Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 27 juin 2019

L'ethnomusicologue Simha Arom


Né en 1930 à Düsseldorf (Allemagne), Simha Arom fuit le nazisme en se réfugiant en Belgique, puis en France. Il combat lors de la guerre d'Indépendance d'Israël et est recruté dans l’orchestre symphonique de Jérusalem. Il devient un des plus célèbres ethnomusicologues, reconnu notamment comme expert des musiques d'Afrique centrale. Directeur de recherche émérite au CNRS, il est membre-fondateur de la Société française d'ethnomusicologie et membre du Board of directors du projet The Universe of Music (UNESCO). En 2009, il a retracé son parcours dans "La fanfare de Bangui" (Éditions La Découverte). Le 27 juin 2019, à 19 h 30, à l'Auditorium Edmond J. Safra, le Mémorial de la Shoah proposera "Simha" de Jérôme Blumberg (2015) en présence du réalisateur, de Simha Arom et d’Hervé Roten, musicologue, directeur de l’Institut européen des musiques juives


Originaire de Galicie (Pologne), les parents de Simha Arom s'installent à Düsselfolf (Allemagne). S'ils s'expriment en yiddish, ils refusent que leurs enfants le parlent.

Avec l'avènement du nazisme, ils se réfugient avec leurs deux fils en Belgique. Commence la "course contre les arrestations". Après que les Nazis aient vidé tout l'appartement familial, Simha Arom - Simha signifie joie en hébreu - est emmené dans un couvent quelques jours. Ils se retrouve avec son frère  à Anvers.

Lors de l'invasion par les Allemands de la Belgique, la famille Arom se réfugie en France. Il leur faut huit jours pour arriver dans la région de Toulouse. La Croix-Rouge les y accueille. En 1940, les gens s'approchent d'eux pour voir s'ils ont des cornes. Les Arom sont internés dans deux camps, dont celui de Rivesaltes jusqu'en 1941. Simha Arom arrive dans une maison à Moisac où il apprend le français. Deux ans plus tard, les enfants Arom sont envoyés dans d'autres lieux. En août 1942, leurs parents sont arrêtés en zone libre, et, internés au camp de Drancy, ils envoient une carte à leurs fils. Ce sera le dernier signe de leurs parents avant leur déportation à Auschwitz où ils seront assassinés.

En 1944, âgé de presque 14 ans, Simha Arom est caché dans une colonie de vacances protestantes, dans une ferme. Par un cuisinier Juif, il apprend l'existence de convoi allant en Palestine mandataire via l'Espagne. Il attend quelques semaines à Toulouse que les "Britanniques parachutent des godasses". Son frère plus âgé avait été évacué vers la Suisse pour lui éviter le STO (Service du travail obligatoire), et rejoint Simha en Palestine mandataire un an plus tard.

Les deux frères participent à la guerre d'Indépendance d'Israël, au cours de laquelle Simha Arom est blessé. En 1949, il commence ses études musicales à Jérusalem, puis en 1951, il réussit le concours d'entrée au Conservatoire national de Paris.

« Juif né en Allemagne, formé au Conservatoire national de Paris », Simha Arom est en 1963 corniste de l’orchestre symphonique de la radio israélienne.

Valorisation de la culture centrafricaine
Pour rompre la monotonie de son travail et par curiosité, il accepte la proposition du ministère israélien des Affaires étrangères de former en un an une fanfare en République centrafricaine. L’Etat d’Israël nouait alors des coopérations technologiques, militaires et culturelles très intenses en Afrique.

S’il ne crée pas cette fanfare - deux existaient déjà -, il fonde une chorale de jeunes en valorisant les chants traditionnels des ethnies centrafricaines. Fort de ce succès, il propose au président Dacko de recueillir le patrimoine musical du pays et de créer un musée des Arts et traditions populaires (musée national Boganda). Ce qu’accepte le chef de l’Etat.

Équipé d’un magnétophone Nagra auquel s’ajoutera un synthétiseur, aidé d’un interprète, Simha Arom se rend dans les villages en pleine forêt où vivent les Pygmées. Enregistre les sons. Décrit et retranscrit des chants. Acquiert des instruments. Recueille les témoignages sur les usages et mythes associés. Se montre respectueux des Africains. Part de la musique pour aller vers la culture. Dresse un tableau de l'univers musical de ces sociétés africaines. Fait des expérimentations interactives.

Au fil de rencontres et de hasards, ce musicien élabore et peaufine une méthode scientifique de travail et analyse des systèmes musicaux. Admiratif de la beauté et de la richesse des musiques des Pygmées, bouleversé et « ahuri » par leur complexité, il parvient à en décrypter la polyphonie vocale si élaborée, si différente de la musique occidentale par sa métrique, son rythme. Il érige en domaine d’étude respectable ces airs très savants interprétables avec beaucoup de variétés.

Devenu un ethnomusicologue de réputation mondiale, ce directeur de recherches émérite au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), récipiendaire de nombreux prix, a protégé ce patrimoine musical traditionnel africain qu’il a fait connaître dans le monde entier par ses livres et films, puis dans des festivals prestigieux. Il est membre-fondateur de la Société française d'ethnomusicologie et membre du Board of directors du projet The Universe of Music (UNESCO). 

Dans son livre, Simha Arom communique son émerveillement pour l’ingéniosité humaine et transmet son savoir avec clarté. Le lecteur aurait aimé en savoir davantage sur son enfance et sa formation musicale.

Prix Francine et Antoine Bernheim des Arts, des Lettres et des Sciences
La Fondation du Judaïsme français a remis le Prix Francine et Antoine Bernheim des Arts, des Lettres et des Sciences à Simha Arom au titre des Sciences, le 12 mai 2014. Le 9 juin 2011, la Bibliothèque nationale de France (BNF) a organisé une journée en hommage à Simha Aron, et en la présence de cet ethnomusicologue auteur de La fanfare de Bangui. Au programme : conférences, projection de films et concerts.

Simha de Jérôme Blumberg
Dans le cadre de la 12e édition du Festival des Cultures Juives : « Audace ! », l’Institut Européen des Musiques Juives (IEMJ), la Direction de l’Action culturelle du FSJU et le musée Dapper proposent le 15 juin 2016 à 19 h, une soirée festive consacrée à l’ethnomusicologue Simha Arom. Projection du documentaire Simha de Jérôme Blumberg (2015, 78 min, production Le Miroir, CNRS Images, CINAPS TV). La "projection sera suivie d’une discussion avec Simha Arom, Jérôme Blumberg, Gabriel Chabanier, producteur du documentaire et Hervé Roten, directeur de l’IEMJ. Un concert de polyphonies par le groupe Gamako clôturera ce moment unique". Simha Arom, ethnomusicologue de renommée mondiale "a passé cinquante ans de sa vie à recueillir, étudier et décrypter les mécanismes des musiques traditionnelles, notamment les magnifiques polyphonies des Pygmées Aka de la République Centrafricaine. Jérome Blumberg filme le travail de Simha Arom depuis 1990. Son film est basé sur les souvenirs de l’ethnomusicologue : son enfance pendant la guerre, son acharnement à apprendre la musique. Il y aussi son activité actuelle, son approche de l’ethnomusicologie, tout à fait particulière car il a toujours mis en avant le travail de terrain, et enfin sa propre pratique musicale. Un périple qui aura guidé sa vie. C’est ce cheminement que propose le réalisateur au spectateur, en construisant le film comme une pièce musicale, une partition à voix multiples".

Le 27 juin 2019, à 19 h 30, à l'Auditorium Edmond J. Safra, le Mémorial de la Shoah proposera "Simha" de Jérôme Blumberg (France, documentaire, 78 mn, Production Le Miroir, 2015) en présence du réalisateur, de Simha Arom et d’Hervé Roten, musicologue, directeur de l’Institut européen des musiques juives. "Né à Düsseldorf en 1930, Simha Arom fuit l’Allemagne nazie en 1938 avec sa famille. Mais les parents sont repris et envoyés à Auschwitz, d’où ils ne reviendront pas. En 1944, Simha rejoint la "Palestine" où il intègre l’orchestre symphonique de Jérusalem. En 1963, au contact des Pygmées de Centrafrique, il deviendra un ethnomusicologue de renommée internationale. Le film l’accompagne dans ses travaux et sa vie mouvementée".


Simha Arom, La fanfare de Bangui, Itinéraire enchanté d'un ethnomusicologue. Ed. La Découverte, coll. Les Empêcheurs de penser en rond, 2009. 210 pages, 13 euros. ISBN : 9782707157225

Le jeudi 9 juin 2011 de 10 h à 19 h
Petit auditorium
11, quai François Mauriac. 75013 Paris 13
Tél. : 01 53 79 53 79
Photo de Simha Arom : © DR

A lire sur ce site concernant :
Cet article a été publié en une version plus concise dans le n° 614-615, juillet-août 2009, de L’Arche, publié sur le blog le 8 novembre 2009, republié les 6 juin 2011, 12 mai 2014 et 14 juin 2016, et modifié le 20 juin 2019.

mercredi 26 juin 2019

« Gaza, la vie » par Garry Keane


Arte diffusera le 26 juin 2019 « Gaza, la vie » (Gaza - Leben an der Grenze), documentaire biaisé, émaillé des clichés de la propagande palestinienne, et réalisé par Garry Keane. « Gaza a connu trois guerres depuis dix ans et subit depuis 2007 un blocus israélo-égyptien. En suivant une vingtaine de ses habitants sur plusieurs années, ce documentaire propose une immersion inédite dans le quotidien survolté d'un territoire au bord de l'implosion ».
  
« Juifs et Arabes de France : dépasser la question israélo-palestinienne »

"Du 23 au 27 juin 2019, ARTE bouscule sa grille pour accueillir la quatrième édition du festival du documentaire, entièrement dédié aux grands documentaires : onze coproductions ARTE signées par des réalisateurs de renom, pour la plupart sorties en salles ou primées dans les grands festivals internationaux. Le documentaire, dans toute sa diversité formelle, son foisonnement de sujets, son inventivité, fait partie de l’essence d’ARTE. C’est le genre emblématique de l’ouverture au monde, qui est en même temps agrandissement de l’univers de chacun. À la fois en prise avec le réel tout en le transfigurant, à travers un regard esthétique et singulier, il donne à voir l’invisible, l’autre, le différent, l’inédit. C’est l’ambition de ce festival que de valoriser toute la palette de ce genre puissant auquel ARTE est particulièrement attachée. ARTE présente à l’antenne des films particulièrement marquants qui, chacun à leur façon, nous dévoilent ce que l’on ne voit pas d’ordinaire ou plus. De Visages Villages d’Agnès Varda et JR primé à Cannes en 2017 et dans de nombreux festivals, à Les tombeaux sans noms de Rithy Panh, sélectionné entre autres à la Mostra de Venise en 2018, en passant par Wrong Elements de Jonathan Littel sélectionné à Cannes en 2016, ou bien encore" « Gaza, la vie » par Garry Keane.

Partialité
Dans ce cadre, Arte diffusera « Gaza, la vie », documentaire biaisé réalisé par Garry Keane. Avec les scènes d'arrivées d'ambulances à l'hôpital al-Shifa dans un environnement bruyant, sans aucun souci pour les "blessés" sur les brancards, de Gazaouies éplorées, d'"enfants morts", etc. Et des images au ralenti d'un Gazaoui hurlant sa douleur. On est stupéfait qu'il y ait encore des "camps de réfugiés palestiniens" - celui d'al Shati -  dans la bande de Gaza ! Un documentaire sur le registre émotionnel, misérabiliste, occultant les milliardaires du Hamas, etc.

« Sur ce territoire de 365 kilomètres carrés, qui a connu trois guerres depuis dix ans, et subit depuis 2007, date de la prise du pouvoir du Hamas, un blocus israélo-égyptien, vivent aujourd'hui 2 millions de personnes ». Selon l'ambassadeur Yoram Ettinger, en 2011, 1,6 million d’Arabes résidaient en Judée et en Samarie et 1,3 million d’Arabes vivaient dans la bande de Gaza, soit un total de 2,9 millions d’Arabes. En 2018, il évalue à 1,85 le nombre d'Arabes en Judée et en Samarie, et à 1,5 million celui dans la bande de Gaza. Ce film présente le Hamas comme le "mouvement de résistance islamique" sans le qualifier de terroriste ou d'islamiste.

« Chômage de près de 50 %, surpopulation, immeubles et infrastructures bombardés et jamais reconstruits, électricité rare et constamment coupée… : si les maux de la trop fameuse bande de Gaza sont connus, la manière dont ils affectent ses habitants est rarement montrée ». Et polygamie, Gazaouies portant le foulard islamique, des terroristes hyperarmés (lanceroquettes, mitraillettes), etc. Aucune image ne montre les palaces, les villas des millionnaires du Hamas. Rien sur les dégâts causés par ces pneus incendiaires...

 « Impressionnés par l'extraordinaire vitalité qui se dégage, malgré tout, de ce lieu exceptionnel à tous égards, le photojournaliste Andrew McConnell et le réalisateur Garry Keane ont entrepris de montrer son quotidien méconnu ».

« Entre 2014 et 2018, ils ont accompagné au jour le jour une vingtaine de Gazaouis d'âges et de conditions sociales très divers : un adolescent membre de la famille la plus nombreuse du territoire (39 frères et sœurs), qui rêve d'avoir un jour son bateau de pêche ; une étudiante de 19 ans et sa mère, employée par les Nations unies ; un jeune rappeur cloué dans un fauteuil après avoir été blessé en manifestant contre Israël ; un vieux pêcheur accueillant son fils libéré de prison ; un chauffeur de taxi philosophe qui, faute de pouvoir payer ses dettes, a lui aussi été détenu ; un maître-nageur dandy épris de surf ; un entrepreneur ruiné ; un directeur de théâtre ; un infirmier urgentiste accablé… »

« Décidés à révéler, derrière la tragédie, la beauté et les joies fugaces qui, le temps d'une fête, d'un fou rire ou d'un soleil couchant sur la mer, omniprésente dans le film, permettent de supporter l'insupportable, les réalisateurs s'attachent à l'humanité, l'éloquence, la poésie de leurs personnages, magnifiés aussi par de splendides images ».

« Leur empathie et leur art du regard donnent ainsi à ceux qu'ils filment une poignante dignité ».


« Gaza, la vie » par Garry Keane
Allemagne, 2018, 1 h 26
Sur Arte le 26 juin 2019 à 23 h 40
Visuels : © ARTE D/ Andrew McConnell

A lire sur ce blog :
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)
Articles in English
Les citations proviennent d'Arte

jeudi 20 juin 2019

« Musée de l'Histoire des Juifs polonais, Varsovie », par Ute Hoffarth


Aventure au musée. Musée de l'Histoire des Juifs polonais, Varsovie (Abenteuer Museum. Museum der Geschichte der polnischen Juden, Warschau) est un documentaire de Ute Hoffarth. Un musée retraçant dans une scénographie intéressante l'histoire millénaire des Juifs en Pologne et inauguré en 2013. Le festival de la culture juive se déroule à Cracovie (21-30 juin 2019).
Avant la Deuxième Guerre mondiale, la moitié de la population juive mondiale habitait en Pologne.

Contrairement à l'image stéréotypée, tous les Juifs ne vivaient pas dans des shtetls qui n'étaient pas des villages, mais des agglomérations de taille moyenne. Nombre d'entre eux appartenaient à la bourgeoisie citadine.

La Shoah a tragiquement marqué l’histoire des Juifs polonais, tout en occultant le passé millénaire des Juifs de ce pays. A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, 3,5 millions de Juifs vivaient en Pologne, soit 10% de la population.

Environ la moitié des six millions de Juifs assassinés lors de la Shoah sont polonais. La situation géographique de la Pologne a constitué un facteur permettant la réalisation de la "Solution finale" par les Nazis et leurs collaborateurs.

En 1945, "380 000 Juifs polonais environ sont encore en vie en Pologne - cachés, résistants, combattants au sein de l'Armée rouge -, en Union soviétique ou dans des camps de concentration en Allemagne, en Autriche et dans les territoires tchèques". Ils vivent essentiellement dans les grandes villes : Varsovie, Łódź, Cracovie et Wrocław.

De 1945 à 1948, une grande partie - 100 000-120 000 Juifs - choisit les voies de l'exil, notamment vers la France et Eretz Israël alors Palestine mandataire. Les raisons : la douleur à demeurer sur cette terre de Shoah, l'effondrement des cadres communautaires, les pogroms en particulier celui de Kielce en 1946, le refus du régime communiste soutenu par l'Union soviétique de restituer les biens des Juifs spoliés, l'espoir de reconstruire une vie sioniste, etc.  Certains juifs polonais contribuent à l'édification du régime communiste.

Une deuxième vague d’émigration aura lieu entre 1957 et 1959 lors de la libéralisation du régime communiste, après la guerre des Six-jours...

Après la chute du mur de Berlin, une vie juive se développe, et les autorités politiques prennent conscience de la part juive de l'Histoire de la Pologne. La diaspora juive intervient notamment pour régler le différend concernant le Carmel d'Auschwitz.

En 1995, naît l’idée d’édifier un musée rappelant une histoire ancienne, qui ne saurait se réduire à celle des shtetls (petites villes, en yiddish). Des efforts importants sont nécessaires pour réunir les ressources financières auprès de généreux bienfaiteurs et d’institutions publiques.

« Conçu par l’architecte finlandais Rainer Mahlamäki et inauguré en 2013, le musée de l'Histoire des juifs polonais s’élève au cœur de ce qui fut le quartier juif de Varsovie, puis, de 1940 à 1943, sous l'occupation nazie, le ghetto ». En 2010, la responsable des expositions avait souligné qu’il s’agirait du musée d’histoire des Juifs de Pologne, désormais appelé musée POLIN, et son approche singulière : réduire les panneaux explicatifs au profit de l'évocation d'une thématique par un simple objet ayant appartenu à un juif polonais.

« C’est cette histoire et cette culture que le musée veut rendre palpables, à travers ses collections, mais aussi des expositions, des films, des débats, des spectacles ».

« Avec, entre autres, sa conservatrice Barbara Kirshenblatt-Gimblett, cet épisode de la série documentaire Aventure au musée explore le lieu et le quartier qui l'entoure ».

Le festival de la culture juive s'est déroulé à Cracovie (22 juin-juillet 2018).


2016, 53 min
Sur Arte le 23 avril 2017 à 18 h 05

Visuels : © SWR
Le présentateur Gustav Hofer Malgorzata Szumowska sur les traces de la vie des juifs à Varsovie, dans un cimetière juif
Le présentateur Gustav Hofer avec la conservatrice du musée Barbara Kirshenblatt-Gimblett, dans la synagogue ornée de bois et richement décorée, qui a été construite dans le musée de l'Histoire des Juifs polonais à Varsovie
Le bâtiment de l'architecte finlandais Rainer Mahlamäki exprime le symbolisme du musée de l'Histoire des Juifs polonais comme celui de la vie.

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 20 avril 2017, puis le 1er juillet 2018.

mercredi 19 juin 2019

Demain les Juifs de France


Tel est le titre de la convention du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui s’est tenue le 20 novembre 2011 à Paris. Une série de tables-rondes intéressantes et simultanées qui ont attiré environ mille spectateurs – un succès public révélateur d’interrogations sur l’avenir -, mais qui ont notamment occulté des problèmes graves qui obèrent l’avenir des Juifs français. Le 19 juin 2019, Hasbara & P4S organisent la conférence "Antisémitisme : la République veut-elle encore des juifs ?", avec François Pupponi, député de la 8e circonscription du Val d'Oise depuis 2007, et André Bercoff, journaliste et écrivain.

« Chasser les juifs pour régner » par Juliette Sibon 
Antisémitismes de France 
« La France sans les juifs. Emancipation, extermination, expulsion » par Danny Trom
« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre
Interview de Maitre Axel Metzker, avocat de la famille Selam
Le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris (1/5)
Spoliations de Français juifs : l’affaire Krief (version longue)


Le choix graphique annonçant cette convention est éclairant : la taille des caractères va en diminuant, comme si l’avenir se rétrécissait. Et, absent, le point d’interrogation est deviné par le lecteur.


Ce titre se détache d’un fond composé de quatre missions du CRIF : « lutte contre le racisme et l’antisémitisme, défense d’Israël, transmission de la mémoire de la Shoah, promotion des droits de l’homme ».

Quid de « l’exil oublié » d’environ un million de Juifs des pays arabes, de Turquie et d’Iran, des années 1940 aux années 1970 ? Cela ne fait pas partie de l’histoire des Juifs français ? Rappelons que le CRIF est le représentant français de la JJAC (Justice for Jews from Arab Countries), fédération d’organisations Juives visant à informer sur la condition douloureuse et la fuite des Juifs originaires des pays du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et du Golfe et assurant la défense de leurs droits afin d’obtenir justice.


Et cette manie erronée et étrange de désigner les « Juifs de France », comme s’ils n’étaient pas des Juifs français. Et alors que le CRIF, comme les autres organisations Juives françaises, tient un langage républicain soulignant combien ces Juifs ont été et sont de bons citoyens français.


Autres signes : cette convention s’est ouverte par l’annonce du décès du grand rabbin de Paris, David Messas - une disparition non signalée sur le site Internet du Consistoire de Paris -, et s’est déroulée parallèlement à la journée d’union des quatre radios Juives franciliennes en faveur de la collecte pour la Tsedaka (justice, en hébreu) destinée à financer des projets communautaires sociaux, médicaux, etc.

L'assistance nombreuse à cette Convention, comme au colloque Quel avenir pour les Juifs de France de l'UPJF (Union des patrons et professionnels Juifs de France), le 12 décembre 2010, révèle l'inquiétude et les questionnements d'un nombre élevé de Juifs français sur leur devenir en France. Une inquiétude qui perdure à la fin du quinquennat du Président Nicolas Sarkozy, porteur d'espoirs en 2007 chez moultes Juifs français et qui n'a pas agréé la demande de Richard Prasquier, président du CRIF, le 9 février 2011, de réunir le Comité interministériel de lutte contre l'antisémitisme et le racisme.



Une France oubliée et oublieuse


Et la France dans tout cela ? Elle n’apparaît dans aucun titre de ces tables-rondes modérées par deux journalistes, Virginie Guedj-Bellaïche et Eric Halimi, et conclues par un responsable du CRIF.


Les Juifs ne constituent pourtant pas une plante hors sol. Ils sont enracinés dans une France qui n’a été évoquée que rarement et sans vision d’ensemble.


« La crise institutionnelle française se répercute nécessairement sur les institutions Juives », a précisé Dov Maimon, chercheur au JPPI (Jewish People Policy Institute) et adepte des audits. Il n’y a pas qu’une « crise institutionnelle » !


Comment peut-on établir un constat ou envisager l’avenir des Juifs français sans étudier ce beau pays dont les déclins – politique, diplomatique, économique, éducatif, social, culturel, moral, scientifique – ne sont pas enrayés, où un débat sur l’identité nationale – un SMS évoquait ce point - et sur l’islam ainsi que le projet de création de la Maison de l'histoire de France soulèvent un tollé, un pays tacheté de zones de non-droit et dont le fossé entre l’élite et le peuple va croissant. Un Etat qui a gommé de l’Education nationale son histoire nationale glorieuse au profit d’un narratif « politiquement correct », excluant ses grandes figures ou gommant progressivement ses  « grands hommes » (Clovis, François 1er, Louis XIV, Napoléon, etc.), marqué du sceau de la culpabilisation d’un passé jugé à tort honteux au travers d'une grille de lecture droitsdel'hommiste, et exsudant la haine injustifiée de l’entreprise. Une France républicaine qui redéfinit le périmètre de sa laïcité et dont nombre de ses habitants refusent toute autorité et le droit, parfois au nom de la citoyenneté : des faucheurs d'OGM autorisés refusent toute recherche scientifique et détruisent des champs d'agriculteurs, etc. Une France dont le fleuron du service public national, France 2, a diffusé en 2000 le blood libel de l'Intifada II, le reportage si controversé de  Charles Enderlin et Talal Abu Rahma sur la « mort de Mohamed al-Dura ».


Un pays qui a choisi l’intégration dans une Union européenne niant ses racines juives et chrétiennes, sans limite géographique, au fonctionnement peu démocratique et trop opaque, diluant les responsabilités, réduisant les contrôles de l’usage de ses fonds, absorbant les souverainetés nationales, anémiée par une croissance économique faible, un chômage de masse et une paupérisation croissante, incapable de maitriser les flux d'immigration en son sein...


Une France qui selon l'essayiste Bat Ye’or a opté dès les années 1970 pour Eurabia en soutenant l’OLP contre l’Etat d’Israël.

Quid de la fameuse « note de 2001 de Pascal Boniface, recommandant au Parti socialiste de ne plus courtiser la communauté juive mais plutôt la communauté musulmane où se trouve la plus grande masse de ses électeurs potentiels » (Shmuel Trigano), ainsi que le rapport du think tank socialiste Terra Nova Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?  « Jeunes peu qualifiés et mères célibataires frappés par le précariat, blacks et beurs de banlieue discriminés à l'embauche, ouvriers au chômage de longue durée : ce sont ces nouvelles classes populaires que la gauche doit défendre », estime cet organisme dirigé par Olivier Ferrand (10 mai 2011). Dans la note Musulmans de France : Pour une citoyenneté inclusive par Marc Cheb Sun et Ousmane Ndiaye (09/03/2011 ), ce think tank appelle « à « l'émergence d'une puissante citoyenneté musulmane », dispensée d'intégration. Bref, les « progressistes » invitent la France à se communautariser davantage et à s'islamiser, sans jamais se poser la question du respect d’un héritage culturel plus que millénaire, qui devrait être soudainement balayé par de nouvelles minorités refusant le processus de l'intégration puis de l'assimilation » (Ivan Rioufol, 14 mars 2011).

Tous ces faits méritaient d’être étudiés pour mieux appréhender le futur des Juifs français. D'autant que les crises induisent souvent des boucs-émissaires. Ce qu'ont été les Juifs.


L’avenir de la France est un paramètre certes difficile à préciser, mais incontournable. La situation actuelle permet d’en esquisser des facettes inquiétantes, qui influent sur la vie des Juifs français.



Les « derniers des Mohicans » ?

Dans ce pays en mutations, et à la différence de la doxa dominante, les Juifs arborent leur adhésion aux valeurs républicaines, leur légalisme, leur amour de la France et leur attachement à l’Etat d’Israël.


Ce qui nourrit l’indifférence et l’incompréhension de ceux élevés/éduqués dans l’ignorance de l’histoire de France. Suscite l’animosité des amnésiques, incultes, conformistes, partisans du « Passé faisons table rase » ou haineux à l’égard de ces Juifs français si différents d’une partie de l’immigration réfractaire à l’intégration et célébrée comme La Victime du racisme et de la colonisation, voire de l’islamophobie.


Cette attitude des Juifs attire aussi le soutien de ceux prisant l’Etat-nation, attachés à l’histoire de leur pays, reconnaissants à l’égard des Juifs - valeurs communes, culture biblique, contribution au pays et au monde, etc. -, et admiratifs d’un Etat Juif qui n’a pas capitulé depuis plus de 60 ans au jihad malgré un environnement hostile.


Dans cette France actuelle, l’organisation de la communauté Juive remontant à l’ère napoléonienne et à la Seconde Guerre mondiale, son discours parfois cacophonique et sa stratégie – ou son absence de stratégie – sont-ils pertinents ? Une question esquissée par le SMS d'un spectateur de cette convention.

Une communauté diverse

Deux grands écrans dans chaque salle listant les noms des orateurs et surtout les SMS des spectateurs diffusés après leur modération – messages souvent justes, parfois ironiques ou publicitaires et révélant une connaissance des divisions et coulisses de la communauté Juive institutionnalisée -, des tables-rondes simultanées filmées par Akadem… Impressionnant.


Que retenir de cette journée en débats denses, parfois tendus ?

« Les symptômes dont la rue juive se plaint (absence d'activités pour les 18-30 ans, manque de représentativité des institutions, guerres internes, absence de plans de carrière pour les professionnels, blocage des initiatives de terrain, désaffection de 70% des jeunes) témoignent d'une absence de projet », a noté Dov Maimon.


Un consensus s'est formé sur l’impératif d’attirer les jeunes dans les organisations Juives, de préparer la relève des cadres communautaires et d’ouvrir davantage la communauté Juive, notamment aux enfants nés d’unions mixtes – « au moins une union sur deux est exogame » -, particulièrement ceux dont la mère n’est pas juive et donc considérés comme non-Juifs par la loi juive (halakha). Mais comment ? Elie Korchia, vice-président du Consistoire de Paris, s’en tenait aux règles de la loi juive. Ce qui ne satisfaisait pas d’autres sensibilités du judaïsme français, tel le judaïsme libéral. Mais il y a d’autres problèmes importants, rétorquait Elie Korchia, comme le nombre élevé de divorces (un mariage sur deux). Quid des Juifs Noirs ?


La solution proposée par Dov Maimon : organiser des réunions de dirigeants communautaires pour faire émerger un « projet fédérateur », des accords fondamentaux.


La sociologue Chantal Borges Benayoun a ironisé sur ce « mirage de l’unité après lequel courent la plupart des institutions Juives, c’est-à-dire une image uniforme affirmée dans l’espace public par différents acteurs ». Pour Rivon Kryger, rabbin d’Adath Chalom. communauté Juive Massorti de Paris, la communauté Juive est clivée par une polarisation entre la « déshérence et une tendance à la radicalisation identitaire dans une génération en perte de repères, à l’instar du reste de la société ».


Chantal Borges Benayoun a consacré un long développement à « une forme de séparatisme » Juif orthodoxe minoritaire, au détriment de l’analyse de courants plus importants, tel celui représenté par les Juifs qui ne s’adressent à la communauté institutionnalisée que pour des évènements majeurs : circoncision (brit mila), communion (bar ou bat mitzva), mariage, mort. Selon Dov Maimon, 160 000 Juifs se rendent dans les synagogues pour Yom Kippour, soit moins d'un tiers des Juifs français dont le nombre avoisine 500 000.


Des réflexions passionnantes ? Par exemple le rappel par l’essayiste Michel Gurfinkiel de la stratégie définie par le général Yéhoshafat Harkabi, ancien directeur du Renseignement militaire israélien, afin d’établir des lobbys Juifs en Occident chargés d’inciter les Etats-Unis ou l’Europe, à exercer des pressions sur l’Etat d’Israël. Le combat pour maintenir légal l'abattage rituel juif (shehita).


Le « soutien inconditionnel » à Israël ? Il est stigmatisé par Claude Askolovitch, journaliste, qui développe une vision binaire infondée « camp de la paix » contre « camp de la guerre » assimilé à la droite, voire à l’extrême-droite. Pourtant ce prétendu soutien n’existe pas : la seule occurrence de « soutien inconditionnel » trouvée sur Internet par son confrère Clément Weill-Raynal lie en 1997 ce soutien à « la politique étrangère de l’URSS. Cette expression fait partie du monde marxiste et communiste ». A Alain Finkielkraut qui alléguait que la droite israélienne « avait pris le pouvoir » car Kadima avait obtenu le plus grand nombre de voix lors des élections législatives, Michel Gurfinkiel rappelait que le dispositif légal israélien prescrit que seule une coalition disposant d’une majorité à la Knesset peut diriger le pays. Mené par Tzipi Livni, le parti Kadima n’était pas parvenu à constituer une coalition parlementaire majoritaire, à la différence de Benjamin Netanyahou qui arrivait alors au pouvoir.


Des remarques surprenantes révélant des orateurs parfois déconnectés de la réalité : « Les Juifs de France occupent une place importante dans le monde intellectuel français : littéraire, philosophique, cinématographique, musical ». Cette généralisation gagnerait à être affinée : les artistes Juifs sont souvent sommés de se distancer de l’Etat d’Israël à l’image ternie, ou devancent cette menace en adoptant un « profil Juif ou sioniste » bas. De plus, en quelques décennies, les Juifs ont quasiment disparu des postes de rédacteurs en chef des journaux de France Télévisions, groupe public signataire en 2004 de la Charte de la diversité en entreprise et qui a récemment organisé un casting afin de recruter des animateurs et présentateurs issus de la « diversité ».


Des hors-sujets : secrétaire général de l’EGAM (European Grassroots Antiracist Movement), Benjamin Abtan s’est appesanti sur les actions – testings à l’entrée de discothèques en Europe, sondages sur les discriminations - de l’EGAM, une fédération d’associations luttant contre le racisme et liée à SOS Racisme. Dominique Moïsi a avancé des projections démographiques jusqu’en 2040-2050, et survolé la menace nucléaire militaire iranienne contre l’Etat d’Israël, si dangereuse dans le court terme.


Un certain déséquilibre idéologique : le seul universitaire israélien, Denis Charbit, est membre du Comité de parrainage des Amis de Shalom Arshav (La Paix Maintenant). Des experts comme Alexandre del Valle ou Raphaël Israéli étaient absents. A noter les refus de deux universitaires Juifs français de participer à cette Convention en raison de leur opposition aux dirigeants du CRIF. Une absence regrettable.


Des propos d’experts infondés. Un « Hezbollah et un Hamas affaiblis » (Bruno Tertrais) ! Des définitions aberrantes du mot « populisme ». Des parallèles faux entre Geert Wilders et les fascistes italiens ou l’extrême-droite. Selon Frédéric Encel, le Président Barack Obama n’aurait pas exercé de pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahou car une pression n’existerait qu’assortie de menaces de sanctions. Nombre d’observateurs - Caroline Glick, Steven J. Rosen cité par Daniel Pipes, La Croix - ont pourtant noté des pressions américaines sur Israël… Un changement d’alliance d’Israël – Grèce substituée à la Turquie – présenté comme imputable au seul Etat Juif, en oubliant la stratégie de l’islamiste turc Erdogan et la tentative de la flottille de rompre le blocus de Gaza en 2010. On peut regretter qu’à aucun moment, nul n’ait dit qu’Israël n’a pas de « partenaire pour la paix ».


Des visions « politiquement correctes » de la réalité : selon Benjamin Abtan, le racisme, classé à l’extrême-droite, et les discriminations n’ont visé en Europe que les Roms, les Arabes ou plus généralement les immigrés.

Devant ce tableau partiel de la situation, un SMS signalait un antisémitisme présent aussi à l’extrême-gauche et Elisabeth Lévy, co-directrice de la rédaction de Causeur, a rappelé que l’on pouvait s’interroger sur le multiculturalisme ou l’immigration sans être raciste. Et de citer la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron constatant l’échec du multiculturalisme dans leur pays. Ajoutons que Benjamin Abtan a semblé ignorer le « racisme » anti-Blanc, anti-chrétien ou anti-Français et ne s’est pas indigné de la « discrimination positive » en faveur des « minorités visibles ».


A noter que Benjamin Abtan, tout comme Raphaël Haddad, coordinateur de la Convention, ont exercé la fonction de président de l’UEJF (Union des étudiants juifs de France).


Des tabous, tels l’antisémitisme à gauche, à l’extrême-gauche et dans l’islam. Le grand rabbin de France Gilles Bernheim a évoqué le dialogue interreligieux - sans indiquer la teneur du dialogue judéo-musulman - centré sur la notion d'hospitalité et l'Amitié judéo-musulmane de France. Ces soulèvements dans des pays arabes ont des retombées en France-même occultées lors de cette convention : par exemple, environ un tiers des électeurs tunisiens en France ont voté pour Ennahda, un parti islamiste voulant imposer la shari’a, la loi islamique contraignant les non-musulmans – Juifs, chrétiens, etc. - à la dhimmitude, aspirant à un 6e califat et à la  « reconquête de Jérusalem ».

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, ayant prévenu de l’impossibilité pour elle de participer au débat prévu avec Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, ce débat a été annulé faute de participants, mais des édiles étaient présents à cette Convention. Une réaction de Martine Aubry à la déclaration du 17 novembre 2011 de Richard Prasquier, président du CRIF, sur le choix des candidats d’union – Socialistes/EELV (Europe Ecologie Les Verts) - aux prochaines élections législatives et le « désastreux… effet d’affichage des noms des évincés. Il est tentant de parler d’antisémitisme, certains l’ont déjà fait et je me garderai de les suivre. Je pense que nous n’en sommes pas là » ? Le 21 novembre 2011, Richard Prasquier déplorait  « les interprétations, parfois malveillantes » ayant suivi son précédent communiqué, rejetait  « toute idée de représentation communautaire » et regrettait que « les circonscriptions concernées étaient réservées à des représentants d’un parti écologiste qui, de façon répétée et incompréhensible, a été ces derniers mois à la pointe de l’hostilité contre Israël ».

Après le récit par Bernard-Henry Lévy de son « aventure politique » en « tant que Juif » porteur de valeurs Juives et nourri de la pensée de philosophes Juifs, en Libye et sa conviction d'avoir fait vaciller l'opinion d'un islamiste libyen - pas moins ! -, la convention a été conclue par Richard Prasquier, cinglant à l’égard d’écologistes ayant placé la « détestation d’Israël » au centre de leurs préoccupations, annonçant la formation du CRIF ACCESS, qui « entend regrouper la nouvelle génération » et dès janvier 2012 des « rencontres publiques avec les principaux responsables des partis politiques avec lesquels il entretient des relations régulières ».

Il est regrettable que de nombreux documents d'Akadem sur cette convention soient remplis de fautes de français - "Sarkosy" au lieu de Sarkozy -, datés ou lacunaires. Ainsi, le document sur le désengagement de la bande de Gaza occulte notamment les raisons de ce désengagement, les arguments de ceux opposés à ce retrait ainsi que les conséquences humaines du départ forcé de 7 000 Israéliens et leur difficile reconversion, celui sur le Hezbollah est imprécis sur sa propagande lors de la 2e guerre du Liban et l'importance de son armement, celui sur les organisations juives de lutte contre l'antisémitisme oublie le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), etc. Et l'affaire al-Dura ne semble pas avoir été comprise et la relaxe de Philippe Karsenty par la Cour d'appel de Paris en 2008 non mentionnée.

ADDENDUM
Le 17 septembre 2014, le CRIF a organisé une grande réflexion « Apaiser la société pour mieux vivre ensemble ? » à  l’Espace Rachi. "Vivre dans une société apaisée, où les différences de religion, de couleur, d’origine ne créent pas de conflit impose de redonner corps à notre société. Il faut donner du sens à la fraternité et impulser, encourager les initiatives pour mieux vivre ensemble, partager des expériences, des acquis, des réflexions et interroger les acteurs de terrain". La seconde des deux tables-rondes, "animée par André Benayoun, est composée des personnalités issues du monde religieux ou du dialogue interreligieux s’articulera sur la question de « Comment le message religieux peut-il aider à vivre avec l’Autre ? » avec le Pasteur François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, Marie Stella Boussemard, présidente de l’Union Bouddhiste de France, Fatima Messaoudi, rectrice de la mosquée d’Antony, le Rabbin Michel Serfaty, président de l’Amitié judéo-musulmane de France et le Père Antoine Guggenheim, directeur de recherches au Collège des Bernardins". Le bouddhisme menace-t-il le vivre-ensemble ou/et les Français Juifs ? Je ne le pense pas.

Le 16 novembre 2014, le CRIF organisa sa 5e convention nationale, "islamiquement correcte", La France en tensions. Les comprendre pour agir. 


Les 10, 11 et 12 mars 2016, le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) et la BnF (Bibliothèque nationale de France) ont accueilli le colloque L'Antisémitisme en France XIXe - XXIe siècle, sous la direction de Dominique Schnapper, École des hautes études en sciences sociales, présidente du MAHJ ; Perrine Simon-Nahum, CNRS, Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron, Paul Salmona, directeur du mahJ et Thierry Grillet, directeur de la diffusion culturelle, BnF. Un programme éludant des problèmes graves.

Le 19 juin 2019, Hasbara & P4S organisent la conférence "Antisémitisme : la République veut-elle encore des juifs ?", avec François Pupponi, député de la 8e circonscription du Val d'Oise depuis 2007, et André Bercoff, journaliste et écrivain.
 

Articles sur ce blog concernant :
 Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens 

Cet article a été publié le 25 novembre 2011, puis les 16 novembre 2014 et 10 mars 2016. Il a été modifié le 16 août 2019.