Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 5 juin 2015

« Israël et le tabou de la bombe », par Dirk Pohlmann


Arte diffusera les 5 et 17 juin 2015 « Israël et le tabou de la bombe » (Israel und die bombe. Ein radioaktives tabu), documentaire par Dirk Pohlmann. Une stratégie dissuasive israélienne résumée par "Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient".


A la différence des puissances nucléaires – Etats-Unis (1945), Russie, Grande-Bretagne (1952), France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord -, l’Etat d’Israël, marqué par la Shoah, a choisi de ne jamais déclarer s’il avait ou non la bombe atomique, et de ne pas adhérer au TNP (Traité de non prolifération). Pour adhérer au TNP, l'Afrique du sud a supprimé son arsenal nucléaire.

Le documentaire montre les actes Juifs sionistes en Eretz Israël sans mentionner la violence des Arabes en Palestine mandataire.

"Plus jamais ça". Attaqué dès 1948 par les Etats arabes, Israël compte sur lui pour assurer sa défense. Le Premier ministre Ben Gourion lance un programme dotant le nouvel Etat d'un arsenal.

Israël a signé le traité Atoms for Peace proposé par le président Eisenhower en 1953.

Directeur au ministère de la Défense, Shimon Peres est chargé d'accéder au programme français d'acquisition de la bombe atomique. Dès 1954-1955, il dispose d'un bureau au ministère français de la Défense. Une alliance tactique entre la France et Israël ayant tous deux un ennemi commun : le général Nasser, dirigeant de l'Egypte. La Grande-Bretagne, la France et Israël lancent une offensive en 1956 - guerre de Suez -, à laquelle ils mettent un terme sous la pression des Etats-Unis et de l'Union soviétique.

La Grande-Bretagne fournit à ses alliés l'eau lourde et l'uranium. La France construit un complexe d'armement nucléaire dans le Néguev. Ce qu'observent les Etats-Unis, notamment à Dimona, par leurs avions. Guy Mollet et Maurice Bourgès-Maunoury, respectivement Premier ministre et ministre de la Défense, mènent ce programme sans en informer le Parlement.

Avner Cohen décrit un Shimon Peres déterminé, capable d'antidater un document : "Pour lui, la fin justifiait les moyens". Autre artisan majeur :  David Bergman, chimiste Juif israélien ayant fui l'Allemagne nazie, directeur du Commissariat à l’énergie atomique israélien fondé en 1952 et dépendant du ministère de la Défense.

Dino A. Brugioni évoque les mensonges officiels d'Israël.

Un an et demi après son arrivée au pouvoir, le général de Gaulle est informé de cette collaboration franco-israélienne. Et y met fin. L'Allemagne se substitue à la France : prêt, etc.

Les dirigeants israéliens souhaitent se doter de missiles pour ses armes.

Le réacteur nucléaire suscite un intérêt croissant.

En 1961, le soutien américain fléchit sous le président John F. Kennedy qui exige l'accès à Dimona d'une inspection, menace de suspendre l'aide américaine, et veut mettre un terme à la course aux armements. La tension est forte. Israël accepte une inspection du réacteur de recherche par les Américains. Il "monte une salle de commandes sans rapport avec la réalité", commente Pierre Péan, journaliste.

Kennedy fournit des armes non nucléaires - missiles anti-aériens -  à Ben Gourion, dans l'espoir qu'Israël cesse son programme. Israël installe ces missiles américains autour de Dimona.

Nouvelles exigences de l'URSS de démantèlement du programme israélien.

En 1965, l'URSS assure les Etats arabes, qui songent à une attaque préventive, de son soutien en cas d'attaque israélienne nucléaire.

Les ogives nucléaires à base de plutonium sont produites en sous-sol dans le complexe de Dimona.

1967. l'URSS change de tactique. Isabella Ginor décrit l'action soviétique. Des avions sous cocardes arabes sont stationnés en URSS. La riposte israélienne est fulgurante. "Les missiles soviétiques étaient prêts à s'abattre sur Israël", indique Gideon Remez.

L'attaque du navire Liberty demeure un sujet controversé. Israël dément une attaque délibérée et un plan secret entre Jérusalem et Washington. "Les Américains voulaient que le Liberty coulent", indique Peter Hounam, reporter britannique.

Le nucléaire israélien ? Un sujet tabou. Premier ministre israélien,"Lévi-Eshkol et le Président Johnson se sont mis d'accord : "Vous Israéliens ne dites rien, nous Américains ne savons rien", résume Martin van Creveld, historien militaire.

Sous la présidence de Richard Nixon, les Etats-Unis signent un acte acceptant que l'Etat Juif se dote de la bombe atomique.

Lors de la guerre du Kippour (1973), l'Etat d'Israël attaqué refuse, sur l'insistance de Golda Meir, d'utiliser l'arme atomique. Ses bombardiers atomiques sont capables d'attaquer Odessa (Ukraine). Les tactiques d'intimidation israéliennes fonctionnent. Les Etats arabes et l'URSS entament des négociations.

1979. Les Etats-Unis sont informés d'une explosion au large des côtes d'Afrique du sud. Le résultat du partenariat entre Pretoria, qui fournit le minerai d'uranium et veut la bombe à hydrogène, et Jérusalem qui dispose du savoir-faire. Le président Carter exprime sa colère : il oeuvre à la signature d'un traité de paix entre l'Egypte et l'Etat Juif.

Londres 1986. Mordechai Vanunu, ingénieur travaillant sur le plutonium dans le complexe de Dimona, propose au Sunday Times des informations sur le programme nucléaire israélien. Reporter dans ce quotidien britannique, Peter Hounam est sceptique, puis est convaincu de la réalité des informations et publie un article sur ce programme militaire nucléaire israélien.

Riposte d'Israël : il kidnappe cet informateur à Rome. Hounam enquête, et remonte la piste qui le mène vers Cheryl Bentov, Israélo-Américaine agent du Mossad. Vanunu est  condamné à 18 ans de prison pour espionnage et haute trahison.

« Je ne suis ni un traître, ni un espion. J’ai seulement voulu faire connaître au monde ce qui se passait. Je ne regrette rien car j’ai agi selon ma conscience », a déclaré Mordechai Vanunu après sa sortie de prison lors d'une interview télévisée en avril 2004. Et ce quinquagénaire de demander  que « le réacteur de Dimona soit détruit comme le fut le réacteur irakien Osirak » situé près de Bagdad, et bombardé par l’aviation israélienne en juin 1981. Il considérait qu’ « il ne devrait pas y avoir d’Etat juif ; qu’il devrait y avoir un Etat palestinien ; que les Juifs et les Palestiniens devraient pouvoir vivre où ils veulent ; que le judaïsme et l’islam sont des religions retardataires ». Converti au christianisme, ce marocain d’origine qui a purgé toute sa peine, a du respecter "d’importantes restrictions imposées après sa sortie de la prison de Shikmah, dans le sud d’Israël. Selon son frère Meir, il ne pourra pas donner d’interviews, se rendre dans un aéroport, un port, une ambassade étrangère. Le ministre de l’intérieur, Abraham Paraz, lui interdit de se rendre pendant un an à l’étranger. Il ne pourra posséder un téléphone cellulaire, ni utiliser Internet. Le ministre des relations avec le parlement, Gidéon Ezra, a suggéré de le placer en régime de détention administrative." (Le Monde, 21 avril 2004)

"Un tel traitement a été jugé inadmissible par Amnesty International qui demande à Israël de « ne pas violer ses droits fondamentaux ». D’autant, comme l’affirme le journaliste du Sunday Times qui, en 1986, avait publié ses révélations, qu’il n’a plus rien à dévoiler sur Dimona. En plus, comme le dit l’intéressé lui-même, en raison des avancées technologiques, « je ne crois pas que les Américains ou les Européens aient besoin d’un Vanunu pour leur faire des révélations ». Son ancien avocat, Avigdor Feldman, estime que « cet acharnement relève de la paranoïa » Mais l’Etat hébreu semble encore craindre cet homme qui a toujours refusé les arrangements pour prix de son silence ou de sa libération. sa libération doit être saluée par des pacifistes et des antinucléaires venus du monde entier et qui ont déjà dû se frotter aux interrogatoires du Shin Beth, la sécurité intérieure." (Le Monde, 21 avril 2004)

"Apparemment, Mordehaï Vanunu n’a pas l’intention de se soumettre au régime que l’on veut lui imposer. Une nouvelle « affaire Vanunu » pourrait donc naître. Elle sera sans doute beaucoup moins entourée de mystères que celle de ce technicien nucléaire qui a commencé avec son entrée à la centrale de Dimona en 1976. Son engagement contre la guerre du Liban en 1982 et ses positions pacifistes éveillent les soupçons. Il doit changer de département, avant d’être licencié en 1985. Il quitte Israël en janvier 1986 avec dans ses poches les photos clandestines du site. Avec son indemnité, il entreprend de faire le tour du monde, se rend au Népal, en Australie, où il se convertit au christianisme et rencontre un journaliste du Sunday Times de Londres auquel il accepte de raconter toute son histoire. La publication, en septembre 1986 dans l’hebdomadaire provoque la colère des israéliens, qui décident d’attirer « le traître » dans un piège vieux comme le monde : une femme qui tombe dans ses bras à Londres et l’emmène à Rome. Cindy, de son vrai nom Cheryl Hanin Bentov, est un agent du Mossad. Drogué, il est embarqué dans un yacht qui le conduira en Israël en quelques jours. Un enlèvement qu’il fera connaître au monde, le 21 décembre 1986, lorsque, conduit au tribunal, il trompe la vigilance de ses gardiens en montrant la paume de sa main sur laquelle il a écrit « Mordehaî Vanunu, enlevé à Rome, le 30 septembre 1986 à 21 heures ». (Le Monde, 21 avril 2004)

"Au terme d’un procès à huis clos, il sera condamné à dix-huit ans d’emprisonnement, le 27 mars 1988, pour espionnage et trahison. Il risquait la prison à vie. On ne saura jamais rien des soixante pages du jugement restées secrètes. L’importance des informations dont il disposait a été minimisée par les experts internationaux. Les dépositions des responsables israéliens ont été frappées du secret défense. Le seul commentaire des autorités israéliennes a toujours été : « Nous ne serons pas les premiers à introduire l’arme atomique au Proche-orient ». La question est tabou même s’il ne fait pas de doute qu’Israël, qui n’a pas adhéré au traité de non-prolifération nucléaire, possède l’arme atomique. L’Etat hébreu détiendrait de 100 à 200 têtes nucléaires. Shimon Pérès est considéré comme le principal initiateur du programme, lancé dans les années 1950 avec l’aide de la France." (Le Monde, 21 avril 2004)

1991. La première guerre du Golfe éclate. Saddam Hussein envoie des missiles Scud vers Israël, à Tel Aviv et ses environs. Les dirigeants israéliens critiquent l'aide européenne, militaire et chimique, à l'Iraq de Saddam Hussein. Ils soulignent l'aide allemande. Le chancelier Kohl propose alors des sous-marins à des conditions avantageuses.

"Une fois de plus, Israël utilise la mauvaise conscience des non-Juifs. Je la trouve humiliante", marmonne un orateur. Choquant quand on connait l'aide allemande à Hussein, et son arsenal chimique.

Puis, l'Allemagne livre à Israël deux sous-marins missiles Cruise portant des ogives nucléaires.

Selon des experts, l'arsenal militaire nucléaire israélien compterait 100 à 400 armes militaires aux systèmes ultra-modernes : bombes à neutrons, missiles de croisières...

"L'objectif est d'entretenir la crainte par une certaine ambiguïté. C'est le propre de la dissuasion", affirme Avi Primor.

« En cas d'attaque nucléaire, l'État hébreu prévoit de répliquer avec ce qu'il appelle l'option « Samson », en référence au personnage de la Bible qui se suicide en entraînant dans la mort ses ennemis ».

A l'heure où le régime iranien des ayatollahs poursuit son programme militaire nucléaire menaçant Israël, l'Europe et une partie l'Orient, il est curieux qu'Arte diffuse ce documentaire. Le comble de ce documentaire, qui milite pour qu'Israël déclare détenir l'arme atomique, est qu'il omet sciemment d'évoquer la menace atomique iranienne.


« Israël et le tabou de la bombe  », par Dirk Pohlmann
Allemagne, 2012, 52 min
Sur Arte les 3 juin à 2 h 30, 5 juin à 10 h 20 et 17 juin à 8 h 50

Visuels
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jeudi 4 juin 2015

Mon interview sur Radio Chalom Nitsan a eu lieu le 4 juin 2015


Mon interview par Radio Chalom Nitsan  (RCN), radio Juive de la Côte d'Azur a eu lieu le jeudi 4 juin 2015, de 14 h 20 à 14 h 40. Menée par José Gimenez, l'interview pourra être entendue pendant une semaine sur le site de ce média. J'ai évoqué l'antisémitisme en France après les attentats terroristes islamistes de janvier 2015, la problématique ambassade d'Israël en France et les boycotts, notamment universitaires, d'Israël.


Une France fragmentée, affaiblie, en déclins, affronte le djihad, et agrée à l'"islamiquement correct".

Antisémitisme 
Les agressions antisémites se succèdent, sans que les médias nationaux ne les relatent. Les Juifs sont progressivement gommés de l'image de la France, de son Histoire.

Le plan Valls de lutte contre l'antisémitisme et le racisme s'avère inadéquat. Ce plan vise a ajouter l'antisémitisme comme « circonstance atténuante » pour tous les crimes et délits, à combattre ces fléaux sur Internet, à renforcer la formation des enseignants et visiter dse lieux de mémoire, promouvoir des ambassadeurs sportifs, et surtout financer une campagne de communication. 

Or, ce plan sera coordonné par une délégation interministérielle, dirigée par un préfet, et rattachée au Premier ministre (DILCRA).  

Il convient de noter que :
- l'antisémitisme n'est pas défini. Il apparaît dans le droit français sous la forme d'une circonstance aggravante. La CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l'homme) le minore car elle interroge sur des stéréotypes archaïques - "Pensez-vous que les Juifs ont trop de pouvoir" -, et non sur le préjugé déterminant à l'origine des assassinats de Juifs : blood libel (accusation fausse selon laquelle des Juifs tueraient des enfants non-Juifs pour utiliser leur sang pour fabriquer des matzot à Pessah) modernisés par l'affaire al-Dura ("soldat-israélien-tueur-d'enfant-palestinien") et ses répliques, etc.

- il faut lutter contre les "3D" - diabolisation, délégitimation et double-standards - définis par Nathan Sharansky, notamment les blood libels ;

- l’ennemi est à peine désigné : « islamisme radical », Daesh ;

- cet antisémitisme/antisionisme est toléré sur le sol français. La France ne peut pas lutter contre l'Etat islamique et autoriser des manifestations pro-Hamas, ni recevoir Salah Hamouri, membre du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), et arrêter des djihadistes. C'est un comportement "schizophrène" comme l'a indiqué José Gimenez qui m'a interviewée ;

- le dialogue judéomusulman oscille entre le « piège à cons » et la tarte à la crème. Qui le mène ? Avec quelle compétence ? Sous quelle forme ? Avec quelle teneur ? Dans quel but ? Un syncrétisme religieux ? Ce dialogue omet les sujets tabous : antisémitisme musulman, antijudaïsme islamique, dhimmitude, exode de près d'un million de Juifs de pays musulmans, etc. Dans cet "islamiquement correct", des Français Juifs sont parmi les Cerbères les plus déterminés à faire perdurer la sanctuarisation de l'islam en France.

L'antisémitisme est un problème politique en France qui ne peut se résoudre que par l'Elysée/Quai d'Orsay, et l'affirmation de la vérité : le droit, l'Histoire, la morale sont du côté d'Israël.

Problématique ambassade
L’ambassade d’Israël en France s’avère problématique en raison d’une communication, classique et digitale, biaisée et carencée, d'un fonctionnement en vase clos, avec des représentants souvent timorés dans leur défense d'Israël, incompétents et pratiquant l'autocongratulation sans raison, de l'absence de hasbara sur son site Internet, ainsi que de ses soutiens à des manifestations "artistiques" ou "pour la paix" partiales, parfois visant à la destruction de l’Etat Juif.  Ce qui réduit l'efficacité de son action, et creuse un fossé entre cette ambassade et des organisations françaises Juives. Et ce, dans un contexte, national et international, dramatique : les intérêts de l'Etat d'Israël divergent parfois de ceux des Français Juifs. 

Positionnés à gauche ou à l'extrême-gauche, de récents ambassadeurs d'Israël ont défendu faiblement le narratif israélien. Meir Rosenne, décédé le 14 avril 2015, fin bretteur, ardent sioniste, représentait un modèle d'ambassadeur d'Israël. Au début des années 1980, lors d'une conférence à Sciences Po, il était interrogé par un étudiant sur les liens entre l'Etat d'Israël et l'Afrique du sud de l'apartheid. Placide, avec son ironie coutumière, il a rappelé que la France devançait largement l'Etat Juif par l'importance de ses échanges commerciaux avec l'Afrique du sud au régime décrié. 

Le 21 mai 2015, Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères, a déclaré aux membres de son administration dans un discours diffusé aux 106 représentations diplomatiques israéliennes dans le monde : "De nombreuses fois, dans nos relations internationales, il semble que l'on nous demande plus d'utiliser les arguments qui sonnent bien diplomatiquement, que de souligner la justesse de notre cause. Mais à une époque où l'existence même d'Israël est remise en question, il est important d'avoir raison. La communauté internationale use de considérations de justice et moralité. Nous devons revenir à la vérité basique de notre droit sur cette terre. Le journaliste et dirigeant des localités Uri Elitzur a dit que, au cours des 40 dernières années, alors que les Palestiniens exigeaient leurs terres, Israël répondait : "Nous avons des intérêts stratégiques et des inquiétudes sécuritaires". Ces arguments sont ceux d'un voleur. Si je porte votre manteau car il fait froid, et je prouve pragmatiquement et analytiquement que j'ai froid, le monde posera une question primitive et analytique : "A qui appartient ce manteau ?" Dans ce contexte, il est important de dire que ce manteau est le nôtre, ce pays est le nôtre, entièrement. Nous ne sommes pas venus ici pour nous excuser de cela".

Dans ce "djihad cognitif", dans cette "guerre asymétrique cognitive" (Richard Landes) où les médias véhiculent comme information la propagande anti-israélienne, l'Etat Juif doit exprimer ses arguments car il a la morale, le droit et la justice pour lui.

Boycotts
Les boycotts universitaires, commerciaux, etc. d'Israël visent à diaboliser, délégitimer, diffamer, ostraciser, marginaliser, exclure de la communauté internationale l'Etat Juif, à dissocier les liens entre les Juifs de diaspora et l'Etat d'Israël afin que cet Etat soit détruit par des Etats musulmans et sa population tuée, sans que nul ne vienne à son secours.

Les tribunaux français rechignent souvent à condamner ceux qui appellent au boycott des produits israéliens, alors que le boycott - incitation à la discrimination - est illégal en droit européen et en droit français : c'est un délit dont la commission est assortie de sanctions pénales.

Confusion entre liberté d'expression et délit, motivations choquantes et peu juridiques pour relaxer les boycotteurs, application aléatoire de la loi sur le boycott, condamnations rares, avec sursis et aux montants dérisoires, refus parfois du Parquet de requérir les sanctions pénales prévues par la loi, fautes de procédure ou de forme du Parquet, dépendant du ministère de la Justice et supposé ne pas les commettre, entachant d'illégalités les procédures, annulant ces dernières et induisant des relaxes des prévenus... Par son fonctionnement aléatoire, l'institution judiciaire française contribue à l'antisionisme, vecteur contemporain majeur de l'antisémitisme.

Ainsi, le 21 mai 2015, la Cour d'appel de Paris a condamné pour "incitation à la haine racialeOlivia Zémor, présidente de l'association CAPJPO-EuroPalestine à 1 000 euros d'amende avec sursis et à verser un euro de dommages et intérêts ainsi que 1 500 euros au titre des frais judiciaires au Bureau de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) et à la Chambre de commerce France-Israël. A titre de comparaison, la Cour d'appel de Paris a injustement condamné des copropriétaires français Juifs à payer 1 000 € de dommages et intérêts ainsi que 8 000 € à un Syndicat de copropriété et à un ancien syndic. 

A lire sur ce blog :

Jardins, Jardin 2013 (31 mai-2 juin)

Jardins, Jardin est la « première manifestation dédiée au jardin urbain ». 2013 marque plusieurs anniversaires célébrés par cette exposition-vente installée au Jardin des Tuileries : le 400e anniversaire de la naissance d'André Le Nôtre, jardinier du Grand Siècle, qui grandit et vécut au cœur de ce jardin des Tuileries, les 50 ans de l'UNEP (Entreprises du paysage), fédération des métiers du paysage, et les dix ans de Jardins, jardinJardins, jardin aux Tuileries a lieu du 4 au 7 juin 2015.

Jardins, Jardin 2013 (31 mai-2 juin)
« Sur la terre comme au ciel, jardins d'Occident à la fin du Moyen Âge »

Au programme de cette édition exceptionnelle qui s’interroge sur les « nouvelles perspectives urbaines » : une vingtaine de jardins, terrasses et balcons pédagogiques réalisés par des paysagistes et entreprises de paysage intéressés aussi par les terrasses et balcons, les projets dans le cadre du concours de l’innovation, les travaux de dix écoles supérieures, françaises et étrangères d’architecture, design, horticulture et paysage, des nouveautés et prototypes de mobilier, objets, outils design, réunis au Village du design d’extérieur, le baptême de la rose Jardins, Jardin par le créateur Philippe Starck - un rosier blanc à caractère “urbain”, nouvelle obtention signée des Roses Anciennes André Eve -, le potager du Carré du Sanglier réhabilité, le baptême de l’orchidée “André Le Nôtre”, un Paphiopedilum (Sabot de Vénus) « au label brun acajou et au dorsal vert bordé de blanc tacheté de grenat - sélection de la Maison Vacherot & Lecoufle, créateurs et sélectionneurs d’orchidées depuis 1886 » -.

Les deux thèmes de Jardins, Jardin en 2013 ? L’agriculture urbaine - une forme émergeante de pratiques agricoles dites de proximité en zone urbaine et périurbaine notamment dans les Eco-quartiers, et l’architecte « verte ».

Les visiteurs pourront se rendre dans les stands d’une centaine d’exposants - pépiniéristes, mobilier, structures, outillage, décoration, mode, accessoires -, dans le « Village des Antiquaires de Jardin », participer à des ateliers – plantes, gastronomie, etc. - ou assister à « des conférences et tables rondes sur des sujets prospectifs sur le thème du paysage, de l’architecture, de l’horticulture dans l’espace urbain ».

Les jardins ont leur histoire et leurs significations. Ainsi, en 2002, le musée du Moyen-âge avait présenté l'exposition Sur la terre comme au ciel, jardins d'Occident à la fin du Moyen-âge.

Les Tuileries sont « l’œuvre la plus personnelle d’André Le Nôtre, architecte-paysagiste de génie, issu d’une lignée de jardiniers du roi aux Tuileries - son père Jean était premier jardinier du roi, et il lui succède en 1643 -, mais qui fut aussi un collectionneur curieux, insatiable et généreux, dont le musée du Louvre conserve les trésors ».
Avec Trianon et Chantilly, c’est un de ses jardins préférés : André Le Nôtre y jardine, y apprend son métier, s’y promène. C’est dans « son » jardin qu’il meurt le 15 septembre 1700, à l'âge de 87 ans.

Parmi les 2 806 arbres du Jardin des Tuileries : quelques-uns des derniers ormes champêtres de Paris, un micocoulier cerasifera », et des arbres de Judée centenaires - sous le Second Empire, de nouveaux arbres de Judée sont plantés pour remplacer ceux introduits sous l'Ancien Régime -, etc.

Souvent planté près des vergers, l’arbre de Judée (Cercis siliquastrum) - moins de dix mètres de hauteur - produit un fruit dénommé une gousse. Sa floraison abondante se teinte de rose pourpre au printemps, et se colore de nuances dorées à l’automne. Cet arbre résiste bien au gel.

L’origine du nom de  cet arbre ? Judas se serait pendu à cet arbre après avoir trahi le Christ, ou l’origine géographique : la Judée.

Cet anniversaire était l’occasion d’un partenariat entre le Jardin des Tuileries et l’Etat d’Israël. Une occasion manquée par l’ambassade d’Israël en France et par le Louvre, musée auquel est rattaché ce jardin depuis 2005.

LES TUILERIES EN 11 DATES
1564 : le plus grand jardin Renaissance de la capitale est créé pour Catherine de Médicis.
1595 : sous Henri IV, Claude Mollet plante les premières broderies de buis de Paris. Pour développer la production française d’étoffes en soie, des mûriers blancs sont introduits pour promouvoir l’élevage des vers à soie par Olivier de Serres (1539-1619), agronome protestant.
1666 : « création majeure d’André Le Nôtre, les Tuileries sont agrandies et les Champs-Elysées tracés ».
1678 : sous le roi-Soleil Louis XIV, la cour ayant quitté Paris pour Versailles, les Tuileries « sont le premier jardin royal ouvert au public ».
6 octobre 1789 : Louis XVI et Marie-Antoinette, « ramenés de Versailles, s’installent aux Tuileries. Le palais redevient pour plus de 80 ans la résidence officielle des chefs d’Etat dans la capitale, quel que soit le régime ».
10 août 1792 : « prise du palais des Tuileries et chute de la royauté ».
23 mai 1871 : « incendie du palais des Tuileries par la Commune (ses ruines seront rasées en 1883) ».
1914 : le jardin est classé Monument historique.
1991 : Paris, rives de la Seine est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture ). Ce site comprend les Tuileries.
1996 : dans le cadre du Grand Louvre, le jardin des Tuileries est rénové par les paysagistes Louis Benech et Pascal Cribier.
2012 : 12 à 14 millions de personnes ont visité les Tuileries - 23 hectares de verdure, 7 kilomètres d’alignements d’arbres taillés - qui abritent près de 80 sculptures – Auguste Rodin, Paul Belmondo, Paul Landowski, etc.
 Cet article a été publié le 29 mai 2013

Après le refus de l’Université Paris VII de boycotter Israël, le combat continue (5/5)


Le 7 janvier 2003, le conseil d’administration de l’Université Paris VII-Denis Diderot a adopté, à une large majorité, une motion indiquant sa volonté de renforcer ses « accords avec toutes les universités à travers le monde ». C’est le résultat d’une mobilisation rapide et forte. Mais ce succès ne doit pas occulter les graves problèmes qui perdurent, et notamment la motion infamante de l’Université Paris VI. En juin 2015, des universitaires israéliens ont exprimé leur inquiétude face aux signes d'un boycott académique officieux visant Israël. Le 2 juin 2015, le NUS (National Union of Students), syndicat national britannique d'étudiants britanniques a voté le boycott d'Israël et l'affiliation au mouvement BDS (Boycott Divestment Sanction) visant l'Etat Juif. Le 3 juin 2015, Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a stigmatisé ce syndicat qui en 2014 avait refusé de boycotté l'Etat islamique (ISIS).

Le vote par l’Université Paris VII ? C’est une victoire des valeurs républicaines et démocratiques.

Ce mardi 7 janvier 2003 s’est tenue la réunion du Conseil d’administration de cette Université. Dès le début, Benoît Eurin, son président, a fait état d’une pétition, revêtue de plus de 21 000 signatures, dont celles de plus de 5 700 universitaires, de membres du Collège de France et de l’Académie des Sciences, et de centaines d’e-mails et courriers reçus, protestant contre la motion, inscrite à l’ordre du jour, et prônant le boycott d’Israël. Il évoquait aussi les messages de Prix Nobel et de scientifiques de renommée mondiale, de tous pays, ainsi que les prises de position de personnalités politiques de tous bords, hostiles, comme lui, au boycott.

Pourquoi une telle mobilisation ? La motion présentée par une coordination de syndicats de gauche et d’extrême gauche - SGEN-CFDT, CGT, SUD-Education, SNESUP-FSU regroupés dans le Comité Palestine (Comité de solidarité avec les universités palestiniennes), né à Jussieu au printemps 2002 - allait plus loin que celle adoptée par l’Université Paris VI-Pierre et Marie Curie (UPMC) le 16 décembre 2002. « Au nom des droits de l’Homme et des principes démocratiques », ignorant la réalité au Moyen-Orient, non seulement elle demandait à l’Union Européenne (UE) de ne pas renouveler l’accord de coopération entre l’UE et l’Etat hébreu, mais elle entendait aussi rompre toute relation de l’Université Paris VII avec ses homologues israéliennes. Comme à l’UPCM, elle mandatait le président de l’Université pour poursuivre son action au sein de l’Assemblée de la Conférence des Présidents d’Universités.

Danielle Thouvenin, professeur de droit, a ensuite rappelé l’article 3 de la loi Savary (26 janvier 1984) : « Le service public de l'enseignement supérieur est laïc et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l'objectivité du savoir ; il respecte la liberté d'opinion. Il doit garantir à l'enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique ».

Le débat fut rude. Après que David Assouline, adjoint du Maire de Paris chargé du monde étudiant, eût indiqué son opposition au boycott, c’est le représentant de la Région Ile-de-France, Jack-Yves Bohbot, qui développa une argumentation riche. Si les citoyens jouissent des droits d’opinion et d’expression, l’Université doit respecter la loi de neutralité qui la régit. De plus, la motion présentée par ladite coordination syndicale dépasse les limites de la compétence de cette institution éducative et de recherche. Puis, avec placidité et détermination, cet élu régional a rappelé des vérités qui ont scandalisé les promoteurs du boycott. Oui, Israël est une démocratie qui partage avec la France les mêmes valeurs. Oui, l’Etat hébreu maintient, malgré l’Intifadah II, sa coopération avec des Universités palestiniennes et forme des médecins, ambulanciers ou étudiants palestiniens de toutes disciplines. Oui, l’Etat juif coopère avec des pays arabes ou musulmans dans des programmes d’intérêt général, tel celui de l’eau, une denrée rare au Proche-Orient. Oui, l’Autorité palestinienne, dont son Chairman, Yasser Arafat, est corrompue et détourne la manne financière, publique et privée, dont devraient bénéficier tous les Palestiniens. Oui, elle persécute les Chrétiens et les homosexuels. Oui, les Juifs furent exclus des Universités par les régimes fascistes, nazis et de Vichy. Et d’aligner des faits avérés, mais inaudibles pour les boycotteurs. Sans se départir de son calme, M. Bohbot a tenu un discours de vérité qui lui a valu l’animosité de certains syndicalistes, dont ceux de SGEN-CFDT et SUD-Education. Mais son attitude lui a valu les félicitations de la majorité de ses collègues administrateurs. Si cet élu ne regrette pas sa position et se montre satisfait - « L’Université Paris VII est sortie par le haut et a fait preuve de responsabilité » -, il déplore : « C’est terrible : dire qu’Israël est une démocratie relève de l’audace ».

C’est donc après un débat démocratique et animé, en début de séance, que le vote a eu lieu sur un « un texte de sortie de crise » présenté par M. Eurin. La teneur de cette motion ? Se fondant sur ladite loi, elle indique : « Il n'est pas de la compétence [d'un conseil d'administration d'université] de débattre d'un sujet [comme] la suspension des échanges scientifiques avec les institutions universitaires israéliennes ». Fier de sa « longue tradition de coopération scientifique avec les institutions d'enseignement et de recherche des cinq continents, fidèle à sa tradition d'ouverture, de dialogue, convaincu que le savoir est la meilleure arme contre l'extrémisme et l'obscurantisme, le CA de l'université Paris 7 - Denis Diderot se détermine en faveur d'un renforcement des accords avec toutes les universités à travers le monde ».

Cette motion a été approuvée par 36 voix pour, 6 contre et une abstention. « La majorité n’était pas étriquée », observe M. Bohbot. Avant d’ajouter : « La réunion s’est poursuivie dans un bon climat ». 
Quelle différence avec ce qui s’était produit lors du conseil d’administration de l’UPMC, le 16 décembre 2002 ! La motion pro-boycott y avait été votée en fin de séance, quand la moitié des administrateurs étaient présents.

Dès le 6 janvier 2003, les condamnations du boycott se sont multipliées. Citons-en quelques unes. Roger Karoutchi, président du groupe UMP (majorité) au Conseil Régional d’Ile-de-France a estimé qu’il n'est " pas convenable que le travail de recherche et l'universalisme des universités franciliennes soient remis en cause par des choix ayant un sens politique. Il est bon que nos universités travaillent tant avec les chercheurs et scientifiques israéliens que palestiniens " et il demandait à Luc Ferry, ministre de l’Education nationale et de la Recherche, de « prendre des initiatives pour garantir le bon déroulement du travail universitaire ». " Profondément choqué », Jean-Paul Huchon, président PS dudit Conseil, " condamnait fortement cette mise à l'index qui va à l'encontre de la paix au Proche Orient et de l'esprit universaliste de la science et du savoir. Les conseillers régionaux qui représentent la Région au sein des conseils d'administration des universités, doivent refuser cette motion partout où elle sera présentée ». « Ce geste recouvre beaucoup d'antisémitisme et de dénaturation de la situation au Moyen-Orient », s'indignait Claude Goasguen, député et président du groupe UMP au Conseil de Paris.

Même condamnation dans les milieux de la recherche et universitaire. Le Conseil National de la Recherche Scientifique (CNRS), un important organisme public, « a dénoncé toute "forme d'exclusion" dans les coopérations scientifiques internationales ». L'association regroupant les présidents des 17 universités d'Ile-de-France a adopté « une motion préconisant le renforcement de la coopération avec les universitaires israéliens et palestiniens ». Pour sa part, les doyens des Facultés de médecine de Paris VI se sont adressés au président de l’UPMC, Gilbert Béréziat, pour lui demander, « conformément à la tradition humaniste de la Médecine », de « revenir sur sa motion du 16 décembre, et à l’inverse, de favoriser un projet de coopération entre Paris VI, et des Universités Israéliennes et Palestiniennes, donnant ainsi à l’Université sa dimension de sanctuaire de tous les espoirs et de toutes les initiatives de paix ».

Les institutions supra-nationales n’étant pas en reste. Saisi par Yitzhak Eldan, ambassadeur d’Israël près de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, Directeur général de cet organisme, a rappelé l’importance de la coopération universitaire internationale, « porteuse d’espoir de paix ». La Commission de l’UE a réitéré la position du commissaire Philippe Busquin exprimée en avril 2002 : « La Commission croit au rôle très positif de la coopération scientifique conduite par l’UE avec Israël, les institutions palestiniennes et les pays du Moyen Orient. Le renouvellement de l’accord de coopération entre l’UE et Israël dans le cadre du 6e PCRD est dans l’intérêt mutuel des deux parties, étant donné le haut niveau de la recherche en Israël. De plus, une telle coopération est un instrument du dialogue qui promeut des partenariats servant des objectifs de paix ». Et, le 9 janvier 2003, « le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Walter Schwimmer, a condamné le vote par le conseil d'administration de l'université Paris VI d'une motion demandant l'arrêt de la coopération entre les universités européennes et israéliennes: le dialogue est la clé de la solution pacifique des conflits, et le monde académique y joue un rôle d'une importance particulière. La coopération internationale avec les universités tant israéliennes que palestiniennes devrait contribuer au développement de ce dialogue. Je lance un appel à la communauté universitaire internationale pour promouvoir cette composante importante du patrimoine universitaire européen, dans un esprit de dialogue et de démocratie ».

Jusqu’au « Monde » qui s’opposait au boycott dans son éditorial. Même attitude de la motion par la CGT. Motivation ? La « suspension des accords de coopération universitaire (...) n'est pas le moyen le plus efficace » pour « favoriser le dialogue israélo-palestinien ».

Bien sûr, Leïla Shahid, déléguée de l’Autorité palestinienne en France, a soutenu la motion litigieuse de l’UPMC. Et elle a ajouté que " des sanctions avaient été utilisées contre Israël " dans le passé à l'initiative de l'ancien ministre socialiste des Affaires Etrangères, Claude Cheysson.

Le 9 janvier 2003, la déclaration du président de l'université Paris VII - Denis Diderot, Benoît Eurin, offre la meilleure réponse à Mme Shahid : « Par la voix de son Conseil d'administration, l'université Paris 7 - Denis Diderot vient de rappeler avec force que les collaborations scientifiques internationales sont au cœur de la vie universitaire et doivent être préservées des aléas politiques. A titre personnel et en tant que chef d'établissement, je me félicite que notre université ait eu la sagesse de ne pas sortir de son domaine de compétence malgré les multiples tentatives pour l'entraîner sur un terrain qui n'est pas le sien. Je vois au contraire dans ce vote de bon sens et de raison la volonté de réaffirmer la primauté des valeurs intellectuelles et morales qui légitiment la création et le partage du savoir ».

La décision de l’Université Paris VII a donc été accueillie favorablement par l’ensemble des responsables. Un seul exemple révélateur : " La réaction de l'université Paris VII va exactement dans le sens de la tradition universitaire républicaine de la neutralité et du respect de tous. On avait besoin d'un retour à la paix civile et non pas à l'ostracisme et à l'exclusion ", a déclaré Patrick Klugman, président de l'UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) à l'AFP.
Tandis que la Ligue Communiste Révolutionnaire (extrême gauche), dénonçant « une campagne de désinformation » et le SNESUP ont manifesté leurs courroux.

Pétition, manifestation, déclarations de ministres
Le 6 janvier 2002, soit la veille de la réunion dudit Conseil, vers 17 h, une manifestation s’est tenue près du campus des deux Universités. Malgré un froid intense, plus de 3 000 personnes - chiffre des organisateurs - s’étaient rassemblées sur la place Jussieu et dans les rues avoisinantes pour manifester leur indignation face aux motions universitaires demandant le boycott d’Israël. A l’appel de l’UEJF, étaient présents l’Association des Filles et Fils des Déportés Juifs de France, le B’naï B’rith de France, la LICRA, La Ligue de Défense Juive, Primo Europe-Les Amis de la Metula News Agency, Les Amis de La Paix Maintenant, Le Forum Citoyen Juif, Vigilance et Mémoire et des membres de l’Association France-Israël. Des manifestants agitaient de nombreux drapeaux français et de rares drapeaux israéliens. Sur des banderoles, on pouvait lire : « Désamiantez les universitaires fous furieux de Paris VI », « Pour la coopération des savoirs et non au boycott ».

Sur une estrade, se tenaient des intellectuels, des politiciens et des responsables associatifs : le député et ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn, et son épouse la journaliste Anne Sinclair, David Messas, Grand Rabbin de Paris, M. Bohbot, M. Goasguen, Serge Blisko, député (PS) de Paris, Eric Ghebali, ancien président de SOS Racisme, des chercheurs des universités de Jussieu, parmi bien d’autres.

Bernard-Henri Lévy s’est dit accablé et en colère contre « ces gens à la compassion unilatérale et ignorants », qui transforment Israël, Etat démocratique, en un Etat totalitaire. Comment ? Tout simple : en demandant son boycott, une pratique adressée contre les seuls régimes totalitaires. Une tactique d’autant plus sournoise qu’est en jeu l’autonomie universitaire. Et un « acte choquant et une tragique erreur », selon le message de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, lu par M. Assouline. Le député Pierre Lellouche (UMP, majorité) a poursuivi dans ce sens : « Un geste illégal, sans fondement et dangereux ». M. Klugman a parlé d’une « faute tactique des boycotteurs ». Président de l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France), le premier syndicat étudiant, Yassir Fichtali a dénoncé « une motion contreproductive et qui va dans le mauvais sens ». Il croit en des « coopérations tripartites européennes, israéliennes et palestiniennes ».

Sont parvenus aussi des messages de soutien de l’eurodéputé François Zimeray, de Claude Cohen-Tannoudji, de Jack Lang, ancien ministre socialiste et docteur honoris causa de l’Université hébraïque de Jérusalem, tout comme le réalisateur Claude Lanzmann : « Quoiqu'ils prétendent, les boycotteurs ne pourront pas faire que les universitaires israéliens, mis par eux au ban de l'université européenne, ne soient aussi des juifs ».

« Nous ne sommes pas en face des bâtiments de Jussieu. Mais ne vous trompez pas. Nous sommes à Durban-sur-Seine. L’antisionisme est le nouvel oripeau de l’antisémitisme. La gauche extrême mêle une lutte contre le capitalisme, la mondialisation et Israël. Elle ne s’émeut pas des 200 000 victimes algériennes depuis dix ans. Soit cent fois plus que le nombre des victimes palestiniennes. Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu'on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des Juifs », a déclaré Roger Cukierman, président du Conseil Représentatif des Institutions Israélites de France (CRIF, porte-parole politique de la communauté). L’historien Alexandre Adler a constaté : « Les boycotts ne marchent pas. Les Juifs sont résistants ». Avant de vanter les prouesses technologiques d’Israël et de se prononcer pour le « boycott des boycotteurs ».
C’est Me Arno Klarsfel qui a réjoui l’auditoire en concluant ses rappels historiques de l’antisémitisme en France par un « Am Israël Haï » (Le peuple d’Israël est vivant) accompagné par un drapeau israélien.

Séparés des manifestants par les forces de la police, une trentaine de personnes hurlaient, placés derrière les grilles de l’entrée du campus de Jussieu : « Bush et Sharon assassins ». Leurs bruits constituaient un arrière fond sonore perturbant.

Les visant, très inquiet de voir se constituer mouvance islamo-progressiste, Alain Finkielkraut a énoncé : « Ils veulent nous empêcher de parler. Pour les terroristes qui se font exploser, il n’y a pas d’Israéliens innocents. Pour les partisans du boycott, tous les Israéliens sont coupables et doivent répondre de la politique de leur gouvernement. Les intellectuels et universitaires israéliens sont une force modératrice. Les boycotteurs interprètent le conflit dans les termes de la Shoah. La haine des Juifs est emplie de bonne conscience et adossée aux droits de l’Homme. Ces haïsseurs inculpabilisables n’ont pas gagné la partie ».

Le matin, avait été annoncée sur une radio juive « la création d’un Comitié pour un droit  à la science et à la culture, ainsi que la tenue d’une grande réunion internationale à Paris de tous les Prix Nobel et présidents d’Universités américaines pour arrêter les tentatives de boycott ».

C’est sous les huées que s’est exprimé un responsable des Amis de La Paix Maintenant, car il stigmatisait « la colonisation ne mène nulle part ». Il a ainsi connoté politiquement un rassemblement consensuel et importé à Paris le conflit proche-oriental. Ce qu’il reproche aux motions universitaires de faire.

Un communiqué confus
Vers 18 h 30 s’est achevée cette manifestation après la déclaration de M. Klugman interprétant justement « le communiqué de la présidence » mis sur le site de l’UPMC. Distinguons-le dès à présent de la motion présentée par une intersyndicale et votée par le Conseil d’administration de l’UPCM le 16 décembre 2002. La différence est de nature, d’auteur, de contenu et de valeur juridique comme Guysen va le démontrer. Ce texte du 7 janvier 2003 n’annule donc pas la motion votée le 16 décembre 2002. Seule une autre motion votée par ledit conseil, convoqué par Gilbert Béréziat, peut annuler celle du 16 décembre 2003.

Quelle est la teneur de ce communiqué ? Il commence par rappeler les conditions de présentation de la motion, mais déjà commet une erreur historique : « Le conseil d’administration de l’UPMC a examiné la situation universitaire en Palestine », un Etat qui n’existe pas. Il s’agit des Territoires disputés.

Poursuivons la lecture. « Considérant que les relations universitaires constituent un facteur d'échange qui permet de faire progresser les idées de compréhension mutuelle, il a repoussé toute idée de boycott ou de moratoire dans les relations entre l'Université Pierre et Marie Curie et les universités israéliennes ». Comme l’a rappelé le Quai d’Orsay le 3 janvier 2003, « l'Université Paris-VI n'a pas dénoncé les accords qui la lient à l'Université de Tel Aviv et à l'Université Hébraïque de Jérusalem ». « N’ayant pas le courage d’assumer la responsabilité de sa décision, elle s’est défaussée auprès de l’UE », a commenté M. Lanzmann. Pourtant cette demande de non-renouvellement de l’accord de coopération entre l’UE et Israël a été reconnue immédiatement pour ce qu’elle est - un arrêt de la coopération avec Israël - par la CAPJPO (Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient), qui elle appelle au boycott des produits israéliens. A la même époque, outré par l’antisémitisme de la chaine publique égyptienne - et notamment par la série « Un cavalier sans monture », inspiré du faux tsariste « Le Protocole des Sages de Sion » -, le ministre néerlandais des Affaires Etrangères, Jaap de Hoop Scheffer, menaçait de faire pression sur l’UE afin qu’elle ne renouvelle pas son accord de coopération avec l’Egypte si celle-ci n’arrêtait pas cet antisémitisme télévisuel. M. de Hoop Scheffer déclarait : « Ce genre d’émissions, dans ce pays, non seulement témoigne de tendances antisémites, mais également cause de profonds dommages au processus de paix au Moyen-Orient ». En France, c’est l’Etat juif que l’UPMC veut faire punir par l’UE pour des fautes qu’il ne commet pas...

« Il [le conseil d’administration] a donné mandat au président pour qu'il prenne contact avec les dirigeants des universités israéliennes et palestiniennes pour développer les coopérations inter-universitaires et œuvrer dans le sens de la paix ». Comment mener une telle entreprise quand on demande à l’UE de boycotter Israël ? Comment être crédible dans sa démarche en prenant parti contre l’une des parties ?
« La Présidence de l'université tient à rappeler que l'Université Pierre et Marie Curie condamne fermement les entraves mises aux libertés universitaires et les actes de terrorisme d'où qu'ils viennent ». Même pas la nomination des organisations terroristes dont le Hamas et le Djihad islamiste, implantés dans l’Université Al Najah, visitée récemment par M. Béréziat.
« Elle considère que le développement de coopérations universitaires israélo-palestiniennes est un facteur de paix ». Dont acte.
« La Présidence s'en tiendra au seul mandat qui lui a été confié à savoir l'amplification de la coopération avec les universités israéliennes et les universités palestiniennes ». La rédaction de la motion lui permettait cependant de poursuivre au sein de l’assemblée de la CPU une action de boycott contre Israël.
« La Présidence de l'Université Pierre et Marie Curie souhaite donc que, dans le cadre de la préparation du prochain programme cadre de recherche et de développement de l'Union Européenne, et dans le respect des termes de l'accord existant, les actions puissent être étendues à l'entité palestinienne ». Compte-tenu des détournements de fonds par l’Autorité palestinienne, n’est-il pas nécessaire de sélectionner les Universités et Universitaires bénéficiaires et de contrôler l’usage de cet argent ?
« Elle œuvre dès à présent pour que des projets associant l'UPMC à la fois à des universités israéliennes et à des universités palestiniennes soient élaborés dans les meilleurs délais ». OK.

Mais les présupposés graves et faux demeurent : « « L'occupation israélienne des territoires de Cisjordanie et de Gaza rend impossible l'activité d'enseignement supérieur et de recherche de nos collègues palestiniens : le renouvellement de l'accord d'association Union Européenne - Israël, en particulier en matière de recherche (6e PCRD), constituerait un soutien à la politique actuelle de l'Etat israélien et serait en contradiction avec l'article 2 de cet accord (" les relations entre les parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques qui inspire leurs politiques internes et internationales et qui constitue un élément essentiel du présent accord ") ».

Par ce communiqué alambiqué, M. Béréziat tente de semer la confusion. Il y a un peu réussi. Le journal britannique, « The Guardian », a titré à tort « Une Université abandonne son boycott d’Israël » (« University drops Israeli boycott ») en ne nommant, dans le corps de l’article, que l’UPMC. Mais il incombe à M. Béréziat de résoudre le problème où il a contribué à plonger cette Université. Une seule voie : proposer une nouvelle motion au conseil d’administration afin d’annuler celle du 16 décembre 2002.

Sur une radio juive, M. Klugman a estimé que M. Béréziat, doit « se soumettre ou se démettre car par ses prises de position unilatérales, il a fait en sorte que son université est pointée du doigt ». Il appelle à une convocation du conseil d’administration de l’UPMC pour annuler la motion jugée illégale.

"L’Intifada des campus"
Quel bilan dresser de cette bataille ?

On peut vaincre les ennemis de la république, de la démocratie et d’Israël grâce à une mobilisation rapide et large : l’UEJF, les pouvoirs publics français et israéliens, des individus motivés - dont Isabelle et Bernard Maro, Yankel Fijalkow - lançant une pétition aux 21 000 signatures, la communauté juive, des médias. Le grand quotidien français « Le Figaro » a traité de « l’Intifadah des campus » : difficultés pour les étudiants Juifs et les pro-israéliens à s’exprimer et à étudier, campagnes agressives pro-palestiniennes menées dans l’indifférence et l’inaction des autorités publiques, etc. Rappelons le cocktail molotov jeté contre le local de l’UEJF à Jussieu au printemps 2002, sans réaction de l’UPMC.

Mauvais point : la France est perçue à l’étranger comme un pays touché par le boycott universitaire d’Israël et le « divestment ». L’UPMC concentrant l’opprobre en France, en Europe, aux Etats-Unis, etc. pour son action illégale et immorale.

Ce rejet d’une motion de boycott par l’Université Paris VII est une victoire éphémère et partielle. Car demeure la motion infamante de l’UPMC. Et le programme PEACE de l’UNESCO intégrant l’Université Al Najah (Naplouse), dénommée « la fabrique des terroristes » par le Hamas ! Alors que cette organisation onusienne « a reçu pour mandat de faire de la coopération dans les domaines de l’éducation, de la science et de la culture, le moyen privilégié pour atteindre graduellement les buts de paix internationale et de prospérité commune de l’humanité ». Et les liens étroits entre l’université Al Najah et des universités françaises. Et des motions universitaires diffamant l’Etat hébreu et ignorées du grand public, faute d’écho médiatique.

« L’affaire du boycott universitaire d’Israël » a révélé des faits graves. Tout d’abord, la dégradation de l’image d’Israël. Il est apparu aussi que le terrain universitaire avait été labouré par des syndicats de professeurs et d’étudiants, à la compassion exclusivement dirigée vers les Palestiniens, et à l’ignorance dangereuse des faits évoqués. « De l’université aux banlieues, il devient difficile, voire dangereux, d’émettre un avis favorable à Israël et a fortiori aux Juifs », indique l’Association France-Israël. Ceci résulte notamment du laxisme, de l’inefficacité de certaines actions menées ou de l’indifférence des pouvoirs publics. Les écoliers, collégiens et lycéens décrits par le livre « Les Territoires perdus de la République », caractérisés notamment par leur antisémitisme et leurs violences, sont devenus des étudiants. Leurs idées sont partagées par des enseignants.

Tout un travail d’information sur la réalité du conflit israélo-musulman et sur la vraie nature d’Israël s’impose donc sur les campus. Mais il requiert un climat de tolérance pour être entrepris. A noter que des universités américaines, canadiennes, belges, etc. présentent un environnement hostiles aux Juifs et aux pro-israliens. Elles sont le théâtre de campagnes antisémites et ant-iisraéliennes. A l’Université Concordia (Canada), on a comparé l’Etoile de David à la croix gammée. A l’Université d’Etat de San Francisco, des étudiants juifs ont été agressés physiquement aux cris de « Hitler n’a pas terminé le travail ». Des étudiants belges ont reçu des menaces de mort pour avoir apposé des affiches pro-israéliennes. L’Union Mondiale des Etudiants juifs, le Congrès Juif Mondial, Hillel, la Fondation juive estudiantine, et d’autres associations juives s’efforcent de mieux informer et former les étudiants afin de renverser cette vague dangereuse. Des signes forts des autorités universitaires et politiques sont nécessaires pour qu’un climat de paix se réinstalle.

Le combat continue donc pour vaincre le boycott d’Israël voté par l’UPMC. Celle-ci goûte l’amer goût de la solitude et de la réprobation quasi-unanime. Un sort qu’elle a réservé à l’Etat juif.
Cet article a été publié par Guysen.

mardi 2 juin 2015

Pourquoi un mathématicien appelle au boycott d’Israël ? (1/5)


Présidée par Gérard Huber, Prospective 2100 organisait à Paris, en 2002, un séminaire sur l'appel de scientifiques au boycott d'Israël, intitulé officiellement « moratoire de toute collaboration institutionnelle d'Israël jusqu'à ce qu'il soumette aux résolutions de l'ONU et entame les négociations de paix sérieuses avec les Palestiniens » (avril 2002). Coup de projecteur sur la démarche engagée et peu rationnelle d'Ivar Ekeland, professeur de mathématiques et signataire. En juin 2015, des universitaires israéliens ont exprimé leur inquiétude face aux signes d'un boycott académique officieux visant Israël.

Comment un mathématicien éminent peut-il se fourvoyer dans une cause injustifiable et aligner approximations, voire contre-vérités ?

Muet sur le terrorisme visant les Israéliens, Ivar Ekeland, ancien président de Paris IX Dauphine explique : « Les faits sont graves : le malheur des Palestiniens - territoires morcelés, files d'attentes aux checks-points, châtiments collectifs -, l’absence de perspectives politiques, l'augmentation des violations des droits de l'homme dans le monde ».

Comme s'il était juste qu'Israël soit puni pour tes malheurs du monde entier... Quand bien même il a eu droit à « deux rapports positifs d'Amnesty International en 2002 » comme le susurre ironiquement M. Berkovier, vice-président de la Recherche et du Développement de l'Université hébraïque de Jérusalem.

Et M. Ekeland de poursuivre : « Il faut faire quelque chose. Chaque décision a des avantages et des inconvénients ».

Ignorance, tautologie, illogisme et alibi
Pourquoi se focaliser sur le conflit israélo-palestinien ? « Parce qu’on est impliqué dans ce problème-là », répond ce disciple de M. de la Palisse qui est plus exigeant avec Israël car nos valeurs sont communes ». Les Palestiniens ne partagent-ils pas ces valeurs ?

Cet « intellectuel engagé » caricatural s'abrite souvent derrière un fait déformé en occultant ceux qui le relativisent ou l'infirment. Exemple : pour se justifier, il avance le vote, le 10 avril 2002, d'une « résolution du Parlement européen demandant la suspension de l'accord d'association entre Israël et l'Union Européenne ». Or, les gouvernants européens n'ont pas suivi le Parlement. En outre, suspendre ce traité revient à rétablir les droits de douane entre les parties et non à boycotter Israël.

Un boycott qui toucherait aussi les accords de coopération entre des universités israéliennes et palestiniennes.

L’ancien président de Dauphine ignore que de tels accords existent et qu'ils seraient affectés par un tel boycott. Il ajoute : « Nous avons établi une coopération avec l'Université de Bir Zeit ». Fâcheuse coïncidence : cet établissement est hostile à toute collaboration directe avec « l'Etat sioniste ».

Des traducteurs israéliens licenciés en Angleterre, un chercheur israélien interdit d’entrée dans un laboratoire français ? M. Ekeland ne le savait pas, en est désolé, mais persiste.

Conseiller scientifique au Centre Abdus Salam (Trieste)», Ekeland ponctue son discours de « on [les signataires] a pu se tromper ». Ce qui dilue sa responsabilité et dénature son acte. Comme le remarque Gérard Huber, Président de Prospective 2100 et correspondant de Metula News Agency (Israël) à Paris, « ces signataires ont pris une décision politique, sans risque pour eux ».

Il est certain que boycotter les Etats-Unis eût été préjudiciable à leur carrière...

En 2012, la campagne de BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) contre l'Etat d'Israël, s'est intensifiée et a été  interdite la tenue à l'université Paris VIII du colloque "Des nouvelles approches sociologiques, historiques et juridiques à l'appel au boycott international : Israël, un Etat d'apartheid ?". Un colloque soutenu notamment par Ivar Ekeland.


Le Monde a publié le 25 mars 2014 la tribune Cessons de pénaliser le boycottage d’Israël d'Ivar Ekeland, président de l’Association universitaire pour le respect du droit international en Palestine, de Rony Brauman, médecin, et de Ghislain Poissonnier, magistrat.


Articles sur ce blog concernant :
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Cet article a été publié dans le n° 765 (3 octobre 2002) d'Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le 28 février 2012, puis le 4 avril 2014.