Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 3 février 2023

Saul Leiter (1923-2013), photographe


Saul Leiter (1923-2013) est un photographe américain Juif. Le Museum für Fotografie présenta l'exposition collective "Saul Leiter. David Lynch. Helmut Newton: Nudes".  C'est la première exposition, dans l'histoire de la Fondation Helmut Newton, uniquement consacrée au genre photographique : le nu. Arte diffusera le 7 février 2023 à 18 h 10 "Avec Saul Leiter, New York en couleurs et en solitaire". 


En ce 16 janvier 2008, un matin hivernal de vernissage presse de son exposition à la Fondation Henri Cartier-Bresson (FHCB), Saul Leiter était débonnaire. Pas prétentieux. Curieux. Flegmatique.

Interrogé sur son rapport au judaïsme et à l’Etat d’Israël, ce photographe américain s’approchait. Plantait son regard dans le vôtre. Répondait en approfondissant et élargissant la question. Sans détour. Avec douceur. Avec une profonde humanité. Avec une tendresse simple et touchante.

Saul Leiter se laissait photographier, prenait la pose voulue par les photographes professionnels. Puis, il a sorti de sa poche son appareil photo numérique, et il s’est mis à photographier ses homologues en train de le photographier. A l’instar de son travail en abysse…

Cet octogénaire m’a confié : « Je ne sais pas si je suis un « bon juif », dans la mesure où je ne pratique pas beaucoup. Je ne sais pas s'il y a un lien entre mon œuvre et ma foi. J'espère qu'il y aura la paix entre les Israéliens et les Arabes, mais je ne sais pas si je la verrai... Je songe à donner une partie de mes photos et des œuvres que j'ai acquises à un musée en Israël. Je le ferai en mémoire de ma mère qui était gentille et m'a soutenue quand j'en avais besoin ».

De la théologie à la photographie
Saul Leiter est né en 1923 dans une famille juive de Pittsburg.

« Mon père et mon grand-père étaient des rabbins. J'ai étudié la théologie et quand je revenais de chez mon grand-père, je pouvais répondre à des questions [pointues] », avait ajouté le photographe Saul Leiter ce 16 janvier 2008.

En 1935, sa mère lui offre un appareil photo de marque Detrola.

Saul Leiter est un étudiant brillant en théologie à la Telshe Yeshiva Rabbinical College de Cleveland.

Il lit avec intérêt les livres sur l’art à la bibliothèque de l’université de Pittsburgh. Il vénère la peinture, notamment Pierre Bonnard, peintre postimpressionniste (1867-1947), et Edouard Vuillard (1868-1940), tous deux membres des Nabis (Prophète en hébreu) : « La peinture est glorieuse. J'aime la photographie, mais je ne suis pas certain que la photographie puisse faire ce que la peinture peut », a-t-il confié à Sam Stourdzé.

En 1944, ses peintures sont exposées dans des galeries de Cleveland, Pittsburgh et au grand magasin Gump à San Francisco.

Saul Leiter met un terme à ses études universitaires à l’âge de 23 ans : il s’installe en 1946 à New York, au rythme trépidant, pour devenir peintre. Il y rencontrera Rothko et les expressionnistes abstraits, Faurer et Smith.

Il expose aux côtés de Philip Guston et Willem de Kooning.

Son ami Richard Pousette-Dart, peintre expressionniste abstrait, lui fait prendre conscience du « potentiel créatif de la photographie ». Saul Leiter se lance dans la photographie à la fin des années 1940, à une époque où nait la Street Photography, « photographie de la rue » new-yorkaise. 

 En 1947, Saul Leiter découvre Cartier-Bresson auquel le Museum of Modern Art de New York, le MoMA, consacre une exposition demeurée fameuse. Ce qui déclenche sa volonté de s’exprimer dans cet art. Avec son Leica, ce piéton photographie la vie quotidienne dans la Big Apple, d’abord en noir et blanc, puis dès 1948 en couleurs. Deux supports auxquels il restera fidèle pendant des décennies. A l’exception peut-être d’Helen Levitt (1913-2009), peu de photographes contemporains peuvent réunir un ensemble comparable de photos en couleurs. Pendant toute sa carrière professionnelle et son activité personnelle de photographe de rue, Saul Leiter continue de peindre. Un an après son arrivée à New York, l’Art Institute of Chicago sélectionne une de ses peintures pour l’exposition « Abstract and Surrealist Art ».

Débuts au MoMA 
Coopérative de photographes engagés soucieux de sujets sociaux, la Photo League envisage alors d’exposer les œuvres de Saul Leiter avec celles de Robert Frank. Un projet qui n’aboutit pas car cette association cesse son activité en 1951. Cette année-là, Life publie la série en noir et blanc The Wedding as a Funeral de Saul Leiter.

Robert Frank met ce photographe en contact avec Alexey Brodovitch, directeur artistique de Harper’s Bazaar qui déclare à propos des photos de Saul Leiter : « Ce sont des œuvres pour les musées que vous me montrez là, et pas des pages de magazines… »

En 1953, à l’initiative d’Edward Steichen, conservateur en chef de la photographie au MoMA, cette institution culturelle prestigieuse expose 25 de ses tirages noir et blanc pour l’exposition collective « Always the Young Stranger », avec Roy DeCarava et Leon Levinstein. Le musée d’art moderne de Tokyo présente aussi ses photos dans l’exposition Contemporary Photography. Saul Leiter ouvre alors un studio sur Bleeker Street dédié « au portrait, à la mode et à la publicité ». Photographe de mode jusque dans les années 1980, il collabore aux magazines les plus célèbres dont Esquire, où il est repéré par le directeur artistique Henry Wolf, puis dans Harper’s Bazaar, Elle, Life, Nova, Vogue, Queen...

En 1955, l’Artist Club, espace de rencontre de peintres expressionnistes abstraits, présente sa première exposition de photographies en couleurs.

En 1956, la Tanager Gallery à New York lui assure une exposition individuelle.

De nouveau, en 1957, Steichen intègre une vingtaine de ses clichés couleur pour une conférence au MoMA : « Experimental Photography in Color ».

Alors que le noir et blanc est prisé dans les années 1940 et 1950, Saul Leiter opte très tôt pour les couleurs. De ses flâneries dans la métropole américaine, il saisit en des angles improbables, ces brefs moments, suggère plus qu’il ne montre, filtre la réalité via une vitrine, un reflet ou des miroirs. Ce qui transforme et démultiplie la réalité. Ce qui confère à ses photos une certaine étrangeté, un sens quasi-symbolique et universel. Le mystère surgit de la vie urbaine new-yorkaise.

« Je n'ai pas de philosophie de la photographie. J'aime juste prendre des photos. Il me semble que des choses mystérieuses peuvent prendre place dans des lieux familiers », a écrit Saul Leiter.

Novateur, il compose avec les couleurs comme un peintre en couches épaisses ou en couleurs saturées, tel un rouge pimpant. Il compose soigneusement ses photographies par son cadrage, son regard plein d’humanité et son sens des couleurs auxquelles il confère un relief, et par leur assemblage particulier un rythme.

Il goûte à l’abstraction par son jeu des formes géométriques. Divise la photo en espaces distincts, aux formes et couleurs différentes, alternant le flou onirique et la netteté, semblant suspendre ou étirer le temps par une vue imprécise.
Des photographies sont imprégnées d’un flou onirique, poétique, doux, un brin mélancolique. Malgré ce flou, l’allure de la personne anonyme ressort. Saul Leiter est un photographe de l’allusion et de la suggestion, des silhouettes et des ombres, des transparences et des occultations.

Saul Leiter « impose sa maîtrise de la couleur dans des vues citadines non conventionnelles dans lesquelles les reflets, les transparences, la complexité des cadrages, les effets de miroir se marient à une technique très particulière des émulsions pour écrire une forme unique de pastorale urbaine » selon son éditeur Actes Sud.

Une consécration tardive
Bizarrement, malgré des débuts prometteurs au MoMA dès les années 1950, Saul Leiter ne suscite pas d’exposition pendant environ 50 ans, jusqu’à la publication du livre Early Color. « J’ai passé une grande partie de ma vie en étant ignoré. J’en étais très heureux. Etre ignoré est un grand privilège. C’est ainsi que j’ai appris à voir ce que d’autres ne voient pas et à réagir à des situations différemment », résumait ce photographe modeste.

Cet artiste est redécouvert dans les années 1990 grâce à des expositions et livres sur ses photos acquises par des musées américains et des collectionneurs privés.

En 1991, le Victoria & Albert Museum à Londres présente ses images dans l’exposition Appearences: Fashion Photography Since 1945.

En 1992, le livre The New York School: Photographs 1936–1963 de Jane Livingstone inclut ses photos en noir et blanc.

En 1993, la galerie Howard Greenberg (New York), partenaire avec la Maison Européenne de la Photographie de cette exposition parisienne dans le cadre du Mois de la Photographie à Paris, expose ses photos en noir & blanc et le représente depuis. Dans le documentaire de Claude Ventura Saul Leiter, photographe diffusé récemment par Arte, on voit Saul Leiter dialoguer avec le galeriste Howard Greenberg.

En 2005, cette célèbre galerie organise l’exposition Early Color reprise l’année suivante par la galerie anversoise Fifty One Fine Art Photography.

En 2006, Steidl, éditeur réputé, publie le livre éponyme dont l’introduction est signée de Martin Harrison. Celui-ci présente des photographies de Saul Leiter au festival international de la mode 2006 à Hyères. Le Milwaukee Art Museum assure la première exposition individuelle du photographe dans un musée : « In Living Color ».


2008, c’est l’année de la rétrospective de Saul Leiter – photographies en noir et blanc et en couleurs de 1947 à la fin des années 60, peintures et carnets de notes - à la FHCB, à Paris, et la publication de Saul Leiter - Second printing chez Steidl.

La notoriété du peintre Saul Leiter grandit. En 2009, la galerie Knoedler & Company, réputée pour ses expositions de peintres de la « New York School, école de l'expressionnisme abstrait », présente une sélection de ses peintures.

En 2010, la Galerie Camera Obscura a présenté l’exposition Photographies et peintures de Saul Leiter.  Des clichés pris entre 1947 et 1960 souvent inédits des rues de New York ainsi qu'une dizaine de peintures au style proche de l’expressionnisme abstrait.

Ce photographe américain Juif est décédé le 26 novembre 2013 à l'âge de 89 ans

In No Great Hurry: 13 Lessons in Life with Saul Leiter de  Tomas Leach, (2012) a été diffusé les 7, 8 et 9 janvier 2014, lors du 23e festival new-yorkais du film Juif au Film Society of Lincoln Center.

En 2014, la célèbre Howard Greenberg Gallery (HGG) présenta la première exposition individuelle de Saul Leiter. Cette exposition de plus de 40 photographies en noir et blanc des années 1940 et 1950, décennies particulièrement prolifiques, dont beaucoup d'inédites, des rues animées de New York, de portraits d'amis et de sa famille, coïncidera avec la publication de Saul Leiter: Early Black and White, une monographie en deux volumes sur des textes de Max Kozolff et Jane Livingston  (Steidl/Howard Greenberg Library). Saul Lieter “a un enthousiasme pour la couleur, qui provient de son amour pour les maitres de l'art moderne. Mais sa production en noir et blanc est aussi redevable aux leçons qu'il a apprises de ces mêmes maîtres", écrit Max Kozloff dans son introduction à ce livre.

En 2018, la Howard Greenberg Gallery (HGG) présenta l'exposition "Saul Leiter: in my Room". Trente-cinq photographies en noir et blanc, ainsi que des tableaux colorés des années 1940 et 1950, décennies particulièrement prolifiques, dont beaucoup d'inédites, de ses muses. "Saul Leiter’s intimate photographs of his muses over three decades will be on view at Howard Greenberg Gallery from May 10 through June 30, 2018. Deeply personal and contemplative, many of the images in Saul Leiter: In My Room share tender moments underscored by the subjects’ trust in the photographer. The exhibition, which includes work from the mid-1940s through the early 1960s, will be the subject of an upcoming book, also titled In My Room, to be published by Steidl/Howard Greenberg Library. Many of the 35 photographs in the exhibition are on public view for the first time.

"Fed by thrilling recent discoveries from Saul Leiter’s archive, the exhibition reveals the world of the artist and the women in his life through his studies of the female figure. Often illuminated by the lush natural light of Leiter’s studio in New York City’s East Village, these black-and-white images uncover the mutual and empathetic collaboration between the artist and his subjects".

"In the 1970s, Leiter planned to make a book of his nudes, but never realized the project in his lifetime. The exhibition and upcoming book offer a first-time look at this body of work, which Leiter began on his arrival in New York in 1946 and continued throughout the next two decades. Leiter, who was also a painter, incorporates abstract elements into these photographs and often shows the influence of his favorite artists, including Bonnard, Vuillard, and Matisse."

"The prolific Leiter, who painted and took pictures fervently up to his death, worked in relative obscurity well into his eighties. Leiter preferred solitude in life, and resisted any type of explanation or analysis of his work. With In My Room, he ushers viewers into his private world while retaining his strong sense of mystery."

"Leiter made an enormous and unique contribution to photography with a highly prolific period in New York City in the 1940s and ’50s. His abstracted forms and radically innovative compositions have a painterly quality that stands out among the work of his New York School contemporaries".

"Saul Leiter (1923-2013) was born in Pittsburgh, the son of a rabbi who was a distinguished Talmudic scholar. In 1946, he moved to New York City to pursue his painting. Shortly after his arrival in New York he met the Abstract Expressionist painter Richard Pousette-Dart, who was experimenting with photography. Leiter’s friendship with Pousette-Dart, and soon after with W. Eugene Smith, and the photography exhibitions he saw in New York, particularly Henri Cartier-Bresson at the Museum of Modern Art in 1947, inspired his growing interest in photography".

"Edward Steichen included Leiter’s black-and-white photographs in the exhibition Always the Young Strangers at the Museum of Modern Art in 1953. In the late 1950s the art director Henry Wolf published Leiter’s color fashion work in Esquire and later in Harper’s Bazaar. Leiter continued to work as a fashion photographer for the next 20 years and was published in Show, Elle, British Vogue, Queen, and Nova."

"In the early 1980s Leiter was faced with financial difficulties that forced the closure of his Fifth Avenue commercial studio. For the next two decades he lived and worked almost in obscurity. In 2006, with the help of writer/curator Martin Harrison and Howard Greenberg Gallery, the groundbreaking monograph Saul Leiter: Early Color was published by Steidl in Germany. The “little” book became an overnight sensation with worldwide distribution and firmly established Leiter as an early pioneer in the history of color photography. In 2006, the Milwaukee Museum of Art held the first U.S. museum show of Leiter’s photographs".

"Leiter’s work has been prominently featured in solo museum and gallery shows in the U.S. and Europe. His work is in the collections of the Museum of Fine Arts, Houston; the Art Institute of Chicago; the Baltimore Museum of Art; the Victoria and Albert Museum; the National Gallery of Australia; the Whitney Museum of American Art; the Milwaukee Art Museum; and the Yale University Art Gallery, among others".

"The Saul Leiter Foundation, founded in 2014, is dedicated to preserving the art and legacy of the American photographer and painter Saul Leiter, and to the appreciation, advancement, and conservation of photographic works worldwide. The foundation maintains an archive of Leiter’s artwork and operates activities to promote the medium of photography through educational programs, exhibitions, books, and licensing. The SLF is working toward completing a catalogue raisonné to be made available for study by students, curators, writers, and art professionals".

"Saul Leiter. David Lynch. Helmut Newton: Nudes"
Le Museum für Fotografie présente l'exposition collective "Saul Leiter. David Lynch. Helmut Newton: Nudes" articulée en trois parties : Saul Leiter, "Lynch: At Second Glance" et "Newton: Icons". "It marks the first time in the history of the Helmut Newton Foundation that an exhibition will be dedicated exclusively to the genre of nude photography."

"Saul Leiter, parallel to his fashion photography for Harper’s Bazaar and the colorful abstractions he captured on the streets of New York from the 1950s onwards, also photographed nudes in the studio. These pictures remained under lock and key during his lifetime and only a few of his friends knew his quiet, intimate black-and-white images. While Leiter had his color film processed by photo labs in New York, he developed the nudes himself in his own darkroom. His female models were friends or lovers, whom the artist portrayed in his New York apartment over the course of some 20 years."

"After Leiter’s death in 2013, Margit Erb, the director of his estate, has worked through the various aspects of his oeuvre, publishing them and in some cases also re-editing them. In 2018, a book on Leiter’s nudes, In My Room, was published by Steidl Books, and Howard Greenberg Gallery in New York exhibited a selection of new prints. The Helmut Newton Foundation will now present for the first time around 100 unique vintage and late prints, printed by Saul Leiter himself. In his small-format nude portraits, women recline on sofas, become silhouettes against the light, are pictured smoking and lost in thought, or smile and pose for Leiter’s camera; not all models are entirely undressed. The images are subtle, sensitive, almost shy approaches to the female body and spirit."

Lynch: At Second Glance
"We encounter a similar visual atmosphere in the nudes of David Lynch, taken half a century later mostly in Lodz and Los Angeles. Many of them are in black and white; a few are in color. In his abstract images, details often fill the frame; only upon closer examination can we associate them with the human body and compare them to our own in our mind’s eye. Lynch decided on a large format for his 25 photographs; they were selected and printed exclusively for this exhibition in Berlin. This show is also preceded by a book, which was published under the title Nudes by Fondation Cartier in Paris in 2016. The photographs were created both parallel to and independently of Lynch’s cinematic work, which sometimes contains sexual allusions and actions. His photographic nudes, sometimes more observational, sometimes more posed, are as mysterious as his movies, but only in the rarest cases do they look like film stills. In viewing these images, we sense a cautious, indeed tender exploration of the female body with the camera – such visions are likely only possible through the medium of photography. A sense of intimacy (or the illusion thereof) is achieved through extreme close-ups with an almost tactile physicality, even if only a naked thigh or arm is visible in the frame."

Newton: Icons
"Helmut Newton began photographing nudes in the 1970s, both independently and incorporated into his fashion photography, and worked in this genre until the end of his life in 2004. His series “Naked and Dressed”, which marks the transition from fashion to nudes in his work, and his “Big Nudes” made him world-famous and inspired countless photographers and other visual artists to imitate or re-interpret them. This new presentation brings together around 60 iconic nudes from well-known exhibitions and projects such as “Helmut Newton’s Illustrated: Pictures from an Exhibition”, “White Women”, “Sleepless Nights”, “Big Nudes”, “Sex and Landscapes”, “Work”, and “Us and Them” as well as some 40 previously images from the foundation archive that have not yet been exhibited, including numerous original Polaroids. Newton created an incomparable body of work, full of subtle seduction and timeless elegance, also and especially in the nude genre. He depicts naked bodies populating swimming pools, ingenious shots of undressed mannequins and other fashion-focused nudes, half-clothed models wearing orthopedic prostheses, and provocative stagings of sexual obsession by a female cast – which open up a realm of associations where our imagination can wander."

"Avec Saul Leiter, New York en couleurs et en solitaire"
Arte diffusera le 7 février 2023 à 18 h 10, dans le cadre d'"
Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Avec Saul Leiter, New York en couleurs et en solitaire" (Saul Leiter: Buntes New York)

"Dans le New York des années 1950, le photographe Saul Leiter capture des instants de beauté fugace cachés dans les plis du béton ou les reflets d’une vitrine. Armé d’un appareil et de pellicules périmées, il joue sur la saturation des couleurs et le cadrage pour transformer ces scènes de la vie ordinaire en de véritables tableaux."


France, 2021, 14 min
Coproduction : ARTE France, Éléphant Doc
Sur Arte les 3 décembre 2021 à 05 h 00, 07 février 2023 à 18 h 10
Visuel :
Avec Saul Leiter, New-York en couleurs et en solitaire
© Elephant Doc

Du 1er décembre 2018 au 19 mai 2019 
Au Museum für Fotografie
Museum of Photography / Helmut Newton Foundation
Jebensstraße 2. 10623 Berlin
Tel.: +49 (30) 266 42 42 42
Tuesday -Wednesday : 11:00 - 19:00, Thursday : 11:00 - 20:00, Friday -Sunday : 11:00 - 19:00
Visuels :
© Saul Leiter Foundation, courtesy Howard Greenberg Gallery

In No Great Hurry: 13 Lessons in Life with Saul Leiter
 Tomas Leach, 2012
 UK,| 75 minutes

Du 18 septembre au 25 octobre 2014
A la Howard Greenberg Gallery (HGG)
The Fuller Building
 41 East 57 Street
 Suite 1406
 New York, NY 10022
 Tel.: 212.334.0010
 Du mardi au samedi de 10 h à 18 h. Vernissage le 18 septembre de 18 h à 20 h

Jusqu’au 23 décembre 2010
268, boulevard Raspail. 75014 Paris
Tél. : 01 45 45 67 08
Du mardi au samedi, de 13 h à 19 h, ou sur rendez-vous

Oeuvres de Saul Leiter de haut en bas :
Sea
Années 60.
Gouache et aquarelle
22,5 x 30 cm
Self Portrait
1959
Tirage argentique moderne.© Saul Leiter
Courtesy Howard Greenberg gallery

Réflection, New York
Années 1950
Tirage chromogène moderne

Green pole
années 50
Tirage argentique moderne

Taxi, New York
1957
Tirage argentique moderne

Blue Umbrella
c. 1950
Tirage argentique moderne
© Saul Leiter
Courtesy Howard Greenberg gallery

Kissing (variant), c.1954
Gelatin silver print; printed later
9 7/8 x 9 7/8 inches

Untitled (Barbara), date unknown
Gouache, casein and watercolor on paper
5 x 6 7/8 inches

Untitled (Nude), 1950s
Gelatin silver print; printed 1970s
7 x 5 inches

Untitled, 1950s
Gelatin silver print; printed 1970s
7 x 5 inches

Soames, 1950s
Gelatin silver print; printed 1970s
7 x 5 inches

Soames, c.1960
Gelatin silver print; printed 1970s
9 x 6 inches


A lire sur ce blog :
Cet article a été publié les 22 décembre 2010, 30 novembre 2013, 7 janvier 2014, 29 juin 2018, 16 mai 2019, 1er décembre 2021. Il a été modifié le 3 février 2023.

jeudi 2 février 2023

Des épidémies

Les maladies infectieuses ont suscité la peur, ont causé de très nombreuses morts en se propageant parfois dans plusieurs régions, voire pays, et rendu nécessaires des politiques publiques de santé. Les Archives nationales proposent sur leur site de Paris, à l’hôtel de Soubise, l’exposition « Face aux épidémies. De la Peste noire à nos jours ». Arte diffusera le 8 février 2023 à 08 h 55, dans le cadre d’« Invitation au voyage - Nos épopées – Épidémies » (Stadt Land Kunst - InspirationenAuf Abenteuerreise), « La Provence au temps de la peste noire ». Arte diffusera  le 11 février 2023 à 07 h 15 « Épidémies : la menace invisible » (Ansteckungsgefahr! Epidemien auf dem Vormarsch), documentaire réalisé par Anne Poiret et Raphaël Hitier.

Une problématique Fondation Casip-Cojasor 
L’affaire Krief, exemple d’antisémitisme d’Etat (version courte)

Présentée au site prestigieux parisien des Archives nationales, « labellisée dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur (1822-1895), l’exposition Face aux épidémies. De la Peste noire à nos jours retrace l’impact des grandes épidémies sur la société française, et l’évolution des politiques de santé. Elle souligne les liens forts entre phénomène épidémique et questions sociales, économiques, culturelles, voire morales à travers les réactions des sociétés. »
« Initiée, dès 2018, par les Archives nationales, l’exposition s’est trouvée rattrapée par l’actualité de manière aussi forte qu’inattendue. La pandémie de Covid-19 a fait ressurgir la mémoire des épidémies et a été, en retour, analysée à l’aune du passé. Si l’apparition d’une maladie foudroyante déclenche des réactions de peur, de confusion qui se font écho par-delà les siècles, l’exposition montre cependant qu’au-delà des récurrences et des permanences, l’interprétation des causes évolue, selon que les épidémies sont perçues comme un châtiment divin, la conséquence d’un environnement malsain ou un fait scientifique et médical. Il en va de même des moyens de protection, des manières de lutter contre la propagation ou de soigner les malades. »

« Organisé en trois parties - Le fléau : endurer l’épidémie (XIVe – XVIIIe siècle, Contrer l’épidémie (1750 - 1914) et Nouvelles pandémies, nouvelles luttes (1914-2020) -, le parcours de l’exposition est centré sur quelques maladies marquantes (peste, variole, choléra, grippe, VIH/sida) et, bien que concentré sur le territoire métropolitain, il aborde le contexte européen et international, de même que la gestion des épidémies dans les anciennes colonies. »

« Les archives exposées proviennent de toutes les administrations centrales de l’État et des collectivités, des rois de France aux présidents, des administrations de police sanitaire au ministère de la Santé, des organismes de bienfaisance à la Caisse nationale de l’assurance maladie. Ces archives publiques sont complétées de fonds d’archives privées également conservés aux Archives nationales, notamment ceux d’associations de lutte contre le VIH/sida qui viennent apporter un contrepoint à la parole publique. »

« De nombreuses institutions enrichissent le parcours de prêts exceptionnels. La commune de Givry (Saône-et-Loire, 71), permet pour la première fois au public de voir dans un musée parisien le plus ancien registre paroissial conservé en France, ou encore la Ville de Paris et l’église Saint-Eustache dont le retable de Keith_Haring, La Vie du Christ, également exposé, permet d’honorer la mémoire des victimes du VIH/sida. »

On peut regretter l'absence d'analyse sur la gestion catastrophique française de la pandémie de coronavirus. Par exemple, si un consensus en France a réprouvé vers 1985-1990 l'ostracisation des malades du SIDA, un autre consensus a accepté, lors de la pandémie de coronavirus, la marginalisation des non-vaccinés et la réduction drastique des libertés.

Il aurait été intéressant d'évoquer l'antisémitisme : pogroms contre les Juifs durant la Peste noire au Moyen-âge, Juifs fustigés à tort par les nazis en "virus ou bactéries nuisibles", la manière dont les médecins et dirigeants juifs ont combattu l'épidémie de typhus dans le ghetto de Varsovie, le syndrome K, ce virus imaginaire inventé par trois médecins romains, afin d'apeurer les nazis et de sauver leurs concitoyens juifs durant la Deuxième Guerre mondiale...

« Le parcours de l’exposition Face aux épidémies. De la Peste noire à nos jours intègre un dispositif original et inédit d’enregistrement de témoignages oraux. Les visiteurs sont invités à témoigner anonymement de leur expérience du premier confinement de mars à mai 2020. Ces témoignages seront conservés à titre historique au sein des fonds des Archives nationales pour permettre aux générations futures de faire le récit de cet événement planétaire. »

« Un ouvrage, coédité par les Archives nationales et les Éditions Michel Lafon, accompagne et prolonge l’exposition. »

« Les Archives nationales proposent au sein de l’exposition un parcours dédié au jeune public. »

« Deux livrets pour une visite en autonomie peuvent être remis sur place ou être téléchargés : un livret enfant 7-12 ans, pour une visite en famille, et un livret « enseignant » pour les visites scolaires. »

Le Commissariat scientifique est assuré par Lucile Douchin, responsable des fonds du domaine de la santé - département de l’Éducation, de la Culture et des Affaires sociales, Archives nationales, Anne Rasmussen, historienne, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), directrice du Centre Alexandre-Koyré, et Vanessa Szollosi responsable du pôle Affaires sociales - département de l’Éducation, de la Culture et des Affaires sociales, Archives nationales.

Le Commissariat technique est constitué par Régis Lapasin, responsable du service des expositions, et Alexandra Hauchecorne, commissaire technique, et le Conseil scientifique par Philippe Artières, Claire Barillé, Patrice Bourdelais, Joël Chandelier, Claire Fredj, Françoise Hildesheimer, Rafael Mandressi, Anne Lambert, Judith Rainhorn, Isabelle Séguy, Frédéric Vagneron.

Définitions et chronologie des épidémies en France
« Épidémie : du grec epi (sur) et dêmos (peuple). Au sens contemporain, désigne soit l’apparition d’un grand nombre de cas d’une nouvelle maladie, soit l’accroissement considérable et temporaire du nombre de cas d’une maladie déjà existante.
Pandémie : du grec pan (tout) et dêmos (peuple). Désigne une épidémie affectant une grande partie de la population et s’étendant largement sur une région, un pays, un continent ou à l’échelle mondiale. »

« Le fléau : endurer l’épidémie (XIVe – XVIIIe siècle) »
« La maladie dominante durant cette période est la peste
1347 - 1353
Peste noire en Europe
1720 - 1722
Peste de Provence

Contrer l’épidémie (1750 - 1914) »
« Les maladies dominantes durant cette période sont la variole, la fièvre jaune, le typhus et le choléra
1796
Première vaccination contre la variole par le médecin anglais Edward Jenner
1832
Éruption du choléra en Europe
Années 1880
Découvertes de Koch et Pasteur, élaboration de la théorie des germes
1902
Première loi générale sur la santé publique en France »

« Nouvelles pandémies, nouvelles luttes (1914 - 2020) »
« Les maladies dominantes durant cette période sont la grippe et le VIH/sida
1918-1919
Grippe espagnole
1920
Création du premier ministère de l’Hygiène, devenu ministère de la Santé en 1930
1928
Découverte de la pénicilline, premier antibiotique
1957 - 1958 et 1968 - 1969
Épidémies de grippe
1980
Annonce par l’Organisation mondiale de la Santé de l’éradication de la variole
1981
Premiers cas de sida identifiés aux États-Unis et en France »

Le fléau : endurer l’épidémie (XIVe – XVIIIe siècle)
« La peste réapparaît en Europe au milieu du XIVe siècle. Constituant un fléau majeur, elle éprouve en profondeur les sociétés humaines, manifestant la fragilité de l’existence de chacun et inspirant une peur sans pareil. Elle est à l’origine des plus grands épisodes de mortalité, depuis la terrible pandémie de Peste noire au XIVe siècle jusqu’à l’épidémie qui fauche près de la moitié des habitants de Marseille et de la Provence en 1720-1722. »
« Entre ces épisodes majeurs, les atteintes de peste sont d’une fréquence très élevée : on estime qu’elles étaient présentes trois à six années sur dix, du XIVe au XVIIe siècle, dans toute l’Europe. »

« Plus ancien registre paroissial de France encore conservé et témoin exceptionnel de la Peste noire, le registre de Givry permet de comprendre l’impact démographique du fléau. Pour la première fois, il est présenté à Paris dans une exposition des Archives nationales. »
« Le navire le Grand Saint-Antoine est à l’origine de l’épidémie de peste de 1720 qui, de Marseille se propagea à toute la Provence, le Languedoc et le Comtat Venaissin. Alors que le bâtiment est chargé d’une cargaison d’étoffes précieuses au retour de Syrie, la peste se déclare à bord. La cargaison est tout de même déchargée. Cet arrêt vise à renforcer le contrôle dans les ports. »

Contrer l’épidémie (1750-1914)
« À la fin du XVIIIe siècle la variole, ou petite vérole, qui défigure les malades quand elle ne les tue pas, est très redoutée. On estime qu’elle a causé en Europe la mort d’une personne sur sept jusqu’au début du XIXe siècle. C’est alors que de nouvelles pandémies font irruption aux frontières européennes, notamment avec la révolution des transports, de la fièvre jaune au choléra. Ce dernier avec ses six vagues pandémiques en un siècle prend le relais de la peste. »
« Les moyens de lutte se diversifient. On relie la maladie à un environnement malsain et on encourage de nouvelles mesures d’hygiène publique, comme l’interdiction des inhumations dans les églises ou le curage des fosses d’aisance. Les réponses sont également médicales, avec l’inoculation, puis la vaccination antivariolique dès la fin du XVIIIe siècle. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, la théorie des germes bouleverse l’interprétation des maladies infectieuses : la guerre au microbe est déclarée. »

« Louis XV meurt de la variole le 10 mai 1774 à l’âge de 64 ans. On enferme son corps, sans embaumement, dans un cercueil de plomb placé dans un cercueil en bois. Le cérémonial est réduit à l’essentiel en raison de la contagion mais des services sont organisés dans les églises de Paris. »
 « Les épidémies arrivent souvent par la mer. Les autorités portuaires délivrent des patentes de santé, passeports constatant l’état sanitaire d’un navire et de son port de départ. Le lazaret est le lieu dédié à l’isolement et à la quarantaine des marchandises et des marins. Celui du Pas de Béhobie est réclamé par les négociants de Bayonne que la fermeture de la frontière avec l’Espagne met en grande difficulté financière. »

Le temps des découvertes, Pasteur et les pasteuriens
« La théorie des germes est issue des travaux des laboratoires de Louis Pasteur et de Robert Koch. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, cette théorie ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre des maladies que l’on sait désormais évitables grâce à des mesures de prophylaxie et d’hygiène. Dans le parcours de l’exposition, une évocation du laboratoire de Pasteur plonge le visiteur dans cette période féconde où toutes les découvertes biologiques et médicales s’accélèrent. »

« L’Institut Pasteur est inauguré, à Paris, le 14 novembre 1888, grâce au succès d’une souscription internationale, pour permettre à Louis Pasteur d’étendre la vaccination contre la rage, de développer l’étude des maladies infectieuses et de transmettre les connaissances qui en sont issues. »

Nouvelles pandémies, nouvelles luttes (1914-2020)
« À la fin de la Première Guerre mondiale, l’irruption brutale de la grippe espagnole met l’accent sur le risque pandémique grippal, caractéristique du XXe siècle. « 
« L’internationalisation des questions sanitaires s’impose progressivement. À partir des années 1920, l’accent est mis sur le développement de l’éducation à la santé et de la médecine préventive, jusqu’à la mise en place d’un système de sécurité sociale. »
« Les grandes campagnes de vaccination menées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), conjuguées au développement des antibiotiques, aboutissent à une réduction sensible des épidémies dans les pays occidentaux et même à l’éradication de la variole en 1980. L’apparition du VIH/sida en 1981 semble mettre un coup d’arrêt à cette histoire du progrès. Problème de santé mondiale, le VIH/sida suscite de nouvelles formes de mobilisation des patients, du monde de la recherche et des pouvoirs publics. »

« La pénicilline est découverte fortuitement, en 1928. Dans les années 1950, la fabrication à l’échelle industrielle permet la réalisation d’un grand progrès thérapeutique : la distribution d’antibiotiques dans la population générale. »

VIH/sida, quarante ans de pandémie
« La survenue du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en 1981, rompt avec l’utopie d’une fin de l’histoire épidémique. Pendant plusieurs années, médecins et chercheurs sont démunis face à ce virus inconnu et les réponses politiques tardent à venir aux yeux des malades. Ces derniers s’organisent en associations, voire deviennent experts de leur maladie en participant aux essais cliniques. L’année 1987 marque un tournant, en France, avec le premier Plan sida et une première grande campagne de communication, et dans le monde, avec le lancement du programme de l’OMS. »
« Le VIH/Sida est une menace majeure pour des millions de personnes et pour la stabilité économique et sociale, notamment en Afrique. Prévention, combat contre les discriminations et pour l’accès aux traitements restent les principaux enjeux. »

« Le photographe documentaire Mathieu Asselin présente au sein du parcours l’une des œuvres de son projet HIV/Timeline, encore inédit. Il retrace l’histoire du VIH/sida « de sa naissance à ses migrations en suivant ses mutations, les traces qu’il a laissées et les mouvements qu’il a engendrés ». Cette histoire est celle de vives polémiques mais aussi des résistances et des luttes qui en sont nées. Une violence des mots, une stigmatisation dont les marques demeurent et poussent à agir. La confrontation des Unes du New York Times en 1981 et de Libération en 1983 interroge par les réactions initiales de rejet et de sidération face à ce nouveau virus. »
« 1987 est un tournant dans la lutte contre le VIH/sida, au niveau national et international. La question des droits des malades et des séropositifs est exprimée par de nombreuses associations. Au-delà de l’accès à des traitements, c’est l’arrêt des discriminations et le respect de la dignité des malades qui sont exigés. »
« Dès 1988, le street-artist et plasticien Keith Haring s’engage dans la lutte contre le sida à travers son art et sa fondation. En 1990, un mois avant sa mort des suites du sida, il entreprend la création d’un retable. Des neuf exemplaires, trois ont été remis selon ses souhaits dans des lieux qui ont marqué l’artiste. L’un d’eux, offert à la ville de Paris en 1994, est installé dans l’église Saint-Eustache. La paroisse est l’une des seules à avoir accueilli les funérailles de personnes décédées du sida à cette époque. Cette oeuvre présente le Christ sous les traits d’un enfant tenu dans de multiples bras et acclamé par une foule. L’œuvre est perçue comme un lieu de mémoire et de recueillement par une large communauté. Le prêt exceptionnel de ce symbole d’espoir permet d’honorer la mémoire des victimes du sida dans l’exposition. »

Archiver l’épidémie de Covid-19
« Le parcours de l’exposition Face aux épidémies. De la Peste noire à nos jours intègre un dispositif original et inédit d'enregistrement de témoignages oraux. Les visiteurs sont invités à témoigner anonymement de leur expérience du premier confinement de mars à mai 2020. Ces témoignages seront conservés à titre historique au sein des fonds des Archives nationales pour permettre aux générations futures de faire le récit de cet événement planétaire. »
« Un espace d’enregistrement appelé « cabine à témoignage » est installé à la fin du parcours. Guidé dans sa démarche, le visiteur signe une autorisation de collecte de témoignage oral. Il peut alors démarrer l’enregistrement. L’ensemble prend moins de 10 minutes. Les témoignages seront communicables dans le respect des dispositions du code du patrimoine, à l’issue d’un délai de 50 ans. En cas de repentir il est possible de supprimer son enregistrement. Les questionnements éventuels sur les modalités de cette collecte d’archives orales sont à adresser aux Archives nationales : collecte.epidemies.an@culture.gouv.fr »

Autour de l'exposition, un cycle de conférences s’est déroulé :
Conférence de Patrick Boucheron sur la peste
Samedi 19 novembre 2022 - 14 h 30
Conférence de Patrice Bourdelais sur le rire et ses usages en période d’épidémie
Samedi 26 novembre 2022 - 14 h 30
Conférence de Anne-Marie Moulin sur Louis Pasteur
Samedi 10 décembre 2022 - 14 h 30 (sous réserve)
Conférence de Marc-André Selosse :
Revisiter notre lien aux microbes
Samedi 14 janvier 2023 - 14 h 30
Conférence de Jean-François Delfraissy : Sciences politiques et société
Samedi 21 janvier - 14 h 30 »

Commémoration du bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur
« L’exposition Face aux épidémies. De la peste noire à nos jours et la conférence d’Anne-Marie Moulin dédiée à Pasteur le samedi 10 décembre 2022 sont labellisées par le comité de pilotage scientifique du bicentenaire coordonné par l’Institut Pasteur et l’Académie des sciences. Les Archives nationales ont bénéficié de généreux prêts du musée Pasteur de Paris qui jalonnent le parcours de l’exposition. »
« Les découvertes de Louis Pasteur ont un fort impact sur la lutte contre les épidémies. Avec la théorie des germes, Pasteur découvre la capacité des microorganismes à envahir le corps humain et à passer d’un être vivant à un autre. Peu après, reprenant le principe de l’inventeur de la vaccine Edward Jenner (1749-1823), Pasteur met au point une méthode sécurisée d’atténuation de la virulence des microbes et des virus. »
« Il crée le vaccin contre la rage en 1885 et le nomme en hommage au médecin anglais. Louis Pasteur s’engage ensuite dans la création d’un institut dédié à la recherche et à la formation scientifique afin de transmettre les résultats de ses découvertes et de créer une émulation savante. »

Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida
« Jeudi 1er décembre 2022, dans la cour et dans l’hôtel de Soubise, les Archives nationales organisent, en partenariat avec les associations AIDES et Sida Info Service, une journée de conférences, débats et prévention à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/sida. »
« En 1988, l’OMS institue la Journée mondiale sida, devenue Journée mondiale de lutte contre le VIH/sida, fixée au 1er décembre. Aujourd’hui encore, elle fait partie des huit journées mondiales portées par l’OMS et considérées comme des campagnes officielles en faveur de la santé publique. Le jeudi 1er décembre 2022, les Archives nationales organisent une journée de conférences, de débats et de prévention dédiée à la lutte contre le VIH/sida. Des spécialistes, des représentants d’associations et des historiens interviendront. Des stands de prévention des associations AIDES et Sida Info Service seront installés dans la cour de l’hôtel de Soubise. »
« Des débuts du VIH/sida à « vivre avec » le VIH aujourd’hui, cette journée est l’occasion de mettre en lumière les différentes dimensions de la pandémie depuis 40 ans, mais aussi, à l’heure de l’émergence du monkeypox en Occident, de donner à voir la lutte aujourd’hui. »
« Le programme de la journée
10 h 00 Les fonds d’archives de la lutte contre le VIH/sida aux Archives nationales
par Vanessa Szollosi, et Lucile Douchin
10 h 30 De la découverte du VIH dans les années 1980 à vivre et vieillir avec le VIH aujourd’hui
par Philippe Artières avec Christine Rouzioux (sous réserve) et Francis Carrier
11 h 30 Le droit des malades
par Philippe Artières avec Thomas Sannié, Emmanuel Hirsch et Hugues Fischer
14 h 00 Représenter le VIH/sida
Conférence du photographe documentaire Mathieu Asselin sur son projet HIV/Timeline
14 h 30 Entendre l’écoute
Fresque sonore réalisée pour les 30 ans de Sida Info Service
15 h 00 Les enjeux actuels de la lutte contre le VIH/sida
par Marc Dixneuf, directeur général de l’association AIDES et Arame Reymes-Mbodje, présidente de SIS association et un écoutant »

Nuit de la lecture
« Lectures d’extraits d’archives et de textes littéraires sur le thème de l’édition 2023 de la Nuit de la lecture « la peur ».
Samedi 21 janvier 2023

Vaincre le virus ! de Barthélémy Toguo
« En parallèle de l’exposition, les Archives nationales accueillent trois gigantesques vases décorés issus de l’installation de Barthélémy Toguo Vaincre le virus ! Conçue pour célébrer la recherche menée pour combattre deux virus qui menacent le monde entier et notamment l’Afrique : le sida et Ebola, Vaincre le virus ! est composée de gigantesques vases décorés de motifs colorés. »

 « La Provence au temps de la peste noire »
Arte diffusera le 8 février 2023 à 08 h 55, dans le cadre d’« Invitation au voyage - Nos épopées – Épidémies » (Stadt Land Kunst - InspirationenAuf Abenteuerreise), « La Provence au temps de la peste noire ». « Linda Lorin nous offre un supplément d’évasion. - Paris, ville saine pour des corps sains. »

« La Provence au temps de la peste noire. Dans les paysages des monts de Vaucluse se déroule un long mur de pierres sèches, telle une muraille dressée contre un ennemi invisible. Au XVIIIe siècle, cette menace, c’est la peste. Construit pour protéger la région du Comtat Venaissin, il incarne aujourd’hui la mémoire des victimes oubliées de cette épidémie arrivée par la mer, et qui sévit en Provence pendant près de quatre ans... »

« Épidémies : la menace invisible »
Arte diffusera  le 11 février 2023 à 07 h 15 « Épidémies : la menace invisible » (Ansteckungsgefahr! Epidemien auf dem Vormarsch), documentaire réalisé par Anne Poiret et Raphaël Hitier.

« En 60 ans, plus de 350 nouvelles maladies infectieuses sont apparues. Une émergence de virus qui s’accélère. Où en est la recherche ? Cette enquête de 2014 part sur les traces de trois virus particulièrement menaçants : le H7N9 de la grippe en Asie, le MERS-CoV, cousin du SRAS, actif au Moyen-Orient, et le virus Ebola, qui suscite les pires terreurs en Afrique de l’Ouest. »

« De la cellule de crise de l’Organisation mondiale de la santé en Suisse, chargée de lancer les alertes, jusqu’aux confins de la forêt du Gabon sur les traces d’Ebola, l’enquête nous mène aux quatre coins du monde. Grâce au travail de terrain de scientifiques qui risquent leur vie, nous savons désormais que les animaux sauvages sont des réservoirs potentiels de virus dangereux pour l’homme. Ainsi, la fièvre Ebola a été transmise par les chauves-souris frugivores, et la grippe asiatique H5N1 portée par des oiseaux migrateurs. Face à la menace, le monde scientifique se mobilise. »



Philippe Artières, Claire Barillé, Christian Bonah, Patrice Bourdelais, Joël Chandelier, Lucile Douchin, Claire Fredj, Jean-Paul Gaudillière, Françoise Hildesheimer, Rafael Mandressi, Anne Rasmussen, Isabelle Séguy, Vanessa Szollosi, Paul-Arthur Tortosa, Frédéric Vagneron, Face aux épidémies. De la Peste noire à nos jours. 2022, Paris, co-édition Archives nationales – Michel Lafon, 208 pages, 29 euros. ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2749951348


Du 12 octobre 2022 au 6 février 2023
60, rue des Francs-Bourgeois. 75003 Paris
Entrée libre et gratuite
Du lundi au vendredi de 10 h à 17 h 30. Samedi et dimanche de 14 h à 17 h 30. Fermeture le mardi

France, 2022, 30 min
Coproduction : ARTE France, Éléphant Doc
Sur Arte le 8 février 2023 à 08 h 55
Disponible du 01/02/2023 au 08/05/2023

« Épidémies : la menace invisible » d’Anne Poiret, coécrit par Raphaël Hitier 
France, 2014, 1 h 23 mn
Coproduction : ARTE France, Scientifilms
Sur Arte le 11 février 2023 à 07 h 15
Sur arte.tv du 04/02/2023 au 18/02/2023

A lire sur ce blog :
Les citations sont extraites du dossier de presse des Archives nationales et d'Arte.