Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 26 juillet 2022

Raymond Depardon

Né en 1942, Raymond Depardon est un photographe, documentariste, journaliste et scénariste français. A Paris, l’Institut du Monde arabe(IMA) présente l’exposition « Raymond Depardon / Kamel Daoud. Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019 ». Dans ses galeries cinémas des 1er et 8e arrondissements, l'Institut Lumière propose deux expositions  : « Errance » et « Glasgow ». 
      

Né en 1942, Raymond Depardon est un photographe, documentariste - 1974, une partie de campagneReporters (1981), Malraux (1996), 10e chambre, instants d'audience (2004), 12 jours (2017) -, journaliste et scénariste français.

Il a couvert notamment la guerre du Viêt Nam.

En 2024, la FRAC Bretagne a proposé l'exposition "Les Jeux Olympiques 1964-1980 de Raymond Depardon. Un photographe emblématique regarde l’histoire à travers le sport". "En 1964, Raymond Depardon est depuis quatre ans salarié en tant que photographe reporter pour l’agence Dalmas. Il est alors envoyé à Tokyo pour couvrir les Jeux olympiques d’été et fait ainsi ses premiers pas de photographe de sport. Essai gagnant puisqu’il officiera finalement durant 6 olympiades, jusqu’aux Jeux de Moscou en 1980. Lors de ces événements, le célèbre photographe apprend que, pour saisir la beauté du moment, il faut le devancer. Ainsi parvient-il à immobiliser l’exploit, la force et l’émotion extrême : le désespoir de Michel Jazy après sa défaite à l’épreuve du 5 000 m à Tokyo (1964), la joie éclatante de Colette Besson remportant le 400 m à Mexico (1968), le légendaire triplé olympique de Jean-Claude Killy à Grenoble (1968), la grâce et la perfection de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci à Montréal (1976)… des images désormais gravées dans l’histoire du sport. Mais, porté par son expertise de grand reporter, Raymond Depardon fige d’autres instants, des faits historiques et dépassant largement le champ sportif : en 1968, il immortalise le poing levé des athlètes afro-américains à Mexico, puis en 1972, lors des Jeux olympiques de Munich, il est le témoin de la prise d’otage de la délégation israélienne. Le stade et l’histoire, la culture et le sport."

Reporter, il a créé avec Gilles Caron, en 1966, l'agence photographique Gamma. Depuis 1979, il est membre de Magnum Photos.

Il a effectué le portrait officiel du Président socialiste François Hollande.

Il a été distingué notamment par le Grand Prix national de la photographie, des Césars du cinéma, le Prix Louis-Delluc, et le Prix Nadar. 

« Raymond Depardon / Kamel Daoud. Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019 »
L’Institut du Monde arabe a présenté l’exposition « Raymond Depardon / Kamel Daoud. Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019 ».

« Dans le cadre de « 2022. Regards sur l'Algérie à l'IMA, à l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’exposition « Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019. Raymond Depardon / Kamel Daoud » offre un témoignage unique sur l’Algérie en 1961 puis en 2019, à travers le regard de deux grands artistes : l’un français, cinéaste et photographe, revisitant ses photos d’Algérie ; l’autre algérien, journaliste et écrivain, né en 1970, après l’indépendance de son pays. »

« Raymond Depardon photographie ce qu’il voit à la jonction de ce qu’il ne voit pas. Je regarde ce que je ne vois pas, en croyant savoir ce que cela signifie. Son œil dans ma main. Son corps est ma mémoire. Ce qui m’intéresse chez le photographe, c’est son corps, son errance, son voyage : je me glisse en lui, j’épouse ses mouvements, son regard, sa culture, ses préjugés peut-être, mais aussi sa singularité. Errance de déclic en déclic ». (Kamel Daoud, extrait du livre « Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019 », Barzakh/Images Plurielles, 2022)

« En 1961, le tout jeune Raymond Depardon réalise plusieurs reportages photographiques à Alger, puis à Évian, pendant les premières négociations pour mettre fin à la guerre d’Algérie. Près de soixante ans plus tard, avec le désir de publier ces photographies dans une perspective algérienne, il rencontre Kamel Daoud. »

« Porté par Barzakh, la maison d’édition algérienne de l’écrivain, un projet d’ouvrage à quatre mains prend forme : un beau livre faisant entrer en résonance photographies « algériennes » de 1961 et textes inédits de Kamel Daoud. Celui-ci a dans l’idée d’écrire des textes très différents, presque disjoints des photos ; il s’agira de méditations ou de rêveries sauvages. Par ailleurs, des « comètes » – une explication de l’image, un commentaire, une fulgurance inspirée par une photographie… – accompagneront une sélection de photos choisies par l’artiste. »

« Raymond Depardon retourne en Algérie en 2019 et y réalise une série de photos, à Alger puis à Oran, ville où habite Kamel Daoud. »

« Les éditions Barzakh proposent alors à l’Institut du monde arabe de monter une exposition à partir du livre. Son président Jack Lang est immédiatement séduit : la sortie du livre s’accompagnera d’une exposition éponyme, sensible, avec des images rares et des textes inédits qui se répondront en écho tout en pouvant être vues ou lus séparément : deux mondes, deux regards indépendants et pourtant complémentaires qui s’enrichissent mutuellement… »

« Installée dans deux espaces, l’exposition présente 80 photographies de Raymond Depardon et cinq textes inédits de Kamel Daoud. Elle comprend trois sections : Alger 1961 ; Évian-Bois d’Avault 1961 / Oranie 1961 (niveau -1) ; Alger et Oran 2019  (niveau -2). Dans des salles rehaussées d’un dégradé de bleus évocateur de la Méditerranée, au fil d’une scénographie fluide qui facilite le passage entre les deux médiums, le visiteur navigue entre les grands textes, suspendus comme autant d’installations, et ménageant une transparence qui permet de deviner les photos à travers eux. Textes et photographies sont encadrés à l’identique pour en souligner l’égale importance. Les « comètes » sont traitées comme autant de petites œuvres, formant une ligne d’horizon vers laquelle tend le regard. »

« Un « texte d’exfiltration » guide le visiteur vers la sortie ; et un film inédit avec Raymond Depardon et Kamel Daoud, Kamel et Raymond (22'), réalisé par Claudine Nougaret pour l'exposition, conclut le parcours. »

L'Institut Lumière
Dans ses galeries cinémas des 1er et 8e arrondissements, l'Institut Lumière proposa deux expositions  : « Errance. Raymond Depardon » et « Glasgow. Raymond Depardon ».

« Je veux me confronter aux lumières, aux hasards, forcer ma curiosité, m’ouvrir, briser mes idées reçues, exorciser cette peur du monde. Est-ce que j’ai le choix ? Je décide que oui ! À partir de là, je choisis un format, un objectif, un appareil unique. Je pense à des photographies nettes, quelque chose de bien défini, au sens graphique du mot, pour éviter la caricature. Je veux des photographies au format vertical, où l’horizon serait à égalité entre le haut et le bas, avec trop de ciel, trop de sol, pour donner ma position, marquer ma présence et ne pas pouvoir tricher. Par opposition à l’écran horizontal du cinéma, mais aussi à la double page des magazines et à l’idée du grand tableau romantique. » Raymond Depardon (Extrait de Errance – Éditions Points)

« Je ne crois pas que Depardon ait voulu faire œuvre de « photographe de rue » à Glasgow, à l’instar d’un Brassaï, d’un Weegee ou d’une Vivian Maier, même si certaines images nous montrent dans quelle détresse absolue vit le sous-prolétariat. Quand je regarde ces photos, ce qui me semble en avoir été le facteur déclenchant est une certaine conception de la composition plutôt qu’une démarche sociologique, l’idée d’une structure picturale plutôt que d’un reportage sur les classes populaires. Certes, elles témoignent d’un lieu donné à un moment donné mais, même si elles sont en couleurs, la lumière de Glasgow, sa grisaille humide et éteinte, donne aux clichés quelque chose de cette intemporalité que confère le noir et blanc. » William Boyd (Préface de Glasgow – Éditions du Seuil)


Du 6 juillet au 28 août 2022
A l'Institut Lumière
« Glasgow » à la Galerie Cinéma
20, rue du Premier-Film, Lyon 8e 
Du mardi au dimanche de 11 h à 19 h.

« Errance » à la Galerie Cinéma
3, rue de l’Arbre Sec, Lyon 1er
Du mercredi au dimanche 14h à 19h

Du 8 février au 31 juillet 2022
1, rue des Fossés-Saint-Bernard
Place Mohammed V – 75005 Paris
Salles d’expositions temporaires
Niveaux -1 /-2 (entrée par le rez-de-chaussée)
Tél. : 01 40 51 38 38 
Du mardi au vendredi de 10h à 18h, les samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 19h - Fermé le lundi

Jules Dassin (1911-2008)

Jules Dassin (1911-2008) était un talentueux producteur, acteur, scénariste et réalisateur - La Cité sans voiles, Les Bas-fonds de Frisco, Les Forbans de la nuit, Du rififi chez les hommes, La Loi, Jamais le dimanche, Topkapi, La Promesse de l'aube, La guerre amère - Comme un éclair - américain précurseur, né dans une famille juive nombreuse originaire d'Odessa. Après un début de carrière à Hollywood, il a été contraint à l'exil dans un contexte de Guerre froide. En Europe, il réalisa des films noirs excellents. Arte diffusera le 25 juillet 2022 à 22 h 30 « Topkapi » de Jules Dassin avec Peter Ustinov, Maximilian Schell, Robert Morley, Melina Mercouri, Jess Hahn, Gilles Ségal, Akim Tamiroff.

Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand

Né dans une famille juive originaire d’Odessa, Jules Dassin (1911-2008) vit à Harlem et étudie dans le Bronx. 

Dans les années 1930, il devient membre du parti communiste. « Vous grandissez à Harlem où il est difficile de se nourrir et de garder la chaleur du cercle familial, et vous vivez très près de Fifth Avenue, qui est élégant. Vous vous interrogez, vous avez des idées, en voyant beaucoup de pauvreté autour de vous, et c’est un processus très naturel », a expliqué Jules Dassin en 2002 au Guardian.

Il étudie l’art dramatique en Europe. 

A New York, il débute comme comédien à l’ARTEF, acronyme yiddish de Arbeter Teater Farband (Yiddish Proletarian Theater, un des piliers du Theatre of Social Consciousness. Fondé en 1925, l’ARTEF était une organisation théâtrale prolétarienne affiliée à la Section juive du mouvement communiste américain. Le soutien du Parti communiste aux factions arabes à la suite des émeutes Arabes de 1929, en Palestine sous mandat britannique, a induit une fracture insurmontable entre les communistes et les autres parties de la gauche juive. L’ARTEF, dont le répertoire inclut Ristokratn (Les Aristocrates) de Sholem Aleichem et Rekrutn (Les Recrues) de Israel Aksenfeld, s’est fixée en 1934 à Broadway jusqu’à sa disparition en 1940. Jules Dassin y met en scène Clinton street, 200 000 Recruits et The Outlaw.

Il co-réalise un film inachevé et écrit des histoires pour la radio.

En 1937, il se marie avec Béatrice Launer, violoniste américaine juive d’origine hongroise, diplômée de la Juilliard School of Music. Le couple a trois enfants : Joe Dassin (1938-1980), chanteur populaire, Richelle, auteur compositrice, et Julie Dassin actrice.

En 1939, ayant perdu ses illusions par la signature du pacte de non agression germano-soviétique, Jules Dassin quitte le parti communiste américain.

En 1940, repéré par une de ses mises en scène à Broadway, il est recruté par la RKO où il assiste le réalisateur Alfred Hitchcock lors du film Mr. & Mrs. Smith (Joies matrimoniales) et Garson Kanin. Une fonction qui lui permet d’observer avec admiration ces maîtres. 

Béatrice Launer travaille dans les studios d'enregistrement hollywoodiens.

Pour la MGM, Jules Dassin réalise The Tell-Tale Heart (Le Cœur révélateur, 1941), un court métrage inspiré d’Edgar Allan Poe avec  Joseph Schildkraut et Roman Bohnen. Un succès auprès du public. 

Après quelques films pour la MGM, il réalise des films pour Universal sans avoir le final cut - Les Démons de la liberté (Brute Force, 1947) avec Burt Lancaster et Hume Cronyn, La Cité sans voiles (The Naked City, 1948) -, puis la Fox - Les Bas-Fonds de Frisco (Thieves' Highway, 1949) avec Richard Conte, Valentina Cortese, Lee J. Cobb et Barbara Lawrence.

"The Naked City"
« La cité sans voiles » (The Naked City), film américain de Jules Dassin (1948) avec Barry Fitzgerald, Don Taylor, Howard Duff, Dorothy Hart, Ted de Corsia, Frank Conroy, Virginia Mullen, House Jameson, Anne Sargent, Adelaide Klein, figure dans la liste américaine du National Film Registry de la Library of Congress

Un remarquable film noir américain tourné, dans une veine réaliste, dans les rues new-yorkaises.

« New York, 1948. Jean Dexter, mannequin de 26 ans, est assassinée. Les indices de départ sont minces : la disparition des bijoux de la victime, un pyjama masculin dans le panier à linge. L'inspecteur Muldoon, un vieux routier des affaires criminelles, secondé par un jeune père de famille bouillant de faire ses preuves, Jimmy Halloran, est chargé de l'enquête... »

Réalisé avec brio en noir et blanc par Jules Dassin, La Cité sans voiles est « un film noir au style vif et documentaire, dont New York constitue le personnage principal ».

Le « producteur Mark Hellinger et le scénariste Malvin Wald voulaient tourner un film sur le vif, en extérieurs et loin d'Hollywood, en incorporant la vie trépidante de New York à une intrigue policière. De filatures en rebondissements, de Manhattan au Bronx, La cité sans voiles capte une formidable matière documentaire et s'attache à retransmettre les réalités sociales et urbaines de la mégalopole. Notamment grâce au travail novateur du chef-opérateur William Daniels, justement couronné  d'un Oscar ». 

Jules Dassin « fut médusé que son film The Naked City reçoive aussi l'Oscar du meilleur montage, s'étant vu privé par le producteur Hellinger du final cut. Au-delà des conflits, leurs talents réunis ont produit un film noir à l'atmosphère unique et aux magnifiques images, porté par l'immense énergie et les contrastes spectaculaires de la Grosse Pomme ».

« L'écrivain Albert Maltz, qui avait collaboré avec Fritz Lang et dont ce fut le dernier film avant de devenir l'un des « Dix d'Hollywood » proscrits par le maccarthysme, a supervisé le scénario » du film.

Le producteur Mark Hellinger décède d’un arrêt cardiaque le 21 décembre 1947 après avoir vu le montage final à son domicile.

"Montage rapide, voix off tour à tour objective ou subjective, alternance de scènes quasi-documentaires - enquête policière, impression d'un journal, jeux d'enfants, marché - et de fiction, finesse psychologique, attention aux gens modestes, rebondissements narratifs, moralité assumée... Avec The Naked City, Jules Dassin a signé un excellent film noir dont l'action se développe dans les rues d'une New York, diurne et nocturne, aux multiples facettes, grouillante d'enfants et d'adultes".

Le style nerveux, vif, sans fioriture du film est inspiré du photographe (street photographer) et photojournaliste américain Weegee, pseudonyme de Arthur Fellig (1899-1968) dont le livre de photographies sur la vie, notamment nocturne, new-yorkaise, Naked City, a été publié en 1945. Weegee est crédité au générique du film.

The Naked City figure dans la liste américaine du National Film Registry de la Library of Congress pour être « significatif culturellement, historiquemetn et esthétiquement » : « The opening credits reveal this is a different kind of movie; not filmed on a Hollywood back lot but on actual locations in New York City. Winning Oscars for best photography and editing and nominated for best writing (Malvin Wald), this cutting-edge, gritty crime procedural introduced a new style of film-making".

Et d'ajouter : « The Naked City offers up slices of several stories, building and dove-tailing into a logical, heart-pounding resolution. Based on six months of interviews with the NYPD and using three-dimensional characters, it changed the way police were portrayed and crimes solved. Another unique aspect of Mark Hellinger's production and Jules Dassin's direction was to hire local radio and theater actors new to film – it launched several character-acting careers  ».

Cette œuvre cinématographique a inspiré une série télévisée, un téléfilm et le jeu vidéo L.A Noire.

Exil
Dans un contexte de Guerre froide, Jules Dassin n’a pas comparu devant le HCUA (House Un-American Activities Committee), commission d'enquête de la Chambre des représentants des États-Unis sur des individus aux actions visant « la forme de gouvernement garantie par notre Constitution ». 

Il « allait bientôt figurer à son tour sur la liste noire du sénateur McCarthy et s'exiler en France », car il était devenu selon ses propres mots, « inemployable » à Hollywood.

Son talent immense manque dans le Hollywood du début des années 1950.

"Les Forbans de la nuit"
Le 30 septembre 2017, les 2, 5 et 9 octobre 2017, Ciné + Classic diffusa Les Forbans de la nuitde Jules Dassin (1950, 1 h 35) avec Richard Widmark, Gene Tierney, Googie Withers, Hugh Marlowe, Francis L Sullivan, Herbert Lom, Stanislaus Zbyszko, Mike Mazurki.

Jules Dassin  s’installe en Grande-Bretagne où il réalise Night and the City (Les Forbans de la nuit, 1950) avec Richard Widmark, Francis L. Sullivan et Gene Tierney.

"Londres. Harry Fabian, un petit truand paranoïaque et mégalomane, plus ambitieux qu'intelligent, exerce les fonctions de rabatteur pour le compte de Phil Nosseross, patron du Silver Fox, une boîte de nuit du quartier de Soho, à Londres. Dans l'espoir de faire rapidement fortune, il décide d'organiser des combats de lutte gréco-romaine truqués. Un vieux lutteur, le Grand Gregorius, et la femme de son patron, qui tous deux poursuivent leur propre chimère, l'aident à trouver des fonds. Mais Harry s'attaque au monopole de Kristo. Et celui-ci, qui se trouve être le père de Gregorius, n'entend pas que quelqu'un d'autre le concurrence sur ce terrain..."

"Son exil sera préjudiciable au cinéma américain, car Jules Dassin explore brillamment une voie réaliste, en délaissant les studios pour immerger les personnages de ses thrillers dans des villes contemporaines, en imprégnant ses films d’un rythme tendu, parfois quasi-haletant, conjuguant maîtrise technique dans le cadrage et le montage, et direction d’acteurs. Et ce, bien avant John Cassavetes".

La carrière prometteuse de Jules Dassin s’arrête, car des producteurs européens craignent que les films réalisés par un réalisateur blacklisted n’aient aucune carrière commerciale aux Etats-Unis. 

Béatrice Launer-Dassin rejoint l’orchestre de Pablo Casals, célèbre violoncelliste. 

Les enfants Dassin, dont Joe, sont placés en pensions.

A l’invitation de Bette Davis, Jules Dassin dirige en 1952 cette actrice dans Two's Company, spectacle à Broadway. Une comédie musicale composée de sketches signés par Charles Sherman et Peter DeVries, avec des chansons aux paroles d'Ogden Nash et de Sammy Cahn sur une musique de Vernon Duke. Le 15 décembre 1952, l'Alvin Theatre présente ce spectacle chorégraphié par Jerome Robbins. Un problème de santé affectant Bette Davis, surmenée, induit l'arrêt prématuré du spectacle.

"Du rififi chez les hommes"
Ce n’est qu’en 1955, après des années difficiles, avec Du rififi chez les hommes, avec Jean Servais, Carl Möhner et Robert Manuel, un film à petit budget, avec une longue scène de cambriolage admirablement filmée et montée, distingué par le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1955, que Jules Dassin renoue avec le succès. 

Arte diffusera en version restaurée le 15 mars 2021 « Du rififi chez les hommes » (Rififi) de Jules Dassin. « Un cambriolage rondement mené finit par tourner à la catastrophe... Chassé de Hollywood par le maccarthysme, Jules Dassin tourne en 1955 en France une de ses plus belles œuvres. Avec Jean Servais, ce film virtuose "emprunte" aux codes du film noir américain et culmine dans deux séquences d’anthologie : le cambriolage et la course-poursuite finale. »

« Après cinq ans de prison, Tony "le Stéphanois", miné par la tuberculose, retrouve la liberté. Pour reconquérir son ex-petite amie, “à la colle” avec un autre caïd, il accepte le coup que lui propose ses amis Jo le Suédois, Mario et César : le cambriolage d’une bijouterie parisienne. Préparé dans ses moindres détails, le casse réussit au-delà des espérances. Mais une erreur va mettre une bande rivale à la poursuite du quatuor ».

« En 1954, Jules Dassin se venge. Chassé de Hollywood par le maccarthysme (il a été dénoncé par le réalisateur Edward Dmytryk), il “emprunte” aux codes du film noir américain pour réaliser une de ses plus belles œuvres ». 

« Est-ce un hasard s’il s’attribue le rôle de César, le pilleur émérite de coffre-fort ? » 

« Si l’ombre de Quand la ville dort plane sur Du rififi..., si Jean Servais et sa voix caverneuse peuvent évoquer Humphrey Bogart, c’est en tout cas un petit bijou que le cinéaste cisèle pour son nouveau pays d’adoption ». 

« Magnifiée par un noir et blanc scintillant, la virtuosité de sa mise en scène trouve sa plus belle expression dans deux scènes d’anthologie : le cambriolage (vingt-huit minutes sans une seule parole) et la séquence finale, course-poursuite contre le temps, incandescente et orgasmique échappée de cinéma, comme libérée de toute entrave – du Godard avant l’heure ». 

« Ce joyau du film noir aurait influencé le Melville du Deuxième souffle. »

"Contraint à l’exil européen par la liste noire de Hollywood, Jules Dassin s’installe à Paris au début des années 50 et connait une période de vaches maigres. Son premier film français sera Du rififi chez les hommes en 1955, l’adaptation d’un roman d’Auguste le Breton. Le réalisateur américain apporte à cette histoire de casse de la dernière chance pour un vieux gangster et ses complices la virtuosité et la densité tragique de ses meilleurs « films noir ». Il bénéficie d’une plus grande liberté de création que dans les studios hollywoodiens", a écrit Olivier Père pour Arte.

Et de rappeler : "Cinéaste des villes, Dassin s’approprie la capitale comme avant elle New York ou San Francisco. Il capte magnifiquement l’atmosphère urbaine de la nuit ou du petit matin, en tournant en décors naturels, dans les rues et les cafés parisiens. La conception du cinéma de Dassin n’a pourtant rien de réaliste. Elle dessine un univers mental, proche de l’onirisme, comme en témoigne la fameuse séquence totalement muette du cambriolage de la bijouterie, qui possède la précision et l’absurdité d’un rêve". 

Et de souligner : "Si la photo et la mise en scène du film sont magnifiques, ses interprètes ne sont pas pour rien à sa grande réussite. Inoubliable en Tony le Stéphanois, truand affaibli par la prison et tuberculose, Jean Servais trouve ici, au beau milieu de sa carrière, le rôle de sa vie. Sa voix et son visage fatigués, sa silhouette tragique hantent durablement le spectateur. Autour de lui gravitent des personnages pittoresques, joués par des « character actors » dignes de leurs homologues américains. Dassin lui-même s’attribue (sous le pseudonyme de Perlo Vita) un rôle pivot, celui du perceur de coffre-fort milanais réquisitionné pour le hold-up. On a également le plaisir de retrouver Magali Noël en artiste de cabaret qui interprète la chanson du film. La diffusion du Rififi chez les hommes permet de saluer la mémoire de Robert Hossein, décédé le 31 décembre 2020. A l’orée de sa longue carrière, l’acteur-réalisateur y campe un mémorable malfrat sadique et toxicomane, avec son intensité habituelle. La même année que le tournage du film de Dassin, il signait son premier film en tant que metteur en scène, d’après une pièce de son complice Frédéric Dard, Les salauds vont en enfer."

Le 15 avril 1955, Le Monde critique ainsi ce film : "Il y avait cinq ans que Jules Dassin n'avait pas tourné quand on lui proposa de mettre en scène Du rififi chez les hommes. Le roman d'Auguste Le Breton possède d'indiscutables qualités de pittoresque et de verdeur, mais le sujet qu'il traite, convenons-en, n'est pas de ceux qui peuvent enthousiasmer un réalisateur qui, après un long silence, a certaines ambitions cinématographiques. Le " milieu " a tant de fois été décrit ces derniers mois à l'écran que le spectateur le moins averti n'ignore plus rien de sa faune et de sa flore. Dassin se mit pourtant au travail. Ce film était sa chance; à tout prix il lui fallait gagner la partie. Pressé par le temps, il écrivit le scénario en quelques semaines. Puis ce fut l'épreuve, toujours difficile pour un réalisateur étranger, de la collaboration avec nos acteurs et nos techniciens. " Jamais je n'ai eu autant le trac que le premier jour de tournage du Rififi ", reconnaît aujourd'hui Dassin. Cette collaboration, heureusement, s'opéra aussitôt de la manière la plus favorable. Le film était à peine terminé que le bruit courait dans les milieux professionnels que le Rififi était une remarquable réussite. Cette rumeur n'a cessé de s'amplifier. Et demain le public confirmera certainement ce verdict. Nous nous en réjouissons, car depuis le triste imbroglio de l'Ennemi public n 1 le cinéma français devait une revanche à Dassin. Nous espérons cependant que ce succès ne condamnera pas trop longtemps l'auteur de la Cité sans voile à rester l'" homme du Rififi ", et que maintenant qu'il a montré patte blanche il lui sera permis de réaliser quelques-uns des projets qui lui tiennent au cœur."

Et ce quotidien poursuit : "Les qualités techniques du Rififi chez les hommes sont assez évidentes pour qu'il soit inutile d'en parler longuement. Le récit est sobrement construit, âpre et rapide, mais sans violences inutiles, sans concessions au fétichisme des mitraillettes, et tempéré, chaque fois que possible, par une note d'humour. Nous reviendrons plus loin sur ce qui en fait l'originalité essentielle. Bornons-nous pour l'instant à dire que c'est un film d'action comparable aux meilleurs ouvrages du genre (on ne manquera sans doute pas d'évoquer à son propos le célèbre Scarface) et qu'il renferme un passage qui a d'ores et déjà sa place dans une anthologie des scènes de " suspense ", Je fais allusion ici à la séquence du cambriolage de la bijouterie. Durant plus de vingt minutes nous voyons quatre hommes défoncer un plancher et faire sauter un coffre-fort, sans rien entendre d'autre que le bruit assourdi des instruments qu'ils utilisent. Un système d'alarme ultra-sensible qu'ils ne pourront neutraliser qu'au cours de l'opération les condamne au silence. Cet effet de silence est si saisissant que Georges Auric, qui avait écrit une partition pour cette partie du film, fut le premier à demander qu'on ne s'en servît pas. Dans la salle les spectateurs, haletants, évitent eux-mêmes de faire le moindre bruit, comme s'ils étaient complices du cambriolage. En fait, ils sont complices. Telle est l'habileté de Dassin qu'il nous " met dans le coup " et que nous participons malgré nous à l'exploit de ses gangsters... C'était mon premier fric-frac. J'en garde le souvenir d'une épreuve éreintante qui tient à la fois du ballet et de l'opération chirurgicale..."


Grèce
Désormais l’essentiel de la carrière de Jules Dassin se déroule en Grèce - Celui qui doit mourir (He Who Must Die, 1956), La Loi (La Legge, 1958) avec Gina Lollobrigida, Pierre Brasseur, Marcello Mastroianni, Melina Mercouri et Yves Montand, Jamais le dimanche (Never on Sunday, 1959), Cri de femmes (1978) -, sauf quelques périodes de travail avec Joseph Losey à Londres en 1956 et les Etats-Unis – Illya Darling à Broadway en 1967, Point noir (Up Tight) en 1968 -, ou pour des films internationaux : Topkapi (1964) avec Mélina Mercouri, Maximilian Schell et Peter Ustinov, La promesse de l’aube (1970) d’après le roman autobiographique de Romain Gary (1960). Son dernier film : Circle of Two (1980) avec Richard Burton et Tatum O'Neal. 

En 1962, exigeant et critique à l’égard de son œuvre, Jules Dassin a déclaré à Cue magazine : « De tous mes films, celui que j’aime vraiment, c’est He Who Must Die. En fait, j’aime ce qu’il disait. Mais cela ne signifie pas que je sois entièrement satisfait du film. Si je le pouvais, je le referai ».

« Topkapi »
Arte diffusera le 25 juillet 2022 à 22 h 30 « Topkapi » de Jules Dassin avec Peter Ustinov, Maximilian Schell, Robert Morley, Melina Mercouri, Jess Hahn, Gilles Ségal, Akim Tamiroff.

« Un filou invente une machination pour offrir à sa belle les joyaux dont elle raffole... Une comédie à savourer pour la classe de "la Mercouri", la rouerie de Peter Ustinov, le charme de Maximilian Schell, et Istanbul filmé en Technicolor par Henri Alekan. »

« Croqueuse d’hommes et de pierres précieuses, Elizabeth Lipp fait craquer William Walter. Cet escroc de haut vol entreprend alors de monter une ingénieuse opération pour lui offrir ce dont elle rêve : les émeraudes incrustées dans une dague ancienne conservée au palais-musée de Topkapi, à Istanbul. Pour parvenir à ses fins, il va s’adjoindre les services d’une équipe de voleurs amateurs dont chacun possède une solide spécialité… »

« Dans Istanbul hantée par sa grandeur ottomane et filmée en Technicolor, cette affaire de vol de bijoux n’est pas sans rappeler "Du rififi chez les hommes", le premier film que Jules Dassin réalisa en Europe après avoir été chassé des États-Unis par le maccarthysme en 1954. » 

« Tourné dix ans plus tard, "Topkapi", trépidante comédie d’aventures, bénéficia d’une formidable distribution internationale, avec Melina Mercouri, en impériale intrigante, et valut à Peter Ustinov, fascinant de roublardise, l’Oscar du meilleur second rôle masculin. » 

« La musique du grand compositeur grec Manos Hadjidakis (1925-1994) – auteur de la bande originale de "Jamais le dimanche", du même Jules Dassin – contribua à la réussite du film. »

Meilleur second rôle masculin (Peter Ustinov), Oscars 1965.


Retour en Grèce
Divorcé en 1962, Jules Dassin  épouse en 1966 l’actrice Mélina Mercouri à laquelle il était lié depuis le festival de Cannes en 1954. 

Lors de la dictature des colonels (1967-1974), le couple fuit la Grèce pour s’installer à Paris. 

Avec le retour de la démocratie et son retour à Athènes, Mélina Mercouri entame une carrière politique qui la mène au poste de ministre de la Culture en Grèce.

Jules Dassin a dirigé la Fondation Mélina Mercouri visant au retour en Grèce des frises du Parthénon présentées au British Museum. 

"La guerre amère"
"Jules Dassin s'est trouvé en Israël au moment de la guerre des 6 jours et, quittant le cinéma de fiction pour l'observation des événements se déroulant sous ses yeux, il a fixé le climat et les événements de juin 1967 en Israël..."

Co-réalisé par Jules Dassin et Irwin Shaw, produit par Les Artistes Associés, "La guerre amère. Comme un éclair" est sorti en France en 1969. 

Le texte est lu par Claude Dauphin et Joe Dassin.

Jules Dassin meurt à l’âge de 96 ans en Grèce, en 2008.
                  

« La cité sans voiles  » de Jules Dassin
Universal, 1948, 52 min
Auteur : Malvin Wald
Image : William H. Daniels
Montage : Paul Weatherwax
Musique : Frank Skinner, Miklos Rozsa
Production : Hellinger Productions, Universal International Pictures
Producteur/-trice : Mark Hellinger, Jules Buck
Scénario : Malvin Wald, Albert Maltz
Avec Barry Fitzgerald, Don Taylor, Howard Duff, Dorothy Hart, Ted de Corsia, Frank   Conroy, Virginia Mullen, House Jameson, Anne Sargent, Adelaide Klein
Visuels : © Master Licensing, Inc.

« 
Du rififi chez les hommes » de Jules Dassin
France, 1954, 1 h 53
Scénario : Jules Dassin et René Wheeler d'après le roman éponyme de Auguste Le Breton
Production : Indus Films, Prima Film
Producteurs : Henri Bérard, Pierre Cabaud, René Bézard, René Gaston Vuattoux
Image : Philippe Agostini
Montage : Roger Dwyre
Musique : Georges Auric
Décors : Auguste Capelier, Alexandre Trauner, Robert André et Gabriel Paris
Costumes : Robes dessinées par Rosine Delamare et exécutées par Marcelle Desvignes
Avec Jean Servais (Tony le Stéphanois), Carl Möhner (Jo le Suédois), Robert Manuel (Mario Ferrati), Jules Dassin (César le Milanais), Marie Sabouret (Mado les Grands Bras), Janine Darcey (Louise), Pierre Grasset (Louis Grutter), Robert Hossein (Rémi Grutter), Magali Noël (Viviane), Marcel Lupovici (Pierre Grutter)
Sur Arte le 15 mars 2021 à 20 h 55
Visuels :
Jean Servais (Tony le Stéphanois), Carl Möhner (Jo le Suédois) et Robert Manuel (Mario Ferrat) dans le film de Jules Dassin " Du rififi chez les hommes"
Jean Servais (Tony le Stéphanois) et Marie Sabouret (Mado les grands bras) dans le film de Jules Dassin " Du rififi chez les hommes"
Jean Servais (Tony le Stéphanois) et Janine Darcey (Louise) dans le film de Jules Dassin " Du rififi chez les hommes" 
Jean Servais (Tony le Stéphanois) et Marie Sabouret (Mado les grands bras) dans le film de Jules Dassin " Du rififi chez les hommes"
Jean Servais (Tony le Stéphanois), Carl Möhner (Jo le Suédois) et Robert Manuel (Mario Ferrat) dans le film de Jules Dassin " Du rififi chez les hommes" i
© Indus Film - Prima Film

« Topkapi » de Jules Dassin
Etats-Unis, 1964, 1 h 55mn
Auteur : Eric Ambler
Scénario : Monja Danischewsky
Production : Filmways Pictures
Producteur : Jules Dassin
Image : Henri Alekan
Montage : Roger Dwyre
Musique : Manos Hadjidakis
Avec Peter Ustinov (Arthur Simon Simpson), Maximilian Schell (Walter Harper), Robert Morley (Cedric Page), Melina Mercouri (Elizabeth Lipp), Jess Hahn (Hans Fisher), Gilles Ségal (Giulio), Akim Tamiroff (Gerven)
Sur Arte les 25 juillet 2022 à 22 h 30 et 05 août 2022 à 13 h 35

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 28 mars 2016, puis les 3 octobre 2017 et 15 mars 2021.

lundi 25 juillet 2022

« Sol Lewitt. Wall Drawings, Works On Paper, Structures (1968-2002) »

Le Musée Juif de Belgique présente l’exposition « Sol Lewitt. Wall Drawings, Works On Paper, Structures (1968-2002) ». « Né à Hartford (Connecticut) dans une famille d’immigrants juifs venus de Russie, Solomon (Sol) LeWitt (1928-2007) est l’un des pionniers de l’art conceptuel et minimal, réputé notamment pour ses Wall Drawings (dessins muraux) ».


Organisée par Barbara Cuglietta et Stephanie Manasseh en collaboration avec la succession de l’artiste, l’exposition rend hommage à l’artiste conceptuel américain Sol LeWitt (1928-2007).

« À travers une sélection unique de Wall Drawings (dessins muraux), d’œuvres sur papier, de gouaches, de structures et d’archives datant des années 1960 aux années 2000, cette exposition vise à mettre en lumière la diversité et l’unité dans la production prolifique de Sol LeWitt. Elle présente une double « première » : une exploration de son héritage juif et une enquête sur ses liens avec la Belgique. Elle s’accompagne, en outre, du lancement de la nouvelle application Sol LeWitt créée par Microsoft. »

« Né à Hartford (Connecticut) dans une famille d’immigrants juifs venus de Russie, Solomon (Sol) LeWitt est l’un des pionniers de l’art conceptuel et minimal, réputé notamment pour ses Wall Drawings (dessins muraux). 

« Bien qu’il ne soit pas religieux, menant une vie sécularisée, Sol LeWitt entretient tout au long de sa vie des liens discrets mais tenaces avec son héritage juif. Dans les années 1990, il s’engage plus activement au sein de sa communauté à Chester (Connecticut) jusqu’à en concevoir la nouvelle synagogue de la Congrégation réformée Beth Shalom Rodfe Zedek qui sera inaugurée en 2001. Pour Sol LeWitt, la conception d’une synagogue relevait d’« un problème de formes géométriques dans un espace qui se conforme aux usages du rituel ». À l’appui d’archives, de dessins, de photographies et de témoignages, l’exposition explore la genèse de ce projet majeur, resté jusqu’à aujourd’hui peu connu du grand public. » 

« L’exposition aborde également un autre aspect oublié de la carrière de Sol LeWitt : les relations étroites que l’artiste a développées tout au long de sa carrière avec des collectionneurs, des galeristes et des artistes basés en Belgique. Seront présentés, entre autres, le Wall Drawing #138, réalisé pour la première fois à Bruxelles dans la galerie MTL – qui joua un rôle pionnier dans l’introduction de l’art conceptuel en Belgique -, mais également la collaboration de Sol LeWitt avec l’architecte Charles Vandenhove pour l’aménagement du Centre Hospitalier Universitaire de Liège. »

« Toutes les œuvres montrées dans l’exposition sont issues de collections publiques et privées belges, ainsi que de la Collection LeWitt. Quant à la réalisation des Wall Drawings, directement sur les murs du Musée Juif de Belgique, elle est l’occasion d’une expérience participative exceptionnelle, rassemblant aux côtés de dessinateurs professionnels de l’atelier LeWitt de jeunes artistes et étudiants en art plastique basés à Bruxelles. Pour chaque dessin mural, des équipes sont constituées autour d’un assistant professionnel qui accompagne et guide les apprentis. Cette initiative pédagogique est une opportunité unique pour ces derniers d’être associés au processus de création d’un des plus grands artistes américains. » 

« Enfin, l’exposition au Musée Juif de Belgique est l’occasion de lancer en Europe une application pour smartphone dédiée à l’artiste et à son œuvre, développée par Microsoft avec la Collection LeWitt. Fidèle à la volonté de Sol LeWitt de rendre l’art accessible à toutes et tous, cette application offrira aux visiteurs une expérience immersive et éducative inédite ». 

Pour Sol LeWitt, la conception d’une synagogue relevait d’« un problème de formes géométriques dans un espace qui se conforme aux usages du rituel » . À l’appui d’archives, de dessins, de photographies et de témoignages, l’exposition explore la genèse de ce projet majeur, resté jusqu’à aujourd’hui peu connu du grand public. » 



Du 3 décembre 2021 au 31 juillet 2022
Au Musée Juif de Belgique
21, rue des Minimes. 1000 Bruxelles. Belgique