations les plus farfelues se succèdent à un rythme effréné."


« Hôtel du Nord »
Arte diffusera le 5 juillet 2021, en une version restaurée, « Hôtel du Nord » de Marcel Carné, d'après le roman d'Eugène Dabit, avec Arletty, Louis Jouvet, François Périer, Bernard Blier, Jean-Pierre Aumont, Paulette Dubost (France, 1938, 1 h 33) 

« Avec l’inoubliable « gueule d’atmosphère » d’Arletty, un hommage au Paris populaire et la quintessence du mélo poétique, avec l'inoubliable couple Arletty-Jouvet. »

« Sur les bords du canal Saint-Martin, un jeune couple désespéré, Pierre et Renée, demande une chambre à l'Hôtel du Nord. Ces deux désespérés y ont l’intention de mettre fin à leurs jours... Dans l’établissement, une fête de première communion bat son plein. Pendant ce temps, Pierre tire sur Renée mais n'a pas le courage de retourner le revolver contre lui. Il s'enfuit avant de se rendre, le lendemain, à la police. Mais Renée a été sauvée par les patrons de l’hôtel. À sa sortie de l'hôpital, elle retourne à l'Hôtel du Nord pour y reprendre ses affaires. Engagée comme serveuse, elle rencontre Edmond, un proxénète qui y habite avec Raymonde, une fille travaillant pour lui... »

« La fine silhouette d’Arletty sanglée dans un tailleur écossais sur un pont du canal Saint-Martin, sa gouaille délicieuse et l’"atmosphère" la plus célèbre du cinéma… Dans le Paris des années 1930, le petit peuple vit à l’hôtel, huis clos exigu et vedette du film, où les ouvriers et les éclusiers qui le quittent à l’aube frôlent les marlous, les proxénètes et les filles qui reviennent de nuits blanches ». 

« En portant à l’écran le roman social d’Eugène Dabit L’Hôtel du Nord, établissement humide à la façade modeste du quai de Jemmapes − dont les parents de l’écrivain furent réellement les propriétaires −, Marcel Carné cisèle, dans un noir et blanc tout en nuances, un bijou de réalisme, où la tendresse amusée du regard et la verve des dialogues percent la noirceur de la condition humaine. »

« Auprès du couple mythique Arletty-Louis Jouvet, qui hante toutes les mémoires, le film aligne aussi une galerie de portraits audacieux pour l’époque – l’orphelin de la guerre d’Espagne adopté par les hôteliers ou encore l’homosexuel assumé incarné par François Perrier ». 

« Entre drame et comédie, un chef-d’œuvre à revoir et la quintessence du mélo poétique. »


"Les dialogues de Jeanson et les acteurs qui les disent sont géniaux, mais il faut également saluer le talent de Carné, capable de créer un univers où la vérité jaillit de l’artifice. Le cinéaste met en scène une galerie de per-sonnages émouvants ou pittoresques qui composent un formidable tableau du prolétariat, avec toutes les couleurs du cynisme, de la trivialité, des émotions tragiques et de l’espoir."


"Thérèse Raquin"
Arte diffusera le 8 mars 2021 "Thérèse Raquin", film franco-italien de Marcel Carné, d'après le roman d'Émile Zola "Thérèse Raquin" (1867), avec Simone Signoret, Raf Vallone, Sylvie, Jacques Duby, Roland Lesaffre

"Lyon, 1953. Mariée à son cousin de santé fragile, Thérèse étouffe entre son époux et sa belle-mère, dans un quotidien terne. Un jour, elle rencontre un camionneur italien. Ils tombent immédiatement amoureux l'un de l'autre. Quand Thérèse avoue sa liaison à Camille, celui-ci refuse de divorcer… La tragédie d'un amour adultère condamné par la fatalité. Avec Simone Signoret, inoubliable, Marcel Carné adapte magnifiquement le roman de Zola."
  
"Marcel Carné s'inspire très librement du roman de Zola. L'époque, les faits, l'ambiance, la personnalité des protagonistes sont différents, et le fait divers devient tragédie. Dernier grand film expressionniste du cinéma français, Thérèse Raquin marque la fin d'une époque mythique. Certaines images ne quittent plus nos mémoires : on ne peut oublier Signoret, magnifique en amoureuse endeuillée, ni Raf Vallone, irrésistible dans sa veste de cuir."

Pour Le Monde, le journaliste Jean de Baroncelli a écrit le 5 septembre 1953 : "Marcel Carné a remporté hier soir, avec " Thérèse Raquin " une importante victoire. Il a prouvé qu'avec des moyens non pas modestes, mais raisonnables, il savait encore faire un beau film, donnant ainsi raison à tous ceux qui déploraient, depuis l'échec de " Juliette ", qu'on le tint dans l'oisiveté. Car " Thérèce Raquin " est un beau film. J'ajouterai, puisque nous sommes à Venise et que " Thérèse Raquin " participe à une compétition internationale, que c'est un film éminemment français et dont l'extraordinaire agencement dramatique porte la marque de notre classicisme."

Et le critique cinématographique d'analyser : "Empêché de jouer les nababs, Carné a pratiqué en maître ce principe d'économie qui est un des secrets de l'art. Je ne dirai pas que le purgatoire financier qu'il a traversé lui a fait découvrir les vertus éternelles de la simplicité, de la mesure, de l'ellipse ou de la suggestion (son œuvre entière témoigne de cette connaissance), mais il lui en a, par force, redonné le goût. Pour l'artiste véritable la crainte - qu'elle soit volontaire ou non - est toujours féconde. L'admirable pureté de lignes de " Thérèse Raquin " en est une nouvelle preuve.

Et le journaliste et fils de réalisateur poursuit : "Il y avait pour nous deux solutions, explique Camé en parlant de son ouvrage : ou bien situer le drame à l'époque où il fut écrit par Zola, ou bien respecter l'idée de l'auteur, qui était de peindre les détours d'une passion violente et la transposer dans notre époque pour lui donner un caractère plus direct. Nous avons adopté la seconde solution."

Et Jean de Baroncelli conclut : "En fait, Carné et Charles Spaak ont été amenés à modifier assez considérablement le roman de Zola non seulement dans sa forme, mais dans son esprit. La principale de leurs initiatives est d'avoir enlevé au crime des deux amants son caractère de préméditation. J'ajoute n'avoir pas été absolument convaincu par les raisons qui ont poussé les auteurs à cette décision. Non seulement la préméditation était un ressort dramatique valable, mais surtout elle expliquait mieux qu'il n'est fait dans le film, cette horreur qui, le crime accompli, sépare la femme de l'homme..."

"Thérèse Raquin est une libre adaptation du roman de Zola, transposé à Lyon dans les années 50. Marcel Carné et son scénariste Charles Spaak font de Thérèse un personnage moderne, aliénée par sa condition d’épouse bourgeoise. Sa vie conjugale s’écoule de manière lugubre, entre un mari maladif et une belle-mère acariâtre. Elle devient la maîtresse de Laurent, un camionneur italien qui tombe amoureux d’elle. Les amants tuent le mari lors d’une violente altercation dans un train. Le destin les rattrape sous la forme d’un jeune marin qui a assisté à la scène malgré lui et s’improvise maître-chanteur", a écrit Oliver Père

Et de poursuivre : "Thérèse Raquin compte parmi les films les plus réussis de Marcel Carné, dans la période de l’après-guerre. On a coutume de traiter avec condescendance l’œuvre de Carné après 1945. Il est vrai que le cinéaste a rencontré de nombreux revers dans la seconde moitié de sa carrière, où des œuvres ambitieuses comme Juliette ou la clé des songes ou La Merveilleuse Visite peuvent légitimement inspirer le rejet et l’embarras. Mais La Marie du port, L’Air de Paris ou Les Assassins de l’ordre sont loin d’être des films honteux". 

Et de conclure : "En ce qui concerne Thérèse Raquin, il s’agit d’une commande prestigieuse, produite par Raymond et Robert Hakim, qui permet à Carné de renouer avec le succès – il recevra le Lion d’argent de la meilleure réalisation à la Mostra de Venise. Carné y reste fidèle à l’expressionnisme de ses débuts, et illustre une nouvelle fois le thème de la fatalité. Il signe une mise en scène extrêmement maîtrisée, avec un noir et blanc splendide. Thérèse Raquin est un film à l’atmosphère étouffante, qui bénéficie d’une interprétation exceptionnelle. Simone Signoret se révèle inoubliable en femme tragique, avec à ses côtés l’émouvant Raf Vallone, dans son premier rôle en français."


« Les Assassins de l’ordre »
Arte.tv diffuse « Les Assassins de l’ordre » (Mörder nach Vorschrift), film de Marcel Carné, avec Jacques Brel, Michael Lonsdale, Charles Denner (1971, France, 106’). Sélection officielle, Mostra de Venise 1971.

« Soupçonné d'avoir participé à un cambriolage, Michel Saugeat est arrêté et meurt juste après son interrogatoire. Convaincue qu'il a été battu sauvagement durant sa détention, sa femme porte plainte. Envers et contre tout, avec l'aide du juge Level (Jacques Brel), elle tente de faire éclater la vérité. L'affaire est sensible dans le climat d'après mai 68…»

« Adapté du livre du chroniqueur judiciaire Jean Laborde, Les Assassins de l’ordre s’inscrit dans la lignée des films politiques post 68. Un film rare porté par la bande originale moderne de Pierre Henry et Michel Colombier. »


"Les dialogues de Jeanson et les acteurs qui les disent sont géniaux, mais il faut également saluer le talent de Carné, capable de créer un univers où la vérité jaillit de l’artifice. Le cinéaste met en scène une galerie de per-sonnages émouvants ou pittoresques qui composent un formidable tableau du prolétariat, avec toutes les couleurs du cynisme, de la trivialité, des émotions tragiques et de l’espoir."



« Le drôle de drame de Marcel Carné » de François Aymé 
France, 2021, 54'
Coproduction : ARTE France, Kuiv Productions 
Avec la voix de Grégory Gadebois
Sur Arte le 5 juillet 2021 à 22 h 30 et sur arte.tv du 28/06 au 02/09
Visuels :
Marcel Carné en tournage
© CNC

Tournage de Quai des brumes. À gauche Marcel Carné, à droite Pierre Brasseur et Michèle Morgan
© TRAUNER NAERT

J.Kosma, J.Prévert, M.Carné, J.Gabin et A.Trauner à la Colombe dor (Saint-Paul-de-Vence) (1946)
© SAVITRY

Jacques Prévert (à droite) avec Marcel Carné lors d’un travail en commun pour le film “Les Enfants du paradis”. Denise Belon, janvier 1945
© Denise Bellon / AKG

Marcel Carné et Jacques Prevert sur le tournage des " Portes de la Nuit"
© Sunset Boulevard / Corbis / G

« Drôle de drame » de Marcel Carné 
France, 1937, 94’. Version restaurée - 
Auteur : Joseph Storer Clouston
Scénario : Jacques Prévert
Productrice : Continentale Cinématographique
Montage : Marthe Poncin
Musique : Maurice Jaubert
Décors de film : Alexandre Trauner
Avec Michel Simon (Irwin Molyneux/Félix Chapel), Louis Jouvet (Monseigneur Archibald Soper), Jean-Louis Barrault (William Kramps), Françoise Rosay (Margaret Molyneux)
En exclusivité sur arte.tv du 1er juillet au 31 décembre

France, 2021, 2 min
Disponible du 30/06/2021 au 31/07/2021

« Hôtel du Nord » de Marcel Carné
France, 1938, 1 h 33
Version restaurée
D'après le roman d'Eugène Dabit
Avec Arletty, Louis Jouvet, François Périer, Bernard Blier, Jean-Pierre Aumont, Paulette Dubost
Sur Arte les 5 juillet 2021 à 20 h 55 et 28 juillet 2021 à 13 h 35
Disponible sur arte.tv du 05/07/2021 au 03/08/2021
Visuels :
Arletty est Raymonde et Louis Jouvet, Monsieur Edmond, dans " Hôtel du Nord" de Marcel Carné
Arletty est Raymonde dans " Hôtel du Nord" de Marcel Carné
Louis Jouvet est Monsieur Edmond dans " Hôtel du Nord" de Marcel Carné
© Roger Kahan

France, 2021, 2 min
Disponible du 30/06/2021 au 31/07/2021

"Thérèse Raquin" de Marcel Carné
France, Italie, 1953
Scénario : Marcel Carné, Charles Spaak
Production : Paris Film Productions, Lux Film
Producteurs : Robert Hakim, Raymond Hakim
Image : Roger Hubert
Montage : Henri Rust
Musique : Maurice Thiriet
Auteur : Emile Zola
Sur Arte les 8 mars 2021 à 20 h 55, 11 mars 2021 à 23 h 05, 18 mars 2021 à 13 h 35
Disponible du 08/03/2021 au 14/03/2021
Visuels :
Raf Vallone est Laurent et Simone Signoret est Thérèse Raquin dans le film de Marcel Carné
Jacques Duby est Camille Raquin et Simone Signoret est Thérèse Raquin dans le film de Marcel Carné
Raf Vallone est Laurent et Simone Signoret est Thérèse Raquin dans le film de Marcel Carné
Simone Signoret est Thérèse Raquin dans le film de Marcel Carné
© Paris Film Productions - Lux

« Les Assassins de l’ordre » de Marcel Carné 
France, 1971, 106’
Avec Jacques Brel, Michael Lonsdale, Charles Denner, Catherine Rouvel, Paola Pitagora
Sélection officielle, Mostra de Venise 1971 
En exclusivité sur arte.tv du 1er juillet au 31 décembre 2021

France, 2021, 2 min
Disponible du 30/06/2021 au 31/07/2021

jeudi 1 juillet 2021

« La victoire des bleus » par Serge Viallet

Arte rediffusa le 3 juillet 2021, dans le cadre de « Mystères d'archives » (Verschollene Filmschätze), « 1998 - La victoire des bleus » (1998. Frankreich ist Fußball-Weltmeister) par Serge Viallet. 
L'analyse des images de la victoire, tant attendue, de la France face au Brésil sur le score de trois à zéro le 12 juillet 1998, au Stade de France à Saint-Denis, près de Paris, devant 80 000 spectateurs.

« Mystères d'archives »  est « une collection d'enquêtes fouillées qui interroge les images historiques ».

« Les Brésiliens étaient favoris, ce 12 juillet 1998, mais pour la première fois depuis 1930, l'équipe française "black blanc beur" de football s'impose en finale de la Coupe du monde, avec un record d'audience et de popularité à la clé... »

Désormais, comme l'a relevé avec pertinence l'éditorialiste Eric Zemmour dans Face à l'Info sur CNews fin juin 2021, l'équipe française dénommée tricolore (bleu-blanc-rouge) est désignée par l'expression unicolore "Les Bleus". La dimension nationale de cette équipe sportive est ainsi rejetée. Sans susciter d'indignation. 

Eric Zemmour a aussi relevé que l'Euro, compétition européenne quadriennale organisée par l'UEFA,  était dénommé de 1968 à 1996 Championnat d'Europe des nations.

Une foule d'environ 1,5 million de personnes acclament les Bleus installés dans leur bus  à impériale célébrant leur victoire sur l'avenue des Champs-Élysées, puis au palais de l'Élysée où Jacques Chirac, alors Président de la République, les accueille ainsi que leurs familles. Le 14 juillet, ils sont distingués par le titre de Chevaliers de la Légion d'honneur. En 2018, la communication du Président de la République Emmanuel Macron s'inspire de ce "rituel", populaire puis solennel, après la victoire de l'équipe de France.

"L'effet Mondial" sur l'économie, la croissance ou le moral des ménages a été surestimé, voire inventé par des médias : cet impact positif s'est révélé très temporaire, et n'a concerné que les sponsors de l'équipe hexagonale, la presse sportive, essentiellement L'Equipe, pourtant critique auparavant de la stratégie du sélectionneur Aimé Jacquet et du style de jeu de l'équipe française - augmentation du tirage et du nombre d'exemplaires vendus - et les droits télévisés qui enregistrent une hausse importante. Et des clubs de football ont accueilli de jeunes licenciés enthousiasmés par leurs champions.

"Comme après la victoire des Bleus en 1998, McDonald's a relancé en 2018 son Mega Mac. "Lancé en 1998 avec Fabien Barthez, le Mega Mac, un hamburger Big Mac avec quatre steaks au lieu de deux, sera de nouveau proposé par McDonald's du 12 au 15 octobre 2018. [Dans la publicité de 1998], Fabien Barthez ôte un à un les graines de sésame du pain avant d'embrasser le sandwich. Un clin d'oeil au rituel au sein de l'équipe de France championne du monde entre le gardien de but et le défenseur Laurent Blanc. La chaîne de fast-food américaine sera proposé dans les restaurants seulement entre le 12 et le 15 octobre prochain. La marque n'associera pas les joueurs de l'équipe de France comme en 1998. A l'époque, la campagne s'était étalée sur l'ensemble du mois de septembre alors que cette année, le burger ne sera vendu que durant trois jours. Régulièrement disponible dans d'autres pays comme le Japon, l'Australie ou la Thaïlande, ce double Big Mac n'était jamais revenu en France. Sans doute à cause de sa taille et de sa charge calorique. Avec ses quatre steaks, le Mega Mac émarge en effet à 736 kcalories contre "seulement" 495 pour son petit frère, le Big Mac. Un sandwich très riche donc un peu à contre courant de la politique de McDonald's qui cherche à proposer des aliments plus sains dans ses restaurants depuis quelques années."

En revanche, l'impact sur la popularité du Président Jacques Chirac et du Premier ministre socialiste Lionel Jospin a été réel : la popularité du Président avait enregistré une hausse de sept points en un mois selon des sondages. 

Or, après la victoire en finale de l'équipe de France sur celle de Croatie alors de la Coupe du Monde de 2018, en juillet 2018, "six Français sur 10 (61%) pensent toujours que le chef de l'Etat [Emmanuel Macron] n'est pas un "bon président." Cela représente une baisse de popularité de deux points par rapport à la dernière mesure effectuée le 26 juin dernier".

Un slogan "Black Blanc Beur" instrumentalisé politiquement pour promouvoir le multiculturalisme, pour vanter le triomphe de l'anti-racisme.


Coupe du monde 2010
Lors de la Coupe du monde de football en 2010, des joueurs français des joueurs de l'équipe de France ont fait grève : au centre d'entrainement situé à Knysna (Afrique du Sud), ils ont refusé publiquement de participer à l'entraînement. Pourquoi ? Lors de la mi-temps du match contre le Mexique, vainqueur de l'épreuve, dans le vestiaire, l'attaquant Nicolas Anelka avait insulté le sélectionneur Raymond Domenech. La Fédération de football a décidé d'exclure Nicolas Anelka, ce qui a suscité l'opposition d'autres joueurs qui, en signe de solidarité, ont refusé de descendre du bus les ayant accompagnés jusqu'au centre sud-africain.

Les médias révèlent alors les divisions internes à l'équipe de France écartelée entre des « clans » -footballeurs « issus de quartiers dits sensibles » (Ribéry, Anelka…), footballers « provinciaux » (Lloris, Toulalan, Gourcuff, Govou) -, ostracisme visant Yoann Gourcuff cible de l'animosité de Franck Ribéry... Un scandale sportif aux volets politiques et qui a terni l'image de la sélection hexagonale et l'adhésion des Français à leur équipe.

Succédant à Raymond Domenech, Laurent Blanc présenta lors de son premier match comme sélectionneur face à la Norvège le 11 août 2010, une équipe sans aucun des 23 footballeurs membres de l'équipe ayant participé à la Coupe du monde.

"Dans une interview publiée le 23 avril 2017 dans Ouest France, le journaliste Pierre Ménès" est revenu "sur un sombre épisode de l'histoire du football français, évoquant notamment le “racisme anti-blanc” de certains joueurs. “Moi, je veux bien défendre pour Zidane, mais je ne veux pas défendre pour Gourcuff…”, aurait ainsi lancé Florent Malouda, l'un des attaquants de l'équipe de France, à propos de son collègue, Yoann Gourcuff, comme le rapporte Pierre Ménès, qui ajoute : “Ce que le groupe ou une partie du groupe a fait à Gourcuff, avant l’histoire du bus, c’est inique, ça n’a pas de mot… C’est du racisme anti-blanc.”

"Ce sera donc une histoire surréaliste jusqu'au bout. 2010, Knysna, la Coupe du monde en Afrique du Sud, les insultes de Nicolas Anelka à Raymond Domenech, l'exclusion de l'attaquant, la lettre signée par les joueurs pour protester contre cette décision, la grève, et au final... beaucoup de zones d'ombre qui resteront non élucidées."

Le 15 juin 2020, "Le Monde a indiqué que le rapport rédigé par la mission d'information de la FFF chargée d'enquêter en urgence sur les événements de Knysna a été « perdu ». « Le président de la Fédération française de football a informé la commission de ce qu'en dépit des recherches effectuées, le document sollicité n'a pu être retrouvé », a en effet écrit la Commission d'accès aux documents administratifs dans un avis rendu le 31 mars 2019."

"Contactée par le quotidien, la FFF a confirmé cette information et assuré que le rapport « n'a pas été archivé à l'époque ». Pour rappel, cinq joueurs (Nicolas Anelka, Patrice Evra, Franck Ribéry, Jérémy Toulalan, Éric Abidal) avaient été déférés devant la commission de discipline après ce rapport, et seul Abidal n'avait pas été sanctionné."

Lilian Thuram
En 2011, Christophe Dugarry a révélé une scène qui s'est déroulée dans le "vestiaire de France 98, le soir de la finale contre le Brésil" : «On était en train de prendre des photos avec la Coupe du monde, entre nous. Et Lilian dit : "Allez les Blacks, on fait une photo tous ensemble". Moi, je n'ai pas relevé, je n'ai pas fait l'amalgame, je n'ai pas mal interprété ses propos. Franck Leboeuf, lui, a remarqué et a lancé : "Lilian, qu'est-ce que tu dis ? Et si, moi, je disais : allez les Blancs, on fait une photo tous ensemble ?". Mais à aucun moment on s'est dit que Lilian était raciste. Lilian ne doit pas oublier qu'il arrive à tout le monde de dire des choses qui dépassent sa pensée ou qui peuvent être mal interprétées.»

En 2016, le musée du quai Branly a présenté l'exposition partiale Exhibitions. L’invention du sauvage dont commissaire général est Lilian Thuram.

En septembre 2019, "dans une longue interview donnée au Corriere dello Sport, Lilian Thuram est revenu sur les cris racistes adressés au joueur de l'Inter Milan Romelu Lukaku, dimanche dernier à Cagliari, et propose de s'inspirer de la France : « Il y a une hypocrisie incroyable et il manque la volonté de résoudre le problème. Ne rien faire équivaut à être d'accord avec ceux qui poussent des cris racistes. Si quelque chose vous dérange, vous faites tout pour la changer. En France, on interrompt les matches en cas de comportement contre l'homosexualité dans les tribunes : suspendre la rencontre et renvoyer les joueurs aux vestiaires, cela veut dire éduquer les gens... Il faut prendre conscience que le monde du foot n'est pas raciste mais qu'il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche, poursuit l'ancien défenseur de Parme et de la Juventus Turin. Il est nécessaire d'avoir le courage de dire que les blancs pensent être supérieurs et qu'ils croient l'être. De toutes les manières, ce sont eux qui doivent trouver une solution à leur problème. Les noirs ne traiteront jamais les blancs de cette façon, et pour n'importe quelle raison. L'histoire le dit. »

Des déclarations qui ont suscité l'indignation, notamment de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) qui, dans un communiqué, a déclaré :
"Ces propos témoignent des risques d’une dérive du combat antiraciste dans lequel Lilian Thuram s’est toujours investi.
L’universalisme républicain, c’est-à-dire cette idée selon laquelle la République est indivisible, demande un travail constant et exigeant : il n’est pas possible d’essentialiser un groupe – en l’occurence « les Blancs » en le définissant globalement par des caractéristiques uniques qui vaudraient pour  l’ensemble de ses membres. Surtout, ce serait un poison que de vouloir en permanence définir des individus en fonction de la couleur de leur peau car c’est précisément le piège tendu par les racistes.
Cette assignation, qui crée un monde avec les « Blancs » d’un côté et les « Noirs » de l’autre, n’est pas acceptable si on prétend, comme souhaite le faire Lilian Thuram, combattre le racisme. La division de la société en groupes de couleur est une lourde erreur qui produira l’effet inverse au but recherché : celui d’une société fragmentée là où il y a urgence à réunir, à rassembler, à faire renaître un idéal commun".
Lilian Thuram a répondu que ses propos avaient été sortis de leur contexte.

Khabib Nurmagomedov
"Samedi 31 octobre 2020, Khabib Nurmagomedov a publié sur son compte Instagram un message en russe : « Les ennemis de l’islam […] essaient d’insulter les sentiments de centaines de millions de croyants à travers le monde. » Pour lui, ces « ennemis » auraient « défié le seigneur qui a promis de protéger le messager des attaques des ignorants ». Le sportif de 32 ans, lui-même musulman très pratiquant, s’est directement adressé aux Français et à ceux qui les soutiennent. « Vous ne pouvez pas nuire à Mohamed et à sa mémoire. » Khabib Nurmagomedov a poursuivi : « Qu’Allah bénisse notre prophète bien-aimé et sa famille. » Puis, il a menacé « qu’Allah écrase son châtiment sur tous ceux » opposés à l’islam radical."

"Des joueurs ou anciens joueurs de l’équipe de France de football ont liké, c’est-à-dire aimé, la publication du champion russe, originaire du Daguestan – une région russe où la majorité des habitants sont musulmans. Karim Benzema, Mamadou Sakho et Tiémoué Bakayoko ou encore le Bosnien Miralem Pjanic et le footballeur anglais à la retraite David Beckham. Le joueur du PSG, Presnel Kimpembe, aurait aussi liké les propos haineux de Khabib Nurmagomedov selon plusieurs internautes. Toutefois, il a démenti les faits sur son compte Twitter : « Je fais du sport, pas de la politique. Je ne parle pas russe non plus. Je condamne fermement le terrorisme, toutes formes de violence sans aucune réserve, et toutes les tentatives de manipulation nauséabondes. » Son « like » n’est, à ce jour, plus visible."

"La veille, vendredi 30 octobre, Khabib Nurmagomedov avait déjà traité le président français d’ « ordure ». Plus inquiétant encore, il n’avait pas hésité à menacer le pays entier. Il avait insinué que ces « provocations » auront de « graves conséquences » étant donné que « les pieux ont toujours le dernier mot », selon lui. Khabib Nurmagomedov avait aussi rédigé ce message en russe et en arabe sur son compte Instagram. "

Euro 2021
"Les Anglais et les Belges l'ont fait, et ont eu droit à des sifflets. Les Français devaient le faire, avant de renoncer. Depuis le début de la compétition, ce geste symbolisant un soutien au mouvement Black Lives Matter prend autant de place sur le terrain qu'à l'extérieur". Les "Bleus se sont déjà agenouillés, notamment lors de leur rencontre amicale de préparation face au pays de Galles, le 2 juin, à Nice. Un geste qu'ils n'ont en revanche pas répété pour le moment lors de l'Euro : contrairement à ce qui était prévu (provoquant la colère dans les rangs de l'extrême droite), l'équipe de France n'a en effet pas mis un genou à terre avant son match contre l'Allemagne, mardi soir. "On part du principe que si on doit le faire, toutes les nations doivent le faire, s'est défendu après coup le capitaine des Bleus, Hugo Lloris, sur RMC. Cela ne veut pas dire qu'on ne soutient pas la cause, on ne veut surtout pas de racisme dans notre sport et dans la société. On voit plus les joueurs britanniques le faire car c'est dans la lancée de leur championnat. Il n'y a pas de débat, on est tous ensemble dans la décision."

"Le sélectionneur des champions du monde n'a d'ailleurs pas apprécié qu'on puisse critiquer le manque d'audace de son équipe. "La moindre petite chose, quoi qu'on fasse moi ou les joueurs, quoi qu'on dise, ça amène de l'interprétation, a déclaré Didier Deschamps, toujours sur RMC. Il y a toujours de la récupération, dans un sens ou dans l'autre. Forcément, ce n'est pas quelque chose de bien. Il y a un tel climat où ça part dans tous les sens."

"A la décharge des Bleus, rappelons aussi que l'avant-match a été mouvementé sur la pelouse de l'Allianz Arena de Munich : quelques instants avant le coup d'envoi, un ULM de Greenpeace, qui souhaitait se poser, a heurté un câble, perturbant le protocole. En conférence de presse, mercredi, Raphaël Varane a expliqué que les Bleus soutenaient toujours la cause mais avaient estimé, entre eux, que le geste était devenu "un symbole de tension et de crispation par rapport au fait qu'une équipe puisse mettre le genou à terre et qu'une autre équipe non". "On n'a pas un élan collectif avec un message clair et fort de façon unanime [entre toutes les équipes] donc le message n'est pas celui qu'on souhaite", a-t-il clarifié."

"L'UEFA ne condamne pas le fait de mettre un genou à terre pour dénoncer le racisme. Au contraire, elle l'encourage. Contactée par nos soins, l'instance explique qu'elle a "une tolérance zéro contre le racisme, par conséquent, tout joueur qui veut exiger l'égalité entre les humains en posant un genou à terre est autorisé à le faire". Elle exhorte aussi les spectateurs à "faire preuve de respect envers les joueurs et les équipes qui font ce geste". Elle déploie elle-même des banderoles "Non au racisme" lors de certains matchs et assume de lutter ouvertement contre les discriminations."

"Quant aux Bleus, poseront-ils cette fois le genou face à la Hongrie samedi après-midi ? Difficile de le savoir pour le moment, aucune information n'ayant été donnée. Peut-être quand même un indice chez vous : dans le stade de Budapest où les Français vont jouer, une partie du public a allègrement sifflé les Irlandais qui ont exécuté ce geste, le 8 juin, lors d'un match amical. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a ensuite défendu ces sifflets des spectateurs, en répétant qu'une telle démonstration n'avait "pas sa place sur un terrain de sport" et que la Hongrie "n'avait jamais été concernée par la traite d'esclaves". 

"Contactée par franceinfo, la fédération française de football nous assure qu'"aucune consigne" n'est donnée aux joueurs. Comprendre : les Bleus sont libres de le faire ou de ne pas le faire." Les footballeurs français ne se sont pas agenouillés.

"Les joueurs de confession musulmane à l'Euro 2021 ont désormais la possibilité de demander à ce qu'il n'y ait pas de bouteille de bière (sans alcool) sur leur pupitre en conférence de presse. L'information, rapportée par le Daily Telegraph, a pu se vérifier avec Karim Benzema après France-Portugal."

"Le come-back de Karim Benzema en équipe de France juste avant l’Euro aurait été demandé par le président de la République Emmanuel Macron. Didier Deschamps aurait-il menti sur les raisons qui l’ont poussé à rappeler Karim Benzema au sein de sa sélection juste avant l’Euro ? D’après les révélations faites par le journaliste Romain Molina dans son dernier livre c’est en effet le cas. Ce n’est pas parce qu’il avait « besoin » de lui que le patron tricolore a ramené à KB9 mais parce que dans les hauts lieux de l’état on le lui a imposé. Cela faisait cinq ans que Deschamps et Benzema ne se parlaient plus et s’il y a eu réconciliation entre les deux hommes et que la hache de guerre a été enterrée c’est grâce à l’intervention d’Emmanuel Macron. Le président de la république a personnellement milité pour que le come-back de l’attaquant du Real en Bleu."

"L’ingérence du chef d’état n’a pas été du goût de la FFF. Noël Le Graët avait beau affirmer qu’il était très heureux de voir Benzema retrouver sa maison, il ne pensait pas un mot de ce qu’il disait. Le président de la fédération préparait déjà sa contre-attaque à ce moment-là. Il comptait tout mettre sur le dos de l’ancien lyonnais en cas d’élimination prématurée des Bleus. Le scénario en question s’est vérifié, mais il lui était difficile de mettre son plan à exécution vu les prestations du joueur lors du tournoi. Benzema a fini meilleur buteur français de la compétition avec 4 buts inscrits."

"Notons aussi que dans son livre, intitulé « The Beautiful game », Molina affirme que le traitement médiatique auquel a eu droit Benzema suite à son retour n’a pas été très apprécié au sein du groupe tricolore. Antoine Griezmann se serait notamment plaint que son coéquipier ait été trop mis en avant. Une révélation qui confirme une rumeur avancée par L’Equipe durant la phase de préparation."

  
« La victoire des bleus » par Serge Viallet
France, 2017, 27 min
Sur Arte les 15 décembre 2019 à 13 h 15, 3 juillet 2021 à 16 h 50
Visuels : © INA

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 14 décembre 2019, puis le 1er juillet 2021.