Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 1 février 2023

Le Réseau Marcel

Durant la Deuxième Guerre mondiale, en 1943, Moussa Abadi (1907-1997), dit Monsieur Marcel, et Odette Rosenstock (1914-1999)dite Mlle Sylvie Delattre, créent à Nice le réseau de résistance dénommé réseau Marcel. Avec l'aide de Monseigneur Paul Rémond, évêque de Nice, et celle des pasteurs protestants Edmond Evrard et Pierre Gagnier, ils sauvent 527 enfants juifs. Arte diffusera le 2 février 2023 à 17 h 25 « Invitation au voyage » (Stadt Land Kunst), « À Nice, un évêque vole au secours des juifs » (In Nizza: Ein Bischof rettet die Juden)

Moussa Abadi
(1907-1997) est né dans une famille juive à Damas, alors dans l’empire ottoman et actuellement en Syrie. Orphelin de mère, il est élevé par ses grands-parents maternels et scolarisé dans une école de l’Alliance israélite universelle (AIU). Après des études à la Sorbonne à Paris, il devient instituteur dans une école musulmane à Damas. Grâce à une bourse publique, il prépare une licence de Lettres et étudie la psychologie infantile à la Sorbonne. Parallèlement, il assiste aux cours du professeur Gustave Cohen, historien médiéviste qui fonde la première compagnie théâtrale de la Sorbonne. Moussa Abadi joue dans Le Miracle de Théophile de Ruteboeuf avec Marcel Schneider et Jacques Chaillet. La troupe prend le nom : Les « Théophiliens ».

En 1937, André Barsacq recrute Moussa Abadi comme comédien dans la troupe au théâtre des "Quatre Saisons". Moussa Abadi y rencontre Jacques Copeau, Jean Dasté et Svetlana Pitoëff. La compagnie joue au Théâtre des Champs-Élysées dans « Le Roi Cerf » de Carlo Gozzi, puis, de 1937 à 1938, au French Theater of New York. Avec l’aide de Mlle Robinson, mécène américaine, et en partenariat avec le Quai d’Orsay, la troupe effectue une tournée de cinq mois : elle interprète huit pièces dont « Le Roi Cerf » et « Knock » où Louis Jouvet confie à Moussa Abadi le rôle de Knock. En juin 1938, Moussa Abadi quitte la Compagnie des Quatre Saisons.

En décembre 1939, Moussa Abadi rencontre Odette Rosenstock (1914-1999), médecin juive qui avait aidé des réfugiés espagnols à sortir clandestinement des camps d'internement au sud de la France. Exclue par le Statut des Juifs en 1940, elle travaille comme vacataire dans des dispensaires juifs parisiens.

En novembre 1942, Moussa Abadi et Odette Rosenstock habitent dans un immeuble de la rue Amiral-de-Grasse, à Nice, et se rendent dans un centre communautaire juif.

Odette Rosenstock exerce la fonction de médecin dans un dispensaire de l'OSE (Œuvre de secours aux enfants). 

En 1943, Moussa Abadi, dit Monsieur Marcel, et Odette Rosenstock, dite Mlle Sylvie Delattre, créent à Nice le réseau de résistance dénommé "Réseau Marcel" afin de sauver, avec l'aide de Monseigneur Paul Rémond, évêque de Nice, et celle des pasteurs protestants Edmond Evrard et Pierre Gagnier, les enfants juifs recherchés notamment par l'occupant nazi.

Monsieur Marcel, qui se présente comme inspecteur de l’enseignement catholique du diocèse de Nice, bénéficie d’un bureau à l’évêché situé au 23 rue de Sévigné. 

Titulaire d’un doctorat de philosophie (1899) et d’un doctorat de théologie (1900), aumônier général des troupes françaises pendant l’occupation de la Ruhr, Jules Narcisse Paul Rémond (1873-1963) a été distingué pour son courage durant la Première Guerre mondiale (Croix de guerre avec palme). Prêtre depuis 1899, il est aumônier de lycée à Besançon en 1906. Il est évêque de Nice de 1930 à son décès.

"De 1933 à 1939, ses prises de position font l'objet de nombreuses interventions écrites et d'homélies, sur la crise internationale, tant sur le plan économique que moral, fustigeant le désir des hommes de s'enrichir rapidement, leur manque de scrupules, la progression de la malhonnêteté et de l'égoïsme. Mais sa plus profonde inquiétude réside dans son analyse sur la montée du nazisme et sa condamnation des premières mesures anti-juives prises par Hitler dès son arrivée au pouvoir en janvier 1933. Monseigneur Rémond prend publiquement position lors d'un sermon prononcé le 9 avril 1933 en l'église du Sacré-Cœur, où il condamne "les persécutions pour cause de religion". Il exprime à la communauté juive sa "douloureuse sympathie" et affirme "son désir d'adoucir leurs peines et les aider moralement et matériellement".

"Il accorde son appui a plusieurs groupes de défense et d'entraide juifs. Il soutient notamment une réunion publique organisée par Bernard Lecache (Président de la Ligue internationale contre l'antisémitisme) en s'y faisant représenter" 

"Comme la majorité des évêques, Monseigneur Rémond se rallie en juillet 1940 à Pétain, mais ne soutient jamais la collaboration et ne se soumet pas aux autres dirigeants de Vichy. Sa dernière prise de position publique de fidélité au Maréchal date du 22 septembre 1942, texte commun avec les évêques d'Aix-en-Provence, Fréjus et Monaco. Ses silences deviennent éloquents et ses initiatives ponctuelles d'aide aux opposants au régime en place, bien que discrètes, sont nombreuses. En mai 1940, il se rend dans les camps d'internement des juifs étrangers et obtient la libération d'un certain nombre d'entre eux. Il condamne l'occupation italienne entre novembre 1942 et septembre 1943 et lors de l'entrée des troupes italiennes à Nice, il hisse le drapeau français sur l'évêché."

"Au premier semestre 1943, il rencontre Moussa Abadi et accepte de l’aider à sauver des enfants en lui offrant, à l'évêché, une infrastructure d'accueil pour le réseau Marcel".

"Indigné par la présence de l'occupant et des persécutions juives, il soutient sans faille le sauvetage des enfants poursuivis, au mépris d'un réel danger pour lui-même. Il encourage les prêtres engagés dans la résistance, les avertissant en cas de danger et intervient auprès des Allemands lors de la pendaison avenue de la Victoire, des résistants Torrin et Grassi, exigeant des autorités qu'ils les dépendent".

Edmond Evrard (1890-1981) est né dans une famille belge. En août 1914, quand est déclarée la Première Guerre mondiale, il s'engage à Arras et est blessé à deux reprises en Champagne. Il est fait Croix de Guerre 1914-1918. En plus de ses quatre enfants, il élève, avec son épouse, chez lui, un enfant qui portera son nom.

En 1920, Edmond Evrard est nommé Pasteur à l'Église baptiste de Nice 13 rue Vernier. Dès 1930, il accueille des enfants juifs réfugiés d'Allemagne et d'Autriche fuyant l'antisémitisme. En 1940, en chaire, il s'oppose aux mesures antijuives du gouvernement de Vichy en invitant fortement ses paroissiens à adopter cette attitude. A l'arrivée des Allemands en Zone sud, il s'engage, avec son épouse et leurs fils, Louis et Daniel, dans la Résistance et travaille avec des Réseaux, dont "Combat", le Réseau Marcel et le Réseau André. Il fournit des faux papiers aux Juifs pourchassés, trouve des familles pour les accueillir, les autorise à fêter Pourim dans son temple, ses deux fils surveillant les alentours de l'édifice religieux.

En août 1943, épuisé, victime d'une cécité provisoire, le Pasteur Evrard se repose à Mazet-Saint- Voy, près du Chambon sur Lignon. Là, ses deux fils, Louis et Daniel, moniteurs d'une colonie de vacances, y accueillent des enfants juifs.

En 1943 et 1944, Le Pasteur Evrard renforce son action pour trouver des lieux d'hébergement et fournir de faux papiers aux juifs. En relation avec des réseaux de résistance, ses fils amènent des enfants de Nice au Chambon-sur-Lignon, puis en Suisse. Au siège de la Gestapo, il exhorte, en tant que membre de groupes de réconciliation entre les peuples, en faveur de la libération de personnes.

Interprète militaire germanophone, Pierre Gagnier (1909-1988) est, durant la Deuxième Guerre mondiale, fait prisonnier en Westphalie, libéré à l’été 1941 et, à son retour en France, il est désigné Pasteur de l'Église Réformée à Nice. Un poste qu'il occupe jusqu’en 1953.

Dans le temple et dans le presbytère,  où sont fabriqués des faux papiers d'identité, certificats de baptême et pour se procurer de la nourriture, il cache des juifs, il livre des aliments et de l'argent, il trouve des caches sûres, notamment chez des familles ou au sein du mouvement des scouts.... Et est parfois complice d'évasion. Il s'indigne publiquement à la Kommandantur quand des résistants avaient été pendus à des réverbères de l'avenue de la Victoire. Une attitude courageuse qui suscite la critique, au sein du Conseil Presbytéral, d'un membre important qui lui a reproché "prendre parti contre le gouvernement".

Après-guerre, il est nommé à la paroisse de Passy à Paris (1953-1967) et est vice-président du Conseil national de l’Église Réformée de France (1959-1962). Le 18 mai 1945, il a déclaré : "Je trouve que nous autres, Chrétiens, ne devons rien raconter de ce que Dieu nous permit de faire pour nos prochains en détresse. C'était une faveur pour nous de pouvoir agir et lutter contre cette force antichrétienne que fut le racisme allemand".

Le réseau Marcel comprend aussi la secrétaire de Monseigneur Rémond, Mlle Lagarde, de l’abbé Rostand, son secrétaire particulier, et du chanoine Heitz-Michel, chancelier. Ces trois personnes listent les institutions – couvents, collèges – du diocèse pouvant accueillir des enfants juifs cherchés par les Allemands et la Milice. 

A la demande de l’assistante sociale chargée de s’occuper des enfants des œuvres du Diocèse Odette Rosenstock, dite Mlle Sylvie Delattre, les pasteurs Edmond Evrard, pasteur de l'Église évangélique baptiste de Nice à la rue Vernier, et Pierre Gagnier, pasteur du temple réformé de Nice, qui était situé 39, boulevard Dubouchage, contribuent aussi à ce sauvetage.

Moussa Abadi et Odette Rosenstock contactent également des paysans et villages de l’arrière-pays niçois pour trouver des caches. Moussa Abadi fabrique des faux papiers d’identité et cartes d’alimentation, sollicite et administre les aides financières de l'organisation juive humanitaire américaine Joint (American Jewish Joint Distribution Committee), notamment via Maurice Brener.

En septembre 1943, la sœur et la mère d'Odette Rosenstock sont arrêtées sur la ligne de démarcation : elles espéraient retrouver leurs père et mari en zone libre. Déportées, elles sont assassinées au camp nazi d'Auschwitz.

Le 25 avril 1944, dénoncée, Odette Rosenstock est arrêtée et torturée par la Gestapo dans les palaces niçois (Excelsior, Hermitage), mais ne donne aucune information sur le Réseau. Elle est déportée à partir du camp de Drancy (convoi n° 74) vers les camps nazis d'Auschwitz - elle est médecin du Revier ("infirmerie") -, puis de Bergen-Belsen fin novembre. Elle contracte le typhus et est libérée le 15 avril 1945 par les Britanniques. Rapatriée, elle rentre affaiblie à Nice en 1945.

En août 1944, dans une Côte d'Azur libérée, Moussa Abadi installe ses bureaux dans les locaux du Commissariat aux questions juives. Là, il accueille les parents rescapés de la Shoah qui viennent retrouver leur(s) enfant(s). Les enfants orphelins sont recueillis par l'OSE.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, le réseau Marcel sauve 527 enfants juifs.

En 1959, Moussa Abadi et Odette Rosenstock se marient civilement à la Mairie du XIIe arrondissement de Paris où ils se fixent, et, en 1989, à la synagogue lors d'un office dirigé par rabbin Daniel Farhi. 

Moussa Abadi devient journaliste radiophonique, chroniqueur théâtral sur Radio France internationale (RFI). De 1977 à 1981, il préside la Commission d’aide à la création dramatique et est membre de la Commission d’aide aux jeunes compagnies. Il écrit aussi des livres : La Comédie du théâtre (1985, Prix Roland de Jouvenel de l'Académie Française), La Reine et le Calligraphe : mes juifs de Damas (Prix de la nouvelle de l'Académie Française, 1994), Shimon le parjure (1999).

Odette Rosenstock travaille comme médecin au dispensaire de l'OSE (fin juin 1945-début 1948). A Paris, elle devient médecin inspecteur vacataire des écoles dans le XIIe arrondissement, puis médecin chef au laboratoire d'hygiène de la Ville de Paris, adjointe du professeur Albert Besson, alors directeur général des services d'hygiène de la Ville. En 1995, Odette Abadi écrit Terre de détresse. Birkeneau - Bergen - Belsen sur son année dans les camps nazis. 

Le couple est distingué notamment par 1a Médaille de la Résistance française (1952), le titre  Chevalier de la Légion d'honneur (1981) et la Citation du Sauveteur Juif - Jewish Rescuer Citation (Israël) en 2019.

Mgr Paul Rémond, des membres de son diocèse, le pasteur Edmond Evrard et sa famille, le pasteur Pierre Gagnier et sa femme ont été distingués le 2 décembre 1991 par le titre de Justes parmi les Nations délivrés par Yad Vashem à Jérusalem (Israël) pour avoir aidé à cacher un demi-millier d'enfants juifs dans la région niçoise. 

Le Comité français pour Yad Vashem décrit ainsi Mgr Paul Rémond, qui avait reçu aussi la Légion d'Honneur, la Croix de guerre avec palmes 2 étoiles d'argent, 2 étoiles d'or et la Croix d'Officier de l'Ordre de Léopold : 
« Monseigneur Paul Rémond, évêque de Nice, était un grand admirateur du maréchal Pétain et exhortait ses ouailles à le servir. Mais il détestait profondément les Allemands qui avaient envahi sa patrie, et était catégoriquement opposé à la politique anti-juive du régime de Vichy : avant la guerre déjà, il avait soutenu de nombreuses manifestations contre l’antisémitisme. A l’été 1943, le prélat fut approché par Moussa Abadi, un juif parisien réfugié à Nice. Un aumônier catholique italien des forces d’occupation lui avait révélé avoir été témoin de l’extermination des Juifs en Europe orientale. Moussa Abadi l’avait cru et craignait que les Juifs réfugiés dans la ville ne connaissent un sort semblable lorsque les Allemands envahiraient Nice. L’évêque lui donna solennellement l’assurance que toutes les institutions catholiques du diocèse ouvriraient leurs portes aux enfants juifs. Il nomma M. Abadi, sous le nom d’emprunt de « Monsieur Marcel », inspecteur des établissements d’enseignement du diocèse et mit à sa disposition un bureau à l’évêché. « L’inspecteur » s’y installa avec son équipe. Lorsque les Allemands firent leur entrée dans la ville le 9 septembre 1943, un réseau de secours aux enfants avait été mis sur pied. L’évêque tint sa promesse et malgré la chasse à l’homme déclenchée par la Gestapo, le réseau réussit à sauver 527 enfants juifs. Un grand nombre d’entre eux furent admis comme pensionnaires dans des écoles catholiques sur les instructions de « Monsieur Marcel », en d’autres termes Moussa Abadi ».
Les enfants et amis Abadi ont créé un site Internet et sont actifs sur les réseaux sociaux. Ils perpétuent la mémoire de leurs sauveurs et se recueillent devant leurs tombes à Paris.

A Paris, la place Moussa-et-Odette-Abadi, située dans le quartier de Bercy (75012), près de leur appartement, a été inaugurée le 1er février 2008. 

A Nice, une stèle et le square Odette-et-Moussa-Abadi, situé à l'angle de l'avenue Thiers et de la rue Amiral-de-Grasse, près de leur domicile durant la Deuxième Guerre mondiale, ont été inaugurés en 2017.

« Les 527 enfants d’Odette et Moussa »
En 2006, Le Publieur a édité « Les 527 enfants d’Odette et Moussa. Histoire du réseau Marcel  » d’Andrée Poch-Karsenti. Celle-ci, qui est une de ces 527 enfants, raconte avec émotion l’histoire de ce réseau « réseau Marcel », qui aussi l’histoire d’Odette et Moussa. »

« Un jour de l'an 1997, mon frère aîné est venu me rendre visite, une lettre à la main. « C’est votre petite soeur que l’on cherche »… Un nom, Odette Abadi et un numéro de téléphone. Au bout du fil une voix d’homme, Moussa Abadi. Soudain, une fenêtre s’ouvre sur mon passé, sur les années 1943-1944 et ces 527 enfants cachés. D’où venaient-ils ? Où étaient-ils cachés ? Pourquoi l’étaient-ils ? Comment ? Qui étaient les incroyables acteurs de cette épopée ? Comment et pourquoi un jeune médiéviste, juif syrien, et sa compagne, juive aussi, fraîche émoulue de la faculté de Médecine, ont-ils décidé (malgré le danger) de solliciter l’aide de Monseigneur Rémond évêque de Nice, et d’entreprendre de sauver des enfants ? »

Fred Coleman
En 2015, est publié « Le Réseau Marcel  » (Acropole) de Fred Coleman, journaliste reporter, ancien directeur du bureau de Newsweek, à Paris, puis à Moscou. Son premier livre, The Decline and Fall of the Soviet Empire, est paru chez St. Martin’s Press en 1996. « Le récit de l'héroïsme et du courage exemplaires d'un couple français qui a sauvé 527 enfants de l'extermination nazie. Lorsqu’ils se retrouvent piégés dans la France occupée, Moussa Abadi a 33 ans et Odette Rosenstock, sa future femme, en a 28. Le jeune couple juif n’a pas un sou mais il est déjà résolu. Moussa, né à Damas, a étudié le théâtre et la littérature à la Sorbonne, Odette vient d’achever ses études de médecine. Au péril de leurs vies, avec pour seule protection des faux papiers, les Abadi ont placé en secret des enfants juifs dans les pensionnats catholiques ou au sein de familles protestantes. Dès 1943, leur organisation clandestine – le réseau Marcel – est devenue l’une des plus belles réussites de la Résistance juive en Europe. À la fin de la guerre, 527 enfants avaient survécu grâce aux Abadi. Mais cette victoire extraordinaire fut acquise au prix d’immenses sacrifices. »

« Exemple saisissant du combat d’un homme et d’une femme contre la machine d’extermination nazie, l’histoire des Abadi est une leçon de courage physique et moral. Se basant sur un grand nombre de sources, dont des centaines de documents provenant des archives du couple et des douzaines d’entretiens menés auprès de ceux qu’ils sauvèrent, Fred Coleman raconte pour la première fois dans son intégralité l’histoire des Abadi. Le Réseau Marcel fait œuvre historique et révèle en outre comment catholiques, protestants et juifs, ensemble, firent bien plus pour sauver des enfants que les Français du XXIe siècle ne le soupçonnent. »

"Justes parmi les nations. Les réseaux de la liberté"
En 2023, les éditions Plein Vent ont publié "Justes parmi les nations. Les réseaux de la liberté". Le scénario est signé par Yvon Bertorello, Serge Scotto et Eric Stoffel, et les illustrations par Frédéric Allali et Michel Espinosa.

"Les parcours d'hommes et de femmes, reconnus Justes parmi les nations pour avoir sauvé des enfants de l'extermination nazie, sont retracés. Parmi eux, Moussa Abadi et sa femme Odette Rosenstock mettent en place, au péril de leur vie, le réseau Marcel, une organisation secrète permettant aux enfants juifs de trouver refuge dans des institutions religieuses". 

"Durant la Seconde Guerre mondiale, certains au péril de leur propre vie, ont secouru et sauvé des personnes vouées à une mort certaine dont le seul crime était d'être nées juives : ces héros de l'ombre, de toutes confessions et de tous milieux socio professionnels, réunis par un courage d'exception dans des circonstances tragiques, ce sont les « Justes parmi les Nations » !"

"À Nice, la population se montre particulièrement secourable pour les milliers de réfugiés... Mais lorsque les Allemands envahissent la « zone italienne », la chasse aux Juifs est aussitôt déclarée ! Face à l'intensité des rafles, la résistance s'organise autour de Pierre Merli, passant pour un fonctionnaire de Vichy modèle... Un couple de réfugiés juifs, Moussa Abadi et Odette Rosenstock, va initier un réseau, « le réseau Marcel », qui va s'appuyer sur la complicité du clergé local, évêque de Nice en tête ! Avec l'aide de Monseigneur Rémond, de sœur Thomasine, de pasteurs protestants et de tant d'autres, ce sont plus de 500 enfants qui seront cachés sous de fausses identités dans des institutions religieuses et autres... et échapperont ainsi à la déportation !"

"Un récit palpitant et documenté, qui plonge le lecteur au coeur des heures sombres de notre histoire..."

« À Nice, un évêque vole au secours des juifs »
Arte diffusera le 2 février 2023 à 17 h 25 « Invitation au voyage » (Stadt Land Kunst), « À Nice, un évêque vole au secours des juifs » (In Nizza: Ein Bischof rettet die Juden).

« Linda Lorin nous emmène à la découverte de notre patrimoine artistique, culturel et naturel ». 

« À Nice, un évêque vole au secours des juifs. Dans la France du maréchal Pétain, Nice, sous occupation italienne, fait presque figure d’oasis pour les ennemis du régime de Vichy. Dès lors que les troupes allemandes prennent le contrôle de la ville, le salut des enfants juifs passe par un intermédiaire inattendu… »


France, 2023, 46 min
Sur Arte le 2 février 2023 à 17 h 25
Disponible du 26/01/2023 au 03/05/2023


Nina Simone (1933-2003)

Nina Simone (1933-2003) était une p
ianiste, chanteuse, compositrice et arrangeuse musicale ainsi qu'une militante américaine pour les droits civiques aux États-Unis. Son registre incluait le jazz, le blues, la soul, le R&B, le folk, le gospel. Un article plagié par Ilana Ferhadian, journaliste, sur Radio J, les 2 et 3 septembre 2021. Arte diffusera le 2 février 2023 à 17 h 25, dans le cadre d' "Invitation au voyage - Le magazine de l'évasion culturelle" (Stadt Land Kunst), "Le vieux Sud en noir et blanc de Nina Simone" (In den Südstaaten: Nina Simones Kampf gegen Segregation)

Le siècle du jazz 
« La révolution du 78 tours » par Dagmar Brendecke 
Martial Solal, pîaniste de jazz 

Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Billie Holiday, Nina Simone (1933-2003) composent le carré d'as des meilleures chanteuses de jazz.

Certains ont découvert Nina Simone, interprète émouvante de « Ne me quitte pas  », chanson de Jacques Brel.


Nina Simone (1933-2003) est née dans une famille pauvre méthodiste.

Elle aspire à devenir la « première concertiste classique noire en Amérique ».

En 1950, elle sort major de sa promotion du lycée Allen, pensionnat pour enfants noirs surdoués.

Durant l’été 1950, à la Juilliard School, sous la férule de Carl Friedberg, elle prépare l’audition d’entrée au Curtis Institute of Music de Philadelphie. Mais elle essuie un échec qu’elle attribue au racisme. Ce que nie cet Institut.

Tout en suivant les cours de Vladimir Sokhaloff, elle gagne sa vie en travaillant auprès d’un photographe, puis comme pianiste d’une professeure de chant et au Midtown Bar & Grill à Atlantic City.

En 1954, pour dissimuler à ses parents son métier de chanteuse dans un cabaret, elle choisit comme nom d’artiste, Nina Simone – Simone par admiration pour Simone Signoret.

Elle se constitue un public admiratif.

En 1955, elle fait la connaissance de Tex Axelrod qui l’invite à interpréter I Loves You, Porgy, chanson de l'opéra Porgy and Bess de George Gershwin.

Pour le label King Records, Nina Simone enregistre un premier disque.

En 1957, le label Bethlehem Records lui fait enregistrer I Love You, Porgy. Un succès.


L’année suivante sort son premier album, Little Girl Blue qui comprend notamment My Baby Just Cares for Me (littéralement « Mon bébé ne s'occupe que de moi »), une chanson d'amour de jazz blues du compositeur Walter Donaldson et du parolier Gus Kahn, pour la comédie musicale américaine de Broadway Whoopee! (1928), suivi du film musical Whoopee! de Thornton Freeland (1930) avec Eddie Cantor. En 1987, une publicité du parfum No 5 de Chanel, réalisée par  Ridley Scott avec Carole Bouquet, reprend ce titre qui se hisse aux premières places des classements musicaux mondiaux. Comme Nina Simone a vendu à Bethlehem Records ses droits sur cet album pour 3 000 $, elle ne bénéficie pas de ce succès financier. 


Le registre de Nina Simone inclut le jazz, le blues, la soul, le R&B, le folk et le gospel.

De son mariage en 1961 avec Andrew Stroud, policier devenu son manager, nait sa fille, Lisa Celeste Stroud en 1962.

Dans les années 1960, Nina Simone milite pour les droits civiques des Noirs américains, et affine sa conscience politique en discutant sur Marx ou Lénine. 

Le 12 avril 1963, Martin Luther King est arrêté à Birmingham (Alabama) ; Nina Simone donne un récital au Carnegie Hall. En juin, elle offre les recettes d’un autre à la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), et en août participe, dans le stade d'une université noire, au premier concert multiracial de cet État. 

Téléspectatrice, elle assiste à la télévision à la marche sur Washington pour l'emploi et la liberté, culminant par le discours de Martin Luther King « I have a dream ».

En 1964, son passage de Colpix à Philips s’accompagne d’un tournant dans ses chansons : d’une thématique afro-américaine (Brown Baby) à une revendication pour l’égalité raciale aux Etats-Unis (Mississippi Goddam, Old Jim Crow, Strange Fruit, Four Women).

Elle prononce un discours politique lors de la Marche de Selma à Montgomery en 1965.

Nina Simone soutient une démarche de changement politique par la violence.

Elle rend hommage à Martin Luther King assassiné dans sa chanson Why? (The King Of Love Is Dead). 


La décennie 1970 est marquée par son divorce, ses démêlés avec le fisc et son exil à La Barbade et, sur les conseils de Miriam Makeba, au Libéria, en Suisse, aux Pays-Bas et en France (1981-1983).

Sa vie est perturbée par se problèmes psychiatriques (troubles bipolaires).

En 1992, Nina Simone publie son autobiographie, I Put a Spell on You, dont s’inspire Frank Lords pour son documentaire Nina Simone : la légende.

Sept ans plus tard, Nina Simone est distinguée par le Music Award à Dublin, et, en 2000 par le Diamond Award for Excellence in Music de l'Association de la musique afro-américaine de Philadelphie.

A Paris, l'allée Nina Simone est située sur la place de l'Île-de-Sein, dans le XIVe arrondissement.

Documentaires et biopics
En 2014, Jeff Lieberman réalise "The Amazing Nina Simone" (122 minutes). "Années 60 : grâce à un style unique et des pamphlets musicaux comme "Mississippi Goddam", Nina Simone devient une vedette aux États-Unis pour sa vision sans concession de la libération noire. Aujourd'hui, 11 ans après sa mort, Nina est plus populaire que jamais. Avec de nouvelles perspectives sur sa carrière avortée de pianiste classique, sa reconnaissance mondiale grâce au jazz, du Sud ségrégationniste aux droits civiques et à son exil en France, le film saisit l'héritage d’une artiste singulière."



En 2015, Liz Barbus réalise le documentaire What Happened, Miss Simone? (Netflix, 1 h 42 minutes) présenté en ouverture du Festival du film de Sundance 2015. 

"L'histoire de la chanteuse de légende Nina Simone, mêlant des enregistrements jamais diffusés à de rares images d’archives, le tout bercé par ses plus grands succès". "Nommé aux Oscars, ce portrait d'une icône controversée a remporté l'Emmy du meilleur documentaire".

Parallèlement, est sorti Nina Revisited.. A Tribute To Nina Simone, album de reprises des plus grands titres de Nina Simone.


En 2016, sort Nina, biopic réalisé par Cynthia Mort avec Zoe Saldana, David Oyelowo et Kevin Mambo. Zoe Saldana "avait fait l'objet de vives critiques en raison de ses origines sud-américaines et de son teint trop clair. Pour les besoins du film, Zoe Saldana avait d'ailleurs dû passer par la case maquillage pour faire foncer sa peau et avait porté une prothèse lui épaississant l'arête du nez."

En 2020, "l'actrice de 42 ans a affirmé qu'elle regrettait d'avoir accepté le rôle qui aurait dû revenir, selon elle, à une actrice afro-américaine. «Je n'aurais jamais dû jouer Nina», confesse Zoe Saldana dans une vidéo relayée par le Huffpost. « J'aurais dû faire tout ce qui était en mon pouvoir, avec les leviers que j'avais il y a dix ans, pour confier le rôle à une femme noire pour qu'elle puisse incarner le rôle d'une femme noire exceptionnelle », poursuit l'actrice très émue".

« Je pensais à l'époque que j'avais la permission parce que j'étais une femme noire. Je le suis. Mais il s'agissait de Nina Simone. Nina a eu un parcours et une vie qui doivent être honorés dans le moindre détail. Sa voix, ses opinions, sa vision, sa musique et son art, tout était unique. Elle était si honnête, elle méritait mieux », déplore Zoe Saldana, qui finit par s'excuser dans un sanglot".

« Je vais vous dire ce que la liberté signifie pour moi : ne pas avoir peur. J'entends par là ne vraiment pas avoir peur», se défendait Zoe Saldana lors de la sortie du film, citant ainsi Nina Simone." 

"Cependant, l'entourage de la chanteuse décédée en 2003 lui avait sèchement répondu sur Twitter, la priant de ne plus jamais parler de «Nina» pour le restant de ses jours".

Judaïsme, Juifs et Israël
"En 1962, Nina Simone a intégré à son répertoire la chanson folklorique israélienne Eretz Zavat Chalav U'Dvash (« Le pays où coulent le lait et le miel », en hébreu) - cette expression revient à 21 reprises dans la Torah
. En 1963, elle l'a interprétée avec une autre chanson israélienne intitulée "Vaynikehu" selon le programme, au Carnegie Hall, en habillant ces sons anciens de son style", un "mélange exquis de joie et de nostalgie"Nina Simone a su capturer "à la fois la nostalgie de quelqu'un en exil et le souvenir lointain du bonheur d'être chez soi", en Terre d'Israël (Eretz Israël). Nina Simone a séjourné en Israël durant plusieurs semaines. « Elle a trouvé la paix avec des musiciens là-bas, et à la plage », a affirmé le documentariste Jeff Lieberman.

"Il est probable que Nina Simone ait appris cette chanson de Shlomo Carlebach [rabbin, compositeur, interprète, Nda], qu'elle a rencontré dans les années 1950, alors qu'ils débutaient tous deux dans leur carrière."

"Soul Doctor - Journey of a Rockstar Rabbi" est une comédie musicale (musical) de Broadway évoquant la vie du rabbin Shlomo Carlebach et son amitié avec Nina Simone - celle-ci l'a familiarisé avec la soul et le gospel -, avec des musiques et paroles de Shlomo Carlebach et David Schechter,  dans une mise en scène de Daniel Wise. Elle a été créée en 2013.


Sur son album Pastel Blues (1965), Nina Simone a aussi repris la chanson "Strange Fruit" (« fruit étrange »), tirée d'un poème écrit et publié en 1937 par Abel Meeropol (1903-1986). Auteur-compositeur et librettiste américain juif célèbre sous son nom d'artiste Lewis Allan, Abel Meeropol a composé la musique de cette chanson fustigeant les lynchages de Noirs américains, dans le Sud des Etats-Unis. Cette chanson est interprétée par Laura Duncan en protest song sur les scènes de New York, notamment au Madison Square Garden, à la fin des années 1930. Billie Holiday l'a chantée pour la première fois en 1939, au Café Society de New York et l'a popularisée.

Le « strange fruit » est le corps d'un Noir pendu à un arbre :
"Southern trees bear a strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black bodies swingin' in the Southern breeze
Strange fruit hangin' from the poplar trees".


En mars 2015, Ester Rada, chanteuse israélienne d'origine éthiopienne, a rendu hommage à Nina Simone, dans un EP, I Wish, composé de 4 titres, dont Four Women, qui définit quatre styles de femmes Noires.


En avril 2015, Yael Naim a interprété "Plain Gold Ring de Nina Simone, au festival de Bourges, pour l'hommage qui lui était consacré. C'était un honneur de pouvoir interpréter un de ses titres. Cette femme dégageait une force incroyable et c'est ce que j'admire : elle a su transformer sa rage en un chant puissant et émouvant". (L'express, 25 mai 2015)

Ilana Ferhadian et Radio J
Le 1er septembre 2021, Ilana Ferhadian, journaliste sur Radio J, a lu un billet hommage à la chanteuse Nina Simone en reprenant de très nombreuses phrases de mon article sur cette artiste.  

Sur les réseaux sociaux, je l'ai interpelée :
"Bonjour Ilana Ferhadian. 
Ce 1er septembre au matin, vers 7 h 15, sur Radio J, vous avez évoqué Nina Simone en reprenant de nombreuses phrases de mon article sur cette artiste : http://www.veroniquechemla.info/2021/08/nina-simone-1933-2003.html.
Mais vous ne m'avez pas citée comme votre source essentielle. Pourquoi ?
Ce n'est pas la première fois. 
Je m'exprime publiquement, car Radio J n'a pas répondu à mon précédent message.
Je souhaite que vos plagiats ne deviennent pas systématiques. Cela n'est pas très professionnel, pas très éthique.
Par élégance, on cite ses consœurs. A fortiori, quand on lit gracieusement mes articles et quand on est salariée.
Peut-être pourriez-vous, avec le directeur de publication de Radio J dont la responsabilité juridique est engagée, à titre de dommages et intérêts pour vos plagiats et en règlement amiable, effectuer un don à mon blog.
Je vous remercie tous deux pour votre générosité".

Le 3 septembre 2021, Radio J a rediffusé vers 7 h 15 et 8 h 46 cette chronique ou "Carte blanche" d'Ilana Ferhadian intitulée "Nina Simone, son rapport avec les juifs et Israël" et plagiant mon article. Toujours sans me citer comme sa source.

Le 10 septembre 2021, environ une heure avant chabbat, à la demande d'Alexis Lacroix que j'avais contacté, Nellu Cohn m'a téléphoné sans présenter d'excuse et en me disant essentiellement "Ce que vous faites ne se fait pas". Parce que plagier, cela se fait ? Ou cela se fait sur Radio J et l'auteur plagié devrait se taire, voire remercier Radio J ? Nellu Cohn devait me rappeler le 12 septembre 2021. Ce qu'il n'a pas fait.

Le 12 septembre 2021, j'ai envoyé ma note chiffrant mes préjudices à Radio J. En vain.

Eh oui, cela se passe ainsi sur Radio J, dont Alexis Lacroix en est le directeur de la rédaction, Nellu Cohn le directeur des antennes, Marc Eisenberg et Dominique Romano sont les propriétaires !

"Le Sud de Nina Simone"
Arte diffusera le 2 février 2023 à 17 h 25, dans le cadre d' "
Invitation au voyage - Le magazine de l'évasion culturelle" (Stadt Land Kunst), "Le vieux Sud en noir et blanc de Nina Simone" (In den Südstaaten: Nina Simones Kampf gegen Segregation)"Linda Lorin nous emmène à la découverte de notre patrimoine artistique, culturel et naturel. Du lundi au vendredi à 18h10, Linda Lorin nous entraîne autour du monde à la découverte de lieux qui ont inspiré des artistes, de cités et de cultures uniques et nous invite dans les cuisines et les restaurants du monde entier. Le samedi à 16h35, "Invitation au voyage spécial" propose une escapade à la découverte d'une ville, d'une région ou d'un pays".

"Le vieux Sud en noir et blanc de Nina SimoneGrande prêtresse de la soul dans les années 1950 et 1960, Nina Simone est aussi, et surtout, l’une des artistes les plus libres et engagées de son époque. De la Caroline du Nord à l’Alabama en passant par le Mississippi, les luttes des Afro-américains pour leurs droits civiques dans les États ségrégationnistes du sud des États-Unis ont pétri son œuvre. L’artiste s’est acharnée jusqu’à sa mort, en 2003, à transcender les obstacles liés à la couleur de sa peau."

« Nina Simone - Live at Montreux 1976 »
Arte diffusa le 4 septembre 2021 « Nina Simone - Live at Montreux 1976 » de Jean Bovon.

« Un légendaire concert enregistré à Montreux en 1976 au cours duquel la diva de la soul donne toute sa démesure ».

« Sur les cinq concerts que Nina Simone, disparue en 2003, donna au festival de jazz de Montreux, celui enregistré le 3 juillet 1976 est le plus mémorable et le seul dont il subsiste une vidéo ». 

« Sanglée dans une petite robe élégante, la reine de la soul et du blues apparaît, tendue et altière, puis se laisse dérider par une facétie du public, avant de s’installer au piano ». 

« Déclarant qu’elle souhaite "commencer par le commencement", elle démarre par un morceau de son premier album, "Little Girl Blue", lancé par une superbe introduction classique ». 

« Ce préambule rappelle que Nina Simone a travaillé d’arrache-pied à ses débuts pour devenir concertiste, un rêve brisé par la ségrégation et ses origines sociales, dont elle gardera une plaie ouverte à jamais ». 

« Le public est saisi par sa voix magnifique et déchirante, sa virtuosité au piano et sa présence chaleureuse ». 

« Toujours sur le fil, Nina Simone se raconte avec émotion, entre les morceaux "Backlash Blues", "Be My Husband", "Feelings", etc., qu’elle interprète seule au piano ou accompagnée d’un batteur ». 

« Pour finir, elle fait venir sur scène un percussionniste sénégalais et livre une danse africaine libératrice. Une prestation mémorable. »



France, 2022, 45mn
Coproduction : ARTE France, Éléphant Doc
Sur Arte les 02 février 2023 à 17 h 25, 03 février 2023 à 8 h 10
Sur arte.tv du 26/01/2023 au 03/05/2023
Visuel
Grande prêtresse de la soul dans les années 1950 et 60, Nina Simone est aussi, et surtout, l’une des artistes les plus libres et engagées de son époque
© Elephant Doc

Suisse, Royaume-Uni, 1976, 73 min
Production : Montreux Sounds SA
Sur Arte le 4 septembre 2021 à 00 h 10 et 30 septembre 2021 à 5 h
Disponible sur arte.tv du 27/08/2021 au 31/12/2021
Visuels
Nina Simone en " Live in Montreux" 1976: Seule au piano, ou accompagnée de son batteur
© Courtesy of Mercury Studios

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur les émissions proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 31 août 2021.