Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 3 juillet 2019

Le chorégraphe israélien Ohad Naharin


Ohad Naharin est un danseur et chorégraphe israélien célèbre. « Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin » (Mr. Gaga. Der Choreograph Ohad Naharin) est un documentaire réalisé par Tomer Heymann, et Last Work un film réalisé par Tommy Pascal. « Traversé par l’énergie sauvage de ses créations, un fascinant portrait du chorégraphe israélien Ohad Naharin, qui a fait de la Batsheva Dance Company l’une des formations les plus en vue de la danse contemporaine ». Un artiste engagé politiquement à l’extrême-gauche. Ce qui ne l'a pas protégé du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). Le 26 mai 2019, Ohad Naharin a déclaré "qu’il soutenait les idées du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS)".

« Let’s dance ! Israël et la danse contemporaine » de Gabriel Bibliowicz et Efrat Amit 
« Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin » par Tomer Heymann
    

« Né en 1952, Ohad Naharin a apprivoisé le rythme et le mouvement dès l’enfance, dans le kibboutz qui l’a vu grandir ».

« Après un premier passage par la Batsheva Dance Company, qu'il intègre dans la foulée de son service militaire – au sein d’une troupe de divertissement, durant la traumatisante guerre du Kippour –, il rejoint New York dans les valises de la prêtresse de la danse Martha Graham, tombée amoureuse de sa vélocité féline ».

« Grâce aux cachets réguliers de son épouse, la ballerine Mari Kajiwara, Ohad Naharin peut alors se consacrer à ses projets : il signe ses premières chorégraphies et invente, à la suite d’une lourde opération du dos, un langage du mouvement novateur et jouissif, le « gaga », enlaçant libération du corps et quête artistique ».

En 1990, il « prend les rênes de la Batsheva et s’impose, au fil de ses bouillonnantes créations et de ses prises de position politiques, comme le chantre de la liberté culturelle dans un pays bridé par la censure religieuse ». Laquelle ? Comment ? Mystères.



En 1990, la nomination de Ohad Naharin, directeur artistique et chorégraphe, à la Batsheva Dance Company, marque un tournant décisif vers une appréhension différente des changements de la société israélienne, un traitement de sujets sociaux, politiques par la danse israélienne.

En témoignent ces spectacles récents : Reservist Diary (Journal d’un réserviste) de Rami Be’er (1989) qui évoque son expérience à Gaza et « les conflits intérieurs d’un soldat devant exécuter des ordres » et ayant « des idées et des sentiments », Strawberry Cream and Grasspowder de Yasmeen Godder, qui au début de l’Intifadah II, avait « l’impression de ne pas savoir » les raison des « évènements terrifiants » quotidiens, ou Echad Mi Yode’a (Un, je le sais) d’Ohad Naharin qui reprend un chant du Séder (rituel) de Pessah (Pâque juive).

Dans Echad Mi Yode’a, les danseurs assis sur des chaises en demi-cercle sont secoués de mouvements violents et brefs, comme s’ils étaient agressés, (dés)unis en une gestuelle de vague déferlante, se lèvent soudainement, tandis que résonne ce chant : « Un, qui sait ? Un, je le sais ! Un, notre Dieu. Au ciel comme sur terre. Deux, les Tables de la Loi. Trois, les patriarches. Quatre, les mères. Cinq, les livres de Moïse. Six, les ordres de la Michna. Sept, les jours de la semaine. Huit, le délai de la circoncision… » A la fin du spectacle jouant sur la répétition, les danseurs ôtent leurs vêtements et leurs chaussures qu’ils jettent au centre de la scène. « On dirait qu’ils essaient de s’arracher la peau. Pour ne plus être Israéliens. On ne veut plus chanter Ani Yode’a », commente Gaby Eldor, critique de danse.

Créée en 2011 en collaboration avec Ohad Naharin et les danseurs de sa compagnie la Batsheva Dance Company, chorégraphiée par Ohad Naharin, "Sadeh21" a été interprétée à Montpellier Danse les 17 et 18 décembre 2013 à l'Opéra Berlioz/Le Corum (Montpellier). "Batsheva, la pièce présente une succession de solos, de duos et d’ensembles tour à tour délicats, athlétiques, lents, saccadés, comme autant de différentes façons d’être au monde. Dénudés, réduits à leur plus simple expression, décor, sons et lumières sont là pour mettre en avant un langage chorégraphique à l’infinie sensualité, où le moindre geste témoigne d’un choix esthétique".


Du 17 au 21  décembre 2014, le Théâtre national de Chaillot a présenté, dans la salle Jean Vilar, Naharin’s Virus (1h10), de la Batsheva Dance Company.

"Le passage de la Batsheva Dance Company en ces murs, en 2012, après de longues années d’absence à Paris, fit l’effet d’une déflagration chorégraphique. Pour le retour attendu de la fameuse troupe israélienne, voici Naharin’s Virus, pièce créée en 2001 et reprise cette année pour le jubilé de la compagnie d’Ohad Naharin.  Quelques jours avant la reprise de Decadance, l’un de ses succès historiques, la Batsheva Dance Company présente une série de représentations de Naharin’s Virus, fruit de la collaboration entre Ohad Naharin, directeur artistique et chorégraphe de la compagnie, et les danseurs. Une façon de lancer les interprètes dans le grand bain de la créativité. On y retrouve, bien sûr, l’énergie qui irradie la danse de cette compagnie, mais aussi la profondeur d’une gestuelle qui, sans être narrative, touche chacun au plus profond de soi. Cette pièce est aussi un dialogue entre le mouvement de la danse et l’écriture de Peter Handke, l’un des plus grands auteurs vivants. En effet, Naharin’s Virus s’inspire de sa pièce Outrage au public. De larges parties du texte constituent une trame idéale tandis que la musique épouse la chorégraphie. Peter Handke dit voir dans son oeuvre « une pièce sans histoire, sans intrigue, sans fil narratif, une pièce qui se raconte elle-même. Pas d’histoire pour nous accrocher comme à un hameçon, pas d’histoire conçue pour s’évader, mais seulement la réalité nue du moment dans l’espace. » Ohad Naharin fait sien cet espace, imaginant une gestuelle débordant d’invention et emmenant ses interprètes toujours plus loin dans l’émotion et la virtuosité", écrit Philippe Noisette.

Le 29 avril et 2 mai 2015, Mezzo a diffusé Naharin's Virus, sur une chorégraphie de Ohad Naharin en collaboration avec les danseurs de la célèbre troupe (1 h 02'). Un spectacle réalisé par Tommy Pascal, le 20 décembre 2014 au Théâtre national de Chaillot - Salle Jean Vilar, Paris.

Compagnie invitée pour la première fois à l'Opéra de Paris du 5 au 9 janvier 2016, la Batsheva Dance Company, célèbre compagnie israélienne présentera "sur la scène du Palais Garnier un ballet créé en 2005 : Three (Trois), conçu par Ohad Naharin, son directeur artistique depuis 1990. Installée à Tel-Aviv depuis son origine, la Batsheva Dance Company a été fondée en 1964 par la chorégraphe américaine Martha Graham et la baronne Batsheva de Rothschild, à qui elle doit son nom. Désormais confiée au chef de file de la danse contemporaine israélienne, elle a accueilli de nombreuses personnalités comme Mats Ek, Angelin Preljocaj ou William Forsythe, et se produit régulièrement sur de grandes scènes internationales".

"Son directeur artistique Ohad Naharin y a introduit un ensemble de techniques appelé " Gaga dance ", s'appuyant sur une meilleure compréhension individuelle du corps et de ses limites propres, permettant à chaque interprète de les dépasser. Cette méthode originale invite à libérer les corps autant que les personnalités de chaque danseur de la compagnie".

"Lui-même formé à la Batsheva Dance Company, mais passé par les États-Unis, la compagnie bruxelloise Mudra de Maurice Béjart et le Nederlands Dans Theater de Jiří Kylián, Ohad Naharin a conçu un ballet en trois parties : Bellus, Humus et Secus, où dix-sept danseurs évoluent avec une physicalité presque animale".

BDS à Paris
Cette compagnie de danse est la cible d'une campagne de BDS, en particulier de boycott culturel aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne. CAPJPO-Europalestine a appelé à un rassemblement le 5 janvier 2016 place de l'Opéra (Paris) et a demandé l'annulation de ce spectacles.

Le soir du 5 janvier 2016, alors que la France vit sous l'état d'urgence, commémore les attentats terroristes de janvier 2015, et malgré un dispositif policier, des dizaines d'individus ont listé les noms de terroristes islamistes palestiniens, et ont appelé au boycott d'Israël. Avant la représentation à laquelle assistait l'ambassadrice d'Israël en France Aliza bin Noun, des spectateurs arborant le keffieh ont déployé sur un balcon un drapeau palestinien, tandis que des cris haineux anti-israéliens retentissaient : "Une troupe raciste dans à l'Opéra Garnier", "On ne danse pas avec l'apartheid" et "Israël assassin, la Palestine vaincra", Opéra de Paris accusé de "complicité avec les sionistes colonisateurs".

Le 6 janvier 2016, Roger Cukierman, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a écrit au Premier ministre Manuel Valls pour lui demander l'interdiction du BDS qui prône le boycott. Une copie de ce courrier a été adressé à Fleur Pellerin, ministre de la Culture, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, à Michel Cadot, préfet de police de Paris.

AJC (American Jewish Committee) Paris a exprimé "sa plus totale stupéfaction devant l’autorisation accordée par la Préfecture de Police de Paris à la tenue hier d’un rassemblement du collectif BDS devant l’Opéra Garnier":
Alors que la nation commémore cette semaine les 17 victimes des attentats terroristes de janvier dernier et que l’état d’urgence a été proclamé dans tout le pays par le Président de la République suite aux tragiques événements du 13 novembre, il apparaît invraisemblable que les pouvoirs publics aient pu permette l’organisation d’une manifestation appelant entre autres au boycott d’Israël et rendant hommage à travers une liste lue par les intervenants à des membres de l’organisation terroriste Hamas.
Ce rassemblement était d’autant plus choquant qu’il visait une manifestation culturelle d’un groupe de danse mondialement connu, Batsheva dont l’engagement au service de la paix, de l’échange et du dialogue entre les peuples est un combat de tous les instants.
AJC Paris tient à souligner que le Conseil Constitutionnel et la justice française à travers plusieurs de ses récentes décisions ont rappelé que l’appel au boycott était totalement illégal dans notre pays.
L’Opéra de Paris, lieu prestigieux de la culture française au rayonnement international a été le théâtre de la haine de militants se cachant derrière la cause palestinienne pour déverser leur haine de l’Etat d’Israël.
Nous ne comprenons pas comment les membres de l’organisation BDS ont pu passer les cordons policiers avec leurs drapeaux et leurs pancartes et impunément perturber la tenue d’un spectacle prenant ainsi en otage des centaines de spectateurs souhaitant simplement assister à une représentation de danse.
Alors que plusieurs initiatives culturelles, écologistes ou festives n’ont pu se tenir ces dernières semaines à Paris en raison de l’état d’urgence, nous sommes surpris et consternés qu’une manifestation qui veut réduire au silence des artistes simplement parce qu’ils sont israéliens et apporter son soutien à des mouvements terroristes ait pu se tenir librement dans une ville encore meurtrie par les actes de guerre du 13 novembre.
Face à la menace terroriste qui continue à peser sur la France, face à la violence antisémite qui a notamment coûté la vie à 4 personnes lors de l’attentat l’an dernier de l’Hypercacher, face à la dangerosité de ce mouvement d’appel au boycott qui veut réduire au silence des créateurs et des artistes en raison de leur seule origine, AJC Paris demande aux autorités de la République la plus grande fermeté et la plus grande vigilance".
 Le 9 janvier 2016, lors de la cérémonie organisée par des institutions françaises Juives en hommage aux victimes de l'attentat antisémite perpétré par Amédy Coulibaly le 9 janvier 2015 - 28 otages, quatre Français Juifs assassinés -, le Premier ministre Manuel Valls a déclaré :
"Détermination également à lutter contre l’antisémitisme. Il est là, toujours là, virulent, charrié à longueur d’écrits, de déclarations, de ces manifestations – alors qu’au cœur de Paris, capitale de la liberté, il y a quelques mois, on a crié de nouveau : "mort aux Juifs" ! –, de prétendus spectacles par des négationnistes en tous genres. Je les ai combattus, nous les avons combattus, et nous continuerons à le faire : il y va de l’honneur de la République ! Il est là, sur les réseaux sociaux, il est là, dans les paroles et dans les actes et dans cette détestation compulsive de l’État d’Israël. Comment pouvons-nous accepter qu’il y ait des campagnes de boycott ? Comment pouvons-nous accepter que face à l’Opéra de Paris, il y ait des manifestations pour qu’on interdise des ballets d’Israël ? Comment peut-on accepter que dans le pays de la liberté, dans ce pays des valeurs universelles, on cherche à nier la culture, la culture qui est là précisément pour rapprocher les peuples et pour la paix ? Non, cela est inacceptable ! L’antisémitisme, qu’il vienne de l’extrême-droite ou de l’extrême-gauche, qu’il vienne du fond des âges ou aujourd'hui d’une partie de la jeunesse de nos quartiers, doit être combattu avec la même détermination, parce qu’il y va de la République et parce qu’il y va de nos valeurs".
Une déclaration symbolique. Le symbolique s'avère indispensable, mais il doit être suivi d'actes. Or, paradoxalement, c'est le même gouvernement socialiste qui a autorisé ce rassemblement appelant au boycott d'Israël et s'est indigné de ce boycott !?

Brian Eno
En août 2016, le compositeur et producteur britannique Brian Eno, qui soutient le BDS, a écrit une lettre à la Batsheva Dance Company pour indiquer qu'il ne l'a pas autorisée à utiliser une de ses œuvres musicales lors de sa tournée estivale en Italie. L'artiste âgé de 68 ans a évoqué dans son courrier "l'occupation des territoires palestiniens" et a poursuivi : "J'essaie de comprendre les difficultés que doit affronter tout artiste israélien maintenant - et en particulier ceux comme vous qui ont montré de la sympathie pour la cause palestinienne".

Eno est l'un des 1 200 signataires de l'Artists’ Pledge for Palestine, qui refuse tout financement ou tout contact culturel avec le gouvernement israélien.

La compagnie de danse basée à Tel Aviv a répondu : "Nous respectons le souhait de M. Eno et avons remplacé sa musique dans le ballet Humus de "Three" - et ce, avec une grande tristesse - car nous croyons que ce genre d'action est inutile et ne contribue pas à résoudre le conflit, à mettre un terme à l'occupation ou à amener la paix dans notre région. Ohad Naharin est un militant politique depuis des années en Israël, et n'a jamais hésité à s'exprimer sur la situation dans la rive occidentale du Jourdain et les conséquences de l'occupation. Son profond engagement pour la liberté de l'esprit humain est reflété dans ses actions et ses créations artistiques".

Selon La Repubblica, la compagnie israélienne devait utiliser la musique d'Eno lors d'une représentation de "Humus" le 6 septembre 2016, lors du festival TorinoDanza au Teatro Regio à Turin, mais la musique d'Eno, Neroli, a été remplacée  après qu'Eno a eu conscience que ce spectacle avait pour sponsor l'ambassade d'Israël qui "promeut la marque Israël" ("brand Israel").

Des organisations juives françaises organisaient le 25 septembre 2016 un rassemblement au Trocadéro (Paris) visant à l'interdiction du boycott visant Israël.

Mr Gaga
« Des répétitions avec sa formidable troupe, somme de singularités exaltées, aux cours réparateurs (« Je crois au pouvoir de guérison de la danse ») qu’il dispense à des amateurs, de ses pirouettes d’adolescent à Last Work, projet dont il confie qu’il pourrait être le dernier, la politique du gouvernement Netanyahou menaçant à la fois son art et la survie de ses concitoyens, ce documentaire offre une immersion palpitante dans la vie et l’œuvre d’un artiste aussi sensible qu’exigeant ».

Le 1er juin 2016, est sorti en France Mr Gagadocumentaire de Tomer Haymann (2015) sur Ohad Naharin, chorégraphe et directeur artistique de la Batsheva Dance Company. Le "gaga" associe le mouvement à la spiritualité.

"Enter the world of Ohad Naharin, renowned choreographer and artistic director of the Batsheva Dance Company. “Mr. Gaga”, eight years in the making, captures the elusive beauty of contemporary dance and immerses the audience in the creative process behind Batsheva’s unique performances. Using intimate rehearsal footage, extensive unseen archive materials and stunning dance sequences, acclaimed director Tomer Heymann ("Paper Dolls", "I shot my Love") tells the fascinating story of an artistic genius who redefined the language of modern dance".

« Sorti en salles dans une version étirée, Mr. Gaga met ainsi en miroir événements intimes (dont la perte de sa première femme, décédée d’un cancer en 2001, et sa paternité tardive) et travail de création grâce à un réjouissant ballet d’archives familiales, d’extraits de spectacles et d’entretiens ».

Last Work
Le Théâtre de Chaillot a présenté Last Work (8-16 juin 2017). "Retrouvailles au sommet avec la Batsheva Dance Company et Ohad Naharin, son directeur artistique. Last Work, nouvel opus, est une chorégraphie d’émotions et d’inventions, une oeuvre en prise avec son temps. Attendez-vous à l’inattendu".

 "Il faut un talent fou pour surprendre son public à chaque nouvelle création : Ohad Naharin est de cette trempe d’artistes entiers et généreux qui composent avec l’impatience de leurs admirateurs. Le chorégraphe semble repousser une fois de plus les limites de sa danse avec la Batsheva Dance Company, troupe dont il assure la direction artistique. Fidèle à Chaillot – où les spectateurs ont pu voir Sadeh 21, Decadance Paris et Naharin’s Virus – la compagnie israélienne présente cette saison Last Work".

"Dans un décor réduit à sa plus simple expression, les interprètes émergent peu à peu, alternant mouvements au ralenti et gestuelle furieuse. On reconnaît sans mal la technique qu’Ohad Naharin a baptisée « gaga » : des corps comme disloqués, une agilité unique, une virtuosité maîtrisée. Last Work est énigmatique et tout à la fois engagée. Un drapeau ou un fusil en disent parfois plus qu’un long discours. Mais c’est encore et toujours sa gestuelle si particulière qui bouscule nos certitudes, qu’elle soit robotique ou sensuelle".

"Les danseurs, comme une tribu sans maître, déploient l’étendue de leurs capacités sans jamais sombrer dans la démonstration. Last Work est à la fois un pur moment de chorégraphie et une ouverture sur le monde. Des figures quasi énigmatiques habitent cette création perturbant notre regard. Et c’est bien là toute la force d’Ohad Naharin : nous tenir en haleine soixante-cinq minutes durant tout en nous faisant réfléchir. Portée par les dix-huit danseurs de la Batsheva Dance Company, Last Work risque bien de vous laisser groggy : la beauté de l’écriture en mouvement d’Ohad Naharin est à ce prix. / Philippe Noisette".

Le 30 avril 2018 à 1 h 40, Arte diffusa Last Work, documentaire réalisé par Tommy Pascal. "En juin 2017, Ohad Naharin, chorégraphe majeur, retrouvait le Théâtre national de Chaillot pour "Last Work", création portée par les danseurs de la Batsheva Dance Company. Un spectacle incandescent".

"Dans cette pièce au décor minimaliste, Ohad Naharin, considéré comme un génie de la danse contemporaine, surprend et captive une fois encore avec sa technique baptisée "Gaga Dance", les corps de ses interprètes apparaissant comme disloqués".

"Magicien de la scène, le chorégraphe opère une fusion explosive entre mouvement, composition, espace, lumières et son. En fond de scène, une femme court d’est en ouest, sans jamais progresser, alors que peu à peu les danseurs émergent, alternant ralentis et gestuelle furieuse, avec une densité contagieuse qui envahit le plateau".

"Ohad Naharin convoque ainsi des images fortes pour évoquer le désir de paix et les chaînes qui étreignent les hommes des pays en guerre. Les dix-huit danseurs se déploient avec une virtuosité délicate qui évite l’écueil de la démonstration. Œuvre engagée en prise avec son temps, Last Work reste pourtant énigmatique, pur moment chorégraphique qui signe le choix d’une ouverture au monde".

Mois du documentaire 
Dans le cadre de la 18e édition du Mois du film documentaire, Mr Gaga a été projeté les 17 et 21 novembre 2017. Le 21 novembre 2017, à 20 h et à 20 h 30, Armoric-Cinéma proposera Mr Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin.

"L’histoire fascinante d'Ohad Naharin, célèbre chorégraphe de la Batsheva Dance Company, dont les performances dégagent une puissance et une beauté inégalées. Le film nous dévoile le processus créatif d'un chef de file incontesté de la danse contemporaine, l’invention d’un langage chorégraphique unique et d’une technique de danse hors-norme appelée "Gaga".

BDS
Le 26 mai 2019, Prix Israël, Ohad Naharin a déclaré à la radio de l'armée israélienne : "J'ai toujours dit que si le boycott d'un de mes spectacles améliorait la situation dans les territoires ou amènerait une solution au conflit, je soutiendrai le boycott. Le BDS a un agenda auqu'elle je m'identifie. Il est contre l'occupation".

Il a ajouté que la recette de son spectacle à Tel Avid le dimanche soir serait donnée à l'Association pour les droits civils en Israël car cette organisation soutient "l'arc-en-ciel entier des gens en Israël et aide tout le monde". Il a critiqué le BDS pour avoir échoué à aider réellement les Palestiniens.


« Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin »
Israël, 2014, 53 min
Sur Arte les 28 mai 2017 à 23 h 35,  30 avril 2018 à 0 h 45
Visuels 
Le chorégraphe israélien Ohad Naharin
© Gadi Dagon

Le chorégraphe Ohad Naharin avec les danseurs et les danseuses
"Ehad Mi Yodea" le chorégraphe isréalien Ohad Naharin met en scène la chanson traditionnelle Pessah
© Heymann Brothers

Le chorégraphe israélien Ohad Naharin
© Gadi Dagon

Last Work, par Tommy Pascal
France, 2017
Musique : Grischa Lichtenberger
Costumes : Eri Nakamura
Chorégraphie: Ohad Naharin
Danse : Batsheva Dance Company
Scénographie: Zohar Shoef
Lumière : Avi Yona Bueno
Son : Maxim Warratt
Sur Arte le 30 avril 2018 à 1 h 40
© Gadi Dagon

Du 8 au 16 juin 2017
Chorégraphie Ohad Naharin
Lumières Avi Yona Bueno (Bambi)
Son Maxim Warratt
Musique originale Grischa Lichtenberger
Scénographie Zohar Shoef
Costumes Eri Nakamura
Assistants à la chorégraphie et au son Ariel Cohen, Guy Shomroni
Musique Sagat, Hysterics, MPIA3, Monkey, Luminox, Lullabies-of-Europe, Clara Rockmore
 Avec William Barry, Yael Ben Ezer, Matan Cohen, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Hsin-Yi Hsiang, Chunwoong Kim, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Ori Moshe Ofri, Nitzan Ressler, Or Meir Schreiber, Maayan Sheinfeld, Yoni Simon, Amalia Smith, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Coureur (en alternance) Luc Jabobs, Rani Lebzelter, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Production Batsheva Dance Company – Tel Aviv
Coproduction Festival Montpellier Danse 2015 / Hellerau, European Center for the Arts – Dresden
Avec le soutien de la Batsheva New Works Fund et de la Dalia and Eli Hurvitz Foundation, ainsi que le soutien spécial des American Friends of Batsheva
Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas
Visuels : WorkCrédits : Gadi Dagon

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sir le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 28 mai 2017, puis les 22 novembre 2017 et 30 avril 2018.

lundi 1 juillet 2019

Patrick Drahi


Brillant Polytechnicien, Patrick Drahi est un entrepreneur franco-israélien Juif né au Maroc. Il a fait fortune en rachetant et restructurant des entreprises du câble. Propriétaires de médias en France et en Israël, il est en voie d'acquérir la maison d'enchères Sotheby's. Il est la cible de l'antisémitisme.


« L’homme est secret et pourtant il emprunte des dizaines de milliards d’euros pour acheter des opérateurs de téléphonie partout en Europe ». C’est ainsi que le journaliste John Paul Lepers décrit Patrick Drahi en annonçant son « enquête sur la méthode Drahi qui intrigue et laisse pas mal de salariés sur le carreau ».

Cette méthode ? « Créer une nouvelle société holding qui va racheter une entreprise en s’endettant », la société rachetée remboursant les intérêts à taux faible de la dette.

« Patrick Drahi, naissance d’un tycoon » est donc une enquête « sur la stratégie très risquée de l'homme d'affaires franco-israélien Patrick Drahi, résidant en Suisse » depuis 1999, qui « achète partout dans le monde des compagnies de téléphone et des câblo-opérateurs – dont SFR en 2014 et Portugal Telecom ».  Prix cassés, fin de prestations, open spaces vides, hygiène insuffisante, accord de garantie de l'emploi mais centaines de départs d'employés...

"L'homme qui valait 50 milliards fascine les banquiers, mais fait trembler les salariés".

Télécommunications
Patrick Drahi est né en 1963 dans une famille Juive de professeurs de mathématiques à Casablanca (Maroc).

Il s’installe avec sa famille à Montpellier (France) à l’âge de quinze ans.

En 1983, ce brillant élève est admis à l’Ecole Polytechnique, et complète sa formation à l’Ecole nationale supérieure des Télécommunications.

Après avoir travaillé chez Philips cinq ans et chez Kinnevik, il crée en 1993 son cabinet de conseil, puis se lance avec succès comme entrepreneur en maîtrisant la LBO (Leveraged Buy-Out) ou AEL (achat à effet de levier), et en se concentrant sur le secteur alors délaissé du câble. 

Cet ingénieur est l’actionnaire majeur de l’opérateur français Numericable et de l’opérateur israélien Hot.

Son nouvel associé, Alain Weill, patron de RMC et BFM, chaîne d'information en continu, le présente comme « un grand entrepreneur qui a une dimension mondiale. Quelqu’un de très doué, de très simple, qui a une boulimie d’acquisition pour profiter d'une époque exceptionnelle de taux, qui achète des sociétés qui produisent des ressources régulières. Tous les grands entrepreneurs en France se sont développés par la dette. Peu d'entrepreneurs ont le courage de faire ce qu'il fait aux Etats-Unis. Patrick Drahi a un modèle : John Malone, numéro un du câble aux Etats-Unis ». La dette ? "Tout dépend de son actif", répond Alain Weill.

Et qui a du affronter l’opposition teintée d’antisémitisme et de xénophobie de l’establishment français.

En mars 2014, Arnaud Montebourg, alors ministre français de Ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique, a préféré que Vivendi vende sa filiale SFR à Bouygues et non pas à Numéricable dirigée par Patrick Drahi, « ce David qui vient de l'emporter au nez et à la barbe de Goliath » (Philippe Manière). 

Le 18 mars 2014, dans sa chronique Les idées claires sur France Culture, le journaliste économique Philippe Manière a ironisé sur l'intervention « surprenante » et du « ton vindicatif » d’Arnaud Montebourg, qui, « sans doute chauffé par un establishment furieux d'avoir été doublé par ce parvenu de Drahi, a succombé à une sorte de réflexe anti-métèque... qui n'est pas à son honneur ni à l'honneur de la république ». 

Citant une source gouvernementale, BFM TV a écrit : « Bercy a lancé une enquête sur sa situation fiscale, et notamment sa résidence fiscale exacte, étant donné l'importance que prend Patrick Drahi dans l'économie hexagonale. »

Pour conquérir l’establishment parisien qui lui était hostile, pour être connu de la classe politique et détenir des contenus, cet outsider a monté en quelques années un empire médiatique d’une douzaine de magazines, dont L’Express, et le quotidien Libération
A l'été 2012, l'agence de presse israélienne Guysen TV, fondée essentiellement par Guy Senbel et Dominique Fitoussi, a été rachetée par Patrick Drahi et Haïm Slutzky qui ont confié la direction de la nouvelle chaîne israélienne trilingue – français, américain, arabe - i24news, lancée en juillet 2013, à Frank Melloul.


« L’information est l’union de tous les points de vue », allègue le slogan de la campagne de promotion d'i24news. Non, l'information doit être authentifiée, vérifiée, précise, acurate selon le terme des anglo-saxons.

Las ! i24news n’a jamais rempli la mission qu’elle s’était assignée : se différencier des autres médias sur la couverture d'Israël, notamment par un regard différent, une terminologie non biaisée. Cet échec d'une chaîne qui se caractérise par la présence majoritaire d'invités de gauche et d'extrême  gauche, s’avère d’autant plus dramatique pour les Juifs d'Israël et de diaspora que cette chaîne télévisée dispose de moyens importants - effectif de 250 personnes -, et dans une période aussi cruciale.

Père de quatre enfants, philanthrope – Prix Scopus 2015  décernée par l’association des Amis de l’Université de Jérusalem et remis par le philosophe Bernard-Henri Lévy -, Patrick Drahi, dont le patrimoine s’élève à 14,9 milliards de dollars selon Forbes « survivra-t-il aux 50 milliards de dettes de sa société Altice », dont le siège a quitté le Luxembourg pour Amsterdam, groupe fondé en 2001 ? Sa « boulimie d'achat a abouti à cette dette vertigineuse ». Avec 15% des actions, Patrick Drahi peut diriger Altice.


"Dans le dernier classement des 500 plus grandes fortunes de France établi par le magazine Challenges, Bernard Arnault, le PDG de LVMH, cède la première place à Liliane Bettencourt, l'héritière de l'empire L'Oréal. Patrick Drahi, PDG d'Altice (9e, à 7,5 milliards d'euros) a vu sa fortune fondre de 56%. Vincent Bolloré, (10e, à 7,3 milliards d'euros) patron de Bolloré, a vu la sienne perdre un quart de sa valeur. Les 500 Français les plus fortunés de France pèsent, à eux tous, 456 milliards d'euros, soit 4 milliards de moins que lors de la précédente édition. Un léger recul dû, là encore, à une année boursière extrêmement agitée".

Vox report
Le « vox report » : de grands travaux  - ponts, marbres, style néoclassique réhabilité - et la reconstruction très controversée de Skopje, capitale de la République de Macédoine « pour lui donner un visage "antique" et controversé », pour exalter son identité nationale. Une statue de 25 mètres de haut représente Philippe II de Macédoine, qui est un héros grec, et père d'Alexandre le Grand.

Rachats
Le 11 mai 2017, le "propriétaire de SFR a chipé la Ligue des champions de football à Canal + et BeIN Sports. La Ligue des champions, c'est la plus grande compétition de football, celle des matchs de légende des Catalans du FC Barcelone et de son roi Messi contre le Real Madrid de Cristiano Ronaldo coaché par Zidane, le Bayern Munich, et bien sûr le PSG ou Monaco... C'est Patrick Drahi qui a lui-même fixé le montant, à l'issue d'un week-end du 1er mai studieux. Entre les deux tours de la présidentielle, le milliardaire franco-israélien a convié, sous le soleil de Tel-Aviv, Michel Combes, le PDG de SFR, et Alain Weill, le patron des médias du groupe. Au sommaire du séminaire dans les locaux de l'opérateur télécom local Hot : adopter la stratégie pour battre Canal et BeIN... « On a appris après coup qu'en fait l'UEFA avait fait un contrôle de la solvabilité du groupe déjà très endetté, pour s'assurer que SFR pourrait bien payer les trois saisons », se souvient un proche de l'opérateur. En emportant la Ligue des champions, Patrick Drahi a fait coup double : empocher une compétition essentielle pour recruter des abonnés et affaiblir ses concurrents. Une victoire qui valait bien une tournée générale de champagne. Et bientôt le mercato des commentateurs. Après avoir agité le marché des droits sportifs, SFR pourrait agiter celui des journalistes et des experts du football. La chaîne va avoir besoin de nouveaux commentateurs pour ses soirées Ligue des champions".

Selon Haaretz, Altice négocierait à l'été 2017 le rachat du quotidien israélien Yediot Aharonot. Altice pourrait acquérir 34% du groupe médiatique contrôlé par Eliezer Fishman.

Selon CNBC et l'agence Reuters, "après le rachat des opérateurs du câble américain Suddenlik et Cablevision en 2015 (respectivement pour 9,1 et 17,7 milliards de dollars), Patrick Drahi voudrait donc désormais s'attaquer à Charter Communications, le deuxième câblo-opérateur américain... La valeur totale de l'entreprise serait donc de l'ordre de 200 milliards de dollars (environ 170 milliards d'euros). Celle d'Altice est, elle, estimée à 90 milliards d'euros. Quant à Altice USA, elle ne pèse « que » 23 milliards de dollars en capitalisation boursière. Mais ce n'est pas la première fois que le groupe de Patrick Drahi tente d'acquérir un câblo-opérateur plus gros que lui. En 2014, il était parvenu à racheter SFR via Numericable, dont le chiffre d'affaires était plus de dix fois moindre".


Le Point analyse la stratégie de Patrick Drahi. "Patrick Drahi a construit son empire en deux temps. Au début des années 2000, il a patiemment racheté des réseaux câblés jusqu'à devenir le numéro un en France avec Numericable. Puis, entre 2014 et 2015, tout s'est accéléré. Coup sur coup, il a racheté SFR, Virgin Mobile, L'Express, Libération et le groupe BFM TV-RMC. Ensuite, il a acquis Portugal Telecom, et donc les réseaux câblés américains Suddenlink et Cablevision. L'ardoise a rapidement grimpé puisqu'en deux ans il a déboursé pas moins de 65 milliards de dollars. Sa dette est ainsi passée de 2,3 milliards d'euros en 2013 à près de 50 milliards d'euros deux ans plus tard. Une dette abyssale qui ne le tourmente guère puisqu'il expliquait devant une commission sénatoriale le 8 juin 2016 qu'il dormait plus facilement avec ses 50 milliards de dettes qu'avec les 50 000 francs qu'il avait empruntés à ses débuts, en 1991. Et pour cause, les banques continuent à le financer volontiers, elles lui proposent même de s'endetter encore plus qu'il ne le fait. Pour SFR, il aurait pu lever 100 milliards d'euros auprès des banques s'il l'avait souhaité. Idem pour Portugal Telecom, pour lequel les banques lui proposaient d'emprunter 60 milliards d'euros quand lui ne comptait en lever que 6… « Ça ne veut rien dire, 50 milliards de dettes. Il faut regarder ce qu'il y a en face : des actifs de grande qualité qui génèrent du cash flow, de la rentabilité », expliquait, en 2016 sur France Inter, Bernard Mourad, son ancien banquier qui a quitté Altice Media Group pour rejoindre l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron. Générer du cash flow (ou « flux de trésorerie » en français), c'est le mantra de Patrick Drahi. Et la garantie qu'il offre aux banques. Dans chaque entreprise qu'il rachète, il s'engage à réduire les frais de fonctionnement, à supprimer des postes et à mettre la pression aux fournisseurs pour dégager des marges qui lui permettront ensuite de rembourser les intérêts. La stratégie d'Altice a toujours été la même : s'endetter auprès d'investisseurs en quête de placements avec de hauts rendements pour financer son développement. Et profiter des taux d'intérêt actuellement très bas pour multiplier les opérations de refinancement et allonger la maturité moyenne de sa dette. Grâce à ces montages financiers, Altice ne sera confronté à de grosses échéances qu'à compter de 2022... Outre le montant colossal qu'il va falloir lever pour acquérir Charter, le groupe du milliardaire français va également devoir composer avec une concurrence féroce sur ce dossier. Charter a déjà rejeté l'idée d'une fusion avec l'opérateur de téléphonie mobile américain Sprint, mais SoftBank, sa maison mère japonaise, étudierait une offre publique d'achat (OPA), selon la presse américaine. Verizon, le premier opérateur mobile américain, garderait lui aussi un œil sur Charter. Mais Patrick Drahi dispose tout de même dans ce dossier d'un avantage non négligeable par rapport à ses concurrents : son amitié avec John Malone, premier actionnaire de Charter via son groupe Liberty Media, « roi » du câble américain que Patrick Drahi a toujours considéré comme son mentor. Lui qualifie le patron d'Altice de « génie » dans sa manière de bâtir son groupe à grands coups d'acquisitions tout en tirant avantage des faibles taux d'intérêt".

Altice pratique une "stratégie de convergence entre les télécoms et les contenus". "C’est la stratégie des acteurs gagnants : aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les mouvements de Verizon, d’AT&T, de Comcast ou de BT l’illustrent. Cette convergence rapproche les télécoms et les médias mais aussi la publicité, car les opérateurs ont une bonne connaissance de leurs clients et n’entendent plus laisser ce domaine aux géants de l’Internet", a déclaré Michel Combes, directeur général d’Altice, au Monde (28 août 2017). Altice "est présent à la fois dans les télécoms mais aussi dans les contenus : il possède BFM-TV et Libération, a acquis des droits de football et lancé, le 22 août, une chaîne de cinéma et séries, Altice Studio. Altice se revendique comme un acteur « global », présent en France via SFR mais aussi aux Etats-Unis".

Crise fin 2017
"Alors que l'action de son groupe a cédé plus de 40% en huit jours le fondateur d'Altice a fait son mea culpa le 15 novembre 2017. « On vend mal nos produits et on ne s'occupe pas assez bien de nos clients » a reconnu Patrick Drahi.

"Soucieux de montrer qu’il a la situation bien en main, le milliardaire, qui s’était rendu la veille au siège du groupe, a écrit" le 18 novembre 20107, "deux missives à ses salariés, la première à ceux de SFR, la seconde, à la branche médias, qui coiffe notamment BFM, RMC, et la production cinéma.

« Malgré la chute du cours de Bourse, le groupe bénéficie d’une véritable stabilité financière. Notre dette est sécurisée à 85 % à taux fixe et le premier remboursement majeur n’arrivera qu’en 2022. Donc, clairement, si les taux remontaient ou si les agences revoyaient la notation de notre dette, cela n’aurait strictement aucun impact pour l’entreprise dans les cinq prochaines années », a-t-il expliqué à tous. « Les perturbations boursières ne doivent pas nous éloigner de notre objectif quotidien : servir nos clients pour vos collègues des télécoms, et pour vous, continuer de faire ce que vous faites, aussi bien que vous le faites, au sein de vos chaînes, stations ou titres. »

"Ogre des networks"
A l'automne 2017, les éditions L'Archipel ont publié Patrick Drahi, l’ogre des networks, de Elsa Bembaron. "Avec un patrimoine estimé à 11 milliards d’euros, il est à présent la cinquième fortune de France. Il y a quelques années, son nom n’était connu que d’une poignée d’initiés. Aujourd’hui, pas une semaine ne passe sans que sa holding Altice s’illustre par un coup d’éclat : rachat de droits sportifs, d’entreprises françaises ou étrangères… SFR, Virgin Mobile, Libération, le groupe Express/Expansion, BFMTV, RMC, Suddenlink, Portugal Telecom, Cablevision aux États-Unis : la liste de ses actifs ne cesse de s’allonger. Pourtant, Patrick Drahi n’est ni un héritier comme Martin Bouygues, ni un inventeur comme Xavier Niel. Parti de rien, il est à la tête d’un groupe qui pèse 40 milliards – et cumule 51 milliards d’euros de dettes. Comment ce polytechnicien, né au Maroc de parents professeurs de mathématiques, est-il devenu l’un des hommes les plus influents de France ? Comment a-t-il bâti son empire ? Son modèle est-il viable ? Jusqu’où sa soif de puissance le mènera-t-elle ? Cette biographie, la première consacrée au plus mystérieux des magnats des networks et de la presse, dévoile les méthodes de négociation et de gestion de ce patron hors norme. Dont l’ambition non dissimulée est de devenir, bientôt, le leader mondial des télécoms, des contenus et de la publicité".

Gérard Filoche
Le vendredi 17 novembre 2017 au soir, Gérard Filoche a publié sur son compte Twitter un photomontage montrant "Emmanuel Macron le bras orné d'un brassard ressemblant à un brassard nazi, mais avec la croix gammée remplacée par le signe dollar, et en arrière plan des photos de Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali, ainsi que les drapeaux américain et israélien. « Un sale type, les Français vont le savoir tous ensemble bientôt » avait écrit Gérard Filoche en accompagnement de ce photomontage, qu'il a effacé quelques minutes plus tard".

Ancien trotskiste, passé du Parti Communiste (PCF) à l'aile gauche du Parti socialiste (PS) via la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Gérard Filoche est membre du Bureau national du PS. Il a été inspecteur du travail et candidat à la Primaire de la gauche en 2016. 


Ce tweet « a été retiré, il ne sera plus là, j'ai fait mes excuses», a également déclaré Gérard Filoche à l'AFP. « Qu'est-ce qu'on veut de plus ? » a-t-il ajouté, soulignant qu'il est «fondateur de SOS Racisme ». « Je suis de gauche et contre la droite et l'extrême droite», a-t-il ajouté, «s'ils disent que je suis antisémite qu'ils le prouvent, que je suis raciste, qu'ils le prouvent», a-t-il encore déclaré, mettant en cause pour les attaques le visant «les macroniens d'un côté et l'aile droite du PS de l'autre ».

Cette photographie a suscité une polémique et a été l'objet d'une condamnation générale parmi les politiciens. "Ce photomontage, publié dans Egalité & Réconciliation en février, a déjà valu à l'essayiste d'extrême droite Alain Soral d'être poursuivi, selon son site internet.

Le PS a annoncé avoir lancé une procédure d'exclusion contre Gérard Filoche. Fâcheux pour celui qui "a publié au printemps 2017 un « Manifeste contre le racisme et l'antisémitisme ».

Lors de l'audience du 10 octobre 2018 du Tribunal de Grande instance (TGI) de Paris, Gérard Filoche, "ancien trotskiste, avait expliqué avoir décidé de diffuser ce montage trouvé sur Internet alors qu'il était absorbé dans l'écriture d'un livre, « Macron et la casse sociale », et que s'ouvrait le congrès d'En Marche". Il avait plaidé la négligence et le manque de vigilance.


Il "subsiste à l'issue des débats « un doute » sur l'« intention » de l'ancien trotskiste de provoquer à la haine envers les juifs, a reconnu la représentante de l'accusation, « doute » qui l'a empêchée de requérir sa condamnation pour ce délit. Tout au long de son procès, Gérard Filoche n'a eu de cesse d'évoquer avec véhémence une « erreur de manipulation », un manque de « vigilance ». Le parquet a requis la relaxe du prévenu.

Le 12 décembre 2018, le Tribunal a relaxé Gérard Filoche : « Pour particulièrement choquante et consternante que puisse être la diffusion de ce montage par Gérard Filoche, le contexte de l'envoi de ce montage ne confère pas à celui-ci la portée d'une provocation à la haine ou à la violence ». Le tribunal a relevé « le caractère obsessionnel du ressentiment de (Gérard Filoche)envers Emmanuel Macron », dont il « critique publiquement le néo-libéralisme supposé ».


« Je suis relaxé, ce procès odieux qu'on m'a fait n'avait pas de raison d'être », "s'est ensuite félicité sur Twitter Gérard Filoche, qui a par ailleurs lancé en janvier un nouveau réseau, la « Gauche démocratique et sociale ». Jacques Attali et plusieurs associations antiracistes, parties civiles, ont donc été déboutés. Pour eux, si la question de l'antisémitisme de M. Filoche ne se posait pas, son tweet était bien condamnable".

Gilets jaunes/BFM/Antisémitisme
Depuis le 17 novembre 2018, les Gilets jaunes manifestent tous les samedis après-midis dans les principales villes françaises. Ils réclament la baisse ou la suppression de certaines taxes et la hausse de leur pouvoir d'achat. 


"La photographie remonte au 19 décembre, mais ce n'est que vendredi que des éclaircissements et réactions sont intervenus au sujet d'une banderole déployée sur un rond-point du Rhône occupé par des «gilets jaunes». « Macron = Drahi = Attali = Banques = Medias = Sion », peut-on lire sur cette banderole. «Autant de stéréotypes antisémites tiennent sur une pancarte. Et on laisse passer?», a interrogé sur Twitter l'auteure de la photo, Simone Rodan-Benzaquen, directrice de la branche française de l'organisation juive américaine American Jewish Committee. Son message a été partagé pluis d'un millier de fois".

"Sion est un terme renvoyant à Israël et au «sionisme». Le «S» de ce mot sur la banderole reprend par ailleurs la graphie de l'emblème SS. Le style des «A» renvoie quant à lui à l'antimaçonnisme, comme le rappelle Conspiracy Watch, observatoire des théories du complot" dans un Twitt.

Le 7 février 2019, "des gilets jaunes se sont rassemblés devant le parlement de Navarre dans l’espoir d’intercepter le président fondateur d’Altice, venu signer le contrat de déploiement du très haut débit entre SFR et le département. La vingtaine de gilets jaunes n’a pas pu croiser Patrick Drahi, le patron d’Altice venu à Pau pour la signature de la délégation de service public du projet très haut débit des Pyrénées-Atlantiques entre SFR et" le conseil général. "Les manifestants ont finalement été invités par les forces de l’ordre à quitter le parvis du parlement de Navarre et à rester devant l’entrée du site".


Comme de nombreux médias, BFM, lancée sur la TNT en 2005, n'a pas pressenti cette explosion sociale. "À l'automne dernier, à la faveur de la fièvre jaune qui a saisi les ronds-points du pays, BFMTV a eu, pendant quelques heures, la première audience de France - devant TF1. Inquiets, fascinés, ou heureux de voir s'étendre un mouvement social d'une rare intensité, les téléspectateurs ont plébiscité la couverture de la chaîne d'info en continu du groupe Altice de Patrick Drahi. Peu importent les pincements de nez de ceux qui accusent le diffuseur de sensationnalisme, de voyeurisme, voire de jeter sur de l'huile sur le feu : il a alors créé un « réflexe BFMTV ». N'a-t-il pas en outre reçu une véritable consécration, quelques mois plus tôt, sous la forme d'une interview exclusive du président de la République, Emmanuel Macron ? L'an dernier, BFM a affiché une part d'audience de 2,6%, loin devant LCI, CNews et franceinfo. Ce succès est l'oeuvre d'un homme, Hervé Beroud, souvent décrit par ses collaborateurs comme « une machine de guerre ». Dès son arrivée chez BFMTV, en 2010, après plus de vingt ans chez RTL, il imprime sa marque, son style, pousse ses collaborateurs à sortir des scoops. Hervé Beroud introduit une culture plus populaire, dans la lignée de celle de RTL, en ménageant une large place à la météo et aux faits divers. Pourtant, lui aussi s'est fait surprendre par les gilets jaunes. Il reconnaît n'avoir pas su percevoir l'ampleur de la colère qui a traversé le pays récemment, même si, pour ne pas perdre le contact avec la France profonde, il a lancé ses équipes dans une couverture presque obsessionnelle des événements... « On a été taxés de pro-Macron par des gilets jaunes et d'attiser le feu par des dirigeants politiques. C'est assez fou, non ? » s'étonne-t-il. « On a dit de nous que l'on avait fait et défait des présidents, que l'on avait fait grandir la contestation des gilets jaunes. En mai 68, c'étaient censément Europe 1 et RTL qui avaient contribué au mouvement... », relativise-t-il. BFMTV n'en a-t-elle tout de même pas fait un peu trop sur les violences ? « Couvrir des événements en direct est notre raison d'être. Libres aux gens de regarder ou pas. À la différence des réseaux sociaux, nous encadrons les choses, nous vérifions... Ces derniers mois, il a dû faire face, en parallèle à la contestation sociale dans la rue, à une sérieuse crise en interne. Alors que plusieurs journalistes de la chaîne ont été insultés et même agressés, les reporters ont décidé de boycotter les ronds-points une journée. Surtout, un gros malaise s'est fait jour dans la rédaction avec une remise en cause des choix éditoriaux. « Il s'est pris une petite claque », note un salarié. « Je dois avouer que j'ai été surpris par l'ampleur de ce malaise, reconnaît Hervé Beroud. Mais cela nous a permis d'en parler. »BFMTV a depuis annoncé qu'elle diffuserait moins d'images en boucle. Les images de violence seront mieux encadrées et BFMTV veut développer le grand reportage. « Il a été réceptif à nos attentes », admet François Pitrel, président de la Société des journalistes de la chaîne".

Des Gilets jaunes ont manifesté leur dédain et ont ostracisé des journalistes suspectés d'être liés au pouvoir politique. "La haine des gilets jaunes s’est cristallisée autour de BFM TV. C’est bien là leur seul point commun avec Emmanuel Macron, persuadé de son côté que la chaîne d’info en continu a été « le principal organisateur des manifestations » en leur consacrant des longs directs tous les samedis. Pourquoi haïr une chaîne qui leur a effectivement donné autant de temps d’antenne ? Le principal reproche qui est fait à BFM est de mentir sur les chiffres de la mobilisation. Tous les samedis, le chiffre donné par le ministère de l’Intérieur apparaît sur le fameux bandeau : 12 000 manifestants, pour l’acte VII par exemple. Ce chiffre est toujours reçu par les gilets jaunes comme une insulte, comme une négation de ce qu’ils sont en train de vivre".


"Alain Weill, Président directeur général de Altice France, annonce la nomination, à compter de début juillet 2019, de Marc-Olivier Fogiel, en tant que Directeur général de BFMTV. Pour Alain Weill : l'arrivée de Marc-Olivier, remarquable journaliste, à la tête de BFMTV symbolise notre volonté d’écrire la prochaine page de l’histoire de la première chaîne d’info de France. Marc-Olivier aura pour mission de poursuivre le développement de BFMTV et apportera à la chaîne sa grande expérience, sa rigueur, sa vision de l’information, son sens aiguë des responsabilités et ses qualités managériales." Marc-Olivier Fogiel est proche du couple présidentiel.

Sotheby's
Le 17 juin 2019, un communiqué de presse annonçait que "Patrick Drahi a acheté la célèbre maison de vente aux enchères, que l'opération valorise à 3,7 milliards de dollars, d'après un communiqué de presse lundi 17 juin. L'accord a été signé entre Sotheby's et BidFair USA, une entité détenue à 100% par le patron du groupe de télécoms et médias Altice (SFR, BFMTV, RMC, Libération...)"

"L'homme d'affaires, qui se dit "passionné par cette industrie" depuis toujours, a offert 57 dollars par action, soit 61% de plus que le prix de l'action de Sotheby's à la clôture de la Bourse de New York le 14 juin. Il compte financer la transaction grâce à des financements garantis par BNP Paribas ainsi que des fonds propres, en précisant qu'il ne "compte pas vendre de parts d'Altice Europe". Il envisage en revanche de vendre des actions d'Altice USA à hauteur de 400 millions de dollars d'ici la fin de l'année. "Je réalise cet investissement pour ma famille, via ma holding personnelle, dans une perspective de très long terme", indique Patrick Drahi dans son communiqué." Les 57 dollars par titre correspondent au cours de l'action Sotheby's en 2018.

Patrick Drahi "assure cependant que l'industrie des télécoms et des médias "restera sa priorité", qu'il continuera de diriger Altice Europe et restera président du conseil d'administration d'Altice USA. La transaction, qui devrait être finalisée au quatrième trimestre de cette année, retirerait Sotheby's de la Bourse. Elle était cotée sur le New York Stock Exchange depuis trente-et-un ans."


"Désormais, les deux grandes maisons de ventes aux enchères dans le monde sont toutes les deux françaises.  Il y a 20 ans, François Pinault rachetait Christie's. Aujourd'hui, c'est Patrick Drahi (qui possède SFR mais également de nombreux médias comme BFM, L'express ou RMC) qui met plus de trois milliards d'euros sur la table pour s'offrir Sotheby's. Ce n'est pas rien car c'est la valeur d'une entreprise comme Air France, par exemple. Sauf que racheter Sotheby's, ça impressionne beaucoup plus dans le monde des affaires. C'est d'ailleurs l'une des raisons de ce rachat, épater la galerie et faire partie des "grands" de ce monde. Quand on est propriétaire de la prestigieuse maison Sotheby's, on accède aux plus grandes familles fortunées du monde. Mieux, on fait la couverture des magasines américains. Or, pour Patrick Drahi (qui porte sur ses épaules 50 milliards d'euros de dette soit plus que la dette de la Slovaquie) impressionner et avoir des amis fortunés, c'est important. Avoir de riches amis, ça rassure le banquier... C'est surtout, un business en plein développement. Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours plus de milliardaires sur terre (notamment en Asie) qui ne savent plus quoi faire de leur argent et qui s'offrent du coup des tableaux de maîtres, d’impressionnistes et du contemporain. Et là, c’est coup double. D'abord socialement c'est très valorisant, vous êtes riches et en plus vous avez du goût, vous êtes cultivés et vous vous intéressez à l'art. Deuxième avantage : gagner de l'argent. Le prix des œuvres d'art ne cesse de grimper. Pourquoi ? Parce que les banques centrales arrosent le monde entier avec de l'argent, des milliers de milliards qui ruissellent sur tous les marchés, la Bourse, l'immobilier et le marché de l'art. Ça fait deux bonnes raisons de racheter Sotheby's, c'est une excellente vitrine sociale avec à la clé, de juteuses commissions", a expliqué Axel de Tarlé sur Europe 1 le 18 juin 2019.

"Deux contre-offres rivales de celle de Patrick Drahi sont en préparation sur Sotheby's, malgré l'accord à 3,7 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros), rapporte vendredi le New York PostD'après le journal, qui cite des sources proches des discussions, de riches amateurs d'art new-yorkais sont en train d'unir leurs forces pour préparer une offre supérieure à celle de Patrick Drahi. L'identité de ces potentiels associés n'est pas connue mais la rumeur veut qu'il s'agisse d'homme d'affaires célèbres à Wall Street pour leurs collections d'oeuvres d'art, comme le PDG de Blackstone, Stephen Schwarzman, poursuit le New York Post. Parallèlement, Taikang Asset Management, gérant d'actifs basé à Hong Kong et premier actionnaire de Sotheby's avec une participation de 17%, songe lui aussi à soumettre une offre plus élevée que celle du fondateur du groupe de médias et de télécoms Altice, rapporte une source citée par le journal."


2015, 29 min
Sur Arte les 22 novembre à 20 h 15 et 24 novembre 2015 à 6 h 40 

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations viennent d'Arte. L'article a été publié le 19 novembre 2015, puis les 8 juillet 2016, 30 août et 16 novembre 2017.

Keren Ann


 Arte rediffusera le 1er juillet 2019 « Keren Ann au Festival Rudolstadt 2016 » (Keren Ann - Konzert vom Rudolstadt Festival 2016), par Axel Ludewig. La chanteuse Keren Ann dévoile ses jolies mélodies et sa grâce sur la scène du plus grand festival allemand de world music, folk et roots.
   
« Keren Ann au Festival Rudolstadt 2016 » par Axel Ludewig
« Asaf Avidan - ARTE Sessions@Château d'Hérouville » par Julien Faustino
« Au cœur de la nuit. Feo Aladag Et Noa »,  de Markus Heidingsfelder 
Yaël Naïm et David Donatien 
Noa
Imanuel Yerday 
« Aznavour en concert. Paris 2015 », par Marc di Domenico 
Barbara (1930-1997)
Brigitte Bardot
Georges Brassens (1921-1981)
Jacques Canetti. 50 ans de chansons. 50 ans de passion
Lemmy Constantine
« Je suis venu vous dire… Gainsbourg by Ginzburg » par Pierre-Henry Salfati
Le compositeur Norbert Glanzberg (1910-2001)
Joana chante Aznavour
« L’histoire d’Irène » par Damian Pettigrew
Luc Lazza, chanteur et comédien
Edith Piaf (1915-1963)
Paris en chansons
« Les chansons du Front populaire », par Yves Riou et Philippe Pouchain
« Chantons la Libération » par Philippe Pouchain et Yves Riou


« Née en Israël d’une mère néerlandaise et d’un père israélien d’origine russe, Keren Ann a grandi à Paris et partage désormais son temps entre la capitale française et New York ».

« Compositrice, guitariste, pianiste, clarinettiste et chanteuse, l’artiste a entamé une carrière solo en 2000 avec son premier album, « La biographie de Luka Philipsen ». 

« La même année est sorti « Chambre avec vue » d’Henri Salvador, qu'elle a coécrit avec son fidèle complice Benjamin Biolay ». 

« Depuis, elle a publié six autres albums en solo, avec des titres en anglais et en français. Dans le dernier, « You're Gonna Get Love »(2016), elle rend hommage à sa fille qui vient de naître et au père décédé de celle-ci ». 

« Influencée par Serge Gainsbourg, Bob Dylan, Joni Mitchell et Carole King, Keren Ann signe des chansons poétiques et mélodieuses, présentées l’année dernière dans le cadre d’une tournée aux chanceux spectateurs du Festival de Rudolstadt ».

"Les Concerts Volants avec Keren Ann à l'Institut du Monde arabe. Sous l'eau"
Jusqu'au 24 avril 2021, Arte diffuse sur son site Internet "Les Concerts Volants avec Keren Ann à l'Institut du Monde arabe. Sous l'eau" (Musikalische Höhenflüge mit Keren Ann. Sous l'eau). Keren Ann est l’incarnation même du melting pot : son père est russo-israélien et sa mère néerlando-javanaise, elle est née en Israël et a grandi en France, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis. Cette vie rythmée par le voyage justifie à elle seule la présence de Keren Ann aux Concerts Volants, le rendez-vous des artistes qui rêvent d’ailleurs."

"A l’heure où nous écrivons ces lignes, Keren Ann s’apprête à publier un nouvel album baptisé Bleue. Avec un tel titre, l’artiste annonce la couleur (sans mauvais jeu de mots) : cet opus sera empreint de mélancolie et de sonorités aquatiques. Une impression qui se vérifie avec les deux singles publiés jusqu’à présent : « Sous l’eau » et « Bleu ». On retrouve dans cet opus les silhouettes de Serge Gainsbourg, Françoise Hardy ou encore Carole King."

"Avec Bleue, Keren Ann renoue avec le français – une langue qu’elle n’avait pas chantée depuis l’album Nolita (2004). Ce retour à la langue de Molières est directement lié à la vie personnelle de l’artiste,qui a quitté New York pour venir s’installer à Paris. Une sorte de retour aux sources, dix-neuf ans après la sortie de son premier album (élaboré avec Benjamin Biolay) : La Biographie de Luka Philipsen".

"Live, interviews, bonus... Les Concerts Volant s'invitent sur FIP ! Une soirée animée par Jane Villenet et à réécouter dans l’émission "Live à Fip" sur fip.fr.  Concert capté le 1er avril 2019 à l’Institut du Monde Arabe, Paris."

Keren Ann en Concerts Volants (Keren Ann bei den Musikalischen Höhenflügen), concert de 45 minutes, est diffusé sur le site d'Arte jusqu'au 5 octobre 2019.


"Les Concerts Volants avec Keren Ann à l'Institut du Monde arabe. Sous l'eau"
France, 2019

« Keren Ann au Festival Rudolstadt 2016 » par Axel Ludewig
Allemagne, 2016
Sur Arte le 4 décembre 2017 à 0 h 25, 1er juillet 2019 à 1 h 15

Visuels :
La chanteuse Keren Ann en concert
© D. Joosten

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sont d'Arte. L'article a été publié le 1er décembre 2017, puis le 1er juillet 2019.