Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 16 février 2012

Mon interview sur Radio Chalom NItsan le 16 février 2012 à 13 h


J'ai été interviewée le jeudi 16 février 2012, vers 13 h, pendant environ 30 minutes, sur Radio Chalom Nitsan (RCN), la fréquence juive de la Côte d'Azur. Les thèmes abordés : l'affaire Zeitouni, l'affaire (a-)Dura ou al-Dura et l'exposition « Gaza 2010 » par Kai Wiedenhöfer à l'automne 2010 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.

Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mes interviews par Radio J et par Radio Chalom Nitsan (podcast) des 24 et 25 novembre 2010
Interview par Radio Chalom Nitsan ce 31 mars 2011
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 17 novembre 2011

Mon interview sur Radio Chalom NItsan le 16 février 2012 à 13 h
Mon interview sur Radio J le 27 avril 2012 sur le « vote Juif pour Marine Le Pen »

L'interview a porté sur l'affaire Zeitouni. J'ai souligné l'absence de décision judiciaire des proches de la jeune victime, Lee Zeitouni, espéré qu'ils intenteront une procédure judiciaire en France ou en Israël contre Claude Khayat (32 ans) et Eric Robic (38 ans), deux auteurs Français Juifs présumés de l'accident mortel de la circulation survenu à Tel-Aviv, au matin du 16 septembre 2011, afin d'obtenir un jugement, car la France n'extrade pas ses ressortissants ; ce qu'a rappelé avec fermeté le Président Nicolas Sarkozy lors du diner du CRIF du 8 février 2012. Une absence de décision qui alimente un ressentiment et l'incompréhension chez de nombreux Israéliens à l'égard de la France, et singulièrement des Juifs français. Espérons que cette décision de la famille Zeitouni préludera la réconciliation entre la famille Zeitouni et ses coreligionnaires français, notamment les dirigeants communautaires.


J'ai également décrit sur RCN l'audience du 14 février 2012 dans l'affaire al-Dura devant la Cour de cassation concernant les deux pourvois formés par Charles Enderlin, correspondant de France 2 en Israël, et France Télévisions contre deux arrêts de la 11e chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Paris : celui du 3 octobre 2007 - demande de communication des rushes de France 2 du 30 septembre 2000 - et celui du 21 mai 2008 - relaxe de Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, poursuivi pour diffamation en raison de ses propos qualifiant le reportage controversé diffusé par France 2 le 30 septembre 2000 d'"imposture médiatique" et de "mise en scène". L'avocat général Jean Berkani a conclu au rejet des deux pourvois. L'arrêt de la Cour de cassation sera rendu le 28 février 2012.


J'ai aussi parlé brièvement de l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 15 février 2012 qui a condamné le journaliste Clément Weill-Raynal à 1 000 euros d'amende avec sursis, 1 000 euros de dommages-intérêts et 6 000 euros de frais de justice. Cet arrêt a aussi relaxé le Dr Yehuda David, chirurgien ayant opéré Jamal (a-)Dura - cet orthographe correspond au papier d'identité de ce Palestinien - en 1994 pour des blessures datant de 1992. Je publierai prochainement un article analysant cet arrêt portant sur des blessures de Jamal (a-)Dura.


Le 29 avril 2011, tous deux avaient été condamnés, avec Serge Bénattar, directeur de l'hebdomadaire Actualité juive, par le TGI (Tribunal de grande instance) de Paris pour avoir diffamé ce Gazaoui : ce TGI avait condamné chacun des trois défendeurs à une amende de 1 000 euros assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal (a-)Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.


La Cour d'appel a ordonné à Clément Weill-Raynal de verser 6 000 euros au titre des frais judiciaires de Jamal (a-)Dura qui n'a jamais comparu devant la justice française et dont l'avocate a présenté des arguments très proches de ceux de première instance. Pour apprécier ce montant élevé, rappelons que la justice parisienne n'accorde parfois aucun euro au titre des frais de justice avancés par les justiciables, ou accorde des sommes dérisoires - généralement quelques centaines d'euros, voire exceptionnellement quelques milliers d'euros - au regard des honoraires des avocats parisiens (en moyenne 200 euros/heure hors taxe en 2008), et ce, même quand les justiciables communiquent les factures de leur avocat.  On ne peut qu'espérer que l'ensemble des juridictions françaises fassent preuve de la même générosité à l'égard de tous les justiciables.

J'ai abordé brièvement l'exposition « Gaza 2010 » par Kai Wiedenhöfer à l'automne 2010 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, dans le cadre d'un partenariat avec la Fondation Carmignac Gestion. Une exposition de photographies partiales sur des Gazaouis montré souvent mutilés, le corps marqué de cicatrices de blessures attribuées, sans preuve, aux Israéliens. Un projet qui avait reçu le 1er Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009.

Il a été convenu que j'évoquerai dans une autre émission la libération anticipée de Salah Hamouri.

A lire sur ce blog :
Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens
Culture
France
Il ou elle a dit... notamment :
Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mes interviews par Radio J et par Radio Chalom Nitsan (podcast) des 24 et 25 novembre 2010
Interview par Radio Chalom Nitsan ce 31 mars 2011
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 17 novembre 2011
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié le 16 février 2012 et  modifié le 19 février 2012.

mardi 14 février 2012

« Embrasse-moi, je suis Juif » de Gabriel Heim


Arte diffusera le 14 février 2012 à 14 h 50 « Embrasse-moi,je suis Juif » (Kiss me – I’m Jewish, ou Speed-Dating on Shabbat), documentaire (2010) de Gabriel Heim. Cérémonies familiales et amicales, réseau relationnel, conférences organisées par des rabbins, sites Internet de rencontres juives… Un road-movie sur la manière dont des Juifs d’Istanbul (Turquie) à Marseille (France), de Berlin (Allemagne) à Budapest (Hongrie), cherchent ou/et trouvent au début du XXIe siècle l’âme sœur Juive afin de se marier et de fonder un foyer Juif.


« De la Torah au speed-dating : attaché à ce que les jeunes juifs européens perpétuent la tradition et se marient dans la communauté, un rabbin organise quatre fois par an des week-ends de débats et de rencontres. Toutes les règles de la communauté juive y sont respectées », notamment pour la grande soirée « Party like a Jew ». Ce qui attire des célibataires Juifs venant de tous les pays d’Europe...

« À la rencontre du marieur le plus prolifique de toute la diaspora juive ». Tel pourrait aussi être un autre titre à ce documentaire sur une recherche affective qui revêt dans le judaïsme une dimension particulière : selon la Halakha (loi juive), est juive toute personne née de mère juive ou convertie au judaïsme.

Un film sur un thème sensible dans une société européenne moderne, individualiste, en perte de repères, où les communautés juives affrontent les problèmes graves de cette société – crises, solitude, etc. -, l’assimilation – part importante des unions mixtes avec des chrétiens ou des musulmans -, des environnements hostiles où afficher leur judéité ou leur solidarité avec l’Etat d’Israël peut constituer un risque en raison de l’antisémitisme vivace.

Fils de survivants de la Shoah, Gabriel Heim brosse un tableau nuancé de communautés juives diverses en Europe : réduite et renaissante en Pologne en raison de la Shoah, riche en France de 500 000-600 000 âmes en raison de l’arrivée des Juifs de « l’exode oublié », ceux ayant du quitter des pays arabes dans les années 1940 à 1970.


de Gabriel Heim
Allemagne, 2010, 1 h 30 mn
Diffusion le 14 février 2012 à 14 h 50


Les citations proviennent du communiqué de presse. Pour diverses raisons, je n'ai pas pu voir ce film. 


Visuels : © DOKfilm Fernsehproduktion GmbH

Articles sur ce blog concernant :
Affaire al-Dura/Israël
Aviation/Mode/Sports
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France
Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)

vendredi 20 janvier 2012

Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années 1960


Les Archives nationales présentent l’exposition éponyme "Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années 1960dense dotée d’un catalogue passionnant et d’un livret pédagogique gratuit sur le rôle majeur de la photographie dans les fichiers publics et privés en France, du Second Empire à la guerre d’Algérie. Les « fichiers Juifs » constitués sous l'Occupation en prélude à la déportation et à l'extermination des Juifs de France y sont évoqués.


Emile Zola pendant l’Affaire Dreyfus, Jules Bonnot, Thomas Mann, Fritz Lang, Jean Cocteau, Sacha Guitry, Samuel Beckett, Django Reinhardt…
Célèbres ou anonymes, intellectuels ou non, français ou étrangers, Juifs ou non, amateurs et professionnels, innocents ou malfaiteurs, étudiants ou marchands de bestiaux du Jura, « faiseuses d’anges » ou prostituées, soldats ou nomades, militants révolutionnaires de la Russie bolchevique ou de l’Empire colonial, ils ont tous leurs fiches nominatives dans des fichiers publics – nationaux ou locaux - et privés (associations, entreprises). Et pour des raisons diverses : ordre public, persécutions antisémites, contrôle d’immigrés, activité professionnelle, etc.
Dès l’aube du XIXe siècle, « leur photographie figure dans un registre, dans un dossier, sur une feuille ou sur une fiche signalétique, où se trouvent par ailleurs consignées de très sommaires données biographiques ».

Une extension de la population photographiée
« Généralement promis à la destruction, des millions de ces documents insignifiants qui forment un « fichier » sont aujourd’hui conservés par les services d’archives, dépositaires de ces innombrables traces des multiples processus d’identification qui ont fait appel à la photographie ».
Cette exposition présente « les étapes marquantes de cette histoire de l’identification à travers la photographie, des premiers essais maladroits du Second Empire jusqu’au recensement de 1960 en Algérie » : « plus de 2300 documents illustrent les conséquences de la Commune de Paris, l’invention de la photographie judiciaire par Alphonse Bertillon, les fichiers de la police judiciaire, de la sûreté de l’Etat et de l’administration pénitentiaire, les fichiers des passeports et des cartes d’identité ».
C’est une vision globale qu’offre cette exposition puisant dans les services d’archives publics et privées. En effet, les questions d’identité relèvent d’autorités de l’Etat et de collectivités locales : Archives nationales, Archives nationales du monde du travail, Archives nationales d’Outre-mer, archives des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, archives de la préfecture de police, archives départementales et municipales, etc. Elles concernent aussi les associations, sportives, culturelles, éducatives ou autres, et entreprises dont des archives sont montrées.
Des malfaiteurs ou suspects, le procédé d’identification par la photographie a été étendu « à des catégories de plus en plus nombreuses jusqu’à concerner l’ensemble de la population ».
« Au-delà des techniques bureaucratiques ou policières de contrôle et de surveillance, c’est toute la complexité des rapports entre l’Etat et les citoyens qui se trouve ainsi révélée, entre résistance et consentement, protection et répression, indulgence et violence douce ».
Parmi « cette multitude d’individus identifiés, les visages photographiés, aux regards tantôt inquiets, tantôt stupéfaits, fermés, séducteurs, insolents, parfois bouleversants, restituent à ces destins obscurs ou célèbres leur inaliénable dignité individuelle ».

Variété des fichiers
A partir de la Première Guerre mondiale, les citoyens ordinaires sont fichés par l’Etat qui exige des étrangers en 1917 une carte d’identité avec photo, et délivre une carte aux veuves de guerre et mutilés afin qu’ils fassent valoir leurs droits.
Près des préfectures et commissariats, s’installent des photographes professionnels, souvent d’origine étrangère, bénéficiant de cette clientèle de proximité. Bientôt, ils affrontent la concurrence des Photomaton offrant à un prix modique des portraits d’identité conformes aux critères requis.
Les bouleversements historiques – génocide des Arméniens et Assyro-chaldéens, révolution bolchevique, persécutions antisémites, indépendance d’anciens protectorats français en Tunisie et au Maroc, etc. - affectant certains pays ou peuples provoquent l’immigration dans la patrie des droits de l’homme d’étrangers : réfugiés, apatrides…
Des statistiques révèlent l’ampleur du phénomène : 1,5 million de Russes et d’Arméniens déchus de leur nationalité et interdits de retour chez eux de 1921 à 1927 arrivent en France.
Puis, l’avènement du nazisme amène en France des Juifs et opposants au régime hitlérien provenant de l’Allemagne, de l’Autriche, etc. Pour certains, Paris est un lieu de transit avant les Etats-Unis, pour d’autres c’est un havre où ils espèrent se fixer définitivement.

Les « fichiers Juifs » 
Dans un hôtel de Marseille, entre 1941 et 1942, le Centre d’émigration de Bompard (Bouches-du-Rhône) avait une capacité d’accueil d’environ 250 internés femmes et enfants – les hommes étant généralement internés au camp des Milles, au nord de Marseille. La quasi-totalité de ces internés étaient des réfugiés Juifs souhaitant émigrer.
L’exposition consacre un espace aux « fichiers Juifs ». « Dans toute l’Europe occupée par les Nazis, l’exclusion puis l’extermination des Juifs a imposé l’étape préalable de l’identification. En France, le terme de « fichier juif » recouvre des réalités différentes ». Par leur première ordonnance concernant les Juifs en date du 27 septembre 1940, les autorités allemandes d’occupation « imposent aux Juifs de se faire enregistrer dans les préfectures et, à Paris, dans les commissariats de police ». Signe de l’efficacité des préfectures de police, environ 150 000 Juifs de la région parisienne et 20 000 dans le reste de la zone occupée sont ainsi recensés. « Sur cette base, un fichier est conçu par André Tulard, responsable du service des étrangers – et des Juifs depuis septembre -, adjoint de Jean François, directeur des affaires administratives de police générale à la préfecture de police. Les fiches sont classées par nom, par nationalité, par domicile et par profession. Des fiches de couleur bleue servent à l’enregistrement des Juifs français, les autres de couleur orange ou beige à celui des étrangers. Les fiches de format 7 cm x 12 cm ont été payées par le Comité de coordination des œuvres juives, créé en janvier 1941 sur l’injonction des services allemands ».
Par la « loi » du 2 juin 1941 signée le même jour que celle – c’est la deuxième – portant « statut des Juifs », le régime de Vichy « organise son propre recensement par l’intermédiaire des préfectures ». Toute « personne définie comme juive aux termes de cette loi devra se déclarer. Le ministère de l’Intérieur fournit aux préfectures, à charge pour elles de les envoyer dans les mairies, des formulaires de déclaration individuelle. Mais certaines seront réalisées sur papier libre. Les Juifs doivent déclarer leur état-civil, leur situation familiale, leur profession et un état de leurs biens. Le secrétariat général pour la police précise aux préfets : « Ces exigences formelles seront portées à la connaissance des Juifs par tous les moyens de publicité que vous jugerez utiles : presse, radio, affiches, etc. Dans les petites communes, l’arrêté municipal sera diffusé à son de trompe ou de caisse… ». Cette décision concerne d’abord la zone sud, où aucun recensement n’avait été opéré ».
A partir des déclarations individuelles, sont établis des fichiers dans les préfectures.
Le 29 juillet 1941, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur envoie aux préfets de la zone libre une circulaire très détaillée précisant les modalités – nombre, modèle, taille, couleur des fiches – de ce fichage. Trois fichiers sont prévus : pour les Juifs français, les Juifs étrangers et les entreprises Juives. Chacun des deux premiers fichiers se divisera « d’une part en fichiers classés par noms, nationalités, domiciles et professions, d’autre part en un fichier des commerçants avec renseignements sur leurs biens. Près de 110 000 fiches parvinrent ainsi au fichier central, installé à l’hôtel de Russie, àVichy ».
À ces « fichiers établis par la préfecture de police et les préfectures des départements s’ajoutent des fichiers établis à l’issue des arrestations ou d’autres constitués à partir du dépouillement par les autorités, à l’insu des personnes concernées, de fichiers préexistants comme ceux des cartes d’identité. Dans ce cas, l’origine géographique ou le patronyme servent de critères à l’opération d’identification ».
De « nombreux autres « recensements contrôle » et des demandes de renseignements débouchent régulièrement, selon les départements, en zone nord comme en zone sud, sur l’établissement de listes et de nouvelles fiches : Juifs anciens combattants, écoliers, étrangers, possesseurs d’une TSF, etc. ».
L’inscription d’un « J » majuscule, les mentions « Juif » ou « Juive » apparaissent ainsi sur les cartes d’identité, des fiches d’étrangers, etc.
Le « fichier Juif » a été remis en 1996 par les Archives nationales au Centre de documentation juive contemporaine (CDJC). Il est conservé dans la crypte du Mémorial de la Shoah (Paris). Il « provient du ministère des Anciens combattants qui avait rassemblé des fichiers de différentes origines concernant des Juifs arrêtés. Il ne s’agit donc pas du fichier élaboré à la préfecture de police à partir du recensement imposé en septembre 1940 par l’occupant allemand, dit « fichier Tulard » détruit à la fin des années 1940. Les fichiers de la préfecture de police qui nous sont parvenus comprennent les fiches individuelles et familiales des Juifs arrêtés à Paris et dans le département de la Seine. Ont été également préservées les fiches des camps de Drancy, de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande dans le Loiret. Tous ces fichiers présentent une subdivision spécifique pour les enfants internés ».
Gardé par les Archives départementales des Bouches-du-Rhône, le fichier des cartes d’entrée permanente à la bourse des marchandises de Marseille (1941-1942) a « été, semble-t-il, utilisé par la police de Marseille pendant l’Occupation. On relève que la très grande majorité des fiches sont en effet celles de Français de confession israélite. Aux archives départementales des Bouches-du-Rhône, ce fichier est régulièrement consulté dans le cadre des recherches de la CIVS (Commission pour l’indemnisation des victimes et spoliations intervenues du fait des législations antisémites pendant l’Occupation).
Une sélection de fiches de « demandes de carte d’identité d’étrangers résidant dans le département de la Haute-Loire, tamponnées de la mention « Juif » par l’administration préfectorale de l’état français, 1939-1943 » est révélatrice : « faite sur l’intervalle des patronymes commençant par x, y ou z, cette sélection montre comment les autorités, dans le département de la Haute-Loire, ont utilisé les fichiers de cartes d’identité d’étrangers pour repérer les étrangers de confession israélite qui, par ailleurs, étaient identifiés par les multiples opérations de recensement. Dans la mesure où la religion n’était pas indiquée sur les fiches des cartes d’identité, les sélections s’opéraient sur la consonance du patronyme, du prénom, ou sur le lieu de naissance… Ce « détournement » de fichier a été également mis en œuvre dans les fichiers des « cartes d’identité de Français ». En mars 1942, Joseph Rivalland, ministre de l’Intérieur, demande aux préfets de faire apparaître sur les cartes d’identité la mention « juif », ce qui n’était pas prévu par la loi du 27 octobre 1940. Symbole d’un État fort qui s’engage à faire advenir un ordre nouveau, la carte d’identité est utilisée concrètement pour épurer une communauté nationale que Vichy entend régénérer par l’exclusion des « métèques » qui l’ont abâtardie. Dans le cadre de cette politique ségrégationniste, les procédures d’attribution de la carte d’identité s’avèrent précieuses pour le régime pétainiste. L’apposition de la mention « Juif » sur les cartes d’identité lui sert à rendre visible une sous-citoyenneté à des fins directement répressives » (Thomas Fontaine).
Jusqu’en 1944, en instrumentalisant l’Union générale des Israélites de France (UGIF), le Commissariat général aux questions juives (CGQJ) centralise les renseignements obtenus pour constituer un grand fichier des Juifs de France et de leurs biens. Son modèle ? Le fichier de la préfecture de police. Par manque de moyens financiers, la police nationale prend le relai du CGQJ dans la constitution de ce fichier. Puis, devant l’ampleur de la tache, Xavier Vallat demande que « les fiches soient envoyées au service de la démographie – puis service national des statistiques – et à ses ateliers de mécanographie ». Ces aller et retour des fiches ont du induire la duplication des fiches et leur conservation par les services émetteurs avant leur envoi.
Ces fiches ont facilité la tache des persécuteurs des Juifs. Ainsi, à Paris, « le « fichier Tulard » permit de cibler les Juifs étrangers, les premiers arrêtés selon leurs nationalités dès le printemps 1941 et lors des grandes rafles de l’été 1942 ».
A Drancy, les « bureau des effectifs procédait à l’enregistrement des détenus et constituait des fiches de tous les entrants dans le camp, classées par ordre alphabétique et par catégories de « déportables ». Quotidiennement mis à jour, ces fichiers servaient à l’établissement des listes des convois programmés au départ des gares du Bourget, puis de Bobigny » (Thomas Fontaine).
À la Libération, « les cartes portant la mention « juif » et celles précisant le mode d’acquisition de la nationalité sont retirées ».

Le « fonds de Moscou » et les autres
Quant au « fonds de Moscou », il est constitué de sept millions de fiches rédigées par la police nationale pour la Sûreté nationale jusqu’en 1939. En 1940, les Allemands découvrent dans un bâtiment parisien sis rue des Saussaies, près du siège du ministère de l’Intérieur, ce fichier qu’ils transfèrent en Allemagne. En 1945, l’Armée rouge le trouve en Bohème et l’amène près de Moscou où le KGB l’analyse secrètement. Après la chute de l’URSS, la France négocie le retour de ses archives publiques, dont ce « fonds de Moscou » désormais conservé par les Archives nationales à Fontainebleau.
Cette exposition s’achève avant l’ère de l’informatique.
L’informatique suscite d’autres problèmes – difficulté du traitement des données en raison de leur abondance, fragilité de leur conservation, coût financier qui bénéficie aux criminels, etc. -, et renforce la peur du Big Brother.
Cette nouvelle technologie n’a pas éliminé la photographie – émise par la Sécurité sociale, la carte Vitale présente désormais la photo de son titulaire - ou le portrait signalétique. Celui-ci a permis par sa diffusion d’arrêter le gang des Barbares responsable du rapt, de la séquestration et de la mort du jeune Juif français Ilan Halimi en 2006.
De plus, depuis quelques décennies, la photographie d’identité standard est contestée par des musulmanes portant un foulard islamique, la burka ou le niqab, tout vêtement dissimulant tout ou partie de leur visage et de leur chevelure.
Quant à l’absence de fichiers ethniques ou religieux, elle permet à des statistiques fantaisistes sur certains groupes de circuler.



Sous la direction de Jean-Marc Berlière et de Pierre Fournié, Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années 1960. Éditions Perrin, 2011, 335 p. ISBN : 978-2-262-03675-1 Prix : 28 €


Jusqu’au 23 janvier 2012
A l’hôtel de Soubise
60, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris

Visuels de haut en bas :
Rapport du commissariat spécial de police de Bordeaux, accusant réception du signalement de l'écrivain Emile Zola, 1898
© Archives nationales

Fiche individuelle de Jean Bonnot (bande à Bonnot) tirée du fichier central de la sureté nationale aussi appelé fonds de Moscou
© Archives nationales

Fiche individuelle de Jean Cocteau tirée du fichier central de la sureté nationale aussi appelé fonds de Moscou
© Archives nationales

Boîte contenant le fichier des services français de la Haute commission interalliée des territoires rhénans, 1919-1930
© Archives nationales

Registre à souche des cartes délivrées aux élèves de l’école des Beaux-arts, 1906-1923 : page des numéros 1261 à 1264
© Archives nationales

Boîte contenant des fiches du fonds de Moscou
© Archives nationales

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont extraites du catalogue et du livret de cette exposition.

mercredi 30 novembre 2011

Mobilisation pour le terroriste Salah Hamouri au Conseil régional d’Ile-de-France (3/5)


Cet article est publié à l'occasion du séjour de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, en « Palestine » où il a rencontré le 28 novembre 2011 les parents de Salah Hamouri, « prisonnier franco-palestinien détenu en Israël depuis mars 2005 » selon les termes du communiqué de la Mairie de Paris.


A Paris, des élus de gauche du Conseil régional d’Ile-de-France ont profité d’une séance du Conseil consacrée au budget 2010 des « Actions internationales et européennes » pour une opération de communication et de mobilisation en faveur du terroriste franco-palestinien Salah Hamouri. Sans réaction de l’exécutif dudit Conseil.


1ère partie : Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri (1/5)
2e partie : France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri (2/5)
4e partie : Salah Hamouri, terroriste "franco-palestinien" non repenti (4/5)
 

JewishRefugees pubished a relevant summary and analysis of those facts: Must Jewish celebrities behave like Dhimmis?

Le blog JewishRefugees a publié l'article pertinent Must Jewish celebrities behave like Dhimmis? Il y a insisté sur l'engagement partial de François Cluzet qui n'a jamais présenté le moindre mea culpa pour ses allégations erronées et ternissant à tort l'image d'Israël. Interviewés par une radio française Juive sur les déclarations controversées de cet acteur qui joue dans leur film Intouchables (2011), les deux réalisateurs Français Juifs, Olivier Nakache et Eric Toledano, apparemment gênés, ont répondu de manière évasive en évoquant un malentendu sur ces allégations... François Cluzet a utilisé sa présence sur France 2, chaine ayant diffusé le reportage controversé sur al-Dura, dans le cadre de la promotion d'un film pour exprimer son engagement partial pour un terroriste. Il serait intéressant que, lors de la campagne de promotion américaine des Intouchables en vue de l'Oscar, des journalistes interrogent cet acteur et ces deux réalisateurs, "anciens directeurs du mouvement YANIV", sur ces allégations.


Séance routinière en ce 16 décembre 2009 au Conseil francilien ? Pas vraiment.

RP et agitprop (agitation propagande)
Avant que ne débute la présentation du budget 2010 « Actions internationales et européennes » de ce Conseil – entre neuf et dix millions d’euros par an sur un budget annuel total de 4,6 milliards d’euros -, le groupe CACR (Communiste-Alternative citoyenne-républicain) a « dédié son intervention au franco-palestinien Salah Hamouri ».

Or, celui-ci a été légalement condamné par Israël à sept ans de prison pour son rôle leader au sein d’une branche du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), organisation terroriste, et pour avoir tenté d’assassiner Ovadia Yossef, grand rabbin israélien et chef du parti Shass.

Des élus de ce groupe ont ensuite brandi des affiches en soutien à ce prisonnier pour demander sa libération et se sont fait photographiés. Une opération médiatisée : le site Internet du Conseil régional francilien retransmet les débats en direct.

L’exécutif régional ? Il est resté silencieux face à ces actions qui perturbaient le déroulement de la séance en manifestant leur soutien au membre du FPLP, organisation figurant sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne (UE).

Une seule réaction : le 17 décembre 2009, Sylviane Tropper, conseillère régionale d’Ile-de-France (Majorité présidentielle), « s’étonnait que cette opération de communication ait eu lieu au sein de l’hémicycle régional, en pleine séance budgétaire ».

A l’heure où le Franco-israélien Guilad Shalit est toujours otage du Hamas, où des chrétiens sont persécutés dans le monde, du génocide au Darfour ou des atrocités au Congo, cette focalisation sur le cas du seul Salah Hamouri est pour le moins étonnante.

Rappelons que des élus d’Ile-de-France avaient lancé au printemps 2009 un « appel solennel » au Président de la République Nicolas Sarkozy pour obtenir la libération du terroriste. Le soutien de ces édiles à un terroriste et le silence dudit Conseil révèlent une grave confusion des esprits. Curieusement, aucune photo prise ce 16 décembre 2009 au Conseil régional n’a encore été publiée par ces élus.

Nous avons interrogé ledit Conseil et publierons sa réponse dès réception.

Comme des ONG
Ce qui est étrange est que ces élus ont emprunté, dans leur communication, les méthodes provocatrices d’ONG (Organisations non gouvernementales).

Ainsi, à Paris, le 2 décembre 2009, lors d’un débat à l’Assemblée nationale sur le sommet relatif au prétendu réchauffement climatique à Copenhague, une dizaine de militants de Greenpeace ont tenté de pénétrer illégalement dans l’hémicycle à partir des tribunes publiques et ont brandi des banderoles exhortant le Président à agir. Le député Noël Mamère (Les Verts) avait notamment applaudi leur action. Des députés de la majorité présidentielle avaient proféré des injures à l'encontre de ces militants.

Le 16 décembre 2009, le Bureau de l’Assemblée nationale, la plus haute autorité collégiale chargée du fonctionnement interne de l'Assemblée, a « considéré qu’il s’agissait de la part d’un parlementaire de la remise en cause d’un principe de base de l’institution parlementaire et de la démocratie représentative. Cette intrusion et cette attitude sont non seulement illégales et antidémocratiques mais aussi susceptibles de s’inscrire dans une dérive préoccupante ». Condamnant aussi les injures proférées, le Bureau a « prononcé la sanction de rappel à l’ordre, [soit la privation pendant un mois du quart de l’indemnité parlementaire de 5 200 €], avec inscription au procès-verbal ».


A lire sur le blog :
Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri
France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri


Article publié le 22 décembre 2009 et modifié le 30 novembre 2011

lundi 28 novembre 2011

France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri (2/5)


Cet article est publié à l'occasion du séjour de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, en « Palestine » où il rencontrera le 28 novembre 2011 les parents de Salah Hamouri, « prisonnier franco-palestinien détenu en Israël depuis mars 2005 » selon les termes du communiqué de la Mairie de Paris. Le 29 novembre 2011, à 11 h, Bertrand Delanoë « se rendra à la Mouquata’a où il déposera une gerbe à la mémoire de Yasser Arafat » (ibid).


Le 8 novembre 2009, lors du magazine d’informations 13 h 15 de France 2, l’acteur François Cluzet avait allégué à tort que Salah Hamouri, « franco-palestinien », avait été emprisonné pour « délit d’opinion » en Israël. Le 9 novembre 2009, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) saisissait le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) pour « désinformation et incitation à la haine » car Salah Hamouri avait été légalement condamné par Israël à sept ans de prison pour son rôle leader au sein d’une branche du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), organisation terroriste, et pour avoir tenté d’assassiner Ovadia Yossef, grand rabbin israélien et chef du parti Shass. Le 22 novembre 2009, ce magazine diffusait un reportage partial, lacunaire et déséquilibré en occultant une partie essentielle de la vérité sur ce terroriste.
 
4e partie : Salah Hamouri, terroriste "franco-palestinien" non repenti (4/5)

JewishRefugees pubished a relevant summary and analysis of those facts: Must Jewish celebrities behave like Dhimmis?

Le blog JewishRefugees a publié l'article pertinent Must Jewish celebrities behave like Dhimmis? Il y a insisté sur l'engagement partial de François Cluzet qui n'a jamais présenté le moindre mea culpa pour ses allégations erronées et ternissant à tort l'image d'Israël. Interviewés par une radio française Juive sur les déclarations controversées de cet acteur qui joue dans leur film Intouchables (2011), les deux réalisateurs Français Juifs, Olivier Nakache et Eric Toledano, apparemment gênés, ont répondu de manière évasive en évoquant un malentendu sur ces allégations... François Cluzet a utilisé sa présence sur France 2, chaine ayant diffusé le reportage controversé sur al-Dura, dans le cadre de la promotion d'un film pour exprimer son engagement partial pour un terroriste. Il serait intéressant que, lors de la campagne de promotion américaine des Intouchables en vue de l'Oscar, des journalistes interrogent cet acteur et ces deux réalisateurs, "anciens directeurs du mouvement YANIV", sur ces allégations.

 
Il a fallu deux semaines à ce « magazine de la rédaction de France 2 au ton dynamique et décalé sur l’actualité, l’air du temps et la politique » pour revenir sur les faussetés de François Cluzet sur Salah Hamouri !

C’est long, mais c’est quand même mieux que le CSA toujours silencieux,  et embarrassé notamment par la polémique sur la « mise en disponibilité » par France 2 de deux de ses membres (dénommés conseillers), Rachid Arhab, co-responsable avec Michèle Reiser du Groupe de travail Déontologie des contenus audiovisuels, et Françoise Laborde.

Des faits reconnus par Salah Hamouri et certains de ses soutiens
Rappelons les faits.

En mars 2005, trois jeunes membres du FPLP, dont Salah Hamouri sont arrêtés par le Shin Bet (Service de sécurité intérieure) et la police israélienne. Titulaires de cartes d’identification israéliennes, ils préparaient l’assassinat du révéré et âgé Ovadia Yossef.

Un mois plus tard, les quotidiens israéliens font état du degré avancé du complot : repérages des lieux, surveillance des habitudes du rabbin, etc. The Jerusalem Post décrit leur plan :
« Salah Hamouri devait abattre le rabbin Yossef à son entrée à son domicile avec son M-16. Ses complices se ruaient alors dans la maison pour tuer, avec leurs Kalashnikov et grenades, les gardes et toute personne aux alentours ».
Un massacre prémédité.

« Peu après la libération de prison d’Hamouri en raison de son activité terroriste en 2004, tous trois ont reconstruit l’infrastructure du FPLP parmi la communauté Arabe vivant au Nord de Jérusalem » précise Arutz Sheva. De son propre aveu, Salah Hamouri projetait, avec ses complices, d’autres attentats. Selon les services de sécurité, cette cellule du FPLP avait aussi reçu d’un responsable du FPLP à Jérusalem argent,  « armes et munitions à utiliser lors d’attentats terroristes contre des cibles juives de la capitale ». Selon Haaretz, les assassins du ministre israélien du Tourisme Rehavam Zeevi, emprisonnés à Jéricho selon un accord avec l’Autorité palestinienne (AP), ont apparemment donné à cette cellule leur accord/bénédiction pour tuer ce rabbin. Depuis 2001, le FPLP « fomentait les meurtres de figures publiques israéliennes, en recrutant principalement parmi les Arabes israéliens qui ont un libre accès partout dans le pays ».

L’appartenance de Salah Hamouri au FPLP est reconnue par des sources françaises. La newsletter de l’ambassade de France en Israël le présente comme membre du FPLP. Tout comme Dominique Lagarde, rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire L’Express (23 avril 2009) dans un article repris par l’Association France-Palestine Solidarité. Cet article évoque aussi la tentative d’assassinat.

Même Me Leah Tsemel, avocate de Salah Hamouri, reconnaît ce complot, mais nie toute preuve attestant une décision de passer à l’acte.

Buzz et soutien politique
Après les allégations désinformantes de François Cluzet, des soutiens à ce terroriste ont tenté de faire monter le buzz sur Internet en enjoignant de visionner la vidéo de l’intervention de François Cluzet, afin d’atteindre un seuil critique de clics et d’avoir des retombées médiatiques.

Cet acteur a reçu le soutien du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) – le NPA qui accueillait un leader du FPLP à son congrès en 2009 - et du syndicat des journalistes SNJ-CGT. D’aucuns alléguaient une tentative de brimer la liberté d’expression, en occultant le droit à l’information, le devoir d’un media d’informer honnêtement et la responsabilité d’un acteur-citoyen. Une étrange conception de la responsabilité. Une démocratie définie comme une addition de droits et émondée de devoirs, de contrôles et de sanctions.

De nombreux Internautes ont réagi avec une rare violence verbale contre le BNVCA et son président Sammy Ghozlan. Un BNVCA sans soutien d’autres organisations juives, alors que celles-ci se sont élevées lorsque la Mairie de Vitry-sur-Seine (banlieue au Sud de Paris, Val-de-Marne) a attribué en juin 2009 le titre de citoyen d’honneur au terroriste Marwan Barghouti, créateur des Brigades des martyrs al-Aqsa liées au Fatah.

Un traitement biaisé et déséquilibré
« Voici notre reportage sur ce Franco-palestinien actuellement emprisonné en Israël. Il a été condamné à sept ans de prison par un tribunal militaire », annonce le journaliste Laurent Delahousse ce 22 novembre 2009. Pourquoi ne pas dire « terroriste » ? Pourquoi n’avoir pas rappelé les chefs d’inculpation et et les motifs de la condamnation ?

Et de poursuive : « Nous avons voulu équilibrer ce débat et entendre toutes les parties dans cette affaire ». Mais il n’y a aucun débat. Les faits sont têtus et établis. France 2 met sur un pied d’égalité les faits et la propagande sur ce terroriste.

Après cette introduction (17 secondes), France 2 diffuse donc un reportage de Marie-Pierre Farkas et Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, intitulé 7 ans de prison. Un titre glaçant. Comme si la peine d’emprisonnement était irréelle, sans lien avec les griefs de terrorisme et de complot pour tuer un grand rabbin. Pourquoi pas ce titre : 7 ans de prison pour un terroriste français ? En effet, la condamnation est devenue définitive, car ce terroriste a refusé d’interjeter appel.

Quelques précisions de « terminologie ». Le site du Comité de soutien à ce terroriste s’appelle http://www.salah-hamouri.fr/. Tout comme ce reportage, il montre son passeport français (2005) où le nom est orthographié « Hammouri ». Une revue de presse d’UNISPAL (Système d’information des Nations unies sur la question de Palestine), évoque l’arrestation en 2004 d’un « Palestinien Salah Al-Hamouri » en compagnie de Ghassan Abu Kharan, soupçonné d’être, « selon des sources palestiniennes, un responsable du FPLP ». Quant à la mère de Salah Hamouri, France 2 l’appelle Denise Hamouri. Celle-ci signe ses lettres à des officiels français Annick-Denise Guidoux-Hamouri. Etrange…

Dans ce reportage, sont interrogés Denise Hamouri, la mère - note humaine -, ledit comité de soutien – note altruiste –, et l’ambassadeur d’Israël en France Daniel Shek – note étatique.

Charles Enderlin a interrogé Denise Hamouri,  mais curieusement, il n’a interviewé aucun officiel du gouvernement et des services de renseignements israéliens, ni le grand rabbin visé par la tentative d’assassinat. Pourquoi ?

La caméra s’attarde sur le passeport français du terroriste, mais ne montre pas et ne cite pas le jugement condamnant ses complices et lui. Pourquoi ?

France 2 n’a pas questionné Sammy Ghozlan, président du BNVCA, auteur du communiqué alertant sur une « désinformation caractérisée et une incitation à la haine ». Pourquoi ?

Examinons les temps de parole de ce reportage de 5 minutes et 18 secondes (générique compris) : ceux qui soutiennent Salah Hamouri se sont exprimé pendant 116 secondes, soit plus d’un tiers du reportage. France 2 n’a accordé à Israël, représenté par son seul ambassadeur en France, Daniel Shek, que 48 secondes, soit deux fois moins de temps et moins d’un septième du reportage.

Quant au commentaire en voix off du reportage, il est loin d’être neutre. Il exprime souvent la voix des proches de Salah Hamouri : « Son fils est passé deux ou trois fois devant la maison d’un rabbin. Ce n’est pas un crime. Il va être libéré ». Ou « Sur les conseils de son avocate, Salah Hamouri accepte de plaider coupable ». C’est-à-dire un accord intégré dans le droit de démocraties, notamment la France (loi Perben II du 9 mars 2004), et permettant une « décision rapide de la justice », ce que réclamait la France, tandis que les Hamouri se plaignaient de l’absence de jugement.

Ce commentaire ternit également l’image d’Israël présenté comme Etat pratiquant l’arrestation arbitraire et la détention injustifiée : « Son jugement est reporté faute de preuve ». Non, la justice militaire tributaire a été lente en ce dossier visant plusieurs terroristes, et en raison de contraintes internes : nombre limité d’heures judiciaires, de chambres, etc. Rappelons que la France a été condamnée à maintes reprises par la Cour européenne des droits de l'homme pour la lenteur de son institution judiciaire.

Cette voix off présente dès le début une version édulcorée, soft, de la vie de Salah Hamouri : « Une vie sans histoire jusqu’au 13 mars 2005 ». Or, sur le site de son Comité de soutien, sa biographie s’apparente au casier judiciaire d’un multirécidiviste. Jugez plutôt. 24 ans, trois arrestations et trois détentions en lien avec le terrorisme : 2001, 2004 et 2005. Lourd passif avec escalade vers l’assassinat terroriste. Graves antécédents que les journalistes de France 2 ont du lire sur ledit site dont ils montrent des images.

Bilan. L’ambassadeur d’Israël qui s’en tient aux faits : 48 secondes. La version des soutiens de Salah Hamouri : entre quatre et cinq minutes. Quant aux images tournées en Israël - interview de Denise Hamouri et vues sur Jérusalem -, elles représentent une durée d’une minute et 33 secondes, soit moins de 30% du reportage, alors que tous les faits sur lesquels il aurait fallu enquêter – complot, arrestation, emprisonnement, jugement - se sont produits en Israël. C’est l’équilibre, l’enquête, la déontologie professionnelle selon France 2.

Les faits initiaux sont présentés par la seule Denise Hamouri, interviewée dans son appartement bourgeois, dont on voit les photos de famille encadrées. Donc, dès la première minute, ce reportage joue sur le subjectif, l’affectif, l’empathie du téléspectateur à l’égard d’une mère. Il omet de montrer l’être humain visé par le complot terroriste fomenté par Hamouri et ses complices du FPLP. Il dissimule que le FPLP est une organisation listée comme terroriste en particulier par l’Union européenne et a notamment assassiné Rehavam Zeevi, le 17 octobre 2001.

Combien d’enfants ? Selon ce reportage - voix off et photo familiale - Denise Hamouri « a rencontré l’amour lors d’un voyage en Terre sainte. Elle a épousée Hassan. Elle a eu deux enfants, Salah et Caroline, tous deux, élevés dans des établissements privés catholiques de Jérusalem ». Or, Denise Hamouri a écrit fin 2007 à la mère de Guilad Shalit : « Je suis française mais je vis à Jérusalem Est depuis plus de 20 ans car mon mari est palestinien. Je suis enseignante , nous avons 3 enfants qui ont la nationalité française » .

Que s’est-il passé ce 13 mars 2005 ? Voici la version de Jean-Claude Lefort, ancien député communiste et « coordinateur de son Comité national de soutien », le 20 février 2008, d’après le récit que lui a fait Salah Hamouri le 18 février 2008 : « Ce jour-là, 13 mars 2005, [Salah Hamouri] allait en voiture avec des copains à Ramallah. Arrivés au « chekpoint » de Qalqiliya il présente ses papiers. Les soldats consultent, le font descendre du véhicule et l’arrête sans aucune explication. Il est conduit aussitôt en prison ». Ce qui diffère quelque peu de la version de Denise Hamouri ce 22 novembre 2009 à France 2 - une version déjà énoncée en avril 2009 : « On a été prévenu par un de ses amis qui l’a vu, par hasard, les yeux bandés, les mains menottées monter dans une jeep ». Comment et où un de ses amis a-t-il pu le voir « par hasard, les yeux bandés, les mains menottées monter dans une jeep », alors que Salah Hamouri a été « arrêté et conduit aussitôt en prison » sans les « yeux bandés, [ni] les mains menottées », et ce, sous les yeux de ses « copains » selon ses propres dires relatés par Jean-Claude Lefort ? Si vraiment ce terroriste avait eu « les yeux bandés et les mains menottées », il l’aurait dit à Jean-Claude Lefort, d’autant qu’il lui dit être amené menotté à ses audiences. Nul doute que Jean-Claude Lefort et que le site Internet dudit Comité de soutien l’auraient mentionné. Or, ils ne l’ont pas fait.

Denise Hamouri aurait « appris par la presse pourquoi il a été arrêté » un mois après son arrestation et, selon France 2, elle aurait tardé à « appeler la France à l’aide » car elle aurait minoré le problème. C’est invraisemblable. A chacune des trois interpellations et détentions de son fils, elle n’a saisi aucun media - alors qu’Israël concentre la plus grande densité de médias au monde -, aucun consul ou ambassadeur de France, aucune association de droits de l’homme, aucune association française pro-palestinienne !? Israël est une démocratie, pas une dictature.

Les soutiens du terroriste ? Ils sont filmés souvent en plan moyen, mobiles, insérés dans un décor intimiste ou républicain (Elysée, Assemblée nationale). Alors que Daniel Shek est filmé en très gros plan, statique, sur un fond beige, neutre, sans les emblèmes colorés reconnaissables de l’Etat d'Israël : ménorah (Nda : chandelier à sept branches) ou drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David. En fait, les soutiens du terroriste sont filmés en action, en marche – comme la vérité ?! -, en nombre. Et Daniel Shek semble leur opposer l’immobilisme d’un Etat. Là où les uns parlent « humain », le diplomate se situe sur le registre des institutions, du juridisme.

Parmi ces soutiens, Michel Voisin, député UMP de l’Ain, allègue : «  Il n’y a rien dans le dossier. Ça a été prouvé par ses avocats » (sic). La journaliste de France 2 ne lui cite même pas les motivations, les attendus du jugement condamnant ce terroriste qui a reconnu les faits. Donc, l’Etat d’Israël ne respecterait pas le droit, pratiquerait l’arbitraire et condamnerait sans preuve ! Non. Les faits sont têtus : « Les preuves présentées par le procureur militaire démontraient son implication dans les crimes dont il est accusé », précise Nina Ben-Ami, porte-parole de l’ambassade d’Israël en France. Et de préciser : « Hamouri a été jugé devant un tribunal militaire parce qu'une partie des crimes dont il est accusé a été commis dans les territoires palestiniens, et non en Israël. En outre, ses deux complices résident dans les territoires palestiniens. Selon le code de procédure militaire, ces crimes relèvent de la compétence du tribunal militaire et non de la justice civile ». Cette justice militaire, à la procédure similaire à celle des tribunaux civils, garantit les droits des prévenus, etc.

Ce parlementaire ajoute : Salah Hamouri  « mérite pas d’être sous les verrous…. S’il est transféré en France, je pense que compte tenu de son dossier, il aura pas beaucoup de problème à être remis en liberté ». C’est la journaliste qui lui a suggéré ce transfert. Ce qui n’a été demandé par aucun de ses soutiens. Même pas par sa mère !

Que fait ce terroriste, qui « a le moral », en prison ? « Il enseigne le français à ses camarades de cellule », déclare Denise Hamouri. Précisons : Salah Hamouri a « donné des cours » de français à un terroriste condamné à la prison à perpétuité pour attentats contre des civils israéliens, Marwan Barghouti, quand il purgeait sa peine à « la prison de Rimonim, au Nord de Tel-Aviv » .

Marie-Pierre Farkas montre Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, insistant sur Europe 1 sur les efforts déployés « à toutes les rencontres » pour faire libérer « le Franco-palestinien ». Or, Daniel Shek rappelle clairement : « Il a été condamné par un tribunal, et c’est la justice qui doit le libérer, ce n’est pas la politique ». Et pourtant, cette journaliste poursuit : « Sans un coup de pouce diplomatique, Salah Hamouri, étudiant français [Nda : donc inoffensif], ne sera pas libéré avant novembre 2011 », au lieu de « Salah Hamouri, terroriste français qui n’a jamais exprimé de regret demeure en prison ». Bref, le reportage laisse croire en des pressions diplomatiques sans dire qu'elles sont illégales : le professeur David Ruzié rappelle le « droit reconnu à un Etat d’intervenir pour veiller, précisément, à ce que ses ressortissants, en dehors de son territoire, soient traités suivant les normes du droit international, mais toute immixtion dans le fonctionnement de la justice d’un autre Etat est interdite ». Indignés par la demande de la France visant la libération de Salah Hamouri, des médias israéliens ont souligné qu’Israël n’est pas une autocratie et qu’Israël a le droit de protéger ses citoyens.

Le reportage s’achève sur des images de l’exposition du CICR (Comité International de la Croix-Rouge) « L’Humanité en Guerre ou 150 ans de photos du front » devant l’Hôtel de Ville de Paris. La caméra s’immobilise sur l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme « Tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits… », puis s’élève vers une statue de cet édifice.

L’égalité ! Elle résonne en écho à la revendication d’égalité de traitement exprimée par Jean-Claude Lefort. Sous-entendu : comme le franco-israélien Guilad Shalit.

Cette fin lie aussi le cas de Salah Hamouri à un principe juridique universel, et non au terrorisme, et l’ancre dans l’histoire de France, et non dans l’histoire du Proche-Orient. Mais elle fait sourire quand on dresse le bilan déséquilibré du temps de parole d’un « débat équilibré » selon France 2. Alors, oui, pour l’égalité de traitement de Salah Hamouri avec les terroristes. Et oui, pour l’égalité de traitement par l’examen de ce reportage à l’aune de la déontologie professionnelle, des « exigences d’honnêteté de l’information et de rigueur dans sa présentation et son traitement », termes du CSA. Et oui pour l'égalité de traitement entre tous ceux qui saisissent le CSA.

Que vont retenir les téléspectateurs ? La vérité – Salah Hamouri est un terroriste légalement condamné et emprisonné – ou le narratif le présentant comme une victime d’une injustice ?

Quant à Sammy Ghozlan, président du BNVCA, il a exprimé son indignation face à un reportage si déséquilibré.

Une manipulation politique franco-française
Les communiqués les plus anciens favorables à Salah Hamouri remontent à octobre 2007. Pourquoi des associations pro-palestiniennes n’ont-elles pas parlé de son cas avant ?

Lors d’une interview radiophonique en 2008, Denise Hamouri explique avoir écrit « au quai d’Orsay, au consulat », mais
« au début, on ne se bougeait pas trop... Au moment où le soldat Shalit a été enlevé, et que la France s’est mis à dire qu’il fallait le libérer parce qu’il était français, je me suis dit qu’après tout nous étions aussi dans un cas un petit peu pareil à Guilad Shalit. Mon fils pour moi a été enlevé. Ce n’est pas une arrestation, pour moi c’est un enlèvement. Il est otage puisqu’il est depuis trois ans sans jugement… [Nda : elle nie l’existence de l’Etat d’Israël et les lenteurs de la justice] Et c’est là que j’ai commencé à écrire un peu partout en réclamant qu’on me considère un peu pareil. Cela a pris du temps, jusqu’au jour où j’ai écrit aux parents de Guilad Shalit ... La lettre a été publiée. Des associations ont été un petit peu au courant et elles se sont mises à m’aider un petit peu à travailler ».

Parmi les associations de défense des droits de l’homme - israéliennes (Acri, Adalah, B’Tselem, Yesh Din) et palestiniennes (Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR), le Groupe de surveillance des droits de l’homme palestinien [PHRMG]) - si promptes par ailleurs à stigmatiser Israël, laquelle défend Salah Hamouri ? Aucune.

De même, on ne trouve aucune occurrence « Hamouri » sur les sites Internet, en français et en anglais, d’ONG internationales, ayant pourtant tancé maintes fois et à tort l’Etat juif : Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International.

Par contre, sur quel site palestinien trouve-t-on des communiqués en français et en anglais sur Salah Hamouri ? Celui du FPLP.

Quel texte incontesté décrit Salah Hamouri comme membre du FPLP ayant été lié à des actions terroristes, et ceci en se fondant notamment sur les déclarations de ses complices ? C’est l’arrêt de la Cour suprême israélienne (§ 8) d’août 2005 correspondant à un appel de complices. Sans réaction offusquée de Salah Hamouri qui a préféré une peine d’emprisonnement de sept ans au risque d’une condamnation plus lourde en appel.

Enfin, Charles Enderlin et les membres de sa rédaction auraient ignoré cette injustice cruelle frappant un jeune compatriote emprisonné pour rien et n’auraient réalisé, durant toutes ces années, aucun reportage sur lui ? Voyons, voyons, ce n’est pas crédible.

La mobilisation autour de ce terroriste est une affaire franco-française. Et même une manipulation politique franco-française, visant à ternir l’image d’Israël, à exercer des pressions sur l’Etat juif. Et qui alimente une tension entre la France et Israël.

Par un actif travail de réseautage, des groupes très actifs ont sensibilisé la France profonde et des VIP, en s’appuyant sur un front « Rouge/Vert »,  similaire à celui de manifestations de la « rue Arabe » en France lors de l’Opération Plomb durci, et en présentant un narratif loin de la réalité. Ainsi, lors d’une interview radiophonique en 2008, Denise Hamouri occulte la vérité : elle allègue qu’on reproche à son fils son appartenance aux Jeunesses du « Front populaire », tout en dissimulant la moitié si significative du sigle FPLP : Front populaire pour la libération de la Palestine. Un mouvement au logo éloquent.

Faiblesses de la démocratie
En attirant l’attention sur Salah Hamouri, François Cluzet a mis France 2 dans une situation délicate.

D’une part, la chaîne publique avait été mise en demeure le 13 janvier 2009 par le CSA, saisi le 9 janvier 2009 par le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France),  pour avoir présenté le 5 janvier 2009 comme reportage sur les dégâts de l’Opération Plomb durci des images sur l’explosion d’un dépôt de munitions du Hamas datant de 2005.

D’autre part, aucun journaliste n’apprécie d’avoir été instrumentalisé, et aucun média ne goûte d’être visé par une (nouvelle) saisine du CSA. Les magazines d’informations réfléchiront vraisemblablement à deux fois avant d’inviter cet acteur, qui sera cependant toujours bienvenu dans les émissions prisant les diatribes anti-israéliennes.

De plus, le parallèle infondé entre Guilad Shalit, otage du Hamas, et Salah Hamouri aura du mal à être avalisé par des ministres ou élus. Ceux-ci vont hésiter à afficher ostensiblement leur soutien à ce terroriste qui n’a jamais présenté de regret. Notons les piques de son comité de soutien contre Bernard Kouchner qui a annulé son rendez-vous avec Denise Hamouri prévu le 18 novembre 2009. Un dommage collatéral de l’affaire Cluzet/Hamouri ? Cependant, Jean-Claude Lefort et Monique Cerisier-ben Guiga, sénatrice socialiste des Français du monde, ont été reçus à l’Elysée le 10 novembre 2009 par Nicolas Galey, conseiller à la présidence de la cellule diplomatique en charge du Proche-Orient .

Cette affaire Hamouri révèle une grave confusion des esprits, similaire à celle remarquée lors d’affaires concernant les extraditions de Cesare Battisti ou Marina Petrella, anciens membres des Brigades rouges et condamnés en Italie pour crimes : soutenir un terroriste visant la destruction de l’Etat juif, une démocratie, c’est sidérant !

Cette crédulité ou cette appétence à l’égard de ce qui diffame Israël est grave, pour l’Etat d’Israël et plus généralement pour tous les pays visés aussi par l’islamisme.

En janvier 2010, l’avocat de ce terroriste devrait présenter une nouvelle demande, qui sera appuyée par son Comité de soutien. Et par la France ? Un officiel français dira-t-il enfin que Salah Hamouri est un terroriste du FPLP, organisation figurant sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ?


Saisi le 9 novembre 2009 par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) présidé par Sammy Ghozlan à propos de deux émissions partiales de France 2 sur Salah Hamouri diffusées en novembre 2009, le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) a répondu le 1erdécembre 2009. Le CSA a considéré que les propos de François Cluzet « n'étaient pas constitutifs d'une incitation à la haine ou à la violence. En les diffusant, France 2 n'a donc pas manqué à ses obligations en matière de déontologie et de maîtrise de l'antenne » et « qu'en diffusant, le 22 novembre 2009, un sujet complet sur Salah Hamouri, France 2 avait assuré la diversité des points de vue et l'honnêteté de l'information ». (publication sur le site Internet le 13 janvier 2010).

Comparons avec la rapidité du CSA dans l'affaire al-Dura - silence total - et à l’égard de déclarations du journaliste Eric Zemmour, le 6 mars 2010, sur les contrôles au faciès, lors de l'émission Salut les terriens, présentée par Thierry Ardisson sur Canal + : «Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes, c’est comme ça, c’est un fait ». Le lendemain, le dimanche 7 mars 2010, Rachid Arhab, président du groupe de travail "Déontologie des contenus audiovisuels" du CSA, a déclaré dans Médias le magazine présenté par Thomas Hughes sur France 5 : le CSA s'était saisi de ces propos « bien avant même la saisine par le MRAP [Nda : Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples] et par le Club Averroès ». Journaliste de France 2 qui l’a « mis en disponibilité » lors de sa nomination au CSA, ce conseiller a ajouté :« C'est une question que nous avons regardée de très près cette semaine, que nous allons continuer d'examiner". Et le 23 mars 2010, le CSA a sanctionné Canal + par une mise en demeure pour ces propos controversés d'Eric Zemmour.


Articles sur ce blog concernant :
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Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri (1/3)
Mobilisation pour le terroriste Salah Hamouri au Conseil régional d’Ile-de-France (3/3)
Shoah (Holocaust)


Article publié le 25 novembre 2009 et modifié le 28 novembre 2011.