Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 20 mars 2012

« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël


Les PUF ont publié en 2009 La condition juive en France. La tentation de l'entre-soi de Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël. 


Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël analysent les résultats d’une enquête sociologique réalisée auprès d’un échantillon représentatif d’une « partie de la population française qui se reconnaît comme juive » à Strasbourg, à Toulouse et dans la région parisienne, entre 2004 et 2006.

Cette population « est plus homogène que dans les années 1970 ». Ses « manières d’être juive » ont changé. « La réinterprétation de la judéité en termes religieux est devenue dominante et est d’autant plus revendiquée que la pratique est plus intense ».

« L’attachement à Israël croît avec l’âge des interviewés » et le degré de pratique.

Un « sentiment aigu de l’antisémitisme » se conjugue avec l’inquiétude quant à l’avenir. Un « sentiment de l’antisémitisme » ?!

Les auteurs notent une « tentation du repli sur soi » et une attirance vers « l’intervention publique », ainsi qu’une « forte participation électorale, un refus des extrêmes, le choix de la gauche modérée et l’éloignement relatif des partis de gauche ».

Ils observent une « rigidité et une politisation des institutions officielles » dans une France en mutations.

Un livre intéressant, mais qui manque de pertinence dans son analyse d’une communauté juive institutionnalisée ancrée dans un pays en mutations et en déclins, en butte à un « air du temps » contraire à ses valeurs qui sont aussi celles de la République française, et affaiblie notamment par son incapacité générale à communiquer.


Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël, La condition juive en France. La tentation de l'entre-soi. PUF, coll. Le lien social, 2009. 152 pages, 20 euros. ISBN : 978-2130567073

Articles sur ce blog concernant :

Cet article avait été commandé par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 20 mars 2012.

vendredi 9 mars 2012

Deux appels de musulmans à voter pour le Front national

Le 4 mars 2012, sur RTLSoheib Bencheikh, ancien grand mufti de Marseille, « chercheur en sciences religieuses », a appelé à voter pour Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle pour marquer son opposition au candidat et Président de la République Nicolas Sarkozy. En mai 2002, Radio Islam avait dénoncé une France dirigée par les « judéo-socialo-maçonniques » pour inciter les musulmans à voter pour le Front national.
 

Bariza Khiari, sénatrice socialiste

Les années passent, les motivations changent, mais l’appel à voter pour le Front national demeure dans les milieux musulmans.


Soheib Bencheikh est une figure médiatisée de « l’islam de France ». Né à Djeddah (Arabie saoudite), il est l’un des enfants du Cheikh Abbas Bencheikh el Hocine (1912-1989), ancien recteur de la Grande mosquée de Paris, et le frère de Ghaleb Bencheikh, physicien et animateur de l’émission Islam sur France 2. Il est aussi l’ancien grand mufti de Marseille et a dirigé l’Institut supérieur des sciences islamiques (ISSI) à Marseille


« Monsieur Sarkozy est un homme dangereux pour la France. Il est prêt à monter les communautés les unes contre les autres uniquement pour régner quelques années. Il est indigne de la grandeur de cette nation, ni de la grande histoire de ce pays », a déclaré Soheib Bencheikh, le 4 mars 2012 sur RTL (vers 2 h 02).

Et cet ancien « candidat » à l’élection présidentielle en 2007 d’ajouter : « Nicolas Sarkozy n’a pas d’idéal : il navigue à vue, il veut régner. Il veut prendre toute une communauté en otage. Je n’ai pas l’habitude de donner des consignes de vote. Mais pour la première fois, je dis aux musulmans de France et leurs amis : il vaut mieux voter Le Front national que voter pour cet homme. Au moins, on aura le moins pire avec qui on partage pas l’idéal, que une copie qui va faire la surenchère… La religion dans un pays laïc doit vraiment rester dans le privé, mais à condition qu’on la respecte en tant que force morale. Le halal n’a jamais été le propre des musulmans. C’est le propre d’une petite minorité cultuelle… Je respecte, je ne partage pas les thèses du Front national, mais au moins ils sont sincères, mais au moins ils ont un idéal. Nicolas Sarkozy n’a ni utopie pour gouverner, ni rêve pour façonner la société ».

Comment, à partir d'un seul thème de campagne (l'abattage rituel islamique, la viande halal), l’auteur de Marianne et le prophète a-t-il pu assimiler la ligne politique du Président-candidat Nicolas Sarkozy avec celle du Front nationale ? D'autant que la position de Nicolas Sarkozy sur l’abattage rituel islamique a évolué : « Sur les 200 000 [tonnes de viande consommées en Ile-de-France], il y en a 2, 5 % qui sont de la viande casher et de la viande halal. Est-ce que, vraiment, ça vaut le coup de faire une polémique pour cela ? », « Le premier sujet de préoccupation, de discussion des Français (...), c'est cette question de la viande halal », « Reconnaissons à chacun le droit de savoir ce qu'il mange, halal ou non »...

On peine à comprendre la logique et à saisir la finesse d’analyse dans cet appel de Soheib Bencheikh loué dans Wikipedia comme « l'un des musulmans progressistes les plus connus en France et en Europe ». Car si Soheib Bencheikh est ulcéré par certaines déclarations récentes du Président-candidat Nicolas Sarkozy sur ce sujet, pourquoi a-t-il procédé par amalgame, et sans argumenter ? Et pourquoi n’a-t-il pas appelé à voter pour un candidat du centre ou de la gauche, voire à voter blanc ?

De plus, on ne peut que louer la volonté de Soheib Bencheikh de confiner, dans un pays laïc, la religion à la sphère privée. Mais s’est-il élevé contre les prières publiques illégales de musulmans dans les rues de nombreuses villes françaises ?

En outre, la sincérité peut-elle constituer le seul critère de sélection d'un parti politique ? L'idéal du Front national est-il si séduisant ?

Enfin, on demeure surpris que Soheib Bencheikh ne caractérise pas comme dangereux pour la France, pour la démocratie, les extrêmes de l'échiquier politique français. 

Curieusement, cet appel sur l’une des deux radios les plus populaires en France n’a guère été repris par des grands médias français.

Certains médias avaient pourtant évoqué le souhait d’une partie ultra minoritaire de Juifs français de voter pour le Front national ou l’appartenance de Juifs à ce parti, alors que divers responsables communautaires ont fermement pris position contre le Front national. Ainsi, Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a rejeté le vote aux extrêmes de la scène politique française et déclaré le 7 décembre 2011 à propos de la candidate du Front National à l’élection présidentielle : « Voter pour Marine Le Pen c'est irresponsable politiquement et écœurant d'un point de vue moral ». Et Gilles Bernheim, grand rabbin de France, a jugé « les valeurs du judaïsme sont incompatibles avec celles du Front national » (Sud-Ouest, 15 janvier 2012). Le débat actuel sur les abattages rituels n'a pas suscité chez les dirigeants de la communauté Juive française ou chez un intellectuel Juif français un tel appel à voter pour le Front national. Bien au contraire, ces responsables communautaires Juifs maintiennent leur attachement à la laïcité et leur dialogue avec les autorités politiques.

L’appel de Radio Islam en 2002
Lire les textes de Radio-Islam, c’était recenser des schémas de pensées archaïques d’auteurs déconnectés de la réalité. A l’approche des élections législatives de 2002, Kamal Khan, le responsable de ce site, a invité les musulmans à voter pour Jean-Marie Le Pen.

Comment les convaincre ? En décrivant ce politicien d’extrême-droite comme un ami des Arabes pendant la guerre d’Algérie, opposé à la guerre et à l’embargo contre l’Irak, et marié à une responsable d’« association en faveur des enfants irakiens ». Sans oublier une France dirigée par « les Juifs, les socialistes, les francs-maçons et les communistes », ainsi que « l’arrogance américano-sioniste ». Les responsables à la « répression » lors de la guerre d’Algérie ? Pierre Mendès-France et un « non-Juif ami d’Israël », François Mitterrand. « Les affaires Garaudy, abbé Pierre ou Faurisson » restent des références.

La présence des Islamistes derrière les attentats est niée, les « hypocrites musulmans » sont dénoncés et l’essor de l’islam réécrit. Le tout baigne dans le négationnisme et la défense de la « cause palestinienne ».

« Jean-Marie Le Pen n'est pas raciste. C'est un Français qui lutte pour libérer la France de l´occupation juive - comme vous luttez pour libérer vos pays de cette occupation. Il combat pour aider le monde arabe opprimé à briser à son tour les chaînes diaboliques du sionisme ! Votez Le Pen », exhortait Radio Islam.
Quel démenti au bonifacisme ! Dans une note (2001), Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), avait conseillé au Parti socialiste de se distancer de la communauté Juive française et de l’Etat d’Israël pour se rapprocher davantage des musulmans de France : ceux-ci constituant un potentiel numériquement plus important d’électeurs.

Et quelle ingratitude pour ceux qui, convaincus par la thèse de Pascal Boniface, se sont démenés en allant à la pêche aux voix des musulmans de France !

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jeudi 8 mars 2012

Un stage éducatif contre les stéréotypes


Lundi 8 juin 2009. Collège Georges Rouault (Paris, XIXe arr.), un bâtiment moderne excentré qui accueille 420 élèves.

Olivia Cattan, Karim-Hervé Benkamla et Morad al-Hattab, respectivement présidente, vice-président et secrétaire général de l’association Paroles de femmes, accueillent la vingtaine d’élèves de 5e - âgés d'environ 12 ans - qui depuis mars 2009 suivent leur stage éducatif d’une heure – bimensuel en juin - pour « déconstruire les préjugés ».

Dirigée par Lucien Loeb (Générique Production), une équipe filme la séance pour M6.

Au programme : quizz oraux - « Les hommes et les femmes sont-ils égaux ? » - et saynètes d’une dizaine de minutes. Olivia Cattan et Karim-Hervé Benkamla reformulent les questions, invitent les élèves à préciser leurs réponses, s’opposent aux clichés.

« Vous sentez-vous français ? » Environ six élèves se définissent ainsi, puis hésitent. Finalement, seuls deux répondent « Oui ». « C’est quoi pour vous être français ? », interroge Karim-Hervé Benkamla. Les réponses fusent spontanément des garçons, souvent rieurs : « Avoir du sang français ! », « Ils vont dire que tu es raciste… », « Au fond de moi, je sens que je ne suis pas français », « Noirs et Arabes sont frères ; les autres non ». Et leur condisciple juif ? « C’est mon pote ! »

Ecrites par Olivia et Laura Cattan et Grégory Baquet, les saynètes sont jouées par deux élèves « échangeant » leur identité religieuse ou sexuelle.

Auteur de Chroniques d'un buveur de lune, Morad al-Hattab interpelle les élèves : « Etes-vous choqués par les expressions de la fille ? » au langage masculin. « Oui… » Minoritaires, les filles demeurent réservées, timides.

L’équipe de Parole de femmes martèle un message d’égalité, de respect d’autrui, de rappel de la laïcité et de foi en l’école républicaine. Puis, après la séance, elle dresse un bref bilan avec Georges Benguigui, directeur de l’établissement.

Dans cette classe, « il y a eu des problèmes d’antisémitisme, de sexisme et de violence. Aujourd’hui, ces enfants arrivent à en parler librement, à réfléchir sur leurs paradoxes… Notre objectif est de déconstruire tous leurs préjugés et de faire travailler ces enfants ensemble sur ce qu’ils ont en commun : leur citoyenneté française. Ainsi, ils tissent des liens et apprennent à se connaître, à se respecter et, pour certains, à s’apprécier », résume Olivia Cattan, journaliste, essayiste et romancière.

Un travail aux effets déjà démultipliés car des élèves parlent chez eux du stage à leurs frères attentifs.

En 2009-2010, ce stage a été axé sur la laïcité/citoyenneté, les violences, ainsi qu’une pièce de théâtre écrite par les collégiens sur les clichés et préjugés et jouée devant leurs familles.

« Un documentaire a été réalisé afin d’évaluer les résultats de ces deux années de cours d’égalité », déclare Olivia Cattan le 12 décembre 2010.

Le bilan d’une année de modules éducatifs ? « C’est une confiance qui s’installe entre les enfants et nous, une diminution des violences verbales et physiques entre les garçons et les filles ».

Pour constater un recul patent des préjugés, « il faudrait une prise en charge dès la 6e et des interventions ponctuelles jusqu’à la Terminale. Mais ce que nous avons gagné, c’est une prise de conscience réelle des préjugés et de » leurs conséquences.

Quant aux professeurs, « certains ont du mal à accepter que l’on parle des violences, notamment du viol qui est encore un sujet tabou. Pourtant c’est la raison pour laquelle les écoles nous appellent ».

Et d’ajouter : « Nous intervenons actuellement au sein de 12 collèges dans le Val d’Oise. De plus en plus de municipalités envisagent de nous faire intervenir afin d’établir un programme global dans tous les collèges pour un résultat général et plus efficace ».

L’association souhaite la généralisation au niveau national de ses modules de prévention.

Articles sur ce blog concernant :

Cet article avait été commandé, et non publié, par L'Arche.

jeudi 16 février 2012

Mon interview sur Radio Chalom NItsan le 16 février 2012 à 13 h


J'ai été interviewée le jeudi 16 février 2012, vers 13 h, pendant environ 30 minutes, sur Radio Chalom Nitsan (RCN), la fréquence juive de la Côte d'Azur. Les thèmes abordés : l'affaire Zeitouni, l'affaire (a-)Dura ou al-Dura et l'exposition « Gaza 2010 » par Kai Wiedenhöfer à l'automne 2010 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.

Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mes interviews par Radio J et par Radio Chalom Nitsan (podcast) des 24 et 25 novembre 2010
Interview par Radio Chalom Nitsan ce 31 mars 2011
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 17 novembre 2011

Mon interview sur Radio Chalom NItsan le 16 février 2012 à 13 h
Mon interview sur Radio J le 27 avril 2012 sur le « vote Juif pour Marine Le Pen »

L'interview a porté sur l'affaire Zeitouni. J'ai souligné l'absence de décision judiciaire des proches de la jeune victime, Lee Zeitouni, espéré qu'ils intenteront une procédure judiciaire en France ou en Israël contre Claude Khayat (32 ans) et Eric Robic (38 ans), deux auteurs Français Juifs présumés de l'accident mortel de la circulation survenu à Tel-Aviv, au matin du 16 septembre 2011, afin d'obtenir un jugement, car la France n'extrade pas ses ressortissants ; ce qu'a rappelé avec fermeté le Président Nicolas Sarkozy lors du diner du CRIF du 8 février 2012. Une absence de décision qui alimente un ressentiment et l'incompréhension chez de nombreux Israéliens à l'égard de la France, et singulièrement des Juifs français. Espérons que cette décision de la famille Zeitouni préludera la réconciliation entre la famille Zeitouni et ses coreligionnaires français, notamment les dirigeants communautaires.


J'ai également décrit sur RCN l'audience du 14 février 2012 dans l'affaire al-Dura devant la Cour de cassation concernant les deux pourvois formés par Charles Enderlin, correspondant de France 2 en Israël, et France Télévisions contre deux arrêts de la 11e chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Paris : celui du 3 octobre 2007 - demande de communication des rushes de France 2 du 30 septembre 2000 - et celui du 21 mai 2008 - relaxe de Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, poursuivi pour diffamation en raison de ses propos qualifiant le reportage controversé diffusé par France 2 le 30 septembre 2000 d'"imposture médiatique" et de "mise en scène". L'avocat général Jean Berkani a conclu au rejet des deux pourvois. L'arrêt de la Cour de cassation sera rendu le 28 février 2012.


J'ai aussi parlé brièvement de l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 15 février 2012 qui a condamné le journaliste Clément Weill-Raynal à 1 000 euros d'amende avec sursis, 1 000 euros de dommages-intérêts et 6 000 euros de frais de justice. Cet arrêt a aussi relaxé le Dr Yehuda David, chirurgien ayant opéré Jamal (a-)Dura - cet orthographe correspond au papier d'identité de ce Palestinien - en 1994 pour des blessures datant de 1992. Je publierai prochainement un article analysant cet arrêt portant sur des blessures de Jamal (a-)Dura.


Le 29 avril 2011, tous deux avaient été condamnés, avec Serge Bénattar, directeur de l'hebdomadaire Actualité juive, par le TGI (Tribunal de grande instance) de Paris pour avoir diffamé ce Gazaoui : ce TGI avait condamné chacun des trois défendeurs à une amende de 1 000 euros assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal (a-)Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.


La Cour d'appel a ordonné à Clément Weill-Raynal de verser 6 000 euros au titre des frais judiciaires de Jamal (a-)Dura qui n'a jamais comparu devant la justice française et dont l'avocate a présenté des arguments très proches de ceux de première instance. Pour apprécier ce montant élevé, rappelons que la justice parisienne n'accorde parfois aucun euro au titre des frais de justice avancés par les justiciables, ou accorde des sommes dérisoires - généralement quelques centaines d'euros, voire exceptionnellement quelques milliers d'euros - au regard des honoraires des avocats parisiens (en moyenne 200 euros/heure hors taxe en 2008), et ce, même quand les justiciables communiquent les factures de leur avocat.  On ne peut qu'espérer que l'ensemble des juridictions françaises fassent preuve de la même générosité à l'égard de tous les justiciables.

J'ai abordé brièvement l'exposition « Gaza 2010 » par Kai Wiedenhöfer à l'automne 2010 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, dans le cadre d'un partenariat avec la Fondation Carmignac Gestion. Une exposition de photographies partiales sur des Gazaouis montré souvent mutilés, le corps marqué de cicatrices de blessures attribuées, sans preuve, aux Israéliens. Un projet qui avait reçu le 1er Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009.

Il a été convenu que j'évoquerai dans une autre émission la libération anticipée de Salah Hamouri.

A lire sur ce blog :
Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens
Culture
France
Il ou elle a dit... notamment :
Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mes interviews par Radio J et par Radio Chalom Nitsan (podcast) des 24 et 25 novembre 2010
Interview par Radio Chalom Nitsan ce 31 mars 2011
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 17 novembre 2011
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié le 16 février 2012 et  modifié le 19 février 2012.

mardi 14 février 2012

« Embrasse-moi, je suis Juif » de Gabriel Heim


Arte diffusera le 14 février 2012 à 14 h 50 « Embrasse-moi,je suis Juif » (Kiss me – I’m Jewish, ou Speed-Dating on Shabbat), documentaire (2010) de Gabriel Heim. Cérémonies familiales et amicales, réseau relationnel, conférences organisées par des rabbins, sites Internet de rencontres juives… Un road-movie sur la manière dont des Juifs d’Istanbul (Turquie) à Marseille (France), de Berlin (Allemagne) à Budapest (Hongrie), cherchent ou/et trouvent au début du XXIe siècle l’âme sœur Juive afin de se marier et de fonder un foyer Juif.


« De la Torah au speed-dating : attaché à ce que les jeunes juifs européens perpétuent la tradition et se marient dans la communauté, un rabbin organise quatre fois par an des week-ends de débats et de rencontres. Toutes les règles de la communauté juive y sont respectées », notamment pour la grande soirée « Party like a Jew ». Ce qui attire des célibataires Juifs venant de tous les pays d’Europe...

« À la rencontre du marieur le plus prolifique de toute la diaspora juive ». Tel pourrait aussi être un autre titre à ce documentaire sur une recherche affective qui revêt dans le judaïsme une dimension particulière : selon la Halakha (loi juive), est juive toute personne née de mère juive ou convertie au judaïsme.

Un film sur un thème sensible dans une société européenne moderne, individualiste, en perte de repères, où les communautés juives affrontent les problèmes graves de cette société – crises, solitude, etc. -, l’assimilation – part importante des unions mixtes avec des chrétiens ou des musulmans -, des environnements hostiles où afficher leur judéité ou leur solidarité avec l’Etat d’Israël peut constituer un risque en raison de l’antisémitisme vivace.

Fils de survivants de la Shoah, Gabriel Heim brosse un tableau nuancé de communautés juives diverses en Europe : réduite et renaissante en Pologne en raison de la Shoah, riche en France de 500 000-600 000 âmes en raison de l’arrivée des Juifs de « l’exode oublié », ceux ayant du quitter des pays arabes dans les années 1940 à 1970.


de Gabriel Heim
Allemagne, 2010, 1 h 30 mn
Diffusion le 14 février 2012 à 14 h 50


Les citations proviennent du communiqué de presse. Pour diverses raisons, je n'ai pas pu voir ce film. 


Visuels : © DOKfilm Fernsehproduktion GmbH

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Affaire al-Dura/Israël
Aviation/Mode/Sports
Chrétiens
Culture
France
Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)

vendredi 20 janvier 2012

Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années 1960


Les Archives nationales présentent l’exposition éponyme "Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années 1960dense dotée d’un catalogue passionnant et d’un livret pédagogique gratuit sur le rôle majeur de la photographie dans les fichiers publics et privés en France, du Second Empire à la guerre d’Algérie. Les « fichiers Juifs » constitués sous l'Occupation en prélude à la déportation et à l'extermination des Juifs de France y sont évoqués.


Emile Zola pendant l’Affaire Dreyfus, Jules Bonnot, Thomas Mann, Fritz Lang, Jean Cocteau, Sacha Guitry, Samuel Beckett, Django Reinhardt…
Célèbres ou anonymes, intellectuels ou non, français ou étrangers, Juifs ou non, amateurs et professionnels, innocents ou malfaiteurs, étudiants ou marchands de bestiaux du Jura, « faiseuses d’anges » ou prostituées, soldats ou nomades, militants révolutionnaires de la Russie bolchevique ou de l’Empire colonial, ils ont tous leurs fiches nominatives dans des fichiers publics – nationaux ou locaux - et privés (associations, entreprises). Et pour des raisons diverses : ordre public, persécutions antisémites, contrôle d’immigrés, activité professionnelle, etc.
Dès l’aube du XIXe siècle, « leur photographie figure dans un registre, dans un dossier, sur une feuille ou sur une fiche signalétique, où se trouvent par ailleurs consignées de très sommaires données biographiques ».

Une extension de la population photographiée
« Généralement promis à la destruction, des millions de ces documents insignifiants qui forment un « fichier » sont aujourd’hui conservés par les services d’archives, dépositaires de ces innombrables traces des multiples processus d’identification qui ont fait appel à la photographie ».
Cette exposition présente « les étapes marquantes de cette histoire de l’identification à travers la photographie, des premiers essais maladroits du Second Empire jusqu’au recensement de 1960 en Algérie » : « plus de 2300 documents illustrent les conséquences de la Commune de Paris, l’invention de la photographie judiciaire par Alphonse Bertillon, les fichiers de la police judiciaire, de la sûreté de l’Etat et de l’administration pénitentiaire, les fichiers des passeports et des cartes d’identité ».
C’est une vision globale qu’offre cette exposition puisant dans les services d’archives publics et privées. En effet, les questions d’identité relèvent d’autorités de l’Etat et de collectivités locales : Archives nationales, Archives nationales du monde du travail, Archives nationales d’Outre-mer, archives des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, archives de la préfecture de police, archives départementales et municipales, etc. Elles concernent aussi les associations, sportives, culturelles, éducatives ou autres, et entreprises dont des archives sont montrées.
Des malfaiteurs ou suspects, le procédé d’identification par la photographie a été étendu « à des catégories de plus en plus nombreuses jusqu’à concerner l’ensemble de la population ».
« Au-delà des techniques bureaucratiques ou policières de contrôle et de surveillance, c’est toute la complexité des rapports entre l’Etat et les citoyens qui se trouve ainsi révélée, entre résistance et consentement, protection et répression, indulgence et violence douce ».
Parmi « cette multitude d’individus identifiés, les visages photographiés, aux regards tantôt inquiets, tantôt stupéfaits, fermés, séducteurs, insolents, parfois bouleversants, restituent à ces destins obscurs ou célèbres leur inaliénable dignité individuelle ».

Variété des fichiers
A partir de la Première Guerre mondiale, les citoyens ordinaires sont fichés par l’Etat qui exige des étrangers en 1917 une carte d’identité avec photo, et délivre une carte aux veuves de guerre et mutilés afin qu’ils fassent valoir leurs droits.
Près des préfectures et commissariats, s’installent des photographes professionnels, souvent d’origine étrangère, bénéficiant de cette clientèle de proximité. Bientôt, ils affrontent la concurrence des Photomaton offrant à un prix modique des portraits d’identité conformes aux critères requis.
Les bouleversements historiques – génocide des Arméniens et Assyro-chaldéens, révolution bolchevique, persécutions antisémites, indépendance d’anciens protectorats français en Tunisie et au Maroc, etc. - affectant certains pays ou peuples provoquent l’immigration dans la patrie des droits de l’homme d’étrangers : réfugiés, apatrides…
Des statistiques révèlent l’ampleur du phénomène : 1,5 million de Russes et d’Arméniens déchus de leur nationalité et interdits de retour chez eux de 1921 à 1927 arrivent en France.
Puis, l’avènement du nazisme amène en France des Juifs et opposants au régime hitlérien provenant de l’Allemagne, de l’Autriche, etc. Pour certains, Paris est un lieu de transit avant les Etats-Unis, pour d’autres c’est un havre où ils espèrent se fixer définitivement.

Les « fichiers Juifs » 
Dans un hôtel de Marseille, entre 1941 et 1942, le Centre d’émigration de Bompard (Bouches-du-Rhône) avait une capacité d’accueil d’environ 250 internés femmes et enfants – les hommes étant généralement internés au camp des Milles, au nord de Marseille. La quasi-totalité de ces internés étaient des réfugiés Juifs souhaitant émigrer.
L’exposition consacre un espace aux « fichiers Juifs ». « Dans toute l’Europe occupée par les Nazis, l’exclusion puis l’extermination des Juifs a imposé l’étape préalable de l’identification. En France, le terme de « fichier juif » recouvre des réalités différentes ». Par leur première ordonnance concernant les Juifs en date du 27 septembre 1940, les autorités allemandes d’occupation « imposent aux Juifs de se faire enregistrer dans les préfectures et, à Paris, dans les commissariats de police ». Signe de l’efficacité des préfectures de police, environ 150 000 Juifs de la région parisienne et 20 000 dans le reste de la zone occupée sont ainsi recensés. « Sur cette base, un fichier est conçu par André Tulard, responsable du service des étrangers – et des Juifs depuis septembre -, adjoint de Jean François, directeur des affaires administratives de police générale à la préfecture de police. Les fiches sont classées par nom, par nationalité, par domicile et par profession. Des fiches de couleur bleue servent à l’enregistrement des Juifs français, les autres de couleur orange ou beige à celui des étrangers. Les fiches de format 7 cm x 12 cm ont été payées par le Comité de coordination des œuvres juives, créé en janvier 1941 sur l’injonction des services allemands ».
Par la « loi » du 2 juin 1941 signée le même jour que celle – c’est la deuxième – portant « statut des Juifs », le régime de Vichy « organise son propre recensement par l’intermédiaire des préfectures ». Toute « personne définie comme juive aux termes de cette loi devra se déclarer. Le ministère de l’Intérieur fournit aux préfectures, à charge pour elles de les envoyer dans les mairies, des formulaires de déclaration individuelle. Mais certaines seront réalisées sur papier libre. Les Juifs doivent déclarer leur état-civil, leur situation familiale, leur profession et un état de leurs biens. Le secrétariat général pour la police précise aux préfets : « Ces exigences formelles seront portées à la connaissance des Juifs par tous les moyens de publicité que vous jugerez utiles : presse, radio, affiches, etc. Dans les petites communes, l’arrêté municipal sera diffusé à son de trompe ou de caisse… ». Cette décision concerne d’abord la zone sud, où aucun recensement n’avait été opéré ».
A partir des déclarations individuelles, sont établis des fichiers dans les préfectures.
Le 29 juillet 1941, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur envoie aux préfets de la zone libre une circulaire très détaillée précisant les modalités – nombre, modèle, taille, couleur des fiches – de ce fichage. Trois fichiers sont prévus : pour les Juifs français, les Juifs étrangers et les entreprises Juives. Chacun des deux premiers fichiers se divisera « d’une part en fichiers classés par noms, nationalités, domiciles et professions, d’autre part en un fichier des commerçants avec renseignements sur leurs biens. Près de 110 000 fiches parvinrent ainsi au fichier central, installé à l’hôtel de Russie, àVichy ».
À ces « fichiers établis par la préfecture de police et les préfectures des départements s’ajoutent des fichiers établis à l’issue des arrestations ou d’autres constitués à partir du dépouillement par les autorités, à l’insu des personnes concernées, de fichiers préexistants comme ceux des cartes d’identité. Dans ce cas, l’origine géographique ou le patronyme servent de critères à l’opération d’identification ».
De « nombreux autres « recensements contrôle » et des demandes de renseignements débouchent régulièrement, selon les départements, en zone nord comme en zone sud, sur l’établissement de listes et de nouvelles fiches : Juifs anciens combattants, écoliers, étrangers, possesseurs d’une TSF, etc. ».
L’inscription d’un « J » majuscule, les mentions « Juif » ou « Juive » apparaissent ainsi sur les cartes d’identité, des fiches d’étrangers, etc.
Le « fichier Juif » a été remis en 1996 par les Archives nationales au Centre de documentation juive contemporaine (CDJC). Il est conservé dans la crypte du Mémorial de la Shoah (Paris). Il « provient du ministère des Anciens combattants qui avait rassemblé des fichiers de différentes origines concernant des Juifs arrêtés. Il ne s’agit donc pas du fichier élaboré à la préfecture de police à partir du recensement imposé en septembre 1940 par l’occupant allemand, dit « fichier Tulard » détruit à la fin des années 1940. Les fichiers de la préfecture de police qui nous sont parvenus comprennent les fiches individuelles et familiales des Juifs arrêtés à Paris et dans le département de la Seine. Ont été également préservées les fiches des camps de Drancy, de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande dans le Loiret. Tous ces fichiers présentent une subdivision spécifique pour les enfants internés ».
Gardé par les Archives départementales des Bouches-du-Rhône, le fichier des cartes d’entrée permanente à la bourse des marchandises de Marseille (1941-1942) a « été, semble-t-il, utilisé par la police de Marseille pendant l’Occupation. On relève que la très grande majorité des fiches sont en effet celles de Français de confession israélite. Aux archives départementales des Bouches-du-Rhône, ce fichier est régulièrement consulté dans le cadre des recherches de la CIVS (Commission pour l’indemnisation des victimes et spoliations intervenues du fait des législations antisémites pendant l’Occupation).
Une sélection de fiches de « demandes de carte d’identité d’étrangers résidant dans le département de la Haute-Loire, tamponnées de la mention « Juif » par l’administration préfectorale de l’état français, 1939-1943 » est révélatrice : « faite sur l’intervalle des patronymes commençant par x, y ou z, cette sélection montre comment les autorités, dans le département de la Haute-Loire, ont utilisé les fichiers de cartes d’identité d’étrangers pour repérer les étrangers de confession israélite qui, par ailleurs, étaient identifiés par les multiples opérations de recensement. Dans la mesure où la religion n’était pas indiquée sur les fiches des cartes d’identité, les sélections s’opéraient sur la consonance du patronyme, du prénom, ou sur le lieu de naissance… Ce « détournement » de fichier a été également mis en œuvre dans les fichiers des « cartes d’identité de Français ». En mars 1942, Joseph Rivalland, ministre de l’Intérieur, demande aux préfets de faire apparaître sur les cartes d’identité la mention « juif », ce qui n’était pas prévu par la loi du 27 octobre 1940. Symbole d’un État fort qui s’engage à faire advenir un ordre nouveau, la carte d’identité est utilisée concrètement pour épurer une communauté nationale que Vichy entend régénérer par l’exclusion des « métèques » qui l’ont abâtardie. Dans le cadre de cette politique ségrégationniste, les procédures d’attribution de la carte d’identité s’avèrent précieuses pour le régime pétainiste. L’apposition de la mention « Juif » sur les cartes d’identité lui sert à rendre visible une sous-citoyenneté à des fins directement répressives » (Thomas Fontaine).
Jusqu’en 1944, en instrumentalisant l’Union générale des Israélites de France (UGIF), le Commissariat général aux questions juives (CGQJ) centralise les renseignements obtenus pour constituer un grand fichier des Juifs de France et de leurs biens. Son modèle ? Le fichier de la préfecture de police. Par manque de moyens financiers, la police nationale prend le relai du CGQJ dans la constitution de ce fichier. Puis, devant l’ampleur de la tache, Xavier Vallat demande que « les fiches soient envoyées au service de la démographie – puis service national des statistiques – et à ses ateliers de mécanographie ». Ces aller et retour des fiches ont du induire la duplication des fiches et leur conservation par les services émetteurs avant leur envoi.
Ces fiches ont facilité la tache des persécuteurs des Juifs. Ainsi, à Paris, « le « fichier Tulard » permit de cibler les Juifs étrangers, les premiers arrêtés selon leurs nationalités dès le printemps 1941 et lors des grandes rafles de l’été 1942 ».
A Drancy, les « bureau des effectifs procédait à l’enregistrement des détenus et constituait des fiches de tous les entrants dans le camp, classées par ordre alphabétique et par catégories de « déportables ». Quotidiennement mis à jour, ces fichiers servaient à l’établissement des listes des convois programmés au départ des gares du Bourget, puis de Bobigny » (Thomas Fontaine).
À la Libération, « les cartes portant la mention « juif » et celles précisant le mode d’acquisition de la nationalité sont retirées ».

Le « fonds de Moscou » et les autres
Quant au « fonds de Moscou », il est constitué de sept millions de fiches rédigées par la police nationale pour la Sûreté nationale jusqu’en 1939. En 1940, les Allemands découvrent dans un bâtiment parisien sis rue des Saussaies, près du siège du ministère de l’Intérieur, ce fichier qu’ils transfèrent en Allemagne. En 1945, l’Armée rouge le trouve en Bohème et l’amène près de Moscou où le KGB l’analyse secrètement. Après la chute de l’URSS, la France négocie le retour de ses archives publiques, dont ce « fonds de Moscou » désormais conservé par les Archives nationales à Fontainebleau.
Cette exposition s’achève avant l’ère de l’informatique.
L’informatique suscite d’autres problèmes – difficulté du traitement des données en raison de leur abondance, fragilité de leur conservation, coût financier qui bénéficie aux criminels, etc. -, et renforce la peur du Big Brother.
Cette nouvelle technologie n’a pas éliminé la photographie – émise par la Sécurité sociale, la carte Vitale présente désormais la photo de son titulaire - ou le portrait signalétique. Celui-ci a permis par sa diffusion d’arrêter le gang des Barbares responsable du rapt, de la séquestration et de la mort du jeune Juif français Ilan Halimi en 2006.
De plus, depuis quelques décennies, la photographie d’identité standard est contestée par des musulmanes portant un foulard islamique, la burka ou le niqab, tout vêtement dissimulant tout ou partie de leur visage et de leur chevelure.
Quant à l’absence de fichiers ethniques ou religieux, elle permet à des statistiques fantaisistes sur certains groupes de circuler.



Sous la direction de Jean-Marc Berlière et de Pierre Fournié, Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années 1960. Éditions Perrin, 2011, 335 p. ISBN : 978-2-262-03675-1 Prix : 28 €


Jusqu’au 23 janvier 2012
A l’hôtel de Soubise
60, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris

Visuels de haut en bas :
Rapport du commissariat spécial de police de Bordeaux, accusant réception du signalement de l'écrivain Emile Zola, 1898
© Archives nationales

Fiche individuelle de Jean Bonnot (bande à Bonnot) tirée du fichier central de la sureté nationale aussi appelé fonds de Moscou
© Archives nationales

Fiche individuelle de Jean Cocteau tirée du fichier central de la sureté nationale aussi appelé fonds de Moscou
© Archives nationales

Boîte contenant le fichier des services français de la Haute commission interalliée des territoires rhénans, 1919-1930
© Archives nationales

Registre à souche des cartes délivrées aux élèves de l’école des Beaux-arts, 1906-1923 : page des numéros 1261 à 1264
© Archives nationales

Boîte contenant des fiches du fonds de Moscou
© Archives nationales

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Les citations sont extraites du catalogue et du livret de cette exposition.